#Assises2025 – La précarisation des éditeurs indépendants ne cesse de s’aggraver. Pour envisager des solutions, il est essentiel d’en comprendre les causes. Au-delà des défis structurels propres à la profession, quels sont aujourd’hui les facteurs qui fragilisent à ce point le métier ? Cette dégradation, qui altère le rôle d’acteur culturel, interroge les relations avec les partenaires économiques et institutionnels, dont le soutien influence directement la pérennité de notre activité.
Le 21/02/2025 à 14:30 par Nicolas Gary
9 Réactions | 939 Partages
Publié le :
21/02/2025 à 14:30
9
Commentaires
939
Partages
La précarisation de l’édition indépendante n’est pas un phénomène récent, mais elle s’est fortement aggravée au cours des dernières années. La crise sanitaire de 2020 a accentué des fragilités structurelles préexistantes, et la concurrence avec les grands groupes s’intensifie. Aujourd’hui, les dix principaux groupes éditoriaux captent à eux seuls 90 % des parts de marché des ventes de livres, renforçant un modèle de concentration qui étouffe les maisons plus modestes.
Pour les petits éditeurs, la diffusion et la distribution constituent des points de tension majeurs. Les grands groupes contrôlent une grande partie des circuits de distribution, notamment en librairie, limitant la visibilité des structures indépendantes. Certaines maisons d’édition choisissent de s’adosser à ces réseaux de diffusion pour survivre, tout en redoutant la perte d’autonomie qui en découle.
Le phénomène de surproduction aggrave également la situation. Avec des centaines de nouveaux titres publiés chaque mois, les libraires, submergés, n’ont pas la capacité de mettre en avant toutes les publications. La durée de vie d’un livre en rayon se raccourcit, et les titres qui ne trouvent pas rapidement leur public retournent au distributeur, pesant sur la trésorerie des maisons d’édition.
L’essor du marché de l’occasion constitue un autre défi de taille. Désormais, 20 % des livres achetés sont d’occasion, ce qui représente 10 % du chiffre d’affaires du secteur. Contrairement au livre neuf, cette part du marché échappe totalement aux auteurs et aux éditeurs qui ne perçoivent aucune rémunération sur ces transactions.
Les éditeurs indépendants jonglent avec des finances instables, confrontés à des mises en place aléatoires et à des taux de retour élevés. Certains font le choix d’impressions en petites quantités pour réduire les coûts, mais ces stratégies se heurtent à la réalité des coûts de fabrication : plus un tirage est faible, plus le coût à l’unité est élevé.
Par ailleurs, l’accès aux aides publiques est souvent complexe. Si certaines aides existent, leur obtention requiert un investissement administratif important. De plus, les critères d’éligibilité peuvent exclure certaines structures, notamment celles qui fonctionnent sur des modèles alternatifs comme l’impression à la demande.
Les éditeurs indépendants jouent pourtant un rôle crucial dans la bibliodiversité. Ils prennent des risques en publiant des auteurs inconnus, en défendant des voix marginales et en explorant des genres moins commerciaux.
Ironiquement, les grandes maisons bénéficient souvent de leur travail de découverte : lorsqu’un auteur révélé par un petit éditeur rencontre le succès, il est fréquent qu’une grande maison le débauche avec des avances plus attractives. Or, ces transferts ne sont jamais accompagnés d’une mise en valeur des premiers ouvrages publiés chez les indépendants.
Plusieurs mesures pourraient être envisagées pour limiter cette précarisation croissante :
Un statut juridique spécifique : la reconnaissance de l’édition indépendante comme un secteur distinct, à l’instar de la presse, pourrait lui offrir une protection et des avantages fiscaux.
Un rééquilibrage des aides : plafonner les subventions destinées aux groupes éditoriaux pour mieux soutenir les structures indépendantes permettrait une meilleure redistribution des fonds publics.
Un encadrement du livre d’occasion : une contribution prélevée sur les plateformes de revente pourrait être redistribuée aux éditeurs et auteurs.
Une meilleure visibilité des auteurs transfuges : imposer aux grandes maisons d’édition de mentionner les premiers livres publiés chez d’autres éditeurs lorsqu’elles intègrent un nouvel auteur serait un juste retour des choses.
Une responsabilité partagée
L’ensemble de la chaîne du livre a un rôle à jouer dans cette dynamique. Les libraires peuvent favoriser une mise en avant plus équitable des indépendants. Les lecteurs peuvent choisir d’acheter en librairie plutôt que sur des plateformes en ligne ou de seconde main. Quant aux pouvoirs publics, ils ont le devoir d’adapter leurs politiques de soutien aux réalités économiques des petits éditeurs.
Face aux vents contraires, l’édition indépendante continue d’exister grâce à la passion et à la détermination de ses acteurs. Reste à savoir si la société dans son ensemble prendra conscience de l’urgence de les soutenir, sous peine de voir s’étioler une richesse littéraire irremplaçable.
Retrouvez l’intégralité de table ronde animée par Jean-Marc Robert (chargé de mission en économie du livre, ALCA), en présence de Vincent Henry (éditeur, La Boîte à bulles), David Rupied (diffuseur, DOD&Cie), Patrice Locmant (directeur général, SGDL), Thierry Discepolo (éditeur Agone, et auteur).
Crédits photo : Laetitia Veniat - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
DOSSIER - Economie, coopération au coeur des Assises de l'édition indépendante 2025
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Dans l’ombre des salles de classe, les délégués pédagogiques façonnent silencieusement le lien entre enseignants, élèves et livres. À travers le parcours de Laura Gilles, c’est toute une vision exigeante et incarnée de la transmission des langues qui se dessine.
19/01/2026, 17:00
« Les jeunes ne lisent plus » par-ci, « les jeunes ne lisent plus » par-là... Alors que la lecture est une activité qui semble intéresser de moins en moins les Français, son décrochage chez les jeunes concentre la majorité des inquiétudes. Loin des chiffres et des graphiques, nous nous sommes directement rendus à la rencontre des principaux intéressés au Livrodrome, le parc d'attractions littéraire conçu par l’association Plateforme Culture et soutenu par le CNL.
07/07/2025, 18:26
#Assises2025 – Les machines sont au cœur de tout, ou presque, et même dans le cadre d'une édition indépendante dont la dimension artisanale prime, l'informatique demeure indispensable. Au point que même l'intelligence artificielle était conviée – certes pas à intervenir – pour une table ronde traitant d'humanité et de robots...
25/02/2025, 11:36
Assises2025 – Aides, subventions, soutiens... L'économie du livre dispose de quelques leviers pour accompagner la publication d'ouvrages. Dans le cadre des tables rondes proposées lors des Assises de l'édition indépendante, impossible de passer outre ce sujet.
25/02/2025, 11:03
#Assises2025 – Dans un secteur du livre en crise, où les structures indépendantes se trouvent de plus en plus fragilisées, comment repenser la relation entre maisons d’édition et diffuseurs-distributeurs ? Quelles solutions envisager ensemble pour faire face aux mutations en cours et à venir ?
21/02/2025, 19:56
#Assises2025 – Face à une surproduction éditoriale et à une rentabilité des titres en déclin, aggravée par des crises successives, les éditeurs indépendants doivent sans cesse innover pour atteindre leurs lecteurs. Cette rencontre met en lumière les expériences d’éditeurs ayant exploré de nouvelles voies, que ce soit en repensant les circuits de distribution ou en développant des modes de production durables. Une réflexion collective pour imaginer des solutions viables et bâtir un avenir éditorial plus résilient.
21/02/2025, 19:16
#Assises2025 – Alors que la France bénéficie du soutien des pouvoirs publics et de la loi Lang, les éditeurs d’autres pays doivent relever des défis différents pour assurer la pérennité de leurs maisons et la diffusion de leurs ouvrages. Comment adaptent-ils leurs stratégies pour maintenir un secteur dynamique ? Cette table ronde propose d’explorer d’autres modèles et d’ouvrir de nouvelles perspectives afin d’enrichir nos pratiques éditoriales.
21/02/2025, 13:21
#Assises2025 – Être éditeur indépendant aujourd’hui relève d’un véritable engagement, d’une démarche militante, d’une mission. Se démarquer, affirmer son originalité, légitimer son existence : autant de défis à relever au quotidien. Être éditeur indépendant, c’est proposer une autre façon d’éditer. C’est aussi une autre manière d’exister...
21/02/2025, 13:17
#Assises2025 – En l’espace de deux ans, OPlibris, projet ambitieux co-initié par la FEDEI, aura évolué d’une simple idée présentée lors des premières Assises à une solution concrète accessible aux maisons d’édition intéressées. Ces deuxièmes Assises marqueront ainsi le lancement de la première série de fonctionnalités mises à disposition, tout en offrant l’opportunité de faire le point sur l’existant et les perspectives à venir.
21/02/2025, 13:14
RDVBDAmiens2024 – Chaque année, les Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens proposent une journée professionnelle, destinée aux acteurs de la vie culturelle, étudiants, bibliothécaires, enseignants, amateurs. Cette année, elle se déclinait autour du thème Adaptation et bande dessinée.
22/07/2024, 10:00
RDVBDAmiens2024 – Chaque année, les Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens proposent une journée professionnelle, destinée aux acteurs de la vie culturelle, étudiants, bibliothécaires, enseignants, amateurs. Cette année, elle se déclinait autour du thème Adaptation et bande dessinée.
05/07/2024, 11:27
RDVBDAmiens2024 – Chaque année, les Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens proposent une journée professionnelle, destinée aux acteurs de la vie culturelle, étudiants, bibliothécaires, enseignants, amateurs. Cette année, elle se déclinait autour du thème Adaptation et bande dessinée.
12/06/2024, 13:06
#AssisesEditionsIndépendantes23 – Malgré la place faite à l’édition indépendante en bibliothèque, toutes deux garantes de la bibliodiversité, les liens directs entre éditeurs indépendants et établissements de culture publique sont complexifiés par une diffusion parfois absente ou difficile et les contraintes des marchés publics.
08/02/2023, 18:29
#AssisesEditionsIndépendantes23 – A priori séparées un peu plus par la crise et ses impératifs économiques, l’édition et la librairie indépendantes semblent pourtant réunies sous l’égide de la création et de la diversité.
07/02/2023, 11:04
#AssisesEditionsIndépendantes23 – L’édition indépendante se définit partiellement par la place qu’elle accorde à la création, à ses marges et ses différences. Pour beaucoup, sa relation aux auteurs et autrices illustre pleinement sa démarche de « proximité ».
07/02/2023, 11:02
#AssisesEditionsIndépendantes23 – Face à la concentration des acteurs de la diffusion-distribution, quelles souplesses inventer pour adapter les modèles délégués aux réalités des éditions indépendantes ? Cela passe-t-il par des solutions mutualisées ?
06/02/2023, 13:04
#AssisesEditionsIndépendantes23 – Définir c’est avant tout chercher à caractériser, délimiter et préciser. Exercice redoutable tant les acteurs de l’édition dite « indépendante » sont pluriels. Présenté par Sophie Noël, sociologue, professeure en sciences de l’information-communication à l’Université Paris 2 Panthéon Assas.
02/02/2023, 16:27
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Dans ce nouvel épisode, Mariette Darrigrand revient sur des questions analytiques, puisant dans la sémiologie pour aider l'industrie.
29/07/2022, 12:01
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Avec Sophie Noël, elle se consacre aujourd'hui aux relations entre la recherche universitaire et le monde du livre.
28/07/2022, 14:39
Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Dans cet épisode, deux activités particulièrement corrélées : la cession de droits et les coéditions, avec Sophie Langlais.
27/07/2022, 10:47
PODCAST – Dans un partenariat entre l’Université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Joëlle Losfeld, fondatrice de la maison éponyme, est aujourd'hui notre invitée.
26/07/2022, 11:13
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Le marketing sera au coeur de cet entretien, avec Noëlle Poggioli.
25/07/2022, 10:33
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Elle évoque dans cet épisode les métiers du numérique avec Pauline Rébéna.
22/07/2022, 10:14
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie.
21/07/2022, 10:37
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition, a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Aujourd'hui, une discipline spécifique : le management...
20/07/2022, 10:45
PODCAST – Dans un partenariat entre l’université Sorbonne Paris Nord et ActuaLitté, Corinne Abensour, directrice des Masters d’édition a mené différents entretiens avec des professionnels de l’édition. Ces rencontres, proposées dans un format podcast, offrent un regard et une analyse tirés de l’expérience même de ces acteurs de l’industrie. Aujourd’hui, première diffusion — littéralement, avec Max Prieux, spécialiste… de la diffusion.
15/07/2022, 13:42
PODCAST – La série d’épisodes Dlivrable consacrée aux bibliothèques se clôt sur un volet dédié aux bibliothèques départementales. Pour l’occasion, Coraline Passet donne la parole à Mathilde Vergnaud-Chevalard, directrice de la lecture publique de prêt, ou dit autrement directrice de la bibliothèque départementale de l’Ain.
16/05/2022, 10:25
La série d’épisodes Dlivrable dédiée aux bibliothèques se poursuit. Tandis qu’un premier épisode dressait un panorama des différentes typologies de médiathèques à la Rochelle, les épisodes 55 et 56 donnaient à entendre les bibliothécaires de Conflans Sainte Honorine et ses librairies partenaires.
21/04/2022, 17:11
PODCAST – Depuis plusieurs semaines, le podcast Dlivrable propose une série d’épisodes consacrée aux bibliothèques pour évoquer la manière dont elles s’intègrent dans l’industrie du livre. Notre invitée, Juliette Quarini, directrice adjointe à la bibliothèque d’agglomération Michel Crépeau, à La Rochelle, dressait un panorama des différentes typologies d'établissements. Elle présentait le cycle de vie du livre, le fonctionnement d’une bibliothèque qui achète ses livres par appel d’offre ou encore les spécificités des collections patrimoniales. Par Coraline Passet.
11/04/2022, 09:52
PODCAST – Depuis le 21 décembre 2021, une « loi bibliothèque », défendue par Sylvie Robert, vient encadrer la profession et les missions des bibliothèques qui étaient jusque-là absentes du Code du patrimoine. Mais, quand on parle de bibliothèques, on fait référence à des réalités très différentes.
15/03/2022, 12:10
PODCAST – Le podcast Dlivrable souffle sa première bougie. Pour l’occasion, l’épisode 53 propose une compilation des conseils lectures des invités de l’année. Il vient clore la série d’épisodes consacrée à la littérature et amorce un nouveau format : La Compil’, un recueil des coups de cœur du mois.
01/03/2022, 11:36
PODCAST – La rentrée littéraire amène des questions variées pour l'ensemble des acteurs du livre. Avec sa production gargantuesque, la rentrée de janvier n’a pas fait exception. Alors, comment appréhende-t-on les commandes ? Observons à présent le marché de la grande surface culturelle.
25/02/2022, 12:45
PODCAST – Janvier amorce la rentrée littéraire, celle qu’on a l’habitude d’appeler « la petite rentrée », ou Rentrée d'hiver, avec un nombre de publications conçus pour tenir chaud... Pourtant, avec 545 romans, dont 385 romans français, la rentrée d’hiver 2022 s’impose comme la plus grosse depuis 2015.
07/02/2022, 15:38
Au 1er janvier, une nouvelle mesure de la loi anti-gaspillage est entrée en vigueur. « L’élimination des invendus non alimentaires est interdite. Les industriels devront ainsi mieux gérer leurs stocks afin d’éviter le surplus de production. La mesure [est entrée] en vigueur le 1er janvier 2022 pour les produits couverts par un régime REP (responsabilité élargie du producteur) et [rentrera en vigueur] au plus tard le 31 décembre 2023 pour les autres produits » lit-on sur le site du gouvernement.
20/01/2022, 11:46
Autres articles de la rubrique Podcasts
Sélectionné pour le Prix Frontière, le texte de Judith Schalansky, traduit par Lucie Lamy, déploie une traversée singulière entre souvenirs d’enfance et élans d’émancipation. Un récit fragmenté où la mer devient horizon, et les interdits, matière à résistance.
17/04/2026, 18:56
Au Livre à Metz, le thème de cette édition, « Habiter le monde », ne s’est pas seulement déployé sur scène. Il s’est aussi glissé dans les marges du festival, dans les conversations, les rencontres, les moments suspendus entre deux événements. C’est là que nous avons échangé avec le sociologue David Le Breton.
13/04/2026, 09:53
Un roman ample et profondément humain, où l’exil se transmet de génération en génération, jusqu’à fissurer les identités. Avec Les Maisons de sel, Hala Alyan, traduit par Aline Pacvon, explore ce que signifie appartenir, quand le foyer ne cesse de se dérober.
04/04/2026, 08:30
Entre dystopie et roman d’apprentissage, Phenyx, publié chez Scrinéo, explore un monde où les super-pouvoirs riment avec contrôle politique et perte de liberté. À travers le regard d’une libraire, le livre révèle une tension plus intime : celle d’un héros choisi malgré lui, confronté à un destin qu’il n’a jamais voulu.
26/03/2026, 18:05
À la librairie Bisey de Mulhouse, Sarah Bio défend un roman court mais saisissant. Avec Nous n’avons rien à envier au reste du monde, sélectionné pour le Prix Frontières 2026, Nicolas Gaudemet met en scène une histoire d’amour sous contrainte, dans une Corée du Nord où les sentiments eux-mêmes deviennent suspects.
19/03/2026, 15:46
Dans une librairie de Mulhouse, une conversation s’ouvre autour d’un premier roman qui ne laisse pas indifférent. Les Certitudes, de Marie Semelin, entraîne le lecteur dans une fresque humaine où les trajectoires individuelles croisent la grande histoire, entre Jérusalem et Ramallah. Pour Raphaële Gueit, libraire à la librairie 47° Nord, le livre frappe d’abord par sa capacité à mêler souffle romanesque et profondeur politique.
07/03/2026, 09:30
Michèle Pedinielli dirige une nouvelle série au sein de L’Aube noire, « L’Affaire qui… ». Le geste : confier à des plumes du noir un fait divers historique, afin de lire une époque dans ses journaux. « J’ai eu envie de demander à des auteurs de noir, dont je connais la plume, de s’emparer d’un fait divers historique, surtout pour nous parler de la société de l’époque à travers le traitement médiatique. »
13/02/2026, 17:18
Un homme se réveille sous terre, sans explication, contraint de ramper dans un boyau obscur. Avec Mouette, Dimitri Rouchon-Borie signe un roman exigeant qui transforme l’enfermement en expérience de lecture. Romain, libraire au Grain des Mots à Montpellier, revient sur un texte qui éprouve, dérange, et continue de travailler le lecteur bien après la dernière page.
10/02/2026, 16:54
Dans la librairie Albin Michel du boulevard Raspail, la discussion glisse vite du simple conseil de lecture vers une immersion totale dans l’univers d’Eldorado, le roman graphique de Marcello Quintanilha. Clément Doucet replace d’emblée l’ouvrage dans une perspective historique et sociale large, rappelant qu’il s’agit d’un récit qui traverse plusieurs décennies d’histoire brésilienne, tout en restant profondément ancré dans l’intimité familiale.
02/02/2026, 16:23
Avec L’Arche de Mère, Pierre Bordage signe un space opera ample et habité, où l’aventure cosmique se double d’une interrogation grave sur l’amour, la foi et la survie collective. À la librairie La Dimension Fantastique, Julien revient sur une lecture marquante : un roman qui embrasse le spectaculaire sans jamais renoncer à l’intime, et qui rappelle combien la science-fiction peut encore parler au cœur autant qu’à l’esprit
31/01/2026, 18:39
Ni méthode clé en main ni discours théorique : 12 ateliers d’écriture créative, d’Isabelle Mercat-Maheu, propose une approche sensible et progressive de l’écriture. À travers le regard de Louise, libraire au Rêve du papillon, le livre se révèle comme un outil d’accompagnement, pensé pour lever les blocages et remettre la pratique au centre.
24/01/2026, 11:55
Il y a des livres qui ne naissent pas d’un projet longuement mûri, mais d’un pas de côté. Qui se ressemble, paru en janvier 2026 chez Buchet Chastel dans la collection La Résonnante, appartient à cette catégorie rare : celle des récits qui surgissent presque malgré leur autrice, comme appelés par une nécessité souterraine. Agnès Desarthe le dit d’emblée : sans le hasard d’une commande, ce texte n’aurait sans doute jamais vu le jour. Trop intime, trop chargé, trop risqué peut-être.
13/01/2026, 14:38
Présent dans la dernière sélection du prix BD Fnac France Inter 2026, Silent Jenny de Mathieu Bablet déploie une science-fiction grave, traversée par la perte et l’éco-anxiété. À travers le parcours de Jenny, le récit interroge ce qu’il reste à transmettre quand le monde d’avant a déjà disparu.
02/01/2026, 16:44
Sélectionnée dans la dernière liste du prix BD Fnac France Inter 2026, Soli Deo Gloria serait un roman graphique qu’on ne mesure qu'en l’ouvrant, nous assure Cédric, libraire à la Fnac Lille. Une fresque sombre et lumineuse où la musique s’invente en images, portée par le destin de deux jumeaux arrachés à la misère.
02/01/2026, 16:35
À la Fnac La Défense, au cœur d’un matin volontairement matinal, la discussion s’engage autour d’un livre qui ne laisse pas indemne. Sibylline. Chroniques d’une escort girl, roman graphique de Sixtine Dano publié chez Glénat, s’impose d’emblée comme un objet singulier, à la fois fragile et frontal. Sélectionné pour le prix BD Fnac France Inter 2026, l’ouvrage fait l’objet d’un regard attentif et sensible de la part de Virginie, libraire, lectrice… et mère.
02/01/2026, 16:27
À la Fnac Bercy, la discussion démarre presque comme un jeu de rôles. Lionel Viscogliosi sourit : le général de la BD nous accueille dans son bureau et le décor est posé : Les Gorilles du Général n’est pas une bande dessinée sur le pouvoir vu d’en haut, mais sur celui qui s’exerce dans les angles morts, dans les couloirs, dans les voitures aux vitres closes. Une politique vécue à hauteur d’hommes – et de corps.
02/01/2026, 16:23
Il suffit parfois d’une couverture pour déclencher un trouble. Celle de Ces lignes qui tracent mon corps, de Mansoureh Kamari publié chez Casterman, agit comme un aimant discret. Un regard, à la fois frontal et fuyant. Une promesse de récit intérieur. Figurant dans la sélection des cinq albums du prix BD Fnac France Inter 2026, ce roman graphique marque entre douceur du trait et violence du propos.
02/01/2026, 16:21
À l’aéroport, sur le point d’embarquer pour le Chili, Nicole Mersey-Ortega confie ce que son roman Même le froid tremble a bouleversé dans sa vie. Entre fatigue, lutte politique et désir farouche de liberté, elle raconte comment l’écriture devient un geste pour continuer ailleurs, autrement.
09/12/2025, 15:38
Le dépôt-vente, ce sont ces circuits parallèles aux lieux habituels de commercialisation des livres, pour toucher d’autres publics. Sophie Caillat, fondatrice et directrice des Éditions du Faubourg, maison indépendante lancée en janvier 2020 et Kézia Lacour, nous raconte comment leur vie a changé dans la gestion de ces stocks, par nature éparpillés…
08/12/2025, 16:33
François Belley arrive avec une énergie presque contagieuse, celle de quelqu’un qui vit ses idées autant qu’il les écrit. Présenté comme un « producteur d’idées », il s’amuse de cette formule autant qu'il la revendique pleinement. Ou l'inverse ?
04/12/2025, 17:07
Au Palais de la Porte Dorée, Clara Lodewick sourit encore de l’effervescence provoquée par Moheeb sur le parking, la bande dessinée qui lui vaut le prix Porte Dorée 2025. L’album, pensé comme un huis clos à ciel ouvert, suit un jeune réfugié afghan, échoué dans une attente interminable. Une histoire qui, comme elle le raconte, « remonte à mes 17 ans, quand je passais mes journées auprès d’un collectif d’Afghans sans papiers ».
01/12/2025, 12:00
Dans le silence minéral de la Bibliothèque Abbé-Grégoire à Blois, l’autrice taïwanaise s’installe avec douceur, presque à pas feutrés. Elle a rejoint le festival BD Boum qui a mis Taiwan à l’honneur cette année. Un entretien à pas feutrés…
24/11/2025, 11:46
Quand il se présente, Maxime Garbarini esquisse un sourire timide, presque incrédule face au chemin parcouru. Il se décrit d’abord simplement comme « dessinateur et auteur de comics dans mon temps libre ». Et pourtant, quinze ans après la naissance de Close Call Comics, ce label indépendant devenu, presque malgré lui, une petite pépinière internationale, force est de constater que son univers est désormais solidement bâti, réfléchi, exigeant — à son image.
22/11/2025, 16:01
Dans Rattraper l’horizon, Khosraw Mani retrace l’itinéraire d’un jeune Afghan sans nom, propulsé des étendues immobiles d’un village isolé vers la violence vibrante de Kaboul. À L’Opuscule, le libraire Waldeck raconte la découverte de ce roman singulier, « un ovni littéraire », dont l’écriture incisive, les résonances féministes et la puissance d’évocation continuent de travailler longtemps après la lecture.
17/11/2025, 09:30
Dans la voix chaleureuse de Joseph Doverman, quelque chose accroche immédiatement : un mélange d’enthousiasme juvénile et de profondeur tranquille, comme si chaque souvenir culinaire avait laissé une empreinte vivante. L’auteur d’Irlande – Les meilleures recettes d’un pays chaleureux et authentique raconte son parcours comme on déroule un fil de laine, sans effets ni artifices, mais avec cette sincérité têtue qui le caractérise.
16/11/2025, 13:08
Lors du Festival du Livre Gourmand de Périgueux, Claire Bergé-Lefranc et Benoist Husson ont offert un moment suspendu, à mi-chemin entre confidence culinaire et coulisses de création. L’un est fondateur de KidSono — une société spécialisée dans l’audio jeunesse — l’autre cheffe et fondatrice du traiteur Chicken Bacon Lettuce. Ensemble, ils racontent cette aventure singulière : Madeleine de cheffes, un podcast devenu livre jeunesse publié chez Gallimard Jeunesse.
16/11/2025, 10:10
À Périgueux, la rencontre avec Marion Chatelain a pris des allures de conversation joyeuse autour d’un sujet qu’elle porte avec panache : le gras. Son ouvrage Le gras c’est la vie (Flammarion - photos de Rina Nurra), défend une vision chaleureuse, presque philosophique de cette matière tant aimée que souvent mal comprise. Dès les premières minutes, l’autrice rappelle que « le gras rassemble », comme une évidence qui se vérifie autant dans une cuisine familiale que dans une salle de banquet.
15/11/2025, 18:33
À l’approche du Festival du Livre Gourmand 2025, la ville de Périgueux s’apprête à se transformer, une fois encore, en un vaste théâtre dédié à la littérature culinaire et à l’art de vivre. Pour le maire Émeric Lavitola, l’événement incarne bien plus qu’une célébration des plaisirs de la table : c’est une respiration collective, un moment d’unité.
12/11/2025, 15:22
Dans Même le froid tremble, Nicole Mersey Ortega explore la fatigue des corps qui ploient sans jamais rompre, ces corps façonnés par le travail, la honte et le désir. Son écriture, charnelle et politique, redonne souffle et dignité à ceux que la société rend invisibles. À travers la voix de l’autrice, la littérature devient à la fois cicatrice et résistance : un cri discret mais inaltérable.
08/11/2025, 09:46
Dans l’univers feutré de la bande dessinée franco-belge, rares sont les héros à demeurer aussi vivants après un quart de siècle d’albums. Largo Winch, l’aventurier milliardaire créé par Jean Van Hamme et Philippe Francq, fait partie de ceux-là. Avec Si les dieux t’abandonnent, vingt-cinquième tome de la série, le dessinateur s’associe pour la première fois au scénariste et réalisateur Jérémie Guez. Une rencontre placée sous le signe du respect et du renouvellement.
06/11/2025, 15:11
Dans Même le froid tremble, Nicole Mersey Ortega fait danser la langue au rythme des rues de Santiago. Entre poésie et pulsation, son écriture respire, tape, trébuche parfois, mais ne s’arrête jamais. Portée par une musicalité organique, l’autrice compose un roman vibrant où chaque phrase semble battue par un cœur collectif.
31/10/2025, 15:22
Sous sa couverture douce et poétique, Peuple de plumes cache une fable puissante, aussi politique que sensible. Signé par Adèle Tariel et Jérôme Peyrat, ce récit publié au Père Fouettard transporte le lecteur dans un futur suspendu entre ciel et terre — un monde où les humains, réfugiés dans des cités aériennes, ont relégué les oiseaux au sol, condamnés à survivre parmi les brumes et la pollution.
30/10/2025, 13:11
Dans l’arrière-salle lumineuse de la librairie Albin Michel, boulevard Raspail, Clément Doucet sourit : les « préanimaux » l’ont cueilli par surprise. Il raconte que l’album jeunesse Préanimal (T1 – Je veux être un chat) de Canizales, publié aux éditions du Père Fouettard (coll. Marave), « dépoussière » le rayon BD Kids — et pas seulement.
25/10/2025, 14:41
Avec Même le froid tremble, Nicole Mersey Ortega raconte le traumatisme d’un Chili qui n’a jamais refermé ses plaies. À travers la voix des femmes et des quartiers populaires, son roman met à nu les fractures d’un pays où la mémoire, la lutte et la tendresse se confondent.
24/10/2025, 13:23
L’album Yiyun, de Cosey, est paru ce 10 octobre aux éditions Le Lombard, en format de 70 pages. Il s’inscrit dans une veine autobiographique fictionnelle qui mêle souvenirs, mystère et héritage culturel. Pour nous le raconter, nous avons rencontré Clément Doucet de la librairie Albin Michel à Paris.
17/10/2025, 16:55
Top Articles
La Complainte des Boîtes à Livres : “Nous ne voulons plus nous taire” Trump “tellement stupide” que même Stephen King n'a “plus les mots” Au Japon, les particuliers louent des mini-rayons dans une une grande librairie Mort de Séverine Erhel, la chercheuse qui éclairait le débat sur les écrans
9 Commentaires
Kujawski
21/02/2025 à 17:10
Merci pour cette analyse de fond. Qui appelle quelques approfondissements :
- Un rééquilibrage des aides : il faut en effet pointer et corriger l'inégalité de traitement par les institutions publiques (nationales ou locales) entre édition indépendante et groupes. Ce qui passe par un éclaircissement et de la transparence dans les critères d'attribution des aides.
Les prix littéraires sont-ils à classer parmi les aides ? Si il ne sont pas - sauf exceptions - attribués par la puissance publique, il sont, pour les plus importants d'entre eux, une manne qui ne bénéficie le plus souvent qu'aux groupes éditoriaux. Et, en tant que telle, à intégrer dans les déséquilibres structurels entre petite et moyenne édition d'un côté, groupes de l'autre.
- Un encadrement du livre d’occasion : de l'importance du fléchage - en l'occurrence, vers certaine plate-forme bien connue, ou alors la mesure cible Gibert Joseph, et l'injustice est patente,
- Une meilleure visibilité des auteurs transfuges : excellente idée, hélas sans effet prévisible en librairie. C'est, à mon sens, en amont que les choses doivent se faire : tous/toutes ces auteur(e)s qui jurent de leur amour pour leur éditeur/éditrice, et auxquel(le)s il suffit d'un bon déjeuner au bout du boulevard du Montparnasse pour le/la laisser tomber, en faveur d'un chèque plus dodu, ces gens-là se classent parmi les parasites de l'économie du livre. Les médias doivent s'emparer du sujet, sans lésiner sur de grosses polices de caractères. Qu'aucun(e) lecteur ou lectrice ne puisse dire qu'il/elle ne savait pas en sortant de leur librairie.
Sans, bien sûr, oublier les agents, certains d'entre eux en tout cas, qui rêvent d'auteur(e)s comme de stars du foot ou de liquides adoucissants. Et ne doivent pas faire oublier les autres, qui restent dans une éthique qui fait tout leur honneur.
ninja
21/02/2025 à 21:18
Regardons la réalité...
Si les éditeurs indépendants (ainsi que les auteurs qu'ils publient) ont des soucis, c'est qu'ils ne vendent pas assez de livres. (Quelqu'un est surpris ?)
Il y a alors plusieurs grandes catégories d'analyses...
- Ils essaient de vendre des livres qui n'intéressent pas les gens qui achètent des livres.
C'est très clairement le cas localement où la catégorie de livres qui a la plus forte croissance est celle de la romance ou de la romantasy, genre littéraire (vaguement) qui ne motive en général pas les éditeurs indépendants épris de qualité.
- Ils ont des lecteurs potentiels qui trouvent leurs livres intéressants mais qui n'ont pas les moyens de les acheter.
C'est très clairement le cas localement où la catégorie de population la plus liseuse potentiellement, celle des enseignants et des journalistes a des revenus très bas et certainement pas de revenu disponible pour des achats en librairie.
- Les livres qu'ils essaient de vendre sont fabriqués à un coût trop élevé.
C'est très clairement le cas localement. Prenons des écrivains bien connus sans être des ultra célébrités, aux E.U. James de Percival Everett coûte 18,50 euros relié avec jaquette, au Japon Soeurs en jaune de Kawakami Mieko coûte 13 euros relié avec jaquette et signet, en France Tout le monde aime Clara de David Foenkinos coûte 20 euros en dos collé sans jaquette et sans signet.
- ils essaient de vendre des livres à une population dont une grande partie ne sait pas lire.
C'est très clairement le cas localement. les chiffres du gouvernement indiquent que 40% des élèves sortent de l'école primaire sans maitriser la lecture. Il est bien clair que ceux-ci n'achèteront jamais de livres.
- Ils essaient d'envoyer des livres aux lecteurs mais ça coûte trop cher.
C'est très clairement le cas localement. Envoyer un livre par la poste coûte 6 euros en France (quand il arrive) contre 1,60 euros au Japon avec tracking et livraison garantie en 2 jours.
La véritable question est alors à mon sens :
Pourquoi donc voulez-vous qu'il y ait des éditeurs indépendants en France ?
Ninja...
Licia
22/02/2025 à 09:40
Bonne initiative. Les editeurs et les auteurs independants meritent mieux d'être pris en consideration.
Anne
22/02/2025 à 10:07
Dans le titre de l’article, tout est dit! Pourquoi, mais pourquoi, éditer des manuscrits passables ? On pourrait comparer cette surproduction de trucs en forme de livres avec la surproduction de séries en forme de films. Incompréhensible !
Gervais
22/02/2025 à 11:04
Une table ronde avec Rupied ? De qui se moque t'on ?
Antonio De Morais Cardoso
22/02/2025 à 11:38
La conclusion de ces Assises de l'édition, à Bordeaux, est rapide et simple : la précarité des petits éditeurs s'accroît ainsi que la concentration des grands groupes (Hachette, Editis, Madrigall... ne laissant que quelques miettes (environ 10% aux indépendants). Si rien n'est fait, bientôt les lecteurs ne trouveront chez leur libraire que des auteurs et titres qui ne sont validés que s'ils correspondent à la ligne éditoriale de ces groupes, soutenus par certaines organisations professionnelles. Suivez mon regard...! Pour la diversité, on repassera.
florence mothe
22/02/2025 à 15:43
Tout ce que vous dites est fort juste, mais il y a deux choses essentielles qui vous échappent : l'essentiel est la diffusion, la réussite est la promotion. Une maison sans diffuseur et sans attachée de presse compétente est destinée à la faillite et ses auteurs avec. Or, il est patent que de nombreuses petites maisons de province sont subventionnées par les régions et les départements mais ne diffusent pas, ce qui représente 54% du prix du livre. Un livre est destiné à rencontrer ses lecteurs, donc à être diffusé et promu.
Antonio De Morais Cardoso
23/02/2025 à 11:13
Non, la diffusion ne m’échappe nullement. C’est effectivement essentiel pour une maison d’édition. Cependant, vous admettrez certainement que, seuls les 4/5 diffuseurs, sur une vingtaine qui sont dans le marché, sont capables de faire « plier » les libraires en leur imposant les titres qui font l’objet d’importantes campagnes de promotion et par conséquent d’investissements que seuls ces grands groupes sont en mesure d’effectuer.
Par ailleurs, ces diffuseurs sont également distributeurs et possèdent directement ou indirectement la majorité des éditeurs à l’origine de presque 90% des ventes de livres en France.
baronne-merly
23/02/2025 à 13:27
Bonjour à tous,
Dans mon blog
www.baronne-merly.com
Je lis et relis des romans français et étrangers. Je n'hésite pas à me heurter avec des éditeurs qui publient et encensent des livres qui ne devraient pas l'être, mais qui plaisent à un public de moins en moins exigeant.
Notre belle langue française se meurt. Parfois, des étrangers savent mieux parler notre langue que nous.
Pour ma part, je souhaiterais voir disparaître les livres mal écrits français, mais aussi étrangers. Je voudrais le retour des auteurs des siècles passés indispensables pour comprendre l'évolution de notre langue avec des gens capables d'en parler.
Je voudrais des éditeurs amoureux de notre langue et prêts à s'investir sur des manuscrits d'auteurs inconnus, mais talentueux.