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Al Pacino, l’incroyable destin d’un gamin du Bronx

Al Pacino est un des comédiens les plus importants de sa génération. Toute une carrière un pied dans le théâtre et l’autre dans le cinéma. L’élève de l’Actors studio a brillé dans la tragédie, de Shakespeare à Francis Ford Coppola. Ce regard qui transperce, cette folie rentrée, ces mémoires les remontent aux jeunes années de « Sonny Boy ». Le passif est lourd chez le rital du South Bronx.

Le 03/01/2025 à 16:33 par Hocine Bouhadjera

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03/01/2025 à 16:33

Hocine Bouhadjera

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« Seigneur, libère-moi de moi-même afin que je puisse te satisfaire. » Michel-Ange, cité par Al Pacino.

Plus que la pauvreté, Al Pacino a souffert la mélancolie d’une mère. Le père, qui avait seulement 18 ans à sa naissance, a quitté la famille alors que son fils n'avait pas plus de deux ans. Retour chez les parents pour la maman. Vincenzo Giovanni Gerardi, le grand-père du futur comédien, fait office de figure paternelle. Al Pacino a même retrouvé le traumatisme primordial qui l’a rendu si sujet à cette « anxiété aiguë », par l’entremise d’années de thérapie : durant 8 mois, il fut séparé de sa mère, en attendant le retour du paternel, parti au front. 

L’ascendance a joué un rôle pour sûr : Rose, la maman, fait une tentative de suicide dans sa jeunesse. Plus tard, elle vivra très mal une nouvelle rupture. Son fils raconte : « Elle en a été brisée. Elle était un personnage à la Tennessee Williams, fragile et incontrôlable. Les médecins lui ont diagnostiqué ce qu’on appelle une névrose d’angoisse. Elle était prise dans une spirale infernale. » Elle est soignée par des électrochocs et autres barbituriques, qui coûtent chers en plus de te détruire.

À South Bronx, le jeune Pacino fait les 400 coups avec Cliffy l’ « érudit, un véritable original, intrépide », Petey l’Irlandais coriace, et Bruce. Il partage : « Ils sont tous les trois morts à cause de la drogue. Je n’étais pas vraiment sous surveillance stricte, mais ma mère se souciait de savoir où j’étais, ce qui n’était pas le cas des familles de mes amis, et nous le savions tous. Je pense qu’elle m’a sauvé la vie. » Elle l’amène régulièrement au cinéma et au théâtre, de quoi ouvrir la sensibilité.

À quatorze ans, Al Pacino gagne un peu d’argent à une émission de La Roue de la fortune, spéciale histoires exemplaires. La raison de cette invitation : il a sauvé son ami Bruce, accroché à un tuyau à sept mètres du sol, à la suite d’un pari qui a mal tourné. Avec cet argent, sa mère l'emmène voir La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams, à Broadway, qui le marque profondément.

Un petit côté borderline chez « Sonny Boy », sur lequel il s’appuiera plus tard : « La vie c’est sur le fil, mec. Être acteur, c’est ça pour moi, c’est ma vie. Quand je travaille, je suis là-haut sur la corde raide. Je me lance à corps perdu. Je prends des risques. Je veux prendre des risques. Je veux voler et échouer. Je veux me cogner dans quelque chose quand je fais ça, car c’est ainsi que je sais que je suis en vie. C’est ce qui m’a maintenu en vie. »

Sauvé par l’Art

Avec une mère sur le carreau, il est encouragé à arrêter le lycée pour trouver du travail. Il a expérimenté la scène à l’école, aime jouer la comédie. Il veut faire de l’art, et comme tous les lecteurs tardifs et autodidactes, les prolos dit autrement, il prend très au sérieux ce qu’il découvre avec ravissement. La rédemption est peut-être chez Tchekhov.

Son aîné Charles Laughton, qui le forme à « l'Actors Studio », avec le célèbre Lee Strasberg, est formel : « Tu vas devenir une grande star. » Et Al Pacino de commenter : « Or Charlie ne parlait jamais comme ça. Quand je dis jamais, c’est jamais. (...) C’était sorti comme ça. Je lui ai répondu : "Je sais, Charl. Je sais", et je le pensais vraiment. » Il s'explique : « Bon, je ne suis pas du tout religieux ni quoi que ce soit. Mais je sens qu’il y a un esprit. On n'a même pas besoin de l’appeler Dieu. Aux Alcooliques anonymes ils parlent de Puissance supérieure. (...) Je possédais l’esprit. »

Il relate une expérience d’illumination sur scène, en interprétant du Strindberg : « Soudain, en cet instant, je me suis senti appartenir à l’univers. J’ai su après cela que je n’aurais plus à m’inquiéter. Que je mange ou ne mange pas. Que je gagne de l’argent ou n’en gagne pas. Que je connaisse la célébrité ou pas. Cela n’avait plus d’importance. (...) Je venais de découvrir cette possibilité de plonger en moi-même, et je devais me rendre à l’évidence : je voulais faire ça toute ma vie. » À cette époque, il rencontre Martin Sheen, avec qui il va même partager un loyer dans le South Bronx. Ils travaillent ensemble dans la troupe expérimentale libertaire, Living Theatre, dans Greenwich Village.

Il a 21 ans, et la seconde tentative est la bonne, maman est morte. Il analyse, à 80 ans passés : « J’aurais peut-être d’une manière ou d’une autre pu empêcher que ça arrive. La tragédie de ma mère était la pauvreté. Elle était embourbée dedans et ne pouvait plus s’en extraire. (...) Elle avait le sens de l’humour et un goût très sûr. C’est ce qui la distinguait du reste de la famille. Mais c’était une femme seule. »

S’en suivent la dépression, les petits boulots, la dèche, les excès. Lorsque sa première figure paternelle meurt peu de temps après, il est au bord du précipice : « À ce moment-là, je faisais encore mes livraisons du journal Show Business, et je me suis évanoui sur le trajet, sans doute faute d’avoir mangé, traumatisé par la mort de mon grand-père. » À 25 ans, il est encore gardien d’immeuble. La première brèche se fait avec la pièce, L'indien cherche le Bronx d'Israël Horovitz, qu’il porte avec un certain John Cazale. Ses débuts à l’écran sont dans un épisode du feuilleton policier N.Y.P.D., avec sa première réelle petite amie, Jill. Une première pièce à Broadway, c'est fait également, puis le cinéma. 

Les glorieuses années 70

Ses Mémoires basculent dans le récit de chaque projet cinématographique, agrémenté des évolutions de sa vie. Après un premier second rôle dans une comédie sympathique, de 1971 à 1975, il enchaîne les rôles rares, servi par des œuvres marquantes, et porté par de grands cinéastes.

D’abord Panique à Needle Park. Joan Didion au scénario, Jerry Schatzberg à la réalisation. Al Pacino tient le premier rôle avec Kitty Michelle Winn, prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes pour son rôle, et aujourd’hui oubliée. Elle a tourné dans L’Exorciste, a encore joué dans un ou deux films, puis a mis un terme à sa carrière d’actrice : « C’est juste qu’elle n’aimait pas le métier, et elle n’a pas supporté certains des trucs qui avaient cours. On porte tous en nous un lourd secret », écrit Al Pacino, sibyllin, mais on a tous et toutes compris.

Dès le deuxième film, le rôle de sa vie, certainement l’un des plus importants de l’histoire du cinéma : Michael Corleone dans Le Parrain. Le récit de la démente épopée du film, comme savait les entreprendre avec une force herculéenne Francis Ford Coppola dans les années 70, est raconté avec talent dans Laisse le flingue, prends les cannolis, de Mark Seal (trad. François Raison). 

Sans jamais perdre son ton débonnaire, Al Pacino évoque à quel point La Paramount ne voulait pas de lui pour interpréter « la chochotte de la famille Corleone ». C'est Coppola, d'un an seulement son aîné qui est allé chercher cet inconnu aux grands yeux noirs de corbeau, et l'a imposé. L’acteur raconte aussi comment il lui fallut le temps de trouver le ton juste, jusqu'à la menace d’être remplacé; les galères de son réalisateur face au studio, jusqu’à fondre en larmes; la rencontre avec le visage de l’« Actors studio », Marlon Brando; sa découverte de la Sicile; les requins des studios qui lui mettent des coups de pression; le triomphe inespéré en salles…

Au sujet de la méthode de l'« Actors Studio », appuyée sur les préceptes de l'acteur et réalisateur russe Konstantin Stanislavski, Al Pacino voit dans Brando le premier à porter haut ce jeu viscéral, « menaçant ». Le même a ensuite fait partie d’un triumvirat aux côtés de Montgomery Clift et James Dean, « le vulnérable, l'économe et le lyrique ». Néanmoins, Pacino est formel : il n'y a pas, en dernière analyse, « de méthode à l’Actors Studio. Chacun débarque avec sa propre méthode. Existe-t-il une méthode pour écrire ? Ouais, tu prends un stylo. On ne demande pas à un violoniste ou à un violoncelliste s’ils ont recours à une méthode. Ils s’exercent. » Lee Strasberg à lui défini le talent comme « un brin d’herbe poussant entre deux plaques de béton ».

Après Le Parrain, Al Pacino est désormais une star, et endetté… Il n’enchaîne malgré tout pas avec une nouvelle grosse production, mais un grand film, peu connu : L’Épouvantail de Jerry Schatzberg. Il y propose une composition inoubliable, constamment au bord de l’effondrement. Ce road trip de deux vagabonds remporte la Palme d’Or en 1973, ex-aequo avec La Méprise d’Alan Bridges. Du tournage, il se souvient de la relation froide avec la co-vedette Gene Hackman, et à quel point il a été constamment sous influence...

Une anecdote, qui donne également le ton général du livre : « Un soir, quelque part au cours de notre périple à travers l’Amérique, j’étais tellement soûl que je ne retrouvais pas le chemin de la maison. Une femme m’a dit : "Oh, je vais te raccompagner chez toi." Et sans y réfléchir à deux fois, je suis monté dans sa voiture. Mais pendant le trajet, j’avais beau être rétamé, j’ai bien vu qu'elle ne me ramenait pas chez moi. Je lui ai dit : "Qu’est-ce quise passe, là ?" Et elle m’a répondu sans détour : "Je te kidnappe." Ce n’était pas une espèce de flirt agressif. J’étais célèbre. J’avais fait Le Parrain. Mais moi je suis du South Bronx, et quand je vois une folle qui essaye de m’embarquer dans un mauvais plan, je sais m’échapper. J’ai dit : "Non, tu vas pas me kidnapper. Je fous le camp." Elle a répondu : "Pas question" sans ralentir. Alors j'ai ouvert la portière, comme pour me jeter sur la route. J’étais un peu éméché, mais j'étais prêt à sauter d’une voiture en marche s’il le fallait. Elle ne me fera pas ce coup-là, mec. Elle a refermé la portière et m’a ramené à bon port. Je crois bien que c’était dans le Colorado. Je ne connais pas leurs coutumes, par là-bas. »

À cette époque, il le dit lui-même : « Mon état d’esprit frôlait la folie. » Il interprète Richard III chaque soir à Boston : « J’ai apporté cette fureur à Richard, qui est lui-même proche de cet état. » Au sujet de sa dépendance, il explique : « Je pense que l’alcool, au même titre que Charlie (Ndr : Laughton) et Tchekhov, m’a sauvé la vie. J’ai pu me soigner tout seul, ça m’a aidé à lutter contre la souffrance et ça m’a évité de me retrouver en hôpital psychiatrique. Le soir, je buvais, et le lendemain matin, je gobais des cachets pour me calmer. Je cherchais toujours à m’apaiser, parce que mon esprit s’emballait, et de fait l’alcool avait un effet apaisant. »

Avec le réalisateur Sidney Lumet, il tourne deux autres films importants : Serpico, histoire vraie d’un flic qui se retourne contre la corruption de ses collègues, et surtout Un après-midi de chien. Son interprétation d’un braqueur homosexuel coincé dans une prise d’otage, inspiré de l’histoire d’un certain John Wojtowicz, est un modèle d’incarnation. Al Pacino parle de possession pour ce rôle de « Sonny Wojtowicz ». Ça s’est échappé dès le tournage terminé : « Même Sidney m’a fait remarquer qu’il avait vu la chose s’échapper, comme un esprit. » 

Entre les deux, il retrouve le héros tragique Michael Corleone, opposé à Hyman Roth, inspiré du gangster juif-américain Meyer Lansky. Le rôle est interprété par un autre de ses pères de substitution, considère-t-il, Lee Strasberg. Il se rappelle des relations distantes avec Coppola, et d'un repli sur soi induit par le personnage.

Looking for Pacino

La suite est moins brillante, au moment où il arrête de boire - pas de cause à effet, bien sûr. Quand le delirium tremens se pointe, on se dit qu’il est peut être temps d’arrêter. Le sevrage a été difficile, toujours dans un état latent de frustration, à la limite du craquage…

Sur le tournage de l’effaçable Bobby Deerfield de Sydney Pollack, il entame une relation amoureuse avec Marthe Keller. Un échec en salles, alors les studios lui ont repris la Alfa Romeo qui lui avait été offerte. Il s’embrouille avec Norman Jewison sur le tournage de Justice pour tous, bloque l’argent qu’il a touché pour La Chasse de William Friedkin tellement l’expérience fut douloureuse et honteuse. Se chicotte violemment avec le réalisateur Arthur Hiller sur le tournage d’Avec les compliments de l'auteur… 

Avant le culte Scarface, remake du film de 1936, dans lequel l’acteur injecte au personnage son état d’excitation perpétuel.

Après avoir monté le projet avec Sidney Lumet, c’est finalement Brian de Palma qui dirige le film, avec Oliver Stone au scénario. À l’instar d’autres films cultes comme Fight Club, Scarface est mal accueilli par la critique. Al Pacino constate : « Au fil du temps, Scarface allait être consacré par la génération hip-hop, qui se reconnaîtrait dans la mythologie de Tony Montana et lui donnerait sa crédibilité. Ils l’ont compris et ont accepté la métaphore. Ils ont saisi que le film était une parabole, une histoire sur la façon dont vous voyez le monde quand on vous apprend que la vie ne vaut pas grand-chose et qu’elle n’est pas indispensable. »

Il arrête le cinéma un moment pour revenir à ses premières amours, le théâtre. Revient au cinéma parce qu’il est en faillite. L’enfant du Bronx doit se l'avouer : « Je ne comprenais pas comment fonctionnait l’argent, pas plus que je comprenais comment une carrière fonctionnait. C'était une langue que tout simplement je ne parlais pas. » Un rôle déniché par Diane Keaton, sa copine de l’époque, dans un film pas mal, Mélodie pour un meurtre. Grand succès en salles, et retour aux affaires.

Une première fille à près de 50 ans, pour celui qui ne s’est jamais marié jusqu’à aujourd’hui, avec Jan Tarrant, et des années 90 plus qu’honorables, avec Le Parrain 3, L’Impasse ou Heat. Et enfin un Oscar, après huit nominations, pour l’oubliable et oublié, Le Temps d'un week-end.

Après s’être initié à la fabrication d’un film sur le projet, The Local Stigmatic, notamment au montage, l'acteur se lance dans la réalisation de son premier long-métrage, une fantastique déclaration d’amour à William Shakespeare. Michael Mann a mis à disposition une partie de l’équipe de Heat sur Looking for Richard – « sans tiquer, comme ça. Quel geste. Je ne l’oublierai jamais. » 

On suit la création de Richard III, entre répétitions et discussions sur la mise en scène, entrecoupée d’entretiens avec des comédiens, shakespeariens, et autres passants des rues de New York. À la fin, on a assisté à l’immense pièce de l’Anglais du temps d’Elisabeth, et on a ressenti pourquoi il est toujours moderne : parce qu’il a su allier, comme plus tard Balzac, Led Zeppelin, Coppola ou Kanye West, l'exigence et le populaire. Shakespeare parle à tout le monde de la seule tragédie de la condition humaine. Le film s’ouvre avec la tirade de Prospero sur l’illusion fondamentale de toute chose, qu’on habille de nos seuls rêves. Al Pacino a voulu rendre le dramaturge à son premier public, et c’est réussi.

L’orgueil de Pacino : La Guilde des réalisateurs d’Amérique lui a décerné le prix de la réalisation, le New York Times l’a sélectionné parmi les dix meilleurs films de l’année. Mais peu l’ont vu, ou savent même qu’il existe. Il a vendu le film à la Fox Searchlight Pictures, la division « cinéma indé » de la Twentieth Century Fox, qui l’a très mal mis en valeur. La distribution était pourtant ronflante, avec Alec Baldwin, Winona Ryder ou Kevin Spacey, mais la forme de cet étrange objet filmique n’a pas aidé.

À plus de 80 ans, Al Pacino continue à être très actif, avec prochainement la sortie d’un Roi Lear avec le réalisateur de Candyman, Bernard Rose, ou Modi, biopic sur Amedeo Modigliani, réalisé par un certain Johnny Depp.

Il a rencontré l'ex mari de Vanessa Paradis sur le tournage de Donnie Brasco. Il raconte : « Il est vite devenu un ami. Il lui arrivait parfois de me regarder et de me lancer : « Al, tu es taré, tu le sais, ça, hein ? Je veux dire, tu es maboul. » Je répondais : « Ah ouais ? Tu sais que tu es pas mal, toi non plus. » Si on avait été à l’école ensemble, les profs ne nous auraient pas laissés nous asseoir côte à côte. Un Cliffy adulte, enfin ! Nous nous faisions mutuellement rigoler comme des mômes. Nos visions du monde étaient très similaires. Ça arrive parfois, et quand on se trouve comme ça, on n’a plus envie de se quitter. »

« Hé, M’man, tu as vu ce qui m’est arrivé ? »

Certainement que je suis biaisé pour juger ces mémoires, en tant que grand fan d’Al Pacino, mais sa trajectoire est tellement hors norme, et certains des films dans lesquels il a joué si importants, que ce livre vaut largement le coup d’être lu. 

Il brille par son ton général qui laisse deviner un grand souffrant, mais pas compliqué. Humble aussi, comme tous ceux qui viennent de nulle part. Il se considère plus comme un survivant qu’un triomphateur : « Je n’avais pas développé cette partie de l’être humain qui s'anime et vous permet d'accepter l'endroit où vous êtes », confie-t-il. L'important producteur Martin Bregman, autre figure très importante pour le comédien, est de son côté formel : « Al Pacino est le mec le plus intelligent qui soit. » 

La forme est accessible, et le tout est bien agencé, comme un bon film hollywoodien de sa période phare, les années 70. Tout se goupille à merveille, mais on se rappellera de cette réflexion de Jules Barbey d'Aurevilly sur le caractère extraordinaire de la vie : l’art, en vérité, doit souvent sacrifier au véritable pour atteindre le vraisemblable. Jacques Rigaut confirme : « Le merveilleux n’est pas rare, l’incrédulité est plus forte que les miracles. »

L’ouvrage vaut enfin pour ce fourmillement d’anecdotes, de sa rencontre avec Philippe Petit à la manière dont il a vexé Philip Roth, en passant par une nouvelle banqueroute à 70 ans passés, jusqu’à tous les grands cinéastes avec qui il aurait pu travailler, mais à qui il a dit non...

Les derniers mots du livre sont destinés à la mère, qui lui donna en premier ce surnom de « Sonny Boy », inspiré par un film avec Al Jolson : « Avec un peu de chance, si je vais au ciel, j’y retrouverai peut-être ma mère. Tout ce que je veux, c’est avoir l’occasion de m’approcher d’elle, de la regarder dans les yeux et de lui dire simplement : "Hé, M’man, tu as vu ce qui m’est arrivé ?" »

 

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

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Sonny Boy

Al Pacino trad. Nicolas Richard

Paru le 18/10/2024

384 pages

Seuil

27,00 €

Laisse le flingue, prends les cannoli

Mark Seal trad. François Raison

Paru le 30/11/2023

442 pages

Capricci Editions

28,00 €

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Meï Lepage : un premier polar brut, sombre et engagé

Le premier polar d'une jeune Lyonnaise. Une intrigue sacrément tordue qui évoque les violences faites aux jeunes femmes et la première enquête d'Emma Fauvel, une jeune fliquette au passé traumatisant et au parler cash.

29/01/2026, 07:00

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Honoré d’Urfé, Cyrano, Retz… Découvrir les auteurs des XVe-XVIIe siècles

Qui a lu L’Astrée d’Honoré d’Urfé, ce roman-fleuve qui fut au XVIIe siècle un véritable phénomène culturel ? Qui, aujourd’hui, a lu le vrai Cyrano de Bergerac, écrivain libertin et visionnaire du XVIIe siècle, et non le personnage flamboyant et romantisé que le XIXe siècle a façonné à sa place ? Qui, aujourd’hui, se plonge encore dans les Mémoires du cardinal de Retz, ce récit incandescent où un acteur central de la Fronde raconte intrigues, trahisons et coups d’éclat avec une flamboyance romanesque, comme nous l’a récemment rappelé, avec autant de brio, Pacôme Thiellement ?

28/01/2026, 18:44

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Exquisite Corpses : un Battle Royale du capitalisme qui transforme le massacre en franchise

La ville respire le chlore et le crédit immobilier, un décor si propre qu’il en devient obscène. Puis quelqu’un appuie sur « play ». Des milliardaires lâchent des tueurs comme on lance une start-up, avec pitch deck et stratégie d’IP. Exquisite Corpses débarque comme un slasher sous cocaïne, un rêve américain filmé par drone, où la violence sert d’argument marketing et le massacre de business plan.

28/01/2026, 17:18

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Lundi, c’est loin : l’été, un morceau de vie et une baleine dans la Tamise

2019. Le week-end le plus chaud de l’été. Londres est en effervescence, les contraintes de la semaine sont laissées de côté jusqu’à lundi prochain. Ce vendredi soir marque le début de ces deux jours tant attendus… Autre particularité, qui provoque une sorte de séisme à travers la ville : cette baleine coincée dans la Tamise, s’imposant comme le grand sujet à travers tout le pays depuis déjà quelques heures. Comment a-t-elle réussi à arriver jusqu’ici ? Et surtout, comment l’aider à retrouver son habitat naturel sans la blesser ? 

28/01/2026, 15:48

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La Baptiste : plongée hallucinée dans la nuit techno et l’âme contemporaine

Avec Cécile Delacoudre, on entre dans sa Baptiste comme on plonge dans une rave à 3h du matin : avec la certitude que quelque chose va dérailler, et l’envie que cela arrive. Dès les premières pages, la narratrice impose sa voix, une voix sous tension, lucide et possédée à la fois. « À l’assaut de la nuit, je sors de chez moi vivifiée grâce à la beuh et au speed que je viens de m’envoyer. » Tout est là : la nuit, le corps, la chimie, le récit en mode accéléré.

28/01/2026, 10:31

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À la chaîne, ou le cauchemar américain selon Eli Cranor

Dans les Monts Ozarks, Eli Cranor revisite la lutte des classes à sa façon. Mais son roman noir cache aussi une forte histoire centrée sur les "mères", ce qui explique sa dédicace « à toutes les mamans ici-bas ».

28/01/2026, 07:00

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Sollers est une fête

Philippe Sollers a très jeune compris l’essentiel : l’être, le néant, l’amour, l’art, la solitude indépassable. Son premier roman, Une curieuse solitude, l’atteste. Se sauver soi-même est très dur ; sauver l’autre – ou les autres –, impossible. On peut faire du bien, en revanche, ou du mal.

27/01/2026, 11:08

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Que d’os ! : Tarpon dans la France trouble des années 70

Dans la famille Manchette, je voudrais le fils, pour adapter un scénario très Série Noire dans une ambiance seventies. Castagne et humour de rigueur. Mais ce n'est sans doute pas la meilleure adaptation de la série.

27/01/2026, 09:00

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Pourquoi justice sociale et justice environnementale forment le même combat

Un slogan, un hashtag, et une promesse de salubrité intellectuelle : En finir avec les idées fausses sur la pauvreté #Écologie choisit la frontalité. Le livre avance comme un kit d’autodéfense, taillé pour les discussions qui dérapent au comptoir, au bureau, sur les réseaux.

26/01/2026, 16:24

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La folle idée de Suzette : un duo mouette et corbeau qui fait mouche

Sur un toit de Paris, deux oiseaux se toisent et, en quelques répliques, le récit attrape le lecteur. Suzette, mouette électrique, provoque : « T’en as pas assez de Paris, de la pollution et des vieilles chips piochées dans les poubelles ? » Niko, corbeau réservé, répond seulement : « Hmmm… ». La dynamique s’installe aussitôt : elle impulse, il observe. Et la surprise arrive vite, car derrière la fantaisie, le texte glisse un propos subtil sur l’audace et la différence.

26/01/2026, 14:00

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Avant que tombe la nuit : Eva Björg Ægisdóttir manipule avec talent

L'auteure de la série Elma et du Clan des Snaeberg nous revient avec un thriller psychologique où il sera question d'une disparition typiquement islandaise et où le lecteur se laisse manipuler avec plaisir.

26/01/2026, 11:31

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Une Europe des cousins : plongée dans un monde en réseau

Un essai qui se lit comme une traversée : noms, lieux, rencontres, heurts de l’Histoire. C’était une autre Europe, signé Charles-Alexandre de la Tour et Taxis avec Brigitte Lantz-Sonrel, transforme une mémoire familiale en instrument d’analyse. Derrière la saga, une question s’impose : qu’est-ce qui tenait l’Europe, quand la politique se confondait encore avec un art des relations, un sens du devoir, une idée de civilisation ?

26/01/2026, 11:24

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John Updike, l’intime à nu : une vie racontée par ses lettres

La Booksletter propose une sélection d’ouvrages récents et d’articles critiques issus de la revue Books, couvrant correspondance littéraire, essais, médecine, fiction et géopolitique. Cette édition met en lumière la correspondance de John Updike, des réflexions historiques sur la vieillesse, un manifeste sur l’intersexualité, un roman latino-américain et une analyse neuroscientifique de la guerre, avant de relayer une revue de presse partenaire.

24/01/2026, 21:09

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Un pavé pour un art du minuscule : le Bouquin du haïku

La collection Bouquins n’a jamais aussi bien porté son nom : Le Bouquin du Haïku de Pascal Hervieu, c’est plus de 1500 pages (en réalité 1632), autrement dit un pavé pour un art du minuscule.

22/01/2026, 18:33

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Faits divers, science et justice : une histoire criminelle de Lyon

Lyon, capitale du crime. 1890-1935 – Enquêtes, aveux et condamnations est un ouvrage d’Amos Frappa, publié le 19 mars aux éditions La Manufacture de livres, sous la direction de Nicolas Delestre, qui retrace comment la ville de Lyon s’est imposée comme un laboratoire majeur de l’histoire criminelle et de la naissance de la police scientifique, en explorant les affaires, les méthodes et les figures qui ont façonné cette révolution judiciaire.

11/02/2026, 08:15

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Plongée dans une histoire familiale indissociable de la France occupée

Avec Honneur aux heureux, France Cavalié signe un roman familial ambitieux et sensible, à paraître le 5 mars aux éditions Les Escaldes, où l’histoire collective se mêle à l’intime pour interroger la mémoire, les silences et les fictions nécessaires face à l’inadmissible. À travers une enquête personnelle aux racines troubles, le livre explore les zones d’ombre d’un clan soudé par l’orgueil et les non-dits, dans une France marquée par la Seconde Guerre mondiale.

11/02/2026, 07:00

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Métamorphosis de Mary Orchard : le choc que vous n'aviez pas vu venir

Dans certains romans, le fantastique surgit comme une échappée ; ici, il s’infiltre comme un diagnostic. Melchior vit avec un ami que personne ne voit. Sa mère, elle, ne voit qu’un vide : « — Chéri… Quel petit garçon ? » Dès le prologue, la question travaille le récit : hallucination, secret de famille, ou faille dans le réel ? À paraître le 11 mars.

10/02/2026, 11:13

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Guerre, migration, maternité : Toute la misère du monde capture notre époque

Tout commence dans une suspension étrange : une grossesse, une pandémie, puis la guerre qui revient en Europe — comme un bruit sourd que personne n’attendait vraiment. La narratrice, Sayonara, avance dans cette époque saturée d’événements globaux en tentant de maintenir un centre de gravité intime. Toute la misère du monde d'Isabelle Mayault sort le 19 février.

10/02/2026, 11:01

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Enfance sous emprise : démonter la mécanique du fanatisme et de l'extrême droite

Fanatisé - Une enfance dans une secte d'extrême droite nous plonge la fabrique du fanatisme profitant d'un terreau propice à l'idéologie. Ici, la lecture agit comme une immersion dans la matrice du fanatisme : pas seulement la violence visible, mais sa construction lente, intime, presque domestique. Dès les premières pages, le récit installe une scène fondatrice — la domination physique, la peur, l’autorité totale — qui structure tout l’édifice théorique du livre. À paraître le 8 avril.

10/02/2026, 10:34

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Personne ne quitte l’Hotel Ambrosia

Robyn, 17 ans, a une obsession : l'hôtel Ambrosia, situé en face de chez elle. Fascinée par sa sinistre réputation, et grande fan de true crime, elle passe son temps à l'observer à travers ses jumelles : routines du personnel, étranges clients, aucun secret ne lui échappe !

10/02/2026, 07:00

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Violences dans un couple de femmes : le roman qui casse les clichés

Un chalet en montagne, une nuit de Noël, une morte, deux accusés : la mécanique paraît connue. Pourtant Brute déjoue vite l’attendu. Le roman s’ouvre sur une voix qui refuse l’étiquette de monstre tout en la frôlant : « Je n’ai tué personne. J’ai été lâche, tu comprends. » Et voici le lecteur entré dans une zone grise, celle où l’amour devient preuve à charge, et où la violence circule sans mode d’emploi. À paraître le 5 mars.

09/02/2026, 11:07

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Vers la violence

09/02/2026, 11:02

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Ilaria, ou la conquête de la désobéissance

09/02/2026, 10:10

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Freida McFadden transforme le top des ventes en résidence secondaire permanente

On ne sait plus trop comment l’aborder, désormais : Freida Mcfadden reste en première place, avec 21.908 exemplaires écoulés sur cette semaine 5 (26 janvier - 1er février). Et le reste… devient presque lassant, parce qu’après La femme de ménage (trad. Karine Forestier), viennent évidemment les suites de ses aventures.

06/02/2026, 10:27

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Chroniques d’une période incertaine

Pendant environ quatre années, la pandémie due au Covid-19 m’ayant contraint de vivre dans l’intemporel, j’en ai profité pour regarder de plus près le temps passer. Dans la situation de l’homme dont les jours sont comptés au-delà du raisonnable, j’ai noté sur des papiers ce qui faisait que tous ces jours comptaient malgré tout pour moi. 

06/02/2026, 08:00

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Notes, compétition, échec : repenser la réussite scolaire

À force de considérer que la performance scolaire repose uniquement sur les notes, les devoirs et la compétition, l’école oublie une réalité essentielle : les élèves ne sont pas des machines à apprendre, mais des individus à accompagner et à éveiller. Dans cet ouvrage, Naïm Bououchma questionne les fondements d’un système éducatif qui montre aujourd’hui ses limites.

06/02/2026, 07:00

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Une vie structurée par la course à pied

En 1912, le Japon s'ouvre au monde. Shizo Kanakuri, un étudiant de 20 ans, rejoint la Suède en transsibérien afin de participer au marathon des Jeux olympiques de Stockholm. Le départ de la course est donné sous une chaleur accablante. Autour du trentième kilomètre, à bout de force, le coureur japonais vacille. Abandonne. Trouve un refuge. Avant de disparaître… 
 

05/02/2026, 08:00

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L’amour, version séquestration

Enlever Yosep leur semblait être la plus belle preuve d’amour. Pour quatre de ses admiratrices dévouées, un poster accroché au mur ne suffisait plus : elles le voulaient pour elles toutes seules. Et après tout, n’étaient-elles pas en train de lui rendre service, en le délivrant du fardeau de la célébrité ?

05/02/2026, 07:00

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Ce roman imagine le pire choc culturel possible : survivre à son siècle

Un récit qui transforme le voyage dans le temps en expérience intime, bureaucratique et profondément humaine : voilà la promesse, tenue, de ce récit singulier. D’emblée, la découverte du projet donne le ton, entre banalité administrative et vertige conceptuel : « Nous voyageons dans le temps, annonça-t-elle, comme si elle décrivait une cafetière. Bienvenue au ministère. »

04/02/2026, 15:44

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Un adolescent brisé devenu monstre moderne

Christophe Penalan happe par son intrigue aussi bien qu'un malaise diffus – avec une efficacité presque brutale. Dès les premières lignes, l’atmosphère se charge d’une tension froide, presque clinique, avec une promesse ambiguë qui sonne comme un piège. Derrière l’ironie macabre, tout est déjà là : la mise en scène, la solitude, la fracture psychique. À paraître le 4 mars.

04/02/2026, 13:48

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Rai Rai Rai : la comédie SF qui propulse l’invasion extraterrestre au cœur du corps humain

Dans un monde marqué par les séquelles d’une guerre dévastatrice entre l’humanité et des forces extraterrestres, certaines créatures alien subsistent encore sur Terre. Pour gérer cette menace résiduelle, des entreprises spécialisées interviennent afin d’éliminer les spécimens jugés les moins dangereux. Rairairai, signé Yoshiaki sortira chez Ki-Oon début mars.

04/02/2026, 07:00

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Entre fantômes familiaux et capitalisme global : voyage à Hong Kong avec Grace Ly

Ici, tout commence par une bascule — presque physique — quand la narratrice pose le pied sur un territoire qui n’est ni totalement étranger, ni réellement familier. Dès les premières pages, une tension s’installe : « À l’instant où tu foules le sol d’une terre neuve, tu ne peux plus vraiment savoir de quoi tes journées seront faites. » 

03/02/2026, 11:46

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Résidence Jean Monnet 2026 : un appel à candidatures tourné vers la Pologne

La Résidence Jean Monnet 2026 ouvre son appel à candidatures pour accueillir un ou une écrivaine européenne à Cognac d’octobre à novembre 2026. En lien avec la programmation du festival Littératures Européennes Cognac, consacré cette année à la Pologne, la résidence s’adresse prioritairement à un auteur ou une autrice polonaise déjà traduit en français. Le ou la résidente bénéficiera d’un hébergement, d’une bourse d’écriture et participera au festival du 18 au 22 novembre.

03/02/2026, 10:35

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Saint-Soleil, l’utopie rebelle de la peinture haïtienne

Haïti, 1975. André Malraux arpente les hauteurs d’un morne reculé en surplomb de la baie de Port-au-Prince pour y rencontrer une petite communauté de peintres constituée de paysans et d’artisans qui y a surgi. 

03/02/2026, 08:00

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Un bébé abandonné dans un quartier populaire

Alertés par un habitant ayant entendu des pleurs alors qu’il descendait les poubelles, les pompiers découvrent un nourrisson au fond d’un conteneur. 

03/02/2026, 07:00

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L'Ami secret

02/02/2026, 09:58

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Tu n'auras pas de mal à la marier !

30/01/2026, 12:41

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La bascule de la Méditerranée : une enquête qui fait entendre la mer “respirer”

Méditerranée tropicale (trad. Eliane Patriarca) s’ouvre sur un geste d’écriture qui refuse la carte postale. Simenon sert de boussole, presque sèche : « La Méditerranée est… La Méditerranée est… La Méditerranée. » Stefano Liberti part de là, et choisit le récit de terrain, scène après scène, pour montrer une mer qui change de régime.

30/01/2026, 11:55

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Meilleures ventes : pour les livres, Lemaitre, étalon

Une semaine n'en suit vraiment pas une autre – ou alors une tendance globale : contrer la vague McFadden revient à vider la mer à la petite cuillère. La femme de menage reprend du poil du balai (ou le fil de l'aspirateur, au demeurant) et la tête des meilleures ventes de la semaine 4 (19-25 janvier) : 24.497 exemplaires écoulés pour le titre traduit par Karine Forestier.

30/01/2026, 10:23

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Neom

29/01/2026, 12:45

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Quand Héphaïstos meurt de faim : Chroniques d'un dieu boiteux

Un dieu qui meurt de faim. L’image frappe, dérange, intrigue. Et elle ouvre un roman qui prend la mythologie à rebours, la retourne comme un gant, la fait passer par le filtre d’une conscience fatiguée, lucide, presque contemporaine. Dès la première phrase, Héphaïstos impose sa voix : « Je suis affamé. C’est à ce moment précis que commence cette histoire. » Le ton est donné. Ce ne sera pas une épopée héroïque, mais une chronique de la disparition, un journal d’agonie divine. À paraître le 6 février.

28/01/2026, 12:26

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Les années bienheureuses du châtiment

28/01/2026, 11:49

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When devils sing

27/01/2026, 16:00

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Entre Mad Max et The Walking Dead : Derrière la chair, une enquête qui retourne le cerveau

Un braquage, une caméra mentale, un flic qui refuse le folklore : Derrière la chair démarre comme un direct d’info en mode halluciné. « Il a suffi de moins de cinq minutes pour un butin de plusieurs dizaines de milliers d’euros. » La phrase claque comme un flash, aussitôt suivie d’un mythe médiatique, “Le gang des 1 000 visages”. Le roman s’amuse de cette dramaturgie publique pour mieux la démonter, glissant dans les interstices du réel, là où la procédure devient obsession. À paraître le 12 février.

27/01/2026, 11:31

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L’Écriventure : disssection de la naissance d’un écrivain

On entre dans le livre de Charles Pennequin comme on ouvrirait une malle de carnets, de bribes, de voix attrapées au vol. Ici, le récit ne raconte pas seulement une vie : il scrute la naissance de l’écriture elle-même, comme si le texte cherchait son propre moteur. Dès les premières pages, une quête obsédante s’impose : « Je cherche quelque chose. C’est à l’intérieur. C’est quelqu’un, je veux le trouver. ». Voilà le point de départ : une enquête intime, presque policière, pour retrouver « l’homme du fond des mots ».

27/01/2026, 11:12

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Violences conjugales : les adolescents ne sont pas épargnés

Les violences conjugales ne concernent pas seulement les adultes. Elles touchent aussi les adolescents, souvent dans le silence et l’incrédulité générale. Dans cet essai à la fois percutant, intime et engagé, Capucine Coudrier revient sur sa première histoire d’amour, marquée par la violence psychologique, physique et sexuelle.

27/01/2026, 08:00

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Comment réchauffer un petit pingouin glacé ?

Sur la banquise, un petit pingouin grelotte. Son chapeau ne lui suffit pas pour affronter le froid polaire. Comment se réchauffer ? Jamais à court d’idées, notre héros se lance. Le voilà qui tricotte une belle écharpe rouge.

27/01/2026, 07:00

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1979 : le roman (bientôt) culte qui dissèque cet Occident en chute libre

1979 appartient à la catégorie  : un livre qui capte une époque dans sa matérialité, ses obsessions, ses contradictions, et les restitue avec une froide précision. Christian Kracht installe son récit dans l’Iran pré-révolutionnaire, à travers le regard d’un narrateur occidental, compagnon d’un certain Christopher, figure fascinante et toxique, autour duquel gravite un monde d’excès et de désenchantement.

26/01/2026, 11:18

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Le destin d’un tirailleur algérien engagé de force dans la Première Guerre mondiale

Avec Bachir, le brave tirailleur, Idir Tas fait revivre le destin d’un tirailleur algérien engagé de force dans la Première Guerre mondiale, arraché à son village kabyle pour combattre sur les fronts français. À travers le parcours de Bachir, membre de sa propre famille, l’auteur restitue une mémoire longtemps reléguée au second plan et rend hommage au courage des Poilus comme à celui des tirailleurs algériens. Un récit publié chez L’Harmattan, en librairie le 12 février.

24/01/2026, 07:19