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"Les médias ont imposé la doctrine néolibérale" (2/2)

Maintenir l’ordre, au lieu d’enquêter, informer. Tel est le cap tracé par le pôle hégémonique des médias de nos jours. Accompagnant la radicalisation des élites culturelles et du projet néolibéral en France, les médias mainstream abandonnent la recherche de la vérité, pour se lancer dans ses croisades quotidiennes contre tout projet politique ayant pour finalité l’émancipation sociale. Autrice du livre Les médias contre la gauche (Agone, 2023), Pauline Perrenot a accepté de répondre à nos questions.

Le 13/02/2025 à 08:30 par Faris Lounis

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Publié le :

13/02/2025 à 08:30

Faris Lounis

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ActuaLitté

Nous aborderons dans la deuxième partie de cet entretien la radicalisation du projet néolibéral en France et les stratégies médiatiques mises au service de la fabrication du « consentement » autour de la délégitimation et du piétinement des principes démocratiques et des droits citoyens.

ActuaLitté : « Je commence à en avoir un peu marre de ces rapports qui nous disent qu’il y a des milliardaires et des pauvres », s’indigne Éric Brunet sur RMC le 21 janvier 2019. Le pôle dominant des médias, de quelle manière a-t-il imposé la doctrine néolibérale, dans sa version la plus autoritaire et violente, dans le débat économique, et dans le débat public d’une manière générale, depuis le début des années 80 ?

Pauline Perrenot : Difficile de résumer en quelques mots la fabrique de l’opinion en cette matière ! Pour un panorama exhaustif, je renvoie les lecteurs à la récente vidéo que notre association a réalisée pour le média indépendant Blast, où nous revenons précisément sur quatre décennies de propagande au service du capital.

L’unanimisme en faveur de l’économie de marché s’explique d’abord par la structuration des rédactions, dominées par des chefferies, directeurs, chefs de service et éditorialistes très largement acquis au prêt-à-penser libéral, lesquels sollicitent toujours les mêmes économistes, « experts » et journalistes pour commenter l’actualité économique.

Comme Le Monde diplomatique, nous avons largement objectivé ce monopole… et ses effets sur le débat public. En l’occurrence, délimiter le périmètre de ce qui peut être pensé en matière économique et laisser dans l’ombre ou stigmatiser ce-qui-ne-peut-être-pensé : la condition salariale, la propriété privée du capital, la distribution de la valeur ajoutée, les inégalités de patrimoine et de revenu, etc.

Le suivisme des grands médias vis-à-vis de l’agenda des acteurs dominants dans leurs champs respectifs (économique, politique, etc.) explique aussi que les idées du patronat bénéficient d’un écho disproportionné par rapport à celles d’autres forces sociales, notamment les syndicats, associations, ONG, etc.

Lorsque des think tanks d’inspiration patronale comme l’Ifrap ou l’Institut Montaigne produisent des rapports, les grands médias servent immédiatement de caisse de résonance : des problématiques rétrogrades (« travailler plus », « réduire les dépenses publiques », « diminuer le coût du travail », etc.) s’installent alors au cœur du débat public, deviennent « ce à quoi nous devons penser » et cadrent les discussions.

Dans ce périmètre, le sort que les médias dominants réservent aux tenants d’une pensée économique hétérodoxe alterne entre le discrédit, la silenciation et la marginalisation. Cette mutilation structurelle du pluralisme, on la doit en grande partie à la propriété capitalistique des moyens d’information et à la financiarisation des médias.

Les transformations structurelles ayant eu cours dans ce secteur au cours des décennies 1980 et 1990, impulsées par une emprise croissante des contraintes commerciales, ont profondément impacté le journalisme économique et social.

Cela coïncide, bien sûr, avec la financiarisation à outrance des marchés, la privatisation de pans entiers de l’activité économique, et le triomphe du paradigme néolibéral au sein des élites politiques et économiques : les vertus du marché, l’obsolescence de l’État-providence, les bienfaits de l’austérité, la célébration de la « modernisation » et de l’entrepreneuriat, etc.

Tous ces phénomènes ont favorisé la propagation et la naturalisation de croyances et de visions libérales et managériales du monde. Les grands médias en ont été partie prenante. Ils ont activement contribué à imposer la doctrine néolibérale comme une « évidence » indiscutable dans le débat public.

À propos du traitement policier de l’information, et de l’obsession sécuritaire de nombre de formations politiques françaises, vous parlez d’un « journalisme de préfecture ». Pouvez-vous nous dire quelles sont les principales caractéristiques de cette pratique journalistique ?

Pauline Perrenot : Surreprésentation de la parole des « forces de l’ordre » dans toutes leurs composantes ; suivisme des services et des consultants « police-justice » en faveur de la communication préfectorale, souvent sans la moindre vérification ; appropriation sans distance critique du lexique policier ; recours aux euphémismes pour ne pas nommer les violences policières, quand l’usage de ce terme n’est pas explicitement proscrit par les directions éditoriales ; usage immodéré (et inconsidéré) d’images et vidéos fournies par le ministère de l’Intérieur, la Préfecture ou la gendarmerie ; reproduction de « notes » ou d’infographies réalisées par les services de renseignement ; focalisation sur les moyens d’action des manifestants — systématiquement discrédités, y compris les plus pacifiques —, jusqu’à leur criminalisation pure et simple, etc.

Voilà quelques-uns des symptômes ordinaires de ce « journalisme de préfecture », qui abdique sa mission (enquêter, recouper les sources, etc.) pour relayer la communication institutionnelle. Que l’on pense aux mobilisations syndicales et écologistes, aux actions des collectifs de familles dont des membres ont été tués par la police, aux révoltes dans les quartiers populaires, aux Gilets jaunes, aux manifestations de réfugiés, etc., le traitement médiatique des actions de police ou de gendarmerie est structurellement biaisé.

Et la tendance dominante est celle d’un accompagnement du durcissement autoritaire de l’État. Au-delà des routines professionnelles expliquant en partie ce phénomène (conditions de production de l’information, dépendance des journalistes à l’égard de leurs sources, etc.), l’enjeu porte sur l’idéologie qui domine au sein des directions éditoriales : une certaine conception du métier comme partie prenante du maintien de l’ordre. 

Parce que nombre de journalistes considèrent les « forces de l’ordre » et les autorités comme des sources de référence, neutres et extérieures aux conflits en présence — alors qu’elles en sont partie prenante —, ils accordent une confiance a priori à leur communication.

À l’inverse, bon nombre de rédactions font preuve d’une défiance, pour ne pas parler de présomption de mensonge à l’endroit des témoignages provenant « de l’autre côté de la matraque ». Partant, le questionnement du « maintien de l’ordre » et la critique des institutions répressives sont impensables. Et, la plupart du temps, impossibles, ignorés ou dénigrés dans et par les grands médias.

En lieu et place se déploient des séquences d’hystérie sécuritaire. En période de mobilisation, la responsabilité des affrontements incombe généralement aux seuls manifestants, auxquels il convient d’adresser de fameux « appels au calme » et autres rappels à l’ordre. De même, les violences font « naturellement » l’objet d’injonctions journalistiques — les « condamner », s’en « désolidariser » — unilatérales, c’est-à-dire à destination exclusive des manifestants et de leurs soutiens, réels ou supposés.

Ces biais structurels favorisent régulièrement la diffusion de fausses informations dans les médias, les chaînes d’information ne faisant alors qu’exacerber les travers journalistiques ordinaires.
Les pages consacrées à l’hystérisation du débat public autour de la formation de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale », après la réélection d’Emmanuel Macron le 24 avril 2022, sont saisissantes.

« Danger pour la République », « gauche régressive », « fascisme à visage humain », « radicalité monstrueuse », « un parti factieux » et « séditieux », « tentation totalitaire », l’insulte en politique a atteint son paroxysme. Par contre, l’idéologie vichyste et coloniale du Front/Rassemblement national demeure occultée du débat public. Comment, dans les médias mainstream, on en est arrivés à un tel degré d’amnésie, d’occultation de si graves faits historiques ?

Pauline Perrenot : Disons qu’il y a des facteurs internes et exogènes aux médias. Les contraintes commerciales induisent mécaniquement un formatage « low cost » du débat public : créer de l’audience, seule à même de générer des recettes publicitaires, et donc privilégier l’outrance et le clash aux reportages et à l’enquête, mais aussi l’opinion tout terrain, consacrée par les formats de bavardage qui ne coûtent pas cher, préemptés par les tautologues et les spécialistes de la « provocation ».

Ce (vieux) formatage du débat public s’est encore détérioré avec l’apparition de quatre chaînes de télévision en continu. Leur modèle de « débat » et de « priorité au direct » a eu des conséquences délétères sur le traitement de l’information. Le diktat de l’instantanéité notamment, qui commande des réactions de tous, partout, tout le temps.

Les créneaux d’interview politiques se sont démultipliés dans l’audiovisuel et parce qu’il joue le jeu — et même le provoque, souvent —, le personnel politique, largement droitisé, alimente le cercle vicieux. Et lorsque les réseaux sociaux, Twitter et les messageries instantanées sont venus se greffer au paysage, on a assisté en quelque sorte au triomphe de la « pensée » en 280 caractères, parfaitement modelée, du reste, aux attendus médiatiques de la « petite phrase ». Quand il critiquait l’hégémonie des « fast thinkers », Pierre Bourdieu n’imaginait sans doute pas toutes les mutations à l’œuvre dans les médias qui les serviraient encore davantage…

Le résultat, c’est un abrutissement du débat, donnant une prime au type d’outrances que vous citiez précédemment, et dans lequel les partis pris réactionnaires s’épanouissent. C’est là qu’on en vient aux facteurs exogènes, puisqu’on ne peut pas comprendre l’interminable dérive (extrême) droitière du débat public sans analyser la conjoncture politique dans laquelle nous sommes ni l’état d’esprit des élites économiques et politiques qui la dominent, et dont les dirigeants de médias partagent majoritairement les orientations.

Cette conjoncture, c’est celle d’une crise d’hégémonie prolongée du projet néolibéral, où s’intensifient depuis quarante ans les politiques de violence sociale et d’exclusion, en faveur du capital et au détriment des salaires et des services publics, nourrissant une progression constante des idées et des scores électoraux de l’extrême droite.

Son influence s’est encore accrue au cours des années 2010, où l’on a assisté à une légitimation graduelle de mots d’ordre sécuritaires, autoritaires, nationalistes et identitaires, en particulier à partir de 2015, à la suite de la série d’attentats qui ont endeuillé le pays. Les grands médias ont offert une caisse de résonnance aux campagnes réactionnaires contre les musulmans, les « woke », les « décoloniaux », les « islamogauchistes », les « éco-terroristes », etc.

Dans cette conjoncture, la gauche qui entend simplement redistribuer les richesses et remettre en cause les discriminations systémiques est devenue l’ennemi à abattre. Christophe Barbier, parfaitement représentatif de l’éditocratie, synthétise très bien l’état d’esprit des chefferies médiatiques : « Aujourd’hui, la peur de Mélenchon est plus grande que la peur de Le Pen. » (BFM-TV, 5 avril 2023).

À partir de là, tout semble donc permis. Y compris la désinformation de masse. Vous signaliez à très juste titre le traitement catastrophique de la Nupes en 2022, mais loin d’avoir été l’expression paroxystique de la violence médiatique, cette séquence n’a été qu’une étape dans normalisation des discours d’extrême droite contre la gauche.

Tout s’est considérablement accéléré autour de la question palestinienne, qui, de notre point de vue, est celle qui aura cristallisé le processus consistant à diaboliser la gauche — dont le prétendu « antisémitisme » est devenu une « évidence », par la seule force de son matraquage médiatique —, tout en normalisant et en promouvant l’extrême droite, lavée de tout soupçon à cet endroit comme en d’autres matières… en dépit des faits.

Depuis le 7 octobre 2023, nous assistons de fait à la plus vaste campagne maccarthyste que la sphère politico-médiatique ait entreprise à l’endroit de mouvements sociaux contestataires et de la gauche politique au cours des dernières décennies. 

Il faut donc lire cette séquence pour ce qu’elle est : un symptôme de la radicalisation des chefferies médiatiques et d’un alignement croissant des représentants autoproclamés du « cercle de la raison » sur le pôle réactionnaire, tous deux communiant dans une fuite en avant autoritaire et islamophobe et nouant, désormais, des alliances objectives au plus haut sommet de l’État.

Votre livre propose certaines pistes et idées politiques pour émanciper le journalisme du joug de la pression financière. Que peut la gauche (de gauche) face aux médias acquis au néolibéralisme autoritaire et le racisme le plus décomplexé ?

Pauline Perrenot : Merci de poser cette question, car c’est l’une des missions de notre association que d’affirmer qu’aucune des dynamiques précédemment décrites n’est immuable. Les médias sont une question politique. Et comme toute question politique, elle peut être investie et doit faire l’objet de propositions. Il faut en effet parvenir à casser la financiarisation des médias, la concentration et la marchandisation de l’information. Et le cœur du réacteur, c’est la propriété capitalistique.

Nous en appelons donc à revenir à l’esprit du Conseil National de la Résistance qui, au lendemain de la guerre, édictait le principe « un propriétaire = un média ». Et aller plus loin : interdire le contrôle des médias par des firmes qui sont largement présentes dans d’autres secteurs d’activité économique et, en particulier, celles qui dépendent de l’obtention de marchés publics.

Acrimed formule également d’autres propositions pour libérer l’audiovisuel public des contraintes commerciales et de sa tutelle politique, mais aussi consolider le tiers secteur, c’est-à-dire les médias à but non lucratif, à qui les aides publiques pourraient être totalement ou largement destinées.

Conjointement aux syndicats de journalistes, nous plaidons également de longue date pour renforcer l’indépendance des rédactions : notamment, créer un statut juridique des rédactions, qui leur octroierait de véritables pouvoirs contraignants dans le rapport de forces avec les hiérarchies.

Ces perspectives peuvent paraître radicales, et elles le sont au sens où elles doivent prendre le problème à la racine : compte tenu de tout ce que nous avons décrit précédemment, il est évident que des réajustements à la marge du système médiatique ne suffiront pas, pas plus qu’on ne peut se contenter d’aménager la « déontologie » journalistique. 

À LIRE - Pauline Perrenot : “La gauche est constamment sous procès médiatique” (1/2)

L’état de déliquescence du débat public et la dégradation des conditions d’exercice des métiers du journalisme réclament des transformations structurelles et une perspective d’ensemble. Il en va de la réappropriation démocratique des médias, du droit d’informer et d’être informé, deux principes fondamentaux qui devraient, par conséquent, nous être garantis. 

Mais comme toute conquête sociale, il va falloir l’arracher : rien de tout cela ne pourra exister sans l’implication du mouvement social, ni sans l’apport des forces politiques qui, à gauche, poursuivent et construisent des projets d’émancipation.

*Les Médias contre la gauche paraîtra en « poche » le 18/04/2025 aux éditions Agone dans la collection « Éléments » 

 
 
 
 
 

Par Faris Lounis
Contact : farislounis27@outlook.fr

3 Commentaires

 

Eric Bourdon

13/02/2025 à 11:35

Dès l'incipit, le ton est donné. Le journaliste de Actualitte épouse les thèses de l'interwievée. Bof, bof.

Ces deux-là savent-ils au moins ce qu'est le libéralisme ? Et que le néo-liberalisme n'existe pas ; personne ne s'en réclame en tout cas aujourd'hui.
Pour l'anecdote, les seules personnes, jadis, à l'avoir fait (cf Walter Lippmann) étaient des libéraux s'orientant vers l'étatisme et le keynesianisme. Soit le contraire de ce qu'on reproche aux libéraux de nos jours, cad de s'éloigner du tout Etat.

Bref, avant de parler de libéralisme, faudrait déjà savoir de quoi on parle. Sinon le discours qui s'ensuit n'est qu'une vaine logorrhée.

Pour le reste, on retrouve les thèmes classiques de LFI et consorts. Le marché, c'est le mal et la police tue !
A une époque troublée et insécure comme la nôtre, conséquence d'un monde bisounours où l'enfant est roi, la victime parfois responsable et le bourreau toujours excusable - merci la gauche pour ce paradigme mortifère - c'est vraiment le genre de discours totalement à côté de ses pompes.

Continuez comme ça, dans la négation du réel, et le retour de bâton va être terrible pour vous. Un bâton nommé Trump ou Milei. Au moins là vous commencerez à comprendre ce qu'est le vrai libéralisme.
Pas celui que vous croyez distinguer en France, dans un pays champion du monde de la taxe et des normes. Ce qui est l'exacte contraire du libéralisme, justement !

Mazon

20/02/2025 à 07:37

Votre commentaire est un régal dans le sens où son contenu est l'exacte illustration de ce que dénonce l’interview de Pauline Perrenot, un seul exemple : vous reprenez la litanie de la France "pays champion du monde de la taxe" qui est soutenu par la petite cohorte des milliardaires qui justement fait partie de ce qui ne paie pratiquement pas d'impôts mais qui propriétaires de l'information en France se cache derrière ce qui payent l'impôt et qui le répètent à longueur de micros tendus par ces médias. Un tour de pass pass parmi tant d'autres.

dimitri lenoir

17/02/2025 à 17:06

Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.

Les médias contre la gauche

Pauline Perrenot

Paru le 17/03/2023

310 pages

Agone

15,00 €

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La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

ActuaLitté

IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

ActuaLitté

Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

ActuaLitté

La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

ActuaLitté

Une taxe pour aider l'édition : le blanc-sain très sélectif du SNE

Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?

08/06/2026, 12:28

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“Paris, place forte du commerce des droits internationaux”

Quatre ans après son lancement, le Paris Book Market s’impose comme un rendez-vous majeur du commerce international des droits. Pierre Astier et Laure Pécher saluent ce succès dans un texte adressé à ActuaLitté... Tout en appelant à ouvrir plus largement l’événement aux agents, scouts et professionnels étrangers qui gravitent déjà autour de la place parisienne.

08/06/2026, 11:47

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

ActuaLitté

“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres

Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».

07/06/2026, 09:30

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

ActuaLitté

Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

ActuaLitté

L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

ActuaLitté

Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

ActuaLitté

Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25

ActuaLitté

Les catalogues de bibliothèque ont-ils déjà perdu face à l’IA ?

Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.

31/05/2026, 10:48

ActuaLitté

Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

ActuaLitté

Narbonne fait vibrer les livres, les voix et les idées

Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.

 

26/05/2026, 17:16

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Époque, le festival des livres qui éclairent notre temps

Cette 12e édition d’Époque, festival et salon du livre de Caen, fera la part belle au voyage et à l’ailleurs, sans se départir de son identité : éclairer les grands sujets de notre temps.

26/05/2026, 17:02

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En librairie, la profusion de nouveautés rend-elle le fonds invisible ?

La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.

22/05/2026, 09:06

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

ActuaLitté

Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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La crise Grasset “exige du discernement : chaque contrat est différent, chaque situation unique”

La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques. 

15/05/2026, 17:33

ActuaLitté

“Un enfant ne regarde pas une saison. Il la vit”

Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.

15/05/2026, 15:19

ActuaLitté

Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

ActuaLitté

L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

ActuaLitté

“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

ActuaLitté

Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

ActuaLitté

Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

ActuaLitté

Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

ActuaLitté

Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

ActuaLitté

L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

ActuaLitté

Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35

ActuaLitté

TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38