Antonine Maillet, figure emblématique de la littérature acadienne, s'est éteinte le 17 février 2025 à l'âge de 95 ans, rapporte son éditeur Leméac. Celle qui est née à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, a consacré sa vie à la promotion de la culture et de l'histoire de sa terre, à travers une œuvre littéraire prolifique et reconnue internationalement.
Le 17/02/2025 à 17:50 par Hocine Bouhadjera
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17/02/2025 à 17:50
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« Antonine Maillet a contribué à fixer par son talent et sa faconde la réalité acadienne dans la géographie littéraire francophone, notamment avec la création des archétypes de La Sagouine et de Pélagie-la-Charrette », partage le directeur de Leméac Éditeur Pierre Filion.
Et de développer : « Porte-parole de l’Acadie depuis plus de soixante ans, elle a largement participé, autant par ses écrits que par son engagement indéfectible, à l’affirmation de l’identité acadienne en terre d’Amérique. Les lettres françaises du XXe siècle lui doivent beaucoup. »
Issue d'une famille de huit enfants, Antonine Maillet grandit dans un environnement où la culture française et l'identité acadienne occupent une place centrale. Ses parents, tous deux instituteurs, lui transmettent dès son plus jeune âge l'amour de la langue et des traditions de son peuple.
Elle décroche une maîtrise ès arts en 1959 à l'Université de Moncton, puis un doctorat en littérature en 1971 à l'Université Laval, avec une thèse intitulée Rabelais et les traditions populaires en Acadie. Tout un programme...
Parallèlement à sa carrière d'enseignante de lettres au Collège Notre-Dame d'Acadie, de 1954 à 1960, elle s'investit dans l'écriture, et publie en 1958 son premier roman, Pointe-aux-Coques. Mais c'est avec la pièce La Sagouine en 1971 qu'elle connaît une reconnaissance majeure. Ce monologue, incarné par la comédienne Viola Léger, donne voix à une femme de ménage acadienne et devient rapidement un symbole de la résilience et de la richesse culturelle de l'Acadie.
En 1979, son roman Pélagie-la-Charrette est couronné du Prix Goncourt, faisant d'elle la première auteure non européenne à recevoir cette distinction. Cette épopée retrace le retour des Acadiens déportés vers leur terre natale et est saluée pour sa profondeur historique et son style narratif remarquable.
Antonine Maillet a publié plus d'une quarantaine d'œuvres, mêlant romans, pièces de théâtre et essais. Son écriture, imprégnée de l'oralité et des particularismes linguistiques acadiens, a grandement contribué à la reconnaissance et à la valorisation de cette culture au sein de la francophonie. Sa dernière oeuvre en date, Le roi Ovide XIX, est parue en juillet 2024.
Outre d'avoir remporté une quinzaine de prix littéraires durant sa carrière littéraire, elle est nommée Officier et Compagnon de l'Ordre du Canada en 1976, Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres de France en 1989, Officier de l'Ordre national du Québec en 1990 et reçoit la Légion d'honneur en France en 2004. De 1989 à 2000, elle a occupé par ailleurs le poste de chancelière de l'Université de Moncton.
Elle a siégé au sein de plusieurs institutions prestigieuses, notamment l'Académie des lettres du Québec, les Académies des arts, des lettres et des sciences du Canada, ou la Société des gens de lettres de France.
Crédits photo : Leméac Éditeur
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 01/03/1990
185 pages
Bibliotheque Québecoise
10,50 €
1 Commentaire
Alain Cipit
24/02/2025 à 20:20
Antonine Maillet, première Goncourt non européenne.
Et René Maran, en 1921 ? Oublié ?