Pauline Bilisari signe un roman d’une intensité rare, où la sensibilité et la poésie des mots illuminent les zones les plus sombres de l’âme adolescente. À travers le récit croisé de Céleste et Côme, l’autrice nous plonge dans les tumultes de la santé mentale, abordant avec une justesse saisissante des thématiques complexes telles que l’anxiété, les pensées suicidaires et les violences intrafamiliales.
Le 31/01/2025 à 12:36 par Cécile Mazin
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Céleste et Côme, deux adolescents à la dérive, se rencontrent sur le fil fragile de leur existence. Céleste, rongée par une haine d’elle-même qu’elle cache derrière des mots acérés, incarne l’inquiétude et le besoin viscéral d’exister au-delà du vide. Côme, quant à lui, lutte pour protéger les siens tout en portant le poids de blessures invisibles infligées par un père tyrannique.
Leurs monologues intérieurs, empreints de douleur et de sincérité, alternent entre désespoir et une lueur d’espoir fragile. À mesure que leurs destins se frôlent, une complicité naît, esquissant une possible reconstruction.
Ce qui frappe immédiatement dans ce roman, c’est la qualité littéraire de l’écriture. Pauline Bilisari manie la langue avec une délicatesse qui magnifie les émotions les plus crues. Les mots, tantôt tranchants, tantôt apaisants, deviennent les véritables protagonistes de l’histoire.
EXTRAIT — Les Astres brilleront toujours, de Pauline Bilisari
Chaque phrase semble pesée, chaque silence calculé pour faire vibrer le lecteur. Cette maîtrise du style rend la lecture immersive et profondément émouvante, à la manière d’une musique dont chaque note touche au cœur. Le tout dans une prose en vers libre qui apaise, envoûte, emporte.
Au-delà de leurs luttes individuelles, Céleste et Côme trouvent dans l’art une échappatoire salutaire. La musique, en particulier, occupe une place centrale, métaphore de l’espoir et du chaos intérieur.
« Tu as le droit de briller aussi fort que toutes ces étoiles,
le droit de prendre la place qui te revient,
et de sortir de ta nuit noire. »
Le piano de Côme résonne comme une tentative de hurler sans mots, tandis que les compositions de Ludovico Einaudi, écoutées par Céleste, deviennent une bande-son intime qui accompagne ses pensées. L’art, dans ce roman, n’est pas seulement une fuite, mais une voie vers une possible résilience.
En ouverture du roman, Pauline Bilisari adresse un avertissement aux lecteurs, les invitant à aborder ces pages avec conscience et bienveillance envers soi-même. Cet encadré, loin d’être un simple préambule, agit comme un manifeste : reconnaître les souffrances invisibles, les prendre au sérieux et surtout rappeler que demander de l’aide est un acte de courage, jamais une faiblesse.
Les astres brilleront toujours est bien plus qu’un roman : c’est une ode à la résilience, une main tendue à ceux qui se battent dans l’ombre et un outil de sensibilisation nécessaire à l’heure où les souffrances psychologiques restent trop souvent tue. Ce livre ne prétend pas offrir de solutions toutes faites, mais il éclaire, avec une douceur infinie, le chemin d’une possible réconciliation avec soi-même.
Par Cécile Mazin
Contact : cm@actualitte.com
Paru le 27/02/2025
376 pages
Slalom
17,95 €
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L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence.
08/10/2026, 10:22
Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.
08/10/2026, 07:30
Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.
08/10/2026, 06:00
Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.
07/10/2026, 17:38
Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.
07/10/2026, 16:35
Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.
07/10/2026, 12:19
Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler.
07/10/2026, 10:00
Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort.
06/10/2026, 17:57
Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.
06/10/2026, 15:12
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