Décidément, les livres prennent l'air aujourd'hui... vraiment. L'Italie recense comme une vague de vandalisme ciblant des bibliothèques de rue, où les livres sont déposés en attendant de trouver un refuge temporaire ou d'être échangés. Plusieurs témoignages rapportent des dégradations, jusqu'à un certain point d'ironie...
Le 15/08/2025 à 17:59 par Nicolas Gary
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Publié le :
15/08/2025 à 17:59
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Il suffit parfois d’un geste pour briser un symbole — et là, c’est toute la confiance dans la lecture partagée qui vacille. Récemment, en Calabre, la petite mais si précieuse casetta dei libri sur le lungomare de Trebisacce a été visée par un acte qui laisse pantois. Les vandales sont venus, ont endommagé la structure — sans voler un seul ouvrage — et disparu. Un sinistre clin d’œil à l’indifférence : dans une zone si fréquentée par les estivants, personne n’a rien vu.
Pendant ce temps, en Vénétie, dans le hameau de Pontecchio Polesine, la Casa del Libro — littéralement une bibliothèque à ciel ouvert — a été réduite en chaos. On a retrouvé les portes arrachées, les livres jetés pêle-mêle par terre, comme abandonnés au gré d’un mépris incompréhensible. Là encore, les volontaires, abasourdis, évoquent des jeunes en quête de frisson ou, pire, d’irresponsabilité totale.
Dans la ville de Caserta (30 km au nord de Naples) labellisée “Città che Legge”, symbole même de la promotion de la lecture, des livres arrachés, abandonnés, gisant au sol. Une casetta dei libri, delicate petite boîte destinée au partage littéraire dans un lieu public, s’est transformée en spectacle de dévastation.
D’après CasertaNews, l’acte a choqué la communauté : la structure accueillait pourtant des romans majeurs — Il giorno della Civetta de Sciascia, la biographie du président Leone — et visait à diffuser la culture librement. Ces volumes, aujourd’hui, sont déchirés, éparpillés, comme relégués au rang de déchets. Quelques citoyens ont tenté — en vain — de les préserver, de les récupérer, tant l’indignation est forte.
Ce qui rend la scène encore plus absurde ? Caserta a récemment reçu une subvention de 41 000 € de la part du ministère de la Culture, dans le cadre de son statut de « Ville qui lit ». Cette enveloppe soutenait justement des projets visant à renforcer les pratiques de lecture : panchine dédiées, initiatives de bookcrossing et, précisément, cette casetta dei libri.
Dans un parc réaménagé avec tant de soin, dans une ville fièrement labellisée pour sa culture, comment expliquer qu’on en arrive à ça ? Cette je‑ne‑sais‑quoi de barbarie froisse l’esprit : des livres arrachés, laissés sur le pavé, comme ignorés de tous — mais impérissables pour ceux qui aiment lire.
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Le projet du bookcrossing, qu’il soit géré par le Rotary Club ou des associations locales, repose sur un principe simple et puissant : porter un livre, en prendre un autre, et ainsi faire circuler l’envie de lire. C’est cette philosophie, toute en liberté collective, que des incivilités sans motif viennent heurter.
Ce n’est pas juste une boîte en bois brisée. C’est un lien brisé. Un acte qui bouche la porosité entre les générations, entre les rues, entre les histoires partagées — pour qui ? Par ennui ?, par froide provocation ? On l’ignore. Ce que l’on sait, c’est que des volontaires, des familles, des associations ont vu cette boîte comme un espace à vivre, un pont entre lecteurs, petits et grands.
À Caserta, le paradoxe fait mal : on investit pour la culture, on construit, on propose, on inaugure — et soudain, on découvre ce reliquat amer de la valeur sociale bafouée.
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On ne peut pas laisser passer un tel incident sans le nommer. Une ville qui, explicitement, veut être modèle de lecture, ne peut tolérer qu’un lieu de partage soit transformé en décharge littéraire. Cet épisode nous rappelle deux urgences : la culpabilité du vandalisme gratuit, et notre responsabilité collective à protéger les espaces de culture partagée.
Et si l’on réparait cette boîte, se demande-t-on dans la petite cité italienne ? Et si chaque livre arraché incitait à une vigilance renforcée, à une présence citoyenne ? Car derrière chaque couverture froissée, il y a un univers en partage, issu d'un auteur ou d'une autrice — un monde à défendre, manifestement.
Crédits photo : Caserna News
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
2 Commentaires
Alexandre
16/08/2025 à 13:25
"Dans la ville de Caserta (30 km au nord de Naples)" et non "Dans la ville ce Caserta (30 km au nord de Noaples)"
Team ActuaLitté
16/08/2025 à 21:41
Bonjour
Merci de votre coup d'oeil, c'est modifié.