Le Grand Prix suisse de littérature a été décerné à Fleur Jaeggy, autrice zurichoise écrivant en italien et largement publiée chez Gallimard, saluée pour son écriture « profonde » et ses thèmes de solitude. Sept autres auteurs, dont les francophones Catherine Lovey et Romain Buffat, ont également été récompensés. La remise des prix aura lieu lors des Journées littéraires de Soleure le 30 mai.
Le 13/02/2025 à 12:05 par Hocine Bouhadjera
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13/02/2025 à 12:05
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Depuis 2012, l’Office fédéral de la culture décerne chaque année les Prix suisses de littérature, qui s’intègrent dans le cadre des prix suisses de la culture. Le Grand Prix suisse de littérature récompense un auteur ou une autrice pour l’ensemble de son œuvre. En alternance, un an sur deux, sont également attribués le Prix spécial de médiation et le Prix spécial de traduction. En parallèle de ces distinctions, sept prix sont remis sur concours à des ouvrages publiés au cours de l’année littéraire écoulée.
Grand Prix suisse de littérature 2025, doté de 40.000 francs suisses, décerné à Fleur Jaeggy, dont toutes ses publications ont paru chez la maison d’édition italienne Adelphi, qui a accompagné son parcours littéraire.
Née à Zurich en 1940, Fleur Jaeggy a passé son enfance dans plusieurs internats en Suisse avant de s’installer à Rome, où elle se lie d’amitié avec l’écrivaine autrichienne Ingeborg Bachmann. Depuis 1968, elle réside à Milan. Son œuvre, traduite dans plus d’une douzaine de langues, a été récompensée par de nombreux prix prestigieux.
Parmi eux, le Premio Bagutta pour I beati anni del castigo (Les années bienheureuses du châtiment, Gallimard), le Premio Moravia pour La paura del cielo (La Peur du ciel, Gallimard), ainsi que le Premio Viareggio pour Proleterka (Gallimard), désigné « meilleur livre de l’année 2003 » par le Times Literary Supplement. En 2015, son recueil de nouvelles Sono il fratello di XX (Je suis le frère de XX, Gallimard) a reçu le Premio Letterario Internazionale Giuseppe Tomasi di Lampedusa.Tous les titres mentionnés ont été traduits en français par Jean-Paul Manganaro.
Plus récemment, en 2024, la Fondation Martin Bodmer lui a décerné le Gottfried-Keller-Preis pour l’ensemble de son œuvre.
Les œuvres de Fleur Jaeggy explorent des sujets profonds, douloureux et inquiétants comme la solitude, l’amitié obsessionnelle, l’aliénation, le détachement émotionnel, les liens familiaux perturbés et dépourvus d’empathie et, enfin, la mort. Au centre de sa prose, on trouve la solitude : ses personnages vivent souvent dans des milieux clos et répressifs, comme des collèges ou des internats. Leur séparation d’avec le monde extérieur et le contraste entre le « dedans » et le « dehors » les amène tout à la fois à se plonger dans une profonde introspection et à ressentir une aliénation presque totale.
(...) Son écriture explore le monde en profondeur et ne fait aucune concession au sentimentalisme. Pourtant, sa prose, malgré sa froideur apparente, nous touche par sa capacité à saisir les nuances les plus ténues et les aspects les plus obscurs et les plus secrets de l’âme humaine.
- Eloge du jury du Grand Prix suisse de littérature
Le Prix spécial de médiation 2025 à l’association Sofalesungen / Lectures Canap / Lettura sul Sofà.
Depuis dix ans, elle transforme les salons privés en salons littéraires publics, rapprochant la littérature des gens. Dans un cadre multilingue soigneusement organisé, des auteurs et modérateurs investissent les quartiers pour des rencontres uniques. Les hôtes, véritables médiateurs littéraires, ouvrent leurs portes et leur salon pour accueillir leurs voisins et le public, créant une ambiance intime propice aux
échanges.
Cette approche originale, mêlant diversité des genres – prose, poésie, spoken word
– et accessibilité, permet à tous, amateurs comme novices, de vivre une expérience littéraire
hors des sentiers battus.
Cette distinction est également dotéee de 40.000 francs suisses.
À côté du Grand Prix suisse de littérature et du Prix spécial de médiation, le Jury fédéral de littérature a également désigné les lauréates et les lauréats des Prix suisses de littérature pour les ouvrages suivants, parus au cours de l’année littéraire écoulée :
Fabio Andina, Sedici mesi, Rubbettino Editore
Romain Buffat, Grande-Fin, Éditions Double ligne
Eva-Maria Leuenberger, die spinne, Literaturverlag Droschl
Laura Leupi, Das Alphabet der sexualisierten Gewalt, März Verlag
Catherine Lovey, Histoire de l’homme qui ne voulait pas mourir, Genève, Éditions Zoé
Nadine Olonetzky, Wo geht das Licht hin, wenn der Tag vergangen ist, Fischer Verlag
Béla Rothenbühler, Polifon Pervers, Der gesunde Menschenversand Verlag
Ces prix sont dotés chacun de 25.000 francs suisses.
Catherine Lovey est née en 1967 dans une famille de paysans de montagne. Après des études en relations internationales, elle obtient un diplôme en criminologie et exerce en tant que journaliste spécialisée dans les questions économiques et financières pour la presse écrite. Elle fait ses débuts en littérature en 2005 avec la publication de son premier roman, L’Homme interdit, aux éditions Zoé. Son dernier ouvrage, Histoire de l’homme qui ne voulait pas mourir, a été largement récompensé, recevant le Prix Alice Rivaz, le Prix Michel Dentan ainsi que le Prix de l’Académie nationale de médecine.
Romain Buffat, auteur de Grande-Fin publié aux Éditions Double ligne, est né en 1989 à Yverdon-les-Bains et réside aujourd’hui à Lausanne. Après une formation en écriture à l’Institut littéraire suisse de Bienne, où il co-fonde le collectif littéraire Hétérotrophes, il poursuit des études de Lettres à l’Université de Lausanne. Il enseigne actuellement à l’Institut littéraire suisse en tant que chargé de cours. Son premier roman, Schumacher, paru aux éditions d’Autre part, lui a valu le Prix Terra Nova de la Fondation Schiller.
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 09/11/2017
122 pages
Editions Gallimard
15,00 €
Paru le 02/02/2024
174 pages
Editions Zoé
17,00 €
Paru le 05/10/2023
176 pages
Roaditude
19,00 €
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