Créé en 2010, ces prix récompensent des œuvres ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires. Littérature et bande dessinée se posent face aux questions migratoires, aux identités aux questions migratoires, aux identités plurielles et aux discriminations. Voici la sélection des Prix Roman et BD de la Porte Dorée 2025.
Le 03/03/2025 à 12:00 par Hocine Bouhadjera
526 Partages
Publié le :
03/03/2025 à 12:00
526
Partages
Les Prix littéraire et BD de la Porte Dorée récompensent chaque année des œuvres en français explorant les réalités de l’exil, des migrations et des identités plurielles. Créés en 2010 et 2022, ils distinguent des auteurs et artistes qui interrogent ces thématiques avec créativité et sensibilité.
Parmi les lauréats du Prix littéraire figurent Alice Zeniter, Mohamed Mbougar Sarr et Mathias Enard, tandis que le Prix BD a honoré des auteurs comme Kei Lam, David Sala et Charles Berberian. Pour l’édition 2025, la sélection mêle auteurs confirmés – Faïza Guène, Gaël Faye, Mathilde Ramadier et Élodie Durand – et nouvelles voix comme Sergueï Shikalov, Dalya Daoud et Isabelle Maroger.
Décernés par un jury renouvelé à chaque édition, les prix seront remis le 15 mai 2025 au Palais de la Porte Dorée. Chacun est doté de 4 000 euros. En amont, des rencontres publiques avec les auteurs et dessinateurs sélectionnés se tiendront les 2, 16 et 30 avril lors des Mercredis de la Porte Dorée.
Voici les ouvrages en lice cette année :
Challah La Danse de Dalya Daoud – Nouvel Attila
Chemin des brigands logent dix familles, la plupart issues du Maghreb, dans un lotissement ouvrier bâti à côté d’une usine de textile. En marge du village, de ses bars, de son église, de sa ferme et de son lama, voici leur histoire. On s’attache à Bassou, fils chéri de Lalla, qui grandit sans trouver sa place au bourg ni chez ses cousins de banlieue, ainsi qu’au clan des filles, Olfa et Jihane en tête, dans leurs velléités d’émancipation des mœurs familiales et d’intégration à la grande ville.
L’Agrafe de Maryline Desbiolles – Sabine Wespieser
Emma Fulconis : on ne voit qu’elle à L’Escarène, dans cet arrière-niçois où elle est née. Prompte, virevoltante, rebelle à tout, sauf au vent, elle a toujours galopé dans les collines. Enfant déjà, on la surnommait « l’athlète ». Se moquant bien des compétitions, Emma « ne court pas relativement, mais absolument ». Mais un jour, sa vie bascule : son ami Stéphane Goiran, avec qui parfois elle écoute un peu de musique lors d’une halte, l’invite chez lui. Là, à peine la porte franchie, un chien énorme se jette sur elle, et lui lacère la jambe, ou plus exactement le péroné, également appelé « l’agrafe »
Jacaranda de Gaël Faye – Grasset
Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsis. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens
échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu. Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon.
Kiffe Kiffe Hier ? de Faïza Guène – Fayard
Doria a déjà trente-cinq ans et elle a réussi l’exploit de ne pas perdre son humour en chemin. Ce n’était pas gagné quand on voit ce que le monde est devenu. Mais n’est-ce pas un peu trop tôt pour trouver que c’était mieux avant ? À l’image du pays, elle est à un carrefour : elle doit trancher entre nostalgie et espoir, se remettre en question avant de virer réac. Car c’est le genre d’imprévu qui arrive même aux meilleurs.
Traverser les Forêts de Caroline Hinault – Le Rouergue
Trois femmes, une forêt. La forêt, c'est la dernière forêt primaire d'Europe, aux confins de la Pologne. Un sanctuaire sauvage peuplé d'une grande faune disparue ailleurs. C'est là que vit Véra, journaliste biélorusse exilée depuis le printemps au milieu des arbres et des bêtes. C`est là qu'est revenue s'installer Nina, elle qui a rêvé que sa beauté lui ouvrirait les portes de l'Occident mais qui, remâchant ses illusions perdues, occupe avec son fils l'ancienne maison forestière de ses parents. C'est là, enfin, dans cette « zone rouge » où patrouillent désormais les militaires, qu'Alma tente de franchir la frontière. Sans qu'elles le sachent, la forêt va entremêler le destin de ces trois femmes. Mais comment traverser ce labyrinthe ? Quelle direction prendre ?
Espèces dangereuses de Sergeï Shikalov – Seuil
Un soir d'automne, un trentenaire russe est visité par des fantômes. Fantômes de sa jeunesse et de toutes les autres : celle et ceux qui crurent un temps que leur pays ne les rangeait plus dans la catégorie des espèces dangereuses, des "pervers sexuels". Il décrit une Russie peu connue des Occidentaux, une Russie progressiste qui, le temps d'une décennie, a cru aux droits de l'homme et à l'amour libre. Il évoque l'espoir frémissant des jeunes Russes de ne plus faire semblant, d'être enfin acceptés par leur famille et par la "patrie". Pouvoir se tenir la main dans les rues de Moscou, oser embrasser son amoureux lors du premier concert de Mylène Farmer à Saint- Pétersbourg, s'éblouir de l'Europe et des United States, ouvrir grand les yeux sur les opportunités d'un monde nouveau.
Le Convoi de Valérie Umubyeyi Mairesse – Flammarion
Le 18 juin 1994, quelques semaines avant la fin du génocide des Tutsi au Rwanda, Beata Umubyeyi Mairesse, alors adolescente, a eu la vie sauve grâce à un convoi humanitaire suisse. Treize ans après les faits, elle entre en contact avec l'équipe de la BBC qui a filmé et photographié ce convoi. Commence alors une enquête acharnée (entre le Rwanda, le Royaume-Uni, la Suisse, la France, l'Italie et l'Afrique du Sud) pour recomposer les événements auprès des témoins encore vivants : rescapés, humanitaires, journalistes.
Le jury de la catégorie Roman est composé de : Rachid Benzine, président du jury, auteur et politologue; Elise Goldberg, écrivaine, lauréate du Prix littéraire 2024; Seynabou Sonko, écrivaine, lauréate du Prix littéraire 2024; Jean-François Auguste, metteur en scène, fondateur de la compagnie Happy People & co; Chayma Drira, chercheuse et journaliste indépendante; Walid Hajar Rachedi, écrivain, fondateur du média Frictions
Le murmure de la mer de Hippolyte, Les Arènes, 2024
Écoutez la méditerranée, écoutez-la bien. Regardez-la, regardez- la bien. Ne percevez-vous pas, répercuté de vague en vague, le murmure ténu de milliers de vies glissant sur ces eaux bleues et limpides. Un murmure si fragile que souvent il s’éteint, avalé par les flots. À bord de l’ « Ocean Viking », le navire de sauvetage de SOS Méditerranée, on vit au quotidien avec ce murmure, ces mots portés par le vent, ces vies qui risquent tout pour la traversée. On le guette, on l’attend, on l’espère même. Car entendre le murmure, c’est pouvoir tendre la main. Sauver. Un impératif d’humanité. Quitte à se voir reprocher de « sauver trop de vies ». Pour recueillir ce murmure, Hippolyte a embarqué sur l’ « Ocean Viking ».
Dans le cœur des autres de Kamel Khélif, Le Tripode, 2024
Composé de 152 planches au format A3, Dans le cœur des autres narre la quête d’un artiste après une rupture amoureuse. Confronté au double exil de son chagrin et de son déracinement, l’homme erre entre les trois villes qui ont accueilli son histoire d’amour (Paris), le flux de sa vie (Marseille) et sa naissance (Alger). Kamel Khélif aura mis près de trois années à peindre et écrire cette œuvre majeure où, à l’instar d’autres livres antérieurs, il met en scène un personnage qui se devine comme son avatar littéraire.
Racines de Lou Lubie, Delcourt, 2024
Après Goupil ou face et Comme un oiseau dans un bocal, Lou Lubie explore un nouveau sujet de société : le cheveu afro / métissé. Entre récit de vie et enquête, une BD sur l'identité et l'acceptation de ses origines ! On n'est jamais content de ses cheveux : Rose, qui a les cheveux crépus, rêve de les avoir lisses. Pour se conformer aux normes sociales, elle sera prête à tout, quitte à gommer son identité métissée. Entre enquête de société et récit de vie, une BD riche et touchante qui parle de sexisme, de racisme, d'héritage et d'acceptation de soi.
Lebensborn de Isabelle Maroger, Bayard éditions, 2024
Un jour, Isabelle Maroger se promène avec son fils sur le ventre et elle se fait interpeller par une femme qui la complimente pour ce bel enfant blond aux yeux bleus et ajoute « ça devient rare comme race »… Un choc pour Isabelle, qui réalise qu’il est temps pour elle de raconter son histoire. Car si elle est, elle aussi, grande, blonde et aux yeux bleus, c’est parce qu’elle est à moitié norvégienne. Sa mère est née, pendant la guerre, dans un Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pour produire à la chaîne de bons petits aryens.
Chroniques du grand domaine de Lili Sohn, Delcourt / Encrages, 2024
Qu'est-ce que "habiter quelque part" ? En partant de cette question, Lili Sohn enquête sur Le Grand domaine, un immeuble chargé d'Histoire, et nous offre une histoire chorale dans le Marseille d'hier et d'aujourd'hui. À travers son enquête sur Le Grand domaine, Lili Sohn développe un ouvrage sociologique qui aborde à la fois la diaspora arménienne qui a fui le génocide, la lutte pour le droit des étrangers dans les années 70. L'immeuble a vu passer des militants de mai 68, des artistes des années 80, des ateliers de confection de cuir, et qui sait peut-être même existe-t-il une rue secrète dans les sous-sols...
La belle de mai : fabrique de révolutions de Mathilde Ramadier et Elodie Durand, Futuropolis, 2024
Marseille, Hiver 1887. Plus d’un millier de femmes sont employées à la manufacture des tabacs de la rue Bleue (aujourd’hui la Friche Belle de Mai), qui produit cigares, scaferlatis et cigarettes. Malgré une récente modernisation, les conditions de vie et de travail sont rudes pour ces immigrées italiennes. Sespo, Teresa et Rosa, trois jeunes cigarettières, décident de s’organiser, sans syndicat ni expérience, pour faire spontanément une grève sur le tas après que l’une d’elles a été sévèrement sanctionnée par la direction, suspectée injustement d’avoir volé du tabac.
Leur première revendication : qu’on cesse les fouilles au corps à la sortie des ateliers. Petit à petit, il leur faut gagner l’opinion publique et la presse, trouver des locaux, tenir tête aux chefs d’atelier qui cherchent à les intimider, convaincre la direction puis le préfet, voir plus grand dans leurs revendications, vivre la solidarité… Et s’émanciper de leur condition. Tout va aller beaucoup plus vite et plus loin qu’elles l’imaginaient.

Le jury est composé de : Fanny Michaëlis, présidente du jury, autrice et illustratrice; Charles Berberian, auteur et illustrateur, lauréat du Prix BD 2024; Hélène Milano, réalisatrice et actrice; Noam Roubah, producteur (Darjeeling; Jack Souvant, metteur en scène, comédien et créateur radiophonique.
En 2024, le Prix Littéraire a été attribué ex-aequo à deux œuvres romanesques : Djinns de Seynabou Sonko, publié chez Grasset en 2023, et Tout le monde n’a pas la chance d’aimer la carpe farcie de Elise Goldberg, édité par Verdier la même année.
Charles Berberian a été récompensé pour Une éducation à l'orientale, faisant suite à David Sala qui avait remporté ce prix en 2023 pour Le poids des héros.
DOSSIER - Bande dessinées et Romans du Prix de la Porte Dorée 2025
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 04/04/2024
219 pages
Editions Les Arènes
27,00 €
Paru le 03/10/2024
174 pages
Le Tripode Editions
33,00 €
Paru le 29/05/2024
216 pages
Delcourt
25,50 €
Paru le 17/01/2024
224 pages
Bayard
22,00 €
Paru le 22/05/2024
258 pages
Delcourt
25,95 €
Paru le 21/08/2024
140 pages
Futuropolis Gallisol Editions
22,00 €
Commenter cet article