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Librairie indépendante : “Combien de temps, avant que tout crame ?

Les conditions de travail au sein de la librairie indépendante : dans son blog Sodome et Gomorrhe (un lieu pour lire quand tout crame), Hugo Magnier apporte son propre témoignage sur le sujet. Ainsi que d’autres, de salariés, ex-salariés, ex-future patronne pour exposer « ce qui coince dans le modèle de la librairie indé et de ses aspirations ». Ses remarques sont ici reproduites dans leur intégralité.

Le 09/06/2025 à 16:36 par Auteur invité

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09/06/2025 à 16:36

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Librairie : l’indépendance n’est pas un totem d’immunité

La librairie indépendante est un des piliers de notre exception culturelle. Mais sa fétichisation, par les milieux bourgeois et par une grande partie de la gauche, dissimule la souffrance de ses travailleurs : stagiaires exploités, salariés pauvres et précarisés, isolement et violence sociale… Derrière l’image d’Épinal véhiculée par les patrons et leur syndicat (SLF – Syndicat de la Librairie Française) se dissimule un véritable champ de ruines social.

Librairie indé : le mur de la réalité

Le jour de mes 30 ans, j’ai signé dans une librairie indé. Sortant de périodes de chômage, de RSA et de CDD en grandes surfaces culturelles, signer dans une librairie indé réputée « de gauche », c’était un peu un rêve : la promesse de ne plus empiler du Zemmour en tête de gondole, promesse d’un rapport plus humain avec la clientèle et d’une approche plus engagée au livre et à la culture.

Bon, j’étais naïf : la réputation de gauche de ladite librairie était héritée des précédents propriétaires, mais plus du tout incarnée ; et si le Z m’a été épargné (être responsable du rayon a probablement joué un rôle), il n’est pas facile de crédibiliser un tout nouveau rayon féminisme quand le patron passe une part non négligeable de son temps à poster des blagues et commentaires sexistes entre deux éloges du dernier Houellebecq (ce qui fut l’objet de plusieurs plaintes de client·es royalement ignorées). Passé le déni des premières semaines, la désillusion était forte, et le malaise n’a fait que grandir.

La suite a été une descente aux enfers. Précarisé à 28 h/semaine au SMIC dans un CDI que je n’ai jamais eu l’occasion de signer (malgré mes nombreuses demandes), je vivais sous le seuil de pauvreté, je prenais peu de congés (on ne m’y a jamais encouragé), je me retrouvais de plus en plus seul en magasin, à devoir accepter de plus en plus de charges (j’étais responsable de plusieurs rayons, je gérais la communication, les réseaux sociaux, j’ai même réalisé leur logo).

Je soulevais parfois jusqu’à plus d’une demi-tonne de cartons de livres par semaine, ce qui m’a occasionné des douleurs insupportables aux genoux et au dos (j’ai appris que si je n’avais pas levé le pied, décision qui s’est changée plus tard en motif de licenciement sous l’expression « démotivation », je serai possiblement devenu handicapé), je ne comptais pas mes heures, j’ai fait du zèle par « engagement » et « passion », tout en pleurant tous les soirs d’épuisement et de mal-être.

J’ai même renoncé à un arrêt médical parce que je savais que la situation serait pire si je les « lâchais » pendant les fêtes. J’ai été broyé, isolé, accusé de tous les maux pour justifier mon départ, abandonné par une clientèle qui aime se croire de gauche, mais échoue à pratiquer ce qu’elle lit et ce qu’elle prêche.

ÉTUDE - Une étude annonce des années noires pour la librairie indépendante

La vérité, c’est que comme de nombreux libraires, je me suis fait avoir par une promesse creuse, l’indépendance, et par le fossé qui sépare ce qu’on y projette de ce qu’elle cache beaucoup trop souvent. 

Le vrai coût de l’indépendance

Dès le premier jour où j’ai évoqué mes conditions de travail sur les réseaux sociaux, j’ai reçu des messages. Ex-libraires, travailleurs précaires épuisés, muselés, stagiaires exploités, travailleurs aux corps abîmés au point parfois d’avoir aujourd’hui un handicap. Et si je ne nie pas qu’il existe de la souffrance au travail en dehors de la librairie indépendante, toustes témoignaient de leur désillusion, voire de leur dégoût pour un secteur présenté comme plus humain, engagé et solidaire, et qui s’avère souvent être le contraire.

Parce que la librairie indé, véritable miroir aux illusions, ne fonctionne bien souvent que grâce à l’exploitation de travailleurs précaires (rarement en CDI), de stagiaires (rarement rémunérés et souvent mineurs), voire par l’exploitation du travail gratuit de clients, amis, famille…

Un « constat amer » que me partage Max (les prénoms ont été modifiés) par message : « je bosse dans une librairie où il y a un turn-over très important. On a des périodes d’activités assez importantes où la boutique ne fonctionne que grâce à “l’embauche” de très jeunes professionnels du milieu, stagiaires, voire du tout venant. » De gauche l’indépendance ? Engagée l’indépendance ?

Max me décrit une situation que j’ai lue des dizaines de fois : très peu de CDD transformés en CDI, salariés constamment dans l’incertitude « sur des périodes qui durent parfois de longs mois. » Les conséquences d’un tel fonctionnement sont inévitables : « ça pèse aussi forcément sur les personnes déjà en poste qui passent leur temps à former sur le tas et à la va-vite des gens qui dans tous les cas ne restent pas. » Le pire, souvent, c’est le discours des patrons qui, comme dans ce cas, assument de pousser les gens à partir parce qu’ils « n’ont pas les moyens de faire évoluer les salaires ».

La toxicité de l’environnement de travail en librairie indé est aussi à regarder de plus près. Un salarié en librairie indé va souvent être seul ou au sein d’une équipe restreinte, dans un climat de fausse proximité avec ses patrons qui favorise l’exploitation, et en l’absence d’interlocuteurs (pas de syndicat, pas de représentants du personnel, pas de CE, rien, nada), favorise également le harcèlement.

Alice, embauchée en CDI pour remplacer une salariée qui s’en va « pour des problèmes de santé », en témoigne : « Tout le monde critiquait cette fille que j’allais remplacer, mais c’était pas cette fille le problème, ça je l’ai découvert trop tard. » Alice décrit un climat oppressant et irrespirable : « Ça s’est très mal passé avec la patronne. Non seulement je vivais chez elle, mais en plus elle était sur mon dos constamment, je faisais erreur sur erreur, j’étais en stress permanent. »

Finalement, elle est mise à la porte, mais trop tôt, donc sans chômage, sans logement, et doit compter sur la solidarité d’une amie pour être hébergée. Elle aussi fait le constat amer d’un élitisme et d’une « culture du mépris » au sein de la librairie indé qui justifierait tous les écarts : « j’ai beaucoup appris de cette expérience, notamment que les droits des salariés ne sont pas respectés, que tout le monde se laisse faire parce que c’est l’élite. (…) dans ce milieu, tout le monde la boucle ».

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Elle termine en répondant à ma décision de quitter le métier de libraire : « Tu n’es pas seul, bon nombre de personnes ne travaillent plus dans ce milieu à cause de ce genre de patrons. » Et de fait, de mon DUT dédié aux métiers du livre, dix ans après, je peux compter les libraires sur les doigts d’une seule main. 

Exploiter ou souffrir, le choix des indés

Les causes du mal ne sont pas seulement les petits patrons incompétents, mal ou peu formés, en reconversion « passion » après des années dans une banque, une compagnie d’assurance ou une agence immobilière. Les causes sont avant tout structurelles. L’éléphant au milieu de la pièce que tout le monde regarde sans se dire qu’il est problématique, c’est que la librairie indé n’est pas rentable.

À LIRE - Motivés et combattifs face à l'adversité : les libraires tournés vers l'avenir

En effet, la marge nette d’une librairie est environ de 1 % (c’est très très faible). Et si les patrons des librairies indés sont aussi maltraitants, c’est peut-être aussi qu’ils acceptent, au nom d’une passion, une souffrance au travail qui serait « un mal nécessaire ». Une souffrance, qu’ils choisissent d’endurer, mais aussi d’infliger à leurs salariés et à leurs stagiaires.

C’est ce que me témoigne Carole, qui me raconte avoir voulu ouvrir une librairie. « J’ai essayé de dresser un plan financier qui tienne la route. J’engageais une personne à mi-temps dans celui-ci parce que je ne voulais pas me retrouver à gérer tout toute seule, et du coup j’avais prévu un salaire décent pour cette personne. Résultat des courses, je ne pouvais pas me payer correctement ni la première ni celles d’après. » Une situation partagée par de nombreux petits libraires, qui ouvrent sans pouvoir se payer pendant parfois plusieurs années (ce qui soulève aussi une question : qui peut se le permettre ?).

Elle raconte en avoir discuté avec des libraires, « pour avoir un peu d’aide et de soutien pour ce projet (je pensais naïvement qu’avec le monde qui arrive, les libraires seraient solidaires). Je n’ai rencontré quasi que des gens drapés dans un truc de “c’est de la souffrance d’être libraire et c’est pas pour tout le monde, mais moi je tuerais pour le rester” ».

Une phrase qui fera réfléchir Carole. Au nom de quoi devrait-on accepter de ne pas être payé ? « Comment se peut-il d’investir de l’argent et du temps pour monter un truc sans pouvoir en vivre ? Comment est-ce normal qu’une librairie ne puisse être viable qu’en appauvrissant ses travailleurs ? » C’est donc ça, le choix des indés ? Exploiter ou se tuer à la tâche ? Mourir pour la cause ou déléguer une partie de sa souffrance à un travailleur précarisé (dans le meilleur des cas) ?

C’est d’ailleurs le sens de l’aveu hallucinant qui lui est fait : « Mais tu verras, les stagiaires c’est la vie si tu tombes sur un bon tu peux lui demander plein de trucs. » C’est inimaginable pour elle : « Je ne suis pas d’accord. Un·e stagiaire que je ne paie pas ou peu ne peut avoir la même responsabilité qu’un·e employé·e. » Ce constat sonne la fin de son projet : « J’ai été dégoûté et j’ai décidé que je ferai autre chose de mon amour des livres. (…) je refuse d’ouvrir une librairie si c’est pour exploiter des gens ou me niquer la santé, et je trouve dommage que ça semble être les deux seules possibilités… »

Et pourquoi ? Pourquoi le métier de libraire est à ce point vu comme une vocation, une mission culturelle, une passion pour laquelle il serait normal de sacrifier sa santé physique, mentale, sa vie de famille et sa vie sociale ? Vu d’ici, on ne semble pas si loin du syndrome de Stockholm : quand votre travail devient votre vie, quand vos clients deviennent vos amis, quand votre librairie devient quasiment votre maison, vous vous y accrochez de manière maladive parce que c’est tout ce qu’il vous reste de vie sociale et même parfois de vie de famille.

Vous ravalez vos larmes, vous faites un grand sourire, et derrière ce masque insupportable, vous conseillerez à vos clients de lire Le syndrome du patron de gauche (Arthur Brault-Moreau, éditions Hors d’Atteinte), comme si ça allait compenser la souffrance subie, et infligée.

Aucune thérapie ne soigne l’injustice, l’action politique, si

Depuis mon licenciement, je suis en colère. Régulièrement, on me conseille d’aller voir un psy. Comme si une pilule quotidienne et une bonne thérapie pouvaient soigner l’injustice et la précarité. Cette injonction à regarder en nous plutôt qu’à dénoncer la violence sociale et l’injustice vient souvent de gens qui ne les connaissent pas. Cette injonction est bienveillante, assénée avec un sourire compatissant, ce sourire de pitié que le bourgeois offre au pauvre pour lui montrer qu’il ne fera rien, mais qu’il est humain.

Alors aux anciens clients qui tomberaient ici bien par hasard : non, je ne vais pas me calmer. Parce que contrairement à vous, et même à ceux d’entre vous qui affichent leur engagement comme une identité, je préférerai toujours l’action politique aux paroles creuses. Je n’ai pas peur de brûler les ponts qui nous séparent parce que je sais que je me trouve du bon côté : celui de ceux qui souffrent au travail, asservi par un système que vous défendez tout en prétendant le combattre.

Et si, au lieu de se calmer, on changeait la librairie ? Et si le modèle tellement romantisé d’une librairie à soi était plus le reflet des illusions individualistes du capitalisme que la possibilité d’une alternative ? L’indépendance ne veut pas dire grand-chose si les deux piliers qui la soutiennent sont la précarité et la violence sociales. La romantisation de « ma p’tite librairie » a souvent la saveur douce-amère du Montmartre jaune sépia d’Amélie Poulain.

On aimerait y croire, à ce filtre un peu kitsch, mais à y regarder de plus près, ce qu’on aime nommer « refuge » ou « cocon » est en vérité un enfer de solitude. On ne peut construire l’alternative seul, mais une librairie s’ouvre rarement à deux : s’il est déjà difficile, même au bout d’un an, de se dégager un seul salaire, imaginer en sortir deux est un pari risqué.

Alors quoi, on abandonne ? Ou on essaye autrement ? On imagine d’autres lieux de vie, ouverts, un espace café, une fripe solidaire, un lieu associatif, un tiers lieu autogéré dans lequel la librairie serait intégrée ? Penser que dans un monde qui cherche à nous isoler, la réponse doit être, plus que jamais, le collectif et la solidarité. 

À LIRE - L'esprit du lieu reste le principal atout des librairies indépendantes

C’est ce qui me vient à l’idée quand Marie me parle du conflit qui sépare les patrons de la librairie dans laquelle elle travaille, et le reste de l’équipe, soudée et solidaire. Elle explique qu’elle est arrivée au moment où deux libraires de l’équipe reprenaient l’affaire aux anciens patrons : « je les ai vu changer peu à peu, passant d’anciens collègues très conscients de ce que c’est d’être en magasin, à des patrons assez fermés et incapables de se remettre en question. Plusieurs collègues sont partis suite à des situations très problématiques, qu’on appellerait probablement harcèlement si un syndicat se penchait dessus… et deux personnes — bientôt une troisième — en burn-out… Alors qu’il y a dix ans, c’était le paradis des libraires ! »

Tout y est : la hiérarchie qui corrompt et paralyse, des salariés rabaissés, isolés, réduits au départ ou au silence, mais aussi leur réelle solidarité. Est-ce qu’une gouvernance collective, par les salariés eux-mêmes, ne serait pas plus éthique et efficace ? En finir avec le complexe du patron incompétent et ses décisions hors-sol et absurdes. Que les salariés possèdent enfin leur outil de travail, pour en finir avec le sentiment de dépossession injuste que l’on peut ressentir quand on nous pousse dehors : le sentiment que le travail accompli n’a aucune valeur, que ce qu’on laisse derrière nous nous aura été volé, sentiment d’avoir été exploité, essoré, puis jeté comme une éponge aux ordures.

Cette souffrance, nous sommes nombreux•ses à l’avoir vécue. La souffrance, au nom de l’indépendance. La précarité, au nom de l’indépendance. La violence, au nom de l’indépendance. La santé ravagée, au nom de l’indépendance. Combien de temps laisserons-nous ce champ de ruines être dissimulé derrière l’image d’Épinal de la librairie indé ? Combien de temps allons-nous laisser ces gens confisquer l’alternative pour y faire perdurer les illusions capitalistes et la violence qu’elles génèrent ? Combien de temps allez-vous fermer les yeux sur notre souffrance, pour ensuite défiler le 1er mai au nom de la justice sociale ?

Combien de temps, avant que tout crame ?

Crédits illustrations : Sam Nimitz, CC BY NC ND 2.0 - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

Par Auteur invité
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75 Commentaires

 

Georges Etienne herbebleue

09/06/2025 à 18:00

A quand une librairie indépendante autogérée ?
Merci pour ce témoignage. Il est temps que la gauche sorte de son élitisme culturel et réinvente une vraie culture populaire pour tous !

Dick Heinz

10/06/2025 à 06:06

C'est ainsi. La gauche déçoit toujours.
De grandes espérances, mais en réalité, une bleak house !

Et vous êtes tellement de gauche ! Et comme tous les gens de gauche, vous êtes profondément insatisfait. Sempiternellement en colère. Mon conseil : pour retrouver la quiétude, virez à droite.

Regardez Zemmour. Bien que désolé par l'immigration et l'insecurité, deux préoccupations majeures pour l'homme de droite, plus encore que le capitalisme pour le gauchiste, il est la bonne humeur incarnée. Il rit et reste optimiste !

Un dernier conseil. Oubliez le collectif. Une chimère, un miroir aux alouettes. L'enfer, c'est les autres. Vive l'individualisme. N'attendez rien des autres, ni du groupe, vous ne serez jamais déçu.

"Tu dois devenir l'homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même." (Nietzsche)

Etienne Normand

10/06/2025 à 23:33

Tiens, il n'y a pas que la gauche moderne qui soit très fière de déblatérer des simplicités d'esprit, reposant sur des postulats creux. Vous devriez être coach de vie pour CSP+ paumés, consultant pour grosses entreprises en berne ou conseillé pour gouvernements à la dérive.

Puis Nietzsche est un poncif littéraire des fans de développement personnel et de sociétés qui s'effondrent. Rochedy a épuisé la plupart des citations. Il serait temps de se trouver une nouvelle marotte philosophique ? Creusez dans Les quatre accords toltèques de Miguel Ruiz, Réfléchissez et devenez riche de Napoléon Hill ou Les 48 lois du pouvoir de Robert Green !

Maintenant, pourquoi incarner le stéréotype à la mode chez la droite brut de pomme ? L'individualiste bas de plafond qu'est le libertarien. Ce nouveau parangon d'une droite peu regardante sur les moyens concrets dont une idée a besoin pour se formaliser, mais fascinée par l'idée de produire vite et en grosse quantité. Eternel atome flottant dans le grand vide social de l'existence, s'auto-construisant selon sa volonté propre, se définissant lui-même, réussissant seul et perdant seul. Comme quoi, la droite n'est pas aussi imperméable aux bouffées délirantes en matière d'utopies. Surtout lorsqu'il s'agit de se remplir les poches sans foutre grand chose.
Ainsi est la droite, paresseuse mais toujours avide.

Plus sérieusement, se revendiquer de droite pour échapper à la souffrance au travail. C'est comique. Ce salarié vous parle d'un problème inhérent à l'entreprise, à la manière dont son patron gère ses employés, et vous lui conseillez de changer d'état d'esprit... Vous devriez relire la fin de 1984 d'Orwell.
A part germer du cerveau d'un col blanc, assez bien payé pour ne pas la ramener, je ne vois pas comment cette fantaisie peut naître dans celui de quelqu'un qui bosse sur le terrain.
Mais vous avez parfaitement raison Dick Heinz, autant ne pas trop se poser de question sur la façon dont fonctionne ce qui vous entoure, et manger tranquillement et solitairement sa petite tartine de merde. Votre confort financier et matériel vous incite probablement à mâcher en silence. Alors mâchez, mais évitez de donner des conseils. C'est de pertinence dont cette personne a besoin. Non de conseils générés par ChatGPT.

Voyez, c'est comme Zemmour. C'est assez triste finalement ce qui lui est arrivé.
Il a incarné l'espérance de la droite bourgeoise l'espace d'une présidentielle; là où Le Pen a continué de cristalliser les votes de la droite prolétarienne. Suivi médiatiquement, porté par Marion Maréchal, Charles Gaves et Philippe De Villiers; il a probablement cru à sa traversée du Louvre.
Puis la reconquête a fait "prout". Ohé, ohé, capitaine abandonné. Et le voilà lâché par sa propre famille politique. Rideau sur cet épiphénomène politique et médiatique.
Alors effectivement, vu comment son propre camp l'a plumé et abandonné après son échec, il a plutôt intérêt à être un solide bout en train, d'en rire et d'être optimiste !

Un dernier conseil. Sortez vous la tête du cul, il y fait sombre. Sortez du long couloir étroit. Sortez dehors. La lumière fuse. Lorsque l'on est assez engageant et sociable, les gens sont plutôt réceptifs et sympas dans l'ensemble. Discutez avec eux, interrogez-les sur leurs idées et opinions, pointez leurs contradictions. Demandez-vous ce qu'ils font comme travail, ce qu'ils consomment et dans quels commerces, par quelles activités ils meublent leur temps libre, ce que contient leur frigo, ce qu'ils regardent comme émissions à la télé ou écoutent comme podcasts sur internet. Demandez-vous dans quels sports ils s'épuisent et ce qu'ils lisent le soir. Tentez de comprendre les logiques qui sous-tendent leurs actes et leurs opinions (sans pour autant y adhérer), à quelles croyances et valeurs ils adhèrent et émettez des hypothèses sur ce qui les a amené à penser ainsi. Voyez comment certaines personnes diffèrent économiquement, culturellement, socialement et politiquement. Comment des comptes en banque et des éducations différentes, induisent des personnes qui parlent la même langue mais ne se comprennent pas. Vous y verrez là des intérêts divergents qui génèrent des conflits. Ami, cela s'appelle "classes sociales". En des termes plus compréhensibles pour vous, sortez de votre zone de confort.

"Pour savoir s'il va y avoir du vent, il faut mettre son doigt dans le cul du coq" (Kadoc)
Mais gare au doigt qui pue !

Dick Heinz

11/06/2025 à 12:29

Trop long. Vous manquez de cohérence. Vous pensez parler à un neuneu et au lieu de phrases simples et de jugements à la Terrassier, vous donnez dans le dithyrambe.
Osez le raccourci, le simple et le binaire, en accord avec votre pensée.

Etienne Normand

11/06/2025 à 19:28

Relisez lentement, ça devrait infuser. Ca vous changera de vos mantras inspirationnels aimantés sur votre frigo.

Dude

12/06/2025 à 22:01

C'est un luxe aujourd'hui de pouvoir relire lentement un post délirant et incohérent. Comme dirait Lucchini "J’aimerais être de gauche mais ça demande tellement de qualités humaines" et "beaucoup de temp à perdre, j'ajoute.

adnstep

12/06/2025 à 11:33

Vous venez de confirmer : les gauchistes ne sont jamais content et se font des aigreurs d'estomac. Y'a pire sans la vie.

Etienne Normand

12/06/2025 à 19:35

C'est ce que j'aime chez vous Adnstep, vos interventions apportent toujours du grain à moudre. Attention, cerveau en éruption !

adnstep

13/06/2025 à 16:33

C'est mon esprit de synthèse. L'analyse fut rapide, je le reconnais.

Joe Chip

10/06/2025 à 07:08

L'idée qu'en bout de chaine d'un système industriel de production et de distribution de produits de grande consommation quasi-fongibles tels que les livres actuels, puisse exister une myriade de petis acteurs autogérés et indépendants, minuscules et pourtant assez forts pour extraire une marge les faisant vivre, est une utopie rafraîchissante -- à 20 ans. Chez un trentenaire expérimenté, c'est vraiment trop naïf.

seingelt

10/06/2025 à 08:11

Et pourquoi c'est pas rentable ? Car tous vos revenus sont bouffés par L'URSSAF, et autres taxes et dimes étatiques, il faut bien que votre État Social et Distributif anti inégalitaire de Gauche vous spolie et nourrisse vos bourgeois de gauche à l'abri derrière leur moraline : vous êtes doublement les dindons de la farce : votre romantisme culturel est le levier par lequel ils vous exploitent

Etienne Normand

11/06/2025 à 13:52

Rangez cette tronçonneuse, Mileil !
La mauvaise santé des entreprises ne se résument pas à l'Etat et ses ponctions de vampire.
D'autres facteurs structurels ou non, rendent ce commerce peu rentable :

- le caractère non essentiel de la lecture, au-delà de ce que peut défendre le milieu culturel. Des français vivent sans lire quotidiennement des livres, et si ils ne vivent pas mieux, ils vivent tout de même.

- les remises, fixées par les éditeurs, sont peu souvent revalorisées. Particulièrement chez les gros groupes éditoriaux comme Madrigall (Gallimard, Folio, Flammarion, Casterman...), Hachette (Grasset, Fayard, Stock...), MDS (Le Seuil, Point, Dargaud...) ou Editis (Perrin, Plon, La Découverte...).

- dans une société de consommation et de divertissement, les offres sont nombreuses, et la lecture entre en concurrence avec d'autres moyens de divertissement (télévision, cinéma, plateformes de séries, internet, scrolling, jeux vidéos, expositions, jeux de société...). D'autant plus que la lecture est un divertissement qui demande des efforts de compréhension et de concentration, contrairement aux écrans.

- la librairie indépendante (soit une librairie dont le capital est détenu par un ou plusieurs particuliers) est en concurrence avec de nombreux autres points de vente physiques (autres librairies indépendantes, librairies d'occasion, librairies détenues par des maisons d'édition, Fnac, Cultura, Centre Culturel Leclerc) et virtuels (Amazon).
Les plus grosses (Fnac, Cultura, Centre Culturel Leclerc, Amazon) se sont imposées par une présence publicitaire régulière, par une offre à plus forte marge (électroménager, multimédia...) qui porte la faible marge des produits culturels (livres, CD, DVD...), par des moyens financiers qui leurs permettent de proposer une offre éditoriale plus conséquentes, par un choix éditorial tourné vers des ouvrages à forte rotation (car médiatiquement porté par la presse/blogs/comptes spécialisés) dont les petits éditeurs sont exclus (jusqu'à percer dans ces médias), par de la main d'oeuvre corvéable et mobilisable selon besoins, leurs permettant d'assurer des délais de livraison imbattable.

- consommateurs dépolitisés, indifférents à ce qui se passe autour d'eux, peu soucieux de ce qu'ils consomment, et ayant de hautes attentes pour le peu d'efforts qu'ils fournissent.
Consommateurs qui se soucient peu de la façon dont ce qu'ils consomment est produit, où ce qu'ils consomment est produit, quels sont les conditions de travail des lieux où ces biens sont produits, quelles ressources ont été mobilisées pour cette production, si les distributeurs de ces produits rémunèrent bien leurs producteurs... Des consommateurs, de moins en moins prompts à faire des efforts physiques et intellectuels pour mieux consommer.
Ou en tout cas consommer dans des commerces qui participent à la dynamique économique de leur ville/village et contribuent à faire vivre des particuliers. Cela se traduit, par exemple, par un abandon des commerces de proximité au profit des grandes surfaces, accessibles en voiture, parce que consommer ainsi leur demande moins d'efforts et leur évite de "se prendre la tête".
Consommer via Amazon émane de cette même logique : rester chez soi, minimiser son effort physique, jouir sans efforts de sa commande plutôt que de se déplacer dans la librairie indépendante la plus proche de chez soi (faut-il encore faire l'effort de rechercher sur internet si il en existe une proche de chez soi). Des consommateurs qui, éduqués à l'immédiat, refusent d'attendre deux à trois jours un livre, parce qu'ils veulent l'avoir immédiatement.

- un mauvais emplacement commercial : dans une ville dont l'attractivité économique et les profils sociaux des lecteurs réguliers est faible; ou dans une artère peu, voir pas commerçante. Ou les deux.

- une offre éditoriale proposée par le libraire qui ne correspond pas aux attentes éditoriales de la clientèle.

- une librairie indépendante peut être intimidante lorsque l'on n'a pas l'habitude de s'y rendre.
Par manque de moyens financiers, elles se situent généralement dans des espaces étroits, où la proximité avec le libraire est immédiate. Cette proximité peu déranger et générer de l'inconfort auprès de la clientèle. D'autant plus que les libraires sont parfois peu avenants, étant des personnes timides et névrosés, et ces lieux silencieux, accentuant la pesanteur du lieu.

- la timidité des clients et la peur d'être jugé incitent certains clients à préférer des lieux plus grands, où le choix est plus vaste et le risque de croiser un libraire est moindre.

- un métier chronophage dont la gestion quotidienne de la boutique (réception des colis, rangement des livres, traitement des commandes clients par mails et téléphone, commandes auprès des petits éditeurs, traitement des commandes collectivité (devis, facturation, livraison), traitement des factures fournisseurs, rédaction de notules, réalisation de tables et de vitrines thématiques, conseils aux clients, animation de la page Facebook et Instagram, organisation et préparation d'événements...) empêche souvent le gérant de se pencher sur des stratégies d'optimisation.

Et probablement d'autres facteurs que j'oublie, mais liste non-exhaustive à compléter par d'autres...

seingelt

11/06/2025 à 14:24

tout ce que vous dites est vrai, et n'importe quel business a ce genre de problème à résoudre : imaginez vos taxes et impôts réduits de 20% à 30% et tous ces obstacles deviennent bénins : a piece of cake dear, fácil mi amigo
conclusion : afuera, e viva la libertad estupido

tom

11/06/2025 à 18:09

Bof, l'Etat coûte moins cher que mon propriétaire. Quand les loyers commerciaux seront moins cons, les libraires seront moins pauvres.

adnstep

12/06/2025 à 11:45

Si votre proprio payait moins d'impôts, votre loyer ne serait pas aussi élevé.

Le socialisme s'arrête quand les autres n'ont plus d'argent. On y arrive.

Etienne Normand

12/06/2025 à 19:46

C'est vrai que l'on oublie souvent l'humanisme du propriétaire qui met son bien en location.
Rien à voir avec une envie de se faire une gratte sans foutre grand chose.
Ah oui c'est vrai... Il "prend des risques".

Définissez-moi "gauchiste" et "socialiste". J'ai comme l'impression que vous utilisez des mots que vous peinez à comprendre, mais qui sont assez pratiques pour ne pas creuser plus loin. Remarquez, c'est de bonne guerre. "Fasciste" et "extrême-droite" ne sont pas plus définis par la gauche.

adnstep

13/06/2025 à 16:39

"Sans foutre grand chose".
La profondeur de l'analyse le dispute à sa perspicacité.
Demandez-vous pourquoi les investisseurs ont fui le marché ces dernières années. Et donc pourquoi les locataires sont dans la panade. Car lorsque les investisseurs disparaissent, ce sont les locataires qui trinquent.

NB : vous auriez pu écrire "sans risquer grand chose", l'analyse aurait été tout aussi fausse.

https://batijournal.com/index.php/crise-du-logement-les-investisseurs-particuliers-ont-quasiment-disparu/111825/#:~:text=Crise%20du%20logement%20%3A%20les%20investisseurs%20particuliers%20ont%20quasiment%20disparu,-19%20Mai%202025&text=Les%20chiffres%20du%201er%20trimestre,immobiliers%20annonce%20depuis%20plusieurs%20mois.

Etienne Normand

15/06/2025 à 23:28

"C'est mon esprit de synthèse. L'analyse fut rapide, je le reconnais."

Etienne Normand

15/06/2025 à 23:43

"[...]effondrement historique de l’investissement locatif neuf, avec une chute de 41,1 % des ventes aux investisseurs particuliers en ce début 2025. Les ventes aux propriétaires occupants progressent légèrement (+9,8 %)"

Tiens, tiens... Y aurait-il un lien entre hausse des propriétaires occupants (soit anciens locataires devenant propriétaires) et diminution de la prédation locative ? Huum... à creuser, Sherlock !

Resteront ceux qui ne gagneront jamais assez pour devenir propriétaires de leurs propres logements. Eternels tondus.

Ladigestiondumonde

10/06/2025 à 08:12

J'ai travaillé dans la librairie de 2009 à 2017 et cet article me parle beaucoup et me rassure (sur mon cas) autant qu'il m'inquiète (sur cette réalité en général). J'en ai eu marre de galérer d'intérim sur les salons du livre, où tu travailles pendant des années comme professionnel et tout à coup on t'apprend que tu seras bénévole, les fêtes où l'on attend de toi que tu places la carte de fidélité plutôt que de savoir tes goûts littéraires, etc. (Je ne vais pas réécrire à mon goût l'article). J'ai aussi travaillé en parallèle dans l'édition et le constat n'est pas beaucoup plus rose.
Alors que j'avais abandonné toute envie de travailler dans le milieu du livre et craignais de finir par me dégoûter de la littérature, j'ai réussi à aller en bibliothèque et à devenir fonctionnaire (en C, c'est-à-dire au SMIC, pas besoin de concours). Attention, le constat est assez proche : hiérarchie rigide et complètement fanée, incompétence à toute vapeur, soi-disant métier passion qui justifie des horaires parfois pénibles et travail d'un cadre (car, tu comprends, toi tu as fait des études hein !) au salaire d'un prolo, peu de perspectives de monter (concours coupés des réalités du terrain, longs à préparés, artificiellement rendus plus durs en fonction des besoins et évolution au bon vouloir même en cas de réussite), etc. Par contre, la possibilité de ne pas me virer est clairement se qui me fait rester, mais avec le degré d'investissement le plus bas. Et mon amour de la littérature, je le garde pour mon temps libre.

Maille T.

10/06/2025 à 11:45

La littérature, c'est comme l'art culinaire.
Il faut rester dans la salle. Et ne jamais mettre les pieds dans la cuisine. C'est pas ragoûtant.

Ladigestiondumonde

10/06/2025 à 12:33

Comme tous les métiers un peu créatifs, on va justifier énormément de violence envers les gens qui y travaillent (coucou le cinéma, le théâtre, la mode, la cuisine effectivement) au nom d'un soi-disant génie qui justifierait tout et n'importe quoi et glorifier la fin qui justifie tout moyen.

Igorovitch

10/06/2025 à 16:00

Jean de la Fontaine,
le loup et le chien.
Libre de droit sur internet.

Les métiers passions coûtent le prix d'une vie
Ceux qui survivent ou réussissent diront qu'il ils ne l'ont pas fait pour l'argent .Ils auront contribué ,même de façon maigre, au financement de la solidarité nationale à disposition des poètes ou philosophes gardiens d'ideal ... Nombreux sont ceux qui dans nombre d'activités peuvent se reconnaître en vous.

yoyo

17/06/2025 à 08:53

Dans l'inconscient collectif être de Gauche ça veut dire accepter d'être mal payé de faire du bénévolat dans une entreprise dite de gauche où a priori personne ne fait son beurre. Avoir un emploi au SMIC c'est considéré tout de même comme un emploi un minimum vital. En ce moment comme nous sommes en crise nous connaissons une grave crise économique c'est déjà bien beau d'avoir le SMIC tout le secteur des PME est touché. C'est ça le partage du travail à l'heure actuelle. Nous perdons toutes nos conquêtes sociales et nous devenons esclaves comme des chinois. Il faut continuer à enrichir nos milliardaires hein, les pauvres !

C'est très drôle

17/06/2025 à 09:39

"Dans l'inconscient collectif être de Gauche ça veut dire accepter d'être mal payé de faire du bénévolat dans une entreprise dite de gauche où a priori personne ne fait son beurre"

C'est très drôle, parce que dans l'inconscient collectif, j'aurais dit qu'être de Droite, c'est accepter de travailler dans une entreprise droitière vendeuse de livres PQ que personne ne lit, parce que le but c'est de jouer à fond la carte de la culpabilité et de l'achat compulsif qui soulage le stress, pour faire son beurre.

Luna

10/06/2025 à 09:21

Un article de faciès où il faudrait souligner d'abord ce que Amazon fait subir aux libraires

Amazon contourne l’impôt
Amazon détruit plus d’emplois qu’il n’en crée
Amazon organise une concurrence déloyale
Amazon contribue à la dévitalisation des territoires
Amazon nuit à l’environnement (multiplication des livraisons unitaires, surconsommation, artificialisation des sols)
Amazon échappe à de nombreuses contraintes et taxes qui pèsent sur les commerces physiques (assujettissement aux CDAC, moratoire sur les implantations, Tascom…)
Amazon s’oppose à la création de syndicats
Amazon combat le prix unique du livre

En France, les libraires sont, à eux seuls, aussi nombreux que l’ensemble des employés d’Amazon. À chiffre d’affaires comparable, notre profession génère 9 fois plus d’emplois que cette multinationale. L’emploi, c’est en librairie et dans les commerces physiques, pas sur Amazon !

Prétendre qu’Amazon contribue au développement de l’emploi en France est un leurre. Nous rappelons au président de la République qu’Amazon vient de licencier 18.000 de ses employés. Et ça n’est qu’un début puisqu’il est le leader mondial de la robotisation industrielle conduisant à une automatisation à marche forcée de ses entrepôts au détriment des emplois. Pour chaque emploi créé par Amazon, combien sont détruits dans les autres filières ? Les liquidations récentes de plusieurs chaînes du commerce non alimentaire devraient faire prendre conscience que le développement de tels empires en ligne nuit, à terme, à l’emploi et non l’inverse.

https://actualitte.com/article/110556/tribunes/honorer-amazon-une-offense-a-notre-travail-et-a-nos-engagements

Tirole Power

10/06/2025 à 12:03

Trop fastoche. Et typique de la gauche.
Vous allez mal ? C'est la faute des autres ! Forcément. La société de consommation, le capitalisme, le système, Amazon...
En passant, si Amazon fait le même CA avec 9 fois moins de salariés (ce qui est sans doute faux, Amazon n'étant pas qu'un libraire), il ne faut pas chercher à abattre Amazon, il faut vous demander quelle est votre espérance de vie.
Car on n'a jamais vu le taux de productivité revenir en arrière.
Ce qui est regrettable, c'est que l'environnement économico-financier français ou européen est infoutu de générer des Amazon, et qu'il en est réduit à tenter de lui couper les ailes.
Pourquoi croyez-vous que Amazon (ou Apple ou...) s'établisse au Luxembourg (ou à Jersey ou...) ? Parce que notre système fiscal - que le monde entier ne nous envie pas - est hyper dissuassif. Trop d'impôt tue l'impôt, disait Chirac. Les économistes appellent ça Courbe de Laffer.
Voilà entre autres pourquoi, cette année encore, Bercy nous fera les poches à tous.

adnstep

12/06/2025 à 11:43

Il y a quelques décennies, les régions d'Irlande étaient parmis les plus pauvres d'Europe.

Aujourd'hui, deux régions irlandaises sont parmis les plus riches d'Europe.

Entre-temps : un taux d'imposition des entreprises à 12%, attirant tous les géants mondiaux.

PHOEIS

10/06/2025 à 09:31

Je suis atterrée en découvrant ce témoignage plein de souffrance et de colère, pour moi c'est comme si l'on découvrait les dessous noircis d'un iceberg joliment scintillant.
Je serais vraiment curieuse, si d'autres libraires lisaient cette page, de savoir s'ils portent des expériences différentes.
En tant qu'éditrice, et ayant nouvellement créé ma maison, ma première grande, immense interrogation concerne la manière dont chaque acteur de la chaîne du livre parvient à être rentable, cela me paraît tellement difficile quand on regarde le modèle en vigueur. Et depuis pas mal de temps, en lisant des articles sur la "rentabilité négative" des librairies, je me demande comment, d'une part, on peut affirmer une chose pareille (un tel euphémisme pour dire qu'il s'agit d'un commerce toujours au bord de la faillite !), et d'autre part comment les libraires parviennent à vivre et à être motivés avec des conditions économiques si précaires.
Je m'interroge de même sur le système de distribution qui fait que les grandes comme les petites maisons paient les mêmes pourcentages de commission, alors que les tirages sont incomparables ! Le système est vraiment impossible à tous les étages.
Je suis émue par votre témoignage et je ne regarderai plus les librairies du même oeil, même si je n'étais pas naïve non plus, mais en vous lisant, je suis tout bonnement atterrée...
Si des libraires optimistes passent par là, n'hésitez pas, cela serait intéressant de comparer les expériences !

L

10/06/2025 à 11:31

J'ai toujours été en indé, et une de mes pires expériences (harcèlement, précarité etc) était dans une grande librairie indé très réputé
Maintenant je suis dans une petite structure avec de vrais valeurs de gauche et d'engagement et je ne changerai pour rien au monde
Mais oui certain.e.s gérant.e.s sont des patrons et managers déplorablent qui exploite sans vergogne leurs salarié.e.s ! Il est temps que les employé.e.s soient enfin écouté et respecté.

Comme dit l'autre...

10/06/2025 à 12:17

Les vraies valeurs de gauche sont en Suisse ! 😄

Ladigestiondumonde

10/06/2025 à 12:49

La personne dans l'article parle d'élitisme et j'ai tout de suite compris à quoi elle faisait référence. Moi j'ai toujours appelé ça la pseudo-noblesse et c'est ce qui a fini par me faire partir. En gros, cette espèce de fierté à bien morfler et à faire subir à ceux qui arrivent ce qu'on a soi-même connu en arrivant, ce petit sentiment constant de supériorité vis-à-vis de la masse. Mais bon ce qu'on accepte à 20 ans, à 30 puis à 40...

LLP

11/06/2025 à 11:49

Merci de votre témoignage,
Je me retrouve beaucoup dans cet article en étant seul à gérer ma librairie depuis bientôt quatre ans. Et en effet, en plus d’être le lieu d’échanges, de passages, de découvertes et d’interactions que j’apprécie grandement, c’est également un commerce qui ́s'inscrit dans une chaîne compliquée. Qui dit commerce, dit plan d’affaire, zone de chalandise, gestion de stock, taux de rotations, etc... autant d’éléments parmi d’autres qui influent sur le CA de l’entreprise et qui ne se gèrent pas par magie ou en y allant au talent...ça s’apprend. Cela dit, la librairie s’inscrit également dans la chaîne du livre aux multiples acteurs, et il serait bon de refaire un point sur la distribution des "richesses" aux différents maillons de la chaîne (auteurices, éditions, distribution, etc...) en prenant en compte les besoins pour la redéfinir. Certaines actions ont déjà été prises comme le réhaussement des remises de bases de certains distributeurs, mais ça n’a pas été suivie par quelques "gros" qui pourraient prendre exemple.
En gros, il serait temps de lancer une sérieuse mise à jour du système !!!

MiPOc

10/06/2025 à 11:41

Comme écrivait Léo Malet (qui en était), si on n'est pas anarchiste à 20 ans, c'est qu'on a pas de cœur ; si on l'est encore à 40, c'est qu'on n'a pas de tête.

R. Hobbes-Pier

10/06/2025 à 12:30

"Combien de temps, avant que tout crame ?"
Appel à l'insurrection ?
Comme dit Alain Bauer : les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire...

libraireX

11/06/2025 à 16:45

quand on a pas d'arguments pour discuter du fond on utilise vite des mots qu'on ne maitrise pas.
j'espère que vous ne considérez pas de gauche, mais avec du Bauer dans la bouche j'en doute.

Combien de temps avant que tout crame ?

12/06/2025 à 09:34

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adnstep

12/06/2025 à 11:47

Il y a beaucoup de Français qui n'attendent que ça. Le nombre d'inscrits dans les clubs de tir a très fortement augmenté depuis quelques années.

Je ne suis pas sûr que leur priorité soit de sauver les librairies indépendantes de gauche.

P. Acotille

13/06/2025 à 05:04

C'est ce que disent tous les révolutionnaires :
- la Révolution est inéluctable !
Mais elle ne serait pas inéluctable s'ils n'avaient pas pensé que la révolution était inéluctable et bâti les conditions pour qu'elle devienne inéluctable.
Si on peut qualifier de révolution ce qui n'est au fond qu'une solide appétence pour la violence du chaos.

rez

10/06/2025 à 14:03

mais pourquoi on parle de indépendance? indépendance de quoi? une librairie c'est un commerce donc il est dépendant du système capitaliste. Il n'y a absolument rien d'indépendant là bas.

assumons cela pour sortir un peu du carcan de mots et à partir de là réagissons. Mais on sait que tout passera pour changer le territoire pour épargner les librairies des ravages capitalistes du besoin de rentabilité. Il faut repenser le modèle de la librairie comme coopérative transparente et ouverte mais aussi reconnue comme d'importance capitale par les différents acteurs du territoire. qui l'aideraient à ne pas être si dépendante. que les librairies aient les mêmes contraintes que les immobilières, les banques et les conciergeries aibnb est monstrueux.

Mon dieu !

10/06/2025 à 15:42

Et si d'aventure, la librairie prenait son indépendance des lois éternelles du commerce, elle deviendrait dépendante de quoi ?

Etienne Normand

11/06/2025 à 19:22

Des impôts, cela s'appelle une bibliothèque !

Édifiant

12/06/2025 à 09:42

Donc :
Plus d'impôts et la mort des librairies ! (puisqu'une bibliothèque prête des livres mais ne les vend pas)

Merci. Vous venez de démontrer par l'absurde que la librairie ne peut s'affranchir des lois éternelles du commerce. Et par la même occaz l'inanité des propos de Rez.

Etienne Normand

12/06/2025 à 20:23

J'ai le cerveau lent, je ne vous suis pas.

Une librairie indépendante est une librairie dont le capital appartient à un ou plusieurs particuliers. Contrairement à certaines librairies comme La librairie de Paris, Le Divan, Le Divan perché, La librairie Kléber, La librairie de la Presque île, Delamain et La Halle du livre, qui appartiennent toutes à la maison d'édition Gallimard.

Dire qu'une librairie est indépendante, c'est préciser que son capital appartient à un particulier qui finance son commerce de sa poche. Non qu'elle soit anticapitaliste (bien qu'on y trouve souvent des livres contre le Capital). Quel commerce peut se dire "anticapitaliste" ?

La librairie, indépendante ou non, est capitaliste. Elle a juste moins de fond que les grandes surfaces culturelles ou les librairies qui appartiennent à des maisons d'édition. N'en déplaise à monsieur Poutou.

Encore une fois, une librairie un commerce. Au même titre qu'une boulangerie ou une boucherie de proximité. Mais à part ceux qui souhaitent uniquement la voir comme un "acteur culturel de proximité, lieu de vie, d’échange, d’éducation populaire, d’accès à la lecture, qui favorisent le débat d’idées et le développement de la pensée critique"; qui en doutait ?

Qui en doutait ?

13/06/2025 à 04:37

... Rez !
A part ça, on est d'accord. Une librairie, c'est un commerce.

Dude

10/06/2025 à 18:35

Un employeur de gauche est un employeur comme un autre, hypocrisie en plus

Eve Hident

11/06/2025 à 12:32

Exact. Sinon, il met vite la clé sous la porte !

Sophie Le Goffre

10/06/2025 à 19:17

Ce que vous ne changerez JAMAIS dans le métier de Libraire, c'est de porter des cartons !
Bien des choses ont évolué dans ce métier mais vous pourrez faire tout ce que vous voulez, vous porterez des cartons.
Les Offices, les retours, les livres commandés etc..... seront toujours la principale tâche du Libraire. J'espère que tout ceux qui rêvent de ce métier se le mettront bien dans la tête !
Je n'ai JAMAIS lu un livre dans les murs de la boutique, même pas Livres-Hebdo !
L'image d'Epinal, elle est là !

Luna

10/06/2025 à 19:34

Un métier dont on peut être fier, peu importe les colporteurs !

CapitaineCactus

11/06/2025 à 14:32

Libraire à Paris en librairie indépendante, tous ces dysfonctionnements sont réels et tristement justes.

Pigranelle

12/06/2025 à 11:28

Les libraires indépendants se vivent comme des acteurs culturels et sociaux avant de se voir comme un commerce: ils veulent faire des animations et montrer leur vocation avant de faire vendre. Sauf que le modèle économique choisi est bien souvent un modèle entrepreneurial. Si la vocation est culturelle et sociale il faut monter une librairie ou une bibliothèque associative, pas un commerce, et là on peut fonctionner avec des bénévoles en toute transparence et pas de manière cachée en faisant faire des heures sup non payées. Sauf que dans un modèle associatif il y a une gestion collective et ça peu de libraires indé sont prêts à l'accepter...

Dude

12/06/2025 à 17:42

Les libraires qui blacklistent les auteurs qui froissent leur idéologie creusent leur propre tombe. Un libraire qui affiche ostensiblement ses idées de gauche et qui vient m'expliquer qu'il boycotte les auteurs du Groupe Bolloré, alors qu'il expose sans honte le petit livre rouge de Mao et les écrits de Mélenchon, je boycotte. Raison pour laquelle j'achète maintenant sur Amazon, ça m'évite de perdre du temps à discuter avec des idiots.

ladigestiondumonde

12/06/2025 à 17:52

Eh beh... Les commentaires de droitards sur ce post, c'est un concept. J'ai sorti le pop-corn depuis longtemps.

Desole

13/06/2025 à 05:24

Désolé de troubler votre quiétude et votre entre-soi !
Mais il est difficile de rester de marbre quand quelqu'un qui a bénéficié du chômage et du RSA, donc de l'argent des autres vient nous faire la morale, nous donne l'impression de découvrir le monde du travail et s'étonne de la duplicité de la gauche intellectuelle.
Et cerise sur le gâteau, qu'il est persuadé de détenir la vérité.

Itou

13/06/2025 à 05:16

Moi aussi, je boycotte. Enfin je boycotterai si je pouvais, vu que comme j'habite à la campagne, venir en librairie, en ville, c'est la galère !
Et puis le gvt nous le dit bien : limitez vos déplacements en voiture, c'est bon pour la planète.
Donc c'est le livre qui vient à moi.
Merci Amazon !

Toto74

13/06/2025 à 12:14

Les libraires se plaignent du grand méchant loup Amazon (au SAV impeccable !), mais rien ne les empêche de monter un concurrent ici... bizarrement, c'est pas fait. Bizarre, non ?

Dans les campagnes isolées, parfois, seul Amazon permet l'accessibilité aux livres.

Luna

13/06/2025 à 13:21

Les libraires figurent parmi les professions les plus avancées du commerce en matière de présence sur internet, avec plus de 1500 sites de réservation et de vente.
Elles ont investi dans ces outils, encore davantage depuis la crise dite sanitaire, malgré le dumping déloyal d’Amazon sur les frais de port et sans les avantages fiscaux qu'il a obtenu frauduleusement.
Faut le dire et il faut le rappeler, Amazon n'est pas une entreprise, c'est une arme de destruction massive, une offense au travail et aux engagements de tous les libraires, une offense au droit des lecteurs aussi.
Amazon stérile la création, c'est lui qui brûle les livres avec son jugement tiré au cordeau

https://actualitte.com/article/110556/tribunes/honorer-amazon-une-offense-a-notre-travail-et-a-nos-engagements


Porte nawak

13/06/2025 à 15:35

"avantages fiscaux qu'il a obtenu frauduleusement"
N'importe quoi !

Toto74

13/06/2025 à 15:51

Dumping déloyal ? Personne n'empêche les libraires de s'associer pour avoir la possibilité de réduire ou supprimer les frais de port, comme le fait Amazon, malgré les attaques des corporations poussiéreuses de la Librairie Française (majuscules volontaires).

Avantages fiscaux obtenus frauduleusement ? Vous pensez sérieusement que Amazon fraude le fisc ? Non, elle a bien les moyens d'avoir des avocats fiscalistes pour éviter cela. Cela s'appelle juste de l'optimisation fiscale et ce n'est pas illégal (sauf à partir dans le l'"abus de droit", mais la frontière est floue, parfois. C'est un gros problème en France !).

TomTom_74

12/06/2025 à 19:08

Ayant bossé dans le milieu une dizaine d'années, je peux mon témoignage et confirmer l'exploitation absolue des salariés / larbins / esclaves.

Fraude à la convention collective plus avantageuse non appliquée, harcèlement quotidien, horaires à rallonges non rattrapés sur l'année (annualisation = devoir payer en heures supplémentaires les heures non récupérées chaque année).

Mentalité à chier, profession de chouineurs comme jamais, le gauchisme ambiant étant la cerise sur le gâteau.

Salaires nazes : si le SMIC était à 400 euros, ils ne pairaient pas davantage. Autres avantages proches du néant absolu (en dehors de lire gratuitement).

J'ai quitté ce milieu depuis presque 10 ans et j'ai multiplié mon salaire NET par trois. Ce n'est que le début...

Mais "ouin ouin ouin, Amazon, grand méchant loup" … xD

Seul commerce avec le grand privilège d'avoir des prix uniques et une possibilité de retourner les invendus (pour la majorité). Règlementation digne de l'URSS à faire sauter rapidement...

Quelqu'un

15/06/2025 à 13:02

C'est le même pb si on travaille dans la restauration, si on est femme de ménage chez Onet, caissière chez Bidule. Même les maraîchers bio, faut pas croire qu'ils sont des anges, ils vous vendent 5,50€ le kg de patates alors qu'en fait la récolte a été possible grâce aux "stagiaires" càd des gens qui travaillent gratos et en remerciement ont droit à 1 kg et à l'apéro.

Magali

12/07/2025 à 12:02

On s'en fiche. On parle de la librairie indépendante.

Quelle hypocrisie.

"ouin, ouin, il y a pire ailleurs !" MDR

Astro Boy

13/06/2025 à 08:03

Etre libraire est un beau métier mais pas au détriment du respect et du bon sens. Tout le monde le sait il y a une liste rouge de librairies à éviter qui circule. Apparemment être patron d’une librairie indépendante - de droite ou de gauche qu’importe - te permet de faire tout et n’importe quoi avec tes salariés.
Il y aura probablement un retour de karma sur ce système économique qui va s’autodétruire dans les prochaines années. Merci pour cet article

Toto74

13/06/2025 à 10:19

… mais étant donné que 99% des librairies ne tiennent que grâce aux subventions des couillons de CONtribuables (comme moi, depuis que je gagne plus décemment ma vie), un jour, la comédie va prendre fin.

Tu tiens un commerce ? N’importe lequel ? Tu t’assures qu’il soit rentable ou tu fermes si tu peux pas le renflouer toi-même. Triste mais c’est la dure loi du marché… mon épicier du coin de la rue n’a pas la loi Lang pour bloquer les prix de la boîte de conserve. MDR.

Comité Livre Libre

15/06/2025 à 18:06

Comme d'hab' les droitards débarquent en escadrille "comme les emmerdes" pas foutue d'aligner une phrase correcte le ouin ouin en bandoulière style LA GAUCHE M'A TUÉ alors que ce n'est pas le sujet bordel à teubes ! pas un mot sur l'édition dans ce papier alors que la source des ennuis vient de là... incroyable cette cécité... trouble dans le capitalisme... obésité du producteur vers le consommateur fauché et rachitique... avant de tout bruler, volez les bouquins il en ressortira une maigre satisfaction... courage aux libraires indé ou pas, dans deux ans on nique le capital camarades!

Toto74

15/06/2025 à 21:45

... droite ou gauche, c'est pas le sujet mais notons quand même que 99% des librairies sont à gauche +++.

Juste qu'une majorité des gens (et des CONtribuables) en ont marre de claquer des impôts, cotisations, TVA, taxes diverses (du racket total) pour subventionner des pleurnichards déjà ultra-privilégiés (exonérations fiscales, subventions, Pass Culture, prix bloqués, non respect du droit du travail sachant que l'inspection du travail ne bouge pas, etc.).

Libraires, éditeurs, fournisseurs, presse magazine, etc. : tout le monde dans le même panier.

Dude

17/06/2025 à 09:35

Tout le secteur de la culture est de gauche, la librairie est de gauche, 90% des médias sont de gauche. Plus généralement, l'entreprise subventionnée (l'ESS...) et la fonction publique ont toujours attiré les gens de gauche. Ce ne serait pas gênant s'ils ne crachaient pas leur fiel sur ceux qui les font vivre. Être de gauche est un luxe accessible dans un pays encore riche mais en voie d'appauvrissement. Je parie que les "gauchards" viendront manger dans la main des "droitards" très bientôt.

Amalyse

16/06/2025 à 11:28

Merci pour cet article. L'éléphant est au milieu de la pièce: pas rentable dans la configuration actuelle. J'ai vu beaucoup trop de situations professionnelles conflictuelles et beaucoup trop d'épuisement dans ces librairies qui me fascinaient moi aussi. Et je rajouterai cet humble témoignage d'ancien repré : ces libraires indé sont parfois odieux avec leur interlocuteurs (peut-être en croyant obtenir plus)... Je prends pour exemple la remise commerciale : demander une remise supérieure à celle de FNAC pour une librairie indé en se cachant derrière le prix unique, c'est un non sens. Désolé, mais espérer obtenir une meilleure remise pour 1 exemplaire d'un livre alors que d'autres en prennent 10 ou 20, c'est peut être l'esprit de la loi, mais un défi à la logique commerciale... Sans mise en avant, sans presse, sans com, aucun livre ne deviendra un best-seller. Et tout ça pour le retourner trois moi plus tard, ou s'il est vendu, ne pas en reprendre car il faut passer à autre chose et que l'historique ne donne pas grand chose... Quel intérêt pour l'éditeur de travailler avec de tels partenaires ? Et pour ma part je travaillais pour un éditeur important. Je pense au petit éditeur indé qui est pris entre le marteau et l'enclume. Multiplier par le nombre de libraire indépendant pour estimer des ventes potentielles en se passant des grosses enseignes, c'est un suicide commercial...

Le libraire indé n'a pas la trésorerie de prendre des risques. Il attend que le succès soit net pour se lancer. il suit la tendance.
On pourra dire ce qu'on veut sur le travail formidable des librairies indé, tout cela ne servira à rien tant que ça ne permettra pas au salarié (comme au patrons) de vivre dignement.

Etienne Normand

17/06/2025 à 01:13

La librairie indépendante a-t-elle déjà été un commerce rentable dans n'importe quelle configuration économique... Elles ont eu leur petit moment de bravoure au Covid, puis lorsque le projecteur médiatique est passé à autre chose, l'engouement est tombé.

Quelque chose m'échappe : vous admettez qu'une librairie indépendante n'ait pas la trésorerie pour prendre des risques (disons plutôt qu'elle n'a pas la trésorerie pour prendre votre catalogue en grosse quantité), mais vous ne comprenez pas qu'un libraire vous demande une remise pour accroître sa marge (demande certes étrange pour un seul exemplaire). Ces deux structures ne boxent pas dans la même catégorie. Faut-il encore rappeler que les grandes surfaces culturelles margent sur des biens à plus fortes marges (comme le multimédia). C'est cette trésorerie là qui supporte le peu de rentabilité de l'espace librairie. C'est d'ailleurs pourquoi la Fnac n'est pas resté une librairie très longtemps. Ses trotskistes de patrons ont eu le nez creux !

"Sans mise en avant, sans presse, sans com, aucun livre ne deviendra un best-seller".
Effectivement. C'est pourquoi la ligne éditoriale des grandes enseignes n'a pour logique que de proposer des offres à rotation rapide. Il est tout à fait normal que les grosses maisons d'édition y ont leurs ronds de serviette. Médiatiquement portées par la presse, les blogs, les comptes spécialisés et l'affichage urbain, se partageant les prix littéraires, inondant les tables par une production dense; le catalogue de nouveautés des grosses maisons entre dans la logique des enseignes culturelles (bien que certains auteurs, particulièrement les nouveaux, ont besoin des libraires pour être connus).

"Le libraire indé n'a pas la trésorerie de prendre des risques. Il attend que le succès soit net pour se lancer. il suit la tendance."
Il est étonnant pour quelqu'un ayant été représentant, d'en arriver à ce genre de conclusion. Si elles suivaient effectivement cette stratégie commerciale, leurs comptes en banque seraient davantage garnis. Je crois plutôt que le terme à utiliser est "prudence". Ce qui est compréhensible lorsque la trésorerie manque. Disons plutôt que face à la profusion de votre catalogue (grosse maison d'édition oblige), certains libraires vous passez certains titres, et vous commandaient les autres par un ou deux exemplaires (par quatre ou cinq pour les plus encensés). Il est certain que si vous forciez la vente, vous n'avez pas dû vous faire beaucoup d'amis chez les libraires indé !
Vous parlez de prise de risques, mais la Fnac et les structures culturelles n'en prennent aucune. La diversité éditoriale n'existe pas chez elles. Encore une fois, vos vingts exemplaires sont ceux de titres portés par la presse. Prendre vingt exemplaires d'un titre que l'on est sûr de vendre, où est le risque là-dedans ? Les librairies indé ou non d'ailleurs, elles, proposent, certes de petites quantités (trésorerie oblige), mais des ouvrages de petites maisons d'édition. Quelque chose qui échappe à la grosse cavalerie habituelle. C'est ce que vient chercher une partie de la clientèle de ce genre de boutique.

Alors, est-ce la maison d'édition indépendante qui souhaite se passer des mastodontes (ce qui ne m'étonnerait pas, ces maisons d'édition étant souvent attachées à un système éditorial indépendant), ou ces mastodontes qui souhaitent faire sans ?

Cependant, tout cela n'excuse en rien les mauvaises conditions de travail que peuvent subir certains employés dans des librairies indépendantes, non indépendantes, grandes surfaces culturelles et autres.

Si un libraire de la Fnac souhaite témoigner du fonctionnement interne de son entreprise, cela serait bénéfique, et pourrait nuancer mes conneries.

Joe Bar

17/06/2025 à 17:01

Cette semaine un très bel article sur Brough Superior dans Moto magazine, une marque de moto française haut de gamme.
Face aux constructeurs mainstream, japonais ou européens, l'entreprise propose du fait main, de la haute couture mécanique, qui vous assure de rouler différent, du luxe made in France. Une machine oeuvre d'art dont chaque pièce est aussi une oeuvre d'art.
Puis ayant lu cela, et lisant ceci, article et commentaires, je me demande :
- que proposent REELLEMENT les librairies indépendantes (à part niker le Kapital) ?
Y trouvera t-on des ouvrages vendus nulle part ailleurs, des auteurs de derrière les fagots, des conseils d'amis qui vous transformeront en intellectuel chevronné ou en deux paragraphes et trois poèmes vous feront franchir des frontières insoupçonnées ?
Je crains que non. Je crains que comme l'épicerie du coin de la rue, ces librairies ne proposent que ce pouvez trouver ailleurs, dans le supermarché périphérique.
Seule différence avec notre épicerie : le même prix partout (merci Jack !).
Le même produit qu'ailleurs, au même prix qu'ailleurs...
ALORS ?! ...

Etienne Normand

19/06/2025 à 14:27

Si vous pensez que les librairies indé ont pour crédo de niquer le Kapital, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil. Je suppose que vous associez : librairie indé = gauche = anticapitaliste. Ce qui est mal connaître les librairies indépendantes et mal connaître la gauche (qui est plus plurielle que ses détracteurs ne le pensent. Tout comme la droite, d'ailleurs).

Comme tous commerces, une librairie indé dispose d'un capital de départ. Capital détenu par une ou plusieurs personnes (et non des actionnaires qui ne bossent même pas dans l'entreprise).
C'est ce qui les différencie de sociétés comme Amazon ou la Fnac, mais également d'une librairie détenue par une maison d'édition. Les librairies indépendantes ne s'ouvrent qu'avec les deniers personnels de particuliers. Leur combat n'est pas contre le Kapital, mais contre le monopole commercial. Un combat entre capitaliste de proximité et gros capitalistes.
Ils défendent leur capital de départ, leurs intérêts économiques, leurs salaires, celui de leurs employés, la possibilité de continuer à travailler, ainsi qu'une certaine façon de vivre en ville, sans être obligé de prendre la bagnole pour se rendre en périphérie. Par extension, c'est la dynamique et la prospérité d'une ville qu'ils défendent (oui, oui, une librairie paie des impôts. Etonnant, non ?).

Brough Superior est une usine de production. Si vous vouliez vraiment comparer, il faudrait plutôt parler des boutiques qui vendent l'AMG 01 ou la SS100.
Une librairie, indépendante ou non, ne produit rien (sauf si elle édite, et est à l'origine d'une production littéraire) : elles diffusent, vendent une gamme de produits (des livres) qu'elles sélectionnent auprès de fournisseurs (maisons d'édition). Par leurs choix éditoriaux (qui peuvent être contestables et discutables), elles défendent cependant la production d'auteurs, d'artisans du livre, qui passent un temps fou, le cul posé devant leurs bureaux, à produire un bouquin, une BD ou un album jeunesse. Elles défendent aussi les maisons d'édition, indépendantes ou non, qui éditent ces auteurs.
Leur sélection peut être morale, éthique (donc discutable), mais elle est aussi liée à leur faible trésorerie et à la taille de leur espace de vente (également lié à leur trésorerie).

La loi Lang - il serait plus juste de parler de la loi Jérome Lindon, éditeur des éditions de Minuit qui fût à l'origine de cette loi - est née dans un contexte où les particuliers du livre allaient crevé face à une Fnac, dont les moyens financiers lui auraient permis de vendre des livres à bas coup (sacrés trotskistes de Max Théret et André Essel !). Avec le prix unique du livre neuf, toutes les boutiques faisant commerce de livres sont logées à la même enseigne. Même prix, partout. Un smicard paiera son livre au même prix que le président de la République. Le prix est unique, mais les lignes éditoriales entre structures diffèrent.

Il est dommage que vous n'alliez pas plus souvent en librairie indépendante, Joe. Il est dommage que vous n'alliez pas plus souvent en librairie tout court. Au lieu de vous faire un avis à partir d'informations piquées surtout auprès de détracteurs ou de ne consommer uniquement qu'en ligne; vous auriez vu, entendu et senti ce qu'une expérience de terrain peut fournir comme informations (désolé ChatGPT !).

Vous auriez vu ce qui diffère entre les lignes éditoriales d'une Fnac, d'un Cultura, d'une librairie indépendante ou d'une librairie détenue par une maison d'édition. A quel point les grandes structures ne font aucun effort financier pour soutenir des livres dont elles estiment qu'ils leur resteront sur les bras dans un mois. La défense de livres à forte rotation, c'est une stratégie commerciale comme une autre, mais ça ne fait pas vivre les auteurs et les maisons qui manquent de visibilité, faute de moyens.

Vous auriez également vu que les librairies, pas que indépendantes, proposent des rencontres avec les auteurs, les éditeurs, les traducteurs... Qu'elles organisent des ateliers et des festivals. Le métier vire à l'événementiel, mais il est important que ces librairies génèrent un flux continue dans leur commerce. Tout comme ces librairies qui proposent du café, des sodas et des pâtisseries. L'innovation ne va pas assez loin, c'est certain, mais des choses sont faites selon leurs moyens, humains, temporels et financiers.

Si vous aviez discuté avec un libraire, vous auriez su qu'il vous pose des questions sur ce que vous aimez lire, les titres qui vous ont marqué, les thématiques qui vous obsèdent, les auteurs que vous avez apprécié, le style d'écriture qui vous plaît. Ils creusent pour se faire une idée de ce que vous recherchez. Vous parliez de luxe et de haute couture. On y est. En tout cas dans les librairies indépendantes qui font leur travail. Ce qui me semble être plutôt d'actualité.

P.S : C'est vrai que Brough Superior fait de très belles pièces.

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L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12

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“Le Prix Lumière d’août est né d’une amitié — et d’un refus”

À l’heure où les distinctions littéraires cherchent à se renouveler, l’écrivain et psychanalyste Vincent Hein lance, avec le photographe Sylvain Holtermann, le Prix Lumière d’août. Un projet singulier, à la croisée de la littérature et de l’image, nourri par une histoire commune, mais aussi par une prise de position face aux mutations du monde éditorial.

08/05/2026, 13:54

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38

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Affaire Grasset : pourquoi 617 artistes-auteurs réclament une “nouvelle loi Jean Zay” ?

ENQUÊTE — La crise qui secoue Grasset a déclenché un mouvement inédit d’auteurs. Mais elle révèle surtout une histoire plus longue : celle d’un rendez-vous manqué pour les auteurs, depuis 1936, avec des droits sociaux et professionnels que les éditeurs ont contribué à empêcher.

07/05/2026, 11:41

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Écrire un roman ? Je n'attendais que ça

9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.

06/05/2026, 11:07

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Quitter Grasset ? Pour Gilles Ascaride, “on reste, on occupe le terrain et on se bagarre”

Alors que le licenciement d’Olivier Nora accaparait l’attention médiatique, l’auteur Gilles Ascaride adressait un email entre désinvolture et bravade, intitulé “Je quitte Grasset.”. Curieux ? Non, enfin, un peu tout de même. ActuaLitté est allé à la rencontre de l’écrivain qui revendiquait déjà d’avoir « tué Maurice Thorez (Maurice qui ?) ». 

05/05/2026, 16:11

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Du sanglier au surimi : Astérix passe à table chez Fleury Michon

Contrairement à une idée reçue, Hachette ne fait pas bouillir la marmite en vendant l’image d’Asterix à l’industrie agroalimentaire : elle était déjà sur le feu. En héritant d’un personnage compatible avec la consommation de masse, le groupe l’a simplement inscrit dans une exploitation plus systématique. Le banquet est devenu une stratégie de licensing qui cette année sert les intérêts d'une société spécialisée en préparations charcutières...

04/05/2026, 16:53

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Pourquoi le Tarot de Wirth fascine-t-il encore ?

Réduit à la divination, le tarot de Wirth perd sa singularité. Redessiné il y a un siècle par l’occultiste Oswald Wirth, ce jeu puise dans l’Égypte ancienne, la kabbale, le pythagorisme et l’alchimie. Autrice du livre Lire le tarot avec l'Oswald Wirth (éditions Trajectoire) Régine Brzesc-Colonges en éclaire chaque arcane, entre traditions initiatiques, mythes et symboles, pour rappeler la portée spirituelle d’un tarot pensé comme science de l’âme.

04/05/2026, 16:34

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Les algorithmes et l'IA réduisent les horizons de nos bibliothèques

La Commission européenne s'est intéressée à la découvrabilité des œuvres au sein de l'environnement numérique, concept qu'elle explore dans un épais rapport de 300 pages. Une partie dédiée au livre pointe le risque que font courir réseaux sociaux, plateformes de vente et autres algorithmes pour la diversité linguistique et la variété des œuvres et artistes mis en avant.

04/05/2026, 16:01

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Quand les milliardaires commercialisent leur futur, la SF en dévoile les pièges

Elon Musk, Sam Altman, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ne vendent plus seulement des technologies. Ils imposent des infrastructures qui redessinent l’espace, l’attention, les corps et la mémoire. Face à cette privatisation du futur, la science-fiction et l’anticipation offrent une contre-enquête : leurs romans montrent ce que l’innovation masque lorsqu’elle devient pouvoir, marché et langage commun, jusque dans l’industrie du livre.

04/05/2026, 15:36

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Comment l’édition jeunesse endure les campagnes de censure de livres

Aux États-Unis, les interdictions de livres ne relèvent plus d’incidents locaux isolés. Voilà des années que l’American Library Association et de PEN America décrivent une censure structurée, portée par des groupes de pression, des élus et des décisions administratives. Ses effets touchent les bibliothèques, les écoles, les auteurs et l’édition jeunesse, désormais confrontée à un risque économique direct.

02/05/2026, 14:51

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Ce que les guerres de Poutine, Trump et Netanyahu laissent aux vivants

Trump, Poutine, Netanyahu, Macron, Merz, Kagame, von der Leyen. Vous qui faites la guerre, la prolongez, la financez, ou en préparez de nouvelles. Vous qui lisez des projections de pertes acceptables. Certains d'entre vous, du moins. Il existe des hommes et des femmes qui ont regardé en face ce que vous produisez. Pas depuis un bureau. Ce sont des romanciers.

02/05/2026, 09:52

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La maison de Kenneth White déchire ses héritiers à Trébeurden

À Trébeurden, l’avenir de la maison de Kenneth White oppose deux visions de son héritage. D’un côté, le légataire, la mairie et Stéphane Bigeard défendent un projet culturel à redéfinir, porté par une nouvelle structure. De l’autre, l’Institut international de géopoétique, par la voix de Régis Poulet, exige le respect strict des volontés de l’écrivain et la création d’une maison d’artistes à Gwenved. Entre enjeux patrimoniaux, querelles associatives et incertitudes juridiques, le dossier reste loin d’être tranché.

30/04/2026, 16:02

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La Mutinerie : former les lecteurs d’aujourd’hui à devenir les citoyens de demain

Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.

30/04/2026, 12:52

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Accessibilité numérique : “Les bibliothèques des collectivités territoriales sont en retard”

La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Le manque d'envie, principal obstacle à la lecture ?

La question taraude de plus en plus de professionnels du livre, dans le monde entier : comment expliquer la baisse de l'intérêt pour lecture, souvent observée à travers l'ensemble de la population ? Une enquête de l'Ifop, consacrée aux pratiques culturelles des Français, suggère une absence d'envie pour la lecture, plus qu'un manque de temps ou d'argent.

27/04/2026, 16:05

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10 idées reçues sur l’édition qui sabordent votre projet de livre

Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village. 

26/04/2026, 19:03

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Esthétique du dévoilement : faire politiquement de la littérature

Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.

21/04/2026, 16:22

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“Entendre le peuple ? Mais à quoi bon : nous savions très bien ce qu’il lui fallait”

Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.

19/04/2026, 14:34

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Grasset à l'ère Bolloré : “Ce n’est pas une coïncidence, c’est une méthode”

ANALYSE – La séquence ouverte par la reprise en main de Grasset, au sein d’un groupe lui-même intégré à l’écosystème constitué par Vincent Bolloré, s’inscrit dans une logique désormais identifiée au-delà du seul cas français. Le rapport Right to Write de la Fédération des scénaristes d’Europe décrit précisément ces configurations, où concentration des médias, recomposition des directions culturelles et transformation des conditions éditoriales convergent vers un même objectif : encadrer les récits en circulation dans l’espace public.

19/04/2026, 12:26

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“Le livre ne produit plus de la pensée, il produit un message”

Concentration capitalistique, soupçons d’alignement idéologique et rupture avec une tradition éditoriale pluraliste : la mise à l’écart d’Olivier Nora après vingt-six ans à la tête de Grasset agit comme un révélateur. Thibault Leonard, fondateur de Primento, analyse cette recomposition du paysage du livre interrogeant l’indépendance des catalogues et, au-delà, le rôle démocratique de l’édition. 

19/04/2026, 12:02

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“Ce que l’affaire Olivier Nora m’inspire en tant qu’éditrice indépendante”

« Après Grasset, à qui le tour ? » La question que pose Sophie Caillat, présidente des éditions du Faubourg, maison indépendante, a quelque chose de piquant. Mais elle donne surtout l’occasion de partager quelques remarques, formulées dans un post et que nous reproduisons ici avec son autorisation. 

18/04/2026, 10:51

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Roland Topor : derrière l’humour noir, l’exil

Avec la réédition de La Plus Belle Paire de seins du monde, publiée par L’Arbre vengeur, l’occasion est donnée de redécouvrir, derrière le farceur génial, un écrivain de l’exil, du masque et de l’inquiétude. Par Charles Garatynski.

17/04/2026, 18:04

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Auteurs et groupe Hachette : partir est possible, mais juridiquement contraint

Bolloré a encore frappé. Mardi 14 avril restera dans les annales du groupe Hachette Livre : Olivier Nora, homme « charismatique » comme le souligne Le Monde, à sa tête depuis plus de vingt ans, s’est fait évincer par le groupe Bolloré. Un très grand nombre d’auteurs et d’éditeurs ont vite réagi et montré publiquement leur soutien et leur mécontentement : ils veulent partir. Mais ce n’est pas si simple que ça…

16/04/2026, 10:49

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“74 % des Français considèrent les hommes politiques comme corrompus”

Comment, diable, peut-on se lever un matin et, « en se rasant », avoir l’idée de créer un jeu sur la politique, à l’heure où (presque) plus personne n’y croit ? Oser s’amuser de la rubrique « faits divers » de la vie publique, alors que, H24 7/7, le monde entier la commente sur le zinc des plateaux et des réseaux ? Et qui plus est, préciser en gros et en gras, que ce nouveau jeu satirique ne s’adresse qu’« aux pourris uniquement » ?

16/04/2026, 10:32

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Axel Springer, Hachette, Carlson : l’édition bascule dans la dimension politique

Des États-Unis à l’Allemagne, la publication de livres ne relève plus seulement d’une logique de catalogue. Avec la filiale lancée par Tucker Carlson, l’expansion d’Axel Springer dans la presse anglophone et la reprise en main d’Hachette en France, une même tendance se dessine : des lignes politiques plus visibles autour de communautés déjà constituées.

15/04/2026, 15:43

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Sophie de Closets, Olivier Nora : qui sera la prochaine “victime” de Sarkozy chez Hachette ?

Le départ d’Olivier Nora éclaire une séquence de tensions anciennes entre pouvoir politique et direction éditoriale au sein du groupe Hachette. À travers les relations conflictuelles entretenues avec Nicolas Sarkozy, puis les recompositions imputées à Vincent Bolloré, se dessine un affrontement durable autour de l’indépendance des maisons d’édition, entre influence, gouvernance et liberté de publication.

15/04/2026, 11:22

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Zapping : j'ai sauté les pages... d'un livre audio (et ça mérite d'être raconté)

Sauter des pages dans un livre papier relevait déjà d’une petite entorse à la lecture classique – bien que cautionnée par Daniel Pennac. Avec le livre audio, ce geste devient invisible, presque banal. Pourtant, avancer dans un récit, ignorer des passages ou accélérer l’écoute transforme profondément notre rapport au texte, entre liberté nouvelle et fragmentation de l’expérience narrative.

14/04/2026, 16:18