Direction la Malaisie pour un bel hommage à Somerset Maugham et à la splendeur passée des colonies britanniques. Tan Twan Eng est un écrivain d'origine chinoise, mais il est né en Malaisie en 1972. Il vit désormais en Afrique du Sud à Cape Town. Plusieurs de ses livres ont déjà été traduits en français.
Le 31/03/2025 à 08:00 par Bruno Ménétrier
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31/03/2025 à 08:00
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Dans ce nouveau roman, La Maison des Portes, il met en scène le célèbre écrivain William Somerset Maugham (un peu has-been aujourd’hui, mais c’est l’occasion de le [re-] découvrir) qui a longtemps sillonné l’Asie du Sud-Est et qui signa plusieurs nouvelles, dont celle qui donna, dans les années 20, son titre au recueil intitulé Le sortilège malais.
Maugham était connu pour être homosexuel, mais aussi appointé comme espion par l’Intelligence Service.
« [...] Le paquet s’est déchiré et j’ai vu apparaître le coin d’un livre. J’ai détaché le papier pour lire le titre : Le Sortilège malais, de W. Somerset Maugham.
La table des matières énumérait une demi-douzaine de nouvelles. J’ai feuilleté le livre pour arriver à la dernière. En lisant à voix basse le premier paragraphe, j’ai été transportée instantanément en Malaisie. »
Je n’ai pu moi-même résister à l’appel du large et au plaisir de découvrir cette époque, cet écrivain et ce pays méconnus. La traduction de l’anglais (Malaisie) est signée par Philippe Giraudon.
Dans une belle maison coloniale de Penang, où à l’heure dite « le gong du dîner retentit et vous invite à gagner la salle à manger », il y a là Lesley et Robert Hamlyn, des Britanniques charmants qui accueillent dans les années 1920 le célèbre écrivain Somerset Maugham et son amant-secrétaire Gerald.
Dans les années 1910, ces hôtes charmants ont même fréquenté Sun Yat Sen, le révolutionnaire chinois malchanceux (jusqu’à cette époque du moins : il finira tout de même par présider la nouvelle République chinoise et fonder le Kuomintang !).
Tan Twan Eng nous offre un bel hommage aux années 20, à Somerset Maugham, à la splendeur passée du Commonwealth, au charme désuet et rétro des colonies britanniques. Il n’est plus fréquent aujourd’hui de lire une belle prose classique.
Mais si les Hamlyn semblent former un couple parfait, qu’en est-il réellement ? Et quel est le secret de cette maison des portes ?
« [...] Les murs s’ornaient de battants de porte peints de fleurs et d’oiseaux, ou de montagnes embrumées.
— Je les ai prises dans des boutiques et des temples qu’on allait démolir, expliqua Arthur. J’ai toujours éprouvé un tel sihm-tnhia…
Il se servit du mot hokkien pour “peine de cœur”.
— … à l’idée qu’on allait en faire du bois de chauffage. Un jour, je me suis dit : pourquoi ne pas les acheter ? Ma grand-mère m’avait laissé cette maison, qui était restée vide. C’est l’endroit où j’entrepose mes portes. »
On peut évoquer L’histoire Birmane d’Eric Arthur Blair (alias George Orwell), mais là où Orwell se montrait ironique et caustique, Tan Twan Eng nous invite plutôt à siroter « whiskys stengah et gins pahit » sur la « véranda profonde et ombreuse » de ces colons britanniques où il fait si bon vivre, si l’on veut bien ne pas lire entre les lignes.
Ce roman rend un bel hommage aux œuvres de Somerset Maugham et il y sera donc beaucoup question de relations dysfonctionnelles (comme on dit aujourd’hui) au sein de couples de la bonne société. L’homosexualité sera aussi largement évoquée, un sujet que Maugham évitait soigneusement dans ses œuvres, époque oblige.
« [...] — Personne ne verrait rien d’extraordinaire à ce que des hommes comme vous restent célibataires toute leur vie.
— Après ce qui est arrivé au pauvre… Oscar Wilde ? »
Tout le roman est inspiré d’histoires vraies (y compris le procès de Ethel Proudlock) et c’est une lecture qui permet de découvrir la société britannique et ses colonies, la Malaisie, l’écrivain Somerset Maugham, les premiers soubresauts révolutionnaires en Chine et Sun Yat Sen.
« [...] — Je ne puis qu’approuver Sun d’avoir choisi Penang pour y installer son quartier général. On y trouve des banques anglaises pour transférer des fonds partout dans le monde, un service de télégraphie et un… réseau de transport considérable.
— Vous parlez comme un vrai espion, dit Lesley en lui jetant un regard oblique. »
Avec une très belle fin, toute au service de la magnifique héroïne de ce roman un peu mélancolique : Lesley.
« [...] Nous avions réussi l’impossible : notre liaison était restée secrète. Personne n’était au courant, personne ne se doutait de quelque chose. Au fil des ans, le souvenir de tout ce que j’avais partagé avec lui ne s’effaça pas, mais ses contours pâlirent peu à peu, devinrent flous, si bien qu’il m’arrivait souvent d’avoir l’impression que nous n’avions jamais eu de liaison, que ce n’était qu’une histoire que j’avais trop lue et relue autrefois, au point que je n’aurais su dire quand la fiction cédait la place au souvenir, ni quand le souvenir se fondait avec la fiction. »
Par Bruno Ménétrier
Contact : bmr.menetrier@gmail.com
Paru le 19/03/2025
379 pages
Flammarion
23,00 €
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