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Albert Camus et la Pologne : la résistance en héritage

À l'occasion d'une conférence donnée en Pologne à l'Institut français, l'écrivain David Camus, petit-fils d'Albert Camus revenait sur le parcours de son grand-père. « Comme disaient les Polonais : "Il a été naturalisé Polonais." Mon grand-père reste plus que jamais d’actualité, et plus je le lis, plus je trouve que ses écrits nous aident. » Il confie le texte de son intervention à ActuaLitté.

Le 23/01/2025 à 16:45 par David Camus

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23/01/2025 à 16:45

David Camus

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ActuaLitté

En ce début de 2025, alors que la Pologne vient de prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne, sa résistance face aux totalitarismes nazi puis soviétique résonne avec une actualité particulière. Dans l’après-guerre, alors que l’Europe se reconstruisait et se divisait sous la menace de la guerre froide, la Pologne était devenue un terrain d’affrontement idéologique et symbolique. Intégrée de force au bloc soviétique, elle incarnait les luttes pour l’émancipation face aux totalitarismes.

Albert Camus, écrivain et penseur engagé, porta une attention particulière à ce pays, voyant en sa résistance un écho à sa propre quête de justice et de liberté. Cette relation, moins connue que son engagement pour l’Algérie ou son rapport à l’Espagne, éclaire la cohérence de sa pensée politique et l’universalité de son œuvre.

Une conscience précoce des enjeux

Dès 1944, Camus, alors directeur du journal Combat, est profondément sensible aux situations d’oppression à travers le monde. Le contexte de l’Insurrection de Varsovie, où des résistants polonais ont combattu les nazis pendant 63 jours (du 1er août au 2 octobre 1944), s’inscrit dans ce cadre. L’inaction de l’Armée rouge, stationnée sur la rive est de la Vistule, a suscité de nombreuses interrogations. Mais si cette passivité soviétique préfigure les dérives d’un système qu’il va progressivement dénoncer comme totalitaire, pour Camus, il s’agit d’une double trahison : non seulement de la Pologne, mais aussi des idéaux de solidarité humaine.

Cependant, il faut noter, comme l’indique Jeannine Verdès-Leroux dans la Pléiade Albert Camus, que le journal Combat lui-même ne montrait pas toujours une compréhension claire de l’évolution de la situation polonaise. Si les informations concernant l’Armée rouge étaient précises, le journal reprenait parfois la propagande communiste, allant jusqu’à qualifier les résistants de l’Armée de l’Intérieur (Armia Krajowa) de néo-fascistes. Le gouvernement polonais en exil était même décrit dans ses colonnes comme « l’Organe exécutif d’une Constitution semi-fasciste, [qui] ne peut représenter que la minorité réactionnaire du pays » (2 janvier 1945). Cette ambivalence reflète la complexité de la période et les difficultés à saisir pleinement les enjeux de la situation polonaise.

Camus s’intéresse à celle-ci dès octobre 1944. Dans Combat, il compare les occupations passées : selon lui, l’Allemagne vaincue connaîtra une occupation « dure et sans merci », plus sévère qu’en France en 1940, mais moins brutale que celle subie par la Pologne. Cette hiérarchisation est révélatrice : elle montre que Camus avait pleinement conscience de la singularité et de l’extrême brutalité de l’occupation en Pologne. Elle témoigne aussi de sa capacité à établir une gradation lucide dans l’oppression, refusant tout relativisme moral face aux différentes formes de domination.

Le 29 novembre 1944, dans un éditorial de Combat, Camus écrit :

« La Belgique, l’Italie, la Pologne, la Grèce aussi, à un moindre degré, se trouvent devant des problèmes qui semblent les dépasser. Et quand même elles seraient capables de les régler seules, on ne les laisserait pas faire. La politique intérieure de chaque État a trop d’influence sur la conduite de la guerre pour que les nations belligérantes ne s’y intéressent pas. À quoi bon se boucher les yeux ? (…) La Russie et la Grande-Bretagne interviennent dans les affaires de la Pologne que les États-Unis abandonnent à son sort. Disons donc ouvertement que ces nations ne sont pas encore souveraines, même si nous devons ajouter que cela est provisoire. Ces servitudes trouvent leur légitimité dans l’état de guerre, mais il ne servirait de rien de ne pas les appeler servitudes. »

Hélas, comme nous le savons, cette servitude, dans le cas de la Pologne, durera jusqu’en 1989, confirmant la prescience de l’analyse camusienne sur la nature des régimes imposés en Europe de l’Est.

Face à la soviétisation forcée

Le 3 janvier 1945, dans un éditorial de Combat commentant un communiqué de l’Agence française de presse sur la transformation du Comité de Lublin (pro-communiste) en gouvernement provisoire polonais, Camus déplore :

« Le communiqué publié par notre agence manque de ce courage élémentaire qui s’appelle la clarté. (...) Dire que notre pays n’a pas à s’immiscer dans les affaires intérieures de la Pologne, c’est dérober la vraie question. Car la reconnaissance du gouvernement d’un pays étranger n’est pas une intervention dans les affaires de ce pays. C’est un acte de politique internationale que chaque nation est obligée de faire ou de ne pas faire. [...] Dire, pour justifier notre neutralité, que la situation politique de la Pologne ne nous est pas suffisamment connue, c’est oublier que cet argument a été soutenu par les Alliés pendant des années pour empêcher la reconnaissance du gouvernement de Gaulle. (...) Le silence eût été plus clair. »

Cette position critique préfigure son attitude après-guerre, quand la Pologne devient un des piliers du bloc soviétique, soumise à une répression culturelle et intellectuelle intense. Tandis que des figures comme Aragon ou Sartre justifient les actions de l’URSS au nom du « progrès historique », Camus refuse le silence complice de nombreux intellectuels de gauche et dénonce sans détour la mise au pas des écrivains, artistes et penseurs russes et d’Europe de l’Est par le régime stalinien.

Cette pensée dissidente s’inscrit dans sa réflexion développée notamment dans Ni victimes, ni bourreaux (1946), où il s’oppose à toute justification de la violence au nom du progrès historique. Pour lui, aucune idéologie, fût-elle révolutionnaire, ne peut justifier l’oppression des peuples et la négation des libertés fondamentales. Ainsi, écrit-il le 20 novembre 1946 (dans Sauver les corps) :

« (…) les idéologies marxiste et capitaliste, basées toutes deux sur l’idée de progrès, persuadées toutes deux que l’application de leurs principes doit amener fatalement l’équilibre de la société, sont des utopies d’un degré beaucoup plus fort. En outre, elles sont en train de nous coûter très cher. »

La compréhension de Camus de la situation polonaise s’est considérablement approfondie grâce à ses contacts avec trois exilés polonais très importants : Czesław Miłosz (1911-2004), Gustaw Herling-Grudziński (1919-2000) et Józef Czapski (1896-1993). Ce dernier, en particulier, a joué un rôle crucial dans cette prise de conscience. Czapski était l’un des rares officiers polonais ayant échappé aux massacres perpétrés par l’URSS. Emprisonné en 1939, déporté puis libéré en 1941, il publia en 1948 Enfin, la vérité sur Katyn (Gavroche, 12 mai 1948), un témoignage bouleversant basé sur ses notes prises en URSS en 1941-1942. Sa correspondance avec Camus (sept lettres de Camus et onze de Czapski sont conservées dans le fonds Camus) témoigne d’échanges intellectuels féconds, notamment autour de la littérature russe et de la traduction polonaise de La Peste. Ces discussions portaient particulièrement sur Vassili Rozanov (1856-1919), révélant un intérêt partagé pour la pensée dissidente russe.

Mais l’engagement de Camus contre les totalitarismes ne se limite pas à ces prises de position dans Combat ou à sa conférence donnée le 28 mars 1946 à l’université Columbia (« La crise de l’homme »), au cours de laquelle il déclara : « Oui, il y a une Crise de l’Homme, puisque la mort ou la torture d’un être peut dans notre monde être examinée avec un sentiment d’indifférence ou d’intérêt amical ou d’expérimentation ou de simple passivité. »

Sa réflexion s’approfondit dans son essai L’Homme révolté (Gallimard, 1951), où il critique les régimes sacrifiant la liberté présente au nom d’une justice future. Dans ce contexte de soviétisation brutale, L’Homme révolté, bien que censuré en Pologne, trouve un écho clandestin parmi les dissidents. En dénonçant sans détour les mécanismes totalitaires, Camus s’attire de vives attaques de la part des intellectuels communistes français.

L’Homme révolté : un texte censuré, mais influent

La publication de L’Homme révolté en 1951 marque un nouveau jalon dans la relation entre Camus et la Pologne.

La première réception critique polonaise significative vient de Zygmunt Markiewicz (1909-1991) qui, dans Kultura en 1952, présente Camus comme un penseur en quête persistante de vérité. L’éditeur de Kultura, Jerzy Giedroyc (1906-2000), conscient de l’importance du texte, cherche activement un critique qui pourrait en rendre le contenu accessible aux lecteurs polonais. Il sollicite particulièrement Konstanty Aleksander Jeleński (1922-1987), qui ignore ces appels. Giedroyc voit dans la pensée camusienne le fondement possible d’un centre intellectuel capable d’affronter la pensée marxiste dominante.

En 1958, une première traduction paraît à Paris, chez Kultura. Cette version, dans une traduction de Joanna Guze (1917-2009), est intégrale. Cette dernière avait initialement rêvé de publier L’Homme révolté en Pologne (Człowiek zbuntowany), avec le soutien enthousiaste de Camus, mais y avait renoncé, convaincue que l’œuvre n’échapperait pas à la censure. Camus s’était alors engagé à soutenir sa publication à Paris.

Une autre édition paraît en 1971 chez Państwowy Instytut Wydawniczy, à Varsovie ; mais cette version est significativement censurée : la section sur la « révolte historique » est entièrement supprimée, réduisant l’œuvre à ses réflexions métaphysiques et littéraires, excluant délibérément toute critique des idées marxistes et léninistes.

L’accès au texte intégral reste difficile, même si avec l’aide de la CIA, des copies de l’essai de Camus parviennent en Pologne ; et il faudra attendre 1989 pour que l’œuvre soit publiée officiellement dans son intégralité en Pologne.

Face à ces restrictions, l’ouvrage circule dans les réseaux clandestins. Dans les années 1980, des maisons d’édition underground le réimpriment illégalement, aux côtés d’autres textes critiques comme ceux d’Orwell. Le livre devient un symbole de résistance intellectuelle, notamment lors de la grève des étudiants de Lublin en 1981. Sławomir Majewski (1956-2022), participant d’août 1980, a décrit la conscience des dissidents polonais avant la chute du communisme :

« Tout a été abordé et considéré, du trotskisme aux principes cupides du capitalisme américain du milieu du XIXe siècle, en passant par les labyrinthes sinueux du socialisme à visage humain. (…) Camus est apparu aussi souvent que les pensées de Tolstoï, Herzen, Tourgueniev, Gorky. »

Si L’Homme révolté trouve un écho si puissant en Pologne, c’est que l’ouvrage propose une analyse du totalitarisme particulièrement pertinente dans le contexte polonais. La critique que fait Camus de la « révolution historique », qui sacrifie la liberté présente au nom d’une justice future, résonne profondément dans un pays prétendument socialiste. Sa distinction entre révolte et révolution, entre une résistance éthique qui préserve certaines valeurs et une révolution qui finit par tout justifier au nom de l’histoire, offre un cadre théorique crucial pour penser la résistance au régime communiste.

Plus encore, sa réflexion sur la nécessité de limites dans l’action révolutionnaire, sur le refus du « tout est permis » nihiliste comme du « tout est possible » totalitaire, fournit des outils intellectuels précieux pour une opposition qui cherche à rester fidèle à ses principes moraux.

Dès 1956, Camus pouvait écrire qu’il connaissait de longue date « la misère et l’oppression que des millions d’hommes subissaient à l’Est ». Cette connaissance précoce, nourrie par ses échanges avec les intellectuels polonais en exil, lui permettait de porter un regard particulièrement lucide sur la situation des pays sous domination soviétique.

Le soulèvement de Poznań

L’engagement de Camus pour la Pologne s’intensifie lors des événements de Poznań en juin 1956. Les manifestations ouvrières qui débutent aux usines Staline (ex-usines Cegielski) pour des revendications économiques se transforment rapidement en soulèvement populaire. La répression fait entre 58 et 78 morts selon les estimations et des centaines de blessés, suscitant l’indignation de Camus qui y voit la confirmation de sa thèse : le communisme soviétique, loin de libérer la classe ouvrière, l’a soumise à une nouvelle forme d’exploitation.

Le 2 juillet, il signe dans Kultura un texte de protestation contre la répression des insurgés.

Le 13 juillet, il écrit dans Franc-Tireur : « Non, ce n’est pas un régime normal que celui où l’ouvrier se voit contraint de choisir entre la misère et la mort. »

L’analyse que fait Camus des événements de 1956 est particulièrement éclairante, car elle met en parallèle les soulèvements polonais de Poznań et hongrois de Budapest. Ce dernier, qui dura d’octobre à novembre 1956, fut réprimé dans le sang par l’armée soviétique, causant environ 2 500 morts. Pour Camus, ces deux révoltes, bien que marquée par des différences — la répression fut beaucoup plus brutale en Hongrie — révèle une même vérité fondamentale : la faillite du système soviétique face aux aspirations irrépressibles des peuples à la liberté.

De plus, il met en évidence le contraste entre les différents modes de répression en Pologne et en Hongrie, pour démontrer que le système soviétique n’est pas un monolithe : des fissures apparaissent dans ce qui semblait être un bloc uniforme. Cette analyse, bien qu’ancrée dans les événements de 1956, anticipe indirectement la stratégie qu’adoptera plus tard Solidarność en Pologne : exploiter les contradictions internes du régime tout en évitant une confrontation directe qui pourrait justifier une intervention militaire soviétique.

La réception de Camus en Pologne

Si Camus s’engage pour la cause polonaise, son œuvre trouve en retour un accueil particulier en Pologne, malgré la censure du régime communiste. Ses pièces de théâtre, comme Le Malentendu (Nieporozumienie, publié en 1958 en Pologne) et Caligula (Kaligula), publié en 1960 en Pologne), sont jouées dès que les autorités le permettent. En 1958, L’État de siège (Stan oblężenia) est joué à Cracovie, au Teatr Ludowy.

Ses romans, comme L’Étranger (Obcy) et La Peste (Dżuma), circulent d’abord clandestinement avant d’être publiés officiellement, respectivement en 1957 pour Dżuma et en 1958 pour Obcy.

Le message de La Peste dépasse le contexte algérien pour trouver une résonance particulière en Pologne. Comme les habitants d’Oran luttant contre une épidémie, les Polonais, face au joug nazi puis soviétique, ont mené une résistance collective reposant sur la solidarité et le refus du fatalisme. La célèbre phrase de Camus, « Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur », pourrait être lue comme une exhortation à combattre la résignation face aux oppressions successives.

Un autre écho frappant à la pensée de Camus en Pologne se trouve dans l’œuvre de Czesław Miłosz, poète, essayiste et prix Nobel de littérature en 1980. Leurs écrits témoignent d’une inquiétude commune face aux mécanismes d’oppression et aux sacrifices imposés par les idéologies totalitaires. Si Camus affirme dans L’Homme révolté que « La révolte naît du spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible », Miłosz, lui, donne à cette révolte une portée mémorielle et morale.

En 1950, Miłosz écrit un poème intitulé « Ty, który skrzywdziłeś » (« Toi qui as blessé »), adressé à ceux qui abusent de leur pouvoir pour opprimer de simples citoyens. Un fragment de ce poème est aujourd’hui gravé sur le mémorial des ouvriers des chantiers navals de Gdańsk, érigé en hommage aux victimes de la répression politique lors des manifestations de décembre 1970. Ces mots, simples, mais puissants, rappellent que la lutte pour la justice dépasse la mort et l’oubli :

« Toi qui as blessé un homme simple en éclatant de rire de son malheur,

Prends garde. Le poète se souvient. Tu peux le tuer — un nouveau naîtra.

Les actes et les paroles ne s’effacent pas. »

Ce poème, dans son intégralité, est une dénonciation des abus de pouvoir et un appel à la mémoire collective. Gravé dans le métal, ce fragment illustre la conviction que les oppressions, si brutales soient-elles, ne peuvent effacer la mémoire collective ni étouffer la quête de justice. Ces mots résonnent avec l’humanisme lucide de Camus, pour qui l’écriture, comme la révolte, est un acte de résistance morale.

Cette proximité intellectuelle s’est aussi manifestée sur le plan personnel : Miłosz témoignera plus tard que Camus fut l’un des rares intellectuels occidentaux à lui tendre la main lors de son exil de la Pologne stalinienne en 1951. Alors que beaucoup le considéraient comme un paria ou un « pécheur contre l’avenir », l’amitié de Camus l’aida à survivre dans le labyrinthe de l’Occident.

Des figures comme Adam Michnik (né en 1946) reconnaissent en Camus un esprit libre et une voix morale essentielle. Sa conception de la révolte comme acte de résistance éthique, capable de conjuguer exigence de justice et refus du totalitarisme, influence durablement la dissidence polonaise. Bien que Leszek Kołakowski (1927-2009) partage certaines préoccupations avec Camus, notamment dans sa critique du totalitarisme, c’est Adam Michnik qui revendique explicitement cette influence. En 1983, Michnik s’inspire notamment de L’Homme révolté pour sa célèbre lettre de prison à Czesław Kiszczak, incarnant cette recherche de vérité si chère à Camus.

« Je sais que je paierai un prix élevé pour cette lettre », écrit-il, « et que vos subordonnés tenteront de porter à ma conscience une connaissance complète des possibilités du système pénitentiaire dans un pays qui construit le communisme. Mais je sais aussi que je suis lié par la vérité. »

Après la mort tragique d’Albert Camus dans un accident de voiture en janvier 1960, plusieurs événements commémoratifs eurent lieu à travers le monde. En février 1960, un hommage significatif fut rendu à Varsovie, rassemblant un auditoire nombreux à l’Université, fait remarquable dans la Pologne communiste de l’époque.

La disparition brutale de Camus, à l’âge de 46 ans, ne mit pas fin à son influence en Pologne — bien au contraire. Sa mort prématurée contribua paradoxalement à faire de sa pensée un héritage intellectuel vivant, d’autant plus précieux qu’il demeurait inachevé. Dans les décennies qui suivirent, son œuvre continua d’incarner une forme de résistance éthique particulièrement pertinente pour la société polonaise.

Un héritage vivant

L’attention de Camus pour la Pologne illustre sa conception du rôle de l’écrivain : ni propagandiste ni spectateur désengagé, mais témoin actif de son temps. Son refus des absolus politiques et sa quête d’une « pensée de midi », prônant un équilibre entre nihilisme et dogmatisme, trouvent un écho durable dans la culture politique polonaise. Cette « pensée de midi », qui appelle à la mesure, rejette à la fois le fanatisme et le désespoir, et s’oppose aux logiques totalitaires. Elle résonne particulièrement dans l’approche non-violente adoptée par Solidarność dans les années 1980.

En combinant résistance morale et union collective, Solidarność incarne l’idéal camusien d’une révolte solidaire, exprimé dans la célèbre formule de Camus :

« Je me révolte, donc nous sommes. »

Ce mouvement, comme la pensée de Camus, montre que la révolte n’est pas seulement un refus, mais aussi une affirmation de la dignité humaine et de la solidarité.

Aujourd’hui encore, l’œuvre de Camus reste lue et débattue en Pologne, notamment grâce à la Société des études camusiennes polonaises, dirigée par Maciej Kałuża. Cette institution explore la pertinence de Camus face aux défis contemporains, comme les menaces pesant sur l’indépendance de la justice, la liberté des médias et l’autonomie des universités sous le gouvernement du PiS. Camus, pour qui la vérité et la liberté étaient indissociables, aurait vu dans ces réformes une tentative de subordonner la pensée critique à une idéologie dominante, rappelant les mécanismes d’oppression qu’il dénonçait dans les régimes totalitaires.

Conclusion

Cette histoire particulière entre Camus et la Pologne illustre l’universalité et l’actualité de sa réflexion sur la justice et la liberté. En transcendant les frontières et les époques, ses idées continuent de nourrir les luttes émancipatrices. Dans son Discours de Suède, prononcé en 1957 lors de la réception de son prix Nobel, Camus exprimait avec force l’exigence éthique qui guidait son engagement :

« Le rôle de l’écrivain (…) ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. »

Ces mots résonnent particulièrement dans le contexte polonais, où l’œuvre de Camus a été une source d’inspiration pour celles et ceux qui, dans l’ombre, cherchaient un chemin vers la liberté. Mais ils trouvent également un écho dans les luttes actuelles, face aux menaces pesant sur la démocratie, la justice et la liberté d’expression, que ce soit en Pologne ou ailleurs.

David Camus, (Katowice, 8 janvier 2025)

BIBLIOGRAPHIE :

CAMUS Albert, Actuelles I (Folio, 1972.)

CAMUS Albert, L’Homme révolté (Gallimard, 1951)

CAMUS Albert, Pléiade, tome III (Gallimard, 2008)

CAMUS, Albert, À Combat (Folio, 2014).

CAMUS, Albert, Discours de Suède (Folio, 1958.)

CAMUS, Albert, Kadar a eu son jour de peur (Franc-Tireur, 1957)

CAMUS, Albert, La Peste (Pléiade, Théâtre, Récits, Nouvelles, 1962)

CELLÉ DOMINIQUE, Camus et le communisme (Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine, Sous la direction de M. Jean-François Sirinelli, Université Charles de Gaulle – LILLE III, Sciences Humaines, Lettres et Arts, 1997)

KAŁUŻA Maciej, La réception de L’Homme révolté en Pologne (in Chroniques camusiennes, 2021)

LOTTMAN Herbert R., Albert Camus (Gingko Press, 1997)

MAJEWSKI Sławomir, lettre citée dans : Maciej Kałuża, Buntownik. Ewolucja i kryzys w twórzości Alberta Camusa, Kraków 2017, p. 674

MARKIEWICZ Zygmunt, « ZbutnowanyCzłowiek », Kultura 1952, no 2-3 p. 191-193

MICHNIK Adam, lettre à Czesław Kiszczak, le 11 décembre 1983, IPN BU 1165/990, ArchiwumInstytutuPamięciNarodowej w Warszawie.

ROŚ Joanna, Albert Camus w polskiejkulturzeliterackiej i teatralnej w latach 1945-2000, Warszawa 2018

VERDÈS-LEROUX, Jeannine, Pologne, in tome III Pléiade Albert Camus (Gallimard, 2008)

 
 
 
 
 
 

Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Par David Camus
Contact : contact@actualitte.com

15 Commentaires

 

sylvie

24/01/2025 à 08:15

alors là, je suis sidérée : ce texte est un tissu de mensonges et de contre-verités historiques et personne ne réagit!!!!!!!

EDOUARD BRASEY

24/01/2025 à 10:25

Mais encore?

azalée

24/01/2025 à 11:08

Pourriez-vous préciser votre commentaire pour ceux qui sont, comme moi, incompétents sur le sujet?

Jacek

24/01/2025 à 11:47

Vous ne connaissez pas l'histoire. Retournez à vos cours d'histoire sur ce qui se passait à l'Est. Vous insultez l'auteur du texte. Vous ne savez rien du terrorisme stalinien en Pologne, de Katyn, des Goulags, de l'insurrection de Varsovie et aucune réaction de l'armée soviétique pour aider les personnes en difficulté dans la ville. 200 000 personnes y furent massacrées, l'armée de Staline était de l'autre côté de la Vistule. Vous ne savez rien. L'intelligence française de l'époque était nourrie de propagande communiste, niant l'existence de l'Holodomor, d'Acharshylyk, justifiant l'intervention soviétique à Budapest, etc. Camus était peu lucide et courageux pour parler de tout cela. S'il vous plaît, prenez de bonnes leçons d'histoire cette fois.

Team ActuaLitté

24/01/2025 à 12:49

Bonjour
Votre commentaire est assez singulier : avez-vous des exemples précis qui, dans ce texte, relève de mensonges et de contre-vérités ?
Car sans argumenter, c'est une attaque assez gratuite.

Jacek

24/01/2025 à 14:51

J'ai réagi à la réponse de Madame Sylvie, qui a osé qualifier votre excellent texte de rempli de mensonges.

Félix

24/01/2025 à 13:29

Et sur quoi vous basez-vous pour le dénoncer? Sans preuves formelles, il faut mieux ne pas dire des bêtises. Je trouve que c'est incroyable de permettre la publication de tels commentaires, et ce sans pouvoir les étayer. Perte de temps et d'énergie intellectuelle!

EDOUARD BRASEY

25/01/2025 à 00:50

Je constate qu'après avoir lancé un Imprecato non justifié, vous vous tenez coite, et vous faites bien. Nihil obstat.

Pgl34

25/01/2025 à 07:44

Sylvie, pouvez vous développer ce qui fait dire que c'est un mensonge. Votre affirmation ne nourrit pas du tout la discussion.

Pgl34

25/01/2025 à 07:51

Je découvre cette part de Camus et l'analyse fouillée, documentée, argumentée de David Camus m'a énormément intéressé, étant d'origine polonaise.
Je remercie l'auteur et aurais été très intéressé par la publication des échanges entre Camus et Milosz.. Peut être un jour ?

Magdalena Nowotna

24/01/2025 à 10:14

Formidable résumé de la présence de Albert Camus dans l'espace polonais et pas seulement!

Jacek

24/01/2025 à 11:35

Le texte parle de la vérité, surtout pour ceux qui ont connaissance des écrits de Camus et pour ceux de ses parents et grands-parents. Ceux qui ont été sous le joug nazi et plus tard stalinien en Pologne.

RENEE RAVEU

20/09/2025 à 11:57

Bonjour
Faisant partie de la famille d'Albert Camus par les Cardona, je suis totalement de votre avis.
Merci pour lui.
Cordialement

Thierry Jandrok

25/01/2025 à 16:43

IL s'agit sans conteste d'un beau témoignage. L'érudition de David Camus est patente et ne paraît absolument pas discutable au regard des sources qu'il cite.
Je confirme ici ses dires à propos de la Hongrie, mais également l'ambivalence des français à l'égard de ce qui se déroulait au-delà du rideau de fer compte tenu de la puissance du parti communiste en France, allié à la résistance pendant l'occupation allemande. L'intelligentsia française a mis des années à prendre la mesure de ce qui se passait dans les pays annexés par l'URSS. De la même façon, elle garde une prudence pudique lorsqu'ils s'agit d'évoquer la part de certains intellectuels pendant l'Occupation. Cette France, berceau des Lumières, est aussi celle de la Terreur et de la collaboration. Ne l'oublions pas.
Cela n'empêche pas les apparatchiks de l'ignorance et de l'oubli de réfuter un nécessaire devoir de mémoire. David Camus en témoigne dans ce texte à la fois juste et informatif.

Magdalena Nowotna

21/09/2025 à 20:51

J'admire toujours son incroyable lucidité et si forte honnêteté intellectuelle . rare.

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28/11/2025, 09:07

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Redécouvrir la nuit : un monde vivant que la lumière efface

Et si l'on explorait la nuit ? Longtemps, la nuit a existé en soi. Aujourd’hui, elle est vaincue, illuminée. Le noir est devenu clair-obscur. La technique ne suffit pas à expliquer ce passage civilisationnel. Coauteur avec Franck Rollier de Nuit. L’obscurité sous un jour nouveau - Une balade nocturne et mystérieuse dans la nature (éditions de Terran) Bernard Farinelli nous invite à ouvrir les yeux sur des richesses insoupçonnées.

27/11/2025, 09:00

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“Ce n’est pas contre toi, c’est juste que ta maison coule” : les auteurs quittent le navire

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Victoire. Épisode 3. Poursuivre ce récit devient essentiel. Remerciements éternels à celles et ceux qui m’accompagnent et me soutiennent. Et tout autant pour les haineux qui me dézinguent. Prenez ma place, pour essayer.

21/11/2025, 16:31

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“Pour être serein, il faudrait vendre dix fois plus” : l’économie fragile de la bande dessinée

Après près de vingt ans de carrière entre commandes, projets personnels et précarité structurelle, un auteur de bande dessinée raconte la réalité d’un métier où la passion ne suffit pas à garantir des conditions de vie dignes. Même un succès à 150.000 exemplaires n’efface ni l’instabilité, ni l’urgence d’une reconnaissance sociale attendue de longue date. Par Benjamin Adam.

20/11/2025, 09:30

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“On nous a volé notre retraite !” : la colère noire des artistes-auteurs après 40 ans de mensonges

« Je viens de recevoir ma notification de retraite », écrit Éric Marquefave, dans un message qui oscille entre consternation et écœurement. Dans une tribune, ce photographe et vidéaste partage ses ressentis, sous le titre “Agessa, le pillage silencieux”. Ou comment l'Agessa a trahi les artistes auteurs avec la complicité des pouvoirs publics. Le gigantesque hold-up social orchestré au nom de la « gestion collective ».

18/11/2025, 15:34

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“Nous ne sommes pas des sous-travailleurs” : une illustratrice dénonce la précarité du secteur

Illustratrice en jeunesse, en presse et récemment en bande dessinée, Bérengère Delaporte décrit un métier créatif privé de protections essentielles : absence de chômage, droits sociaux difficiles à faire reconnaître, rémunérations non encadrées et retards de paiement systématiques. Son parcours met en lumière la précarité qui pèse sur les artistes-auteurs, contraints de supporter seuls les erreurs administratives, les aléas personnels et une insécurité financière permanente.

17/11/2025, 07:00

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“Partez. Barrez-vous. Sauvez vos livres” : comment l’édition agonise (et qui y croit, coule avec elle)

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Coucou, c’est Victoire. Un peu défaite, c'est certain. Vous vous souvenez ? L'éditrice qui, pour sauver sa boîte, hésite entre la peste et le choléra ? Non ? Vous n’avez pas de cœur… Hélas, je comprends.

14/11/2025, 12:44

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Abeilles en alerte : l'institution coûteuse et inefficace qui détourne le miel des créateurs

Depuis son cottage du fin fond de l'Angleterre (semble-t-il), Lady en Passant butine et jette un regard bienveillant sur les ruches qu'animent ses abeilles. Voilà longtemps qu'elle ne nous avait pas donné de nouvelles : avouons qu'elle nous manquait. Mais peut-être l'opinion ne fait pas l'unanimité...

14/11/2025, 11:24

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“Un système qui mène à l’épuisement” : l’alerte d'une traductrice littéraire

Traductrice littéraire du grec moderne, langue « minorée », Clara Nizzoli décrit le travail de prospection invisible et non rémunéré – dénicher en Grèce, à ses frais, des livres, les lire, en traduire des extraits, démarcher des éditeurs – qui s’ajoute à la traduction elle-même. En soutien à la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes auteurs, elle alerte sur des conditions matérielles qui épuisent les traducteurs et dont dépendent la qualité et la diversité des ouvrages étrangers accessibles en français.

13/11/2025, 12:48

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Chaque publication poursuit sa traversée : les éditions du Paquebot

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : pour fermer la danse, focus sur les éditions du Paquebot.

13/11/2025, 10:42

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Quand la littérature célèbre l’amour à Choisy-le-Roi

Les 14 et 15 novembre, la ville de Choisy-le-Roi vibrera au son de l’Amour. Au programme de la troisième édition de cet événement littéraire : rencontres, séance de dédicaces, ateliers et spectacles. 

12/11/2025, 17:22

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Quelques minutes d’écriture chaque jour pour améliorer son bien-être mental

L’écriture thérapeutique, l’art d’utiliser les mots pour apaiser ses maux... Qui douterait des vertus de cette méthode, pour dénouer ses noeuds et transformer le stress en sérénité  ? À travers son guide pratique J’écris donc je guéris (Éditions Grancher), Aurélie Rossignol invite à explorer davantage les bienfaits de cette pratique. Et nous initie, à l’aide d’exercices guidés, 

12/11/2025, 15:58

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Les musiques du roman

Selon Horace, le poète latin, la poésie ressemble à la peinture. De même, dans une certaine mesure, le roman s’apparente à la musique, qui déploie ses effets dans le temps.

12/11/2025, 15:33

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De Rives en Pages : quand la littérature met en mots l’écologie

Entre Évian, Genève et les rives du Léman, le Salon & Prix Littéraire Environnement explore les grands enjeux écologiques à travers la littérature. Porté par l’association De Rives en Pages, l’événement relie culture et environnement dans une démarche transfrontalière et intergénérationnelle, où la conscience environnementale, la culture et la science ne connaissent pas de frontières.

12/11/2025, 10:58

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Nina Allan, ou “le roman où le sol se dérobe sous nos pas”

Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot, des éditions Tristram, ont reçu le prix Médecis étranger 2025 pour le livre de Nina Allan, Les bons voisins (trad. Bernard Sigaud). Ils signent un texte que ActuaLitté diffuse, pour appuyer la voix de cette maison, dans ses choix et ses convictions.

08/11/2025, 11:11

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OnlyFanes... ou la vie d'éditrice, quand t’as plus un radis

TÉMOIGNAGE – OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique.

07/11/2025, 15:58

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“Le roman ne sera pas plus l'écriture d'une aventure mais l'aventure d'une écriture”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, ce sont les éditions Tinbad qui sont mises à l'honneur.

03/11/2025, 10:56

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Thotario veut révolutionner le livre numérique avec la revente éthique des ebooks

Dans quelques mois, un nouvel acteur se lancera dans l'environnement du livre, avec une offre reposant sur une approche éthique et durable. Thotario, de son petit nom, évoque déjà des racines anciennes, mais un projet résolument moderne. Ses créateurs adressent à ActuaLitté une lettre ouverte, pour mieux préciser le contexte dans lequel ils s'inscrivent.

30/10/2025, 14:54

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Avant les citrouilles : Samhain, la face cachée et spirituelle d’Halloween

Ou comment des expertes revisitent l'histoire d'Halloween : Véronique Arnaud, dite "Parole de sorcière", qui a créé L'agenda de Parole de sorcière ; et Ketty Orain-Ferella, à l’origine de la collection  Grimoires des sabbats, racontent à leur manière cette histoire de citrouilles. Deux autrices avec un pied dans le paganisme mais qui entretiennent également une  approche assez terre à terre et rationnelle des choses.

29/10/2025, 10:34

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Sous le drapeau de One Piece, une jeunesse en quête de nouvelles utopies politiques

Sous les drapeaux pirates de Luffy, héros du manga One Piece, une jeunesse désabusée mais vibrante revendique un idéal de liberté et de justice. En brandissant ce symbole littéraire, les manifestants rappellent que la fiction demeure, face au vide politique, un refuge et un moteur d’utopie. Par David Piovesan.

28/10/2025, 16:27

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“Êtes-vous sûr que la terre tourne dans le bon sens ?”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, focus sur les éditions Les Carnets du Dessert de Lune. 

28/10/2025, 11:47

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Ce n'est pas une réforme sociale, mais “la prolongation d’un modèle qui nous a tous lésés”

Traductrice qui a a su s’imposer dans les Littératures de l'Imaginaire (fantasy, jeune adulte, romance paranormale), Isabelle Troin est également adhérente SGDL. Dans un texte adressé à ActuaLitté, elle se dit très choquée de la manière dont la question de la Sécurité sociale des artistes auteurs est traitée.

27/10/2025, 16:41

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30 ans d’édition indépendante pour le Petit Pavé

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, la parole est donnée aux éditions du Petit Pavé. 

27/10/2025, 12:48

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L’ADN d’Inédits : écrire ensemble

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, coup de projecteur sur la maison d’édition Inédits. 

25/10/2025, 10:05

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Amazon défie la loi Lang : une remise sur les livres qui menace les librairies indépendantes

Amazon défie encore la loi Lang avec un coup de force sur le prix du livre qui menace toute la chaîne du livre. La firme applique désormais un rabais de 5 % sur les livres retirés en point relais, une nouvelle attaque contre le modèle culturel français dénoncent les libraires. Amandine Pacaud apporte quelques éléments de réflexion sur ce sujet, plus que vital pour le secteur.

25/10/2025, 08:33

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“L’image peut parfois exprimer des choses que les mots n’arrivent pas à décrire”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : zoom sur la maison d’édition Apeiron. 

24/10/2025, 10:59

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Les éditions d’en bas fêtent 50 ans d’engagement et de liberté

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : pour aujourd'hui, une halte du côté de la maison d’édition d'En Bas. 

23/10/2025, 11:45

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Comme avance en âge Stephen King, songeons à Victor Hugo

Comme tout le monde, Stephen King vieillit — ce dont il s’est ouvert dernièrement, dans l’optique des livres qu’il lui reste à écrire, avant tout. Alors que ce géant de soixante-dix-huit ans songe à sa fin certaine, épée de Damoclès au-dessus de lui, il est tentant de revenir sur les raisons qui en ont fait l’un des auteurs les plus prisés du monde, démontrant le pouvoir de la littérature.

23/10/2025, 11:43

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Les Éditions F Deville : quand l’édition indépendante s’écrit avec les libraires

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, elle est donnée aux éditions F Deville.

22/10/2025, 11:05

ActuaLitté

“Lire, écrire ne devrait être que cela : tenter d’ouvrir des brèches”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, focus sur la maison d'édition Sans Crispation.

21/10/2025, 11:46

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“Moins de livres, mieux de livres”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : pour commencer la semaine, les éditions Plan B nous présentent leur maison. 

20/10/2025, 11:09

ActuaLitté

"La littérature : un espace de liberté et un espace intime"

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5ᵉ arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : la parole est donnée aux éditions Quartier Libre. 

18/10/2025, 10:30

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Hokusai, Tezuka, Dior : quand le manga déborde le papier

Au musée Guimet, on est pénétré de la solennité de ses pièces, du silence des vitrines, des cartels sages comme des images. Et puis, avec Manga, Tout un art !, exposition qui court jusqu'au 9 mars prochain, le lieu fait un pas de côté. Un pas calculé, qui consiste à prendre le manga au sérieux. À le traiter comme une forme narrative, graphique, industrielle, culturelle - avec ses généalogies, ses ruptures, ses contradictions.

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“Je l’ai lu il y a deux ans et je le relis tous les ans” : le livre inoubliable de Lucy Maréchal

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur inoubliable. Cette semaine, nous accueillons Lucy Maréchal, chargée d'animation éditoriale chez Vivlio.

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Éditions de Minuit : anatomie d’un mythe discret à l’ère des algorithmes

Que dit le web d’un éditeur lorsqu’on cesse de parler sur lui pour observer ce qui se dit autour de lui ? À l’heure où la critique littéraire se fragmente entre médias prescripteurs, plateformes numériques, blogs spécialisés et réseaux sociaux, l’image d’une maison d’édition ne se construit plus seulement dans ses catalogues ou ses manifestes, mais dans un écosystème discursif diffus, cumulatif, parfois contradictoire. Les Éditions de Minuit, réputées pour leur discrétion autant que pour leur exigence, offrent à cet égard un terrain d’observation singulier.

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“Ce sont des travailleurs“ : Soumya Bourouaha revient sur la protection sociale des créateurs

Dans le rapport de la mission flash remis le 26 novembre dernier, les députées Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis, 4ᵉ circonscription) et Camille Galliard-Minier défendent l’idée de rattacher les artistes-auteurs à l’Unédic afin de leur ouvrir l’accès au chômage. La proposition de loi dite de « continuité de revenus » souligne en effet que ces créateurs connaissent, comme d’autres professions déjà couvertes, des périodes de creux involontaires. 

11/12/2025, 16:09

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La SAIF réaffirme son soutien à la continuité de revenus pour les artistes-auteurs

La Société des Auteurs des arts visuels et de l'Image Fixe (SAIF) salue les conclusions de la mission flash sur la continuité de revenus des artistes-auteur·rices et réaffirme son soutien à la proposition de projet de loi visant à leur accorder le droit à l’assurance chômage. 

11/12/2025, 13:14

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”La Sacem ne défend pas d’autres intérêts que ceux de ses membres”

ActuaLitté révèle, dans un article, l'activité de lobbying menée par la Sacem contre la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes-auteurs : la société de gestion de droits d'auteur y répond. Dans cet entretien, elle défend la légitimité de son intervention auprès des sénateurs et justifie ses prises de position. Elle affirme représenter au mieux les intérêts de ses membres face à une réforme jugée risquée pour le droit d’auteur. L’échange revient sur les critiques adressées à la PPL, la précarité des artistes-auteurs et le rôle de la gestion collective dans le secteur culturel.

11/12/2025, 11:26

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Éditions ZTL-ZéTooLu : une maison pour les enfants dyslexiques, mais pas que...

La dyslexie complique l’apprentissage de la lecture, mais des solutions existent pour accompagner les enfants comme les adultes. Sandra Todorovic, fondatrice de la maison d’édition ZTL-ZéTooLu, travaille depuis des années sur des ouvrages pensés pour faciliter la lecture. Elle évoque les différentes formes de dyslexie et l’apport de typographies adaptées. Dans cet entretien, elle raconte comment son parcours personnel nourrit son travail éditorial.

11/12/2025, 10:07

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"La force de Lire et Faire Lire, c’est que son engagement s’inscrit autant dans la culture que sur le terrain"

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Laura Nsafou souligne l'importance de la « représentativité » ; « on s'occupe aussi bien d'acteurs derrière et devant le livre »

11/12/2025, 10:00

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Transgression au féminin : de Rim Battal à Mririda N’Aït Attik

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Par Mustapha Saha.

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Sous les fenêtres du ministère, les auteurs se mobilisent pour une continuité des revenus

Réunis devant le ministère de la Culture, place Colette, autrices, auteurs, illustrateurs, scénaristes et artistes de tous horizons sont venus « célébrer une victoire historique » tout en gardant les yeux braqués sur l’échéance suivante : le vote au Sénat, le 18 décembre, d’une proposition de loi pour une continuité de revenus via l’assurance-chômage.

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Courts Bouillon, nouveau média pour “relayer ces colères, ces voix” du monde du livre

Depuis quelques semaines, la température monte sur Instagram et dans les boites mail : derrière l'enseigne Courts Bouillon, deux professionnels de l'édition et du graphisme développent un nouveau média consacré au monde du livre. Le duo y aborde des thématiques liées à la concentration éditoriale, à la diversité ou à la liberté d'expression, et met aussi en avant des créateurs, créatrices ainsi que leurs œuvres.

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“Que deviendraient les œuvres si les IA devenaient les seules créatrices ?”

Alors que l’essor fulgurant de l’IA recompose les pratiques de création et fragilise les modèles de diffusion, les éditeurs s’organisent pour protéger l’originalité des œuvres et les droits des auteurs. Entre exigences éthiques, enjeux juridiques et lutte contre le piratage, la profession cherche à établir un cadre capable de préserver la valeur du livre et la diversité culturelle.

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“N’importe quelle initiative en faveur de la lecture est salutaire” (Francois-Henri Désérable)

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Francois-Henri Désérable, qui récemment rejoint ce comité de soutien, évoque une initiative « salutaire ».

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Lecture, audio, hybridation : chez Vivlio, Loriane Sauvageon défie les géants américains

PORTRAIT – Dans les bureaux de Vivlio, entre deux étagères de liseuses et quatre de bouquins, ActuaLitté a rencontré Loriane Sauvageon. Elle occupe un poste clef dans l'entreprise : customer success manager [responsable de la satisfaction clientèle, NdR]. Et le succès est bien au rendez-vous.

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Épuisement, précarité, sacrifices : l’envers du décor de la création jeunesse

« Je vis à peu près de mon métier, car je pédale sans m’arrêter. » Comme de nombreuses autrices, Amandine Laprun fait face à une réalité implacable : produire, encore et encore, sous peine de n’avoir plus de ressources. Pour cela et bien plus encore, la perspective de la loi Continuité de revenus représente la possibilité d’une respiration. Elle le raconte dans une tribune confiée à ActuaLitté.

09/12/2025, 15:00

ActuaLitté

Le Carep, un outil de "soft power du Qatar" ? Le directeur répond

Accusé dans une tribune collective d’avoir coorganisé un « procès politique à l’encontre d’Israël et de l’Europe », le colloque « Palestine et Europe », annulé au Collège de France, cristallise un conflit plus large autour de la liberté académique et du rôle des institutions de recherche. Directeur du Centre arabe de recherche et d'études politiques (Carep), directement visé par ce texte, Salam Kawakibi répond ici aux mises en cause visant le colloque, ses intervenants et les liens avec le Doha Institute, et décrit les effets de cette séquence sur le travail des chercheurs.

08/12/2025, 12:54

ActuaLitté

“Nous sommes sans voix” : pourquoi la France a expulsé l’autrice italienne Elena Mistrello ?

Invitée au festival BD Colomiers pour présenter Syndrome Italie, l’autrice italienne Elena Mistrello a été expulsée dès son arrivée à l’aéroport de Toulouse, le 21 novembre 2025. Agnès Tricoire, Présidente de l'Observatoire de la liberté de création, a fait parvenir à ActuaLitté un courrier adressé au préfet de la Haute-Garonne, interpellant sur cette situation des plus incongrues. 

08/12/2025, 12:46

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Imaginer des mondes que la science finit par construire : l’incroyable pouvoir des néologismes

D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?

08/12/2025, 10:50

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Trois ans de travail envolés : la réalité du métier d'autrice en 2025

Autrice-dessinatrice depuis 2003, reconnue en France et à l’étranger, Élodie Durand a vu en 2025 deux contrats annulés et trois années de travail disparaître, révélant la précarité structurelle des artistes-auteur·ices. Son témoignage rappelle combien le projet de loi sur la continuité de revenus est essentiel pour garantir des conditions de création dignes et durables.

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Souleymane Gueye : dynamiser le livre au Sénégal, un engagement quotidien

Souleymane Gueye est un libraire qui parle avec son cœur et on le ressent dès les premiers échanges avec lui. Et sa librairie, Plumes du monde, est atypique dans ce paysage, elle sort régulièrement de son espace pour s’associer à des évènements et diversifier ses publics. Et puis c’est un espace qui ne cesse de surprendre, d’évoluer, et qui incarne un dynamisme dans un secteur pas évident en Afrique. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

08/12/2025, 10:18

ActuaLitté

3 € pour lire : mythes et réalités d’une “taxe sur la lecture”, sur fond de crise du livre

Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.

08/12/2025, 06:30

ActuaLitté

Frais de port à 3 € : la mesure qui fait chuter la lecture en France ?

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos fin 2021, les commandes en ligne de livres neufs de moins de 35 € sont systématiquement assorties d’un minimum de 3 € de frais de port — un surcoût désormais inscrit dans l’acte d’achat. Deux ans plus tard, cette mesure destinée à « rééquilibrer la concurrence » entre plateformes numériques et librairies physiques apparaît comme une taxe invisible sur la lecture.

08/12/2025, 05:00

ActuaLitté

Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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“On meurt de faim en écrivant” : pourquoi la France abandonne ses créateurs

La question de la continuité de revenus pour les artistes-auteurs s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle. Malgré l’existence d’un statut juridique spécifique, confirmé notamment par les constats du Rapport Racine en 2020 sur la fragilité économique du secteur, les créateurs restent soumis à des rémunérations irrégulières, dépendantes des avances, des droits perçus ou des résidences obtenues. 
 

05/12/2025, 12:13

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

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Pierre Drachline : dix ans après, le souvenir intact d’un éditeur hors normes

Dix ans après la disparition de Pierre Drachline, ses collègues du Cherche midi lui rendent un hommage vibrant, à la mesure de son exigence littéraire et de sa liberté d’esprit. Éditeur entier, intransigeant et profondément humain, il a marqué ceux qu’il accompagnait par son regard acéré et son sens de la vérité des mots. Un héritage vivant selon eux, qui continue d’éclairer celles et ceux qui font la littérature aujourd’hui.

04/12/2025, 12:14

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“L’amour des livres tient à peu de choses“ : entretien avec Hajar Azell

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec Hajar Azell, autrice des romans Le sens de la fuite et L’envers de l’été, membre du comité de soutien de l’association. Elle revient sur son lien à la lecture à voix haute, l’importance de la transmission et du rapport intergénérationnel, ainsi que sur les livres qu’elle aimerait partager avec les enfants et les adolescent·es.

04/12/2025, 09:27

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À Lyon, Angers ou Le Creusot, les braderies de bibliothèques font recette

Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.

03/12/2025, 16:42

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Mi-Livre Mi-Raisin : quand les éditeurs rencontrent les vignerons engagés

Au cœur de la Bellevilloise, Mi-Livre Mi-Raisin orchestre la rencontre entre éditeurs engagés et vignerons artisans. Deux univers qui, le temps d’un week-end, se mêlent jusqu’à ne plus faire qu’un.

03/12/2025, 15:54

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50 livres pour le plaisir : “Nous avons voulu travailler sur cette idée d'ouverture”

Avec l'opération « 50 livres pour le plaisir », le Centre national du livre et le ministère de la Culture souhaitent rapprocher les ouvrages de la jeunesse, pour promouvoir la lecture, en fournissant des bibliothèques « clé en main » à 250 centres de loisirs. Sophie Van der Linden, critique spécialiste de la littérature jeunesse et romancière, a constitué la sélection de 50 titres avec sa collègue Raphaële Botte, journaliste en charge de la littérature jeunesse pour Télérama. Elle répond à nos questions sur ce dispositif, son approche et ses objectifs.

03/12/2025, 12:52

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Joffrine Donnadieu : “J’aurais adoré qu’on me lise La boutique des émotions”

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec la Prix de Flore 2022, Joffrine Donnadieu, membre du comité de soutien de l’association. Elle suit de près le travail mené par les bénévoles et les équipes éducatives, convaincue de l’importance de cette action autour du livre et du lien intergénérationnel.

03/12/2025, 12:45

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Droit de réponse : “Le Groupe Nosoli a engagé une transformation profonde de son modèle”

ActuaLitté a fait état, le 21 novembre dernier, de plusieurs opérations sur le capital de la société Decitre par le groupe Nosoli, également propriétaire du Furet du Nord. Malgré nos efforts, nous n'avions pas pu obtenir de commentaires de la part de Nosoli avant la parution de l'article. Christophe Desbonnet, président de Nosoli, a demandé un droit de réponse, que nous lui accordons ci-dessous.

02/12/2025, 09:50

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Pandora Hearts : quand le manga fait sa comédie (musicale)

Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.

02/12/2025, 09:50

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“Je voulais que mes personnages aborigènes étudient les colonisateurs”

Avec Brittany, publié au Vent des Îles dans une traduction de Lise Garond, Larissa Behrendt entraîne ses héroïnes dans un road-trip littéraire en Angleterre qui vire, peu à peu, au face-à-face implacable avec l’héritage colonial. Entre disparition d’enfant, racisme systémique et choc des générations, l’autrice aborigène renverse le regard, fissure les certitudes et fait surgir les voix que l’histoire a tenté de faire taire.

01/12/2025, 18:05

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Les librairies indépendantes “sont, et doivent rester libres de leurs prises de position”

Dégradations de vitrines, menaces, sanctions économiques... Depuis quelques semaines, les librairies indépendantes françaises sont visées en raison de leurs prises de position ou des ouvrages qu'elles proposent. L'Association Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (LINA) s'inquiète de ce climat délétère et appelle les pouvoirs publics à agir pour soutenir la profession.

01/12/2025, 10:49