L’intelligence artificielle bouscule le monde du livre. Les auteurs s’organisent. Plus de 70 d’entre eux, parmi lesquels Dennis Lehane, Gregory Maguire ou Lauren Groff, viennent de signer une lettre ouverte adressée aux géants de l’édition américaine. Le texte a été publié ce 4 juillet sur le site Lit Hub. Il appelle les éditeurs à prendre position face à l'essor des technologies génératives.
Le 07/07/2025 à 12:00 par Nicolas Gary
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07/07/2025 à 12:00
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Le message est clair. Les signataires demandent aux maisons d'édition de s'engager à ne jamais publier d'ouvrages créés par des machines. Un engagement qui vise en premier lieu les cinq grands groupes du marché : Penguin Random House, HarperCollins, Simon & Schuster, Hachette Book Group et Macmillan. L’appel s’adresse aussi à l’ensemble des éditeurs américains. En moins de 24 heures, plus de 1100 personnes ont ajouté leur nom à la pétition. Parmi eux, Jodi Picoult, Olivie Blake ou encore Paul Tremblay, tous rejoignant le constat : « Nous nous trouvons au bord d’un précipice. »
Le texte énumère plusieurs revendications. Les auteurs refusent que des livres soient écrits à l’aide d’outils d’IA entraînés sur des œuvres protégées sans leur consentement. Ils alertent sur le remplacement progressif des salariés du secteur par des technologies automatisées. Ils défendent le travail des narrateurs professionnels pour les livres audio.
« Nous fonçons à grande vitesse vers un avenir où nos romans, nos biographies, nos poèmes et nos mémoires — ces témoignages de l’expérience humaine — seront “écrits” par des modèles d’intelligence artificielle, incapables par définition de comprendre ce que signifie être humain. Incapables de ressentir la douleur, la faim ou l’amour », écrivent-ils.
La lettre ne se limite pas aux craintes juridiques. Elle dénonce une menace plus large sur la création littéraire. Le texte ne mâche pas ses mots : « Les écrits produits par l'IA ont l'air médiocres parce qu'ils le sont. Ils semblent simplistes parce qu'il est simpliste de les générer. C'est tout l'enjeu. » Le message insiste aussi sur un point essentiel : l’intelligence artificielle peut rendre de grands services, mais elle n’a rien à faire dans le remplacement des artistes.
« L’intelligence artificielle peut donner l’illusion de saisir notre humanité, mais la vérité est qu’il n’y a que l’être humain qui puisse véritablement parler à un autre être humain et le comprendre. Chaque fois qu’une requête est adressée à une IA, la réponse qu’elle génère repose en partie sur la synthèse d’œuvres que nous, signataires de cette lettre, avons patiemment élaborées au cours de nos carrières », précisent les signataires.
Les actions en justice contre les géants de la tech se multiplient depuis plusieurs mois. Ta-Nehisi Coates, Michael Chabon, Junot Díaz ou encore Sarah Silverman ont engagé des procédures pour défendre leurs droits. Des décisions commencent à tomber.
HUMEUR - Et si l’IA devenait l’alliée discrète des librairies indépendantes ?
Cette semaine, deux juges fédéraux ont tranché en faveur des entreprises Anthropic AI et Meta. Ces groupes pourront utiliser des œuvres protégées dans l’entraînement de leurs modèles, à condition d’avoir acquis les textes de façon légale. Or, soulignent les auteurs, « [c]es œuvres ont été exploitées sans notre consentement, sans rémunération, sans même la simple courtoisie d’une reconnaissance ».
Ces jugements font réagir les auteurs. Rioghnach Robinson, connue sous le pseudonyme Riley Redgate, fait partie des initiateurs de la lettre ouverte. L’autrice de romans pour adolescents alerte sur l’urgence de la situation. Les maisons d’édition jouent un rôle clé dans la protection des écrivains. Leur silence risquerait d’ouvrir la voie à la disparition progressive des créateurs.
Dans nos écrits, nous avons puisé dans nos vies : la perte de nos parents, la naissance de nos enfants, chaque amour vécu ou rêvé. Nous avons raconté les récits de l’héroïsme et de la noirceur humaine. Ces récits nous ont été dérobés pour nourrir l’apprentissage de machines qui, si la cupidité capitaliste la plus aveugle l’emporte, pourraient bientôt générer les ouvrages qui peuplent nos librairies.
Est-ce cela, l’objectif ultime ?
Nous effacer entièrement de l’équation, pour que ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide capitaliste puissent tirer encore davantage de profits de notre travail ? Au lieu de rémunérer les auteurs en leur versant une modeste part des revenus générés par leurs œuvres, il s’agirait de rémunérer quelqu’un d’autre pour une technologie bâtie sur notre travail spolié.
En outre, les inquiétudes dépassent la question du droit d’auteur. Depuis plusieurs années, des faux livres générés par IA circulent sur les grandes plateformes. Ces ouvrages usurpent l’identité d’auteurs connus. Une autre menace pointe du côté du livre audio. L’enregistrement de ses propres textes représente souvent un complément de revenu pour les écrivains. L’automatisation de la narration fragilise aussi le métier de comédien. Audible, leader du secteur, a récemment annoncé son intention d’élargir son offre de narration et de traduction par IA.
Bob Carrigan, PDG d’Audible, affiche son enthousiasme. L’entreprise veut démocratiser l’accès aux livres audio et rendre chaque ouvrage disponible dans toutes les langues. Un projet ambitieux, présenté comme une opportunité pour les créateurs. Les auteurs, eux, restent prudents.
Certains éditeurs commencent à intégrer des clauses dans les contrats pour limiter l'utilisation des textes dans les bases d’entraînement d’IA. Une première étape. Les signataires de la lettre attendent davantage. Les craintes persistent. La généralisation d’ouvrages générés par IA pourrait noyer les librairies et les plateformes. Les postes éditoriaux risquent aussi de disparaître.
JUSTICE - Droit d’auteur : Meta l’emporte (aussi) face aux auteurs
« Les promoteurs de l’intelligence artificielle ont donc dérobé notre œuvre. Mais ils ont également trahi le travail des éditeurs, des correcteurs, des attachés de presse, de tous ceux qui, par leur labeur et leur dévouement, ont accompagné, soigné et porté les livres que nous avons écrits. Leurs emplois aussi sont menacés. Ce qui signifie que l’édition de livres, en tant qu’art collaboratif — façonné à chaque étape par la sensibilité et l’expertise humaine — est elle-même en péril », affirment-ils et elles d'une seule voix.
Et de poursuivre : « Et, pour ajouter l’insulte à l’injure, l’usage massif de l’intelligence artificielle engendre des effets environnementaux désastreux, notamment une consommation colossale d’énergie et d’eau potable. Quelle sera la suite ? Nous attendons de nos éditeurs qu’ils se tiennent à nos côtés. Qu’ils s’engagent solennellement à ne jamais publier d’ouvrages créés par des machines. Qu’ils s’engagent à ne pas remplacer leur personnel humain par des outils d’intelligence artificielle, ni à vider leurs fonctions de leur substance en les réduisant à la simple surveillance de ces outils. »
Ils présentent ensuite une série de revendications, simples et lucides, adressées aux éditeurs :
Nous demandons aux éditeurs de prendre les engagements suivants :
• Nous ne publierons ni ouvertement ni secrètement d’ouvrages rédigés à l’aide des outils d’intelligence artificielle reposant sur le pillage du travail des auteurs.
• Nous ne créerons pas d’« auteurs fictifs » pour promouvoir des livres générés par l’IA, ni n’autoriserons des auteurs humains à recourir à des pseudonymes pour dissimuler la nature artificielle de leurs ouvrages, bâtis sur le vol des œuvres existantes.
• Nous n’utiliserons pas d’IA nourrie par le travail dérobé aux artistes pour concevoir la moindre partie des livres que nous publierons.
• Nous ne remplacerons aucun de nos employés, même partiellement, par des outils d’intelligence artificielle.
• Nous ne créerons pas de nouveaux postes dédiés à la supervision de productions littéraires ou artistiques générées par l’IA exploitant les œuvres volées.
• Nous ne réécrirons pas les fiches de poste de nos collaborateurs actuels pour les transformer en simples surveillants des productions de ces technologies. À titre d’exemple : les correcteurs continueront d’exercer leur métier de correction, et non de contrôler ou corriger le « travail » d’une IA.
• En toute circonstance, nous ne ferons appel qu’à des comédiens humains pour la narration des livres audio, et non à des voix générées par des technologies fondées sur le vol des voix humaines.
« En tant qu’auteurs, nous veillerons à ce que ces principes soient autant que possible intégrés à nos futurs contrats avec les éditeurs. Nous appelons les maisons d’édition à se positionner publiquement aux côtés de leurs auteurs, contre le vol de nos œuvres et contre la production dégradée de l’intelligence artificielle qui prospère sur ce pillage. Cette lutte ne concerne pas uniquement celles et ceux qui publient aujourd’hui », poursuit le courrier.
À LIRE - Livres audio : pourquoi la voix humaine est-elle menacée ?
Avant de conclure : « Que nous puissions continuer à publier ou non, il est de notre responsabilité de défendre la place des jeunes écrivains qui affinent leur art, dans l’espoir de partager un jour leurs œuvres — et d’en être justement rémunérés. Nous aurons besoin de leurs voix, comme nous avons toujours eu besoin des voix des artistes. Nous comptons sur vous pour être les gardiens de l’avenir de nos créations et de celles des générations futures. Nous attendons votre réponse. »
Seul le groupe Simon & Schuster a réagi officiellement. Il affirme prendre la situation très au sérieux. La défense des droits de ses auteurs reste, selon elle, une priorité. Les autres groupes sollicités n’ont pas donné suite. Les récents procès ayant donné raison, pour l'heure, aux géants de la tech, l'industrie toute entière est mise à mal.
Certes, l’Association of American Publishers a déclaré en 2024 que l'utilisation d'œuvres protégées pour entraîner des IA sans consentement ni rémunération constitue une violation directe du copyright. Mais dans les faits, les éditeurs qui en sont membres ont des usages qui divergent souvent des discours officiellement portés.
Tout le monde exige que les entreprises d'IA reconnaissent les œuvres protégées comme exclues par défaut de leurs bases d’entraînement. HarperCollins a d’ailleurs signé en 2024 un accord pilote avec une startup d'IA prévoyant une rémunération de 5 000 $ par titre utilisé dans l’entraînement, à répartir entre l’auteur et l’éditeur. Le débat ne fait que commencer.
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
40 Commentaires
FredEx
07/07/2025 à 13:22
Il me semble que les "auteurs" les plus opposés à l'usage de l'IA sont ceux dont les textes sont les plus proches de ceux que l'IA pourrait produire.
Gilles Cohen-Solal
15/07/2025 à 22:09
Evidemment!!!
L'Intelligence Artificielle fait peur à ceux dont les textes transpirent la connerie naturelle! :)))
EDOUARD BRASEY
21/07/2025 à 09:56
Je plussoie
adnstep
08/07/2025 à 00:03
"Les écrits produits par l'IA ont l'air médiocres parce qu'ils le sont. Ils semblent simplistes parce qu'il est simpliste de les générer. C'est tout l'enjeu"
C'est tout à fait juste. En 2025.
Qu'en sera-t-il en 2050 ?
Edco
08/07/2025 à 11:56
Le loup est entré dans la bergerie....Les moutons le trouvaient beau , intelligent, éloquent..... Puis ils s ' en mordent les pattes .....! Comment maintenant lui mettre une muselière...????
adnstep
08/07/2025 à 14:37
Cessons de phantasmer.
Malgré mon message ci-dessus, je ne crois pas un instant à une IA qui remplacerait Zola ou Hugo.
L’IA n’est qu’un outil spécialisé, puissant mais limité, sans créativité ni conscience et dont la véritable force réside dans sa capacité à augmenter l’humain, non à le remplacer.
FredEx
08/07/2025 à 17:38
C'est un peu le même genre de raisonnement que tenaient ceux qui affirmaient que jamais l'ordinateur ne battrait Spassky, Fisher & C°.
Edco
08/07/2025 à 22:48
Et en plus , elles trichent .....😭😭😭
"Les intelligences artificielles n'hésitent pas à tricher sur des parties d'échecs en ligne, selon des chercheurs américains" https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-intelligences-artificielles-n-hesitent-pas-a-tricher-sur-des-parties-d-echecs-en-ligne-selon-des-chercheurs-americains_7104516.html
Edco
08/07/2025 à 22:43
Mais il n ' y aura plus de Zola ou Hugo , 😭😭😭
Akadémie World TM
10/07/2025 à 11:30
Dernières nouvelles !!!
. Yann Moix au bord du gouffre
. Un géant des lettres perd pied
. Le désamour entre la Tech & la plume
. Proust se replace dans la course au titre
. Alexandre Jardin rejoint la France Insoumise et propose un mémorandum déjà culte
Plus de nouvelles fraiches plus tard...
Tnk
11/07/2025 à 00:53
Ca me rappelle les peintres qui gueulaient contre la photographie... en version plus grotesque. Leur manifeste vieillira mal, très mal...
Lyo
18/07/2025 à 13:24
C'est vrai que la technologie détruit souvent des professions. Mais les photographes ne se servaient pas des tableaux des peintres. C'était une innu.
Les IA ont besoin de s'entraîner avec du contenu sous droit d'auteur. Ces contenus n'ont pas été payés et les auteurs n'ont touché aucune rémunération.
Si tu veux devenir peintre, tu prends des cours d'art, tu vas logiquement payer pour, non?
Sauf que ce n'est pas le cas en l'occurrence.
TNK
18/07/2025 à 16:52
Voilà une belle idée reçue : les photographes (du moins ceux qui prennent leur art au sérieux) ont toujours étudié les maîtres de la peinture (et à présent les grands photographes aussi). Quand la photographie est née, tous les acquis en termes de composition hérités de la peinture ont aussitôt été mis à profit par les pionniers de cet art. L’IA quant à elle apprend aussi bien des œuvres textuelles, visuelles, musicales ou audiovisuelles, comme le font tous les artistes et artisans qui s’inspirent de leurs prédécesseurs. Rien de nouveau sous le soleil donc.
Enfin au sujet des cours d'art, je te rappelle que leur coût sert à payer l'enseignant ainsi que la structure d'enseigmement, pas les artistes dont les oeuvres sont étudiées. Il y a même une exception éducative prévue par le droit d'auteur français, spécialement pour couvrir ce cas. Transposé à l'IA, tu demanderais donc à ce que ceux qui entraînent les IA soient payés. Bonne nouvelle pour toi : ils le sont ! :-)
Lyo
19/07/2025 à 13:20
Sauf que non en fait, l'achat des livres à étudié, des photographies à étudier sont à la charge de l'étudiant. Donc après je suppose que ça dépend du pays, mais dans mon cas j'ai toujours dû tout acheter, même des livres dans le domaine public. Même en-dehors de cours d'art. Quand j'étudiais le grec ancien, on avait aussi une liste de livres à se fournir d'auteurs grecs. Et même maintenant que le piratage est accessible beaucoup de gens continuent à acheter des listes de recommandation.
Les IA sont entraînés avec du contenu piratés et c'est là le problème. Je vois pas pourquoi les riches compagnies tech ne paieraient pas. Quand on paie un bouquin ça paie aussi l'auteur (même si c'est 20%).
Edco
20/07/2025 à 17:41
Voir à ce propos , le film -La venue de l ' avenir - de Cédric Klapisch.. .. où on entend " les peintres travaillent , les photographes sont des fainéants" .....hihi ....
Rose
11/07/2025 à 07:34
Les éditeurs devraient rester ancrer dans le talent.
Une notification obligatoire pour "Les livres" en contact avec la machine IA informant les lecteurs.
Les résultats de l'IA sans imagination posent problème en littérature.
Sans compter les catastrophes naturelles qui vont remettre les priorités à leur place.
Guira Oumarou Ganda
12/07/2025 à 10:29
Lorsque l'IA remplace l'homme dans l'art, il perd sa valeur de créativité. La machine à la place de l'homme dans la créativité c'est la fin de l'humanité. Un en cloné ne peut jamais avoir les sentiments d'humanisme qu'un enfant naturel. le monde tire à sa Fin avec l'IA dans la créativité artistique.
Rose
13/07/2025 à 07:28
En plus, non seulement cette "machination IA" détruit la beauté de l'Art mais des influences néfastes sont en marche, comme le truc nazi qui vient de sortir et qui vante le monstre abject qui a essayé de détruire un peuple dans la dernière guerre mondiale (ça énerve ça). Cela entraîne vers le nihilisme des gens dénaturés, l'accaparation des ressources de la terre, la pollution des cerveaux et de la planète, bref, c'est d'une la bêtise crasse mais on va garder notre créativité et notre imagination au chaud du changement climatique.
Edco
13/07/2025 à 16:17
"On vous raconte la polémique autour de The Velvet Sundown, groupe de musique généré par l'intelligence artificielle et qui cartonne sur Spotify" https://www.franceinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/on-vous-raconte-la-polemique-autour-de-the-velvet-sundown-groupe-de-musique-genere-par-l-intelligence-artificielle-et-qui-cartonne-sur-spotify_7362783.html
... " Quand on a depassé la mesure , il n ' y a plus de limite" 😭😭😭😭
Gilles Cohen-Solal
14/07/2025 à 08:11
Après « l’Edition sans éditeurs » voici venu le temps de l’écriture sans auteurs, la traduction sans traducteurs et la lecture sans lecteurs puisque le livre audio lu par une machine va remplacer tout autre support…
Les articles et les interviews publiés dans Le Point cette semaine font froid dans le dos.
L’intelligence artificielle ,selon la majorité des intervenants , va supplanter dans les taches basiques l’humain générant 15 à 20% de chômeurs dans les emplois les moins qualifiés…
Je m’éloigne du sujet, excuse-moi.
L’écriture sans écrivain jusqu’au livre numérique est le fantasme de tout éditeur pour des raisons économiques et humaines.
Les raisons économiques sont simples, peut-être va t’on voir arriver le jour où l’édition en tant que telle gagnera de l’argent car jusqu’à maintenant le principal poste de profit dans les métiers du livre c’est la diffusion / distribution.
Les raisons humaines sont aussi très importantes ! Aucune I.A ne se comportera comme une Diva, ne fera de reproches sur les mises en places, les ventes, les cessions, etc…
Et là je ne parle que de l’aspect « livres » parce qu’il faut tenir compte des demandes allant du surclassement pour le voyage au restaurant végétarien en passant par la chambre avec baignoire et les suppléments en tous genres.
Honnêtement j’attends avec impatience un Salon du Livre à Trifouillis-les-Oies ou les I.A remplaceront les auteurs…!
Donc entre les facteurs économiques et les facteurs humains je vois mal les éditeurs se priver d’une poule qui si elle n’est pas aux œufs d’or aura au moins le mérite de ne pas appeler à 23h pour dire que la cousine de la tante à Jules n’a pas vu son livre au buffet de la gare de St Pée sur Nivelles , ne demandera pas à 7h15 à quelle gare et à quelle heure est le train de 10h23 pour Vannes, ne demandera pas à changer de chambre parce que « dans la chambre d’à côté, je ne sais pas si ils sont venus pour signer des livres mais je n’ai pas fermé l’œil de la nuit ! » cela dit avec un brin de regret de ne pas avoir passé la nuit dans la chambre d’à côté ce qui démobilisera pour la journée qui sera plus consacrée à trouver le ou la partenaire permettant de surpasser la chambre d’à côté…
Revenons en à l’économie…!!!
Là les éditeurs n’ayant à payer que l’électricité et n’ayant plus de retours avec le livre numérique tiennent un modèle extrêmement profitable…!!!
Les connaissant bien et depuis longtemps je peux vous affirmer que l’émission que j’ai faite, que je ne referais pas, et qui s’appelle
« L’Edition c’est pas de la littérature ! »
était assez prémonitoire.
Comme me l’a dit mon très cher et regretté ami Alain Kouck :
« Le problème avec toi c’est que tu as toujours raison…mais trop tôt ! »
Alain,
Cela fait 7 ans que tu es parti, tu croyais à l’inéluctabilité du progrès mais j’espère que tu ne vois pas ce qu’est devenu le groupe auquel tu as consacré les 20 dernières années de ta vie…ni l’Edition en général…!
Tu me manques et je suis loin d’être le seul…!
Gilles Cohen-Solal
EDOUARD BRASEY
14/07/2025 à 11:35
Très bien vu. Même si cela fait grincer les dents de certains.
Gilles Cohen-Solal
15/07/2025 à 17:50
Mon objectif n'est pas de faire grincer des dents, il est de faire se décrocher les mâchoires! :)))
FredEx
15/07/2025 à 20:34
Je suis tout à fa!t d'accord avec vous, dans l'édition, le problème, c'est l'auteur (qui veut se faire sucer à Saint-Pée-sur Nivelle alors que vous aviez retenu votre place même jour/même heure), un peu comme l'ouvrier à l'usine… la "production" c'est toujours merdique ! un peu comme la réalité… ça colle… ça démange. Encore heureux, il reste des solutions : les robots à l'usine et donc, désormais, l'IA boulevard Saint Germain. Entre nous, vous n'avez pas tous les torts, les ouvriers transpirent et les auteurs ne sont pas très intéressants… pas beaucoup plus, en tous les cas, que les éditeurs, ce dont, personnellement (et professionnellement), je me suis rendu compte assez vite.
TNK
16/07/2025 à 08:02
L'IA va remplacer bien davantage, et pas que dans les métiers les moins qualifiés. Couplé avec la révolution des robots humanoïdes qui arrive, ça va quasiment tout remplacer et va créer des effets de bascule qui vont faire qu'assez rapidement - 10 ans disons - l'obsolescence d'une société basée sur la "valeur travail" sera actée. Voilà pourquoi les débats actuels de la classe politique ("Il faut travailler plus pour produire plus", "il faut supprimer deux jours fériés"...) me paraissent lunaires. Ces gens débattent dans un monde qui déjà n'existe plus.
Quant aux éditeurs qui feraient mouliner l'IA, je n'y crois pas. Non pas parce que votre raisonnement en la matière n'est pas logique - il l'est - mais que je pense que ce qui adviendra sera plus radical encore. Pourquoi laisser croquer les éditeurs si, en tant que créateur de systèmes d'IA, vous pouvez éditer vous-même ? Je pense qu'on aura sous peu un "Suno des lettres", en référence à l'IA générant des musiques dont certaines sonnent comme de vrais tubes. Grâce à ce "Suno des lettres", chacun pourra se générer son propre roman, rien que pour soi, adapté à ses goûts (ce qui posera des problèmes de bulles informationnelles, mais bon...)
Je pense que dans un premier temps, ce seront les récits très formatés qui seront remplacés (romances, feel good), mais très vite, le reste le sera aussi. Des auteurs aux idées particulièrement originales sur le fond - des gens à la Bernard Werber quoi - tiendront un peu plus longtemps, mais ça veut juste dire 2-3 ans de plus.
Mais même ce roman 100% IA ne tiendra pas sur la durée, tout simplement parce que les gens préfèrent massivement regarder la télé plutôt que lire un roman. Du coup, on passera assez vite du roman généré par IA au film directement généré par IA, à l'aide de l'arrière petit-fils de VEO3.
Après, si un auteur veut continuer à écrire, il aura le droit, il aura le temps (vu que le "travail" au sens actuel du terme sera obsolète) et on verra que c'est loin d'être la fin du monde.
En attendant, à nous auteurs d'inventer la vie qui ira avec ces transformations radicales de nos sociétés. Il paraît que nous serions créatifs... à nous de le prouver !
ron lefrancois
14/07/2025 à 13:15
"au bord d’un précipice".... là ou nous emmène les hommes politiques de cette periode qui sent bon la demer
arrêtez de vous cacher derri_re ce paravant de la cilture
l'inteligence ne favotise pas les paix
les chiotte sonr fermées de l'interieur on appelle qui ? un serrurier ou un géneral d'infenterie ?
ma légion d'horruer est à vendre sur le boncoin
vous faites pour la prochaine guerre ? un week end vers métaverscity i guess
Edco
16/07/2025 à 09:51
En attendant , lisons :
L homme démantelé de Baptiste De tombe chez Artège
Hypnocratie chez philosophie magazine éditeur de Jiawei Xun
et
Wanted de Claudel chez Stock
....
Jil Solanonaro
17/07/2025 à 13:35
Sans oublier l'inoubliable pré culte page turner "j'appuierai le premier sur la gâchette" de Tristan Mercier à paraitre courant 2027.
Notez-le !
Arrivederci,
cio !
Aurélien Terrassier
19/07/2025 à 15:19
C'est bien pour toutes ces raisons légitimes de s'opposer à l'IA qui est une véritable menace pour les métiers de l'édition et de la littérature que ces écrivains doivent soutenir l'AFCIA pour avoir plus de crédibilité dans leurs convictions. https://youtu.be/T4GP7eYw4BI?feature=shared
TNK
19/07/2025 à 19:07
Soutenir l’AFCIA pour avoir plus de crédibilité ? Pourquoi pas aussi militer pour interdire les couteaux car on peut commettre un meurtre avec ? J’ai lu leur déclaration. L’AFCIA ne se contente pas de critiquer l’usage qu'elle juge abusif de l’IA ou de défendre le droit d’auteur. Non, elle réclame purement et simplement l’interdiction mondiale de la recherche en intelligence artificielle, et ce en faisant du lobbying... auprès du parlement français. Rien que ça. Comme si la France avait le pouvoir d'arrêter l'IA au niveau mondial. On sent que le réalisme n’était pas à l’ordre du jour lors de la fondation de cette association.
On croirait lire un manifeste pour l’interdiction du feu au paléolithique, au cas où ça dégénèrerait. Comme si on avait jamais vu un scientifique se faire obéir par une injonction parlementaire, surtout à l’échelle mondiale. Et comme si d’autres pays allaient se priver d’une technologie aussi puissante parce que nous, en France, avons décidé d'y renoncer au nom d'une prudence qui sera rapidement jugée comme une vaste blague.
Rêver de l’interdiction pure et simple de la recherche en IA, c’est se tirer une balle dans le futur. À force de vouloir bannir les outils, on oublie qu’il vaut mieux apprendre à s’en servir. Et ça, c’est vrai aussi pour les écrivains ;-)
Aurélien Terrassier
20/07/2025 à 08:06
L'`AFCIA mène un combat ́légitime comme les écologistes mènent ́de même contre le nucléaire, les méga bassines ou encore ́les pesticides. Avec les drones tueurs ́, les dérives des algorithmes vis-à-vis de ́la démocratie, les IA generatives menaçant les artistes et auteurs et pire encore, les drones tueurs, la reconnaissance faciale oui il faut dire stop avant que cela devient trop tard n'en déplaise à l'oligarchie réactionnaire qui minimise voir bien carrément les dérives dangereuses de l'IA. L'AFCIA ne fait pas de lobbyng contrairement à ceux dont vous relayer la pensée technolatre et réactionnaire.
Edco
20/07/2025 à 11:20
Du coup , parfois, on est réac ( = rétrograde, contre les innovations...) sans le savoir !!!!!
Et parfois, c ' est soutendu par de bons sentiments.....
Ah si seulement on pouvait écoper un bateau inondé avec une petite cuillère, ou éteindre la maison en feu avec un brumisateur ou se défendre contre une attaque de félins avec un lance- pierres !!!🙏...
Bon , mais c ' est bien de chercher à réaliser ses rêves 😉✊
Aurélien Terrassier
20/07/2025 à 14:53
Ce qui est réactionnaire oui c'est être technolatre et vouloir utiliser l'IA à tout prix avec toutes ses dérives. On le voit notamment avec Elon Musk. Je ne suis pas contre le progres mais quand celui-ci nuit à l'humanité et aux democraties, je ne pense pas que l'on
puisse appeler cela progres ou avancés technologiques!
Edco
20/07/2025 à 17:25
Ah la là ....on est tjs le réac de quelqu' un.... ( les IAdolâtres et les AFCIAphobes vous le diront..) et puis on n ' est pas tjs le plus ... objectif pour se juger soi-même.....
Aurélien Terrassier
21/07/2025 à 01:26
Avec cette confusion volontaire, je crains que vous ne connaissez mal le sujet. C'est surtout pour venir troller et ça serait un minimum honnête de l'avouer mais j'en doute un peu.
EDOUARD BRASEY
21/07/2025 à 09:59
On est toujours le troll de quelqu'un... Surtout lorsqu'on est aussi omniprésent dans les commentaires de ce site.
Aurélien Terrassier
21/07/2025 à 11:48
Vous êtes sans doute subtil mais avec moi ça ne marche pas. D'un vous ne parlez pas du sujet celui de l'IA, deux non je n'ai pas réponses à tout et je ne commente pas tous les articles d'Actualitte non plus. Donc "tous le troll de quelques-un", vous pouvez garder cela pour vous a bon entendeur!
gilbert delormeau
21/07/2025 à 13:57
C'est Yann Moix qu'on assassine !
Aurélien Terrassier
22/07/2025 à 12:14
Je ne sais pas ce que pense Yann Moix de l'IA en tout cas celle-ci ne menace pas les neo-reacs chroniqueurs de café du commerce chez Bollore dont il fait partie.
Edco
21/07/2025 à 11:10
Non, désolé.e de n' avoir pas ménagé votre susceptibilité.....C' est pas trôle......🫣 Ce n ' était qu ' une remarque généraliste....👋
Nouvelle Littérature Fictionnelle ©
20/07/2025 à 11:52
Personne ne s'interroge sur le type de Réplicant qu'est François Bayrou ?
On devrait s'inquiéter
ou en rire
c'est selon :))))))))))))))
#NLF #oklm #AvecMacronJePositive