Le dernier hiver

Marcus Malte

« Du blanc. Du blanc partout.
C'était un territoire immense et désolé. C'était un monde sauvage où l'on croisait des castors, des hermines, des visons, des orignaux, des caribous, des loups-cerviers, des loups gris, des ours noirs et des grizzlis plus souvent que des humains. Ces derniers étaient rares, ils se comptaient sur les doigts de quelques mains – quand les doigts n’avaient pas gelé. »

Voici un narrateur bien singulier. Sans âge, il est façonné par nos mains d’humains depuis des siècles et des siècles. Pas de chair ni de sang, pas de cheveux non plus. Lui est fait de neige. Parfois, nous lui offrons un nez, des yeux et des bras. Et, même s’il ne ressent pas le froid, la tentation de l’emballer dans une écharpe est souvent trop forte.
Camarade silencieux, il nous observe. Immobile, il voit au fil du temps tout ce qu'il y a de plus beau – la faune, la flore, des paysages à couper le souffle –, mais aussi ce qu'il y a de pire… Entre autres, la nature destructrice de l'être humain. Guerres et autres catastrophes défilent, inexplicables. 

Avec ce récit, Marcus Malte nous donne à lire un conte au goût doux-amer. Si la douceur et la naïveté qui accompagnent la création d’un bonhomme de neige nous font replonger en enfance, la trame de fond est plus sérieuse, profondément ancrée dans la réalité. Ces quelques pages se vivent comme une leçon, comme une manière de nous ouvrir les yeux sur les dégâts dont nous sommes responsables. Ce petit bonbon de littérature est à découvrir sans attendre !

Une michronique de
Valentine Costantini

Publiée le
21/07/2025 à 17:28

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Le dernier hiver

Marcus Malte

Paru le 05/02/2025

70 pages

Editions du Rouergue

11,00 €