#Roman francophone

Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

Le 16/02/2025 à 10:09 par Les ensablés

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16/02/2025 à 10:09

Les ensablés

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Il vécut une partie de sa vie aux États-Unis où il enseigna la littérature et obtint la nationalité américaine. Ami de Gide et de Norman Mailer avec lesquels il entretint des correspondances régulières (toutes deux publiées), Malaquais se revendiquait « métèque et apatride ». Il a publié trois romans : « Les Javanais» (prix Renaudot 1939, objet d’un précédent article), « Planète sans visa » publié en 1947 et « Le Gaffeur », son dernier roman publié en 1953.

Jean Malaquais, un écrivain en exil

Situé dans une société bureaucratique et totalitaire désignée sous le terme de la Cité, « Le Gaffeur » aborde les thèmes de la dissidence opposée au conformisme, de la poésie opposée à l’ordre et s’interroge sur la définition de l’héroïsme à une époque — celle de la narration, mais aussi celle des années 50 naissantes — où le collectif a pris le pas sur l’individuel, la technique sur l’humain.

À bien des égards, ce roman entre en résonance avec notre époque férue de nouvelles technologies et de réseaux sociaux, un constat que Norman Mailer établissait déjà en 1974, dans sa préface à la réédition du roman : « ... son roman ne faisait qu’inventer le monde que nous voyons enfin naître sous nos yeux, ce monde affreux de constructions démesurées, d’existence unisexe, livré aux ordinateurs et à mille flamboyances désincarnées où chacun reçoit le pouvoir de se conduire en superstar.» Et aussi : « Il se peut que le cours de l’Histoire débouche à la fin sur une forme de totalitarisme qui s’imposera moins comme volonté d’uniformisation que comme force manipulatrice programmée pour réduire l’autonomie des consciences.»

Il est intéressant de noter que Malaquais a commencé son roman en 1948 alors que Gide venait d’adapter pour le théâtre le «Procès » de Kafka (la correspondance avec Gide révèle que Malaquais avait été invité à la représentation de la pièce). L’influence de Kafka est certaine : l’absurde et l’arbitraire règnent en maîtres dans Le Gaffeur.

Mais le roman s’inscrit peut-être davantage dans la biographie de l’auteur, son expérience de la misère et de la guerre, la tragédie d’être juif dans la France occupée. Passé en zone libre, Malaquais réussira in extremis à obtenir un visa pour le continent américain (grâce à l’aide de Gide) après avoir entrepris de vaines démarches qui l’occupèrent plusieurs mois et ressenti l’humiliation d’avoir à quémander sans cesse pour sa survie.

En 1947, il confiait à Gide à propos d’un projet de demande de naturalisation française : « Il faut avoir été “étranger” pour en connaître le goût amer; il faut avoir été “client” des préfectures, des commissariats de police, des mairies (…) à l’idée d’avoir à fournir des certificats de travail depuis vingt-cinq ans, des quittances de loyer de tous les hôtels borgnes et des asiles de nuit où j’ai vécu, des parchemins de moralité portant la signature bienveillante de tous les concierges de ma connaissance — ah, à cette idée-là, je préfère finir mes jours en glorieux apatride».

Point d’amertume pourtant dans « Le Gaffeur », mais une prose serrée, une écriture nerveuse qui semblent portée par l’indignation et, surtout, une étrange poésie incarnée par le personnage principal, Pierre Javelin, ce gaffeur dont le regard est systématiquement décalé dans un monde où tout semble avoir été anticipé, pensé et évalué pour tout un chacun.

Une dystopie prémonitoire

Représentant de commerce pour une entreprise de cosmétiques, Pierre Javelin est poète à ses heures, une activité qu’il cache à son épouse, jeune femme naïve qui cherche (et trouve !) toutes les réponses aux questions existentielles de son mari dans le magazine auquel elle est abonnée et qui le traite volontiers de « nihiliste endurci» lorsqu’il exprime quelques réserves. Cette sympathique routine est interrompue le jour où notre employé modèle est convoqué par sa responsable Mademoiselle Limbert qui lui annonce sa promotion.

Tout commence alors à dérailler.

Le soir venu, Javelin ne peut plus pénétrer dans son appartement, sa clé ne fonctionnant plus. Il a la surprise de voir la porte s’ouvrir sur un couple de quinquagénaires Monsieur Bomba et son épouse Kouka, des noms de clowns pour un véritable numéro de cirque qui confine davantage à la farce qu’à l’épouvante. Dès lors, Javelin errera seul dans une Cité hostile où plus personne ne le reconnaîtra. Au fil de multiples rebondissements introduisant de nombreux personnages (mention spéciale pour l’infâme Docteur Babitch), l’étau se resserrera inexorablement sur lui. La fin du roman restera ouverte, laissant au lecteur la liberté d’imaginer que la poésie est venue à bout de ce monde ordonné dont personne n’a plus véritablement la maîtrise.

Davantage que le thème du récit, assez classique dans les romans de science-fiction et souvent repris par le cinéma (« Brazil» de Terry Gilliam est immanquablement cité par les divers sites internet commentant « Le Gaffeur »), le principal attrait du roman réside, de mon point de vue, dans sa dimension poétique.

Ainsi Mademoiselle Limbert, Monsieur Bomba et sa Kouka trouvent-ils un attrait, une dimension comique et poétique sous le regard de Javelin alors même que ces personnages se rangent dans le camp des oppresseurs. Mademoiselle Limbert semble sortie d’une toile cubiste de Picasso : « une face géométrique flanquée d’un nez vertical surmonté de sourcils horizontaux encadrés de verres rectangulaires». Seule la bouche inscrit « une courbe trop parfaite » dans les traits rectilignes de ce visage. Pendant qu’elle lui tient un discours formaté, voilà les réflexions auxquelles se livre l’aimable Javelin :

«Plus d’une fois, j’avais éprouvé le désir (ce seul mot n’est-il pas en soi déplacé dans une Cité parfaite qui comble par avance tous les désirs de ses citoyens? N’est-il pas quelque peu sacrilège?) de faire sonner d’une pichenette ces lèvres d’un carmin moite, tracées au compas, j’imaginais alors qu’elles émettraient un tintement de verre à boire et que, sautant de leurs attaches, elles s’en iraient bondissant sur le tapis comme une cigale rouge. Je me précipiterais pour les ramasser et (…) j’avais bien la certitude qu’elles me mordraient le doigt.»

La bouche de Mademoiselle Limbert prend ainsi une vie autonome, échappe au contrôle de son austère propriétaire pour devenir une cigale, animal connu depuis La Fontaine pour sa liberté, sa fantaisie et sa prodigalité. Elle reste néanmoins menaçante, car il nous est rappelé qu’elle peut mordre ! Javelin est sans doute le seul personnage capable de ressentir l’ambiguïté, le doute, le second degré dans une société à la mécanique trop bien huilée.

La force du Gaffeur

Plus loin dans le récit, Javelin conclura sa dernière entrevue avec Mademoiselle Limbert sur une forme d’épitaphe qui sied parfaitement à ce personnage dont le conformisme a étouffé toute vie : « En elle et sur elle, rien ne devait jurer avec la vision qu’elle se faisait du monde et, puisque son monde était carré et pointu, elle s’organisait à sa ressemblance : carrée et pointue.»

#[pub-7]

Bomba et Kouka sont les sympathiques habitants de l’appartement de Javelin qu’ils prétendent occuper depuis de nombreuses années. La description qu’en fait Javelin évoque l’image des marionnettes ou des poupées de chiffon que l’on offre aux jeunes enfants pour les distraire (ne s’agit-il pas de distraire ce jeune fou qui semble bien inoffensif, mais reste obsédé par l’idée fixe que cet appartement est le sien et que sa jeune épouse, qui a ourdi cette farce, l’y attend probablement ?).

Bomba et Kouka sont aussi des clowns, des personnages de farce. Bomba est «un géant chauve à moustache russe», ces cils sont « recourbés comme ceux d’une belle». Kouka est courtaude, sa « face poupine » est «rehaussée de verrues roses», son obésité est «proprement indécente». Kouka n’adresse jamais directement la parole à Javelin, mais, contrairement à bomba qui monologue et interprète la situation à sa guise en partant dans des digressions absurdes, elle paraît sincèrement se soucier de Javelin et commente sans cesse les faits et gestes de ce dernier tout en s’adressant à Bomba : «Qu’est-ce qu’il veut? C’est ce qu’il dit? Il s’est trompé de porte? Il a peut-être faim?...»

Cette succession de questions rappelle le poème de Jean Tardieu «La môme néant» (1951) dont la trame est constituée de brèves questions/réponses rappelant les comptines enfantines («Quoi qu’a dit? – À dit rin — Quoi qu’a fait? – À fait rin....») qui se conclut par un définitif «A'xiste pas». Que cette ressemblance soit fortuite ou pas, la conclusion du poème de Tardieu illustre tout à fait le but de Bomba et Kouka qui, en serviteurs zélés de la Cité, œuvrent activement à l’anéantissement de Javelin.

Un des autres intérêts du roman est la réflexion menée sur l’héroïsme. Malaquais nous livre ce constat par l’intermédiaire de son alter ego Javelin : «Le temps du héros est mort quand celui du troupeau commence (…). L’exploit héroïque, éminemment l’acte d’un solitaire, réclamait une perspective à la mesure exiguë d’un seul alors qu’une perspective amplifiée au centuple exige le gris, le monotone, l’anti héroïque labeur des multitudes.»

Ainsi, le « héros » moderne (Javelin, dans l’exemple qu’il en donne, se réfère implicitement à un pilote de chasse, mais il serait aisé de lui substituer aujourd’hui un pilote de drones et le constat n’en serait que plus édifiant) n’est-il plus que «le prolongement d’une manette», «le point focal d’un faisceau d’ondes». Ses gestes et ses réflexes sont conditionnés. « Redescendu sur terre», il n’est pas une «divinité», mais une « loque. » S’ensuit une dénonciation rageuse de la vénalité des hommes attisée, dans les années 50, par l’avènement de la société de consommation.

Cette dénonciation se double d’un appel désillusionné à la révolte qui n’est pas sans rappeler la prose d’un autre «Voyage au bout de la nuit» :

«Hier le Minotaure me dévorait les rognons, mais je lui coupais la tête, aujourd’hui la Cité me triture l’âme, mais je fais le beau. Tenez, je plaide pour une race de preux qui ne fassent pas le beau : qui, cessant de saliver au son de la cloche, mettent le feu à la baraque. Le monstre étant ce qu’il est, il y faut plus de vertus que n’en auraient eues tous les Achille de l’Iliade».

Il est sans doute exagéré et injuste de comparer ce qui relève du mythe à ce qui relève de la condition humaine, par essence faillible et limitée. D’ailleurs, chaque époque — y compris la nôtre — apporte son lot de héros. Néanmoins, la réflexion sur le conditionnement mental des hommes («la Cité me triture l’âme») semble plus que jamais d’actualité. Dans notre monde désigné de plus en plus par nos contemporains comme un « village planétaire».

Isabelle Luciat, février 2025

 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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Le gaffeur

Jean Malaquais

Paru le 14/06/2016

301 pages

L'Echappée

20,00 €

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Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Savoir-vivre avec l’IA : l’essai qui démonte le mythe de la machine consciente

Pas une plaisanterie du tout, cette parution prévue le 1er avril. On croyait ouvrir un essai sur la technique ; c’est une alerte sur nos nerfs, nos habitudes et notre docilité qui surgit. Laurence Devillers entre dans le vacarme des promesses algorithmiques comme on pénètre une cathédrale de verre bâtie par les Big Tech, avec ses prophètes, ses séductions et ses angles morts. Derrière la conversation fluide des machines, elle traque une question plus rude : que reste-t-il d’un humain qui délègue son jugement ?

12/03/2026, 12:13

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Les Disparus de Noël : l’un des plus grands mystères criminels français rouvert

Les villages savent enterrer les secrets mieux que les villes. À Boutiers, une nuit de Noël n’a jamais cessé de circuler entre les tables de bar, les souvenirs et les silences. Une famille s’est évaporée en 1972 et, depuis, chacun possède sa version du drame. Entre rumeur, enquête et mémoire collective, le mystère n’a pas disparu : il s’est installé. Et parfois, la littérature devient le seul moyen de regarder ce vide en face.

12/03/2026, 12:13

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Les rêves des grands vus par une enfant

Comment imaginer son futur quand notre famille le fait déjà si bien pour nous ? Celle de la petite héroïne de Dans les rêves des grands n’imagine que le meilleur pour elle : sa maman rêve qu’elle devienne pilote, ou encore son papa la voit être la première femme présidente. 

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Adam Silvera publie un nouveau roman dans l’univers de Death-Cast

Celui qui survit veut mourir à la fin, roman d’Adam Silvera traduit de l’anglais par Fabien Le Roy et Cécile Ardilly, paraîtra le 23 avril aux éditions Robert Laffont. Dans ce nouveau volet situé dans l’univers de Et ils meurent tous les deux à la fin, l’auteur explore la rencontre entre deux jeunes hommes dont la trajectoire va être bouleversée par le service Death-Cast, capable d’annoncer à chacun le jour de sa mort.

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Fonction publique : quand la souffrance au travail devient une question politique

Avec Souffrance au travail dans le service public, l’avocate Christelle Mazza livre un ouvrage massif – plus de sept cents pages – qui se présente à la fois comme un diagnostic et comme un appel. Diagnostic d’une crise profonde du service public français ; appel à une prise de conscience juridique et politique de ceux qui y travaillent. Préfacé par le psychiatre du travail Christophe Dejours, ce livre s’inscrit dans une tradition critique qui interroge le destin des institutions publiques à l’heure du management et de la dématérialisation de l’État.

11/03/2026, 09:00

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Avec Brûle bébé, Matthieu Barbin raconte une trajectoire artistique et intime

Brûle bébé, premier livre de Matthieu Barbin, connu sur scène sous le nom de Sara Forever, paraîtra le 9 avril 2026 aux éditions Au diable Vauvert. Ce récit suit la trajectoire d’Alex, jeune homme issu de la banlieue bordelaise dont la découverte de la danse ouvre un chemin artistique et intime où s’entremêlent quête identitaire, création et rupture avec son milieu d’origine.

11/03/2026, 08:15

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Romance challenge : quand une passionnée de BookTok cherche l’amour comme dans les livres

Romance challenge, de Susan Lee, paraît le 9 avril dans la collection dédiée aux romances chez Robert Laffont. Ce roman met en scène une passionnée de littérature sentimentale qui tente d’appliquer dans sa propre vie les codes narratifs qu’elle analyse et commente en ligne, avec l’espoir de vivre une histoire digne des romans qu’elle dévore. Un livre traduit par Karine Forestier. 

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Ambre d'Eclair et l'appel des dragons

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Le temps de la terreur : John Gwynne relance les Terres Bannies avec une fureur intacte

Ici, personne n’entre dans l’âge adulte à pas feutrés. Dans les Terres Bannies, on grandit sous la menace, entre fidélités imposées, récits officiels et violence prête à rompre ses chaînes. Avec Le temps de la terreur (trad. Thomas Bauduret), John Gwynne relance sa mythologie par l’héritage empoisonné : une génération née après les grandes batailles découvre que la paix n’était qu’une trêve armée, et que les vainqueurs, eux aussi, cachent leurs failles sous l’armure. par Théo.

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Avec Terra Murata, Laura Ulonati signe un grand roman d’initiation au bord du gouffre

Sous le soleil trop vif d’une île du golfe de Naples, l’adolescence n’a rien d’un été léger. Elle ressemble plutôt à un territoire miné : rivalités, regards, hiérarchies invisibles, premières morsures du désir. Avec Terra Murata, Laura Ulonati installe son roman dans cette zone trouble où l’apprentissage du monde passe par les ruines, la mémoire et les corps qui cherchent leur place. Sortie le 25 mars.

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Un non pour un oui. Pensées-poèmes

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Un roman fait de voix et de sons : Bruits, l’expérience immersive d’Anne Savelli

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Somber Jann : elle espionne ses voisins… et découvre qu’un tueur en série habite en face

Jaylen, Jonas et Joshua Jann viennent d’emménager dans la maison voisine. Trois frères, silencieux, presque insaisissables, dont la présence trouble immédiatement l’équilibre du quartier. Depuis la fenêtre de sa chambre, la narratrice les observe chaque nuit. Ce rituel d’observation devient rapidement une obsession. Somber jann : saison 1 de Cynthia Havendean, sera disponible le 16 avril.

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Un amour mort, une mémoire effacée : le thriller sombre de Tendre promesse assassine

Et si le danger ne résidait pas dans ce que l’on ignore, mais dans ce que la mémoire refuse de restituer ? Découvrez Tendre promesse assassine signé Laura Ezrena, à paraître le 16 avril...

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Ian Soliane publie Le Pèse-Dieu chez Robert Laffont, dans la collection Ailleurs & Demain, un roman attendu en librairie le 16 avril, qui imagine un futur où les morts continuent d’exister dans un au-delà numérique. L’histoire suit un père qui décide de descendre dans cet espace virtuel pour retrouver sa fille disparue, dans un récit mêlant quête intime et exploration d’un monde situé à la frontière entre la vie et la mort.

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Naples avant Maradona : l’histoire mouvementée d’un royaume au cœur de l’Europe

Avant la Naples de Maradona et Marek Hamsik, il y eut le Royaume de Naples, et Diego n’en était pas le roi. Alain Blondy raconte une longue histoire, du Ve au XIXe siècle, avec des frontières mouvantes, des capitales qui basculent - Palerme ou Naples -, des dynasties qui se succèdent. Et surtout : l’histoire de Naples est indissociable de celle de la Sicile, tantôt jumelle, tantôt rivale, tantôt tenue par le même souverain, sans jamais se confondre vraiment.

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N’importe quel enfant : Les Orphelins, Une histoire de Billy the Kid d’Éric Vuillard

Billy the kid, petit gars né possiblement à New-York, possiblement en 1859, avait possiblement pour vrai nom William Henry Mac Carty, ou alors pas, c’est flou. À l’époque, celle de sa naissance, il n’était pas destiné à rester dans les mémoires. D’ailleurs l’est-il ? Resté dans les mémoires ? Ce qui est resté, c’est le mythe d’un jeune bandit habile au pistolet et dégommé par les autorités avant sa vingt-deuxième année. De ce mythe associé à une poignée de photos et faits avérés, Vuillard tire un portrait plutôt collectif et tout à fait captivant de quelques desperados de l’Ouest américain au XIXe siècle. 

09/03/2026, 15:05

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Avec Place de la Victoire, 1936, Alexandre Courban poursuit sa chronique du Paris ouvrier

Troisième épisode des enquêtes du commissaire Bornec du XIIIe arrondissement, chronique sociale du Paris des années 30, les années du Front populaire. Alexandre Courban poursuit sa chronique sociale, policière et bien documentée du Paris ouvrier de cette période.

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Jon Fosse : avec Blancheur, le prix Nobel livre un récit bref et vertigineux

Dans les livres de Jon Fosse, il suffit parfois d’un homme qui tourne au hasard sur une route pour que le monde bascule. Depuis le Prix Nobel de littérature qui a consacré son œuvre, l’écrivain norvégien s’impose comme l’un des rares auteurs capables de transformer l’immobilité en expérience vertigineuse. Avec Blancheur (trad. Terje Sinding), il pousse plus loin encore cette littérature du seuil, où le réel se fissure et où la lumière devient un passage. Parution le 2 avril.

09/03/2026, 10:27

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Pourquoi l’argent disparaît toujours avant que le fisc arrive

Un jour, l’argent a appris à voyager sans passeport. Depuis, il circule plus vite que les corps, se dérobe aux frontières et laisse les États courir derrière son ombre. Dans Déclaration de la personne, Elfriede Jelinek observe cette chasse moderne : celle d’institutions qui exigent des individus qu’ils se déclarent pendant que les fortunes, elles, disparaissent dans les marges du monde. La satire devient alors radiographie d’une époque où le capital se cache mieux que les hommes.

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Brûle bébé : premier roman incandescent de Matthieu Barbin

Le premier roman de Matthieu Barbin s’ouvre dans le tumulte d’un rassemblement politique place de la République. Sur scène, Alex prend la parole face à une foule compacte. L’instant est survolté, collectif, traversé par la peur d’un basculement politique et par l’énergie d’une mobilisation.

09/03/2026, 10:20

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Frontières liquides

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Valerio Varesi revient avec La peur dans l’âme, une nouvelle enquête du commissaire Soneri

Avec La peur dans l’âme, de Valerio Varesi, (traduit par Gérard Lecas)à paraître le 16 avril chez Agullo Éditions, l’auteur italien poursuit les enquêtes du commissaire Soneri dans un polar situé dans les montagnes des Apennins, où un village isolé voit la peur s’installer après une fusillade inexpliquée et la traque d’un criminel en fuite.

09/03/2026, 07:06

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Iran : une mère perd quatre enfants dans la répression des mollahs

Il existe des livres qui ne racontent pas seulement une histoire : ils ouvrent une cicatrice. Depuis la révolution de 1979, l’Iran vit sous un régime qui a transformé la foi en instrument de pouvoir et les familles en champs de bataille. Dans ce roman inspiré de faits réels, une mère voit ses enfants engloutis par la machine répressive. La littérature ne répare rien ; elle empêche seulement que les morts disparaissent une seconde fois.

07/03/2026, 15:06

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Désorientations d’un GPS algérien

Quand on entame la lecture de La partie immergée de l’iceberg. Éloge du GPS algérien, on adhère presque immédiatement à la démarche du nouvel essai que signe le cinéaste Lamine Ammar-Khodja. Par un usage rafraîchissant de l’auto-dérision, la mise en récit de ses déambulations introspectives sur l’histoire algéro-française et ses géographies « brumeuses » trouve un ton juste : agréable, frais, nonchalant et parfois féroce.

07/03/2026, 10:21

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Musique classique, santé numérique et désillusion cubaine

Dans le vacarme des algorithmes, des guerres culturelles et des diagnostics en ligne, les livres persistent : ils observent, dissèquent, contestent. Cette semaine, la Booksletter circule de Bach aux dactylos oubliées, des gourous de santé numérique à la désillusion cubaine de Leonardo Padura, jusqu’aux alliances secrètes du vivant. Autant de récits qui scrutent une même question : comment nos sociétés écrivent-elles leur propre partition ?  

07/03/2026, 10:09

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L'Arabe qui sourit

07/03/2026, 09:00

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Un livre retrace la vie d’une élue de village à travers un siècle de mutations

Lucette Routaboul : une histoire mondiale, de Jean-Robert Jouanny, paraît aux Éditions de l’Aube dans la collection « Regards croisés » le 3 avril 2026. L’ouvrage retrace la trajectoire de Lucette Routaboul, maire d’une petite commune du Tarn, dont la vie permet de parcourir près d’un siècle d’histoire rurale française et d’en saisir les transformations à hauteur d’individu.

07/03/2026, 07:30

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Mohamed Boclet : un livre pour comprendre comment mieux utiliser son cerveau

Votre cerveau va vous sauver, de Mohamed Boclet, paraît chez Robert Laffont le 9 avril. Dans cet essai consacré aux capacités d’apprentissage et à la plasticité cérébrale, l’auteur propose d’explorer le rôle que peut jouer une meilleure compréhension de notre fonctionnement mental pour améliorer le bien-être et la santé psychique.

07/03/2026, 07:00

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Assurbanipal ou l’apogée de l’empire assyrien

Un livre en appelle souvent un autre. C’est en lisant Les fleuves du ciel d’Elif Shafak (Flammarion) que j’ai eu envie d’en savoir plus sur le roi d’Assyrie, Assurbanipal. Et comme si j’avais été écoutée, les éditions Perrin viennent de sortir sa biographie, Assurbanipal. Le roi assyrien derrière la légende de Sardanapale, signée par l’historienne de l’Antiquité, spécialiste de latin, de grec, d’hébreu, d’araméen et d’akkadien, Josette Elayi.

06/03/2026, 16:38

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Ce qu’il nous reste à aimer : un premier roman qui ose regarder la fin de vie en face

Dans la littérature contemporaine, la maladie surgit souvent comme un révélateur brutal : elle fissure les existences trop lisses et oblige les personnages à regarder leur vie en face. Dans Ce qu’il nous reste à aimer, Camille Dupuis s’inscrit dans cette tradition, mais avec un ton mordant et une ironie sociale qui déplacent le récit vers un territoire plus acide, presque inconfortable. Ici, la fin annoncée devient surtout un laboratoire des illusions familiales et des vies bien rangées.

06/03/2026, 16:04

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Pourquoi avons-nous l’impression de subir nos vies ?

Reçue par le Premier ministre espagnol et décorée de l’Ordre du Mérite civil, Gisèle Pélicot ne se contente pas de passionner les Français : pour sa deuxième semaine, elle confirme sa place de numéro 1 des ventes sur la période du 23/02 au 01/03, avec 37.840 exemplaires supplémentaires, portant son total à 97.938 ventes pour Et la joie de vivre (Flammarion).

06/03/2026, 12:55

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Le jour où une star du cinéma devient invisible

Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde, nouveau roman de Stéphane Carlier, paraîtra le 2 avril 2026 aux éditions du Tripode. Le livre imagine la journée déroutante d’une immense star du cinéma français qui, du jour au lendemain, se réveille dans le corps d’un homme ordinaire et voit soudain son statut, son entourage et son identité lui échapper.

06/03/2026, 07:26

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Venise 1934 : le face-à-face Mussolini-Hitler au cœur du nouveau roman de Fabiano Massimi

Le Pacte de Venise, roman de Fabiano Massimi traduit de l’italien par Renaud Temperini, paraîtra aux éditions Albin Michel le 2 avril 2026. Situé à Venise en 1934, au moment de la première rencontre publique entre Benito Mussolini et Adolf Hitler, le livre mêle intrigue politique et enquête autour d’une affaire liée à l’intimité du dictateur italien et au destin d’une femme longtemps effacée de l’histoire.

05/03/2026, 18:38

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Yvonne Jean-Haffen : la peintre bretonne sort enfin de l’ombre

05/03/2026, 18:01