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La Palestine en 50 portraits : entretien avec Sabri Giroud

Nombre sont les approches d’écriture qui permettent d’aborder l’histoire d’un pays ou d’une aire géographique. Dans certains cas, la technicité de l’historien universitaire pourrait rebuter le lecteur non spécialisé, dans d’autres, les affabulations de l’essayiste idéologue qui ne jure que par la « vérité que les élites mondialisées cachent aux peuples » pourraient conduire à des conséquences dramatiques.

Le 28/01/2025 à 13:26 par Faris Lounis

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Publié le :

28/01/2025 à 13:26

Faris Lounis

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Mais, dans La Palestine en 50 portraits. De la préhistoire à nos jours (Riveneuve, 2023), cet ouvrage collectif dirigé par Sabri Giroud, archéologue de formation et artisan du voyage, l’écriture de l’histoire relie brillamment la rigueur de l’approche scientifique à la clarté d’un style éminemment instructif. 

La science historienne se transmet avec art, reconstruit, pierre par pierre, l’histoire d’une Palestine privée depuis un siècle de la dignité d’un visage, de la légitimité d’une voix. Dans l’entretien qui suit, Sabri Giroud a accepté de répondre aux questions d’ActuaLitté au sujet d’une société occupée qui, en Europe, regrettablement, demeure perçue par le prisme d’un pérenne essentialisme déshumanisant.

Une fresque historique

ActuaLitté : Vous proposez une histoire de la Palestine écrite à partir de portraits de Palestiniens et de Palestiniennes illustres. Pour vous, quelle est la singularité d’une telle approche historique ?

Sabri Giroud : J’ai voulu dans cet ouvrage mettre en lumière l’épaisseur historique de la Palestine, mais surtout l’incarner à travers des personnages qui sont autant d’ouvertures sur les multiples facettes de son histoire sociale, culturelle et politique. Son histoire sur la longue durée aussi pour rappeler une évidence que l’archéologue Jean-Baptiste Humbert met en relief dans le préambule du livre : « Comme le vieux sycomore à l’énorme ramure, lui-même issu d’un autre sycomore, l’homme de Palestine, nourri de la racine des pierres, est là depuis toujours ». Ici comme ailleurs, l’histoire s’est déployée au fil des générations, traversant siècles et millénaires. Ici comme ailleurs, elle est faite de multiples commencements, de changements, de ruptures parfois, mais aussi de permanences.

L’incarner dans un mélange de personnages célèbres ou anonymes, c’était aussi rendre aux Palestiniens leur visibilité dans l’espace palestinien et dans le temps – présent et passé –, et les remettre à cette place qui a toujours été la leur, au centre de leur histoire.

De quelle manière avez-vous procédé aux choix des portraits qui composent votre livre ?

Sabri Giroud : La réalisation du livre tient d’une longue recherche et de nombreux échanges avec des chercheurs, historiens pour beaucoup mais pas seulement. J’ai sollicité des spécialistes pluridisciplinaires pour varier les angles de recherche : archéologues, historiens des religions, anthropologues, spécialistes de littérature, politistes ou journalistes. Certains auteurs ont répondu à une demande précise, d’autres ont proposé des portraits plus inattendus. Une pièce théâtrale écrite par le dramaturge Amer Hlehel sous forme d’autobiographie du poète palestinien Taha Muhammad Ali a même été adaptée au format requis par le livre, preuve s’il en est que l’histoire s’écrit à plusieurs mains.

Si le choix des figures rassemblées comprend inévitablement une part d’arbitraire, il a été motivé par des critères objectifs, qu’il a fallu recouper tout au long de la gestation de l’ouvrage. Il me faut d’abord dire ce que le livre ne devait pas être (et qu’il n’est pas) : ni un roman national ni un abrégé d’histoire de la Palestine, pas plus qu’une compilation de simples notices biographiques. Mais bien une fresque historique, aussi fragmentaire soit-elle, qu’illustre un ensemble de personnages que j’ai voulu aussi divers que possible en termes de chronologie, de répartition géographique dans l’espace palestinien, de parcours de vie, mais aussi de thématiques et de périodes abordées.

L’envie de partager avec le lecteur des recherches habituellement réservées aux ouvrages spécialisés a également participé du choix de nombreuses figures, qu’il s’agisse d’Arsinoé, jeune épouse consignée dans un acte de mariage en 176 av. J.-C., de Salih Ibn Saïd, moine bibliothécaire de l’An Mil qui a laissé de lui quelques traces en marge des manuscrits qu’il a annotés, ou encore du poète et résistant Nouh Ibrahim, dont les textes écrits dans les années 1930 résonnent encore aujourd’hui. À mesure que le projet a avancé, il a fallu parfois renoncer à certains personnages au profit d’autres qui avaient fait l’objet d’une étude plus approfondie. Éviter à tout prix que les sujets se chevauchent et se répètent, mais au contraire multiplier les angles de vue.

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Photographie d'une famille palestinienne prise en 1900. Domaine public.

Loin des réflexes essentialistes et eurocentrés qui, souvent, réduisent la Palestine et les Palestiniens à l’intégrisme islamique, occultent les douloureuses et meurtrières décennies de colonisation, vous intégrez les judaïsmes du Levant dans l’histoire palestinienne. Qu’est-ce qui a motivé un tel choix épistémique ?

Sabri Giroud : Rappeler que le judaïsme palestinien est partie intégrante de l’histoire de la Palestine et par extension de celle des Palestiniens serait une évidence si les représentations occidentales d’une Palestine fantasmée n’avaient à ce point biaisé la lecture de l’histoire, pire voué ses habitants à disparaître.

Ces représentations ont nié le peuple autochtone palestinien non seulement dans son existence, chez lui, mais aussi dans son lien au passé et à son patrimoine, dont elles prétendent le priver ou l’amputer. Elles ont également opéré une séparation « indépassable » entre Arabe et juif, comme si ces deux termes s’excluaient. Est-il nécessaire de rappeler que la Palestine a été le berceau de la Bible, du judaïsme, du christianisme et de l’Islam, et que des vestiges archéologiques et historiques fascinants témoignent de ce passé ?

Au nom de quelles théories fumeuses, l’historien ou l’archéologue serait-il autorisé à hiérarchiser le patrimoine, à essentialiser certains aspects de l’histoire ou au contraire à en gommer d’autres ? Des juifs ont toujours vécu sur ces terres, mais le judaïsme, comme le samaritanisme, le manichéisme, et tant d’autres cultes polythéistes florissants dans l’antiquité ont décliné voire disparu au profit des nouvelles religions qui ont reçu les premières en héritage. Preuve s’il en est que l’histoire des religions n’est jamais figée, pas plus que celle des sociétés, des cultures ou des institutions. Cette densité de l’histoire, sa pluralité, j’ai voulu les illustrer dans ce livre, de Flavius Josèphe à Ishaq Shami, en passant par Netira, fils de Yehopadani, ou Zacharie le Scolastique...

La Nakba : l'urgence de raconter l'histoire

A travers la ville de ‘Ascalân [عسقلان], vous tracez une continuité entre les présences hellénistiques et arabes (samaritaines, chrétiennes et musulmanes) en Palestine. Pouvez-vous nous en dire plus sur la charge symbolique de cette ville d’après les écrits de l’architecte Julien d’Ascalon (VIe apr. J.-C.) ?

Sabri Giroud : Rappelons d’abord que, de Julien d’Ascalon, nous ne connaissons, comme le rappelle l’historienne Catherine Saliou, l’auteure de son portrait, « qu’un nom, associé par la traduction manuscrite médiévale à un court texte d’une vingtaine de pages qui rassemble des prescriptions relatives à l’espace urbain et aux rapports de voisinage ».

Le texte de Julien d’Ascalon est une source d’autant plus précieuse qu’en abordant l’architecture du point de vue d’un praticien soucieux des considérations techniques, il nous renseigne sur le tissu ordinaire et privé de la ville et nous permet de changer d’échelle pour nous rapprocher de la vie quotidienne et de considérations plus triviales sur l’organisation des villes palestiniennes de l’Antiquité tardive.

Qui sont les principaux historiens palestiniens et arabes du nettoyage ethnique de la Palestine historique en 1948, la Nakba ?

Sabri Giroud : L’année 1948 a marqué l’anéantissement pur et simple d’un pays, mais aussi l’aboutissement d’un processus d’expulsion de la population autochtone palestinienne et son remplacement par une communauté de colons juifs européens établis en Palestine durant le mandat britannique. La Palestine et les Palestiniens étaient sommés de disparaître, comme s’ils n’avaient jamais existé ! Face aux conséquences tragiques de la Nakba, l’urgence de raconter l’histoire s’est faite impérieuse, presque existentielle. Comme l’a rappelé Elias Sanbar, les historiens palestiniens devaient « tout à la fois, tirer les leçons de l’histoire, sauvegarder le passé nié par Israël et, surtout, apporter les preuves et les arguments scientifiques nécessaires pour établir la justesse et la légitimité des aspirations ».

L’historien syrien Constantin Zurayk a été le premier à formuler le terme de Nakba pour désigner la tragédie de 1948 dans un ouvrage écrit la même année. Son approche universitaire et moderniste s’est imposée sur la scène intellectuelle palestinienne à partir des années 1960.

Des historiens tels que Walid Khalidi, Elias Sanbar, Salman Abu Sitta, Rosemary Sayigh, Yazid Sayigh, Salim Tamari, Rashid Khalidi, ou encore Nur Masalha, pour ne citer qu’eux, ont contribué à éclairer ce moment charnière de l’histoire palestinienne, mais aussi le processus systématique et continu d’expulsion des Palestiniens et de confiscations de leurs terres par Israël.

Célèbre pour ses innovations stylistiques dans des fictions comme Ce qu’il vous reste (1966) et Retour à Haïfa (1970), Ghassan Kanafani est aussi l’auteur d’un important essai anticolonialiste, Sur la littérature sioniste (1967). Que cristallise cet auteur dans l’histoire des lettres et de la résistance palestinienne ?

Sabri Giroud : Écrivain, mais aussi journaliste et rédacteur en chef de plusieurs publications de la gauche nationaliste arabe, dont l’hebdomadaire Al-Hadaf (Le But), organe du Front populaire pour la libération de la Palestine dont il a été le porte-parole, Ghassan Kanafani a été le fervent promoteur d’une « culture de résistance ».

S’il passe pour être le pionnier de la littérature palestinienne moderne, on lui doit aussi d’avoir révélé le caricaturiste Naji al-Ali et contribué à sortir de leur isolement les « poètes de l’intérieur » et, parmi eux, Mahmoud Darwich. Il faut garder à l’esprit que la Nakba a imposé à la littérature palestinienne et arabe un changement profond. Un nouveau langage propre à décrire la tragédie – l’éparpillement du peuple palestinien, sa désolation physique et morale, son impuissance dans cet état d’abandon – devait être réinventé.

Pour Ghassan Kanafani, la fiction devait incarner l’évolution de la conscience politique palestinienne, tant individuelle que collective, du désespoir à l’action. Il en fait une arme de résistance pour amener le lecteur à s’engager à son tour. Dans ce qui est considéré comme son œuvre majeure, Retour à Haïa, Ghassan Kanafani pose ouvertement la question du sens de l’action humaine qui ne peut être, pour lui, que dans la lutte. L’Homme se définit alors par la cause qu’il défend au nom de principes de justice, et non par une quelconque identité « biologique » ou « raciale ».

Cinquante ans après son assassinat à Beyrouth, son héritage intellectuel, littéraire et politique continue d’inspirer des générations de Palestiniens, ce que reflètent la persistance de la résistance palestinienne, la réédition en arabe de ses nouvelles et de nombreuses adaptations au théâtre. On ne peut dès lors que regretter que son œuvre ait été si peu traduite en français et que les rares nouvelles qui l’ont été soient aujourd’hui quasiment introuvables.

La caricature est un art majeur en Palestine. Votre livre consacre un texte au célèbre caricaturiste Naji al-Ali, le symbole du refus palestinien des compromissions, de tout bord qu’elles soient. Que voulait exprimer cet artiste quand, en 1973, son personnage emblématique Handala a définitivement tourné le dos à l’observateur ?

Sabri Giroud : Dans le théâtre cruel que Naji al-Ali met en scène dans ses dessins de presse, la tragédie palestinienne ne se réduit pas à la seule figure de l’ennemi sioniste et ses alliés internationaux, États-Unis en tête. Il dénonce tout autant les faux-semblants, l’abandon par la communauté internationale, l’immobilisme et les compromis des états arabes, tout comme ceux de la direction palestinienne. « Malheur à la défaite ! » aurait pu s’exclamer Handala, le personnage iconique créé par Naji al-Ali en 1969. Pour lui, la guerre de 1973 n’était qu’un jeu de dupes.

À LIRE – Israël / Palestine : les enfants, premières victimes du conflit

Si elle a débouché sur des accords de désengagement en Égypte et partiellement de la Syrie, elle a surtout permis à l’Égypte de se rapprocher des États-Unis, ces derniers se contentant de la promesse d’une vague politique des « petits pas ». Les Palestiniens ont été à nouveau laissés pour compte. Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision publique koweitienne en 1986, Naji al-Ali expliquait l’attitude de son personnage comme l’expression de son « rejet des “solutions” américaines de capitulation et de normalisation », manœuvres qu’il percevait comme autant de « pièges tendus par l’idéologie impérialiste et sioniste ». Il réaffirmait ainsi que son petit héros ne se détournerait jamais de la Palestine. Tournant le dos au lecteur, il prenait celui-ci à témoin et l’amenait à plonger son regard dans la même direction que lui : sur les injustices infligées à son peuple et sur sa lutte opiniâtre.

« Produire des archives, c’est de la résistance ! »

En dehors des cercles spécialisés, l’histoire du cinéma palestinien est très peu connue du lecteur de langue française. De quand date sa naissance et quelles sont ses principales figures ? Que savons-nous aujourd’hui sur l’état des archives de ce cinéma ?

Sabri Giroud : Les débuts du cinéma palestinien remontent aux années 1930, mais cette page se referme brutalement en 1948, entraînant la disparition de ce premier fonds cinématographique. Après une longue période de silence, la volonté d’opposer un contrepoids au narratif hégémonique du projet colonial israélien et de rendre sa visibilité au peuple palestinien anime une nouvelle génération de réalisateurs. Leur cinéma se veut militant et au service du mouvement de libération nationale en plein essor.

C’est d’ailleurs au sein même de l’Organisation de Libération de la Palestine que trois jeunes réalisateurs, Sulafa Jadallah, Hani Jawhariyyeh et Mustapha Abou Ali, fondent ce qui deviendra plus tard l’Institut du cinéma palestinien, établi à Beyrouth. En cette fin des années 1960, le cinéma palestinien vient de renaître de ses cendres, dans l’exil et sous la forme du documentaire.

L’invasion israélienne de Beyrouth en 1982 met un terme à cette séquence et provoque la dispersion des archives du Centre de recherche sur la Palestine et de l’Institut du cinéma palestinien, pillés par l’armée israélienne, comme l’a rapporté l’historienne israélienne de l’art visuel, Rona Sela. Ironie de l’histoire, ce cinéma révolutionnaire s’éteint au moment même où une nouvelle approche du cinéma palestinien apparaît, au cœur de la Galilée, sous la forme de la fiction.

Vingt ans plus tard, un nouvel intérêt est porté à ce cinéma révolutionnaire qui est érigé en mémoire. Des réalisateurs de la première génération (Mustafa Abou Ali, Khadija Habashneh, Kais Al-Zubaidi) et de plus jeunes se lancent alors dans une quête éperdue à la recherche de rushs et de films oubliés et disséminés de par le monde. Le réalisateur du film Hors champ, aka révolution jusqu’à la victoire (2015), Mohanad Yaqubi, en a même retrouvé jusque dans un studio de Rome, où ils étaient restés cachés depuis 1977.

Expliquant la portée de son travail au sein du collectif de recherche et de production cinématographique ‘Subversive Film’, formé en 2011, ce dernier déclarait : « Produire des archives, c’est de la résistance ! » Paroles toujours lourdes de sens au vu de l’ampleur de la destruction des archives culturelles de Gaza, y compris du cadastre et des documents d’état civil, par l’armée d’occupation israélienne.

Les luttes féministes sont extrêmement vives en Palestine. Qui était Naïla Ayesh, cette téméraire Palestinienne qui a marqué les luttes anticoloniales des femmes palestiniennes durant la Première Intifada (1987-1993) ?

La sortie du film Naila and the Uprising (Naïla et le Soulèvement), réalisé par Julia Bacha et produit par l’association Just Vision, en 2017, a été déterminant dans le choix de Naïla Ayesh. Cette dernière avait été choisie comme le personnage central de ce film dédié aux mobilisations des femmes palestiniennes pendant la Première Intifada. Son histoire personnelle est un puissant révélateur d’une histoire collective.

À la suite de la démolition de la maison familiale à Ramallah par l’armée israélienne, alors qu’elle a huit ans, la militante associative féministe qu’elle demeure connaît la torture (elle perd un enfant alors qu’elle est enceinte), la prison (détention administrative durant laquelle l’administration pénitentiaire l’autorise à garder auprès d’elle son enfant de six mois), la séparation d’avec son mari, déporté dans le Sud-Liban, puis son départ « volontaire » pour le rejoindre (avec l’angoisse d’un départ sans retour).

Entre actions clandestines de désobéissance civile (militance dans les comités populaires et les comités de femmes) et mobilisation des femmes palestiniennes dans les manifestations, son histoire révèle à la fois les choix difficiles qui lui sont imposés pour préserver sa vie de famille et son engagement militant, et l’articulation de la lutte pour le droit à l’autodétermination et pour l’émancipation féminine. Pour Naïla Ayesh, le chemin de l’émancipation des femmes palestiniennes passe nécessairement par leur implication dans la vie politique et institutionnelle, et par l’acquisition de compétences dans tous les domaines.

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Jeune femme originaire de Ramallah portant une tenue traditionnelle, vers 1929–1946. Domaine public.

L’historien Issam Nassar a consacré sa contribution à Karima Abboud, une photographe palestinienne, très peu connue du grand public, qui a vécu entre 1893 et 1940. Dans son œuvre photographique, comment apparaît la Palestine d’avant la Nakba ?

La Palestine a été photographiée comme peu de pays l’ont été. Mais pour les praticiens occidentaux qui l’ont façonné à travers des images stéréotypées, du XIXe siècle jusque dans la première moitié du XXe siècle, elle est essentiellement un pays figé dans le passé et des récits bibliques. Lorsque des Palestiniens apparaissent au détour d’un cliché, ce n’est, dans le meilleur des cas, que pour illustrer une vague image biblique, mais le plus souvent pour en souligner l’étrangeté, pire le caractère importun.

L’apparition des photographes palestiniens, à la veille de la Première Guerre mondiale, apporte un tout autre regard, un regard familier posé sur une société vivante et sur ceux qui la composent. Portraits, scènes de groupes, familles, célébrations, gens de métiers peuplent leurs albums. Karima Abboud a participé de ce mouvement. Redécouverte dans les années 1990, son œuvre se compose principalement de portraits, qu’elle réalisait dans son propre studio ou en se déplaçant parfois chez ses clientes. Le genre est en vogue auprès du public palestinien.

À LIRE - Gaza, la Palestine et le reste

Le plus frappant dans les portraits posés qu’elle a réalisés, et cela vaut pour l’ensemble des photographes palestiniens, c’est la spontanéité qui se dégage des personnes photographiées. Les Palestiniens qu’elle photographie sont eux-mêmes et non ce à quoi les assignent les photographes occidentaux.

Crédits photo : Photo de Alfo Medeiros / CC-By-SA 2.0

 

 
 
 
 
 

Par Faris Lounis
Contact : farislounis27@outlook.fr

2 Commentaires

 

Sarah Laballette

28/01/2025 à 17:16

Excellent récit historique et de l'histoire de la Palestine qui prouve la permanence de l'existence , de la présence et de la vie sur leurs terres " volées" des Palestiniens et invalident totalement la thèse sioniste de la négation de la Palestine

J.Cutler

29/01/2025 à 08:32

Dictionnaire amoureux de la Palestine, de Elias Sanbar.

La Palestine en 50 portraits

Sabri Giroud

Paru le 31/08/2023

477 pages

Riveneuve éditions

29,00 €

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14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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“Le nom de l’éditeur ne suffit plus” : acheter des livres, à l’ère des milliardaires

Face à la concentration croissante de l’édition, l’application Quisbn ? ambitionne de rendre visibles des liens de propriété largement méconnus du public. En scannant un ISBN, elle permet d’identifier les groupes auxquels appartiennent les maisons d’édition, au moment même de l’achat. Fondé sur le croisement de sources publiques et une veille contributive, l’outil entend démocratiser l’accès à des données économiques complexes et nourrir une compréhension plus éclairée du monde du livre.

26/12/2025, 10:18

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“Économiquement, la vente en librairie ne suffit pas”

À première vue, on croit connaître le livre de photographie : des photos - logique -, un « beau livre », un objet qu’on feuillette. Mais il n’est ni un simple album, ni une exposition mise en pages, ni une illustration chic d’un texte. C’est un récit, un langage à part entière - et c’est précisément parce qu’il reste méconnu, parfois mal identifié, que l'association France PhotoBook inaugure une Journée de sensibilisation au livre de photographie, le jeudi 22 janvier 2026 à Amiens, de 9h30 à 17h30.

23/12/2025, 17:32

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“La première règle du Knight Club, c'est de s'approprier les croisades” Arthur de Pins

Parti guilleret de son atelier à Bastille, Arthur de Pins nous attendait devant l’Institut du Monde Arabe. On s’était promis de parcourir ensemble la bibliothèque et les ouvrages médiévaux, parler de l’art de la forge au XIIIe siècle, dans le Royaume d’Israël… et ce n’était que l’apéritif. Une immersion complète pour aborder son dernier livre Knight club, un roman graphique entre tempête de sable et vis comica

23/12/2025, 11:04

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Emmanuel Khérad : “La mobilisation du public me donne une responsabilité”

Après l’arrêt brutal de La Librairie francophone, Emmanuel Khérad retrouve l’antenne avec Le Club francophone, un nouveau programme culturel diffusé sur TVMonaco et YouTube. Télévision, production indépendante, jeunesse, lecteurs, libraires et francophonie : l’animateur et producteur revient sur la genèse du projet, et ses ambitions pour l'année à venir.

22/12/2025, 18:01

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Après les agressions, Paris crée un dispositif d’intervention rapide pour les librairies

Après plusieurs semaines de polémique, le Conseil de Paris a finalement adopté l’aide municipale destinée aux librairies indépendantes. Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint à la maire de Paris chargé du commerce, de l’artisanat et des professions culturelles, revient pour ActuaLitté sur les enjeux de ce vote, les usages concrets de la subvention et les tensions politiques qui ont traversé le dossier.

18/12/2025, 18:26

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Amin, un enfumage algérien

C’est une histoire qui se passe à Alger et dans ses alentours, mais elle se déroule également ailleurs, dans d’innombrables pays. En somme, c’est une histoire ancienne, elle change simplement de visages, de géographies, de configurations, de scènes et d’acteurs. 

17/12/2025, 14:32

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“La poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit” : entretien avec Julien Boutreux

Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

17/12/2025, 10:49

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“Sans livres, pas de liseuse” : la vision de Marius Sobczak (inkBOOK) sur l’avenir de la lecture numérique

Quand Marius Sobczak évoque la lecture numérique, il le fait avec le calme de ceux qui ont vu passer plusieurs cycles. Son histoire avec la liseuse commence tôt, très tôt même. « On a vendu la première liseuse en Europe en même temps qu’Amazon a vendu la sienne », rappelle-t-il. Depuis, le marché s’est transformé en profondeur. Les usages ont évolué, les acteurs se sont raréfiés, et les certitudes d’hier ont souvent volé en éclats.

16/12/2025, 16:09

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Witi Ihimaera : “La France est plus grande que vous ne le pensez“

Witi Ihimaera nous raconte sa littérature comme une affaire de noms, de transmission… et de détournement. Il remonte avec nous à ce moment où, avec l’arrivée des missionnaires en Nouvelle-Zélande, « ils ne pouvaient pas dire « Ihimaera »… » et cherchent une approximation : « Qu’est-ce qui sonne comme “Smiler” ? Alors on t’appellera Pop Smiler. »

15/12/2025, 17:35

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“Ce sont des travailleurs“ : Soumya Bourouaha revient sur la protection sociale des créateurs

Dans le rapport de la mission flash remis le 26 novembre dernier, les députées Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis, 4ᵉ circonscription) et Camille Galliard-Minier défendent l’idée de rattacher les artistes-auteurs à l’Unédic afin de leur ouvrir l’accès au chômage. La proposition de loi dite de « continuité de revenus » souligne en effet que ces créateurs connaissent, comme d’autres professions déjà couvertes, des périodes de creux involontaires. 

11/12/2025, 16:09

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”La Sacem ne défend pas d’autres intérêts que ceux de ses membres”

ActuaLitté révèle, dans un article, l'activité de lobbying menée par la Sacem contre la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes-auteurs : la société de gestion de droits d'auteur y répond. Dans cet entretien, elle défend la légitimité de son intervention auprès des sénateurs et justifie ses prises de position. Elle affirme représenter au mieux les intérêts de ses membres face à une réforme jugée risquée pour le droit d’auteur. L’échange revient sur les critiques adressées à la PPL, la précarité des artistes-auteurs et le rôle de la gestion collective dans le secteur culturel.

11/12/2025, 11:26

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Éditions ZTL-ZéTooLu : une maison pour les enfants dyslexiques, mais pas que...

La dyslexie complique l’apprentissage de la lecture, mais des solutions existent pour accompagner les enfants comme les adultes. Sandra Todorovic, fondatrice de la maison d’édition ZTL-ZéTooLu, travaille depuis des années sur des ouvrages pensés pour faciliter la lecture. Elle évoque les différentes formes de dyslexie et l’apport de typographies adaptées. Dans cet entretien, elle raconte comment son parcours personnel nourrit son travail éditorial.

11/12/2025, 10:07

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"La force de Lire et Faire Lire, c’est que son engagement s’inscrit autant dans la culture que sur le terrain"

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Laura Nsafou souligne l'importance de la « représentativité » ; « on s'occupe aussi bien d'acteurs derrière et devant le livre »

11/12/2025, 10:00

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Le marché secondaire numérique, un continent juridique encore inexploré

Le numérique culturel s’impose partout, mais un détail change tout : le marché secondaire demeure un désert juridique. Dans le livre comme dans le jeu vidéo, l’achat en ligne ressemble à une propriété. En réalité, il s’agit le plus souvent d’un droit d’usage personnel, encadré par des conditions générales. Je m’intéresse à cette faille depuis le jeu vidéo, mon premier terrain de culture. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

06/03/2026, 14:53

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Face au “modèle économique planétaire mortifère” d'Amazon, “unissons-nous”

L'épisode polémique autour du partenariat noué entre Amazon et le Festival du Livre de Paris, avec l'assentiment du Syndicat national de l'édition, laissera des traces dans la chaine du livre. Il témoigne d'une présence de plus en plus banalisée de la multinationale américaine au sein de cette dernière, un constat contre lequel le collectif lyonnais TENIR ! appelle à se mobiliser, dans une tribune.

06/03/2026, 10:50

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De la Mouffe à la Cartoucherie : l’histoire d’un théâtre radical

Dans un rêve survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un ancien interprète d’Artaud retourne au Théâtre de l’Épée de Bois, comme rappelé à une filiation souterraine. De la rue Mouffetard aux laboratoires des années 1960-1970, se dessine un théâtre-champ de bataille où l’ombre d’Artaud continue de travailler les corps et les lieux. Par Ilios Chailly.

05/03/2026, 17:22

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Jean-Claude Ceccarelli : quand la réalité se mêle à la fiction pour raconter l'Histoire

ActuaLitté ouvre ses colonnes à Jean-Claude Ceccarelli, qui revient sur son goût pour les récits mêlant faits historiques et imagination romanesque. À travers ses ouvrages consacrés à Paris et à la Renaissance italienne, il évoque sa manière de faire dialoguer réalité et fiction pour raconter l’Histoire.

05/03/2026, 15:34

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“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

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Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

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Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

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Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

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Perrette is The New Queen – et si la laitière avait toujours eu raison ?

Les occasions de rêver, sans arrière-pensée ni messages d’alerte subliminaux, devenant assez rares, j’ai pris comme une bouffée d’oxygène, en une sorte de flash réconfortant, l’image de Perrette et de son fameux pot au lait, rendue populaire par Jean de La Fontaine (Fables, Livre VII).

02/03/2026, 15:53

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Le tarot : un mystérieux et fascinant jeu de cartes…

À la fin du Moyen-Âge, dans les années 1430, un jeu somptueux fut créé pour le divertissement des riches aristocrates de l’Italie du Nord. Ses cartes magnifiques, enluminées et dorées à l’or fin, se répandent dans les cours italiennes. Et depuis lors, ce jeu, appelé « jeu des triomphes » puis « tarot », fascine les esprits…

02/03/2026, 11:43

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Trump bannit l’IA Claude : un scénario que John le Carré aurait reconnu

Le 27 février 2026, Donald Trump a ordonné à toute l'administration américaine de cesser d'utiliser l'IA d'Anthropic. Derrière la décision : une opération militaire au Venezuela, un garde-fou automatique, et un refus maintenu sous pression directe de la Maison-Blanche. John le Carré aurait reconnu cette histoire. Il l'avait déjà écrite.

01/03/2026, 10:02

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“Pourquoi je suis partie ? Une maison d’édition ne se construit pas avec des tableurs”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 9. Grand final. Oui, je respire encore. Il aura fallu des semaines de négociations pour aboutir. Je m'appelle Victoire. J'ai décidé de tout envoyer paître. Je vous annonce que je me casse, pour retrouver mon indépendance, dans un cadre respectueux et factuel.

27/02/2026, 16:57

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Fille de pute censuré : quand la fiction révèle les fractures du réel

Un maire refuse l’acquisition d’un roman dans une médiathèque municipale. Le livre : Fille de pute, de Swann Dupont. Les motifs avancés sont connus. Pas de règlement voté, donc pas d’achats, considère le maire. Et puis, n'oublions pas la protection des mineurs, donc l'impérieuse prudence. D'ailleurs, le titre du livre lui-même, voyez-vous... même sans lire le bouquin, pas besoin d'aller trop loin. Pourtant, la lecture de ce récit fait assez mal à la réalité. 

25/02/2026, 16:43

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Parenthèses à Hong Kong : une librairie dédiée aux rencontres et à la langue française

Il existe, en plein centre de Hong Kong, une librairie française - mais il serait plus juste de dire francophone - nichée dans le quartier animé de Sheung Wan, au beau milieu des gratte-ciel, des tramways grinçants - que l’on appelle ici ding-ding - et du flux continu des passants.

24/02/2026, 17:25

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Municipales 2026 : les archivistes interpellent les futurs maires

À l’approche des élections municipales de mars 2026, l’Association des archivistes français (AAF) intensifie son plaidoyer. L’organisation lance un appel national aux maires sortants candidats à leur réélection ainsi qu’à l’ensemble des futur·es candidat·es, les invitant à s’engager formellement en faveur d’une gestion rigoureuse des archives communales et intercommunales.

24/02/2026, 14:48

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Fille de pute, victime de la censure : un maire peut-il interdire un roman en médiathèque ?

Qu’une médiathèque de l’Orne reçoive des conseils du maire, quant aux ouvrages qui ont droit de cité ou non dans les étagères, voici qui étonne. Le titre du récit que Swann Dupont a publié chez Istya & Cie, peut-être – Fille de pute –, mais l’argument serait court. Dans une longue tribune, l’autrice détaille cette étonnante situation et combien l’interventionnisme de l’édile va à l’encontre du sens commun – pour ne pas dire, du bien commun.

23/02/2026, 16:43

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Retraites d’auteurs : “Un dispositif créé pour ne pas fonctionner” que l’État a laissé pourrir

Cette tribune naît d’une plongée dans le scandale Agessa, de ces mois passés à s’enliser dans un marécage administratif où chaque démarche enfonce davantage. Derrière les formulaires, les silences et les réponses dilatoires, se dessine un système qui exige des victimes qu’elles financent leur propre réparation. Ce récit d'Henri Fellner expose les rouages d’un piège institutionnel, ses acteurs, ses complicités et les forces qui s’acharnent à maintenir les auteurs hors du droit commun. 

23/02/2026, 12:02

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Pas de cartes postales : “Mon premier livre vendu, c’était une biographie du Che”

Sur le quai de l’Hôtel de Ville, Pierre est assis avec son camarade Maxime. L'ancien libraire et chineur invétéré nous présente ses « outils » : des textes « utiles », des archives de luttes, des classiques qui reviennent, des fonds devenus introuvables ou presque - et surtout, des ponts.

20/02/2026, 18:22

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Les documentalistes territoriaux, un “rôle fondamental” dans la vie publique

À l'heure de la remise en cause de la fiabilité des informations par les intelligences artificielles génératives, de la post-vérité et d'une réduction drastique des dépenses publiques, les documentalistes territoriaux et leurs services sont menacés. L'association des spécialistes de l'information-documentation, Interdoc, appelle dans une tribune à maintenir les moyens et missions des documentalistes, et qualifie leur rôle dans la vie publique de « fondamental ».

19/02/2026, 11:25

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Spectacle vivant : l’intersyndicale annonce une crise “d’une gravité exceptionnelle“

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’intersyndicale du spectacle vivant public alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle ». Les organisations dénoncent les effets de la loi de finances, l’effondrement des financements territoriaux et les menaces pesant sur l’intermittence. 

17/02/2026, 12:40

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Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

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Livres jeunesse : la classification proposée par le RN, “fausse bonne idée”

Le député d'extrême droite Julien Guibert (Nièvre, Rassemblement national) a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un système de classification par âge des ouvrages destinés aux jeunes et aux adolescents. Une initiative accueillie fraîchement par pratiquement toutes les professions du secteur : l'Association des bibliothécaires de France ajoute en effet ses propres arguments pour écarter l'idée, dans une tribune reproduite ci-dessous en intégralité.

09/02/2026, 10:13

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L’Amérique au bord du précipice : pourquoi la culture renversera Donald Trump

L’Amérique tangue, ivre de sa propre légende, coincée entre les néons sales du pouvoir brut et les fantômes électriques de Ginsberg qui hurlent encore sur l’asphalte. Dans le cockpit, un milliardaire enragé joue avec les boutons rouges comme un enfant trop riche dans un magasin d’armes. Pourtant, sous la tôle froissée, le moteur démocratique gronde. Les poètes, les musiciens, les libraires, les profs, les types fatigués qui votent sans illusions tiennent encore la ligne. Ce texte parle d’une chute possible. Mais surtout d’une résistance culturelle qui mord, qui encaisse, qui refuse de plier. Par Mathias de Breyne.

06/02/2026, 14:08

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“Norma Jeane Baker était une femme. Marilyn Monroe était un mythe”

De la découverte sidérante de la mort de Marilyn Monroe à l’enquête intime sur Norma Jeane Baker, ce Daniel Charneux retrace ici une fascination née dans l’enfance et devenue projet littéraire. Entre mémoire personnelle, immersion dans les archives, films et biographies, et réflexion sur l’identité, l’auteur traque la femme derrière l’icône. Une plongée sensible dans la fracture entre mythe hollywoodien, violence médiatique et destin humain brisé. Il publie ce 5 février I'm not M.M. chez Arléa.

04/02/2026, 09:00

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Derrière la perquisition de Violette and Co, une “procédure absurde”

La perquisition de la librairie parisienne Violette and Co, le 7 janvier dernier, pour la vente d'un livre de coloriage sur la Palestine, a largement choqué le monde du livre. L'intervention policière paraît en effet disproportionnée, pour un titre qu'il était alors légal de proposer au public et qui a depuis fait l'objet d'un avis défavorable d'une commission très critiquée, au fonctionnement opaque... L'Observatoire de liberté de création réitère son appel à une réforme de l'encadrement des publications jeunesse, dans un courrier à trois ministres reproduit ci-dessous.

03/02/2026, 11:05

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Traductions automatisées : un modèle “indigne” chez Harlequin

Le monde feutré de la romance industrielle craque sous le bruit sec des algorithmes. Harlequin confie ses traductions à une IA générative, sous contrat avec Fluent Planet, reléguant les traducteurs humains au rôle de réparateurs sous-payés de phrases-machines. Tarifs écrasés, post-édition déguisée, clause de silence imposée : dans une tribune, le SNAC dénonce une fuite en avant où l’innovation sert d’alibi à la casse sociale et au contournement du droit d’auteur.

31/01/2026, 10:05

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“Une création à deux vitesses” : le Off d’Avignon alerte sur la réforme des aides à l’emploi

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture Rachida Dati, l’association Avignon Festival & Compagnies dénonce le nouveau décret modifiant le FONPEPS, le fonds public de soutien à l’emploi dans le spectacle vivant. En cause : la réforme du dispositif APAJ, une aide destinée à soutenir l’emploi des artistes dans les spectacles joués dans des salles de petite jauge, là où les recettes de billetterie sont insuffisantes pour couvrir les coûts salariaux. 

28/01/2026, 18:03

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E-commerce et librairies indépendantes : et si un autre modèle était possible ?!

Alors qu’Amazon contourne sans vergogne la loi Lang tout en bradant les frais de port, une prise de conscience de la part des lecteurs s’opère et ralentit la croissance du géant du web sur le livre. On espère ce sursaut citoyen durable, mais pour l’heure, il n’est pas suffisant pour sortir les librairies indépendantes de l’ornière. Leurs frais fixes grimpent d’année en année et l’augmentation du prix du livre ne suffit pas à compenser le déclin de la lecture. Par Amandine Pacaud.

27/01/2026, 16:12

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Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06

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“Les poètes inconnus majoritaires, le public les conspue”

La poésie se joue souvent sous néon blafard, entre un verre tiède et une rage froide. Ici, on dégoupille la grenade avec un sourire carnassier : la Maison de la poésie, ses VIP, ses têtes d’affiche, son petit théâtre bourgeois. Le texte grince, éructe, ricane. Un pamphlet en roue libre, entre PMU, Johnny imaginaire et satire sociale, où la littérature se cogne au star-system comme un poète contre une vitrine.

27/01/2026, 11:33

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Heated Rivalry : comment une romance entre hockeyeurs a déclenché une folie mondiale

Il y eut After, Calendar Girl et bien d'autres : un autre phénomène se profile, sur fond de patinoire. Heated Rivalry, romance sportive homosexuelle d'après l'oeuvre de Rachel Reid, connaît un engouement fulgurant depuis son adaptation télévisée – avec un raz de marée sur les livres en bibliothèques et librairies américaines. Parue sans faire de bruit en France dès 2021 (avant de disparaître des rayons), la saga reviendra dans une nouvelle traduction. 

24/01/2026, 10:38

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Diffusion du livre photo : résoudre “l’impossible équation économique“ des éditeurs

« La réalité d’un livre photo, c’est qu’on le conservera durant une année entière. Et au moment où l’on se décide à le renvoyer, un client le sauvera du retour pour l’acheter. » Cette théorie, qu’une libraire présente dans la salle du Musée de Picardie expose comme amplement vérifiée, concluait les échanges avec humour et délicatesse. Pour autant, l’anecdote dit quelque chose de cette difficulté de diffusion…

22/01/2026, 18:24

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Les livres de photos “nous arment contre la violence de notre monde d’images”

À l’occasion de la journée de sensibilisation au livre de photographie organisée à Amiens, ce 22 janvier par France Photobook, Éric Cez a ouvert les échanges en proposant un autre regard. Cofondateur de la maison d’édition Loco et président de l’association, il invite à « nous armer contre la violence de notre monde d’images », par la photographie.

22/01/2026, 11:00

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22