Le jury du prix Eugène Dabit s’est réuni ce midi. Il a désigné Clémentine Mélois lauréate. La remise du prix est prévue le 30 avril à l’Hôtel du Nord, parrainée par Daniel Picouly. La dotation du prix est de 2000 €.
Le 03/04/2025 à 09:00 par Dépêche
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03/04/2025 à 09:00
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« Il faut que je raconte cette histoire tant qu’il me reste de la peinture bleue sur les mains. Elle finira par disparaître, et j’ai peur que les souvenirs s’en aillent avec elle, comme un rêve qui s’échappe au réveil et qu’on ne peut retenir. Avec ce bleu, j’ai peint le cercueil de Papa. »
Clémentine Mélois propose dans ce récit une œuvre d’une grande sensibilité qui a ému et convaincu les membres du jury, emportant une décision finale résumée par l’un des jurés : « Ce livre donne envie de vivre. » Et si la mort ne pouvait être qu’une fête ? Et la fin le début d’un recommencement ?
Le pari de Clémentine Mélois est tenu pour rendre hommage à son père dans la préparation de brillantes et lumineuses obsèques. Le jour de fête est génialement bricolé, partagé avec l’entourage du disparu, les gens du village. Il est célébré dans un cérémonial pensé jusque dans ses moindres détails par le défunt lui-même et où l’art conservera toujours le maître-mot pour supplanter les douleurs du deuil et transporter l’artiste dans un au-delà bien terrestre, celui de nos mémoires.
Bernard Mélois est sculpteur. Il a consacré sa vie à assembler des figures spectaculaires, au cœur du chaos organisé de son atelier, soudant en chantant sous une pluie d’étincelles.
Alors qu’il approche de la fin de sa vie, ses filles regagnent la maison de leur enfance. Aux côtés de leur mère, d’amis, de voisins, elles transforment ce moment de séparation en une célébration, et ses funérailles en une œuvre à part entière.
Voyage en Bretagne pour faire émailler une croix, cercueil personnalisé, préparation d’une cérémonie aux allures de concert géant : l’autrice retrace cette période suspendue, marquée par l’empreinte lumineuse d’un père singulier. Porté par une fantaisie irrésistible, Alors c’est bien propose un regard à la fois tendre et insolite sur le deuil et la transmission. Un hommage vibrant de Clémentine Mélois à ce père bricoleur de génie, qui lui a légué son humour inquiet, son amour du langage et son élan vital de création.
Il convient également de saluer l’excellent roman de Jérôme Chantreau L’Affaire de la rue Transnonain (La Tribu), lui aussi très fortement soutenu par des jurés enthousiastes qui ont salué un style d’une grande précision, des caractères d’époque qui nous parlent d’aujourd’hui dans un récit historique incroyablement documenté et incarné par ses personnages.
DOSSIER - Le Prix Eugène Dabit
Par Dépêche
Contact : depeche@actualitte.com
Paru le 22/08/2024
208 pages
Editions Gallimard
19,50 €
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EICH ALAIN
04/04/2025 à 09:23
Pourquoi ce prix récompense plus spécialement un roman " populiste" plutôt que " populaire " ? Une question sans animosité si ce n'est que " populisme " semble avoir une connotation ( en général) péjorative.Merci .