Dès l’ouverture, on sent que les auteurs ont un propos clair — il ne s’agit pas d’un nouveau plaidoyer pour le "capitalisme vert", mais d’un véritable appel à transformer le système en profondeur. Face à l’urgence climatique, la coordination par le marché seul ne suffit plus. Il faut s’attaquer aux structures mêmes de l’économie, pas seulement aux comportements individuels.
Ils retracent l’histoire de la notion de planification écologique, depuis les économies de guerre jusqu’aux expériences socialistes, et revisitent des débats fondamentaux, comme celui entre le "signal‑prix" et le "calcul en nature". Ce retour historique permet de poser les jalons — et de démontrer que la question n’est pas nouvelle, mais peut trouver aujourd’hui des moyens inédits de mise en œuvre.
La proposition centrale porte sur ce qu’ils appellent un "gouvernement par les besoins". Plutôt que produire toujours plus, l’objectif serait de produire juste ce qu’il faut — en respectant les limites écologiques, en assurant la justice environnementale, et en garantissant l’inclusion démocratique.
Un des points forts du livre est l’arsenal d’outils envisagés. Il y a d’abord le recours aux outils numériques et aux techniques comptables biophysiques pour réorienter l’économie. Ensuite, une "démocratie augmentée" — plutôt qu’un État omnipotent —, avec des instances de délibération collective, "cybersoviets" ou commissions "post‑croissance", capables de définir les besoins réels des populations.
Bien sûr, les auteurs ne cachent pas les difficultés. Ils soulignent les tensions entre centralisation et expérimentation locale, entre élaboration de scénarios techniques et adhésion populaire, sans compter le paradoxe d’utiliser des outils numériques gourmands en énergie.
DOSSIER - Arles : Agir pour le vivant 2025 fait vibrer l’écologie en actes
Publiée le
23/08/2025 à 14:36
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Paru le 14/03/2024
256 pages
La Découverte
20,50 €
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