Un Temple pour Druillet, et pourquoi pas des prêtresses et un autel votif ? Et pourquoi pas, en effet ? Le Will Eisner Comic Award a introduit le gentil Philippe, et sa cohorte d'oeuvres, dans son Temple de la Renommée. Le Hall of Fame. Philippe. Mince... ou plutôt : enfin !
Le 04/08/2025 à 14:05 par Nicolas Gary
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04/08/2025 à 14:05
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Le créateur de Lone Sloane et cofondateur du mythique magazine Métal Hurlant figure donc parmi les neuf intronisés vivants choisis en 2025 par le jury du prestigieux Will Eisner Comic Awards. Il rejoint ainsi une promotion de 21 personnalités, dont 9 vivantes, sélectionnées pour l’ensemble de leurs apports à l’histoire du neuvième art.
Ce panthéon est remis lors d’une cérémonie matinale séparée, organisée dans une salle réservée du Hilton Bayfront Convention Center, précédant les grands trophées Eisner délivrés le soir même.
Aux côtés de Druillet figurent des créateurs vifs récompensés en 2025, reconnus à l’international : Steve Bissette, Phoebe Gloeckner, Joe Sacco, Bill Schanes, Lucy Shelton Caswell, Frank Stack, Angelo Torres — soit autant d’artistes et éditeurs vivants dont la carrière a marqué durablement les comics contemporains.
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Pourquoi cette consécration ? Depuis ses débuts au journal Pilote (1970), Druillet bouscule les conventions du découpage avec des récits comme Le Mystère des abîmes (1966) puis Les 6 Voyages de Lone Sloane (1972) et Delirius (1973) : compositions monumentales, architecture cosmique et explosion de couleurs lui valent le titre par les critiques de « chef d’orchestre spatial » ou « baroque de l’espace ».
En 1975, il fonde avec Jean Giraud/Mœbius et Jean‑Pierre Dionnet le magazine Métal Hurlant et la maison d’édition Les Humanoïdes associés, qui révolutionnent le rapport franco‑américain à la BD de SF grand public.
L’entrée au Hall of Fame est conditionnée à une… première publication pro remontant à au moins 35 ans, mais surtout à un impact durable sur le médium, qu’il s’agisse d’innovation stylistique ou d’influence généralisée sur plusieurs générations d’auteurs : Druillet coche toutes les cases, de l’école nouvelle du découpage à l’internationalisation des auteurs français.
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Cette distinction américaine couronne une trajectoire initiée à Toulouse (diplômé en 1944) et passée par le Grand Prix d’Angoulême (1988), les expositions au Centre Pompidou ou dans des galeries aux États-Unis, et le succès des intégrales chez Glénat ou Titan. Elle tombe à point nommé pour galvaniser la visibilité de son œuvre dans les pays anglophones, où sa bibliographie — Salammbô, Chaos, La Nuit — recommence à se republier.
À plus de 80 ans, Druillet intègre avec honneur le cercle des immortels du comics, aux côtés de Moebius (1998), Tardi (2016) ou Goscinny & Uderzo (2005), renforçant ainsi la stature d’une bande dessinée française souvent exigeante, inventive et désormais pleinement légitime sur l’échiquier mondial des arts narratifs.
En réaction à cette intronisation, Philippe Druillet a déclaré : « Très fier d'être intronisé au Temple de la renommée de la bande dessinée WillEisner à la SDCC2025. Merci aux juges, William Foster, Michael T. Gilbert, Karen Green, Alonso Nuñez, Jim Thompson, Maggie Thompson pour votre sélection, et aussi humanoidsinc pour avoir accepté le prix en mon nom. »
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
2 Commentaires
richard gay
05/08/2025 à 07:15
Remarquable, et pleinement justifié, même si c'est un inconditionnel qui vous le dit. Philippe a exploré tant de domaines! Tant de bonheur, de compétitions acharnées par ses collectionneurs, de contrefaçons, égalemment. D' oeuvres uniques commandées à usage personnel, "dans le style de", sans en mégoter les fonds à l'ébéniste talentueux, l'atelier de broderie du bout du monde. Cela va nous être un effondrement, le départ de cette "Tête folle", avec ses gloires , ses horreurs...mais on se souviendra de son oeuvre, de l'artiste, si longtemps. Rga
Metivier Eric
05/08/2025 à 20:11
Très intéressant