Pour sa neuvième édition, le groupe Furet du Nord – Decitre, en partenariat avec le Crédit Agricole Nord de France, a attribué le Prix Première Plume 2025 à Ramsès Kefi pour son premier roman Quatre jours sans ma mère (Philippe Rey). Ce prix vise à mettre en avant chaque année un auteur de la rentrée littéraire dans la catégorie « Premier Roman », récompensant la force d’un récit et l’émotion qu’il suscite.
Après des études d’histoire et un passage par la restauration, Ramsès Kefi découvre le journalisme presque par hasard : un texte sur le café, envoyé à plusieurs rédactions, est publié par le Bondyblog. Rue89 l’accueille ensuite en stage, où il reste cinq ans comme reporter. En 2016, il rejoint Libération, au service Société, puis collabore avec la revue XXI, pour laquelle il publie en 2022 À la base, c’était lui le gentil, une enquête sur les rixes adolescentes. Quatre jours sans ma mère est son premier roman.
Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible en bordure de forêt, s’en va. Pas de dispute, pas se cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. » Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle. Son fils Salmane s’effondre. À trente-six ans, il vit encore chez ses parents, travaille dans un fast-food, fuit l’amour et gaspille ses nuits sur un parking avec son meilleur ami, Archie, et d’autres copains cabossés.
Père et fils tentent de comprendre ce qui a poussé le pilier de leur famille à disparaître. Alors que Hédi réagit vivement, réaménage l’appartement, enlève son alliance, Salmane met tout en œuvre pour retrouver sa mère. Son enquête commence avec de maigres indices – une lettre, un chat tigré, une clé rouillée –, et remue un nombre incalculable de regrets. Il pressent que ce départ est lié à l’histoire de ses parents, orphelins émigrés de Tunisie. Il devine aussi que l’événement va tous les transformer, surtout lui, Salmane, qui voit enfin advenir son passage à l’âge adulte.
— Quatrième de couverture de Quatre jours sans ma mère (Philippe Rey)
« Un premier roman qui, derrière les non-dits et la pudeur d'une famille en plein questionnement, nous couvre d'une tendresse infinie », a déclaré Jérémy Parrot, libraire au sein de Decitre Lyon Bellecour et président du jury. Tandis que Sasha, libraire à Levallois-Perret, a salué « un récit qui aborde le thème des traumas transgénérationnels, des quartiers ouvriers et des mères portant le poids de leur famille », et Laura, libraire à Chambéry, « un premier roman poignant, sincère et drôle sur la famille, l'exil, le sentiment d'appartenance »
Le Prix Première Plume est attribué par un jury composé de cinq libraires du Furet du Nord et de Decitre, Marianne Payot, chroniqueuse littéraire, cinq collaborateurs du Crédit Agricole Nord de France, ainsi que cinquante clients sélectionnés sur inscription.
Cette diversité a pour but de révéler de véritables « pépites » littéraires. Parmi les précédents lauréats, on retrouve Tombée du ciel, d'Alice Develey (L'Iconoclaste) en 2024, et Ce que je sais de toi, d'Éric Chacour (Philippe Rey) en 2023.
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Image : Couverture de Quatre jours sans ma mère (Philippe Rey)
DOSSIER - Sélections, jurys, lauréats... Les prix de la rentrée littéraire 2025
Par Ugo Loumé
Contact : ul@actualitte.com
Paru le 21/08/2025
204 pages
Philippe Rey
20,00 €
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