#Roman francophone

Lumière des murs de Philippe Leuckx : l'attention à la fragilité

Le nouveau livre de Philippe Leuckx se présente comme une suite fragmentaire de trente-six unités numérotées, proches d’un journal d’été à la tonalité contemplative et élégiaque. Chaque fragment agit comme un capteur sensible, attentif aux manifestations les plus ténues du vivant : lumière, souffle, mémoire, marche. Plus qu’un récit, le texte propose une poétique du peu, fondée sur une éthique de l’attention aux choses simples et fragiles. Par Fidèle Mabanza.

Le 28/07/2025 à 08:45 par Auteur invité

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28/07/2025 à 08:45

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Le poète élabore peu à peu une cosmologie intime, traversée par l’enfance, la perte, et la présence fragile au monde. Son écriture, sobre et retenue, privilégie les seuils, les silences et les lumières obliques.

Bien que le recueil soit écrit d’un seul souffle, sans division explicite, il m’a semblé possible d’y lire deux mouvements. Les treize premiers fragments forment un cycle liminaire, centré sur la lumière estivale, la mémoire et la marche : le poème y veille, respiration, ouverture à l’altérité. Le second cycle (fragments 14 à 36), plus intériorisé, creuse une géographie plus nue, où s’entrelacent enfance, ville, guerre, hiver et silence. Philippe Leuckx poursuit une ontologie du sensible, où la lumière devient langage, et l’enfance, une présence à préserver.

Dans cette filiation, la voix d’Henri Petit résonne en écho lorsqu’il dit : « L’enfance est un rêve que l’on a vécu avant de l’avoir rêvé. »

Le prélude du marcheur – Poétique de la lumière et mémoire de l’enfance

Temporalité diffuse et saisonnière : l’été comme seuil

Dès le fragment 1, le ton est donné : « Je vais chercher la lumière / aux arêtes des murs. » La lumière, ici, n’est ni éclatante ni frontale, mais résiduelle, oblique, arrachée à l’ombre. Elle persiste aux marges du visible, exigeant une attention patiente. Elle devient matière du poème, qui s’écrit dans le tremblement discret du réel, et se nourrit de ce peu qui désarme.

L’un des motifs structurants du cycle est l’été, non pas saison de l’abondance, mais moment- limite, à l’orée du basculement : « Il est un jour où l’été bascule / l’on ne sait pas très bien / ni où ni pourquoi (Fragment 8) »

Le poème se déploie dans une temporalité intérieure, marquée par l’usure, la suspension, le retrait. L’écriture se tient au bord, dans le presque rien : « Le cœur déborde des murs / petite plainte d’été (Fragment 2) » et « Le chemin s’ouvre sur l’autre / Avec les mains semées (Fragment 3) » L’espace du poème est traversé par un appel discret. La solitude devient passage vers l’autre, vers un deuil peut-être, vers soi : « Parfois le cœur ne sait plus / Trop bien / Où l’attend l’ami (Fragment 3) »

L’été condense ainsi lumière, enfance et perte. Il vibre d’une beauté fragile, effleurée : « Journée cerclée d’été et d’ombre / Qui va là au jardin / Remuer la saison (Fragment 11) » La temporalité poétique n’est jamais linéaire : elle oscille entre effleurement et souvenir, entre lumière vive et retrait.

Marche, seuils et lieux du passage : une poétique du déplacement existentiel

Dans les fragments 9 à 13, Philippe Leuckx approfondit une poétique du déplacement – non spectaculaire, mais intime, quotidienne. Il arpente la ville comme un espace intérieur, théâtre de réminiscences sensibles. « […] seules les lampes respirent le silence. (Fragment 9) ». La lumière devient souffle, presque tactile. Le mur, comme le suggère le titre du recueil, se fait surface sensible où affleure le poème : « […] ma main qui palpe l’air […] et qui recueille les mots le long des murs de jardins. (Fragment 9) ».

Le poème est alors ce lieu du presque rien, du tremblement. Le mur n’est pas une clôture mais un appui, un témoin silencieux : « On voudrait retenir la larme qui déborde / On irait cacher sa peine / derrière un mur vain (Fragment 10) ». Dans les fragments suivants, le poème s’ouvre à une intériorité vibrante, où l’eau, les arbres, les chuchotements composent un monde sensible, en écoute. L’été murmure encore : « S’entourer d’une lumière presque fraîche […] des chuchotements limpides / S’ouvraient à nous (Fragment 11) ».

Le fragment 12 évoque l’enfance à l’orée d’une rentrée, une ritualité du recommencement, les plumiers, la lumière neuve, la cour de récréation, une émotion contenue : « On regarde pour ne pas déborder / de la feuille où l’encre sèche (Fragment 12). » « on garde l’été en soi / contre soi (Fragment 13) » Ce premier cycle esquisse ainsi une poétique du seuil, du murmure, de la lumière blessée. Un lyrisme discret s’y déploie, tendu vers l’autre, vers l’enfance, vers un tu silencieux. Il s’ouvre à l’instant, à la texture des choses, à l’espace vécu : marche, été, ville, cœur en déroute, tout composant un chant à peine élevé, mais profondément fidèle à la fragilité du vivant.

Dans la brisure du geste – Fragments 14 à 36 : une poétique de la présence

Lumière, souffle et mémoire : une esthétique de l’effleurement

Dans la seconde partie, le poème s’approche du monde avec une retenue silencieuse. Il recueille les vibrations du réel dans une langue épurée, lente, attentive aux interstices du visible : « La lumière songe / qu’elle tombe / vers l’eau vers l’air […] comme une épaule / frôlée (Fragment 18) ». Le syntagme tissage des lumières (Fragment 14) évoque une trame subtile entre sensation et mémoire. La lumière y est matière fragile, déposée au bord des arbres, entre silence et fuite : « dans la brisure du geste / dans cette mémoire qui fuit (Fragment 14) ».

Ce geste déjà présent dans le fragment 9, se répète : les mains palpent l’air, sans rien attendre. L’espace devient disponibilité.L’altérité intérieure : le tu comme présence orphique Le poème 22 approfondit cette posture intérieure à travers l’adresse au tu. Ce pronom, discret mais structurant, ne désigne pas un interlocuteur extérieur, mais une altérité intérieure : un je qui se dédouble, s’interpelle, et s’ouvre à une perception réinventée du monde.

L’enfant évoqué – celui qui, dans le fragment 13, garde l’été en soi – devient figure du regard premier, capable de voir au-delà. « […] tu regardes plus profond / la porte qui s’ouvre / la sente qui te mène / et te porte à mieux vivre / dans l’air réinventé. » On retrouve ici une poétique du seuil, où l’espace extérieur devient géographie intérieure. Ce dialogue entre monde et intériorité fait écho à la résonance dont parle Gaston Bachelard dans La Poétique de l’espace, ou encore à l’appel d’Yves Bonnefoy à sauver la présence contre l’abstraction. Le poème n’élabore pas une vision du monde : il en recueille les traces, les lumières ténues, les gestes perdus.

Habiter en poète : entre fragilité et résistance

À partir des fragments 19 à 28, une gravité nouvelle imprègne le recueil. Le poème devient alors un espace de veille, un abri face au vacarme du monde – non dans la révolte tonitruante, mais dans la résistance silencieuse : « le tremblé du monde / et les cris des enfants / percent le boulevard / où peu s’arrêtent (Fragment 28) »

Dans un monde blessé – fait de conflits, d’indifférence et de repli – … habiter en poète signifie recueillir ce qui chute, porter les traces, préserver l’infime, jusqu’à la poussière : « L’enfance recueille la poussière …] ne sommes-nous pas souvent / cette enfance qui rêve / de l’infime patience / des choses ? (Fragment 19) »

Ce vers, lu à la lumière de l’histoire contemporaine, évoque non seulement l’enfant intérieur du poète, mais aussi ces figures anonymes de l’enfance menacée, dans les zones de guerre, dans les périphéries oubliées. Le poème devient alors lieu de résistance silencieuse : dire, non pour expliquer, mais pour faire exister.

Habiter au bord du cri : poétique de la présence blessée

Le fragment 21 de Philippe Leuckx introduit une rupture plus explicite dans le recueil : le surgissement d’un cri, dans une rue quasi silencieuse, bouleverse l’économie subtile du silence et de la lumière instaurée dans les fragments précédents. Ce cri soudain, isolé, devientle signe d’un monde déchiré, où l’enfance n’est plus seulement mémoire lumineuse, mais figure exposée à la violence de l’histoire : « à Gaza à Kiev les enfances / sont toutes les mêmes / brisées si souvent / par le joug de la force »

Cette brisure rejoint une question majeure de notre temps : comment habiter un monde blessé ? Comment maintenir une parole, un regard, une présence, lorsque le réel, fracturé, semble ne plus offrir aucun abri ? C’est à cette interrogation que répond, en écho, la méditation de Martin Heidegger dans sa conférence … Habiter en poète (1951), où il relit un vers de Hölderlin : […] « poétiquement l’homme habite sur cette terre. » 

Pour Heidegger, habiter poétiquement, ce n’est pas sublimer le réel, mais y demeurer autrement : dans la retenue, dans l’ouverture à l’être, qui s’ouvre et s’échappe, dans une attention silencieuse aux quatre instances fondamentales de l’habitation humaine – la terre, le ciel, les mortels et le divin. Or, ce que le fragment 21 rend sensible, c’est précisément la perte de cette quadrature : les enfants sont déracinés, les lieux ne sont plus protecteurs, les ombres passent, ignorées. Le poème égrène ainsi les signes d’un monde devenu inhabitable.

Et pourtant, Philippe Leuckx n’écrit pas dans la plainte ou la dénonciation. Il habite le cri, non pour le faire taire, mais pour l’accueillir dans une parole juste, dépouillée, qui ne renonce pas à l’acte d’habiter malgré la brisure. Cette parole, fidèle à l’éthique poétique, rejoint alors ce que Heidegger appelle le pouvoir du poème de préserver un monde, même dans la ruine. Écrire ainsi, c’est tenir encore une place, fût-elle fragile, entre la présence et le désastre.

À travers cette adresse silencieuse aux enfances « brisées », le poème devient lieu de mémoire, de compassion, de résistance douce. Il n’énonce pas la catastrophe, il la recueille dans une forme juste, où le rêve d’ailleurs et de pain demeure possible. Ce rêve, infime, est déjà une manière de rétablir un espace habitable. Dans un monde traversé par le cri, le poème est seuil : il n’offre pas de refuge illusoire, mais une veille. Il entretient la braise d’un monde à venir, dans le tremblement même de ce qui se défait.

Cette attention au réel, qui traverse les gestes, les seuils lumineux et les modulations de la voix intérieure, trouve dans le poème 21 une inflexion plus dramatique, plus explicitement tournée vers l’histoire collective. Ici, l’enfant visionnaire devient figure d’une enfance blessée, exposée à la violence des conflits – à Gaza, à Kiev, à l’est de la République démocratique du Congo, au Soudan du Sud, dans ces « rues » devenues seuils tragiques du monde contemporain. Le cri qui traverse le poème ne rompt pas la poétique de la présence : il la relance autrement, dans une parole sobre, tendue vers l’autre, où le poème prend soin du monde en décomposition.

A cette lumière, la parole de Philippe Leuckx rejoint la méditation heideggérienne d’Habiter en poète, où la poésie, loin d’ignorer le désastre, cherche à préserver la possibilité d’un monde habitable, même dans l’éclatement des repères. Ainsi, la seconde partie du recueil, tout en maintenant une esthétique du retrait et de la lenteur, s’ouvre à une poétique de la veille : ellehabite la lumière comme l’ombre, le souvenir comme le cri, dans une fidélité sensible aux lieux, aux gestes, aux êtres passants. Le poème devient alors un lieu fragile de présence, où le monde, malgré ses failles, peut encore se dire – et peut-être se rêver à nouveau.

Une veille poétique au bord du monde

Le recueil déploie ainsi une poétique de la présence qui ne cède ni à l’abstraction ni à la clôture. Entre lumière et effacement, entre silence et mémoire, l’écriture de Philippe Leuckx tente d’habiter le monde par effleurement, dans une fidélité discrète aux choses qui passent – arbres, gestes, seuils, souffles. Le poème devient chambre d’écho pour un réel fragile, où chaque fragment recueille le tremblement d’un instant, la survivance d’un monde encore possible.

Mais cette présence n’est pas sans faille. Le fragment 21, par le surgissement d’un cri, rappelle que l’habitation poétique ne peut se soustraire au tragique de l’histoire. Dans ces lieux sans paix, ce sont les enfances qui portent le poids du monde disloqué. Le poème, dès lors, ne se retire pas du réel, il en épouse la fracture, il l’écoute, sans bruit, sans grandiloquence. Ce cri dans la rue n’interrompt pas la veine contemplative du recueil : il en révèle l’éthique cachée.

C’est là que s’entend l’écho de la méditation de Heidegger : … L’homme habite en poète…, écrit-il avec Hölderlin. Non pour fuir, mais pour tenir encore une demeure dans le dénuement, pour préserver un espace habitable au cœur même du désastre. Habiter en poète, c’est veiller : sur les ruines, sur les enfances brisées, sur le silence. C’est créer, par le rythme et la retenue, une forme de présence qui, sans nier la douleur du monde, s’efforce d’en maintenir la lumière.

Dans cet espace d’écriture, le poème devient seuil, non pas refuge, mais veille fragile et active. Il ne dit pas ce qu’il faut faire ; il montre ce qui reste à sentir, à garder, à rêver. Et cette infime capacité à rêver encore – d’un ailleurs et de pain (Fragment 21), d’un monde à hauteur d’enfant – fonde, peut-être, la seule manière digne d’habiter poétiquement la terre, au bord du cri.

La continuité d’une poétique du lien passe par des images textiles – recoudre, tissage, linge – ce fragment évoque une lumière réparatrice, affective, et une parole cousue aux blessures du monde : « Le ciel recoud ses joues / au-delà des pluies / dans une lumière neuve / avec le linge du cœur / ce tissage des lèvres / au plus près des gens (Fragment 27) ».

Ce recueil est une poétique du surgissement où se mêlent finitude et vitalité, arrachement et cri, comme si le monde chavirait mais que les enfants, par leur voix nue, rappelaient à la présence.

Fidèle Mabanza est président de La Cave Littéraire de Villefontaine, Maison de poésie Rédacteur en chef du Bulletin de la Poéthèque.

 
 
 
 
 

 

Par Auteur invité
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Lumière des murs

Philippe Leuckx

Paru le 26/05/2025

Editions du Cygne

12,00 €

Lumière nomade

Philippe Leuckx

Paru le 13/07/2014

56 pages

Editions Mode Est-Ouest (MEO)

12,00 €

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Infatigable Ian Rankin ! Quatre décennies se sont écoulées depuis qu'il nous a donné à lire la première enquête de son inspecteur au nom d'énigme, John Rebus, dans L'étrangleur d'Édimbourg (l'ouvrage vient d'ailleurs d'être réédité en poche). Un cycle romanesque qu'il convient d'apprécier dans sa totalité fluide. Une sorte de « comédie humaine », avec ses personnages reparaissant d'un livre à l'autre (comme dans celle de Balzac), indissociable de la ville d'Édimbourg. Et de l'Écosse tout entière, d'ailleurs. Par Jean Miniac.

23/06/2026, 12:01

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Histoires extraordinaires de ballons : quand Paris prenait son envol

Depuis le 21 juin, la vasque olympique retrouve le ciel de Paris. Une occasion parfaite pour se souvenir que, bien avant de porter la flamme des Jeux, les ballons ont accompagné certaines des plus extraordinaires aventures scientifiques, techniques et humaines de notre histoire.

22/06/2026, 17:33

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Prix Lumière d’août : les recommandations des jurés pour l’été — catégorie essai

Attaché en premier lieu à la littérature francophone et à la photographie, le prix Lumière d’août poursuit chaque année le même objectif : distinguer des œuvres où l’écriture, le regard, la mémoire des lieux, des corps et des êtres entrent en résonance.

22/06/2026, 12:43

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Parle-moi de chez nous : les racines prennent l’avion

Un téléphone sonne, une femme tombe, trois générations retrouvent la parole. Entre Porto Rico et les États-Unis, Jeanine Cummins remonte les silences d’une lignée de femmes. Parle-moi de chez nous (trad. Christine Auché) est une saga généreuse, traversée d’images splendides, qui pèche surtout lorsqu’elle explique ce qu’elle vient de si bien faire sentir.

17/07/2026, 16:23

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Freida McFadden et les cahiers de vacances : on prend les mêmes et on recommence

Le Dîner, de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai), reste en tête des meilleures ventes du 6 au 12 juillet 2026, avec 42.080 exemplaires écoulés. Derrière, La Prof remonte à la deuxième place. Pour le suspense, il faudra repasser : les huit autres titres du Top 10 sont encore des cahiers de vacances.

17/07/2026, 12:31

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Septentrionale : Karim Kattan fait de l’amour le dernier moteur du monde

Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.

17/07/2026, 10:37

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Elle le mangerait : la grande Frédé a les crocs

Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.

17/07/2026, 10:37

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Que reste-t-il des idéaux quand un attentat se prépare ?

Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.

17/07/2026, 09:00

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Saurez-vous distinguer l’auteur de l’intelligence artificielle ?

Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications.  En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde. 

17/07/2026, 08:00

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La prochaine guerre mondiale pourrait commencer par l’eau

L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

17/07/2026, 07:00

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Les Carnivores : Guillaume Nail écrit un futur qui a les crocs

Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.

16/07/2026, 17:31

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Une étreinte pour un long voyage : une saison en Perse et en prose

16/07/2026, 14:22

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Le petit chien thérapeute : “Le deuil, c’est la mémoire qui s’obstine à battre sous les cendres”

16/07/2026, 14:22

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.

16/07/2026, 10:38

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.

16/07/2026, 10:33

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Ce que le capitalisme doit au racisme et au patriarcat

Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ? A-t-il toujours existé ? Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme, le patriarcat ou la crise écologique ?

16/07/2026, 09:00

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Son fiancé vole les 32 millions du Loto et déclenche sa vengeance

Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros ! 

 

16/07/2026, 08:00

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Une veuve face aux victimes remontées d’un lac artificiel

Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.

16/07/2026, 07:00

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France-Espagne : la Roja met les Bleus à terre un soir de 14 juillet

Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.

15/07/2026, 21:35

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

15/07/2026, 09:00

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.

15/07/2026, 07:48

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Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives

À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire. 

14/07/2026, 09:00

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Une communauté protectrice devient peu à peu impossible à quitter

Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

14/07/2026, 08:00

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Celle que je suis

13/07/2026, 16:37

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En Iran, 72 jours de garde à vue deviennent un monument littéraire

Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.

13/07/2026, 16:18

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Villes impériales. Sur les traces de Napoléon Ier et de Napoléon III

13/07/2026, 10:43

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France-Maroc : les Bleus avalent les Lions de l’Atlas

Je vous écris ce matin les yeux fermés (c’est beau la confiance) : cette Coupe du monde outre-Atlantique va me coûter encore quelques nuits sans assez de sommeil. Des cernes, certes, mais qu’au moins je ne dois pas à une peine que la défaite face au Maroc aurait provoquée. Une fatigue victorieuse, avec quelques réserves.

11/07/2026, 12:19

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La collision

11/07/2026, 09:20

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La colonisation rend-elle fou ? Une enquête après Fanon

À partir des dossiers retrouvés des personnes internées à Anjanamasina (Madagascar), l’un des premiers asiles d’aliénés des colonies françaises, Raphaël Gallien prend au sérieux des paroles jugées délirantes, des gestes incompris, des trajectoires brisées, pour approcher les effets intimes de la colonisation. 

11/07/2026, 09:00

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Le roman d’un père qui refuse de voir son fils lui échapper

Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le phare de l’impossible, un des fameux phares de Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble, depuis des années, accueillant parfois des pensionnaires, ornithologues pour la plupart. L’île est en effet peuplée d’une immense variété d’oiseaux, dont certains inattendus.

11/07/2026, 08:00

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Un homme de 456 ans veut rejoindre la maison d’Elvis

Quand Will Somersby débarque en titubant dans le hall d’un hôpital psychiatrique canadien, il prétend être venu à pied depuis le Tennessee, guidé par le chant d’un rossignol. Il affirme, en outre, être âgé de 456 ans. Il est alors confié aux bons soins du Dr Miranda Gosling, peu à peu convaincue d’avoir déjà croisé l’étrange individu...

11/07/2026, 07:00

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Federica Zombie

10/07/2026, 16:53

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Freida McFadden reprend la tête, devant les cahiers de vacances

Nouveau livre de Freida McFadden en poche rime souvent avec nouvelle entrée dans le Top 10 — et pas à n’importe quelle place : Le Dîner s’installe directement en tête, avec 88.707 ventes en une seule semaine, du 29 juin au 5 juillet. Une entrée phénoménale. Derrière, les cahiers de vacances conservent pourtant leur mainmise sur le classement, dont ils occupent huit des dix premières places.

10/07/2026, 13:00

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers enquête sur les pianos volés aux juifs

Dans Le fabuleux piano, à paraître le 27 août chez Robert Laffont, Sonia Devillers retrace l’histoire d’un instrument disparu, le piano de la famille Enoch, éditeurs de partitions, en l’inscrivant dans celle des milliers de pianos volés aux familles juives à Paris pendant l’Occupation, puis déplacés jusqu’aux confins du IIIe Reich. À travers cette enquête, l’autrice explore à la fois la spoliation, la mémoire familiale et la place intime que peuvent occuper les objets dans la transmission.

10/07/2026, 08:56

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Un week-end entre proches fait éclater les certitudes de deux familles

Avec Entre amis (Actes Sud), premier roman de Hal Ebbott traduit de l’anglais (États-Unis) par Laure Manceau et publié le 26 août, l’auteur met en scène deux familles liées par une amitié ancienne, soudain confrontées à un acte de violence qui bouleverse leurs certitudes et révèle les tensions sociales, intimes et familiales longtemps restées sous silence.

10/07/2026, 06:56

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John, Fils de John : Douglas Stuart revient au pays des hommes blessés

Cal Macleod revient d’Édimbourg vers Falabay, dans les Hébrides extérieures, avec un sac à dos, un sac-poubelle et des secrets que l’île devine avant même qu’il pose le pied sur le quai. Son père John, tisserand, éleveur et chantre d’une foi sans souplesse, l’attend avec Ella, les moutons, la mer et le poids du nom familial. Traduit de l’anglais d’Écosse par Charles Bonnot, John, Fils de John, noue retour au pays, désir, honte et filiation dans un roman rude, drôle et profondément habité. Généalogie à ouvrir le 26 août.

09/07/2026, 13:07

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Argentine-Égypte : le calvaire des champions du monde avant le miracle Messi

Hier, la terre a tremblé. Les bars autour de chez moi étaient en ébullition : l’Égypte menait 2-0 contre l’Argentine, championne du monde en titre, dans le dernier huitième de finale de la Coupe du monde. L’Albiceleste n’avait pas dit son dernier mot ; moi, je perdais les miens. En quelques minutes seulement, Lionel Messi a mis le match à l'envers. À l’arrivée : 3-2, pleurs, soulagement. Et vertige. 

 

08/07/2026, 22:51