Québec décroche le titre de la meilleure bibliothèque publique au monde. Sacrée « Bibliothèque publique de l’année » par l’IFLA, l'établissement Gabrielle-Roy rayonne bien au-delà de ses murs. Transformée par un chantier de 40 millions $, elle offre aujourd’hui 10.500 m2 d’espaces.
La bibliothèque Gabrielle-Roy, située au cœur du quartier Saint-Roch, à Québec, a été désignée « Bibliothèque publique de l’année ». La nouvelle est tombée ce 18 août, en ouverture du congrès annuel de l’International Federation of Library Associations (IFLA), qui réunit des centaines de professionnels venus des cinq continents.
Un titre convoité, attribué à l’issue d’un concours qui opposait l’établissement québécois à deux finalistes de taille : la New Canaan Library, dans le Connecticut (États-Unis), et la Heping Library, à Shanghai (Chine).
Le jury international a retenu la Gabrielle-Roy pour « la qualité de son architecture, ses liens avec la communauté, l’intégration des nouvelles technologies et son approche durable », peut-on lire dans un communiqué. « [Les membres du jury] ont été particulièrement impressionnés par la façon dont la rénovation et l’agrandissement de Gabrielle-Roy transforment totalement la structure existante en une bibliothèque moderne et inspirante. »
« La bibliothèque Gabrielle-Roy a gagné le prix de la bibliothèque publique de l’année au monde. Pas au Canada, en Amérique du Nord, pas au Québec, au monde », s’est enthousiasmé le maire de Québec, Bruno Marchand, dans une vidéo diffusée sur Instagram, enregistrée devant la façade de verre du bâtiment. Pour l’élu, c’est une « immense nouvelle » qui consacre autant l’audace architecturale que l’ambition sociale du projet.
Pour atteindre ce sommet, la bibliothèque a connu une métamorphose d’ampleur. Construite en 1983 et baptisée en hommage à la romancière franco-manitobaine du même nom, elle a fermé ses portes cinq ans durant pour un vaste chantier de modernisation, lancé en 2019.
Coût de l’opération : plus de 40 millions $, selon Le journal du Québec, pour des travaux respectés « dans les temps et dans les budgets prévus », insiste le maire. Elle a rouvert en février 2024, transformée et agrandie, selon les plans du consortium architectural Saucier-Perrotte GLRC.
« Située au cœur du quartier culturel et économique de Saint-Roch, à Québec, elle est devenue un lieu de rencontre pour une communauté diversifiée et dynamique, dont la fréquentation a fortement augmenté au cours des dernières années. L’approche communautaire adoptée dans la conception a grandement contribué à son succès », précise l’IFLA.
Désormais, l’édifice de 10.500 m2 est la plus grande bibliothèque municipale du Québec. Ses espaces, lumineux et modulables, sont organisés autour de dix « foyers thématiques » allant de la cuisine à la bande dessinée, en passant par la musique, la citoyenneté ou les sciences.
Côté chiffres, elle dispose de 900 places assises, 90 postes Internet, 15 salles de travail individuel, trois studios de répétition musicale, une salle de spectacle et, plus étonnant, une cuisine professionnelle, destinée à la médiation culturelle. « Ces espaces sont animés, en partie, par des organismes locaux qui répondent chaque année à des appels à candidature et font office d’incubateur créatif », assure la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou.
À ces aménagements s’ajoutent une grainothèque, ainsi qu'une « joujouthèque » comme ils l’appellent, pour les plus petits, et des dispositifs originaux comme le prêt d’instruments de musique. L’art n’est pas en reste : l’atrium abrite « Il me semble y avoir comme une pluie d’or », œuvre de Micheline Beauchemin, acquise grâce à la politique du 1 % artistique associée à la construction du bâtiment.
Mais au-delà de l’architecture et de l’innovation technique, l’IFLA a salué l’ancrage de l'établissement dans son environnement. Située dans le quartier Saint-Roch, la bibliothèque est ouverte 81 heures par semaine — bien au-dessus de la moyenne nationale, qui est à 52, selon la BPI.
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Plus de cent employés, bibliothécaires, médiateurs culturels et même un travailleur social, accompagnent le public dans un quartier qui, « comme le centre-ville de Québec, connaît des problématiques de toxicomanie, d’errance et de santé mentale, notamment depuis la pandémie », note encore la BPI.
Cette consécration internationale n’arrive pas seule. En mai dernier, le projet de rénovation avait déjà obtenu le Prix Joseph-Beaubien lors du Mérite Ovation municipale 2025. Quelques mois plus tôt, il avait été distingué par le Prix Denis-Vaugeois lors du Gala des bibliothèques publiques du Québec.
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« Tant mieux si son design novateur et notre approche tournée vers l’humain peuvent inspirer le reste du monde », s’enthousiasme le maire, qui croit en un espace pensé pour rendre la culture accessible au plus grand nombre.
Crédits image : « Il me semble y avoir comme une pluie d’or », œuvre de Micheline Beauchemin photographiée par Gilbert Bochenek, Public domain
Par Louella Boulland
Contact : lb@actualitte.com
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