Hassen Jaied, entrepreneur franco‑tunisien du monde de l’édition et de la librairie en Tunisie, s’interroge sur le silence qui entoure Gaza au sein de l’édition et de la création française. Dans ce billet, il se pose une question : « Aujourd’hui, face à Gaza, où sont ces voix courageuses ? »
Le 13/08/2025 à 16:21 par Hassen Jaïed
30 Réactions | 783 Partages
Publié le :
13/08/2025 à 16:21
30
Commentaires
783
Partages
Il y a des silences qui tuent plus sûrement que des armes. En ces mois où Gaza brûle, où des familles entières disparaissent sous les bombes, où un peuple est affamé, privé de soins et de liberté, la grande majorité des éditeurs et écrivains français restent muets. Ce silence n’est pas celui de l’ignorance : nul ne peut prétendre ne pas savoir. C’est un silence choisi, un silence de confort, qui résonne comme une approbation tacite.
La France aime à se dire héritière des Lumières, patrie des Droits de l’Homme, pays de Victor Hugo, ce poète qui, dans Les Châtiments, s’élevait contre toutes les tyrannies et dénonçait l’injustice avec une ferveur indomptable. Le pays de Victor Hugo, qui savait que « quand le crime parle, le crime a presque fini », se tait. Le pays des Lumières, qui se glorifie d’avoir porté la Déclaration des droits de l’homme, baisse les yeux.
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? La grande majorité de la communauté éditoriale et littéraire française, pourtant si prompte à défendre la liberté d’expression lorsqu’elle est menacée ailleurs, s’enferme dans une prudence glaciale dès qu’il s’agit de dénoncer le massacre en Palestine.
Ils ont pourtant le pouvoir d’agir. Les éditeurs peuvent publier, traduire, diffuser les témoignages, les récits, les analyses qui brisent le discours dominant. Les écrivains peuvent user de leur notoriété pour alerter, écrire des textes, signer des tribunes, organiser des lectures, rappeler que la littérature sert aussi à combattre l’injustice.
Mais trop souvent, ils ne le font pas. Ils détournent le regard, craignant de perdre un lectorat, un contrat, une place médiatique. Certains deviennent même complices de médias qui, sous la censure ou l’autocensure, minimisent l’horreur ou invisibilisent les victimes.
Or, dans le face-à-face avec un crime contre l’humanité, la neutralité n’existe pas. Ne pas nommer, c’est déjà prendre parti. Ne pas dénoncer, c’est soutenir. Comment soutenir un État qui colonise, qui massacre, qui impose l’apartheid ? Israël se dit démocratique et État de droit.
Peut-on être un État de droit avec de tels massacres ? Peut-on encourager cela ? Répondez ! La déshumanisation est toujours le prélude aux pires crimes. Et chaque écrivain, chaque éditeur qui garde le silence devient, par ce silence, un maillon de cette chaîne d’effacement.
L’histoire a déjà connu ces moments où la lâcheté des intellectuels a couvert l’innommable. Sous Vichy, certains écrivains ont choisi le camp du pouvoir, d’autres ont résisté. Pendant l’apartheid sud-africain, des maisons d’édition ont bravé les interdits pour faire entendre les voix de la lutte.
Aujourd’hui, face à Gaza, où sont ces voix courageuses ? Pourquoi la grande majorité se dérobe-t-elle, alors qu’elle se pare volontiers d’engagement lorsqu’il s’agit de causes lointaines et consensuelles ?
Ce silence est d’autant plus indécent que le monde littéraire français s’enorgueillit de porter la mémoire des tragédies passées. On multiplie les hommages à Zola, on commémore les écrivains résistants, on célèbre ceux qui ont dénoncé les crimes de leur temps. Mais lorsque le crime se déroule sous nos yeux, on se tait. Comme si l’indignation était bonne pour les livres d’histoire, mais trop dangereuse pour le présent.
Les écrivains palestiniens, de Mahmoud Darwich à Ghassan Kanafani, nous ont appris que la lutte pour la Palestine est aussi la lutte pour la dignité humaine universelle. Les oublier aujourd’hui, ne pas donner la parole aux auteurs qui témoignent de l’horreur à Gaza, c’est trahir la mission même de la littérature.
L’histoire jugera cette majorité silencieuse. Les futures générations liront peut-être les livres qui paraîtront, trop tard, pour raconter les hôpitaux détruits, les enfants affamés, les fosses communes. Elles se demanderont : où étaient les écrivains et les éditeurs français quand cela se produisait ? Pourquoi ont-ils laissé passer ce moment sans parler, sans agir, sans écrire ?
À LIRE – Plus de 200 auteurs appellent au boycott complet d’Israël
Être écrivain ou éditeur, c’est choisir. Choisir ce qui mérite d’être écrit, publié, entendu. Aujourd’hui, choisir de ne pas parler de Gaza, c’est accepter que l’injustice se perpétue. C’est renoncer à l’un des plus beaux rôles de la littérature : défendre les voix étouffées par le bruit des bombes.
Le temps viendra où les bombes se tairont. Chaque minute de silence pèse sur notre conscience. Mais il n’est pas trop tard aujourd’hui pour briser ce silence, et pour que la littérature française retrouve enfin sa voix, non pas au service des puissants, mais de ceux qui, à Gaza, se battent simplement pour vivre sur leur terre.
Crédits image : Illustration, par Newtown grafitti, CC BY 2.0
Par Hassen Jaïed
Contact : afrique_culture@yahoo.fr
Plus d'articles sur le même thème
Pourquoi l’Antiquité continue-t-elle de nous fasciner ? La question mérite d’être posée car nous savons aujourd’hui que les sociétés antiques étaient loin d’être parfaites. Elles connaissaient les guerres, les inégalités, l’esclavage, les luttes de pouvoir et les violences politiques. Pourtant, plus de deux mille ans après leur disparition, elles continuent d’habiter notre imaginaire collectif. Léa Varachaud publie aux éditions Grancher un essai sur ces rites et ce qu'ils nous apporteraient aujourd'hui encore.
15/07/2026, 15:12
Certaines traductions naissent d’une commande, d’autres d’une fidélité obstinée : en s'attelant à Ainsi va Lipp, la traductrice Camille Luscher n’a cessé de vouloir faire entendre en français la voix singulière d’Eleonore Frey. Quatorze années auront été nécessaires pour que ce roman, paru en allemand en 1998, ne sorte en juin 2026 chez La Veilleuse, dans une version particulièrement soignée. À notre invitation, la traductrice revient sur cette longue aventure, sur une écriture qui déplace les mots et les normes, et sur l’insaisissable figure de Lipp.
13/07/2026, 16:13
En juin dernier, François Belley s’inquiétait de ce que les autrices et auteurs modernes entretiennent leur bronzage à grand renfort de selfies : se montrer ou disparaître, cruel avenir. Ou pas. Tout dépend des tempéraments, certainement. L’écrivain pirate marque une pause, pour mieux observer les ravages de l'industrie, sur ses propres ouvrages... Dans la tête du bourreau des livres, ou les états d’âme du pilon.
06/07/2026, 17:28
À deux mois de l’obligation de réception des factures électroniques, OPlibris et Dilicom défendent un choix d’organisation : intégrer la réforme aux outils des maisons, plutôt que de les laisser dépendre d’un portail extérieur.
04/07/2026, 10:51
Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Après la fragilisation économique du secteur, cette série interroge la valeur du conseil, la librairie comme lieu de débat et le projet culturel susceptible de donner sens à l’entreprise. Premier épisode : faire de la relation avec le lecteur une force visible.
24/06/2026, 16:22
Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? Évelyne Darmanin, auteure de cet article, est sociologue de formation. Elle nous propose une série de trois articles, qui questionnent et interrogent. Alors que les librairies souffrent dans un environnement trop calme, la notion de projet d’entreprise serait plus que jamais nécessaire. Ce premier volet défend une idée simple : la librairie ne se réduit pas à la vente d’un produit dont le prix échappe au libraire. Non, non...
24/06/2026, 16:21
Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Le premier texte plaçait le conseil et la relation avec le lecteur au cœur de la valeur du métier. Le deuxième défendait la librairie comme espace de dialogue, de circulation des idées et de débat. Ce dernier volet interroge le projet d’entreprise capable d’articuler activité commerciale, transmission professionnelle, ambition culturelle et exigence démocratique.
24/06/2026, 16:15
Alors que l’IA et le RAG s’imposent comme des pistes pour renouveler la recherche documentaire en bibliothèque universitaire, leur déploiement se heurte à une réalité matérielle et juridique : accès aux textes, numérisation des fonds, droits d’usage et coûts de traitement. Derrière la promesse de catalogues plus intelligents, la question demeure celle de l’autonomie des bibliothèques face aux grandes plateformes. Par Cédric Limousin.
23/06/2026, 16:16
Dans le paysage de l’édition indépendante française et à travers ces différentes collections, les Éditions au Pluriel construisent un catalogue singulier Romans, essais, imaginaire, beaux livres ou récits de voyage. C’est un ensemble cohérent, animé par une même exigence : défendre des textes incarnés, accessibles et profondément humains.
19/06/2026, 17:57
Aux Rencontres nationales de la librairie 2026, l’intelligence artificielle s’était invitée dans un double débat : celui de la création, du droit d’auteur et des œuvres, et celui, plus concret, des usages professionnels en librairie. Entre vigilance éthique et outils d’aide au pilotage, l’enjeu consiste à distinguer la menace du remplacement de la promesse d’une assistance pensée au service du métier. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, dépassionne le débat.
17/06/2026, 13:10
L’information climatique circule davantage, alerte plus souvent et documente mieux l’ampleur du dérèglement en cours. Pourtant, l’accumulation des faits déclenche parfois l’angoisse, la lassitude ou le repli, au lieu de nourrir l’action. Pour dépasser cette impasse, le monde du livre dispose d’un rôle singulier : faire entendre d’autres récits, d’autres voix, et transformer la prise de conscience en mouvement collectif. Fanny Audibert publie chez Oxus Sortir du déni climatique, entrer en action.
15/06/2026, 13:03
ANALYSE – La question de l’indépendance des commerces du livre se déplace. Au-delà du statut juridique ou du choix éditorial, elle engage désormais la viabilité économique, la fatigue des équipes, l’écologie du livre et les conditions concrètes d’un métier sous tension. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, aborde le sujet frontalement.
15/06/2026, 12:30
Dans cette tribune, l’essayiste Nasser interroge, à partir de l’affaire Patrick Bruel et d’autres figures publiques mises en cause, la tension entre parole des victimes, présomption d’innocence, prescription judiciaire et responsabilités médiatiques. Un texte d’opinion, polémique et engagé, sur l’impunité supposée des puissants face aux violences sexuelles.
13/06/2026, 08:33
ANALYSE – Surproduction, encore et toujours, l'éternelle problématique de l'industrie du livre. Trop de livres, peut-être, probablement – assurément ? Ou bien, pas assez de temps pour que chaque ouvrage vive sa vie dans les points de vente ? Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, propose une autre lecture.
13/06/2026, 06:00
Avec l'arrivée prochaine des AI Overviews, Google ne se contente plus de classer le web : il répond à sa place. Pour le livre, l’enjeu dépasse le référencement : critiques, libraires, bibliothèques et blogs nourriront une synthèse qui garde le lecteur captif, sans clic ni détour. Une promesse de confort, donc, mais aussi une confiscation très méthodique de la médiation littéraire. On se poserait presque des questions.
12/06/2026, 06:00
Jadis, l’écrivain hantait les cafés, les chambres closes et les marges de ses manuscrits. Le voici sommé d’occuper aussi les stories, les plateaux, les selfies et les vignettes promotionnelles. Dans un monde où l’absence frôle la faute professionnelle, l'écrivain-pirate François Belley interroge la dernière provocation possible pour un auteur : garder le silence, cultiver l’ombre et laisser l’œuvre parler avant le visage. Ou comment arrêter de bronzer avec son iPhone.
11/06/2026, 12:07
Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.
09/06/2026, 16:16
La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.
02/06/2026, 17:37
Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.
02/06/2026, 12:24
Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.
02/06/2026, 06:25
Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.
31/05/2026, 10:48
Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.
26/05/2026, 17:16
La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.
22/05/2026, 09:06
La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques.
15/05/2026, 17:33
Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.
15/05/2026, 15:19
L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.
11/05/2026, 13:35
9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.
06/05/2026, 11:07
Réduit à la divination, le tarot de Wirth perd sa singularité. Redessiné il y a un siècle par l’occultiste Oswald Wirth, ce jeu puise dans l’Égypte ancienne, la kabbale, le pythagorisme et l’alchimie. Autrice du livre Lire le tarot avec l'Oswald Wirth (éditions Trajectoire) Régine Brzesc-Colonges en éclaire chaque arcane, entre traditions initiatiques, mythes et symboles, pour rappeler la portée spirituelle d’un tarot pensé comme science de l’âme.
04/05/2026, 16:34
Trump, Poutine, Netanyahu, Macron, Merz, Kagame, von der Leyen. Vous qui faites la guerre, la prolongez, la financez, ou en préparez de nouvelles. Vous qui lisez des projections de pertes acceptables. Certains d'entre vous, du moins. Il existe des hommes et des femmes qui ont regardé en face ce que vous produisez. Pas depuis un bureau. Ce sont des romanciers.
02/05/2026, 09:52
Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village.
26/04/2026, 19:03
Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.
21/04/2026, 16:22
Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.
19/04/2026, 14:34
ANALYSE – La séquence ouverte par la reprise en main de Grasset, au sein d’un groupe lui-même intégré à l’écosystème constitué par Vincent Bolloré, s’inscrit dans une logique désormais identifiée au-delà du seul cas français. Le rapport Right to Write de la Fédération des scénaristes d’Europe décrit précisément ces configurations, où concentration des médias, recomposition des directions culturelles et transformation des conditions éditoriales convergent vers un même objectif : encadrer les récits en circulation dans l’espace public.
19/04/2026, 12:26
Concentration capitalistique, soupçons d’alignement idéologique et rupture avec une tradition éditoriale pluraliste : la mise à l’écart d’Olivier Nora après vingt-six ans à la tête de Grasset agit comme un révélateur. Thibault Leonard, fondateur de Primento, analyse cette recomposition du paysage du livre interrogeant l’indépendance des catalogues et, au-delà, le rôle démocratique de l’édition.
19/04/2026, 12:02
Autres articles de la rubrique À la loupe
Ancienne ingénieure à la SNCF, Nawal Kerdougli a créé au printemps ManYaya, la première librairie exclusivement antiraciste en France. Interrogée par ActuaLitté, elle revient sur les origines de ce projet, ses choix éditoriaux et son ambition de rendre ces ouvrages accessibles partout en France, notamment dans les territoires où l’offre spécialisée est limitée.
17/07/2026, 17:27
À force de vouloir sauver la lecture, on finit parfois par l’enfermer dans deux cases : le divertissement agréable ou l’effort salutaire. Dans une tribune publiée par Libération, l’avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein déplace le débat. Les livres lui ont permis de franchir des frontières sociales, professionnelles et intellectuelles. Le plaisir ouvre l’ouvrage ; l’émancipation commence parfois à la page suivante.
16/07/2026, 15:07
L'année 2026 n'est pas de tout repos pour l'industrie de l'édition, confrontée à un repli des ventes et à un recul apparent des pratiques de lecture. Parallèlement, la situation budgétaire de l'État entraine une contraction des soutiens publics, tandis que de puissants acteurs technologiques prennent leurs aises, afin de développer des outils d'intelligence artificielle... Renaud Lefebvre, directeur général du Syndicat national de l'édition (SNE), est revenu pour ActuaLitté sur quelques sujets de préoccupation.
16/07/2026, 11:19
Prime Video replonge dans les amours d’été avec Au fil des années, adaptation de Tous nos étés, le phénomène de Carley Fortune. Entre deux temporalités, un lac canadien et 10 ans de non-dits, Percy et Sam rejouent la romance de la seconde chance. Fidèle au cœur du roman mais plus libre avec ses personnages secondaires, la série séduit malgré quelques longueurs et des dialogues parfois trop appuyés. Le charme, lui, demeure jusqu’au dernier épisode.
15/07/2026, 11:50
PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.
13/07/2026, 10:27
Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.
10/07/2026, 15:16
Le secteur du livre, en France, connaît un fort repli économique, provoqué par une baisse générale des ventes de livres et une concentration des achats sur un nombre restreint de titres. Les structures indépendantes, librairies ou maisons d'édition, sont particulièrement vulnérables, si bien que de nouvelles organisations émergent. Sandrine et Yannick Roudaut, co-fondateur.es des Éditions La Mer Salée ont ainsi fait le choix de la structure coopérative, bien commun des lecteurs et lectrices. Ils s'en expliquent dans un texte reproduit ci-dessous en intégralité.
10/07/2026, 10:58
La crise Makassar ne se résume pas, estime Benoît Vaillant, à la défaillance d’un seul — fut-il diffuseur-distributeur. À la tête de Pollen, il organise actuellement l’arrivée d’une trentaine de structures (principalement de BD), en collaboration avec Vincent Dodivers. Mais le président de Pollen réaffirme surtout le besoin d’une lecture plus collective, face à un modèle qu’ont fragilisé les coûts de stockage.
10/07/2026, 10:14
La facture électronique ne changera pas seulement le format des documents comptables. Pour les maisons d’édition indépendantes, elle pose une question plus concrète : où circuleront, demain, les factures, les données clients, les informations fournisseurs, les statuts de paiement et les écritures qui, jusqu’ici, passaient souvent par un outil de gestion, un PDF, un mail et un cabinet comptable ?
09/07/2026, 10:26
Coralie Imhoff a publié aux éditions Quintessence L’iridologie psycho-émotionnelle - Explorer le lien entre terrain, émotions et inconscient à travers l’iris. Elle y présente une lecture de l’iris qui ne se limite pas au terrain physiologique, mais prend aussi en compte les émotions, l’inconscient et certains éléments transgénérationnels. L’ouvrage s’adresse aux thérapeutes comme au grand public, avec une cartographie et des signes observables sans matériel spécifique.
07/07/2026, 11:54
Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.
06/07/2026, 17:19
À Kinshasa, La Maison du Savoir s’est imposée en quelques années comme l’un des acteurs majeurs du livre. Fondée par Raïssa Hakim, pharmacienne de formation devenue libraire par conviction, l’enseigne compte aujourd’hui trois points de vente et poursuit son développement avec l’ouverture prochaine d’une quatrième librairie. Loin des réseaux habituels, Raïssa Hakim avance vite et bien dans l’une des plus grandes villes d’Afrique, en portant une image moderne, vivante et ambitieuse de la librairie francophone. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).
03/07/2026, 16:39
Avec Le Yoga qui vous ressemble – Des pratiques simples et accessibles pour chaque moment de votre journée, publié aux éditions Grancher, Roxane Blondel défend une pratique souple, concrète et inclusive. Professeure de yoga, créatrice d’outils pédagogiques et ancienne pâtissière, elle propose un ouvrage à consulter selon ses besoins, pour faire du mouvement un véritable soutien au quotidien.
25/06/2026, 16:19
Où vivent vraiment les livres numériques . La Commission européenne estime, à titre préliminaire, que les services cloud AWS et Azure devraient relever du régime renforcé des « contrôleurs d’accès » du Digital Mrkets Act. Le dossier dépasse la concurrence : qui héberge les catalogues, les archives, les liseuses et les usages de lecture ? Voici une sélection de huit ouvrages qui ramènent le cloud à ses serveurs, ses contrats et ses sorties de secours.
25/06/2026, 12:56
PORTRAIT - Les carnets de voyage de Michaël Ferrier publiés mensuellement dans La Revue des deux mondes se lisent comme autrefois lorsqu’on s’attachait à un feuilleton littéraire : par épisodes, par haltes, par reprises, avec ce plaisir particulier de retrouver une voix, un rythme, une manière d’entrer dans le monde. De l’Inde à la Guyane, de Pondichéry à Cayenne, il réactive la revue comme lieu d’apparition progressive de la littérature, celle du récit qui avance par fragments, celle de l’aventure donnée non d’un bloc, mais comme une suite précise et vivante.
25/06/2026, 12:17
En dénonçant le risque d’une loi fast fashion appliquée d’abord aux entreprises françaises, la Fevad soulève une question que l’édition connaît bien : comment réguler les pratiques des grandes plateformes sans faire peser l’essentiel des contraintes sur les acteurs les plus faciles à contrôler ? Dans le livre aussi, la vitesse de production, la rotation des références et la captation de la visibilité déplacent le risque vers les créateurs et les libraires.
25/06/2026, 11:53
Protoon, première association professionnelle dédiée au webtoon en France, veut donner une voix collective à une filière encore fragile, mais déjà riche de créateurs, de studios, de plateformes et de lecteurs. Entre succès d’audience, dépendance aux plateformes, précarité des auteurs, manque de données et de reconnaissance institutionnelle, et besoin de formation, récit d'un secteur qui cherche à sortir de l’angle mort pour devenir une véritable industrie culturelle.
24/06/2026, 18:33
Lors des festivités de la Saint-Jean, à Mont-Saint-Aignan, un grand livre en bois a été brûlé pour célébrer les 60 ans de l’Université de Rouen. ActuaLitté donne la parole à plusieurs universitaires, chercheurs et intellectuels, qui s’interrogent sur la portée symbolique d’un tel geste : peut-on célébrer le savoir en mettant en scène la destruction de l’un de ses symboles les plus forts ?
24/06/2026, 12:28
Avignon Festival & Compagnies, qui accompagne le festival Off Avignon, dénonce la déprogrammation à Castres de Passeport, pièce d’Alexis Michalik, par le maire RN Florian Azéma. L’association y voit une décision politique et idéologique, contraire à la liberté de création et de diffusion, et affirme son soutien à l’auteur comme à ses équipes.
23/06/2026, 17:42
Une climatisation défaillante peut transformer un bureau d’espions en plage artificielle. Elle peut aussi obséder un conducteur, accompagner une solitude californienne, dérégler une tour de béton ou servir de voie d’accès à une prise d’otages. Dans les romans, l’air conditionné a sa mécanique, son humeur et parfois son sens du spectacle.
23/06/2026, 15:51
Depuis cinq ans, le Salon du livre Nomade se déplace de commune en commune en Gironde, avec une idée claire : aller à la rencontre des lecteurs là où ils vivent. Porté par le cercle des Écrivaines de la Table Ronde, il défend une littérature plurielle, des premières publications aux auteurs déjà installés, et fait de la rencontre un geste culturel à part entière.
21/06/2026, 10:55
Face à l’intelligence artificielle générative, Hervé Le Tellier et Abel Quentin ne parlent pas seulement de littérature. L’un, venu des mathématiques et de l’Oulipo, interroge la disparition possible du geste d’écrire, le choc professionnel, psychologique et démocratique que provoquent les machines. L’autre cherche des lieux où préserver l’intelligence humaine, la lenteur, la joie et la confiance.
20/06/2026, 11:22
Dix années de commerce de seconde main, le Label Emmaus invitait à fêter son anniversaire à l'Académie du Climat, ce 18 juin. Un appel, finalement, pour comprendre ce qu’est le réemploie, qui le porte : « 10 ans d’engagement, d’innovation sociale et de coopération au service d’une économie plus juste et circulaire », explique l’organisme. Avec un volet consacré au livre d’occasion – toujours objet de fantasmes…
19/06/2026, 16:36
Dans Naissances au zoo, Ashraf Al Ashmawi fait du zoo une métaphore de la condition humaine. Ancien juge, il explore justice, pouvoir et fragilité des êtres, sans réduire ses personnages à des archétypes. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Littérature » pour Naissances au zoo, il répond aux questions d’ActuaLitté.
19/06/2026, 11:05
Alors que Grasset sombre dans l’idéologie, que le mouvement de protestation contre l’instrumentalisation de grandes maisons d’édition au service d’une radicalisation politique et sociale voit le jour, il est grand temps de rendre nos indépendances plus visibles. Je crois en cette urgence, en cette nécessité d’afficher notre fierté (une notion peu mobilisée dans le secteur éditorial) d’être indé. Par Étienne Galliand, éditeur.
19/06/2026, 10:44
L'Association des Bibliothécaires de France a ouvert, ce mercredi 17 juin, son 71e congrès à Rennes, au sein du Couvent des Jacobins. L'organisation a choisi un thème fédérateur, l'hospitalité, qui rappelle que les établissements de lecture publique incarnent le premier équipement culturel de proximité, par ailleurs libre d'accès. Un statut qui n'empêche ni les remises en cause ni les réflexions... Le bureau national de l'ABF a abordé, pour ActuaLitté, une variété de sujets à l'occasion d'un entretien.
18/06/2026, 13:11
Depuis le début de juin, les éditions Poids Plume ont confié leur diffusion et leur distribution à DG Diffusion. Fondée en 2022 à Morlanne, dans les Pyrénées-Atlantiques, par Gaëlle Perret, la maison indépendante entend renforcer sa présence en librairie. Stockage, suivi des ventes et logistique constituent les principaux leviers de ce passage à une diffusion nationale, sans dissocier développement commercial, illustration et transmission.
18/06/2026, 12:42
Dans Notes d’une enseignante sur le procès de l’assassinat de Samuel Paty publié aux éditions Maurice Nadeau, Eloïse Lièvre propose une approche incarnée et réflexive du procès des huit personnes accusées d’être impliquées dans l’assassinat de Samuel Paty qui s’est tenu à l’hiver 2024. Un livre qui mêle récit personnel, journal du procès, analyse intellectuelle et réflexion morale. Par Olivier Stroh.
17/06/2026, 18:24
L’intelligence artificielle est généralement présentée comme une révolution technologique. On la décrit comme un ensemble d’algorithmes, de modèles statistiques ou d’infrastructures informatiques. Pourtant, cette définition technique ne suffit pas à expliquer l’intensité des passions qu’elle suscite. Par Bertrand Jouvenot.
17/06/2026, 12:52
Dans son essai, Zuhair Tawfiq explore la manière dont les stéréotypes se construisent entre Orient et Occident. À travers cette réflexion, il questionne le rôle de l’écrivain dans la déconstruction des idées reçues et des représentations de l’Autre. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Critique littéraire et artistique » pour Perceiving the World: Mutual Stereotypes Between the Self and the Other, il répond aux questions d’ActuaLitté.
16/06/2026, 10:53
La grande fête annuelle de la librairie démarrera fin août comme chaque année, avec son lot de romans, les premiers, les francophones, les traductions. Si 277 romans de cette rentrée ont été utilisés pour amorcer la tendance 2026, aucun n'a été blessé (certains furent blessants...). Et s'impose d'emblée un constat : la littérature prend le présent à bras-le-corps, sans distance ni précaution.
15/06/2026, 11:28
L’œuvre de Nawal Nasrallah navigue sur de multiples aspects : le patrimoine culinaire d’Al-Andalus et du Maghreb, l’histoire matérielle, la traduction savante et les circulations méditerranéennes constituent autant d’atouts. Elle travaille sur l’histoire et la culture de la cuisine arabe à travers les siècles, avec un intérêt particulier pour les textes culinaires médiévaux. Lauréate du Sheikh Zayed Book Award 2026 catégorie Traduction, elle répond à ActuaLitté.
13/06/2026, 07:00
Après la mort de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, Gérald Darmanin a reconnu une défaillance de l’institution judiciaire et demandé le réexamen de milliers de plaintes concernant des mineurs. Face à l’émotion nationale, plusieurs livres rappellent ce que la langue politique nomme mal : la durée du trauma, l’emprise, le silence des adultes et la place trop vite retirée aux victimes.
12/06/2026, 12:59
Entre les combats parlementaires autour de la loi Bichet, en 1947, et le récent rejet au Sénat, d’un amendement visant à renforcer le lien de confiance entre auteurs et éditeurs, l'historien Jean-Yves Mollier établit un fameux parallèle. Dans une tribune communiquée à ActuaLitté, il y voit la persistance d’une influence d’Hachette sur la fabrique de la loi, et interroge les effets démocratiques de la concentration éditoriale et médiatique.
12/06/2026, 11:51
Un certain sentiment d'urgence dominait les Rencontres nationales de la librairie, à Rennes, ces 7 et 8 juin. La situation économique des commerces indépendants est en effet préoccupante, d'autant plus que les perspectives ne sont pas engageantes et que l'action publique manque de moyens... Alexandra Charroin-Spangenberg, cogérante de la Librairie de Paris (Saint-Étienne) et présidente du Syndicat de la Librairie française, et Guillaume Husson, délégué général de l'organisation, reviennent pour ActuaLitté sur les sujets du moment.
10/06/2026, 14:53
Traducteur d’Adonis, Mahmoud Darwich et Ibn Arabi, Stefan Weidner fait dialoguer depuis Cologne les cultures arabe et européenne. Lauréat 2026 du Sheikh Zayed Book Award pour Der arabische Diwan, anthologie de poésie préislamique ouverte à des voix féminines rarement traduites, il revient sur son œuvre, sa lecture de la poésie arabe et les enjeux du dialogue entre les cultures. Dans cette interview, il répond à ActuaLitté.
10/06/2026, 10:48
Top Articles
Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire 30 livres de la rentrée littéraire en lice pour le Prix du Roman Fnac 2026 En vacances : 7 romans français à lire avant la rentrée littéraire La défaillance du distributeur-diffuseur Makassar, une “vraie crise” pour l'édition indépendante
30 Commentaires
Cyril Balcon
14/08/2025 à 03:00
Vu que vous êtes Tunisien vous avez pas analysé la brillante stratégie de LFI càd faire du combat contre le massacre/famine à Gaza un problème droite/gauche ou pire un problème racial (pour gagner le cœur et surtout le vote de nos quartiers populaires). Ces génies ont tellement clivé le débat que c'est devenu impossible d'avoir un positionnement équilibré et juste (aux USA aussi et on a vu le résultat), donc logiquement personne veut se mouiller, il y a que des coups à prendre.
Rose
14/08/2025 à 08:18
Dans les pays occidentaux, la panoplie de répressions envers les personnes qui luttent contre un génocide est immonde ; il reste légitime de refuser la destruction de n'importe quel peuple sur le globe terrestre. 114 avocats ont déposé une requête à la CPI contre les gens complices de ces massacres (La complicité comme un parti prix ?). Il serait temps que la justice se lève avant l'irrémédiable, personne ne pourra vivre debout avec sa conscience face à cette horreur ; leur fardeau ne sera pas le notre.
adnstep
14/08/2025 à 11:24
On ne vous a pas entendu, ni ces avocats, quand Bachar et ses amis russes tuaient 600 000 syriens. Mais, comme disait Mélenchon à l'époque : "Vous connaissez une guerre où il n'y a pas de civils qui meurent ?"
Vous voulez arrêter cette guerre ? Pas de problème : demandez aux pays arabes comme le Qatar de cesser d'aider le Hamas. Demandez à ces mêmes pays de forcer le Hamas à relâcher les otages.
Rose
15/08/2025 à 06:10
Comment ça, on ne m'a pas entendu ? Vous êtes sourd ou sans cœur ou de mauvaise foi !
KARINE PAPILLAUD
16/08/2025 à 11:51
Vous faites des phrases qui vous plaisent, c'est entendu, mais je ne comprends pas très bien : vous faites allusion aux massacres planifiés et organisés du 7 octobre en vous révoltant contre les cruautés, tortures psychologiques et physiques subies jusqu'à la mort par les otages, c'st bien ça ? Otages que le Hamas ne veut pas libérer et filme en dépit de toute décence, ce qui prolonge indéfiniment la guerre et les souffrances des Gazaouis, c'est bien ça ?
Gilles Cohen-Solal
14/08/2025 à 08:20
Cher Monsieur Jaied,
Je comprends votre position
Mais plutôt que de vous indigner du silence du monde littéraire parisien vous devriez vous réjouir des manifestations et des pétitions de milliers d’officiers israéliens qui enjoignent le gouvernement de Netanyahu de cesser cette guerre qui n’a aucun autre objectif que de maintenir le Premier ministre israélien au pouvoir pour lui éviter la prison !
Il n’y a derrière le comportement de cet homme aucune idéologie, aucune vision, aucune haine. Juste l’objectif de sauver sa peau.
Ce qui se passe à Gaza est une horreur absolue inexcusable, injustifiable et qui doit être dénoncée avec la plus grande fermeté et sans la moindre complaisance.
Aujourd’hui ce qui se passe à Gaza n’a aucune excuse politique ou sécuritaire !
Les ministres Smodrich et Ben-Gvir n’ont de différence avec le Hamas que leurs méthodes et leur religion !
Cher Monsieur Jaied je suis horrifié parce ce qui se passe en ce moment à Gaza.
Je ne vous demande qu’une chose. C’est d’être horrifié par le fait que pour éviter la prison un homme détruit son propre pays et met l’ensemble des Juifs du monde en entier dans un danger et des actions criminels.
Le malheur, l’horreur que vivent les Palestiniens et en particulier les gazaouis me révulsent !
Depuis 1977 je milite et suis partisan d’une solution à deux états. J’ai vécu en Israël, je ne connais pas un seul israélien qui ne soit pas , comme moi, dévasté par ce qui est en train de se passer sous nos yeux.
Je vous demande une chose, une petite chose qui est de considérer que Netanyahu et ses ministres fascistes à tendance nazie ne représentent en rien la totalité, ni même la majorité du peuple israélien et encore moins la majorité des Juifs qui vivent en Diaspora et qui subissent la double peine de voir un pays qu’ils aiment être menacé vitalement par pur cynisme et simultanément d’être devenus stigmatisés et à la limite d’être indésirables dans les pays dans lesquels ils vivent.
Je suis très loin d’être le seul à penser et à vivre cela mais encore une fois ce n’est rien comparé à l’horreur de Gaza.
Bien à vous
Gilles Cohen-Solal
Éditeur
Leanne
14/08/2025 à 11:04
Merci Gilles pour votre réponse. Je suis à 100 % d'accord avec vous.
rez
16/08/2025 à 11:10
comme quoi tout est bon pour venir mettre des bâtons dans les roues de ceux qui déclarent...
...car c'est pas en 1977 mais en 1920 que le sionisme terroriste à commencé a tuer là bas.
...car la société israélienne a toujours voté pour les nazis. Ne serait qu'Ariel Sharon, prédécesseur du nazi actuel, qui avant d'être le premier ministre était le militaire qui avait réalisé les massacres de Shabra et Shatila! et son fils déjà à l'époque qui disait dans la télé sans que rien ne se passe: "il faut renvoyer les palestiniens à l'âge de pierre".
avec une mossad suspectée de faire elle même des attentats au nom de hamas ou apparentés (et c'est le journal Haaretz qui le dit).
donc arrêtons les larmes déplacés et juste édulcorés par les avantages qui donne être du coté des agresseurs.
KARINE PAPILLAUD
16/08/2025 à 11:48
Ah bon ? C'est délicat de faire du révisionnisme historique sur ce fil où a priori on distingue moins d'ignares que sur Facebook. Ce sont les islamistes à commencer par le Grand Mufti de Jerusalem qui se sont acoquinés avec Hitler et le monde musulman qui propose aujourd'hui des Mein Kampf dans toutes librairies. Attention à l'emploi du mot "nazi", il est extrêmement problématique dans la manière dont vous l'employez. Quant à insinuer que le Mossad organiserait des attentats au nom du Hamas, c'est franchement indigne. En revanche, ce qui est avéré, c'est la volonté claire et nette de l'éradication d'Israël dans la charte du Hamas. Vous cherchez les exterminateurs du mauvais côté de la frontière.
En revanche, c'est ennuyeux de ne pas avoir votre nom. Moi je m'expose en mon nom et j'assume mes propos, vous vous cachez. C'est une drôle de pratique.
Gilles Cohen-Solal
16/08/2025 à 12:32
Cher Rez,
De jardin, de chaussée, de plafond…?
Personnellement je pense que le Sionisme a commencé à tuer là bas et partout dans le Monde à la naissance de Jésus-Christ, ce petit Juif opportuniste dont on fête l’anniversaire chaque année!
On a en tué des gens en son nom pour convertir l’Humanité au Catholicisme…
Alors faire remonter les premiers massacres sionistes en 1920 montre votre inculture totalement remplacée par un lavage de cerveau et une propagande débiles !!!
Car depuis Moise, Jesus-Christ, Marx, Freud et Einstein le lobby Juif sioniste mondial met le Monde à sa botte !
Staline ? Une diversion de l’Irgoun…!
Hitler? Un Juif infiltré qui a inventé la Solution Finale pour justifier la création d’Israel…!
Bref attribuer 60,000 morts à Gaza au Sionisme est vraiment s’en faire le complice face aux dizaines de millions de morts dont il est responsable !!!
Révisez votre histoire mon Cher Rez
Ayez du nez
Bonne journée
Gilles Cohen-Solal
Nonnenmacher
14/08/2025 à 08:45
C'est très bien qu'il se pose cette question, mais concernant le Soudan où la situation est beaucoup plus dramatique et cela depuis bien plus longtemps, je ne le vois pas beaucoup se questionner. C'est vrai qu'il existe une grande différence entre ces deux exemple, l'un est causé par Israël, l'autre est juste une guerre entre musulmans!
Luna
14/08/2025 à 09:23
Merci de le dire, merci de le dire aussi clairement, ces paroles vont droit au coeur car il n'y a pas un seul jour où je veux être assimilée à cette France là !
J'ai bien entendu Ernaux, Le Clézio et notre Le Tellier assisté par l'IA dénoncer un « génocide » à Gaza
Mais comment quand au même moment la France s'en remet toujours à Microsoft pointé du doigt pour complicité potentiel de génocide avec Cloud Azure qui énergise les capacités militaires d’Israël.
C'est bien que cette France de la Uber Nation est complice
C'est bien que cette France pense comme Lamartine fidèle de Bugeaud, "Voilà la colonisation ! Quelle belle occasion économique que voilà"
Que notre conscience se réveille tout ne se réglera pas comme le dit Giono avec un bol de soupe car aucune raison ne peux légitimer les razzias et les enfumades.
adnstep
14/08/2025 à 11:26
Et moi je ne veux pas être assimilé à la France antisémite dont vous êtes. N'inversez pas les rôles : en France, en Europe, ce sont les juifs (et les chrétiens) qui sont victimes des islamistes, pas le contraire.
Luna
14/08/2025 à 12:47
Victimes ou pas, quand on parle de meurtres d'enfants et de civils, de famine délibérée, de déplacements massifs de populations et destruction insensée de villes entières, on parle de crimes de guerre et de crimes de contre l'humanité !
adnstep
14/08/2025 à 11:31
Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.
seingelt
14/08/2025 à 10:25
Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.
Kirikou
14/08/2025 à 10:34
Bonjour,
Certes, il y a un silence du monde littéraire au sujet de Gaza, heureusement il y a les écrits de Jean-Pierre Filiu et son dernier témoignage publié aux éditions Les Arènes un historien à Gaza.
https://arenes.fr/livre/un-historien-a-gaza/
Je vous conseille aussi son passage à France Culture le 2 juin dernier :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/france-culture-va-plus-loin-l-invite-e-des-matins/jean-pierre-filiu-temoigner-de-la-guerre-inhumanitaire-contre-gaza-6464843
Et à France inter le 26 mai dernier :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-26-mai-2025-6201649
Je vous souhaite une bonne journée !
Cordialement,
Eric Kirikou
Isabelle D. Philippe
14/08/2025 à 10:35
Traductrice littéraire, essayiste, j'ai essayé d'ajouter mon nom à la liste des 300 signataires de la tribune parue dans Libération le 26 mai 2025. Deux jours durant, j'ai appelé le journal plusieurs fois, j'ai écrit, EN VAIN ! On ne m'a pas répondu, ni rappelée. J'aimerais comprendre...
Voncent Gimeno-Pons
14/08/2025 à 10:37
Le Marché de la Poésie de Paris a reçu 12 poètres palestiniens oendant les 5 jours du Marché, et quelques autres rencontres avec ces poètes durant le mois de juin. Ce furent de grands moments de poésie et de rencontre pleines d'humanité : une grande leçon pour le monde
Au moins 6 éditeurs ont publiés, à cette occasion, des traductions de leurs œuvres. Et hélas, très peu de media en ont parlé.
Ce que la littérature et l'édition ne font pas, la poésie et l'édition indépendanet le font, dans la discrétion.
Rose
15/08/2025 à 06:16
C'est aussi avec discrétion que quatre visas de poète ont été refusés ; même l'émission "Tuyau de poêle" avec le thème Poésie n'en parlait pas.
Jacqueline
14/08/2025 à 10:37
Où étaient les voix courageuses lors du 7 octobre ? Ou sont les voix courageuses des Gazaouis contre le Hamas ? Silence radio depuis bientôt deux ans. La population israélienne elle, se révolte. Et ne criez pas à la famine orchestrée par le Hamas, elle a été postérieure à l’élévation des voix gazaouis. Que les mulsulmans aussi se révoltent contre le Hamas et on pourra en reparler.
Hannibal Haddad
14/08/2025 à 11:23
Excellente tribune de cet éditeur franco-tunisien, Hassen Jaïed, qui interpelle ses confrères français : pourquoi ce silence face à un tel Crime contre l'Humanité? Je tente cette réponse partielle : parce que près de la moitié des maisons d'édition françaises appartiennent au groupe Bolloré, notamment Grasset, Fayard, JC Lattès, Hachette, Stock, Plon... En bon breton, M. Bolloré avait au départ de bonnes intentions pour rendre à la France son prestige et son authenticité, mais ses éditions et médias ont été vampirisé par des extrémistes et des zélotes aux antipodes des intentions originelles.
Jacques Lèbre
14/08/2025 à 13:05
Bonjour Mr Jaied,
je peux juste vous informer de quelques parutions dans le domaine français :
Ilan Pappé : "Le Nettoyage ethnique de la Palestine", La Fabrique, 2024
Didier Fassin : "Une étrange défaite; Sur le consentement à l'écrasement de Gaza", La Découverte, 2024.
Enzo Traverso : "Gaza devant l'histoire", éditions Lux, 2024
Elias Sanbar : "La Dernière guerre, Palestine, 7 octobre 2023 - 2 avril 1924", Gallimard, collection Tracts, 2024.
Et côté poésie :
Neama Hassan : "Sois Gaza, Journal octobre 2023 novembre 2024", éditions des Lisières, 2025
Mosab Abu Toha : "Ce que vous trouverez caché dans mon oreille", Julliard, 2024
Abdellatif Laâbi et Yassin Adnan : Anthologie de la poésie palestinienne d'aujourd'hui, Points poésie
Et d'autres parutions aux éditions Le Temps des cerises, Le Merle moqueur, Libertalia, Actes Sud...
Bien amicalement
Vincent Gimeno-Pons
15/08/2025 à 11:13
Et bien d'autres publications des poètes invités ont été réalisées pour le Marché de la Poésie en juin dernier...
KARINE PAPILLAUD
14/08/2025 à 19:13
On aimerait lire l'indignation de ce monsieur sur Boualem Sansal, mais on a surtout envie de lui dire de s'occuper de son pays qui fait preuve d'un racisme anti-noir totalement assumé, avant de venir donner des leçons à partir d'une ingnorance pseudo-vertueuse (car il n'y a pas de génocide à Gaza) en mettant en danger les Juifs de France. Chapeau, mon gars.
KARINE PAPILLAUD
14/08/2025 à 19:21
Et on se rappelle que des Tunisiens avaient brûlé des synagogues après le 7 octobre. C'est un peu problématique de lire une telle tribune dans un contexte pareil, sans nuance ni recul. Encore une fois, les Juifs de France font l'objet de 62% des agressions liées à la religion en France, est-il nécessaire de remettre une couche quand l'arbre planté en hommage à Ilan Halimi en 2011 vient d'être abattu ?
Patok
16/08/2025 à 07:45
Moi je pense que le message sur Gaza est tellement brouillé par ces injonctions que ceux qui les font encore le font par "conformisme "à la doxa ambiante.
Il ne s'agit pas de ne pas en être sinon à être dénoncé.
Ce conflit est devenu le déversoir de toutes les haines envers Israël.
L'édition française est moins présente dans ce délire ,c'est possible.
On ne manque pourtant pas de bonnes conscience dans ce pays pour dénoncer,soutenir,manifester toutes les bonnes causes.
Mais voilà,comme on le dit chez moi," le trop tue le cheval"
Luna
16/08/2025 à 10:13
Bien sûr que ces cœurs qui haïssaient la guerre voilà qu’ils battent pour le combat et la bataille
Et bien sûr qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans toutes les villes et dans toutes les campagnes, comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat car quand on parle de meurtres d'enfants et de civils, de famine délibérée, de déplacements massifs de populations et destruction insensée de villes entières, on se doit de réagir, pas de s'en féliciter !
rez
16/08/2025 à 13:25
malheureusement les écrivaines et écrivains n'ont jamais été vraiment par dessus la presse. Donc quand les médias ferment leur gueule, ils n'ont pas de matière à réflexion.
Car les médias français cachant tellement qu'ils mentent.
Car en 2025 en Gaza,
- on jette des bombes à la forme de jouets.
- on fait voler des avions de chasse hyper bas sans aucune autre raison qu'affecter par le bruit les gens (tellement fort qu'il produit des avortements et des dommages irréversibles chez les enfants et adultes).
- on utilise des bombes sales (la radiation produit actuellement énormément de cancers de sein chez des... enfants qui n'ont pas passé encore la puberté).
- on assasine en priorité les enfants et les jeunes femmes: israel et sa presse parlent ouvertement de génocide et le célèbrent. Depuis quelques années il y a un consensus sur le fait de soutenir l'assassinat prioritaire de femmes et enfants, acte nommé en israel comme 'tondage de pelouse' à cause de sa raison d'être.
Tout ce que je viens de dire est vrai, documenté par la presse indépendante et des universités. Si le terme de tondre la pelouse vous parait abusé, le premier à le dénoncer est l'historien israelien Norman Filkenstein, qui n'est pas un obscur youtuber de 20 ans précisément...
Du coup pour moi l'une des pires conséquences de l'empire bolloré n'est pas ce qu'il font ses médias, mais ce qui ne font plus les autres en dehors de son emprise. Pour le covid, la fusion de bolloré, les polluants éternels et j'en passe, le délai entre l'éclosion du scandale et l'apparition des livres spécialisés est de 10 mois. Pour gaza? a part la traduction du tract de Joe Sacco, on imprime quoi?
BOUBAKER Ben Fraj
16/08/2025 à 20:01
Excellent