#Roman étranger

Comme un parfum de lavande : La double destruction de l’Irak racontée par l’écrivain Sinan Antoon

Sinan Antoon replonge dans l’histoire récente de l’Irak à travers les vies déchirées de deux exilés irakiens installés aux États-Unis. Une méditation saisissante sur la complexité des mémoires d’un pays devenu étranger à lui-même et sur le chaos des guerres interventionnistes. 

Le 28/07/2025 à 12:26 par Faris Lounis

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28/07/2025 à 12:26

Faris Lounis

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La question est d’une actualité brûlante. La littérature l’éclaire de façon lente, mais brillante. Emancipe-t-on réellement les peuples par des interventions militaires de type néocolonial ? Que signifie retrouver son pays après de telles entreprises de destruction presque totale ? 

Habité par cette interrogation capitale, l’écrivain irakien Sinan Antoon, né à Bagdad en 1967 et installé aux États-Unis après la première guerre du Golfe (pays d’origine de sa mère), en 1991, n’a guère cessé de déplier les ressorts de cette question dans ses écrits littéraires et politiques. Dans « Comme un parfum de lavande », son cinquième roman, et le troisième traduit en français après « Seul le grenadier » (Actes Sud, Prix de la littérature arabe 2017) et « Ave Maria » (Actes Sud, 2018), il dessine une histoire sensible des existences broyées par le chaos tant despotique qu’interventionniste qui a ciblé et dévasté l’Irak. 

Le style est fluide, agréable, et la mise en récit est captivante, saisissante. Les séquences narratives s’alternent et esquissent de façon éclatée l’histoire récente du pays des Ziggourats qui s’étend de la mainmise du despote Saddam Hussein sur le pouvoir jusqu’à l’invasion euro-étasunienne de 2003 – sur la base de « vérités alternatives ». Ce nouveau roman de Sinan Antoon éclaire par le bas cette parenthèse historique à travers les parcours enchâssés de Sami et Omar, deux exilés irakiens installés aux États-Unis.

La complexité de la construction romanesque révèle, fragment par fragment, et dans un jeu d’allers-retours dans le temps, l’impact et le prolongement de la violence néocoloniale sur des voix privées du droit au récit, mais avant tout de la gestion souveraine de leurs affaires politiques. 

La déchéance d’un médecin « exemplaire »

« Son verre reposé sur la table, il lâcherait dans un soupir : ‘‘J’ai même été boucher un jour !’’, ‘‘Comment ça ? Tu as égorgé un mouton de tes mains ?’’, ‘‘Non, si seulement !’’, ‘‘Quoi alors ?’’, ‘‘J’ai coupé l’oreille d’un déserteur’’, ‘‘Non !’’, ‘‘Si docteur. Voilà à quoi on en est réduits. Des bêtes d’abattoir…et des bouchers’’ ». Le cœur lourd, les verres de whisky s’enchaînaient (denrée rare à cette époque-là), épanchaient la tristesse d’un homme desséché de culpabilité. Le docteur Sami parlait en toute liberté à son collègue Salim, c’était nécessaire. Urgent. 

Cette nuit-là, les soldats ont furtivement envahi l’hôpital. Ils parlaient fort, hurlaient. Les déserteurs et les insubordonnés devaient être, selon leur hiérarchie, punis, amputés : « C’est une loi promulguée par le raïs, Dieu le protège. C’est une intervention toute simple », répétaient-ils avec un cynisme effroyable aux médecins. Sami n’avait jamais imaginé une horreur pareille quand il faisait ses études de médecine. L’idée que ‘ « patriotisme » rimerait un jour avec « boucherie humaine » était inconcevable dans son esprit.

Aujourd’hui, et loin de Bagdad, Sami ne se souvient de presque rien. Seul le spleen de quelques vers garde la trace de son histoire irakienne qui s’efface avec le passage des jours : « Bagdad, aux prises avec les âges / Les années fanent quand verdit ton feuillage / Tu traverses le trouble des mondes / Le soleil pourtant sans cesse t’inonde / Tes nuits toujours baignées d’une lune féconde / Plongée dans les affres du temps / Tu fais montre d’un courage plus grand ». Accusé après l’invasion impériale de 2003 d’être baasiste (membre du parti de Saddam Hussein), « comme s’il avait orchestré des massacres ou des exécutions », le docteur a trouvé refuge chez son fils, installé de longue date aux États-Unis et marié à une Américaine. 

A présent, une immense fatigue l’habite. Jour après jour, « ses yeux noisette » redoublent de tristesse. Il désire rentrer chez lui au plus vite, mais le mur de l’impuissance physique et psychique arrête chacune de ses tentatives de fuite. Les premiers symptômes d’une démence sénile apparaissent dès son installation chez Saad et Heather. Sa nouvelle vie le décontenance.

Il erre dans les rues et ne se retrouve nulle part. Son état ne cesse d’empirer. Après un moment d’hésitation, sa famille le place en maison de retraite où Carmen, une aide-soignante portoricaine, tentera – en vain – d’enrayer la progression de sa maladie en lui faisant écouter de la musique arabe.

Tout oublier ou l’art inaccompli de revivre en exil

« En sortant de prison, il s’était laissé pousser les cheveux pour camoufler son oreille. Il n’était pas retourné chez le coiffeur à Bagdad. Il se contentait de couper lui-même aux ciseaux quelques mèches par-ci par-là ». Contrairement à Sami, Omar est issu d’un milieu pauvre. Il n’est pas un cadre d’État, mais un déserteur gracieusement récompensé par …l’amputation d’une oreille. A sa sortie des geôles de Saddam Hussein, il bénéficie des services de l’organisation d’aide aux réfugiés à Amman : « – Welcome to the United States, dit un agent de l’ambassade américaine en Jordanie ». C’était en 1990. 

« Patrie ». Chez Omar, ce mot provoquait un dégoût énorme, immense. Une overdose de patriotisme rongeur. « Un terme éculé. Son sens véritable, si tant est qu’il en ait un, était selon lui en parfaite contradiction avec tout ce qu’ils hurlaient dans leurs chants, leurs odes et leurs slogans ». Il a quitté l’Irak les mains vides, il n’avait rien emporté de ses objets personnels.

Sa nouvelle promesse ? Se débarrasser de cette « Patrie » maudite, de ses valises, de ses douleurs, des cauchemars de la torture, des images traumatiques de l’amputation et de son bourreau : le docteur Sami. Repartir à zéro, c’était le principe directeur de sa nouvelle vie. Après un bref passage dans une banlieue de Detroit, où vit une importante communauté arabe, il déménage pour le New Jersey, où il est embauché par un jeune couple de néoruraux reconvertis dans l’élevage de chèvres. 

L’idée de la table rase continuait de hanter l’homme à l’oreille amputée. Sa quête était l’oubli total. De son identité, de son histoire. Où va-t-il trouver refuge ? Chez les Latino-Américains de Porto-Rico. Découvrant que le prénom « Omar », prononcé « Awmar », est usité chez eux, et que le pays comporte une communauté musulmane significative, il s’est enferré dans un mensonge qui l’a empêché de construire des relations sociales saines, notamment amoureuses.

Il pensait que cette nation doit être sa nouvelle « Patrie » d’adoption, mais les récits qu’il s’inoculait étaient un leurre. Une impasse. Sa timidité l’entravait. L’empêchait de vivre pleinement ses sentiments amicaux et amoureux, mais également ses désirs charnels. 

L’adversité du monde social, auquel s’ajoutait au poids éreintant des discriminations institutionnelles, ne facilitait pas les choses. Las, Omar a fini par consentir à son propre emprisonnement : le silence. A Gabe, son patron, il expliquait au détour d’une conversation les raisons qui l’ont poussé à adopter son nouveau masque portoricain : « – Je disais que je venais d’Irak avant…Quand j’étais à Detroit. Et j’ai presque toujours eu des problèmes, et j’en avais assez comme ça.

On me posait des questions stupides, et les gens étaient très curieux, beaucoup trop. Je n’ai pas envie de parler de l’Irak, je ne veux plus avoir affaire à ce pays, je ne veux plus venir là-bas. J’ai voulu couper complètement pour recommencer à zéro ici. J’ai choisi Porto Rico, mais c’est un hasard, je n’ai pas spécialement envie de venir de là-bas. De n’importe où, mais pas d’Irak ». 

Évoluant loin de l’Irak depuis plus d’une décennie, la tentation de la table rase mémorielle demeure inopérante face à l’arbitraire et aux injustices de l’histoire. Le pays refait surface dans le téléviseur d’Omar lors de l’invasion militaire de 2003.

Souhaitant avec ardeur la chute du despote qui a marqué son corps et son esprit à jamais, les nuits assombries par le feu dévastateur des obus gâchaient toute satisfaction devant le déboulonnage des statues du nihilisme baathiste : « Il demeura incapable de mettre des mots sur les sentiments qu’il éprouva au moment de la capture de Saddam par les Américains, lorsqu’il entendit Paul Bremer déclarer : ‘‘Ladies and gentlemen…we got him’’ et vit les images du président déchu sortant de son trou à rats, pitoyable, barbe hirsute, avant de se soumettre à un examen de la bouche ».

Un bouquet de lavande tombe par terre

Gabe et Penny confient la gestion de leur nouvelle exploitation spécialisée dans la culture de la lavande à Omar. Celui-ci se rendait désormais deux fois par semaine sur les marchés paysans, mais aussi sur d’autres marchés en Pennsylvanie et à Brooklyn, « notamment ceux de Sheepshead Bay et de Coney Island », pour vendre les différents produits de cette entreprise.

Un nouveau poste à responsabilité, un salaire meilleur et le fameux masque portoricain pour se protéger de l’Irakien qui gît dans sa mémoire mutilée. Serait-il protégé à jamais des spectres tumultueux du passé ?

Sa nouvelle expérience professionnelle semblait l’enchanter, ravir son existence tourmentée. « Il tomba amoureux de la lavande. Son retour, après les rigueurs et les neiges de l’hiver, était un spectacle magnifique et fascinant. Lorsque, à perte de vue, elle dressait par centaines ses étendards d’un violet délicat pour les laisser balancer fièrement dans la brise, l’air de vouloir nous dire : ça y est, me revoilà.

Marcher à travers les champs le matin tôt ou au crépuscule devint un moment privilégié, un rituel apaisant ». Mais la lassitude de cette identité portoricaine qu’il a adoptée – par dépit – l’accablait, entravait l’existence sereine à laquelle il a tant aspiré. Dans le désarroi, une chanson d’amour continue d’habiter sa mémoire : « A quoi bon parler du passé / De ce passé de tourments / Tant que je t’aime je suis content ». Il sentait que les démons de l’Irak n’étaient pas loin de revenir avec fracas. 

Un jour, Carmen, l’aide-soignante, emmène le docteur Sami sur un marché où l’ancien déserteur se trouvait. L’imprévisible advient, les démons de l’histoire récidivent et mutilent d’un revanchisme aveugle le ciel. Le lecteur interprétera à sa guise la difficulté de maquiller l’impunité et l’absence de justice par un parfum de lavande.

 
 
 

Par Faris Lounis
Contact : farislounis27@outlook.fr

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Comme un parfum de lavande

Sinan Antoon trad. Simon Corthay

Paru le 02/04/2025

295 pages

Actes Sud Editions

23,00 €

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Cette semaine, la Booksletter explore l’intelligence artificielle selon Demis Hassabis, les détours de la traduction chez Beckett, la mécanique du private equity, la circulation des nouvelles dans l’Europe moderne et les limites de la rationalité économique. Une traversée des savoirs où les livres éclairent technologies, langues, marchés, histoire de l’information et comportements sociaux, sans céder aux raccourcis faciles ni au bruit médiatique.

16/05/2026, 10:01

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Prodiges : simplicités de l'existence

« La maison avait toujours été cossue bien qu’elle semblât, dès son achèvement, non pas modeste mais certainement austère. » Rue Scheller se tient une pension, construite en 1801 par un gros marchand de tissus connu à l’époque de toute la ville. Tenue d’une main de fer par Mme Helena Lundgren, ce lieu accueille des âmes très différentes, complexes, qui cohabitent sous un même toit. Et, entre les murs, les échos du passé n’ont pas fini de se faire entendre…

15/05/2026, 15:54

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Meilleures ventes : L’Empire McFadden contre-attaque

Et quand y'en a plus… y'en a finalement encore. Le raz-de-marée Freida McFadden frappe une nouvelle fois. Deux nouveaux titres ont déjà conquis son public et c’est le retour de la domination américaine pour cette nouvelle semaine (du 04/05 au 10/05). Alors, Force ou Côté obscur ?

15/05/2026, 11:34

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Le banc

15/05/2026, 11:30

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Faust, Goethe, Delacroix et Nerval : une affaire diaboliquement romantique

Voici un livre publié par les éditions Diane de Selliers qui ne se contente pas de remettre Faust entre nos mains : il le fait surgir dans toute sa puissance noire, fiévreuse, presque hallucinée. Faust de Goethe, illustré par Eugène Delacroix, traduit par Gérard de Nerval, ce n’est pas seulement un texte majeur accompagné de belles images. C’est la rencontre d’un mythe, d’un peintre et d’un écrivain, qui créent un pur chef-d’œuvre.

13/05/2026, 15:28

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Comment survivre à votre fatigue de genre ?

13/05/2026, 13:47

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La chambre de bonne de Mathieu Pieyre : un petit espace pour une grande liberté.

« Depuis que j’ai ouvert la digue des souvenirs, je suis obsessionnellement replongé dans ces jours de ma jeunesse, comme si, de cette humble chambre de bonne, j’avais renouvelé le bail ». Au 5/7 rue de Lille, dans le VIIe arrondissement, a vécu le célèbre psychanalyste Jacques Lacan.

13/05/2026, 10:38

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Une disparition d’enfant et un village rongé par les non-dits

Le second roman d'une auteure au parcours original mais un polar bien noir qui peine à convaincre vraiment : vingt ans plus tard, le village ne s'est toujours pas remis de la disparition d'une enfant.

13/05/2026, 07:00

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Quand l’idole d’enfance devient un ami

Dans un salon qui ressemble à tous les salons de l’enfance — un peu étroit, encombré d’objets sans importance et pourtant décisifs — un ballon de mousse roule entre deux chaises. Il y a, sur la table basse, des morceaux de sucre, des emballages de Tiki froissés, et dans l’air quelque chose de suspendu, comme une attente. Le match ne se joue pas dans un stade, mais ici, entre le canapé et la fenêtre. Et déjà, au fond de la pièce, une silhouette se détache : celle du gardien.

12/05/2026, 12:55

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Meilleures ventes : La prof entre en tête devant Franck Thilliez et Fred Vargas

Avec 29.696 exemplaires vendus sur la semaine, La prof, de Freida McFadden, s’installe directement à la première place des meilleures ventes. Le poche publié par J’ai lu atteint 29.831 ventes cumulées. Derrière lui, L’autre moi, de Franck Thilliez, bondit au 2e rang avec 19.647 exemplaires, tandis qu’Une unique lueur, de Fred Vargas, complète le podium avec 15.271 ventes. Le haut du classement associe une entrée en tête, une forte progression et la résistance d’un titre déjà installé.

12/05/2026, 11:39

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Anthropodermia, ou le thriller des livres en peau humaine

Frédérique Molay signe un thriller où l’histoire du livre bascule dans le crime. De Paris en 1475 à l’enquête contemporaine de Samuel Riss et Katell Kervadec, le roman relie peaux humaines, pouvoir politique et prédation sociale. Anthropodermia, un polar ample, sensoriel et brutal, qui transforme l’objet-livre en pièce à conviction, sans sacrifier la mécanique de l’enquête ni la tension intime des personnages, jusqu’au malaise durable.

12/05/2026, 10:19

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Un thriller contemporain où les smartphones deviennent des armes

Un premier thriller assez réussi avec pas mal d'humour, une curieuse intrigue et quelques personnages bien sympathiques. Cette « histoire de téléphones tueurs » pourrait bien vous guérir de votre addiction à votre smartphone.

12/05/2026, 10:18

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Marilyn, Judy, Dorléac : quand les étoiles quittent l’écran

Les derniers jours de grandes actrices sans céder au pur mausolée : de Marilyn Monroe à Judy Garland, de Françoise Dorléac à Annie Girardot, Philippe Durant raconte le prix de la lumière : ce que la célébrité expose, use, isole, puis laisse derrière elle lorsque le mythe rend enfin la place à la femme, à ses peurs, à ses colères, à ses failles. Une élégie documentaire, parfois lyrique, souvent juste.

12/05/2026, 10:17

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Le Beaujolais face à l’après-guerre

Beaujolais, 1919. La Grande Guerre s’achève. Claudius Grandvignon, dit « Glodusse », que l’on croyait disparu, rentre enfin chez lui.

12/05/2026, 08:00

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Une plongée familiale dans les images et la mémoire

Entre mémoire familiale et geste artistique, Rozebud explore la zone trouble où l’image devient révélation. Héritière d’un appareil photo transmis par son grand-père, Isabelle Rozenbaum transforme cet objet en clef d’un récit et d’une traversée intérieure.

12/05/2026, 07:00

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Paris sous les drones : le roman d’anticipation politique de Thomas Bronnec

Avec cette « guerre des drones » dans notre capitale, Thomas Bronnec nous plonge dans un futur que l’on pressent comme beaucoup trop proche, beaucoup trop réaliste. Au point d’espérer très fort que le mot « anticipation » veuille dire encore quelque chose. Toute l'infortune du monde, aux éditions Gallimard.

11/05/2026, 11:04

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Comment Nicolás Guillén a révolutionné la poésie cubaine du XXe siècle

Réédité à titre posthume en 2016 par Le Temps des Cerises, Le Chant de Cuba. Poèmes 1930-1972, présenté, choisi et traduit par Claude Couffon, rassemble une large sélection de l’œuvre de Nicolás Guillén. Publiée à l’occasion du centenaire de la naissance du poète, cette anthologie ne constitue pas seulement une entrée dans une œuvre majeure de la poésie cubaine du XXe siècle : elle en oriente déjà la lecture en privilégiant ses dimensions rythmiques, orales et historiques. Par Fidèle Mabanza.

11/05/2026, 11:03

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Nommer les crimes n’est pas haïr la France

À travers l’enquête de Safia Kessas et Fabrice Riceputi sur un massacre oublié en Kabylie, ce texte démonte la mécanique des euphémismes qui blanchissent la violence coloniale. Nommer les crimes, ici, n’est pas haïr la France : c’est rendre leur dignité aux morts et aux survivants.

11/05/2026, 10:06

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“Je hais, donc je suis” : Hannah Arendt contre la haine

Il y a, dans ce numéro de mai-juin de la Revue des Deux Mondes, quelque chose de rare : une tenue. Non pas seulement une tenue éditoriale — encore que le texte d’Aurélie Julia, « Je hais, donc je suis », en donne d’emblée la mesure exacte, ferme, inquiète, presque classique — mais une tenue intellectuelle, et peut-être même morale, dans la manière d’affronter un mot qui, trop souvent, nous échappe à mesure que nous le prononçons : la haine.

11/05/2026, 09:51

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Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

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Claudio Magris, Poutine, génétique : les lectures de Books pour décrypter le monde

Cette semaine, la Booksletter traverse cinq territoires du savoir et de la mémoire : Claudio Magris relu depuis Trieste, les agences matrimoniales du Paris postrévolutionnaire, la génétique du sexe, un roman historique autour des réseaux trotskistes, et l’étude de la propagande poutinienne par Marc Bennetts. Sélection qui relie littérature, histoire sociale, biologie et politique contemporaine avec précision, sans mode facile, ni bruit éditorial.

09/05/2026, 09:38

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Une découverte dans une grotte relie trois époques dans Aven

Avec Aven, publié aux éditions La Manufacture de livres le 4 juin, Lilian Bathelot construit un roman mêlant préhistoire, exploration souterraine au XIXe siècle et enquête contemporaine autour de l’aven Armand. À travers trois récits reliés par un même lieu et un mystère traversant les siècles, l’auteur explore la mémoire enfouie des hommes dans les paysages du causse Méjan.

08/05/2026, 07:00

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James Lee Burke revient avec Étranger à la dérive, une fresque entre guerre et pétrole

Étranger à la dérive, de James Lee Burke, paraît aux Éditions Rivages le 3 juin : le roman suit Weldon Avery Holland, des années de Grande Dépression aux champs pétrolifères du Texas, dans une fresque marquée par la guerre, l’amour, la culpabilité et la violence de l’antisémitisme. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Mercier. 

07/05/2026, 07:19

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Les Invisibles, de R. J. Ellory : la traque obsessionnelle d’un serial killer

Dans Les Invisibles, Roger Jon Ellory entraîne le lecteur dans une enquête au long cours, marquée par des meurtres ritualisés, des références à Dante et l’obsession grandissante d’une enquêtrice du FBI.

06/05/2026, 08:00

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Les Filatures d’Irène Bouton : une nouvelle série policière aux éditions L’Archipel

Les Filatures d’Irène Bouton, roman de Thomas Martinetti publié aux éditions L’Archipel, lance une série de cosy mystery située dans la région d’Annecy. Le livre suit Irène Bouton, costumière appelée sur le tournage d’une série, qui se retrouve soupçonnée après la mort d’un fournisseur local et décide de mener sa propre enquête pour comprendre ce qui s’est passé.

06/05/2026, 07:00

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Dominique Sylvain revient avec un roman noir dans le Brooklyn des années 1990

À paraître le 13 mai 2026 aux Éditions Rivages, L’Inconnue de Brooklyn, de Dominique Sylvain, suit trois amis d’enfance dans le Brooklyn des années 1990, entre cinéma, immobilier, ambitions sociales et secrets conservés pendant des années, jusqu’à ce qu’un passé compromettant ressurgisse.

06/05/2026, 06:00

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Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry : un cadavre exquis policier entre Lyon et Reykjavík

Un petit polar à quatre mains entre Lyon et Reykjavík, porté par Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry, avec une intrigue suffisamment solide pour faire de ce “coup éditorial” un agréable patchwork tricoté entre deux pays et deux cultures.

05/05/2026, 15:41

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La supérette du bord de mer de Sonoko Machida : profession, marchand de bonheur !

Nous sommes le lien que nous entretenons avec les autres. Voici ce que l’on pourrait dire de cette petite pépite venue tout droit du Japon. Au centre de ce roman, et donc de la supérette Tenderness Kogane Mura, située sur l’île de Kysushu, un gérant un peu fantasque et très séducteur, Monsieur Shiba, surnommé « Phéro Boss » par une de ses employées. 

05/05/2026, 10:27

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Doucement de Matthieu Frou : immersion en territoire fragile

On dit souvent que les voyages nous révèlent, qu’en dehors de notre quotidien et de nos habitudes, nous sommes obligés d’être nous-même. Mais être soi s’accompagne de notre passé, de notre enfance et de ses ombres qui s’allongent au zénith de notre vie d’adulte.

05/05/2026, 10:27

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Meilleures ventes : Fred Vargas reste en tête devant Valérie Perrin et Spy x Family

Avec 25.475 exemplaires vendus cette semaine, Une unique lueur de Fred Vargas conserve la première place du classement (semaine 17, du 20 au 26 avril). Le roman publié par Flammarion totalise désormais 101.508 ventes en trois semaines de présence. Derrière lui, Tata de Valérie Perrin remonte au 2e rang (15.087 exemplaires), tandis que le tome 16 de Spy x Family entre directement sur la troisième marche du podium avec 14.721 ventes.

 

05/05/2026, 10:15

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SUV, militants et doutes dans les rues de Lyon

En octobre 2022 à Lyon, des activistes d’Extinction Rebellion (XR pour les intimes) arpentent nuitamment des quartiers huppés pour y dégonfler des pneus de SUV, Sport Utility Vehicle. Dans les médias, dans les couloirs du conseil régional, sur les réseaux sociaux, l’on s’inquiète de savoir comment les désigner au mieux : écoterroristes ? Petits cons ? Ou bobos woke ?

05/05/2026, 09:00

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Avec La fille du Sud, Barbara Monrose explore les traces du désir

Barbara Monrose signe avec La fille du Sud un premier roman publié chez Robert Laffont et attendu le 13 mai. Ce texte suit la relation passionnée entre deux étudiantes qui se rencontrent à Paris avant que la séparation ne transforme leur histoire en quête intime et obsessionnelle du désir, du manque et de l’absolu.

05/05/2026, 08:42

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Yukito Ayatsuji : le polar culte enfin traduit

Tsunojima, au large des côtes japonaises. Un an après le quadruple meurtre qui a ensanglanté l’île, c’est l’endroit parfait pour la retraite annuelle des membres du Club des amateurs de roman policier. Ils vont pouvoir se concentrer sur la rédaction du prochain numéro de leur revue et, qui sait, résoudre le mystère de ce crime à huis clos, dont l’auteur reste encore inconnu. C’est néanmoins le programme qu’ils se sont fixés… Traduit du japonais par Patrick Honnoré.

05/05/2026, 08:00

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Addicted tome 8 : défendre les siens à tout prix

Retrouvez les sœurs Calloway avec le tome 8 de la saga new adult « Addicted » ! 

05/05/2026, 07:00

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Pigalle, 1945 : un meurtre et des silences trop bien gardés

Un polar instructif (et plus malin qu'il n'y parait) dans le Paris de l'immédiat après-guerre où, après l'épuration expéditive des collabos, l'ambiance se veut désormais à la réconciliation nationale.

04/05/2026, 16:50

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Anne Sexton : ses derniers poèmes surgissent d’un immeuble en feu

Publié à titre posthume, Lettre d’amour écrite dans un immeuble en feu (trad. Sabine Huynh) rassemble les derniers poèmes d’Anne Sexton et déploie toute la maturité de son art. Traversé par les thématiques de la maternité, de la maladie, du désir et de la foi, ce recueil entremêle images domestiques et métaphores violentes dans une confrontation directe avec la mort. La parole poétique devient alors un acte de résistance, voire de survie.

04/05/2026, 11:03