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Se souvenir de Mohammed Dib, avec Hervé Sanson

Mohammed Dib (1920-2003) est sans nul doute l'auteur algérien qui n'a guère cessé d'évoluer, de jouer avec maints styles et registres tout au long de sa carrière littéraire. Auteur de Témoin des mutilations du ciel. Fiction et témoignage dans l'œuvre de Mohammed Dib (Apic), Hervé Sanson, chercheur spécialisé dans les littératures francophones du Maghreb, nous livre ses analyses sur l’élan romanesque d’un écrivain dont les mots témoignent, auscultent et recousent les plaies de l’Histoire.

Le 09/01/2025 à 12:50 par Faris Lounis

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Publié le :

09/01/2025 à 12:50

Faris Lounis

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Témoigner, pour Mohammed Dib, c’est faire œuvre de romancier, de poète et de parleur dans une langue au départ étrangère, et qui, au cours d’un long et sinueux chemin de témoignages, devient sienne. La maison des dires.

ActuaLitté : Pour commencer, pouvez-vous nous dire qui était Mohammed Dib, nous donner aussi un aperçu général de son œuvre ?

Hervé Sanson : Né en 1920, l’écrivain Mohammed Dib émerge au lendemain de la Seconde Guerre
Mondiale, à Tlemcen, dans l’Ouest algérien, alors que l’Algérie est encore française. Il publie d’abord dans des revues poèmes, nouvelles, et publie parallèlement des articles dans Alger Républicain, journal libéral, anticolonialiste, où il va rencontrer Kateb Yacine.

Son premier roman, La Grande Maison, paraît en 1952 et est annonciateur du vent de l’Histoire, et des souffles libérateurs qui s’affûtent dans la nuit coloniale. La trilogie Algérie (complétée par L’Incendie en 1954, quelques mois avant le déclenchement de la Toussaint rouge, puis Le Métier à tisser en 1957) assoit définitivement Dib comme l’un des plus éminents représentants de cette littérature maghrébine de langue française.

Après avoir traité des fracas de l’Histoire, et de l’engagement de son pays pour l’indépendance, Dib reprend en quelque sorte sa liberté vis-à-vis de la responsabilité historique qui incombe à l’écrivain selon lui, et peut, après 1962, s’aventurer dans l’exploration de ce que Charles Bonn, récemment disparu, nommait « les pouvoirs du langage ».

C’est alors l’écriture, la littérature, dans leur capacité à dire quelque chose du réel, et aussi à laisser affleurer la part d’indicible que tout réel renferme, qui sont interrogés. Dib ne se désintéressera pas pour autant du sort de son pays, l’Algérie, bien qu’installé en France : l’évolution de la société algérienne post- indépendante est abordée par Dib dans plusieurs romans (La Danse du Roi, 1968 ; Dieu en Barbarie, 1970 ; Le Maître de chasse, 1973).

Mais il est vrai que son œuvre va progressivement conquérir de nouveaux territoires — géographiques et culturels — tels que les pays scandinaves avec la trilogie nordique (1985-1990), ou bien les États-Unis (L. A. Trip, 2003), et questionner le métissage, l’hybridité identitaire, dans un monde où de plus en plus d’enfants sont issus de couples mixtes, et sont donc enclins à revendiquer leur double culture (L’Infante maure, 1994).

C’est donc à un Dib interpellé par les phénomènes de mondialisation, globalisation, que le lecteur est confronté dans les dernières années de création, un Dib qui s’intéresse aux nombreuses questions sociales, philosophiques, éthiques, de notre temps, ainsi qu’en témoignent les derniers ouvrages (Comme un bruit d’abeilles, 2001 ; Simorgh, 2003 ; Laëzza, 2006).

Dib s’est éteint le 2 mai 2003, en région parisienne, mais son œuvre, immense, bien que connue des Algériens, reste encore à faire connaître, à la mesure de son importance, tant en France qu’à l’international.

Vous avez consacré votre thèse de doctorat à l’auteur de Qui se souvient de la mer (Seuil, 1962). Qu’est-ce qui a motivé un tel choix de recherche ?

Hervé Sanson : Je ne suis pas entré tout de suite dans l’œuvre de Dib ; c’est une œuvre d’une telle exigence qu’on y entre — il me semble — progressivement, pour ne plus s’en défaire. J’ai d’abord lu et dévoré Feraoun, Kateb, Djebar, Mammeri, et d’autres encore.

Mais ce qui m’a frappé dans l’œuvre de Dib, une fois que je l’ai apprivoisée suffisamment, c’est aussi bien la variété des registres, la richesse du clavier linguistique dont Dib usait, que sa capacité à utiliser un français, faussement transparent, faussement cartésien, pour lui faire rendre toute l’ambivalence que cette langue peut déployer — ce que Dib nommait « une transparence obscure ». Nul mieux que Dib n’a su faire miroiter les différentes potentialités de la langue française, mais aussi lui prêter cette étrangeté que l’arabe qui l’habitait intérieurement lui insufflait.

Par ailleurs, Dib est un des rares écrivains algériens qui a pu déployer une œuvre sur plus d’un demi- siècle ; sa longévité de création, exemplaire, embrasse les défis et questions essentielles de la seconde moitié du vingtième siècle, jusqu’au tout début du vingt et unième. Ainsi, il m’apparaissait comme l’écrivain par excellence sur lequel appliquer mes réflexions à propos des rapports qu’entretiennent dans une œuvre littéraire la fiction et le témoignage.

Les réflexions sur le français sont nombreuses dans les écrits de Mohammed Dib. Quel rapport entretenait ce dernier avec cette langue, lui qui a toujours critiqué la « francophonie » comme institution ?

Hervé Sanson : La relation de Dib à la langue française n’est pas une relation complexée, ou parasitée par un quelconque sentiment d’illégitimité. Tout comme d’autres grands écrivains à dimension universelle, Dib a fait d’une relation dictée par une nécessité historique — au départ — la possibilité d’une autre appréhension du réel, inédite, débarrassée du prêt-à-penser.

Dans Tlemcen ou les lieux de l’écriture (1994), Dib écrit : « L’ÉCRITURE EST UNE FORME DE SAISIE DU MONDE. Mais cette saisie s’effectue dans un mouvement de recul — recul du scripteur par rapport au monde et recul du même par rapport à l’écriture. L’œuvre, semble-t-il, se constitue dans ce creux, dans cette distance. »

C’est précisément le détour par une langue qui n’est pas la langue maternelle qui lui permet d’aménager cette distance salutaire apte à saisir le réel dont il tâche de rendre compte, tout en s’appropriant cette langue de l’Autre, puisqu’il la fait résonner autrement.

Ce dont le poète Aragon s’était avisé dans sa célèbre préface à Ombre gardienne en 1961, en entendant un français « d’ailleurs ». Les débats de l’époque — les années cinquante, jusqu’aux années soixante-dix — sur la légitimité à écrire en français ne concernent pas Dib. Il ne se place pas sur ce terrain.

L’appropriation d’une langue — celle de l’ex-colonisateur — et la forge d’une œuvre qui fait entendre au lecteur un timbre à nul autre pareil, reconnaissable entre mille, hanté en sous-main par les échos de la langue maternelle, l’arabe, ce n’est pas un renoncement alors, non, c’est une victoire et un tribut apporté au trésor de la culture et la littérature algérienne.

En revanche, il se montrait critique en effet vis-à-vis de l’institution nommée « francophonie », car il n’était pas dupe des jeux de pouvoir, et de la récupération en jeu au sein de cette institution. Les notes — inédites — que nous avons publiées, Assia Dib et moi-même, dans le numéro 8 de la revue Apulée, le montrent bien.

Dib était tout à fait conscient du rôle que l’édition française, et plus largement, le milieu parisien, faisaient jouer à l’écrivain maghrébin, et algérien plus précisément. Les dés étaient toujours pipés selon lui, et l’intention, la démarche créatrice de l’auteur algérien, systématiquement occultée, ignorée, ou déportée, selon les desiderata du milieu germanopratin.

ActuaLitté : La notion du témoignage littéraire est au cœur de votre livre. Que pouvez-vous nous dire autour de la figure du témoin chez Mohammed Dib ?

Hervé Sanson : Ce que j’ai tâché de formuler autour de cette notion de « témoin littéraire » a trait à un dispositif textuel, un dispositif dirait Georges Didi-Huberman, c’est-à-dire un agencement mobile qui ne se réduit « ni à un contenu informatif ni à une potentialité probatoire », ainsi que le dit Catherine Brun dans sa préface à l’ouvrage.

Il s’agit d’une poétique qui exhibe ses failles, ses béances, et ne cherche pas à les combler. Il fait précisément du manque, du défaut, de l’abîme, la promesse d’un déplacement, d’une motricité, d’un débordement.

Le témoin littéraire n’agit pas, ne témoigne pas au sens littéral, de façon transparente, mais dispose échos, emprunts, résonances, relations, dissonances, d’idiomes comme de motifs. Le témoignage littéraire se veut mémoire des textes, rejoués d’un ouvrage à l’autre, et il n’est jamais fixé, arrivé — une fois pour toutes.

Il est toujours en devenir, « un langage qui en sait plus long que nous sur nous-mêmes », selon les mots de Meschonnic lorsqu’il qualifie le rythme. J’ajouterais qu’en accord avec Derrida, je considère que « tout témoignage responsable engage une expérience poétique de la langue ».

Ce sont toutes ces facettes du témoin que je poursuis et tâche de circonscrire dans l’œuvre de Mohammed Dib, qu’il traite des méfaits de la période coloniale, de la révolte et des soubresauts de la lutte pour l’indépendance, ou des phénomènes post-indépendance survenus dans son pays, ou bien encore d’autres grandes périodes historico-politiques propres à d’autres espaces nationaux et culturels, tels que l’URSS par exemple (« Le sourire de l’icône » dans Comme un bruit d’abeilles).

Ce qui est certain, c’est que Dib, dès l’origine, ne sépare pas la nécessité de rendre compte du fracas du réel de l’élaboration d’une langue spécifique, d’une forme apte à dire, mais apte également à laisser affleurer l’indicible. La forme précède, ou suscite toujours, le message à délivrer chez Dib.

De L’incendie (1954) jusqu’à Simorgh (2003), en passant par ses œuvres poétiques et écrits journalistiques, pouvez-vous nous retracer les évolutions des styles de Mohammed Dib ?

Hervé Sanson : La critique a longtemps découpé l’œuvre dibienne en plusieurs périodes, plusieurs factures stylistiques. Cette évolution n’est pas aussi tranchée qu’on a bien voulu laisser l’entendre. Dib a toujours au sein même de ses œuvres questionné la capacité de l’écriture, du langage, à capter quelque chose de la réalité qui nous assaille.

De même qu’au sein de la période dite « réaliste », des motifs proprement fantastiques, poétiques s’immisçaient dans la forme romanesque qualifiée hâtivement de réaliste. Au moment de la trilogie Algérie, Dib a écrit dans Simorgh, l’un de ses derniers ouvrages : « Pour moi le problème, au commencement de tout, fut de traduire dans une langue de riche (le français) les réalités d’un pays pauvre (l’Algérie). »

Il a donc volontairement adapté le français, l’a épuré, afin de coller aux réalités de ce pays pauvre qui était le sien. Après l’indépendance, Dib s’est autorisé à explorer tout le spectre linguistique de cette langue qu’il avait choisie consciemment après l’avoir d’abord reçue, subie, en tant qu’écolier durant la période coloniale.

Ainsi, les divers registres de langues vont cohabiter, coexister de plus en plus dans l’œuvre dibienne : je pense à l’argot que Dib, se plaît à manier, à partir de La Danse du Roi (avec le personnage d’Arfia, ancienne maquisarde déclassée, rejetée au ban de la société).

Il enrichit donc sa palette progressivement, tel un peintre ajoutant des couleurs, des nuances nouvelles, mais la facture, le « tour de langue » dirais-je, reste le sien. La phrase de Mohammed Dib est singulière, sienne dès l’augure de l’œuvre, et ce, jusqu’aux tout derniers ouvrages. Le découpage en périodes – réaliste, fantastique, mystique..., est, quant à lui, factice.

Je conclurai ma réponse sur ceci également : Dib est essentiellement un poète — il a insisté à plusieurs reprises sur ce fait — ainsi qu’un « œil » (n’oublions pas qu’il fut peintre avant d’opter définitivement pour l’écriture), et ces deux paramètres irriguent son écriture tout au long de ces cinquante années de création ininterrompue.

Mohammed Dib et Albert Camus se connaissaient depuis le milieu des années 1940. Quel type de relation ces deux écrivains entretenaient-ils ?

Hervé Sanson : Mohammed Dib a connu Camus lors des rencontres de Sidi Madani qui se sont tenues au début de l’année 1948. Ils se sont donc fréquentés durant ces journées (il faut à ce titre lire le beau texte de Dib dans le Cahier de l’Herne consacré à Camus dans lequel il évoque ses souvenirs d’une excursion avec Camus à Tipasa).

Il admirait Camus tout en ressentant le poids écrasant que celui-ci exerçait sur l’ensemble des écrivains d’Afrique du Nord — Européens comme arabo-berbères. Il le percevait à la fois comme un « grand frère », et le reconnaissait comme « Algérien », au sens d’attaché charnellement à la terre algérienne et nourri par celle-ci (pas au sens politique), mais aussi comme un écrivain dont la stature pouvait éclipser d’autres écrivains tout aussi méritants.

À LIRE – Olivier Peraldi : “Ne refusons pas le combat. La poésie est là !”

Ainsi, Jean Pélégri était, selon Dib, un grand écrivain algérien et il regrettait que la notoriété de Camus ait occulté l’apport de Pélégri à la littérature en général, et à la littérature algérienne plus spécifiquement, tant celui-ci avait su fonder une langue en soi à partir du Maboul (1963).

Camus reconnaissait Dib comme un auteur important parmi d’autres écrivains « indigènes » récemment apparus. Il le cite dans une allocution radiophonique à la fin des années cinquante.

La relation de Dib à Camus est donc contrastée, comme vous pouvez le voir. Je reviendrai sur la complexité de cette relation lors du colloque sur « Albert Camus et l’Algérie coloniale » prévu en mars prochain à l’IMA et l’Institut d’Études Avancées.

Mohammed Dib écrivait que Tlemcen, sa ville natale, est « la source des sources ». Que représente cette ville dans son univers romanesque et poétique ?

Hervé Sanson : Elle est précisément la source — ainsi que l’étymologie de son nom l’indique (« Tilmissan »). Elle est le berceau premier, centre artistique d’un extrême raffinement (la musique arabo-andalouse pour ne citer qu’elle), et centre spirituel soufi développé (la ville de Sidi Boumediène).
C’est dans ce double enracinement que Dib a grandi et qu’il a acquis une grande culture — ainsi qu’une « oreille » — bien qu’issu d’une famille ruinée sur le plan économique, mais pas dépossédée sur le plan culturel.

Ainsi Tlemcen nourrit son œuvre régulièrement, et Dib y revient, directement, ou par transposition, dans plusieurs de ses ouvrages : que ce soit Qui se souvient de la mer, qui met en scène une ville mythique, concaténation d’Alger, mais aussi de Tlemcen, par certains lieux évoqués comme la place du Médresse ; les nouvelles du Talisman (1966), ou bien encore le fameux Tlemcen ou les lieux de l’écriture dans lesquels texte et photographie se combinent et permettent à Dib d’opérer cette fameuse plongée dans les méandres de sa propre mémoire, mais aussi de la mémoire d’une ville.

Tlemcen, c’est finalement le paysage premier, lequel constitue l’homme dès sa naissance, et c’est l’enfance de l’art.

Si l’anticolonialisme est une dimension intrinsèque à l’œuvre de Mohammed Dib, ce dernier n’a guère cessé de suivre et de critiquer les évolutions politiques de son pays, marquées, regrettablement, par l’autoritarisme militaire et l’intégrisme religieux.

Comment l’écrivain a-t-il traité de la guerre civile algérienne (1991-2002) dans ses romans parus durant cette décennie ?

Hervé Sanson : Dib n’a jamais voulu faire une littérature de l’urgence — tout comme Assia Djebar — et traiter à chaud les événements politiques et l’actualité. Le temps de maturation nécessaire à l’œuvre d’art — ce qu’est une œuvre littéraire — ne s’accommode pas d’une parole délivrée à la hâte, sur l’instant.

Ainsi, Dib a questionné la tragédie survenue dans son pays dans certaines œuvres, tout d’abord dans certaines nouvelles du recueil La Nuit sauvage (1995), mais ces nouvelles entretiennent des liens subtils, non identifiables d’emblée, avec d’autres nouvelles du recueil qui mettent en scène d’autres drames ayant lieu dans d’autres aires géographiques.

Le drame algérien est ainsi connecté à d’autres conflits, ou tragédies, sur la planète. La postface au recueil met en exergue la responsabilité qui incombe à l’écrivain, mais aussi sa propension à poser des questions, et non à dispenser des réponses toutes faites, des enseignements clés en main.

D’autre part, il revient à la décennie noire en 1998 dans le roman Si Diable veut, mais il transpose alors l’islamisme et la guerre civile algérienne sur un plan métaphorique (en faisant des intégristes des chiens enragés venus attaquer les villageois) en les confrontant à un rite berbère ayant cours dans un village de l’Algérie profonde et c’est alors pour lui une manière d’interroger les mythes et leur capacité à doter l’humain des ressources nécessaires afin de résister au délitement général.

Enfin, la même année, dans L’Arbre à dires, il s’interroge sur les raisons de cette guerre civile et tâche, sur un plan philosophique – sous la forme de l’essai donc, d’éclairer la nature ce conflit fratricide entre Algériens, puisant pour ce faire dans les références religieuses (bibliques et coraniques notamment), ou mythiques. Le traitement brut, cru, des événements, sans aucun fard, ne l’intéresse donc pas.

À LIRE – “Au Liban, le chemin est tortueux et dangereux”

Ce qu’il expliquait déjà dans la postface à Qui se souvient de la mer en 1962 lorsqu’il évoquait de façon transposée la guerre d’indépendance algérienne. Décrire la crudité de l’horreur, de façon littérale, c’est participer de la banalisation du mal, et finalement échouer à le dénoncer, et partant, échouer à marquer la conscience du lecteur.

À votre avis, pourquoi un écrivain de la stature de Mohammed Dib n’a-t-il pas encore fait son entrée dans la prestigieuse collection « Bibliothèque de la Pléiade » des éditions Gallimard ?

Hervé Sanson : Je peux simplement vous dire que la proposition d’une Pléiade consacrée à Dib a été récemment faite, et que, finalement, la proposition n’a pas été retenue. Je vous laisse juges. Il y a encore un long chemin à faire en France pour que les grands auteurs de la francophonie soient reconnus à leur juste valeur par les institutions de l’Hexagone. La Pléiade gagnerait à être moins ethnocentrée.

 
 
 
 

 

Par Faris Lounis
Contact : farislounis27@outlook.fr

1 Commentaire

 

Edco

09/01/2025 à 15:01

Oui , IMMENSE ÉCRIVAIN avec K.Yacine
A noter M. Lounis, que Daoud avait eu le prix littéraire M.Dib .....
https://www.lematindz.net/mobile/news/1421-kamel-daoud-remporte-le-prix-litteraire-mohammed-dib.html
Et que ce prix est remis en cause .....

https://elwatan-dz.com/le-prix-litteraire-mohammed-dib-menace-de-disparition-lappel-de-la-presidente-sabiha-benmansour


Lire aussi ce texte sur ...LES .. écrivains algériens...
https://www.rfi.fr/fr/culture/20220316-la-guerre-d-ind%C3%A9pendance-dans-la-litt%C3%A9rature-alg%C3%A9rienne-de-l-enthousiasme-au-d%C3%A9senchantement
Et tjours soutien à B. Sansal ....

« Témoin des mutilations du ciel »

Hervé Sanson

Paru le 15/03/2024

368 pages

Apic

25,00 €

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Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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Marché du livre au 1er trimestre 2026 : ce que disent les chiffres

Les ventes de livres reculent en ce début d’année 2026, mais le phénomène dépasse la simple baisse conjoncturelle. Derrière les chiffres du premier trimestre, un basculement s’opère : les lecteurs achètent moins, arbitrent davantage et redéfinissent la hiérarchie des titres. Le marché entre dans une phase plus sélective, où visibilité, recommandation et justesse éditoriale deviennent décisives. Par Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco.

10/04/2026, 09:31

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Et si la lecture était une saine addiction ?

Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?

09/04/2026, 15:59

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Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études

L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

03/04/2026, 06:00

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Quais du Polar 2026 : qui domine vraiment le polar aujourd’hui ?

À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.

02/04/2026, 17:30

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“Moins de publications !” : Jeanne & Juliette, le pari d’un modèle éditorial différent

Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.

31/03/2026, 12:35

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Thotario mise sur l’Europe pour changer le destin du livre numérique

À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

30/03/2026, 13:03

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“Lire dans le bain n’est pas dangereux (sauf si tu t’endors)”

À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...

28/03/2026, 10:08

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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Bécherel 2026 : “Ni vrai ni faux”, une fête du livre à l’épreuve du réel

Organisée par la Maison du livre, équipement culturel de Rennes Métropole situé en milieu rural, la fête du livre se déroule durant 3 jours à Bécherel, 700 habitants, première Cité du livre créée en France en 1989. Valérie Auvergne, directrice de la Maison du livre nous raconte cet événement.

26/03/2026, 17:08

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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IA coupables : le Conseil d’État réarme les ayants droit, sans lever tous les verrous

Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?

24/03/2026, 15:42

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Rapprocher le numérique des librairies locales : la nouvelle bataille du livre

On nous a vendu le numérique comme une autoroute sans péage, un horizon lisse où l’œuvre filerait sans frottement du serveur au lecteur. Puis les centres-villes ont vu passer les flux sans toujours en voir la couleur. Dans cette friction entre écran et trottoir, Thotario avance une idée plus subversive qu’il n’y paraît : et si la modernité du livre consistait moins à effacer les librairies qu’à les reconnecter au cœur de la circulation culturelle ? Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

23/03/2026, 11:25

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“Auteurs, renversons les tables de dédicaces !”

Dans les allées bien rangées des Salons du Livre, quelque chose grince. Sous les nappes tirées au cordeau, entre piles calibrées et sourires de circonstance, l’auteur se fige, assigné à résidence derrière sa propre œuvre. Puis surgit François Belley, pirate en embuscade, qui dynamite le décor : assez de cette comédie marchande. Place au désordre créatif, au corps-à-corps avec les lecteurs, à la table qu’on renverse enfin. Par François Belley, écrivain-pirate.

22/03/2026, 09:51

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Politicard : on a joué au jeu de cartes le plus corrosif sur la politique… et c’est redoutable

On pensait avoir tout vu en matière de satire politique. Puis Politicard le jeu de François Belley débarque, et la table de jeu se transforme en salle d’instruction improvisée. Accusations en rafale, indignations circonstanciées, trahisons expresses : ici, la morale ne pèse rien, seule compte la survie. On joue, on triche presque, on rit beaucoup — et soudain, le jeu ressemble étrangement au réel. En attendant le second tour des municipales, que diriez-vous de jouer aux édiles ?

20/03/2026, 11:35

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Auteurs autoédités : le marché caché qui peut rebattre les cartes

Dans les vitrines du numérique, tout semble simple : publier, vendre, encaisser. Puis le décor se fissure. Derrière la promesse d’émancipation, l’auteur indépendant découvre des rails déjà posés, des dépendances discrètes, une liberté sous conditions. C’est dans cette zone grise, entre euphorie créative et capture de valeur, que Thotario tente de planter son drapeau — avec l’odeur très concrète d’un rapport de force qui change de camp. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

19/03/2026, 15:44

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Salon du Livre Genève : Lire et vivre le monde

Pour sa 40e édition organisée du 18 au 22 mars à Palexpo, le salon du livre de Genève affirme plus que jamais sa vocation : faire de la littérature un espace de dialogue avec les grands enjeux contemporains, entre débats d’idées, circulation internationale des voix et réflexion sur les mutations du livre. ActuaLitté ouvre ses colonnes au Salon du Livre de Genève pour une carte blanche autour de sa programmation.

 

18/03/2026, 17:55

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Orwell, Michelin et la tyrannie de l'excellence

Orwell avait raison Après presque un siècle, sa description des cuisines parisiennes des années 1930 trouve un écho glaçant dans l'actualité culinaire de mars 2026.

18/03/2026, 12:08

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Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

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Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35

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Pour une politique commune du jeu en tant que pratique culturelle

Le domaine du jeu, qu'il soit de société ou vidéo, accueille aujourd'hui de nouveaux publics, et se trouve de plus en plus légitimé au sein des pratiques culturelles. Ludothèques et médiathèques le rendent plus accessible, tandis que les professionnels assurent une indispensable médiation. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et l'Association des Ludothèques Françaises (ALF) appellent, dans un texte reproduit ci-dessous, à une politique publique ambitieuse pour affirmer la place du jeu dans les lieux culturels.

11/03/2026, 11:29

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Un Cultura à Forbach : “Pourquoi faire ?”

L'enseigne de produits culturels et créatifs Cultura pourrait s'inviter prochainement à Forbach, en Moselle, après la cession d'une parcelle à Valimmo, la société foncière du groupe. La Librairie-Pâtisserie Autonome, installée dans la ville depuis juillet 2025, interpelle les candidats à la mairie sur les conséquences d'une telle installation pour le tissu commercial du centre-ville. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, la tribune adressée par les libraires aux six candidats et candidates.

10/03/2026, 16:20

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15 minutes de lecture vaudront toujours mieux qu'une injonction à lire

Pourquoi la lecture résiste aux mots d’ordre ? Les politiques publiques ont toujours traqué la formule capable de faire lire. Campagnes nationales, prescriptions scolaires, slogans institutionnels : tous poursuivent le même objectif. Mais l’acte de lire résiste aux mots d’ordre.

10/03/2026, 10:16

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Jean-Yves Mollier : “Cette censure a entraîné une déformation complète de mon entretien”

Nous publions ci-dessous le texte d’un droit de réponse adressé le 2 mars 2026 au directeur de la publication du magazine Livres Hebdo par l’historien Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay / Versailles-Saint-Quentin. Ce document a été transmis par l’intermédiaire de son conseil, Me Stephan Alamowitch, avocat à la Cour.  

09/03/2026, 14:06

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Auteurs autoédités : pourquoi Amazon ne suffit plus pour vivre de ses livres

Le numérique avait promis l’émancipation ; il a surtout dressé des péages partout. Derrière l’écran lisse, des auteurs comptent des pages lues, mendient une mise en avant, regardent filer la marge et le lecteur avec. Dans cette foire aux algorithmes, Thotario entre comme un démonteur de machine : pas pour repeindre la cage, mais pour rouvrir les issues et rendre aux créateurs un territoire qu’ils avaient cessé d’habiter. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

09/03/2026, 13:58

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Macron et Neruda : les conseils que le Nobel chilien aurait donnés au président

Alors comme ça, Emmanuel Macron aime poser avec des livres de la maison Gallimard – et plus particulièrement l'édition Quarto, Résider sur la terre. Œuvres choisies de Pablo Neruda ? invité dans les bureaux de l’Élysée : manuel de survie poétique pour un président en fin de cycle
 

07/03/2026, 08:00

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Le marché d'occasion numérique, un continent juridique encore inexploré

Le numérique culturel s’impose partout, mais un détail change tout : le marché secondaire demeure un désert juridique. Dans le livre comme dans le jeu vidéo, l’achat en ligne ressemble à une propriété. En réalité, il s’agit le plus souvent d’un droit d’usage personnel, encadré par des conditions générales. Je m’intéresse à cette faille depuis le jeu vidéo, mon premier terrain de culture. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

06/03/2026, 14:53

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Face au “modèle économique planétaire mortifère” d'Amazon, “unissons-nous”

L'épisode polémique autour du partenariat noué entre Amazon et le Festival du Livre de Paris, avec l'assentiment du Syndicat national de l'édition, laissera des traces dans la chaine du livre. Il témoigne d'une présence de plus en plus banalisée de la multinationale américaine au sein de cette dernière, un constat contre lequel le collectif lyonnais TENIR ! appelle à se mobiliser, dans une tribune.

06/03/2026, 10:50

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De la Mouffe à la Cartoucherie : l’histoire d’un théâtre radical

Dans un rêve survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un ancien interprète d’Artaud retourne au Théâtre de l’Épée de Bois, comme rappelé à une filiation souterraine. De la rue Mouffetard aux laboratoires des années 1960-1970, se dessine un théâtre-champ de bataille où l’ombre d’Artaud continue de travailler les corps et les lieux. Par Ilios Chailly.

05/03/2026, 17:22

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Jean-Claude Ceccarelli : quand la réalité se mêle à la fiction pour raconter l'Histoire

ActuaLitté ouvre ses colonnes à Jean-Claude Ceccarelli, qui revient sur son goût pour les récits mêlant faits historiques et imagination romanesque. À travers ses ouvrages consacrés à Paris et à la Renaissance italienne, il évoque sa manière de faire dialoguer réalité et fiction pour raconter l’Histoire.

05/03/2026, 15:34

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“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

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Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

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Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

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Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

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Perrette is The New Queen – et si la laitière avait toujours eu raison ?

Les occasions de rêver, sans arrière-pensée ni messages d’alerte subliminaux, devenant assez rares, j’ai pris comme une bouffée d’oxygène, en une sorte de flash réconfortant, l’image de Perrette et de son fameux pot au lait, rendue populaire par Jean de La Fontaine (Fables, Livre VII).

02/03/2026, 15:53