#Technologie

Je suis un auteur augmenté. Et je l’assume.

David Pareÿt est auteur indépendant : il se présente comme un « architecte de quatre voix littéraires », chacune représentant un univers spécifique. Il a adressé à ActuaLitté une déclaration intitulée « Je suis un auteur augmenté », court texte qui pose les bases de sa déontologie littéraire concernant l’usage de l’intelligence artificielle dans les processus de création.

Le 15/05/2025 à 12:26 par Auteur invité

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15/05/2025 à 12:26

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ActuaLitté

Évoluant en dehors des cadres professionnels et commerciaux de l’édition, David Pareÿt écrit sous plusieurs pseudonymes : Emma Tiss pour le polar feel-good. Juliette Darcelles est autrice de Rom’com’ (comédies romantiques LGBTQIA+), propose des récits sensoriels, contemporains et incarnés, où l’humour, le désir et la quête de soi se mêlent avec élégance et piquant.

Jacques de Bétourné pour la fiction historique, et Émile Frimas est auteur de fiction criminelle historique à visée réflexive, écrit dans un genre hybride mêlant : le roman policier historique, la fiction judiciaire du XIXᵉ siècle, l’étude psychologique et sociale des faits divers, et la réflexion universitaire contemporaine sur le crime et la mémoire.

Son style s’inspire de la littérature réaliste et naturaliste (Zola, Maupassant), avec une structure d’enquête et de mystère proche du polar d’atmosphère. Il inscrit ses récits dans une démarche documentée, incarnée et introspective, portée par une voix narrative exigeante — celle de David-Moshé Pareÿt, professeur en neurosciences criminelles, qui commente et réinterprète des archives retrouvées : les journaux d’un commissaire et d’un médecin légiste entre 1848 et 1910. On pourrait le classer dans le registre du polar intellectuel rétro-documentaire, une appellation de niche qui reflète sa singularité dans le paysage littéraire contemporain.

Ces identités, bien que multiples, s’inscrivent dans une démarche cohérente portée par une même conscience littéraire.

Depuis mai 2025, il est membre de l’Alliance of Independent Authors (ALLi), une organisation internationale qui promeut une autoédition éthique et rigoureuse. Sa déclaration s’inscrit pleinement dans cette lignée, en appelant à une réflexion collective sur les responsabilités éthiques des auteurs à l’ère des outils d’IA générative.

Par cette publication, David Pareÿt souhaite contribuer à lever le voile sur un sujet encore peu abordé dans le paysage littéraire français. Il affirme l’importance d’initier une discussion ouverte et structurée autour de ces enjeux, dans un contexte où les mutations technologiques transforment en profondeur les pratiques d’écriture.

Cette approche tient en quelques points. « Je suis un écrivain aux voix multiples. À travers elles, j'explore les émotions, les récits, la mémoire. Et je l'affirme sans détour : oui, j'utilise l'intelligence artificielle dans mon travail d'auteur. Mais je le fais avec lucidité, conscience et intégrité », insiste l'auteur auprès de ActuaLitté. « L'IA ne remplace ni mon souffle ni ma plume. Elle m'assiste, sans jamais créer. Elle peut m'aider à structurer un plan narratif, modéliser une scène, proposer des variantes stylistiques, synthétiser un document ou générer une image — mais jamais à écrire à ma place. »

« Ce que je confie à l'IA relève de l'expérimentation.  Ce que je publie, c'est moi seul. En tant que membre n° 20654 de l'ALLi, je partage ses principes fondamentaux : L'IA comme outil, jamais comme auteur. Transparence vis-à-vis du lecteur Responsabilité pleine de l'auteur Rejet des usages automatisés sans conscience Je défends une littérature libre, humaine et augmentée, fidèle à ses exigences, mais ouverte à son époque. Je suis un auteur augmenté. Et je l'assume. »

Sa démarche cherche à « lever le tabou autour de l’autoédition, c’est d’abord reconnaître un clivage tenace : d’un côté, le mythe tenace du génie littéraire adoubé par les maisons d’édition traditionnelles, de l’autre, une réalité plus complexe, plus diverse, qui peine à se faire entendre ». Entre les deux, un no man's land souvent ignoré ou méprisé.

« Les auteurs autoédités restent relégués à la marge, regardés avec une certaine condescendance, comme s’ils étaient les enfants illégitimes de la littérature. Pourtant, ils existent, ils créent, ils innovent. Et il existe une bonne pratique de l’autoédition, rigoureuse, exigeante, professionnelle. Il est temps de le dire, de le montrer, et de cesser d’opposer deux mondes qui, au fond, pourraient dialoguer, s’enrichir, se répondre. »

La déclaration complète est à consulter ci-dessous : 

Crédits illustration : Image générée par IA sur prompts de l'auteur

 
 
 
 
 
 
 

 

DOSSIER - Nouveautés, actualités : les livres et romans de David Foenkinos

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

51 Commentaires

 

R.

15/05/2025 à 13:53

Comment se faire connaître quand on est un auteur auto-édité inconnu au bataillon ?

Essayer de surfer sur le buzz autour de l'IA, en espérant faire du bruit...

Bad buzz is still buzz.

Sylve

15/05/2025 à 16:48

Excellent.
Auteur augmenté, c'est exactement ça.
Les craintes autour de l'IA me rappellent celles concernant le transhumanisme.
Des craintes, toujours des craintes.
Mais un type qui porte des lunettes ou un pace-maker est déjà un transhumain.
Un écrivain qui utilise un correcteur d'orthographe n'est plus tout à fait un pur esprit...
Et que dire de ceux, très nombreux, qui emploient un nègre litteraire ?
A ceux-ci, je préfère et de loin celui-là qui s'aide, en toute transparence, d'une machine.

Olivier

16/05/2025 à 13:50

Un auteur qui a besoin de prompt pour ecrire n’est pas un trans auteur mais un demi auteur. S’en vanter en plus ? Il ne reste pas grand chose.

David Pareÿt

16/05/2025 à 15:34

Bonjour et merci pour votre réaction.

Je comprends que l’usage de l’intelligence artificielle dans le processus de création puisse susciter des réticences ou des interrogations. C’est précisément pour cela que j’ai rédigé une charte de déontologie, publiée dans ActuaLitté : pour poser des repères éthiques dans un domaine en pleine mutation.

Je ne prétends pas être un "trans-auteur", ni un "demi-auteur" : je suis un auteur indépendant, augmenté, c’est-à-dire conscient des outils qu’il utilise, lucide sur leur portée, et responsable de ce qu’il signe. L’IA ne remplace ni l’intention, ni la voix, ni la vision. Elle ne fait pas le travail à ma place. Elle me stimule, me provoque, me déstabilise parfois, comme le ferait une contrainte ou une collaboration. Ce que je "vante", ce n’est pas une prouesse technique, mais une posture éthique, un engagement dans la transparence.

On peut être en désaccord. Mais ce qui m’importe, c’est que le débat reste ouvert, respectueux, et tourné vers l’avenir de la création littéraire.

Bien à vous,
David Pareÿt
Auteur augmenté — et je l’assume.

Olivier

17/05/2025 à 20:58

J'assume de rouler à vélo avec des roulettes. Je suis un cycliste augmenté.
Amicalement
O.G.

Edco

15/05/2025 à 16:59

Ah vaste débat....
- Suis-je un bon conducteur si je n' ai pas le permis de conduire ?
- Suis-je un bon citoyen si je ne vote pas ?
- Suis-je un érudit si je n' ai pas de diplôme ?
- Suis-je je un bon cuisinier si je n ' ai pas le CAP ?
- Suis-je je un bon comédien si je ne trouve ni théâtre, ni réalisateur ?
- Suis-je un bon écrivain, si je n ' ai pas d' éditeur ?......
Etc.... parfois système D, parfois.... rien.....

Olivier

16/05/2025 à 13:53

Suis je un écrivain si je n’ai pas d’éditeur ET que je n’écris pas moi même mes livres ?
C’est ça, la question que pose l’article

David Pareÿt

16/05/2025 à 16:05

Bonjour, et merci pour cette question essentielle.

L’article ne prétend pas y répondre pour tout le monde, mais il pose ma position personnelle comme auteur indépendant, engagé dans une démarche de création consciente et éthique, où l’IA est un outil, pas un substitut.

Être écrivain, ce n’est pas uniquement avoir un éditeur, ni forcément écrire "seul" dans une cabane isolée. C’est porter une voix, une vision, une responsabilité artistique. J’écris moi-même, mais pas sans influence ni sans aide — comme beaucoup d’auteurs, qu’ils soient entourés de correcteurs, d’éditeurs, de co-auteurs… ou d’un logiciel.

L’autoédition, tout comme l’usage raisonné de l’IA, ne retire rien à l’exigence, au doute, au travail ni à l’intention. Ce qui fait un écrivain, c’est ce qu’il assume, ce qu’il transmet, et la manière dont il le fait.

Je ne prétends pas incarner un modèle, seulement une voie possible parmi d’autres.

Bien à vous,
David Pareÿt

Edco

16/05/2025 à 16:17

Si, il écrit des livres mais , en 2025 avec une pote I A ....
Il ne prétend être ni Proust , ni Zola, ni Chateaubriand , ni Orwell, ni Modiano .....etc .....
Il est lui-même , aidé par sa moitié......why not ?
Après tout , bcoup de sportifs aux jeux paralympiques, avaient des aides , et le résultat était aussi valeureux !!!!!

Edco

15/05/2025 à 17:28

Je lis ds l ' obs :
"Comment un livre autoédité par un chauffeur de taxi est devenu le roman de l’année pour Quentin Tarantino..? " Livre : Taxi de nuit
Comme quoi faut pas .... s'empêcher.....et faut se faire confiance......

Edco

15/05/2025 à 17:36

Suite à propos de Taxi de nuit...
"A elle seule, la genèse de ce premier roman est une histoire : Jack Clark, chauffeur de taxi à Chicago depuis trente ans, édite « Taxi de nuit » à cinq cents exemplaires à compte d’auteur, le vend dans sa voiture, jusqu’au jour où un éditeur américain se le procure, le lit et le publie. « Mon roman préféré de l’année », a dit depuis Quentin Tarantino, à qui l’on peut faire confiance en matière d’œuvre déjantée. Car si la vie d’Eddie Miles n’est pas autre chose que celle de l’auteur, nous sommes pourtant à des années-lumière d’un texte de non-fiction, mais bel et bien ancrés dans un pur roman." ( Nouvel obs )
....se faire connaître en proposant des exemplaires à différents commerçants, cinés, etc .....

Rose

16/05/2025 à 06:38

Si le choix des éditeurs littéraires m'est inconnu, il peut passer à côté de certains talents. Maintenant, je me demande si l'IA augmente les capacités intellectuelles des humains ; comme une idée que l'on ne va pas déranger et qui file comme une comète dans la tête. Après, la conscience et l'IA, je me demande si ça peut se rencontrer.

seingelt

16/05/2025 à 07:12

Un canular ? Cet "auteur multiple" "pense" comme une I.A, se "met a la place de" comme une I.A, "choisi ses sujets en fonction de" comme une I.A, il "mimétise" comme une I.A, il retranscrit par assimilation des "émotions, des gestes, des expériences vrai ou de pensée" comme un LLM peut le faire, par assimilation probabiliste de langage : ce n'est plus un "auteur" mais un "prompteur" avalé par la machine, il produit des textes calibrés suivant un public client. Ses pudeurs éthiques n'ont strictement aucun intérêt tant qu'il ne sait pas ce qu'il est.

David Pareÿt

16/05/2025 à 14:23

Cher Seingelt,

Vous avez raison sur un point : la littérature interroge notre rapport au langage, à l'identité, à la mémoire. Mais ce que vous appelez "mimétisme probabiliste", je l'appelle une conscience de l'époque.

Un auteur, quel qu'il soit, absorbe ce qui l'entoure — lectures, conversations, expériences, outils — puis transforme cela en voix. Je ne me "dissous" pas dans la machine : je m'en sers, je la détourne, je la conteste parfois.

Là où certains masquent leurs aides humaines ou techniques, je choisis la transparence. C’est cela, être un auteur augmenté : ni plus, ni moins humain, mais lucide sur les moyens de produire du sens aujourd’hui.

Merci d’avoir soulevé cette tension, essentielle à penser.

Bien cordialement,
David Pareÿt

seingelt

16/05/2025 à 16:42

Vous êtes un canular : j'ai prompté un LLM avec votre texte et ma réponse : je lui ai demandé une réponse probable, et elle ressemble à plus de 95% à la votre : sans rancune

Luna

16/05/2025 à 07:19

Acec aucun style, il assume d'être un spoliateur masqué par l'IA.
Entre ça et le suicide assisté qu'ils veulent faire passer pour une mort naturelle.
"Enseigner un méchant, c'est mettre le sabre à la main d'un assassin ", n'aura jamais autant été d'actualité.

David Pareÿt

16/05/2025 à 14:25

Chère Luna,

Vos mots sont durs — et cela aussi fait partie du débat.

Je n’ai jamais prétendu remplacer qui que ce soit. Je ne "spolie" pas : je revendique une manière d’écrire, en m’appuyant sur des outils, comme tant d’auteurs avant moi l’ont fait avec la dictée vocale, le montage, ou l’aide d’un assistant.

Il ne s’agit pas d’un suicide littéraire, mais d’un positionnement éthique : dire ce que l’on utilise, dire pourquoi, dire comment.

Ce que vous appelez "aucun style" est peut-être juste un style qui vous résiste.

Bien cordialement,
David

Luna

16/05/2025 à 16:14

IA conversationnelle ou pas, ce style n'est pas un style qui me résiste, c'est un style qui désavoue nos droits, les auteurs et les lecteurs.

David Pareÿt

17/05/2025 à 09:10

Chère Luna,

Je vous remercie pour votre lecture attentive, et surtout pour la franchise de votre réaction.

Vous dites que le style que je propose « ne vous résiste pas » — soit. Aucun texte ne peut ni ne doit plaire à tout le monde.

Mais vous ajoutez que ce style « désavoue nos droits, les auteurs et les lecteurs ». Là, je me dois de répondre.

Je n’écris pas pour désavouer quoi que ce soit.
Je n’écris pas pour remplacer.
Je n’écris pas pour standardiser.
J’écris avec, non à la place de.

Avec mes doutes.
Avec ma voix.
Et oui, avec un outil conversationnel — une assistance technique, que je revendique, non pour m’effacer, mais pour continuer à écrire malgré tout.

Mon but n’est pas de briser un pacte littéraire.
C’est d’en proposer un nouveau : plus clair, plus honnête, plus assumé.
Un pacte où le lecteur est informé, non flatté.
Un pacte où l’auteur ne se cache pas derrière des masques de pureté.

Vous avez le droit de refuser ce pacte.
Mais de mon côté, je continuerai à l’écrire — avec respect, et avec précision.

Bien à vous,
David Pareÿt
(auteur indépendant, non professionnel, non commerçant — mais écrivain quand même)

Sylve

16/05/2025 à 17:21

Bravo et laissez de coté les grincheux, ceux qui pensent que le train fait tourner le lait des vaches ou que la Tour Eiffel est une horreur.
La où il y a une volonté il y a un chemin (Confucius).

Luna

17/05/2025 à 08:39

C'est toujours ceux qui fabriquent qui en fin de compte sont fabriqués disait Jacques Prévert.
Et ils veulent faire avec l'IA, la même chose qu'ils ont fait avec l'agriculture, des produits contaminés.
La même chose qu'ils ont fait avec l'élevage, de animaux brutalisés.
La mêmes choses qu'ils ont fait avec la gastronomie, une nourriture en boîte cancérigène.
Non, ce qui est moralement discutable, mais économiquement viable n'est pas un progrès.
C'est notre humanité qu'on assassine, je ne suis pas une marchandise à gaver et la littérature n'est pas une industrie, c'est le chemin de l'esprit.
À ceux capables de tracer des lettres dans le sable de l'éternité de nous les partager.

Sylve

18/05/2025 à 00:47

Vous êtes très convaincant dans votre rôle de grincheux !
Et la morale invoquée me fait peur.
"Je suis un honnête homme, un honnête bon, un homme d'une morale absolue." (Sylvio Berlusconi)
Alors la morale...

Rose

19/05/2025 à 06:10

Exact, au constat, j'ajoute que l'IA à usage général n'est pas nécessaire, dans quelques domaines spécifiques, une avancée peut être utile et encore.
Mais, les problèmes de l'IA sont l'accaparement des terres (300 data-centers), l'utilisation d'eau douce qui risque de manquer, la pollution et la consommation d'énergie sans fin, en plus, c'est moche dans le paysage.
C'est franchement contre-indiqué pour la planète qui n'est déjà pas en forme et on en connait d'autres.
On peut aussi se poser la question si certains humains ne voudraient pas en dominer d'autres à travers et "de travers" les machines ? "Esprit sort de ce corps, qui que tu sois".

David Pareÿt

19/05/2025 à 09:46

Merci pour ce message clair et engagé. Je comprends profondément vos inquiétudes — sur l’écologie, les logiques de domination, l’esthétique même du monde abîmé. Elles sont légitimes, et je les partage en partie.

De mon côté, j’ai choisi une approche très circonscrite et consciente de l’IA : comme outil d’assistance, jamais de remplacement ; comme levier de création, jamais d’aliénation. Mon travail s’inscrit dans une démarche éthique, assumée et transparente — avec un effort constant pour préserver le lien humain, la voix singulière, la responsabilité.

La question que vous posez est essentielle : à quoi bon cette technologie si elle ne sert pas la beauté, la justice ou le vivant ? J’espère, à mon humble niveau, contribuer à en faire un usage juste — ou, du moins, interrogé.

Olivier

17/05/2025 à 21:04

Avec un vélo électrique, on peut gagner le Tour ; avec un téléphone dans la poche, on peut gagner un trophée d'échecs. On est dans ce cas des imposteurs.
En écrivant un roman avec une iA, on est quoi ?
En écrivant à coups de prompt, qu'est-ce qui vous différencie de n'importe qui ?

D'ailleurs, quelqu'un se plaignait sur les réseaux sociaux qu'on l'avait licencier parce qu'il utilisait une iA à son travail. Son employeur lui avait dit qu'il voulait quelqu'un qui pensait, pas quelqu'un qui faisait des prompts. Pensez-vous que l'employeur avait tort ?
O.G

Sylve

18/05/2025 à 00:37

Erckmann-Chatrian a écrit un roman culte, un pur délice de littérature : L'ami Fritz.
En réalité, il étaient deux. Emile Erckmann et Alexandre Chatrian.
Cela divise-t-il la qualité du roman par deux ?
Ecrire un roman n'est pas une course cycliste. Ce qui compte c'est le plaisir du lecteur, son émotion. Qu'importe s'il y a de l'artifice dans la manoeuvre.
Si les paradis artificiels étaient dédaignables, pourquoi tant de gens se droguent-ils ?

Luna

18/05/2025 à 11:42

Écrire un roman n'est pas une course cycliste. Ce qui compte c'est le plaisir du lecteur, son émotion."
Ah oui ?
Et la censure, fait quoi dans l'histoire ?
Et la réécriture, fait quoi dans le contexte ?
Et la cigarette Marlboro allumée au moment où il prenait sa tasse de café, fait quoi dans la phrase ?
Écrire un roman, c'est un chemin vers l'esprit que l'IA veut transformer en route informative et artificielle.

David Pareÿt

19/05/2025 à 00:04

Merci pour votre remarque, elle m’a fait réagir — et réfléchir.
Je pense qu’on réduit souvent l’écriture à l’émotion du lecteur, comme si tout devait être efficace, fluide, immédiatement “plaisant”. Or, il y a derrière un roman tout un chemin : la censure qu’on s’impose ou qu’on subit, les réécritures silencieuses, les détails “inutiles” qui font pourtant la chair du texte. Ce n’est pas une attaque, bien sûr, mais une manière de rappeler que la littérature n’est pas une ligne droite. C’est parfois un détour. Parfois une Marlboro dans une phrase. Et c’est peut-être ça, justement, qui touche — sans qu’on le sache. Bien à vous, David

David Pareÿt

19/05/2025 à 08:04

Cher Olivier,

Votre message soulève des questions légitimes, que je reçois sans mépris ni automatisme défensif. Elles méritent mieux qu’un slogan ou un renvoi dos à dos.

Utiliser une intelligence artificielle pour écrire n’est pas, à mes yeux, une fraude ni un renoncement. C’est un choix de méthode — parfois un choix de survie — mais toujours un choix conscient, qui engage une vision de l’écriture comme travail de pensée, non comme pure performance.

Ce qui me différencie de « n’importe qui », ce n’est pas l’outil, mais l’intention, l’éthique, la cohérence d’une voix. Le prompt n’est pas une pirouette : c’est un acte de langage, une question posée au monde. Il n’efface ni la relecture, ni le doute, ni la responsabilité de signer ce que l’on publie.

Quant à l’histoire du salarié remercié, elle me touche — mais elle me semble moins parler d’IA que de la peur que nous avons, collectivement, de redéfinir ce que penser veut dire à l’ère des outils cognitifs. Penser, ce n’est pas renoncer à s’aider. Ce serait même, peut-être, savoir avec quoi, pour qui, et pourquoi on choisit de s’aider.

Respectueusement,
David Pareÿt
Auteur augmenté, et je l’assume.

Edco

16/05/2025 à 16:38

Jetez un coup d'œil à Les chatbots émotionnels alimentés par l’IA, entre remèdes émotionnels et mirages affectifs ! | https://theconversation.com/les-chatbots-emotionnels-alimentes-par-lia-entre-remedes-emotionnels-et-mirages-affectifs-247923
.....mais attention à ne pas tomber dans une dépression hallucinatoire .....

Sylvie

16/05/2025 à 17:15

Bonjour David,

je vous remercie pour votre article que j'ai trouvé honnête, lucide et très intéressant. Je me permets de le relayer sur mon propre site d'auteure. En recherchant le lien, je suis tombée sur les commentaires et j'ai également trouvé que vous répondiez avec justesse et modération à des détracteurs qui n'en manifestaient, de leur côté, aucune. Bravo !

David Pareÿt

16/05/2025 à 23:44

Chère Sylvie, je vous remercie beaucoup. Bien cordialement, David

Jean Biret

17/05/2025 à 08:54

Est-ce vraiment un texte ? Est-ce vraiment un débat ? Ces lignes si proprettes, si aimablement écrites, l’ont-elles été par un auto-édité ou par une bécane bien ajustée ?
Les réponses aux réactions des lecteurs et lectrices sont-elles fournies par une IA avant d’être publiées ?
La pseudo contrition d’un pseudo-auteur n’est pourtant pas sujet à débat éternel. De même que celui qui copie sur son voisin à l’examen triche, ou que le plagiaire pille les écrits des autres, on aura désormais des écrivaillons pré-mâchés qui prétendront être auteurs, juste inspirés par leur machine à farfouiller sur le net.
Quid de leur agencement neuronal ? Ils vous vendront le fait que ce n'est qu’une béquille, alors qu’en fait le résultat sera la béquille en soi.
Tout cela est du flan.
Allons courage, augmentez votre pseudo, et signez David Pareÿt GPT.

David Pareÿt

17/05/2025 à 12:22

Cher Jean,

Je vous remercie pour votre lecture, même sévère, et pour le temps que vous avez pris pour écrire ce commentaire.

Je ne cherche pas à convaincre ceux qui ont déjà tranché.
Je ne prétends pas détenir une vérité.
Je propose simplement un témoignage situé, sincère, lucide, exposé avec calme.

Cette déontologie, je l’ai écrite en assumant chaque phrase.
Ce n’est ni une stratégie, ni une confession.
C’est une parole posée — peut-être minoritaire, sans doute imparfaite — mais entièrement habitée.

Quant au nom que je signe, il est le mien.
Et je continuerai à le signer, sans masque ni acronyme.

Bien à vous,
David Pareÿt

Lucie

17/05/2025 à 14:29

Auteur augmenté ? C'est un canular ? C'est d'une tristesse... si il a besoin d'une IA pour compléter ses lacunes je ne vois pas en quoi il est augmenté, au contraire.

(dommage car c'est vrai ce qu' il dit sur la rigueur et l'exigeance dans l'auto-édition, mais sa pratique ne reflète pas ça du tout)

David Pareÿt

17/05/2025 à 18:01

Bonjour Lucie,

Le concept d’"auteur augmenté" n’a rien d’un canular : il désigne une posture éthique, exigeante, qui assume le dialogue avec l’outil technologique sans jamais lui déléguer ni l’intuition, ni la narration, ni la responsabilité de l’œuvre.

L’IA, ici, ne comble aucune "lacune" : elle permet de questionner, d’affiner, de relire autrement. Comme un carnet, un dictionnaire ou une lecture croisée.

Je suis heureux que vous souligniez l’importance de la rigueur en autoédition — je m’y engage chaque jour, autant dans le fond que dans la forme.

Libre à chacun de ne pas adhérer à ma démarche. Mais je crois qu’il est temps de sortir des jugements à l’emporte-pièce : écrire à l’ère numérique mérite mieux que le soupçon ou la moquerie.

Bien cordialement,
David Pareÿt

Lucie

18/05/2025 à 09:03

Il n’y a rien d’éthique dans les IA génératives, qui volent le travail des vrais auteurs et en recrachent une bouillie pour faciliter le vôtre.

Et puis « À l’ère du numérique » on y est depuis pas mal de temps et les gens n’ont pas arrêté de penser par eux même pour autant, ni de "questionner" ni "d'affiner". C'est vraiment triste.

Bonne continuation malgré tout, bon courage surtout.

Soleil

03/06/2025 à 03:41

"Il n’y a rien d’éthique dans les IA génératives, qui volent le travail des vrais auteurs et en recrachent une bouillie pour faciliter le vôtre."

C'est méconnaître la manière dont fonctionnent les IA fondées sur le principe du LLM (Large Language Model), comme chatGPT ou autre ...

Prenez un auteur. S'il écrit c'est qu'il a lu. Ses lectures auront une influence sur son écriture. Recrache-t-il une bouillie de ses lectures ? A-t-il volé ses auteurs de prédilection ?
Pour parler simplement, L'IA se sert de textes existants non pas pour plagier, mais pour affiner ses connaissances en matière de langage et de raisonnement. Il lui faut beaucoup de matière.
Tout simplement. Qu'il y ait ou pas négociation de droits pour cet usage, c'est un autre problème.
Mais l'IA ne peut "voler" des auteurs au sens ou elle leur "volerait" leur créativité, leur style.

Il est (aujourd'hui) impossible de plagier un auteur, sinon de façon caricaturale (et sans intérêt : demandez-lui de plagier Houellebecq, et elle vous sortira un texte simplement truffé d'adjectifs déprimants ou nihilistes).
L'intérêt de l'IA n'est pas là.

Lucie

17/05/2025 à 16:25

Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.

Jean Biret

17/05/2025 à 20:33

Cher David,
J'ai été vérifier (l'internet est un annuaire formidable), vous existez bien. Que voulez-vous, j'ai eu un doute ce matin, et je n'ai pas eu la curiosité immédiate de plonger dans la Google Sea (voisine du Golfe du Mexique). Vous existez bel et bien, ce que vous dites m'intéresse au plus haut point, et je vous contacte directement sur votre courriel universitaire, si vous m'y autorisez.
Bien à vous
Jean Biret

David Pareÿt

18/05/2025 à 13:57

Merci à toutes celles et ceux qui ont pris le temps de lire, partager, commenter, critiquer ou questionner mon texte.

Je mesure pleinement la charge symbolique et émotionnelle du sujet. Si j’ai choisi de signer ce “coming out IUAI+ (I Use AI ou J'utilise l'intelligence artificielle), c’est pour rendre visible une pratique encore taboue : écrire avec l’IA, sans honte, sans dissimulation, sans posture.

Je ne me prends ni pour un pionnier ni pour un héros. Je suis un auteur parmi d’autres, en quête d’un langage qui me ressemble. L’IA ne m’enlève rien : elle me met face à mes limites, mes désirs, mes contradictions. Elle m’oblige à choisir, à trier, à reformuler. Elle ne crée pas à ma place — elle m’interroge, me relance, me confronte.

Certaines critiques m’ont blessé, d’autres m’ont fait grandir. Toutes m’ont rappelé une chose essentielle : le dialogue vaut toujours mieux que le silence.

Je reste disponible pour poursuivre ces échanges, dans le respect, la nuance et — pourquoi pas — une certaine tendresse.

Bien à vous,
David Pareÿt
auteur augmenté et pleinement humain

Mimi

19/05/2025 à 17:04

Ce monsieur a inventé un métier : fabricant de romans.

Aurélien Terrassier

19/05/2025 à 19:11

Je ne pense pas que l'IA soit un outil qui s'inscrit dans la pérennité chez certains auteurs et autrices. David Pareyt a au moins le mérite de l'avouer alors que d'autres ne l'avoueraient pas forcément tout comme leur écrivain fantôme ou ghost writer métier qui je pense malgré l'IA comme outil n'a pas disparu bien au contraire.

David Pareÿt

21/05/2025 à 14:40

Chères lectrices, chers lecteurs, merci pour vos partages et vos réactions. Voici quelques mots, en retour…

Merci pour vos 209 partages — et 42 prises de parole
Par David Pareÿt

Le 15 mai 2025, je publiais sur ActuaLitté une tribune intitulée :
"Je suis un auteur augmenté — et je l’assume."
Six jours plus tard, vous êtes plus de 200 à l’avoir partagée, commentée, débattue, critiquée, reprise, parfois violemment, parfois tendrement.

Et moi, je suis là, simplement, pour vous dire : merci.

Merci d’avoir pris ce texte au sérieux, même si c’était pour le contester.
Merci d’avoir vu qu’il ne s’agissait ni d’un effet de mode, ni d’un coup marketing.
Merci d’avoir compris que j’y mettais plus que des mots : j’y mettais ma légitimité d’auteur, ma solitude, mes doutes, ma pensée en mouvement.

Dans un monde saturé de bruit, vous avez pris le temps de lire.
Dans un monde saturé de positions figées, vous avez osé répondre.
Et dans un monde où l’écrivain “augmenté” fait encore peur, vous avez ouvert la porte.

Depuis ce texte, je publie une série de sept articles sur Medium.
Une sorte de carnet de bord, intime et littéraire, autour de cette mutation :
du pseudonyme à la parole nue, du murmure à l’affirmation.

Aujourd’hui, j’écris donc ici, à nouveau, pour continuer ce dialogue.
Avec respect, avec conscience, avec la volonté de ne rien imposer, mais de proposer.
Merci à vous, lecteurs critiques ou enthousiastes.

Vous êtes, déjà, partie prenante de cette aventure.

Je continue à publier sur Medium : https://medium.com/@leclubdes4auteurs

À bientôt, et merci encore.
— David Pareÿt

Mimi

21/05/2025 à 19:37

N'en jetez plus.

David Pareÿt

22/05/2025 à 01:10

Je prends note avec le sourire. Merci d’avoir pris le temps de me lire. ✨

lis tes ratures

26/05/2025 à 12:41

Autoédition et, présentement, autopromotion d'un "auteur" qui s'abstient de chercher, de synthétiser, relire, associer, recouper lui même ce qu'il dit "écrire". L'écriture est affaire de lenteur, d'expérimentations (et non de reproductions), de surgissements, de singularités, d'erreurs, de fragilités... tout ce qu'une IA est strictement incapable de générer. En revanche, les IA savent reproduire, copier et pasticher. Et ce que vous faites. Vous n'êtes pas auteur et encore moins créateur à travers cette démarche. Vous exploitez un système qui vous fait gagner du temps et de l'argent mais ne fait en rien avancer la création et l'innovation littéraires. J'imagine que vos livres, ultra segmentés, doivent se vendre. C'est un des fondements du marketing : plus le produit est segmenté, mieux il se vend.

Soleil

03/06/2025 à 03:50

"L'écriture est affaire de lenteur, d'expérimentations (et non de reproductions), de surgissements, de singularités, d'erreurs, de fragilités... tout ce qu'une IA est strictement incapable de générer. En revanche, les IA savent reproduire, copier et pasticher."

C'est tout l'inverse ... les modèles comme chatGPT savent très mal pasticher, le résultat est grotesque. Du moins pour un texte littéraire. (Pour du texte administratif, cependant, c'est parfait).

En revanche, pour générer des singularités, des associations, des suggestions inattendues, il n'y a pas mieux - il est même souvent nécessaire d'en modérer l'ardeur. Et pour cause, ce sont des modèles probabilistes, beaucoup plus rapides qu'un cerveau humain, qui ne demandent qu'à explorer tout ce qu'on leur demande d'explorer, sans fin. Ce sont d'excellents outils pour donner des idées, des pistes d'exploration.

Soleil

03/06/2025 à 03:16

Je conseille à tous d'expérimenter avec l'IA.

Il est possible de définir ses propres usages de l'IA. Ce n'est pas simplement un outil, mais un outil qui permet de créer des outils.

L'image couramment évoquée de la personne appuyant sur un bouton pour écrire un texte est un peu facile. Par défaut, l'IA c'est "garbage in, garbage out". Un minimum d'effort est requis.

On peut obtenir du texte exploitable, oui. Je confirme : à l'aveugle c'est indétectable ET de qualité. Mais pour arriver à un tel résultat, il faut y passer des heures, autant qu'écrire de façon classique. C'est du travail au millimètre. Ca devient "écrire", mais autrement. A partir d'une base probabiliste que l'on dirige. Il est inutile de commenter négativement quand on n'a pas joué avec l'IA de façon approfondie. Il faut savoir de quoi on parle.

On peut faire bien d'autres choses.
Sur le texte lui-même :
- Des analyses syntaxiques, grammaticales, sémantiques, etc ...
- Des plans, des analyses de plans, etc ...
- Le suivi d'un arc narratif ...
Tout ce qu'on veut.
Beaucoup de choses qu'un éditeur vous propose - quand vous en avez un.

Il est pertinent de se pencher sur les usages à venir, qui vont bouleverser notre manière d'écrire.
En son temps, Gutenberg avait remplacé la plume d'oie du copiste.
Pour beaucoup, c'était alors une très mauvaise idée.
L'ordinateur a permis aux paperolles de Proust de prendre leur retraite.
L'édition numérique, le traitement de texte, c'est quand même plus pratique.
Et ainsi de suite ...

Tout a un impact sur le résultat final. J'aime beaucoup écrire à la main. Ce n'est pas la même écriture qu'à l'aide d'un clavier. Le cerveau réagit différement. La phrase se forme différement.
Avec l'IA c'est encore autre chose. Il est fascinant de sentir cet "autre chose" en train d'émerger.
Impossible de lui donner un nom pour l'instant.
L'intervention humaine est toujours fondamentale (le plaisir est là).

Bien entendu, les genres très grand public, de type dark romance, fantasy et autres, normés, pourront être produits sans nécessiter d'intervention humaine poussée. Mais sommes-nous là dans l'invention littéraire ? Ce sont déjà des produits de pure consommation. Je le dis sans jugement.


Edco

03/06/2025 à 09:28

Ouah , trop de .... Soleil abîme les yeux !!!!!
En tout cas , un autre point de vue.....
https://theconversation.com/vocabulaire-et-diversite-linguistique-comment-lia-appauvrit-le-langage-252944?utm_medium=article_clipboard_share&utm_source=theconversation.com

Luna

03/06/2025 à 10:37

Il y a le plaisir de lire
Il y a celui de tricher
Il y a le plaisir de découvrir
Il y a celui de déléguer
Il y a le plaisir d'aller à la rencontre des mots
Il y a celui de ratisser
Je ne suis pas de cette catégorie
J'aime cultiver mon jardin, faire fleurir mes idées
Aller à la rencontre de qui je veux
Bouder qui je n'aime pas
Traitez moi de rustre, de cul-terreux
La vie se chargera de leur faire comprendre comme le dit Giono que dehors, dans ces temps qui ne sont pas modernes mais éternels, rôdent les menaces éternelles.

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Darwin et les bas-bleus : entretien avec Françoise Lavocat

Paru en mai 2026 aux éditions Station Zapata, Darwin et les bas-bleus, de Françoise Lavocat, nous plonge dans le monde politique et littéraire de la première moitié du XIXe siècle.

02/06/2026, 15:44

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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“Je ne regrette aucun message” : Tommaso Debenedetti, 15 ans à inventer la mort d'écrivains

Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.

02/06/2026, 10:39

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Gilles Francescano veut “offrir au monde de l’imaginaire le plus beau des festivals”

Directeur artistique des Imaginales depuis quatre ans, et acteur de l'événement depuis toujours, Gilles Francescano dresse un premier bilan de cette édition consacrée au thème « Alter ego ». Entre affluence, chaleur exceptionnelle, place de l’autre, relation gémellaire, accessibilité et avenir du festival, il défend une ambition claire : faire des Imaginales un lieu de pensée libre, d’accueil et de circulation entre les auteurs, les publics et la ville.

01/06/2026, 16:07

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Uranium, spectres et totalitarisme : le roman tchèque qui secoue les Imaginales 

Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.

31/05/2026, 18:45

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Christopher Bouix, coup de coeur 2026 : “La littérature doit mordre ou griffer”

Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

29/05/2026, 11:12

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

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L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12