Nous marchons sur un lac gelé. Soit la glace tient et notre contexte bioclimatique reste stable — propice aux excédents agricoles, aux sociétés organisées. Soit elle cède : dans ce cas, c’est le chaos civilisationnel. Cette image forte introduit l'ouvrage, fruit de la traduction-commentaire par Nathanaël Wallenhorst de l’article de référence Les trajectoires du système Terre durant l’Anthropocène de Will Steffen et coll. paru dans PNAS en 2018.
L’ouvrage, dense mais accessible, décline ses réflexions en quatre temps, et ce, en moins de cent pages — une écriture qui respire, sans jamais l’alourdir.
D’abord, il s’agit de poser les bases : comprendre ce qu’on appelle “limites” et “seuils planétaires”. Des repères cruciaux — la température, le cycle de l’azote, la biodiversité — qui garantissent l’équilibre du système Terre. Trois étaient déjà franchis en 2009, six aujourd’hui. C’est tout le cadre écologique qui vacille.
Ensuite, Wallenhorst propose : comment réorienter la trajectoire climatique ? Il invite à dépasser le discours politique creux, à intégrer les savoirs scientifiques dans la Cité, à mêler les disciplines — science, éthique, débat citoyen — pour penser une “voie de Terre stabilisée” et plus juste.
Troisième temps — plus direct : pour contenir le dérèglement, deux mots : décroissance, démantèlement. Oui, on peut grimacer devant ce mot brutal, mais l’auteur argue que ce n’est pas un caprice, c’est le réel À fond la science.
On parcourra également l'intéressant glossaire en fin d'ouvrage (de pergélisol à voie globale) et une bibliographie resserrée — gestes simples, mais précieux pour qui veut aller plus loin .
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Publiée le
23/08/2025 à 14:38
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Paru le 12/03/2025
80 pages
Actes Sud Editions
12,00 €
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