Comme de nombreuses rédactions, France Culture dévoile la liste de ses coups de coeur de la rentrée littéraire. Et, puisqu'il s'agit de la saison la plus prolifique dans le milieu de l'édition, les places valent cher, et sont une première occasion de se démarquer...
Le 29/08/2025 à 10:59 par Dépêche
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Publié le :
29/08/2025 à 10:59
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Trouver son chemin dans une librairie, ça peut commencer dans les colonnes d’un média. Et pourquoi pas celles de France Culture ? Pour le lancement de cette nouvelle rentrée littéraire, la rédaction conseille ses lectures préférées, et adapte sa programmation tout le mois de septembre.
Dès demain vendredi 29 août, Les Matins de Guillaume Erner lanceront cette grande séquence avec une émission spéciale : « L’intime à la page : les passions de la rentrée littéraire ». Dans la première partie de l’émission dès 7h40, l’historien William Marx décryptera ces nouvelles façons de raconter nos vies et de notre rapport intime aux livres, en écho aux thématiques retrouvées cette année dans les parutions de la rentrée. À partir de 8h20, les producteurs de France Culture révéleront leurs coups de cœur de la rentrée littéraire 2025.
Au grand jamais, de Jakuta Alikavazovic (Gallimard).
Dans cet ouvrage, la narratrice est confrontée à la disparition soudaine de sa mère, une poétesse autrefois reconnue dans son pays d’origine. Depuis son arrivée en France, cette femme s’était progressivement éloignée de l’écriture.
Devenue mère à son tour, la narratrice perçoit cette absence comme une énigme à déchiffrer, une clé pour résoudre l’« énigme qu’est une personne ». Guidée par une intuition, voire un véritable don, elle part en quête des traces du passé. Elle en assemble les fragments, jusqu’à faire émerger la vérité.
Pour Marie Richeux, ce roman est « comme un mirage. On n’est plus tout à fait certain de ce que l’on a lu. À l’énigme que constitue immanquablement une mère, une guerre, Jakuta Alikavazovic répond par des éclats de fiction ou de verre : toutes ces histoires que l’on raconte pour s’aider à vivre. Une ode au poème secret et au temps, pour laquelle sa langue s’orne de toujours plus de mystère. »

Tambora, de Hélène Laurain (Verdier)
Une mère raconte ses deux filles, qu’elle perçoit vastes, mouvantes, comme des villes en pleine expansion. L’aînée est déjà présente au début du récit ; la cadette, elle, naîtra bientôt, après la perte douloureuse d’un enfant lors d’une fausse couche. Le fil du récit suit le rythme singulier de la maternité : celui des grossesses difficiles, des séjours à l’hôpital, des corps mis à l’épreuve, de la naissance, des soins constants, et de désirs trop souvent relégués.
Mais au cœur de cette intimité, d’autres strates de réalité s’invitent : un manuscrit que s’apprête à lire un éditeur, des confinements successifs vécus depuis un lit d’hôpital, l’écho de la catastrophe climatique en cours, et cette pensée vertigineuse d’une fin du monde, telle qu’on l’imagina déjà en 1815, après l’éruption du Tambora qui plongea la Terre dans l’obscurité.
« Tenir ensemble l’expérience d’une interruption de grossesse, d’autres grossesses, la vie avec des enfants petits (mélange de crise, de couches et de merveille), le réchauffement climatique et les conflits au loin : Hélène Laurain le fait par la puissance des mots et de leur agencement. Consciente du marasme, elle soutient que la vie belle, c’est pour maintenant. Ici délicatesse et détails sont définitivement politiques », commente la journaliste. Hélène Laurain sera son invitée le 17 septembre à 15h.

Finistère, d’Anne Berest (Albin Michel)
En 2021, peu après la publication de La Carte Postale, l’autrice découvre que son père est atteint d’une maladie grave. Ce choc la pousse à se rapprocher de cet homme resté longtemps mystérieux, et à remonter le fil de son héritage paternel, ancré en Bretagne.
À travers ce récit, elle ravive la passion qui a uni ses parents, explore les tensions entre la province et Paris, évoque les premiers soulèvements paysans du Finistère, et fait revivre l’élan fougueux de la jeunesse résistante.
« Dans chacun de ses livres, Anne Berest creuse les plis du passé, interroge les silences, fait parler les fantômes. Avec elle, la beauté surgit dans les détails ténus, les gestes suspendus, les phrases inachevées. Avec ce livre sur son père, les lignées se frôlent, se perdent et parfois se retrouvent », analyse Arnaud Laporte. Anne Berest sera l’invitée de Comme un samedi, le 4 octobre à 18h10.

Toutes les vies, de Rebeka Warrior (Stock)
Une nuit, dans notre modeste maison sur la plage, l’autrice fait un cauchemar étrange. La mort en personne l’approche, elle et sa sœur. Elle contourne la moustiquaire qui les protège, et essaie de s’introduire dans leur lit. Elle voulait prendre Pauline, sa sœur. Rebeka passe donc la nuit à monter la garde, à lui mettre des bâtons dans les roues.
La mort n’était pas contente. À l’aube, alors tombe doucement dans les bras de Morphée, la mort a murmuré quelque chose, sans qu’elle ne comprenne quoi. Toutes les vies est le récit d’une histoire d’amour, d’un deuil impossible et d’une quête spirituelle qui sauve.
À LIRE – La rentrée de France Inter, entre nouveautés et contestation
Au sujet de cet ouvrage, Arnaud Laporte écrit : « Pour son premier roman, celle que l’on connaît comme musicienne au sein de Sexy Sushi, Mansfield.TYA ou Kompromat creuse une veine autobiographique et s’expose sans fausse pudeur. Rebeka Warrior réussit l’impensable : glisser des éclats de vie, des éclats de rire, dans un roman de deuil tragique. »

Crédits image : Montage par France Culture
Par Dépêche
Contact : depeche@actualitte.com
Paru le 21/08/2025
256 pages
Editions Gallimard
20,50 €
Paru le 28/08/2025
192 pages
Editions Verdier
18,50 €
Paru le 20/08/2025
432 pages
Albin Michel
23,90 €
Paru le 20/08/2025
286 pages
Stock
20,90 €
1 Commentaire
morice estrosianni
02/09/2025 à 17:46
palpitant