Un frigo, débranché depuis des années… Un ballot de marchandises remontant à nul ne sait quand, qui servait originellement aux échanges, avant l’ère industrielle… Des bibliothèques ouvertes aux quatre vents et à qui souhaite s’approvisionner en ouvrages. Bienvenu pour un voyage au Québec, sur les pistes de boîtes à livres particulièrement intrigantes.
Le 17/07/2025 à 10:33 par Nicolas Gary
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Publié le :
17/07/2025 à 10:33
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L’un de nos plus émérites chroniqueurs parti en goguette de l’autre côté de l’Atlantique nous a régalé durant tout son voyage de paysages, de décors et de couleurs. Mais parmi les photos envoyées, quelques-unes avaient une ligne éditoriale très marquée. Comme un lien direct avec la rédaction, malgré les quelque 6000 kilomètres qui le séparaient de nous…
« Lire, c’est rêver les yeux ouverts. » Cette citation de Kerry Reichs, romancière américaine, couvre les portes d’un frigo dont on se demande bien comment il est arrivé là. Nous sommes dans le parc du Vieux-Quai, à Sept-Îles et depuis quelques années, cet appareil d’électroménager connaît une seconde vie en qualité de “frigo à livres”. Le principe ne varie pas de l’habituel fonctionnement : on pose, on prend, on ramène… seul l’habitacle a été revu en profondeur pour apporter une véritable originalité.

La suivante est nettement plus historique : installée sur le bord du chemin de bois qui longe le Saint Laurent à Longue-Pointe-de-Mingan, il s’agit d’un ballot de marchandise, accompagné d’un texte de Brad Cormier, ébéniste local. Citant Samuel de Champlain, il rappelle l’arrivée des colons sur les territoires des Premières nations.
Les premiers échanges entre les Innus (surnommés Montagnais) et les Européens débarqués fraîchement eurent lieu en 1603, « à la Pointe-aux-Alouettes, tout près de l’embouchure du Fjord du Saguenay. Une année importante celle-là, peut-être même l’an 1 d’une réelle collaboration entre les indigènes du Nouveau-Monde et les Français qui accompagnaient Samuel de Champlain », lit-on sur une pancarte posée à côté du ballot.

Le commerce de fourrure nécessitait cependant quelques mesures de prudence : les ballots de marchandises servirent alors à emballer les stocks pour les préserver. « La Côte-Nord a eu son lot de coureurs des bois. Ils se sont installés à Tadoussac en premier en 1500, puis un peu partout le long de la côte au fil du temps. À Mingan, en 1858, on pouvait encore voir des ballots de ce genre circuler dans le vieux poste de la HBC, la puissante Hudson’s Bay Company de Londres ».
Et voici comme le ballot accueille désormais des ouvrages, pour une nouvelle existence. Avec cette adresse au passant et au voyageur : « Emballons-nous des alliances d’autrefois. C’est un peu pour ça qu’on est ici aujourd’hui ! »
Plus classique, plus traditionnelle, même, cette boite Kilikoi accueille les visiteurs du café culturel Kiboikoi des Escoumins. Ici, on dégustera, avec la lecture de son choix cafés, paninis, salades, soupes, pâtisserie et bière de microbrasseurs. Programmation culturelle, livres et jeux de société : à ne pas manquer…


Et pour finir, puisqu’il faut cultiver son jardin, autant y cultiver aussi le plaisir des pages tournées, avec cette boîte installée dans les jardins communautaires, proches du Parc du Bois-Beckett – à Sherbrooke, dans cette Estrie riche de forêts et de pommes à récolter, et de tant d’autres choses !
Le Bois‑Beckett est une forêt urbaine protégée de 70 hectares, comprenant érables, hêtres, pruches et 30 autres espèces. Reconnu comme forêt ancienne par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, c’est un lieu prisé pour la randonnée, l’observation ornithologique (103 espèces recensées) ainsi que les activités hivernales.


En son sein se trouve le Jardin communautaire Caroline‑Bown, parfois orthographié Caroline‑Brown. Ce jardin, en gestion participative, est ouvert aux résidentes et résidents pour cultiver, échanger et favoriser le lien social en milieu naturel. La présence d’une boîte à livre ne fait que compléter et nourrir la vocation sociale de ces espaces qu’entretiennent des organisations, avec pour mission la coopération et les échanges de savoirs…
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
3 Commentaires
Vive le Québec !
17/07/2025 à 11:38
Malins les Canadiens, matois les Québécois !
Leurs livres sont bien protégés quand ceux des "maudits" Français sont exposés dans des boîtes à livres transparentes, de préférence orientées plein sud.
J'imagine que c'est pour prévenir des attentats à la bombe, mais quand même...
anne
18/07/2025 à 07:37
Bof! A la campagne,on a les mêmes boîtes, parfois originales aussi. Ce qui est important, c'est ce qu'il y a dedans. Et le plus souvent, ce sont hélas des vieux bouquins qu'on ne proposerait même pas en recyclerie tellement ils sont sales, moisis, puants, cornés, etc. On est loin des débuts il y a une vingtaine d’années. Les boîtes ont perdu leur sens et sont devenues des poubelles.
Sylvain
18/07/2025 à 08:43
En France aussi l'idée d'utiliser un frigo pour faire une boite à livres est présente, pas moins de 115 boites à livres de ce type sont ainsi référencées sur OpenStreetMap : https://overpass-turbo.eu/s/284w
Avec chez nous aussi de sacrés artistes : https://www.boites-a-livres.fr/ville/maurs/15600/boite-5866