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Ziad Medoukh : survivre à Gaza entre famine et bombardements

Depuis de nombreuses années, Ziad Medoukh se consacre aux enfants de Gaza, qu’il accompagne par l’éducation, l’écriture et la poésie. Poète, écrivain francophone, universitaire, et ambassadeur de la paix, il témoigne aujourd’hui de la souffrance, de la famine et de la résilience face à l’horreur. Son texte, d’une rare puissance, mêle douleur et espoir, colère et humanisme, et rappelle la force de la non-violence. Il nous a été transmis par l’auteur et ami du poète, Gérard Gautier.

Le 02/09/2025 à 17:42 par Auteur invité

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02/09/2025 à 17:42

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Gaza : ma survie sous les bombes, la souffrance, la famine, la solidarité internationale, la langue française et la lutte non-violente

Nous sommes fin août 2025. Bientôt deux ans de souffrance, d’agressions horribles. J’ai bientôt 60 ans et j’ai toujours vécu à Gaza. J’ai vécu toutes les offensives, les agressions, mais je n’ai jamais vu une situation pareille où se côtoient insécurité, bombardements intensifs, peur et, surtout, la famine. J’ai l’habitude des bombes, j’ai vu des gens mourir, j’ai vu l’horreur des déplacements, j’ai vécu la peur, la disparition de la famille, des amis, des proches.

La famine donne un sentiment d’impuissance, tu ne peux rien faire. Avec les bombardements, tu peux te déplacer, s’il y a des blessés, essayer de leur trouver des soins, mais avec la famine, tu es là, tu ne peux rien faire, tu vois la tristesse dans les yeux de tes enfants, dans les yeux de tes voisins, tu es impuissant.
Entre 2009 et 2021, lors de différentes agressions terribles contre la bande de Gaza, nous avons connu la pénurie, le manque de stock et la fermeture des passages, mais cela n’a rien à voir avec la famine dramatique que l’on vit aujourd’hui à Gaza.

Nous avons traversé deux périodes de famine critiques pendant cette longue offensive horrible : en février 2024, où ma famille et moi avons mangé de l’herbe, je n’ai pas honte de le dire et les trois dernières semaines de juillet 2025, semaines de pénurie totale pendant lesquelles on ne trouvait absolument rien, c’était terrible.

En juillet et août, au moins 332 Palestiniens de Gaza sont morts de faim et de malnutrition, dont 125 enfants de moins de 14 ans.

Les largages aériens d’aide humanitaire mis en place par plusieurs pays fin juillet dernier sont insuffisants, car chaque avion ne largue que cinquante colis au maximum. Ils sont inefficaces. Soit ils tombent dans la mer et les cargaisons sont abîmées, soit ils tombent sur les toits ou bien sur des personnes. Depuis le début des parachutages, il y a eu quatre morts et 37 blessés. La seule solution est d’ouvrir les passages terrestres.
 
Les autorités d'occupation ont permis à quelques commerçants de Gaza mi-août d'importer certains aliments. Il y a une amélioration et la présence de nouveaux produits malgré le fait que les prix restent élevés.

Gaza craint le pire

Nous ne sommes pas indifférents à la décision du cabinet d’occuper entièrement toute la bande de Gaza, mais nous avons une priorité : simplement survivre. Qu’est-ce que cette armée va faire de plus ? Elle occupe déjà 75 % du territoire, mène des incursions militaires, bombarde, tue, détruit. Il ne reste plus rien. Alors, cette décision ne brisera pas la résilience de notre peuple, toujours présent, en attente d’une solution politique. 

Même si Gaza craint le pire avec ces menaces.

Parler de moi, de mon vécu, c’est difficile

Il est difficile pour moi de raconter, de décrire mon vécu. Souvent, je n’ai pas le moral, je suis dégouté, épuisé, quelque fois un peu découragé parce que ça dure depuis 23 mois et que les choses n’avancent pas, mais heureusement je ne suis jamais désespéré.

Malgré notre patience, notre résilience, notre volonté, malgré l’ampleur de la solidarité internationale, ça n’avance pas. Je pourrais écrire des pages et des pages, des livres entiers, il me serait impossible de décrire la réalité sur place, elle est indicible. On supporte l’insupportable.

Je vais tout de même essayer de parler de mon vécu.

Comme tous les Palestiniens de Gaza, on a une nouvelle vision de vie maintenant, entre nostalgie et rêve.

Nostalgie, c’est avant le 7 octobre 2023. A cette époque, malgré les conséquences économiques, sociales et psychologiques dues au blocus et à la fermeture des passages, au moins, il y avait une vie. On se réunissait pour faire la fête, pour célébrer des mariages, on trouvait des cafés, des restaurants et des magasins ouverts même si l’approvisionnement était difficile ; on pouvait aller se baigner à la mer, rendre visite à sa famille, se promener, les universités étaient ouvertes, les enfants allaient à l’école.
Souvent ces derniers temps, avec mes enfants et les amis, on regarde des photos et des vidéos de cette période de nostalgie, les fêtes, les étals des marchés, l’animation de la ville.

Après la nostalgie, il y a le rêve. Le rêve, c’est l’avenir, le changement politique, la reconstruction, c’est trouver un travail pour nos enfants.

Et, entre nostalgie et rêve, c’est le cauchemar.

C’est ce que nous sommes en train de vivre depuis 23 mois, une période dont on ne parle pas entre nous, qu’on veut oublier, effacer de notre vie et de nos mémoires.

Ma vie quotidienne

Ma vie a été complètement bouleversée, passant d’une mission scientifique, éducative, et associative, à une mission de survie au quotidien.

Comme pour tous les Palestiniens, le quotidien est devenu très difficile. Il consiste à chercher à manger, de l’eau potable, du bois pour le feu, un endroit pour recharger les portables et les lampes. C’est compliqué, il n’y a pas de visite familiale, pas vraiment de solidarité familiale et sociale. On est de plus en plus enfermés et je me sens inutile.

Bien qu’épuisé et dégouté, je continue d’essayer d’aider les jeunes. Je ressens un sentiment d’inutilité, de perte de temps. Je continue mon travail d’écriture, je témoigne, je fais des poèmes et même si je pleure parfois, seul, le soir, je garde espoir, c’est le seul point positif.

J’essaie de remonter le moral à mon entourage, je suis un exemple pour les jeunes et je dois être fort.
Je tente d’être toujours actif dans la société mais ça n’est pas toujours évident, notamment avec la famine qui s’est installée dans la ville de Gaza. J’ai un sentiment d’impuissance horrible par rapport à ma famille. Tout est introuvable, tout est hors de prix.

Le soir, je dors quelques heures entre 22 et 01h. du matin.

Ensuite, je me relève et reste debout trois ou quatre heures pour écrire, composer des poèmes, répondre au courrier. Tout le monde dort.

Est-ce je choisis ces heures-là pour être tranquille (bien que les bombardements et le passage des drones continuent nuit et jour), ou psychologiquement pour éviter d’avoir des contacts avec les autres et de me sentir impuissant parce que je n’ai pas de réponses à donner à leurs demandes
Que répondre à un de mes enfants quand il me dit que la batterie de son portable ne fonctionne plus, je ne peux rien y faire… comment l’aider s’il m’explique qu’il a besoin de nouvelles chaussures alors qu’on ne trouve absolument rien à Gaza ?

J’essaie de m’adapter à un contexte très difficile auquel s’ajoutent les bombes, l’insécurité, la peur et l’absence de perspective.

Rester à Gaza ou partir ?

Suite à ma lettre du 24 juillet 2024 dans laquelle j’ai laissé paraître une profonde détresse, j’ai reçu énormément de réactions d’amis et de solidaires qui me suivent sur les réseaux. Tout le monde voulait m’aider et me demandait comment m’envoyer de l’argent. J’ai aussi reçu des propositions d’hébergement en France, en Suisse, en Belgique et dans d’autres pays pour le cas où j’aurais la possibilité de quitter Gaza.

J’ai beaucoup d’amis et de solidaires qui me suivent sur les réseaux. Ils sont inquiets de voir que j’ai maigri et que je suis affaibli

Depuis le début de l’offensive, je n’ai jamais accepté de quitter Gaza, même pour aller dans le sud de la bande où on nous disait en sécurité.

Je ne veux pas abandonner Gaza. Je ne peux pas laisser derrière moi des familles, des jeunes, des enfants qui comptent sur moi. J’ai une responsabilité morale.

C’est dans ces moments-là que tu dois appliquer tes principes et tes convictions. C’est en tous cas ma vision des choses. Même si beaucoup de mes amis m’accusent d’être très têtu, quand ils savent que je suis le dernier à quitter l’immeuble ou le quartier quand les chars arrivent.

En dehors de tout cela, je ne veux pas participer à une nouvelle Nakba. Je ne suis pas le seul, des centaines de milliers de personnes ont fait le même choix.

Peut-être que si on me donnait l’opportunité d’aller temporairement en France, par exemple, pour donner des cours et effectuer des recherches dans des universités dans le cadre d’un programme d’échange scientifique et universitaire comme le Programme Pause, animer des conférences ou pour des soins, je réfléchirais à cette possibilité, tout en continuant d’affirmer que je ne demanderai jamais l’asile politique même si on m’en fait la proposition.

Je sais qu’ici à Gaza on risque notre vie et on survit dans des conditions inhumaines, mais j’ai des principes.

J’ai un pays qui s’appelle la Palestine et j’ai ma ville natale qui s’appelle Gaza.

Je ne quitterai jamais définitivement Gaza même si cette décision me fait de la peine par rapport à mes enfants et ma famille. Je pense notamment à ma femme Ghada qui fait un travail remarquable dans l’immeuble où nous sommes réfugiés avec une quarantaine d’autres personnes, non seulement par rapport aux tâches quotidiennes imposées par la situation actuelle (bombardements incessants, famine) mais également par l’éducation des enfants, l’entraide, la patience, l’adaptation, J’apprécie son courage et sa détermination.

Ma vie a été bouleversée pendant cette horrible agression, notre maison a été détruite totalement et j’ai tout perdu.

J’ai aussi de la peine pour mes enfants. Mes deux fils aînés : Mohamed et Hassan, âgés de 27 et 25 ans, sont diplômés depuis 2023 mais n’ont toujours pas trouvé de travail. Quelque fois, ils n’ont même pas 10 centimes en poche ; auparavant, ils pouvaient faire des petits boulots et gagner un peu d’argent, aujourd’hui, ils n’ont pas d’activités, ils sont tout le temps à la maison ; ils ne peuvent plus faire de sport, sortir avec des amis, aller à la plage ou dans un café, plus rien du tout.

C’est le cas aussi pour mes trois autres garçons, Ahmed, Abdallah et Tarek, âgés de 20, 16 et 14 ans, bien qu’ils suivent des cours virtuellement et fréquentent les centres éducatifs, mais pour eux comme pour tous les enfants à Gaza, vivre ici, c’est la souffrance au quotidien.

Si je réfléchis à quitter Gaza pour une courte période, ce n’est que pour ma famille afin de souffler un peu après ces deux ans de souffrance et de malheur.

Des amis français et suisses me proposent de m’héberger, ma famille et moi, et je les remercie de leur proposition, de leur accueil et de leur soutien.

Ce qui calme ma colère

Les deux choses qui me soulagent et calment ma colère dans cet enfer, dans cette horreur absolue, ce sont les sourires des enfants et la solidarité internationale.

Je rencontre beaucoup d’enfants dans les centres éducatifs. Quand je leur distribue des petits cadeaux, leur amène des contes, quand j’organise avec des jeunes des activités d’animation pédagogiques pour eux, leurs sourires m’impressionnent et me rendent optimiste. Malgré la vie très difficile et leurs nouvelles tâches, ces enfants très courageux continuent de sourire et de fréquenter des centres éducatifs. Ils continuent de vivre et de croire en la vie. Ils dessinent, ils étudient, ils gardent espoir.

Mon optimisme s’inspire d’eux.

La deuxième chose qui m’aide c’est la magnifique solidarité internationale, francophone notamment.
Je suis fier de ce réseau d’amis qui m’envoient chaque jour des dizaines de messages et calment ma colère lors des échanges que j’ai avec eux. Je les en remercie.

Suite à ma lettre du 24 juillet, j’ai reçu une quantité de propositions d’aides financières venant de beaucoup de pays. Je n’oublie pas ces personnes magnifiques qui avaient cherché des associations et des activistes susceptibles de me venir en aide à Gaza.et ça m’a dépanné pendant quelques jours. Et des autres qui ont cherché des associations pour verser des dons pour les familles démunies de Gaza
Je ne peux pas nommer toutes les personnes et les associations que mon message à fait réagir. Je leur en suis infiniment reconnaissant.

Suite à cette lettre, j’ai passé une semaine à répondre aux personnes qui voulaient m’aider. J’étais épuisé d’essayer de leur expliquer la situation à Gaza en ce qui concerne l’envoi d’argent !

Si on m’envoie la somme de 100 Euros, 50% sont prélevés par les agences financières pour leurs frais. Ensuite, des marchands malhonnêtes et profiteurs en prélèvent une autre part et, d’intermédiaire en intermédiaire, je recevrai, si tout va bien, 10 Euros.

Beaucoup d’amis et de solidaires ont essayé, malgré tout, de. Même si cela n’a pas souvent abouti, leur générosité m’a touché et je les remercie du fond du cœur.

Je me sens très privilégié par rapport aux autres Palestiniens de Gaza.

J’ai un grand réseau de solidarité partout dans le monde. C’est un grand soutien psychologique pour moi. Mes amis m’écrivent, me téléphonent, me soulagent.

Ce réseau est un trésor pour moi.

Non-violent et pacifiste.

Mon rapport avec la politique

Des amis me demandent si je suis toujours non-violent. Oui, je suis un simple citoyen palestinien, pacifiste et non-violent et je le resterai.

Je veux préciser que je n’aime pas les partis politiques. Depuis longtemps, c’est ma nature. Je ne les aime pas, pas seulement en Palestine, je ne les aime pas partout.

En Palestine je pense que les partis n’étaient pas à la hauteur. Malgré leur mobilisation, ils n’ont pas réalisé les espérances du peuple palestinien.

La preuve c’est que depuis presque deux ans, depuis le 7 octobre 2023, on est abandonnés. Ce sont les commerçants profiteurs, qui gèrent la vie à Gaza. Il n’y a ni gouvernement, ni autorité, ni partis politiques.

Je fais partie de la société civile. Je suis un simple citoyen palestinien, professeur à l’université. J’ai opté depuis longtemps pour la lutte non-violente par l’éducation, par l’attachement à la terre, par la résilience, et je serai toujours pacifique. C’est mon choix, ce sont mes principes, mes convictions, malgré l’horreur absolue, malgré la perte de beaucoup de membres de ma famille, malgré la destruction complète de ma maison. Des gens me disent : « Ziad, tu as tout perdu, viens en France ! »
Je suis pour la paix dans la justice, pour la lutte non-violente contre l’apartheid et la colonisation, contre l’occupation et l’agression. Contre la violence.

Mais je suis très attaché à Gaza, et très attaché à mes principes.

J’apprécie la mobilisation des pacifistes israéliens qui, malgré le danger, continuent de soutenir la population de Gaza. Et continuent leur engagement pour la paix.

Je n’ai pas de haine.

Les trois éléments qui m’éloignent de la haine, qui me et m’aident à garder mon sang-froid et ma patience : premièrement, mes principes humains et humanistes qui m’aident à garder la haine loin de moi (je suis très fier d’être non violent malgré la violence autour de moi) ; deuxièmement, la solidarité internationale ; enfin, c’est la langue française. Oui, la langue française. La langue française n’est pas seulement, comme je l’ai écrit dans un de mes poèmes, une langue de paix et d’espoir, elle est devenue aujourd’hui une langue de protection.

La langue française, langue de protection pour moi

J’écris en français, je réfléchis en français, je témoigne en français, j’échange en français, je partage sur les réseaux en français, je donne des entretiens et des interviews en français – 98 % des temps d’échange que j’ai sont en français, c’est rare que je donne des entretiens en arabe. La langue française est une langue magnifique, très jolie, vivante, passionnante, une langue d’espoir, de culture, d’amour, une langue universelle, mais surtout, elle m’éloigne de la haine. C’est une source de protection, d’espoir, et moi, sans espoir, je ne peux pas vivre.

Voilà une idée de ma vie personnelle, la détresse, la souffrance et la famine, il y a la douleur, il y a le malheur mais également la vie et la survie au quotidien. Je continue de vivre et je garde espoir.

À LIRE - Gaza meurt sous nos yeux : le cri d’alerte

J’adore la vie, et en même temps, je n’ai pas peur de la mort, à Gaza tu peux mourir à n’importe quel moment, tu peux mourir d’une bombe, d’un missile, de la faim, de la peur ou de l’oppression.
A l’intérieur je souffre, mais je suis très fier d’être Ziad, d’être Palestinien de Gaza (je n’aime pas le mot Gazaoui, je préfère Palestinien de Gaza parce que Gaza fait partie de la Palestine), je suis très fier d’être pacifiste, non-violent, francophone et écrivain d’expression française.

Je vis un quotidien infernal mais la beauté de mon âme m’éloigne de la haine et m’aide à tenir bon et, surtout, à garder espoir.

Vive l’espoir même à Gaza la dévastée !

Vive la solidarité !


 Ziad Medoukh

Crédits photo : Ziad Medoukh

 
 
 

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

2 Commentaires

 

Marie

03/09/2025 à 08:24

Un très grand merci à Team ActuaLitté pour ce témoignage, même si nous sommes impuissants.

Armel

03/09/2025 à 12:40

Pour information, Ziad Medoukh a écrit toute son œuvre poétique en français composée d'une quinzaine de titres, d'un caractère humaniste et pacifiste.
Son dernier ouvrage paru en août 2025 s'intitule "Cri d'amour pour Gaza : 50 poèmes de Gaza, de Palestine, pour la vie, l'espoir, la paix et la solidarité en plein carnage", accompagné d'une cinquantaine d'œuvres d'artistes palestiniens survivant encore à Gaza, comme Ziad Medoukh avec ses cinq enfants, sa femme et sa mère.
Cet ouvrage couvre la période 2024 à mai 2025 avec 52 poèmes témoignages de l'auteur, suivis de texte en propose racontant son vécu, un hommage aux femmes palestiniennes, sept poèmes de poètes solidaires, des biographies détaillées de l'auteur et des artistes.
(262 pages en couleur, 19,90 euros aux Editions La Lucarne des Ecrivains, 115 rue de l'Ourcq 75019 Paris tél 06 88 23 52 45 mail lalucarnedesecrivains2@gmail.com)

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Le limogeage d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, par Vincent Bolloré a mis en lumière la puissance de l'actionnaire, mais aussi la faiblesse de l'auteur dans la relation contractuelle avec une maison ou un groupe d'édition. Dans un texte reproduit ci-dessous, le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) appelle les pouvoirs publics à agir pour renforcer le droit d'auteur, via plusieurs mesures.

05/05/2026, 12:14

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IA : “Un secteur économique se construit sur le pillage généralisé” des oeuvres

Après l’adoption unanime, le 8 avril, d’une proposition de loi instaurant une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA, 81 organisations de la culture, de la presse et de la création interpellent les députés. Elles défendent un marché de licences volontaires, fondé sur l’autorisation, la transparence et la rémunération, face à ce qu’elles décrivent comme un pillage généralisé des œuvres protégées.

05/05/2026, 10:38

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IA : la présomption d’utilisation des oeuvres attendue à l’Assemblée nationale

Une proposition de loi visant à instaurer une présomption d’utilisation des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, dans un contexte de débats sur l’entraînement des IA à partir de contenus culturels protégés, doit encore être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le Syndicat national de l’édition (SNE) souscrit à une tribune collective appelant les députés à examiner sans délai ce texte, déjà adopté par le Sénat. 

28/04/2026, 10:27

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Témoignage : le démantèlement d'une librairie, vu de l'intérieur

Au cœur d'une époque particulièrement anxiogène, la fermeture d'une librairie pourrait passer inaperçue. L'événement n'est toutefois pas anodin, parce que la librairie n'est pas un commerce comme les autres. À l'heure où les difficultés s'accumulent pour le secteur, le témoignage publié ci-dessous vient rappeler ce que ces commerces ont de si spécial, et ce que l'on perd, collectivement, avec l'abaissement définitif du rideau.

28/04/2026, 09:39

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La coopérative éditoriale, réponse à la déferlante Bolloré

La crise ouverte chez Éditions Grasset, après l’éviction d’Olivier Nora dans un contexte de reprise par Vincent Bolloré, suscite une riposte politique et intellectuelle. Trois acteurs liés aux Éditions Syllepse et au Réseau Bastille avancent une hypothèse radicale : transformer l’éditeur en coopérative pour préserver le pluralisme.

27/04/2026, 16:41

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La crise chez Grasset “révèle des déséquilibres structurels anciens”

Le licenciement d'Olivier Nora par Vincent Bolloré et le mouvement de départ de plusieurs centaines d'auteurs de la maison d'édition Grasset, en guise de protestation, a jeté la lumière sur la fragilité de l'indépendance éditoriale. La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse rappellent, dans un texte publié ci-dessous, que les créateurs restent bien peu protégés face à la puissance des groupes éditoriaux.

27/04/2026, 16:02

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“Défendre le livre c’est défendre la liberté de penser et de créer”

L'industrie du livre deviendra-t-elle enfin un échosystème ? Un espace collectif, commun, en mesure de faire corps pour assurer sa pérennité. Jérôme Sion, président de L'Agence Unique, Occitanie Culture adresse à ActuaLitté une tribune exhortant les professionnels à « garantir leur liberté collective ». Une adresse autant qu'un espoir.

24/04/2026, 20:32

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Le 23 avril, journée mondiale du livre : il faut célébrer “le droit d’y accéder”

Ce 23 avril marque la journée mondiale du livre, l'occasion d'en ouvrir un et de profiter des bienfaits de la lecture. Mais cette activité reste très limitée pour les personnes atteintes d'une déficience visuelle, qui ne peuvent pas lire des ouvrages imprimés d'une manière standardisée. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rappelle, dans un texte reproduit ci-dessous, les obstacles auxquels ils font face, ainsi que le manque de volonté politique pour lever ces barrières.

23/04/2026, 15:56

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Après Grasset, où aller ? 4000 éditeurs indépendants prêts à accueillir les auteurs

Partir, oui, mais où ? La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) annonce son soutien aux nombreux auteurs et autrices souhaitant quitter leur maison pour rejoindre les « 4000 maisons d’édition indépendantes » et faire vivre autrement le livre et la création. Quitter les grandes maisons pour une édition plus indépendante : tel est le pari de la Fill.

22/04/2026, 12:08

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Artistes-auteurs : le ministère de la Culture “dénature le sens” du vote de l’Assemblée nationale

En janvier, l’intersyndicale réunissant une trentaine d’organisations réagissait déjà à un courrier de l’URSSAF : « Artistes-auteurs : ce qui change pour votre protection sociale en 2026 ! ». Quelques mois plus tard, le ministère de la Culture présente un projet de décret d’application de la réforme, vivement contesté par les organisations, qui y voient un détournement du vote des députés. Le texte de l'organisation est reproduit en intégralité ci-dessous.

22/04/2026, 11:06

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Contrats d’auteur : les écrivains réclament une réforme face à la concentration

Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.

21/04/2026, 16:03

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“L’enfance est précieuse et fragile, la littérature essentielle” : les auteurs Grasset Jeunesse inquiets

Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.

21/04/2026, 15:31

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Clause de conscience : “Il s’avère impératif que le gouvernement s'engage”

Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.

21/04/2026, 08:35

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Entre deux rives
: ni robe, ni linceul, mais un deuil blanc

Clinique sauvage, c'est le nom de la chronique que Salim Rzin, psychanalyste et essayiste, ethnoclinicien et praticien en psychosomatique, inaugure pour la rentrée dans nos colonnes. Pour ce premier texte, Tanger devient le point de départ d’une réflexion sur l’exil, la perte et ce « deuil blanc » qui maintient parfois l’adulte sur une rive intérieure qu’il ne parvient plus à rejoindre. Entre psychanalyse, littérature et cinéma, il interroge ce qui demeure vivant en nous lorsque le désir semble s’être retiré.

09/09/2026, 12:48

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Libraires en grève : “Ce n'est pas possible qu'on gagne le Smic encore aujourd'hui”

À 25 ans, quatre années de librairie derrière elle et un salaire toujours au Smic, une jeune libraire venue débrayer ce mardi 8 septembre résume en quelques phrases ce qui pousse une partie de la profession à tenter un exercice encore inhabituel : la grève.

08/09/2026, 18:33

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Visite insulaire : les rituels de Victor Hugo à Guernesey

« Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. » Dans une maisonnette en pierre, surveillée par une rose trémière jaune, dans le silence du matin, je pose sur la table une tasse en porcelaine blanche, remplie d’un café noir, et j’ouvre Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo. Je le fais le premier matin, et je ferai ainsi chaque matin de la semaine passée à Guernesey. Suivez la guide...

07/09/2026, 17:25

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Silver Surfer : Parabole, le jour où Moebius redessina un dieu avec Stan Lee

En 1988, une rencontre improbable se produit chez Marvel. Stan Lee reprend le personnage dont il avait façonné la voix vingt ans plus tôt ; face à lui, Moebius, maître de la science-fiction européenne, accepte de se plier aux contraintes du comic book américain. À peine cinquante pages plus tard, Silver Surfer: Parable a transformé le combat entre Galactus et son ancien héraut en réflexion sur la foi, le pouvoir et la liberté.

05/09/2026, 11:50

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Rentrée scolaire : six professeurs convoqués par l'Inspection

Les élèves ont repris le chemin de l’école ce 1er septembre 2026. Pour certains enseignants, la rentrée pourrait tourner court. Expérience autoritaire, lancer d’élèves, fascination fasciste, bacchanale et cours particulier achevé au couteau : les dossiers ont ébranlé les services de l'Inspection. Pour l'Éducation nationale, une question : peut-on vraiment les laisser poursuivre ?

05/09/2026, 06:00

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Lamartine, Nerval, Gautier : les écrivains français amoureux d’Istanbul

Carrefour des civilisations, théâtre où se sont jouées les destinées de l'Orient et de l'Occident, Istanbul a fasciné des générations d'écrivains français qui, du XVIIe au XXe siècle, ont tenté de refléter dans leurs œuvres l'indicible beauté de cette cité millénaire. Par Amel Aït-Hamouda.

04/09/2026, 14:58

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“Pourquoi tu n’écris pas un livre sur le sexe ?” : la naissance de SexOD

À l'occasion de la sortie de son premier thriller (SexOD - juin 2026 - Patchenco éditions), que ActuaLitté vient de chroniquer, Patrick Collignon a bien voulu répondre à nos questions. On y apprend notamment que si l'écrivain belge a choisi de placer l'intrigue de son roman à Stockholm, ce n'est pas tout à fait par hasard ou pour suivre la mode !

03/09/2026, 18:13

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Une IA explore la mémoire moléculaire des livres anciens

Exclusif - Après avoir identifié protéines, médicaments ou autres résidus sur les documents de Vlad III, Jack London, Casanova et Alessandro Volta, l’équipe de Gleb et Svetlana Zilberstein veut franchir une nouvelle étape. Son « Cabilly Project » associe données biochimiques, archives et intelligence artificielle pour générer des hypothèses historiques. ActuaLitté révèle aussi l’existence de travaux, encore non publiés, sur André Malraux, Stendhal et Marcel Proust.

03/09/2026, 17:07

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Yannick Haenel : comme un air de déjà-lu dans la rentrée littéraire

Exclusif - Un manuscrit de professeur refusé chez Gallimard, le roman d'un ex-professeur publié trois ans plus tard par la maison et de l'un à l'autre ouvrage des scènes, motifs et références parfois voisins. La comparaison de Grand Poisson, de Fabrice Sanchez (Plon, août 2025), avec La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel (Gallimard, août 2026), ne révèle pas de contrefaçon, mais soulève quelques sourcils.

02/09/2026, 17:01

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Écris-moi une danse.... De la page au mouvement avec Myriam Gourfink

Un roman s’écrit avec des mots, une partition de musique avec des notes, et pour la danse ? Comment expliquer à des danseurs et danseuses les mouvements imaginés par un ou une chorégraphe, des intentions scénographiques qui soient intelligibles par tous et mémorisables. Rencontre avec Myriam Gourfink, danseuse, chorégraphe, riche d’un parcours international, reconnue et très appréciée pour son travail de recherche chorégraphique. 

02/09/2026, 15:56

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Harcèlement scolaire : apprendre dès 4 ans à poser ses limites

Avec Éduquer contre l’exclusion et le harcèlement – Méthode et outils pédagogiques adaptés au programme EVAR, paru aux éditions Dangles, Chloé Ségneré s’adresse aux enfants de 4 à 7 ans, mais aussi aux adultes qui les accompagnent. Sa méthode Empatikids passe par les émotions, le respect des limites, le consentement ou encore la sécurité pour tenter d’agir avant que les situations d’exclusion ou de harcèlement ne s’installent.

01/09/2026, 17:32

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Antonin Artaud : la guerre des archives n’est pas terminée (réponse à Florence de Mèredieu)

Le 7 août 2026, ActuaLitté publiait l’article Comment la souffrance a forgé le jeune Artaud, version abrégée, sans photographies ni appareil de sources, de l'étude d'Ilios Chailly, Une géographie de la souffrance : les cures d’Antonin Artaud, de La Rouguière au Chanet, 1915-1919. Florence de Mèredieu, biographe d’Antonin Artaud, a réagi à cet article dans les commentaires. Quelques échanges ont suivi. Ilios Chailly propose ici une réponse plus développée, pour revenir point par point sur les questions soulevées.

01/09/2026, 17:05

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De Proust à Perec : comment Shéhérazade a changé la littérature française

Au XXe siècle, les écrivains français n’ont pas seulement lu Les Mille et Une Nuits : ils s’en sont emparés comme d’un modèle d’écriture. De la mémoire proustienne à l’ambition romanesque de Perec, en passant par le merveilleux surréaliste et la figure de Shéhérazade devenue symbole de résistance, ce recueil sans auteur ni fin a profondément travaillé l’imaginaire littéraire. Par Amel Aït-Hamouda.

31/08/2026, 17:44

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“Dieu est mort, mais il n’arrive pas à s’en consoler”

Romancière, poétesse, psychanalyste et traductrice franco-suédoise, Kristina Ifwarson vient de cosigner avec l’éditeur Olivier Gallon la traduction d’un texte de Stig Dagerman inédit en français : Le Jour dernier. Parue de son vivant en 1952, cette pièce radiophonique est l’ultime œuvre de Stig Dagerman. Qu’est-ce qui fait la singularité de ce texte ? Pourquoi a-t-il été « oublié » jusqu’ici en Suède ? Et comment cette traduction pourrait-elle renouveler notre lecture de l’œuvre de Stig Dagerman ? Le point avec Kristina Ifwarson. Par Karim El Haddady.

31/08/2026, 17:11

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Freida McFadden : anatomie d'une machine, aux accents bien connus

Voilà des semaines et des mois, des années bientôt qu'elle trône au sommet des meilleures ventes, au point qu'on ne sache plus trop comment s'en dépatouiller... Un peu comme dans ses livres : Freida McFadden connaît la fin avant de commencer. Le retournement vient d’abord et le roman s’organise en fonction. Indices, fausses pistes, silences, informations données trop tôt pour être comprises : tout permet au lecteur de voir après coup ce qu’il n’avait pas vu venir. Mais comment ?

29/08/2026, 10:00

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Neuf mois plus tard : 80 livres à lire avant l’arrivée du bébé

Après neuf mois de silence, Elsa donne enfin de ses nouvelles. Et il s’en est passé, des choses : une grossesse, une année cabossée, des bibliothèques à trier, une pile à lire toujours bien garnie et une tentative très sérieuse de remplacer le doomscrolling par 100 pages quotidiennes. Avec, au passage, trois lectures qu’elle avait laissées dormir beaucoup trop longtemps.
 
 
 

29/08/2026, 09:00

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Six livres créent une application de rencontre pour éviter de finir seuls en rayon

On a longtemps cru qu’un livre abandonné sur une table de librairie souffrait en silence. Erreur. Il regarde les autres partir. Le prix littéraire avec son lecteur pressé, la romance dans un tote bag, le polar sous le bras de quelqu’un qui assure « ne lire que du vrai ». Lui reste là, tranche vers le public, à feindre l’indifférence.

29/08/2026, 08:00

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Après Perec, Queneau et Calvino : l’Oulipo peut-il encore surprendre ?

Le 5 mai 2026, jour de naissance de Karl Marx, Clémentine Mélois a dû mourir pour obtenir le droit de démissionner. À 18h16 exactement, au café L’Arrêt, anciennement L’Espérance, dans le VIIe arrondissement de Paris, l’écrivaine et plasticienne a retrouvé, selon sa propre formule, sa « liberté de manœuvre pour l’éternité ».

28/08/2026, 17:22

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Livre sur les quais 2026 : se renouveler sans rompre le fil

Pour sa 17e édition, Le Livre sur les quais cherche à renouveler ses formes sans perdre ce qui fait son identité. À Morges, Adélaïde Fabre défend un festival plus participatif, ouvert aux autres arts et aux nouveaux publics, mais toujours construit autour de la rencontre et de la transmission.

27/08/2026, 16:45

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Henri-Frédéric Amiel, écrivain d’une “vie manquée” devenue monument littéraire

Douze tomes, 16.900 pages… Publié en intégralité par L’Âge d’Homme entre 1976 et 1994, le Journal intime d’Henri-Frédéric Amiel (1821-1881), aujourd’hui revendu fort cher sur le marché de l’occasion, demeure peu lu, du moins en intégralité. Agrégée, docteure ès lettres, Géraldine Sauquet a, en quelque sorte, débroussaillé l’épais maquis de ce texte total, récit intime de quatre décennies, histoire de la vie quelque peu terne d’un professeur genevois, extrêmement cultivé, séduisant physiquement, mais miné par une timidité et une aboulie pathologiques. Par Étienne Ruhaud.

26/08/2026, 18:22

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Quand le format vertical bouscule l’écriture des séries

Pensées pour être regardées sur un smartphone, les fictions verticales ne se cantonnent plus aux productions amateurs des réseaux sociaux. France Télévisions et Arte investissent désormais ce terrain, où la brièveté impose ses propres règles : installer une situation immédiatement, caractériser un personnage en quelques secondes, concentrer les dialogues et maintenir le récit sous tension. Une autre manière d’écrire la fiction ?

25/08/2026, 11:11

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Du marathon au bain glacé : ce que notre culte de la performance dit de nous

Marathons, bains glacés, yoga, sommeil surveillé, alimentation contrôlée : et si nos disciplines du corps avaient pris la place des anciens rituels ? Dans cette « Petite anthropologie du Dépassement », Salim Rzin observe comment la quête de performance, de purification et de maîtrise transforme le corps en refuge, en temple et en territoire moral, jusqu’à faire surgir la figure du « nano-démon », menace intérieure qu’il faudrait maintenir en sommeil.

25/08/2026, 09:09

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Anxiété de la rentrée : pourquoi le retour au travail peut être si difficile

Pourquoi le retour au travail suffit-il parfois à faire ressurgir stress, ruminations et boule au ventre, avant même d’avoir rouvert sa boîte mail ? Après les vacances, le changement de rythme, les contraintes et l’anticipation peuvent réactiver l’anxiété, sans forcément révéler un rejet de son métier. Dans L’Anxiété dédramatisée (Piktos Poche), Mélissa Manacorda propose de comprendre ces mécanismes et livre des pistes concrètes pour reprendre sans laisser l’angoisse occuper toute la place.

25/08/2026, 09:05

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Six romans recalés à l’aéroport pour excédent de bagage... émotionnel

Les compagnies aériennes sont formelles : au-delà de 23 kilos, il faut payer un supplément. La littérature, beaucoup moins regardante, autorise ses personnages à embarquer avec une enfance traumatique, trois générations de non-dits, un père mort, plusieurs amours compliquées et parfois une résurrection complète. Au retour des vacances, il était temps que quelqu’un contrôle tout cela.

22/08/2026, 11:05

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La bienveillance, “complément idéal d’un monde de plus en plus brutal”

Il fallait bien que quelqu’un finisse par manquer de bienveillance envers la bienveillance. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan s’y risque ici, en prenant au sérieux ce que nos précautions, nos bons sentiments et notre vocabulaire soigneusement capitonné disent de notre rapport au conflit. Une humeur volontairement piquante, où la politesse des mots se retrouve priée de s’allonger sur le divan.

22/08/2026, 10:05

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Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

19/08/2026, 18:18

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Journée mondiale du moustique : les insectes réclament des dommages et intérêts à la littérature

Ce 20 août, Journée mondiale du moustique, les insectes ont déposé une plainte collective contre plusieurs siècles de littérature. Motifs : diffamation, séquestration, exploitation et atteinte répétée à la dignité des arthropodes. Cinq livres comparaissent. Les fourmis se constituent partie civile, les papillons demandent réparation et Gregor Samsa exige qu’on cesse enfin de l’appeler cafard. L’audience promet d’être piquante. (ceci est une fiction, hein...)

19/08/2026, 14:46

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Gestion contestée et conflit familial : un été au tribunal pour l'Harmattan

Exclusif - La gestion des Éditions L'Harmattan, dirigées depuis 2010 par Xavier Pryen, est vivement contestée depuis quelques années, tandis qu'un conflit familial se joue en arrière-plan : Denis Pryen, cofondateur du groupe, estime que son neveu a engagé le « démantèlement » de ce dernier. Deux décisions de justice, rendues cet été, se sont révélées favorables au cofondateur de L'Harmattan.

19/08/2026, 09:09

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Babel Indoor : quand les temples deviennent des livres de pierre

Que devient un lieu sacré lorsque la prière s’efface mais que la verticalité demeure ? Psychanalyste et ethno-clinicien, Salim Rzin lit les églises devenues salles d’escalade, hôtels ou espaces de passage comme autant de livres de pierre réécrits par les corps. Dans ce texte, il interroge ces architectures comme des palimpsestes : les usages changent, mais quelque chose de leurs anciens récits continue de s’écrire.

18/08/2026, 18:18

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“Ma mère est partie en Espagne” : Lavinia Braniște écrit l’exil ordinaire

Le 21 août paraît aux éditions des Syrtes le roman Camping de Lavinia Braniște, traduit du roumain par Sylvain Audet-Găinar. Un roman sur l’exil ordinaire et des vies en transit. Dialogue avec son éditrice, Olimpia Verger.

17/08/2026, 17:51

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“Les richesses du sol africain l’ont carrément appauvri”

Elvis Ntambua Mampuele, romancier, lauréat du Prix Senghor du public du premier roman : « La culture ne met pas fin à une guerre, mais elle peut aider une société à guérir, à se rassembler et à préparer les conditions d’une paix durable » Par Karim El Haddady.

14/08/2026, 16:15

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Sur les traces de Pierre Loti dans l’Istanbul qu’il aimait

Il existe, entre certaines âmes et certains rivages, une affinité qui tient moins du hasard que d'une secrète géographie du cœur. Celle de Pierre Loti avec Istanbul fut de cette nature : une reconnaissance sans raison, un coup de foudre qui précède l'amour ; une vérité intime que l’écrivain passera sa vie à explorer, à célébrer et à défendre, jusqu’à en faire le pivot secret de son œuvre et de son existence. Par Amel Aït-Hamouda.

13/08/2026, 15:45

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Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

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Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

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Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

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Des groupes anti-liberté d’expression identifiés et suivis par le renseignement

Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création contient une drôle de discrétion. Plusieurs « groupements formellement constitués », à l’origine d’actions organisées contre des acteurs culturels, seraient « pour la plupart identifiés par les services de renseignement territorial ». Voilà pour ce que l’État sait. Pour savoir qui ils sont, en revanche, le lecteur repassera : ni noms, ni nombre précis, ni famille politique ou religieuse. Le renseignement est là. L’information, beaucoup moins.

08/08/2026, 13:25