À l’occasion du passage à la 25ᵉ année du XXIᵉ siècle, le New York Times Book Review avait dressé la liste des 100 livres les plus marquants publiés depuis 2000, à partir d’un vaste sondage mené auprès de centaines d’auteurs et personnalités littéraires, dont James Patterson, Stephen Graham Jones, Roxane Gay ou encore Karl Ove Knausgaard. Parmi eux figure le maître de l’horreur, Stephen King, qui a dévoilé, à cette occasion, ses dix livres incontournables de ce premier quart de siècle - dont l’un porte sa propre signature.
Le 12/08/2025 à 16:57 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
12/08/2025 à 16:57
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Sa liste montre un goût affirmé pour les récits à forte tension dramatique, qu’ils soient intimes ou traversés par la violence. Il privilégie les histoires où le destin bascule brutalement, souvent par une erreur, un accident ou une manipulation. On retrouve aussi une curiosité pour les fresques historiques ou politiques à dimension uchronique et les univers dystopiques. Il semble sensible aux récits qui mêlent complexité morale, atmosphère dense et personnages ambigus.
Et l’on ne s’étonnera pas que la plupart des titres de son top 10 du premier quart de siècle aient trouvé le chemin du grand ou du petit écran — pour un romancier dont l’œuvre n’a cessé d’inspirer le cinéma et la télévision.
Sa liste s’ouvre sur Expiation (Atonement) d’Ian McEwan, traduit de l’anglais par Guillemette Belleteste en 2003, pour Gallimard. Une fresque familiale signée du romancier britannique - et adaptée pour le cinéma en 2007 par Joe Wright -, où une erreur irréparable bouleverse le destin de plusieurs vies, traversant les décennies comme une cicatrice jamais refermée. Vient ensuite Les disparus de Dublin (Christine Falls) de l'Irlandais John Banville, qui signe ici sous le pseudonyme Benjamin Black, traduit par Michèle Valencia (Robert Laffont, 2007). Un roman noir crépusculaire qui joue avec l’art du faux-semblant, immergeant le lecteur dans une atmosphère de trouble et de mystère.
On retrouve également Le Chardonneret (The Goldfinch) de Donna Tartt, traduit par Édith Soonckindt (Plon, 2014), récit d’un jeune orphelin hanté par la perte et par un minuscule tableau inestimable, à la fois talisman et malédiction. Pour cet ouvrage, elle remporta un Prix Pulitzer de la fiction. Il a été adapté en 2019 au cinéma par John Crowley.
Stephen King a aussi retenu Les Apparences (Gone Girl) de Gillian Flynn, traduit par Héloïse Esquié (Sonatine, 2012), thriller psychologique implacable sur les manipulations au sein d’un couple en crise, adapté au cinéma en 2014 par David Fincher. Le ton se fait plus sec et implacable avec Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for Old Men) de Cormac McCarthy, traduit par François Hirsch (L’Olivier, 2007), où la violence, le destin et la morale s’affrontent dans un Texas aride. Cette fois porté à l’écran, non par un mais deux importants cinéastes, les frères Coen.
La dystopie s’invite dans Le Dernier Homme (Oryx and Crake) de Margaret Atwood, traduit par Michèle Albaret-Maatsch (Robert Laffont, 2005), qui entremêle plusieurs voix pour raconter un monde ravagé par les dérèglements écologiques. Plus intime et feutré, Du bout des doigts (The Paying Guests) de Sarah Waters, traduit par Erika Abrams (Denoël, 2016), entraîne le lecteur dans le Londres des années 1920, entre tensions sociales, intrigue criminelle et exploration subtile de l’intimité féminine.
Avec Le Complot contre l’Amérique (The Plot Against America) de Philip Roth, traduit par Josée Kamoun (Gallimard, 2006), Stephen King salue une uchronie où Charles Lindbergh, héros de l’aviation, devient président pro-nazi des États-Unis, altérant le cours de l’Histoire. Le roman a été adapté en minisérie par HBO, avec Winona Ryder, John Turturro et Zoe Kazan.
Vient ensuite Le Sympathisant (The Sympathizer) de Viet Thanh Nguyen, traduit par Clément Baude (Belfond, 2017), portrait d’un agent double partagé entre deux mondes, mêlant espionnage, satire politique et quête identitaire. Enfin, la sélection se referme sur Dôme (Under the Dome) de Stephen King lui-même, traduit par William Olivier Desmond (Albin Michel, 2010), huis clos dans une petite ville du Maine, prisonnière d’une barrière invisible et impénétrable.
Deux œuvres adaptées en série : le premier en 2024 par Park Chan-wook et Don McKellar, le second par CBS, sous la direction de Brian K. Vaughan.
Les dix livres incontournables depuis 2000, selon Stephen King :
Expiation – Ian McEwan
Les disparus de Dublin – John Banville, sous le pseudonyme Benjamin Black
Le Chardonneret – Donna Tartt
Les Apparences – Gillian Flynn
Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for Old Men) – Cormac McCarthy
Le Dernier Homme – Margaret Atwood
Du bout des doigts – Sarah Waters
Le Complot contre l’Amérique – Philip Roth
Le Sympathisant – Viet Thanh Nguyen
Dôme – Stephen King
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La liste des 100 livres les plus marquants publiés depuis 2000 reflète, à l'instar de celle de Stephen King, une forte présence de la littérature anglo-saxonne, mais inclut aussi des voix venues d’Italie, de France (Annie Ernaux, Marjane Satrapi), de Corée (Han Kang), de Norvège (Jon Fosse), de Russie (Svetlana Aleksievitch) ou encore du Chili (Roberto Bolaño).
Du 50ᵉ au 1ᵉʳ rang, on croise aussi bien de grandes fresques historiques (2666, Pachinko, La Chaleur d’autres soleils), des récits intimes (Les Années, L’Année de la pensée magique, M pour Mabel), que des œuvres de fiction ambitieuses (La Route, Cartographie des nuages, Americanah). Le sommet du classement est occupé par L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante.
Plus récemment, Stephen King a également participé à un autre grand sondage du New York Times, cette fois sur les meilleurs films du XXIᵉ siècle.
On y retrouve La Chute du faucon noir de Ridley Scott, immersion brutale dans le chaos de la guerre en Somalie, Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, chronique d’un amour impossible, Les Infiltrés de Martin Scorsese, plongée dans un jeu d’ombres entre mafia et police.
Mais aussi Oppenheimer de Christopher Nolan, fresque monumentale sur le père de la bombe atomique, et O’Brother des frères Coen, épopée décalée aux accents de comédie musicale. S’ajoutent No Country for Old Men des mêmes - qui fait donc coup double -, Million Dollar Baby de Clint Eastwood, drame sur la résilience et le sacrifice, Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho, cauchemar ferroviaire en pleine apocalypse zombie, ainsi que The Rule of Jenny Penn, thriller néo-zélandais remarqué cette année.
Crédits photo : Tussauds (CC BY-SA 2.5)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 24/02/2005
488 pages
Editions Gallimard
10,50 €
Paru le 07/01/2010
436 pages
Editions Nil
21,50 €
Paru le 02/01/2015
1101 pages
12,90 €
Paru le 02/10/2013
691 pages
LGF/Le Livre de Poche
10,40 €
Paru le 29/03/2024
298 pages
Points
8,70 €
Paru le 04/10/2007
478 pages
10/18
9,50 €
Paru le 20/01/2005
749 pages
10/18
11,90 €
Paru le 08/11/2007
557 pages
Editions Gallimard
10,50 €
Paru le 16/08/2018
552 pages
10/18
9,90 €
Paru le 06/03/2013
832 pages
LGF/Le Livre de Poche
11,40 €
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Non mais
14/08/2025 à 09:55
Il se met lui-même dans ce top 10, c'est dire le melon du gars, avec un roman pas fou.
MAX de chez Aubert voiturier chauffeur livreur
14/08/2025 à 19:58
Stephen King le troll ultime :))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))
rax beyond 2025
18/08/2025 à 12:56
comme si on en avait qlq chose à trefou