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François Audouy : "Nous sommes tous proustiens sans le savoir"

Né en 1985, blogueur, auteur d’un recueil de nouvelles et d’un essai littéraire, François Audouy co-dirige, avec Illios Chailly, la revue Echo : Antonin Artaud, entièrement dédiée à l’œuvre de l’écrivain maudit. Par Etienne Ruhau. 

Le 02/05/2025 à 12:15 par Auteur invité

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02/05/2025 à 12:15

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Pourtant, c’est aujourd’hui de Proust qu’il est question, à travers un roman d’inspiration autobiographique, publié par les soins de Murielle Compère-Demarcy, directrice de la collection « Présence d’écriture » aux éditions Douro. Simultanément, ou presque, François sort une livre de poésie, suite de vers tantôt rageurs, tantôt contemplatifs, publiée cette fois par Patrice Maltaverne, aux éditions Le Citron Gare. 

ActuaLitté : L’amour  de Proust au Temps du Covid…  Le titre est pour le moins singulier. Peux-tu nous en dire  davantage ?

François Audouy : À l’origine, le livre devait s’appeler Retour vers le temps perdu, en double référence à Proust et à la machine à remonter le temps. Finalement, j’ai opté pour L’Amour de Proust au Temps du Covid parce que je pense qu’un bon titre doit à la fois être accrocheur et annoncer, plus ou moins, le contenu du livre.

Ainsi, on comprend qu’il s’agit d’un texte sur l’amour de la littérature, celle de Proust en particulier, ancré dans le monde contemporain. Il y a aussi une référence à L’Amour aux temps du choléra même si cela relève plus du clin d’oeil, car j’ai assez peu lu Marquez. Enfin, j’ai tenu à ce que le «Temps» soit un temps en majuscule comme celui qui clôt La Recherche car c’est le sujet du livre de Proust, par là même en partie du mien.

« Nous sommes tous proustiens sans le savoir », écris-tu  page 66. Que veux-tu signifier ? Penses-tu que chaque écrivain  soit, quelque part, proustien ? Ou même que chaque individu  soit, quelque part, proustien, et ce même sans le savoir (à  l’instar de Monsieur Jourdain, qui fait de la prose sans le  savoir) ? 

François Audouy : Sans hésiter, la deuxième option. D’ailleurs, cette citation ne parle pas de littérature mais de la réminiscence pure, des souvenirs qui nous assaillent tous, que nous les écrivions ou non. L’oeuvre de Proust s’adresse à tous les sens : le goût de la madeleine bien sûr, le toucher de la serviette qui rappelle celle de Balbec au narrateur, l’ouïe avec le tintement de la cuiller sur une tasse évoquant le bruit du marteau d’un employé des chemins de fer…

Une des clés du livre est de rappeler l’universalité de l’oeuvre de Proust, qui est tout sauf un auteur bourgeois réservé à une élite. Certes, ce n’est pas une oeuvre facile et il faut se donner la peine d’y entrer  - cela m’a pris plus de trente ans - mais pas non plus un livre élitiste qui vous claque la porte au nez. Son projet nous accepte et nous englobe tous, si nous acceptons de jouer le jeu.  

À la recherche du temps perdu reste un roman d’inspiration autobiographique, où on peut reconnaître un certain nombre de figures proches de l’auteur. De même, ton  livre est inspiré par ton propre parcours. Est-ce Proust qui t’a  donné envie de parler de toi, de ta vie ? 

François Audouy : Tout d’abord, j’insiste sur le fait qu’il s’agit d’une fiction, comme je le fais figurer sur le quatrième. Autofiction, certes, où je mets beaucoup de moi-même. Comme on a souvent confondu le narrateur de La Recherche avec Proust, et de même que j’ouvre le livre sur « Longtemps » et le clôt par « dans le Temps », je m’amuse à brouiller les pistes entre narrateur et auteur.

Évidemment, je ne me suis jamais retrouvé projeté dans les années 20 pour y réécrire La Recherche - bien que j’ai fait un rêve en ce sens qui m’a donné l’idée du livre. Les gens qui me connaissent retrouveront des passages « vrais », je ne dirai pas lesquels, c’est le jeu. De toute manière, à partir du moment où on recrée une situation, même vécue, elle est transformée en fiction.

Je mentionne que j’ai publié un essai sur un poète de l’entre-deux guerres mais je ne précise pas lequel, que je souhaite écrire un livre sur Proust mais qui s'appellerait autrement… Ce sont ces petits décalages qui n’en font pas un livre autobiographique mais un texte inclassable, plus proche d’un roman, que je préfère appeler « fiction ».  

Tu  as écrit un essai sur Antonin Artaud (Antonin  Artaud, le sur-vivant, L’Harmattan, 2016). De même, ici, tu livres de longues réflexions  sur Proust, sur son écriture, son style. Te sens-tu essayiste ?  Et penses-tu te tourner à nouveau vers cette forme littéraire ? 

François Audouy : Je me sens essayiste, oui et non, dans la mesure où je n’établis pas de distinction entre écrire un texte « théorique » et écrire de la fiction. Certes, Proust souligne qu’« une oeuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix » mais, ironiquement, au sein même de cet extrait du Temps retrouvé, il théorise énormément !

Mon essai sur Artaud comportait des passages personnels ; de même, le livre sur Proust, qui est une fiction, peut avoir des passages théoriques. J’aime le mélange des genres. Quant à savoir si je réécrirai des essais, c’est possible. Je travaille actuellement à un nouveau projet sur Artaud, mais je ne sais encore quelle forme il prendra, romanesque probablement. 

On  est frappé par l’abondance de références cinématographiques,  souvent variées. Le septième art t’inspire-t-il, quand tu  écris ? Et si oui, en quoi ? Penses-tu par ailleurs que  Proust puisse être correctement adapté sur grand écran ?  

François Audouy : Le cinéma est très présent dans ma vie donc il est logique qu’il se retrouve dans mes livres. Effectivement, les références sont très variées, de Rashomon à Retour vers le futur en passant par Fellini et Kechiche … Je pense que les films proustiens sont souvent là où on ne les attend pas. Il était une fois en Amérique par exemple, film de gangsters sous la Prohibition, très subtil dans son jeu sur les temporalités avec ce travail d’échos sonores entre l’enfance, la vieillesse et l’âge adulte, cette référence explicite à Proust quand Noodles dit « je me suis couché tôt ».

Il y a aussi une référence à Proust dans Le Grand Sommeil avec Bogart … Le cinéma m’aide à visualiser les scènes. Ainsi, le film de Raoul Ruiz m’a permis  de mieux reconstituer mes souvenirs du Temps retrouvé. Pour moi, il s’agit de la meilleure adaptation proustienne à ce jour, même si j’aime beaucoup, dans un autre style, La Captive de Chantal Akerman. Ruiz a ce côté baroque et onirique qui capture l’essence de Proust. Si on n’adapte que « l’histoire », évidemment, cela ne fonctionne pas. C’est l’écueil du film de Schlöndorff, Un Amour de Swann, loin d’être mauvais mais un peu plat.

On peut évidemment regretter que Visconti, un cinéaste très proustien, n’ait pas abouti son adaptation. Je pense que réaliser un film à partir de La Recherche qui serait à la hauteur du livre est rigoureusement impossible mais c’est précisément pour cela qu’il faut essayer… On peut tenter d’en recréer de beaux fragments, de le revoir, de le décomposer, pourquoi pas d’en faire autre chose.

Dans  ton recueil de nouvelles (Brighton  Rock(s),  L’Ecarlate, 2011), tu évoques longuement la musique. Ici, tu  parles de ton expérience de rocker, à la vingtaine, et cites de  nombreux groupes. Là aussi, l’écriture a-t-elle un impact sur  ton écriture ? Proust, qui a évoqué le musicien Vinteuil  dans La Recherche (un  double de Debussy), semble a  priori assez  loin du rock.  

François Audouy : De facto, le rock est la musique qui a été la plus présente dans ma jeunesse donc j’en parle comme d’une « madeleine », m’inspirant de la démarche proustienne, évidemment sans me prendre pour Proust (« On ne se compare pas à lui mais on s’identifie à lui », en tant qu’auteur, dit finement Barthes).

Chez Proust, l’effet produit est indifférent de sa cause donc l’émotion peut surgir d’une chanson de variété comme d’un opéra de Mozart et François le Champi de Georges Sand, dont le narrateur a conscience de la faible valeur littéraire, est soudain le plus grand roman en ce qu’il lui évoque Combray. Je ne cherche pas à désacraliser Proust en le mêlant à des références moins nobles mais peut-être à le rendre plus humain, moins effrayant en tant qu’auteur patrimonial.

À dix-huit ans, quand j’ai lu pour la première fois Du Côté de chez Swann, et ne suis pas allé plus avant dans La Recherche, cela me semblait beau mais quelque peu intimidant et loin de mon vécu de jeune banlieusard. J’aurais aimé à cette époque que quelqu’un me prenne par la main pour me rendre Proust plus accessible et, si je peux accomplir cette tâche pour quelques jeunes lecteurs aujourd’hui, j’en serai très honoré.

Ce mélange des genres aboutit parfois au comique, particulièrement lorsque le narrateur réécrit Proust à la manière des jeunes de cité, soit en langage wesh.  T’es-tu  amusé en écrivant ceci ? Là encore, s’agissait-il de briser l’esprit de sérieux, la solennité de Proust ?

François Audouy : Je ne pense pas que Proust ait l’esprit de sérieux, c’est même un auteur particulièrement drôle. Cela me frappait encore hier en écoutant Du Côté de chez Swann lu -magnifiquement - par Dussolier. Il y a beaucoup de scènes de franche comédie… Françoise adorable sauf quand elle massacre le poulet (« Sale bête ! ») et s’acharne sur sa rivale Eulalie, par exemple…

Dans les salons, il y a aussi une galerie de personnages tous plus grotesques les uns que les autres… Pour ce qui est de la solennité, qui serait plutôt celle des « proustolâtres », je pense qu’il faut la briser, oui. J’essaie d’écrire avec sérieux mais sans esprit de sérieux - nuance importante !

Simultanément,  tu sors donc deux livres : L’Amour  de Proust au temps du Covid chez Douro, et Mémoire  vive, au Citron gare, maison d’édition créée et gérée par Patrice  Maltaverne. Auteur d’un recueil de nouvelles, d’un essai, et  d’un roman, donc, tu publies pour la première fois un recueil poétique. Pratiques-tu la poésie depuis longtemps ?  

François Audouy : Oui, j’écris de la poésie depuis l’adolescence mais j’ai mis très longtemps à la faire lire, encore plus à la publier. La poésie me paraît le genre le plus difficile, on n’a pas le droit à l’erreur. En prose, si un paragraphe est bancal, on peut parfois retomber sur ses pieds. En poésie, tout doit être parfaitement en place ou le texte ne tient pas la route. Bref, j’ai longtemps écrit des poèmes que je ne trouvais pas forcément dignes d’être publiés.

Je crois qu’on n’est pas sérieux mais pas forcément génial à dix-sept ans, à l’exception d’Arthur Rimbaud. J’ai donc pas mal travaillé pour essayer de trouver une «voix», une tonalité personnelle. Je pense qu’elle se situe dans une langue moderne mais travaillée, nerveuse, «rock», avec une certaine dose de rêve, de révolte et d’ironie. J’ai commencé à publier des poèmes en revue il y a quatre-cinq ans puis Patrice Maltaverne, que je connaissais via son poézine Traction Brabant, m’a contacté pour faire un recueil. 

« La poésie seule voit l’incendie »,  écris-tu page 28. Crois-tu que la poésie ait  une sorte de pouvoir spécial ? Qu’elle offre chose de plus,  par rapport aux autres modes d’expression littéraire ? 

François Audouy : Je pense que la poésie a cette capacité, par l’image, la métaphore, de dire les choses de manière profonde car indirecte, plus incarnée … Pour moi, elle se rapproche presque plus de textes théoriques ou philosophiques dans sa densité que du roman. D’ailleurs, nombre de poètes que j’admire ont produit des textes théoriques, Baudelaire, Artaud, Aragon, Bataille ou Bernard Noël … Un grand poète peut souvent faire un théoricien convaincant, alors que l’inverse est rarement vrai. 

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Parfois ton écriture semble assez hermétique. Certains passages limpides alternent avec des phrases quelque peu énigmatiques (comme chez Artaud, d’ailleurs). Penses-tu que la poésie doit être comprise ? Cultives-tu une forme d’obscurité délibérée ?   

François Audouy : Absolument pas. Je ne cherche jamais à être hermétique et d’ailleurs ne pense pas l’être - mais on est mauvais juge de soi-même. Je pense que la poésie ne doit pas se donner «clés en main», que le lecteur doit en tirer son propre sens, parfois différent du sens d’origine ou supposé tel, mais je ne pense pas qu’il faille être délibérément hermétique, non, cela me paraît même douteux, comme si on voulait masquer un vide. 

« Croyez  au métriques anciennes » déclare  Michel Houellebecq dans Rester vivant,  essai que tu cites dans Antonin Artaud, le sur-vivant (cf.  plus haut). De fait, tu écris ici tantôt en vers libres, tantôt  en vers rimés. Quelle est ta position à ce sujet ? Penses-tu  qu’il faille en revenir à la métrique ?

François Audouy : Je n’ai pas de position dogmatique à ce sujet. Certains poètes sont plus à l’aise avec les métriques classiques, d’autres des formes plus « déconstruites », comme certains athlètes sont plus doués pour le 100 mètres et d’autres le lancer de javelot …

L’essentiel est de trouver une forme qui s’adapte à notre vision. Naturellement, j’ai tendance à écrire en octosyllabes, libres ou rimés, avec un accent sur le rythme et la musicalité. Certains textes empruntent d’autres formes : il y a des vers plus courts, un poème en alexandrins (même «divisés») et un poème en prose -un seul- pour clore le recueil.

Ta poésie, précisément, évoque parfois celle de Houellebecq, qui  fut d’abord poète. Te sens-tu marqué par l’héritage houellebecquien ? Quels seraient tes autres modèles ? On sait que tu co-diriges le revue Echo Antonin Artaud avec Ilios Chailly…

François Audouy : Oui, je suis un grand lecteur de Houellebecq, tant de sa prose que de sa poésie. Je lis beaucoup de poésie, classique comme contemporaine mais j’essaie, dans la mesure du possible, de ne pas être trop « sous influence ».

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La poésie est tellement intime qu’on doit trouver son style propre. Je suis un passionné d’Artaud mais je ne pourrais pas essayer de l’imiter, ce serait absurde et ridicule. Je n’ai pas sa rage permanente, sa « frénésie de l’invention verbale », pour citer Malraux sur Céline. À de brefs moments, je pense à des poètes que j’aime sur une phrase, une tournure, mais c’est rarement de manière consciente.

On  pourrait aussi évoquer Verhaeren, ou encore William Cliff, Jules  Romains, Apollinaire, tant la ville est présente dans ta poésie.  D’où te vient cette obsession ? Parlerait-on de poésie urbaine ?  

François Audouy : Je n’ai pas lu ou très peu les trois premiers auteurs que tu cites. En revanche, j’aime énormément Apollinaire et « Zone » est un de mes textes poétiques favoris du XXème siècle. Il y a peut-être une influence, mais inconsciente, de cette déambulation dans la ville…

Il est vrai que ma poésie est plus urbaine que bucolique. Je suis un pur francilien, ayant toujours gravité, hors quelques séjours à l’étranger, dans cette région, entre l’Essonne, Paris et Saint-Denis… L’arrivée à Paris, à dix-neuf ans - avant, je me considérais comme de banlieue lointaine, provincial presque - a été une étape marquante, comme dans la vie de beaucoup de gens, et dont je tente de rendre compte. J’ai un rapport amour-haine à Paris.

C’est parce que j’aime cette ville qu’elle m’agace régulièrement. J’imagine que cela crée une tension que j’essaie de retranscrire dans certains textes comme « Paris ne m’a pas pris dans ses bras… ».

Là  encore, on est frappé par le mélange des registres. Tu uses  parfois de termes familiers, sinon triviaux. S’agit-il d’un  choix délibéré ? Penses-tu que la poésie soit trop  élitiste ?  

François Audouy : Oui, j’assume d’employer des termes triviaux, sans en faire trop dans ce registre. Dans la vie de tous les jours, on peut aimer lire des classiques comme parler au bistrot avec ses amis, ce sont des registres de langue différents qui ne sont pas incompatibles.

J’aime intégrer la langue moderne ou argotique, utiliser des termes  comme « swag » ou « Malbac » comme j’emploie ceux d’« anamorphose » ou de « dodécaphonisme ». Parfois des mots anglais ou espagnols aussi, une citation en latin ... La langue est variée et tant mieux, la poésie doit le refléter, avoir la palette la plus large.

À l’instar de ton roman, ta poésie semble souvent d’inspiration  autobiographique. Ma première partie s’intitule ainsi « Enfances » et la seconde « Adulte ère ». Penses-tu que toute inspiration soit, justement, autobiographique ? 

François Audouy : Dans mon cas, souvent, mais sans doute pas pour tout le monde. Je dois partir - plus ou moins - de mon expérience, surtout dans Mémoire vive, qui évoque des fragments de souvenirs et d’atmosphères liés à des lieux (Normandie, Essonne, Paris mais aussi l’Asie ou le Sénégal).

Après, il peut s’agir d’une mémoire recréée, fantasmée, qui n’est pas la nôtre directement - d’un « je » multiple. Ainsi, dans un texte du recueil, je m’inspire d’un voyage en Thaïlande en essayant de me mettre dans la peau des prisonniers de la Seconde Guerre mondiale ayant creusé la ligne de chemin de fer entre le Siam et le Myanmar. Je m’imprègne des endroits que j’ai vus mais en imaginant une expérience - atroce - qui n’est pas la mienne.

Cela me paraît plus évocateur que de raconter que ce jour-là, je suis monté dans une Subaru et j’ai perdu mon caméscope - quoiqu’on aurait sûrement pu écrire un très bon texte, plus « houellebecquien », dans ce registre.

Un  lyrisme désespéré apparaît bien souvent. On sent une certaine  noirceur. Écrire permet d’être heureux, ou, à tout le moins, de  dépasser une certaine souffrance ?  

François Audouy : J’aime bien l’expression de « lyrisme désespéré », car je pense qu’il y a une aspiration au lyrisme, chez moi comme chez beaucoup d’auteurs, dans une époque qui en manque. « Désespéré » est tout de même fort, je dirais noir ou désabusé.

J’ai longtemps vécu dans la mythologie du poète maudit mais j’en suis bel et bien revenu et je dirais que l’écriture permet plutôt d’être heureux, oui, même si elle ne résout pas tout - de ce point de vue, je partage désormais davantage la vision de l’écriture de Proust, une forme de jubilation qui donne du sens à l’existence, que celle d’Artaud, violente et noire. 

Je n’aime pas forcément les auteurs qui se sentent obligés d’être dans une vitalité permanente, si elle est forcée. Il y a des moments de creux dans l’existence, des phases de doutes et je pense que l’écriture doit aussi rendre compte de cela. J’ai une affection pour certains poètes «dépressifs», de Baudelaire à Pavese.

En revanche, je dirais que l’écriture peut produire sa propre force motrice et transformer une forme d’inertie en action. Ainsi, je pense que mon poème sur Paris, très sombre dans le fond, a une certaine dynamique interne qui le fait aller de l’avant, une ironie puis une chute qui lui donnent un élan vital et ne le rendent pas entièrement noir - du moins, je l’espère.

De même, l’avant-dernier poème, qui commence par « Quand la dignité n’est plus là/la fatigue s’installe très vite » s’achève par la lutte souvent perdue d’avance/la lutte toujours triomphale : il y a une tentative de sortie de crise, de lutte contre ses propres névroses dans l’espace même du poème.

Un des seuls textes qui se termine sur une note sombre est celui sur la banlieue dortoir, car j’ai du mal à y trouver une forme de vitalité, même si elle a sa beauté propre. Je ne pense pas que les auteurs doivent forcément bander en permanence pour donner du plaisir au lecteur, pour parler trivialement, même si c’est mieux un peu, quand même…

 
 
 
 
 
 
 

 

Par Auteur invité
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L'amour de Proust au temps du Covid

François Audouy

Paru le 01/04/2025

114 pages

Editions Douro

18,00 €

MÉMOIRE VIVE

François Audouy, Arnaud Saintin

Paru le 20/03/2025

69 pages

Le Citron Gare

10,00 €

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Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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Marché du livre au 1er trimestre 2026 : ce que disent les chiffres

Les ventes de livres reculent en ce début d’année 2026, mais le phénomène dépasse la simple baisse conjoncturelle. Derrière les chiffres du premier trimestre, un basculement s’opère : les lecteurs achètent moins, arbitrent davantage et redéfinissent la hiérarchie des titres. Le marché entre dans une phase plus sélective, où visibilité, recommandation et justesse éditoriale deviennent décisives. Par Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco.

10/04/2026, 09:31

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Et si la lecture était une saine addiction ?

Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?

09/04/2026, 15:59

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Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études

L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

03/04/2026, 06:00

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Quais du Polar 2026 : qui domine vraiment le polar aujourd’hui ?

À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.

02/04/2026, 17:30

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“Moins de publications !” : Jeanne & Juliette, le pari d’un modèle éditorial différent

Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.

31/03/2026, 12:35

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Thotario mise sur l’Europe pour changer le destin du livre numérique

À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

30/03/2026, 13:03

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“Lire dans le bain n’est pas dangereux (sauf si tu t’endors)”

À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...

28/03/2026, 10:08

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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Bécherel 2026 : “Ni vrai ni faux”, une fête du livre à l’épreuve du réel

Organisée par la Maison du livre, équipement culturel de Rennes Métropole situé en milieu rural, la fête du livre se déroule durant 3 jours à Bécherel, 700 habitants, première Cité du livre créée en France en 1989. Valérie Auvergne, directrice de la Maison du livre nous raconte cet événement.

26/03/2026, 17:08

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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IA coupables : le Conseil d’État réarme les ayants droit, sans lever tous les verrous

Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?

24/03/2026, 15:42

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Rapprocher le numérique des librairies locales : la nouvelle bataille du livre

On nous a vendu le numérique comme une autoroute sans péage, un horizon lisse où l’œuvre filerait sans frottement du serveur au lecteur. Puis les centres-villes ont vu passer les flux sans toujours en voir la couleur. Dans cette friction entre écran et trottoir, Thotario avance une idée plus subversive qu’il n’y paraît : et si la modernité du livre consistait moins à effacer les librairies qu’à les reconnecter au cœur de la circulation culturelle ? Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

23/03/2026, 11:25

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“Auteurs, renversons les tables de dédicaces !”

Dans les allées bien rangées des Salons du Livre, quelque chose grince. Sous les nappes tirées au cordeau, entre piles calibrées et sourires de circonstance, l’auteur se fige, assigné à résidence derrière sa propre œuvre. Puis surgit François Belley, pirate en embuscade, qui dynamite le décor : assez de cette comédie marchande. Place au désordre créatif, au corps-à-corps avec les lecteurs, à la table qu’on renverse enfin. Par François Belley, écrivain-pirate.

22/03/2026, 09:51

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Politicard : on a joué au jeu de cartes le plus corrosif sur la politique… et c’est redoutable

On pensait avoir tout vu en matière de satire politique. Puis Politicard le jeu de François Belley débarque, et la table de jeu se transforme en salle d’instruction improvisée. Accusations en rafale, indignations circonstanciées, trahisons expresses : ici, la morale ne pèse rien, seule compte la survie. On joue, on triche presque, on rit beaucoup — et soudain, le jeu ressemble étrangement au réel. En attendant le second tour des municipales, que diriez-vous de jouer aux édiles ?

20/03/2026, 11:35

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Auteurs autoédités : le marché caché qui peut rebattre les cartes

Dans les vitrines du numérique, tout semble simple : publier, vendre, encaisser. Puis le décor se fissure. Derrière la promesse d’émancipation, l’auteur indépendant découvre des rails déjà posés, des dépendances discrètes, une liberté sous conditions. C’est dans cette zone grise, entre euphorie créative et capture de valeur, que Thotario tente de planter son drapeau — avec l’odeur très concrète d’un rapport de force qui change de camp. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

19/03/2026, 15:44

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Salon du Livre Genève : Lire et vivre le monde

Pour sa 40e édition organisée du 18 au 22 mars à Palexpo, le salon du livre de Genève affirme plus que jamais sa vocation : faire de la littérature un espace de dialogue avec les grands enjeux contemporains, entre débats d’idées, circulation internationale des voix et réflexion sur les mutations du livre. ActuaLitté ouvre ses colonnes au Salon du Livre de Genève pour une carte blanche autour de sa programmation.

 

18/03/2026, 17:55

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Orwell, Michelin et la tyrannie de l'excellence

Orwell avait raison Après presque un siècle, sa description des cuisines parisiennes des années 1930 trouve un écho glaçant dans l'actualité culinaire de mars 2026.

18/03/2026, 12:08

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Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

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Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35

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Pour une politique commune du jeu en tant que pratique culturelle

Le domaine du jeu, qu'il soit de société ou vidéo, accueille aujourd'hui de nouveaux publics, et se trouve de plus en plus légitimé au sein des pratiques culturelles. Ludothèques et médiathèques le rendent plus accessible, tandis que les professionnels assurent une indispensable médiation. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et l'Association des Ludothèques Françaises (ALF) appellent, dans un texte reproduit ci-dessous, à une politique publique ambitieuse pour affirmer la place du jeu dans les lieux culturels.

11/03/2026, 11:29

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Un Cultura à Forbach : “Pourquoi faire ?”

L'enseigne de produits culturels et créatifs Cultura pourrait s'inviter prochainement à Forbach, en Moselle, après la cession d'une parcelle à Valimmo, la société foncière du groupe. La Librairie-Pâtisserie Autonome, installée dans la ville depuis juillet 2025, interpelle les candidats à la mairie sur les conséquences d'une telle installation pour le tissu commercial du centre-ville. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, la tribune adressée par les libraires aux six candidats et candidates.

10/03/2026, 16:20

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15 minutes de lecture vaudront toujours mieux qu'une injonction à lire

Pourquoi la lecture résiste aux mots d’ordre ? Les politiques publiques ont toujours traqué la formule capable de faire lire. Campagnes nationales, prescriptions scolaires, slogans institutionnels : tous poursuivent le même objectif. Mais l’acte de lire résiste aux mots d’ordre.

10/03/2026, 10:16

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Jean-Yves Mollier : “Cette censure a entraîné une déformation complète de mon entretien”

Nous publions ci-dessous le texte d’un droit de réponse adressé le 2 mars 2026 au directeur de la publication du magazine Livres Hebdo par l’historien Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay / Versailles-Saint-Quentin. Ce document a été transmis par l’intermédiaire de son conseil, Me Stephan Alamowitch, avocat à la Cour.  

09/03/2026, 14:06

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Auteurs autoédités : pourquoi Amazon ne suffit plus pour vivre de ses livres

Le numérique avait promis l’émancipation ; il a surtout dressé des péages partout. Derrière l’écran lisse, des auteurs comptent des pages lues, mendient une mise en avant, regardent filer la marge et le lecteur avec. Dans cette foire aux algorithmes, Thotario entre comme un démonteur de machine : pas pour repeindre la cage, mais pour rouvrir les issues et rendre aux créateurs un territoire qu’ils avaient cessé d’habiter. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

09/03/2026, 13:58

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Macron et Neruda : les conseils que le Nobel chilien aurait donnés au président

Alors comme ça, Emmanuel Macron aime poser avec des livres de la maison Gallimard – et plus particulièrement l'édition Quarto, Résider sur la terre. Œuvres choisies de Pablo Neruda ? invité dans les bureaux de l’Élysée : manuel de survie poétique pour un président en fin de cycle
 

07/03/2026, 08:00

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Le marché d'occasion numérique, un continent juridique encore inexploré

Le numérique culturel s’impose partout, mais un détail change tout : le marché secondaire demeure un désert juridique. Dans le livre comme dans le jeu vidéo, l’achat en ligne ressemble à une propriété. En réalité, il s’agit le plus souvent d’un droit d’usage personnel, encadré par des conditions générales. Je m’intéresse à cette faille depuis le jeu vidéo, mon premier terrain de culture. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

06/03/2026, 14:53

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Face au “modèle économique planétaire mortifère” d'Amazon, “unissons-nous”

L'épisode polémique autour du partenariat noué entre Amazon et le Festival du Livre de Paris, avec l'assentiment du Syndicat national de l'édition, laissera des traces dans la chaine du livre. Il témoigne d'une présence de plus en plus banalisée de la multinationale américaine au sein de cette dernière, un constat contre lequel le collectif lyonnais TENIR ! appelle à se mobiliser, dans une tribune.

06/03/2026, 10:50

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De la Mouffe à la Cartoucherie : l’histoire d’un théâtre radical

Dans un rêve survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un ancien interprète d’Artaud retourne au Théâtre de l’Épée de Bois, comme rappelé à une filiation souterraine. De la rue Mouffetard aux laboratoires des années 1960-1970, se dessine un théâtre-champ de bataille où l’ombre d’Artaud continue de travailler les corps et les lieux. Par Ilios Chailly.

05/03/2026, 17:22

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Jean-Claude Ceccarelli : quand la réalité se mêle à la fiction pour raconter l'Histoire

ActuaLitté ouvre ses colonnes à Jean-Claude Ceccarelli, qui revient sur son goût pour les récits mêlant faits historiques et imagination romanesque. À travers ses ouvrages consacrés à Paris et à la Renaissance italienne, il évoque sa manière de faire dialoguer réalité et fiction pour raconter l’Histoire.

05/03/2026, 15:34

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“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

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Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

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Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

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Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

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Perrette is The New Queen – et si la laitière avait toujours eu raison ?

Les occasions de rêver, sans arrière-pensée ni messages d’alerte subliminaux, devenant assez rares, j’ai pris comme une bouffée d’oxygène, en une sorte de flash réconfortant, l’image de Perrette et de son fameux pot au lait, rendue populaire par Jean de La Fontaine (Fables, Livre VII).

02/03/2026, 15:53