Le festival Quais du polar lance un appel urgent : les diminutions de ressources découlant du Pass Culture ne sont finalement qu'un des nombreux éléments en jeu actuellement. Dans une tribune, la manifestation lyonnaise pointe les dangers d'une politique culturelle qui joue actuellement à la terre brulée...
Le 07/02/2025 à 10:02 par Auteur invité
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07/02/2025 à 10:02
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Depuis quelques semaines les coups s’enchaînent, violents, nombreux, et très difficiles à accepter pour un secteur culturel et associatif fragilisé comme jamais.
Nous avons appris la semaine dernière le gel, jusqu’à la fin de l’année scolaire, du budget alloué à la part collective du Pass Culture. En clair, le dispositif qui permet aux collèges et lycées de mener des projets culturels pour leurs élèves.
Cette mesure budgétaire d’une brutalité inouïe va directement à l’encontre de la vocation de l’association Quais du Polar : rendre la lecture et le goût des livres accessibles à toutes et tous en proposant un accès gratuit à l’ensemble de notre festival, mais aussi en offrant une programmation spécifique au public scolaire tout au long de l’année.
À LIRE - Budgets, pass culture, TVA, RSA : "L'étouffement programmé"
Depuis notre création, nous travaillons main dans la main avec les enseignants pour développer des projets éducatifs autour du polar. Au fil des ans, nous avons patiemment structuré un réseau de soutiens pour financer ces activités avec le Rectorat de Lyon, la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon, l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme ou encore la Fondation Crédit Mutuel pour la lecture, ainsi que de nombreux partenaires culturels et institutionnels engagés à nos côtés.
Sous le coup de multiples menaces budgétaires venant de toutes parts, c’est tout l’édifice qui risque désormais de s’écrouler si chacun commence à abdiquer ses responsabilités les plus élémentaires en espérant lâchement que quelqu’un d’autre les assume à sa place.
En 2024, ce ne sont pas moins de 2 774 élèves de la région, de la maternelle au lycée, qui ont participé à nos ateliers et concours d’écriture, projections de films, dictées, rencontres avec des auteurs et autrices, et bien d’autres activités... Que pouvons-nous leur dire ? À eux, comme à leurs enseignants, aux auteurs, traducteurs, journalistes ou éditeurs et à tous ceux qui ont travaillé à ces projets pour 2025 ?
À LIRE - Le gel budgétaire brutal du Pass Culture met les auteurs en péril
Cette décision vient fragiliser l’engagement exceptionnel mené par les enseignants et les acteurs culturels pour sensibiliser les enfants et les jeunes à la littérature. Elle met en péril la difficile promotion de la lecture, pourtant cruciale dans une société où l’accès aux livres devrait être un droit fondamental, et non un privilège.
Et pour couronner le tout, l’Agence du Service civique annonçait également une suspension de toutes les missions de volontariat et une annulation de tous les contrats devant commencer en février. Ces missions représentent un engagement conséquent de la part des jeunes et des structures qui les accueillent et son arrêt entraîne des conséquences graves pour les volontaires qui allaient entrer en mission.
À LIRE - Pass Culture : certaines dépenses ne passeront plus
Nous appelons le Gouvernement à reconsidérer ses décisions. L’État enverrait un signal désastreux, non seulement au secteur associatif, mais aussiaux collectivités locales et aux partenaires publics qui, au moment de construire leurs budgets dans des conditions difficiles, tentent de maintenir leurs engagements pour la culture et l’éducation comme cela semble être le cas dans notre territoire.
La culture joue un rôle fondamental dans notre société, mais elle est constamment sommée de prouver sa valeur tout en ne coûtant rien. Elle ne peut plus être traitée comme une dépense superflue, toujours la première à être coupée lorsque des arbitrages budgétaires sont faits. Une société sans soutien pour la culture ou l’éducation ne serait vouée qu’à l’échec.
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Auteur invité
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Elon Musk, Sam Altman, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ne vendent plus seulement des technologies. Ils imposent des infrastructures qui redessinent l’espace, l’attention, les corps et la mémoire. Face à cette privatisation du futur, la science-fiction et l’anticipation offrent une contre-enquête : leurs romans montrent ce que l’innovation masque lorsqu’elle devient pouvoir, marché et langage commun, jusque dans l’industrie du livre.
04/05/2026, 15:36
Aux États-Unis, les interdictions de livres ne relèvent plus d’incidents locaux isolés. Voilà des années que l’American Library Association et de PEN America décrivent une censure structurée, portée par des groupes de pression, des élus et des décisions administratives. Ses effets touchent les bibliothèques, les écoles, les auteurs et l’édition jeunesse, désormais confrontée à un risque économique direct.
02/05/2026, 14:51
Trump, Poutine, Netanyahu, Macron, Merz, Kagame, von der Leyen. Vous qui faites la guerre, la prolongez, la financez, ou en préparez de nouvelles. Vous qui lisez des projections de pertes acceptables. Certains d'entre vous, du moins. Il existe des hommes et des femmes qui ont regardé en face ce que vous produisez. Pas depuis un bureau. Ce sont des romanciers.
02/05/2026, 09:52
À Trébeurden, l’avenir de la maison de Kenneth White oppose deux visions de son héritage. D’un côté, le légataire, la mairie et Stéphane Bigeard défendent un projet culturel à redéfinir, porté par une nouvelle structure. De l’autre, l’Institut international de géopoétique, par la voix de Régis Poulet, exige le respect strict des volontés de l’écrivain et la création d’une maison d’artistes à Gwenved. Entre enjeux patrimoniaux, querelles associatives et incertitudes juridiques, le dossier reste loin d’être tranché.
30/04/2026, 16:02
Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.
30/04/2026, 12:52
La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.
29/04/2026, 12:54
La question taraude de plus en plus de professionnels du livre, dans le monde entier : comment expliquer la baisse de l'intérêt pour lecture, souvent observée à travers l'ensemble de la population ? Une enquête de l'Ifop, consacrée aux pratiques culturelles des Français, suggère une absence d'envie pour la lecture, plus qu'un manque de temps ou d'argent.
27/04/2026, 16:05
Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village.
26/04/2026, 19:03
Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.
21/04/2026, 16:22
13 Commentaires
René Noclet
07/02/2025 à 16:22
"Sous le coup de multiples menaces budgétaires venant de toutes parts, c’est tout l’édifice qui risque désormais de s’écrouler si chacun commence à abdiquer ses responsabilités les plus élémentaires en espérant lâchement que quelqu’un d’autre les assume à sa place."
Eh bien alors, Messieurs les responsables des Quais du Polar, qu'attendez-vous pour prendre VOS responsabilités pour financer votre action ?! Au lieu de demander aux autres de le faire à votre place...
Au pire, vous pourriez faire appel au privé...
Ingrid Besson
08/02/2025 à 14:31
A parcourir les forums de discussions, les réponses des lecteurs, toujours cette même injonction faite aux artistes et aux gens de la culture : "vous vivez grâce à l'argent public, arrêtez de vous plaindre". Je ne suis pas dupe de l'idéologie libérale qui se terre derrière cela et qui, comme toute idéologie, s'amuse à distordre quelque peu la réalité. Je n'ignore pas non plus que c'est là un combat ancestral entre ceux qui considèrent que le bien public n'a pas de prix et ceux qui ne jaugent les politiques qu'à leur rentabilité immédiate. Mais tout de même ! En dehors de tout débat de fond, peut-on au moins rappeler que l'agriculture est subventionnée et que des pans entiers ne tiennent que grâce aux subventions ? Que n'importe quelle entreprise produisant du métal, des chaises en plastique ou des objets inutiles peut bénéficier de subventions pour une implantation en région, l'emploi des séniors, des chômeurs de longue durée... Que l'EPR de Flammanville a coûté à l'Etat et donc aux contribuables plus de 23 milliards ? Qu'à la moindre catastrophe naturelle, tous ceux qui sont touchés, qu'ils soient pourfendeurs des aides publiques ou pas (et c'est tant mieux !) se tournent naturellement vers l'Etat pour demander une aide d'urgence ? Qu'un IRM a l'hôpital ne coûte rien ou presque (et c'est tant mieux !) à celui en bénéficie ? Qu'on le veuille ou non, nous vivons dans un monde où la manne de l'Etat tient à flot tous les secteurs économiques et dans des proportions souvent bien supérieures à celles dont bénéficie la culture. Alors, pourquoi demander encore et encore, selon cette mélodie réactionnaire pas mal rance, que les gens de la Culture arrête de vivre grâce à l'argent public ?
René Noclet
09/02/2025 à 12:52
Tous ces secteurs que vous citez fonctionnent suivant les lois d'un marché plus ou moins régulé par l'Etat, mais qui sans lui, fonctionneraient tout aussi bien, sinon mieux.
Pourquoi en serait-il autrement pour la culture ? Parce que, comme dit dans l'article, elle jouerait un "rôle fondamental" ?
Oh, combien cela est méprisant pour l'agriculteur qui nous nourrit, pour l'industriel qui fabrique nos voitures... !
Ah, cette belle élite, en surplomb du reste de la société, qu'il est interdit aussi de questionner sur l'utilité de certains "objets" qu'elle produit !
Pourtant, qu'elle s'interroge : qui suis-je quand ma pitance ne dépend plus de "à qui je vends" mais de "qui me subventionne" ?
Ingrid Besson
09/02/2025 à 18:00
"Tous ces secteurs que vous citez fonctionnent suivant les lois d'un marché plus ou moins régulé par l'Etat, mais qui sans lui, fonctionneraient tout aussi bien, sinon mieux."
Je serais curieux de connaître vos arguments en faveur de cette thèse.
Imaginons un instant un monde dans lequel n'existerait que ce qui est commercialement rentable en dehors de toute aide publique, au moins dans sa phase d'expérimentation et de lancement : de la nourriture au cinéma en passant par les hôpitaux, l'industrie, l'architecture.
Réfléchissez : est-ce vraiment dans ce monde-là que vous voulez vivre ? Le beau, comme le bon, comme le bien ont toujours eu besoin d'être aidé par la force étatique. C'était vrai pour les pyramides d'Egypte et pour le Louvre, ça l'est pour le cinéma de Bergman comme pour les services d'Oncologie. Ça l'est pour le vignoble bordelais dès que les situations climatiques sont néfastes.
Réfléchissez : un monde uniquement érigé par les gens qui ont besoin que leurs créations soient rentables ? Personnellement, je n'en veux pas. Mais libre à vous de vivre dans les Zones commerciales et de manger dans les fast-food en vous nourrissant intellectuellement de franchises hollywoodiennes. Je disais cela sans aucun mépris, je vous l'assure. Mais tout de même, quel monde hideux vous défendez là !... Cela, bien sûr, ne veut absolument pas dire que tout ce qui est subventionné rend la vie meilleure...
ninja
11/02/2025 à 12:29
@Ingrid Besson
Vous nous dites "Le beau, comme le bon, comme le bien ont toujours eu besoin d'être aidé par la force étatique"
C'est malheureusement complètement faux.
La tragédie grecque, les haikus de Basho, les poèmes de LI Bai ou de Pouchkine, les estampes de Hokusai, les fresques de Lascaux, la peinture de Picasso ou de Basquiat, les chansons de Piaf ou de Gainsbourg, les opéras de Mozart, le rap de Shakur, les romans de Kerouac et... les mangas de tous les mangakas (on pourrait en écrire des pages)
N'ont à aucun moment été soumis à des décisions bureaucratiques ou étatiques.
On serait tenté de dire d'ailleurs que c'est pour cela que ça marche...
Vous allez me dire qu'il y a des descendants de Mécène, je vous le concède, c'est pour ça qu'il y a des chateaux le long de la Loire, mais la différence comme pour une institution de grande qualité du côté du bois de Boulogne (qui montrait Basquiat l'an dernier) c'est qu'il le font avec leurs propres deniers.
Comme le font les spectateurs d'Orelsan, ceux qui achètent les albums de Bilal ou les romans de Savitzkaya ou de Ndiaye.
Parce que voyez-vous, le rabotage récent du pass culture a pour une grande part été justifié par la raison que les jeunes bénéficiaires ne le dépensait pas pour la culture officielle et subventionnée.
Et ce rabotage, c'est précisément ce que font ceux qui pensent qu'il n'y a pas de culture sans état. (Aiment-ils vraiment la culture, ou aiment-ils plutôt l'état (et leur statut de bureaucrate) ?)
Et pour ceux-là je n'ai pas de très bonnes nouvelles quand l'état n'a plus un rond comme maintenant... (et pour plusieurs générations...)
Ninja
ingrid besson
11/02/2025 à 20:34
les opéras de Mozart ? Vous plaisantez, j'imagine ! Que serait Mozart sans les deniers royaux ? Vos exemples sont beaux, vous semblez avoir une vraie sensibilité artistique mais soyez plus prudent dans vos jugements ! Ndiaye, comme probablement Savitzkaya et disons-le, tous ces auteurs de grande qualité dont les ventes ne dépassent pas (hors Goncourt) les quelques centaines voire les deux ou trois milliers d'exemplaires ont la chance de pouvoir bénéficier de bourses de la part du Centre national du Livre, de résidences, d'invitation dans des salons qui sont TOUS subventionnés. Sinon, ils cessent d'exister. Sans bourses, pas de Pierre Michon (ça, je l'affirme !), pas de Pascal Quignard. Les éditeurs ont eux-mêmes des aides à l'édition ! Aucun livre n'est rentable sans aide en dessous de 500 à 6OO exemplaires vendus et si vous l'ignorez, je vous l'apprends, les livres de Savitzkaya comme de beaucoup d'auteurs/autrices que vous semblez apprécier n'atteignent plus, hélas, ces chiffres de vente ! Et la poésie ? Vous savez à combien se vendent les livres de poésie ?
Pour la chanson, le rap, je vous l'accorde, sans doute qu'il y a là moyen de faire sans les aides publiques pour des Gainsbourg ou pour des Orelsan... Mais n'oubliez pas que les musiciens qui les accompagnent sont souvent intermittents du spectacle. Encore une conception de l'art et de la création qui nécessite une volonté politique ! Et les scènes qui les ont fait connaître sont toutes soutenues !
Vous citez Kerouac, mais j'ose imaginer (je peux me tromper) que les premières traductions de Kerouac ou certaines des éditions de ses ouvrages ont bénéficié d'un soutien ! Et quand bien même ? Pour un Kerouac, combien de Corso, de Ferlinghetti ont dû être aidés pour se faire connaître en France ? Et quid des Opéras qui ne peuvent en aucun cas, au regard des coûts de production, être rentables !
Bien sûr qu'il existe parfois des succès publics (donc lucratifs) qui sont louables et méritent le respect! Bien sûr qu'au fil des siècles, des gens dénués de toute cupidité et de tout orgueil délirant ont conçu des œuvres magistrales en dehors des sentiers battus du mécénat et du soutien public ! Mais ils sont peu. Et leurs œuvres, pour parvenir jusqu'à nous, ont eu besoin d'être accompagnées. Le chemin est long qui a permis aux estampes d'Hosukaï de parvenir jusqu'à vos yeux. Je doute qu'il ne soit passé que par des terres privés...
ninja
12/02/2025 à 12:26
@Ingrid Besson
Votre monde est en ruine (financière mais pas seulement, éducative également) et je comprends votre colère, au milieu des formulaires cerfa jaunis qui volètent entre les services d'urgence sans médecins ni brancards et les médiathèques incendiées par les trafiquants.
Il convient cependant, comme le note aujourd'hui dans ces colonnes quelqu'un à la tête d'un groupe éditorial, de regarder "la réalité en face".
Vous faites grand cas de Mozart , beaucoup moins des mangas, mais c'est assez mal choisi car s'il en est un qui a fondé l'indépendance de l'artiste c'est bien lui. Allez, si vous en avez le loisir, regarder les conditions de production de La Flute... Finalement Mozart et les mangakas, c'est le même combat. Loin de et contre l'état
Vous remarquez ensuite que certaines personnes de lettres ont de faibles tirages. C'est assez exact, mais voyez pour qu'il y ait de gros tirages il faut que les lecteurs potentiels pussent acheter des livres. Prenons une catégorie qui devrait lire, celle des enseignantes et des enseignants.
Au Japon, où le marché du livre est bien actif et où un enseignant ne se promène jamais sans un livre dans sa sacoche, les professeurs qui commencent sont payés en moyenne autour de 3500 euros, ils peuvent se loger très facilement autour de 500 euros et déjeuner dans un restaurant simple pour 7 euros. Ça leur laisse de quoi passer en librairie, où le livre de poche coûte 5 euros et le grand format relié avec jaquette 15 euros. S'ils voulaient le commander auprès d'une maison d'édition indépendante, le coût postal serait de 1,60 euros (contre presque 6 euros en France)
Voulez-vous vraiment que nous parlions des enseignants à Paris ? Voulez-vous vraiment que nous parlions des tirages de Michon ? Voulez-vous vraiment que nous parlions de l'édition indépendante ? (combien de procès a eu Pauvert en son temps? ) Voulez-vous vraiment que l'on regarde pourquoi l' État, malgré tous les CNL et toutes les subventions aux éditeurs bien pensants, détruit la littérature (et le reste) comme il a détruit l'industrie ?
Après il reste le contenu.
Parce que heureusement que Hugo n'était pas un intermittent de la littérature, il n'aurait jamais pu s'opposer à l'État du petit Napoléon.
Un rapport de la cour de comptes [https://www.ccomptes.fr/fr/documents/60008] nous indique à ce sujet que le nombre moyen de représentations pour un spectacle subventionné est de 3 (trois). J'imagine que que c'est que l'on appelle un succès bureaucratique.
Vous me laisserez préférer les succès publics.
Nous pourrions aussi parler des deux films de l'année aux Oscars tournés par des Français, l'un en anglais, l'autre financé par une plateforme de streaming. Pendant ce temps au CNC... (remarquez cela ne nous change pas des prix Nobel, tous les récipiendaires récents français travaillent à l'étranger... pendant ce temps au CNRS...)...
Toussa, toussa...
Il serait tentant alors de vous laisser avec une citation fameuse millésime 68 de Viénet (renvoyé lui aussi un jour par les bureaucrates du CNRS pour ses écrits) "L'humanité ne sera heureuse de quand..."
Mais j'imagine que des réunions vous attendent ainsi que que des rapports à rédiger...
Bien à vous,
Ninja
Ingrid Besson
12/02/2025 à 14:57
Cher Ninja,
restons-en là... J'appréciais vos contributions jusqu'à votre conclusion. Je n'ai aucune réunion prévue ni de dossier à remplir. Seulement des livres à écrire et des esprits malmenés par les succès publics, les chaînes commerciales, certains mauvais mangas et des réseaux sociaux peu enclins à valoriser Mozart, Michon et Victor Hugo, à sensibiliser à autre chose que l'inepte, via des ateliers d'écriture. Mais attendez : je vais cesser de casser ma voix depuis mes ruines et leur dire de patienter pour que TF1 et TIKTOK leur ouvrent grand les yeux. La flûte enchantée est-elle programmée ce mois-ci ? Il fut peut-être un temps où les possesseurs de richesse (certains d'entre eux) étaient suffisamment érudits et esthètes pour jouer le rôle essentiel de passeurs. Ce n'est plus tout à fait le cas, malheureusement. Vous vous gargarisez d'exemples qui ne sont qu'exceptions. Vous avez raison. L'espérance est si rare que chacun a droit à sa médecine parallèle pour continuer à avancer. Merci pour cet échange mais il s'arrête ici. Je n'ai, effectivement, plus le temps de guerroyer, contrairement aux pauvres idées reçues.
Quais du polar
08/02/2025 à 15:10
Faire appel au privé ? Merci de nous éclairer en nous soufflant cette stratégie inédite !
Figurez-vous que ça fait des années qu’on s’y attelle, au point que cela représente aujourd’hui plus de 50 % de notre budget (et une grosse partie de notre temps), ce qui est plutôt rare dans ce secteur. Et si le privé se précipitait pour financer spontanément la culture, et encore plus le livre, croyez-nous, on le saurait…
Le rôle de l'état est aussi de garantir un accès à l'éducation et à la culture au plus grand nombre et de faire en sorte que l’art et le savoir ne soient pas dictés uniquement par la logique du marché. C'est en cela que nous appelons le gouvernement à prendre ses responsabilités et surtout à ne pas renoncer brutalement à ce qui a été engagé.
Quant à nos « responsabilités », rassurez-vous, on les assume pleinement en mobilisant toute l’année les moyens nécessaires pour offrir un événement gratuit et ouvert à tous en optimisant en permanence nos ressources. Mais merci pour la leçon.
Ah, et au passage, c’est "Mesdames" les responsables des Quais du Polar.
On vous laisse à votre expertise, on a du boulot !
Ben non !
09/02/2025 à 00:37
Ben non !
Le rôle de l'Etat est de dire le droit, de rendre la justice, d'offrir sécurité et ordre public, de battre monnaie, d'entretenir les relations avec les puissances étrangères, de faire respecter les libertés individuelles et publiques et de garantir la propriété privée.
Le reste, c'est du bonus. Qui dépend beaucoup de la nature des vaches : grasses ou maigres.
Kohl Brigitte
08/02/2025 à 18:11
Indignation totale… C'est vrai, c'est mieux quand les enfants ou les ados passent du temps sur leurs écrans plutôt que d'être incités, via le Pass Culture, a tenir un livre dans leurs mains… C'est grave pour toutes les structures qui menaient de supers actions auprès des jeunes, c'est grave pour les auteurs, c'est grave pour les librairies… Aujourd'hui, les jeunes lisent des Mangas ("c'est mal")… hier, il n'y a pas très longtemps… les jeunes lisaient des BD… et "c'était mal"… Entre temps, on connait le chemin qu'a parcouru la BD… L'inculture (ou l’acculturation, comme on dit, c'est "mieux") de nos élus et nos responsables, en général et particulièrement dans le domaine de la culture, est édifiante… Merci à toutes et tous pour les dénonciations, les pétitions, les manifestes… continuons à faire tourner, à signer, à commenter tous ces articles intelligents… peut-être y a t'il du soleil au bout du tunnel… ?
MaG
09/02/2025 à 08:58
"d’une brutalité inouïe" ? Mais vous plaisantez ? Gavé d'argent public depuis tant d'années, vous ne rendez plus compte de rien !
Que l'Etat assure sa responsabilité en apprenant à lire aux enfants dans ses classes ! Il aura fait l'essentiel. La priorité n'étant pas aux littératures polardières !
Delareux Vincent
10/02/2025 à 13:51
Absolument édifiant !
Je me fais BEAUCOUP de soucis pour la culture.