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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

Le 05/01/2025 à 09:00 par Les ensablés

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05/01/2025 à 09:00

Les ensablés

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Publiées en 1921 aux éditions Albin Michel, ces confessions sont d’emblée marquées par un sentiment d’abandon, de regret ainsi que par une volonté d’établir une vérité historique. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la princesse Louise de Belgique participe à la vie de cour aux quatre coins du continent. Mariée en 1875, à 17 ans, avec son cousin le Prince Philippe de Saxe-Cobourg, qui en a 31, elle quitte la Belgique et rejoint la cour de Vienne pour s’installer au Palais Cobourg.

Un mariage d’arrangement politique qui ne la rend pas heureuse, la conduisant progressivement à souhaiter le divorce, impensable et injustifiable pour l’époque. Toute l’Europe connaît alors les aventures de la princesse Louise, défrayant la chronique mondaine, diplomatique et judiciaire.

C’est parce qu’elle « a à cœur de ne pas laisser prendre corps davantage la légende qui s’est créée autour de (sa) personne et de (son) nom » que naît cet ouvrage écrit pour réparer une réputation. Son histoire personnelle sera liée à la grande Histoire. Comme l’indique le titre, la princesse va interpréter son parcours à la lumière des événements qui ont renversé les trônes auprès desquels elle a vécu dans les cours de Vienne, Berlin, Munich et Sofia notamment. Il s’agit ici de considérer la princesse comme le personnage principal d’une trame qu’elle nous conte à la manière d’une autofiction.

Écrit au lendemain de la Première Guerre mondiale alors que Louise vit à Vienne dans un état de quasi-dénuement, le livre s’organise chronologiquement en fonction des étapes de sa vie, ponctuée par une série de drames qui l’ont abîmée : le décès précoce de son frère, le prince Léopold, qui laisse le roi sans héritier — en tant que femme, Louise ne peut accéder au trône qui sera transmis à son cousin, le Prince Albert — ; son déracinement par le mariage précoce et arrangé avec un prince autrichien qu’elle n’apprécie pas ; ses difficultés à s’intégrer dans les cours liées à cette nouvelle famille ; les scandales de sa séparation, de sa fuite, de son histoire d’amour avec le Comte croate Geza Mattachich et de ses dettes, qu’on lui fait payer par un internement durant sept ans en maison de santé…

Son mari, avec l’aval de l’Empereur François-Joseph, la fait déclarer folle, constat qui sera contesté par une contre-expertise à sa libération. Le mariage arrangé de sa fille bien-aimée qui lui échappe et, plus tard, la mort tragique de son fils augmentent ses tourments familiaux. En 1909, se voyant déshéritée à la mort de son père, elle intente un procès retentissant contre l’État belge, un combat âpre dont elle sort épuisée. Enfin, à l’issue de la guerre, toutes les cours où elle a pu vivre disparaissent les unes après les autres au fur et à mesure des changements de régimes politiques dans les anciens Empires centraux perdants, lui enlevant encore plus de repères et ses derniers soutiens.

Les sentiments de déclin et d’injustice parcourent l’ensemble de l’ouvrage. Se voulant la chronique de sociétés récemment abolies, le rapport à l’histoire s’y construit selon l’interprétation d’une chaîne de causalités, de personnalités et de signes préparant les grands changements. Une lecture moderne s’impose, tout d’abord dans le regard que pose la princesse sur sa propre vie, qu’elle aurait voulu autre, évitant « des infortunes dues à (son) origine royale » : «Plus d’une, peut-être, avant 1914, enviait mon sort, j’aurais préféré le sien ». Cette volonté d’affranchissement l’amène à vouloir déterminer sa vie en dehors des conventions, à prendre son indépendance, elle qui confie qu’« un palais peut devenir un enfer, et le pire est celui où l’on étouffe derrière des fenêtres dorées ».

Dans ces palais, où ombres et espoirs cohabitent, Louise partage l’intimité de figures régnantes de son temps et en livre les portraits élaborés, parfois saillants, pour constituer le fil de son récit : le roi Léopold II et la reine Marie-Henriette de Belgique, ses sœurs Stéphanie et Clémentine, son beau-frère l’archiduc héritier Rodolphe d’Autriche, l’empereur François-Joseph et sa femme l’impératrice Sissi, Ferdinand de Cobourg, roi des Bulgares, l’empereur Guillaume II, Louis II de Bavière ou la reine Victoria… Une étonnante et intense galerie de portraits à travers laquelle se développe son hypothèse.

Selon elle, les quatre cours de Vienne, Berlin, Munich et Sofia ont chuté en raison d’une sorte de corruption et de décadence qui touchèrent simultanément les princes qui y vivaient : drames familiaux, disparitions brutales, malheurs politiques, attitudes belliqueuses… Cette vision permettrait à la princesse de s’expliquer son propre sort en déployant, dans certains cas, une sorte de règlement de compte moral et littéraire.

Surnommé l’Empereur de l’illusion par l’auteure, Guillaume II, Empereur allemand de 1888 à 1918, fait par exemple l’objet d’un portrait sans concessions, une sorte d’interprétation biographique à charge, où sont recherchées les origines d’une cruauté qui s’est déchaînée dans l’engrenage des conflits, tout comme le mal a pu s’abattre sur elle :

« Comment Guillaume II est-il arrivé aux aberrations qui ont entraîné la disparition des trônes de l’Europe centrale et tant de calamités? Ce n’est pas, comme on le croit dans divers pays de l’Entente, l’effet d’une ambiance fatale, créée par les ambitions de l’Allemagne et ses instincts barbares. […] Guillaume II vivait continuellement dans la fiction. C’était un acteur. […]À force de jouer mille personnages, il n’avait plus aucune personnalité. Incapable de juger son siècle, il en était encore aux Chevaliers Teutoniques, persuadé qu’il consolidait ainsi son prestige.»

Vaniteux, sans équilibre, évanescent, mais impulsif, manquant de hauteur de vue et de vertus, il incarne dans divers exemples que donne la princesse tout l’inverse de son idéal de souverain, qui doit être une réalité, une volonté, une sagesse, élevant le trône et le peuple, comme dans l’éloge paradoxal qu’elle fait de son propre père Léopold II : « Un grand roi dont la magnifique intelligence a enrichi son peuple ». Paradoxal, car elle lui dédie le livre et vante ses mérites tout en lui reprochant en même temps de l’avoir ignorée, tantôt abandonnée à son sort, tantôt déshéritée...

C’est que le style de ces confessions est guidé par une ligne de tension permanente entre l’intime, le privé, le sentimental d’une part, et l’officiel, le public, l’historique d’autre part, caractéristique ces vies complexes et obligées où rien ne se passe comme ailleurs, pour le meilleur et pour le pire. Bien que critique, la princesse ne manque pas d’affirmer la force et la solidité du régime monarchique, le seul, selon elle, que « le peuple supporte le plus » et gage de solidité, car fondé sur « le principe familial, fond même de l’existence » alors que « la république favorise l’individu». Les monarchies, renversées, car fatiguées, reparaîtront quand les républiques se seront elles-mêmes usées, selon une vision toute cyclique de l’histoire.

Telle est la conviction prophétique de celle qui aurait préféré être princesse soit dans une autre époque, ou bien pas du tout.

« Si je m’imaginais à écrire l’histoire des manœuvres de toute sorte, imaginées contre mon indépendance, et tendant à me rejeter dans l’impossibilité d’être et d’agir, on dirait : ce n’est pas possible, c’est du roman! » La trame agit, en effet, comme un vrai roman. À la lecture, l’on se laisse emporter par ce mélange des genres. Non satisfaite de son mariage arrangé, n’éprouvant rien pour son mari le prince Philippe, réfractaire à de nombreux usages viennois, Louise adopte, comme par une sorte de compensation, une attitude dépensière et enchaîne des liaisons.

Ces deux aspects, connus des biographes, ne sont partiellement évoqués dans le livre que sur la défensive. C’est la rencontre du comte Geza Mattachich dès 1895 qu’elle nomme son « sauveur chevaleresque », et leur liaison connue qui pousse Louise hors de la cour.

En 1898, un duel d’honneur a lieu entre son mari et son amant, que ce dernier remporte. C’est la fuite en Croatie, dans le château du Comte, mais cela n’empêche pas leur arrestation simultanée et le retour en Autriche… Il est envoyé en prison militaire sur la base d’éléments qui seront levés quelques années plus tard. Elle, déclarée « folle par raison d’État» selon l’expression utilisée par le Comte dans les Mémoires qu’il a publiés de son côté, enchaîne les internements dans divers asiles où elle bénéficie de logements séparés.

Un jour, après des années d’internement, lors d’une promenade qu’on lui autorise dans le bois voisin de sa résidence surveillée, elle croise un cycliste lancé à toute allure, dont le regard dissimulé ne l’empêche pas de repérer une intention certaine : c’est le Comte ! La délivrance est proche. À l’été 1904, envoyée quelques jours en cure thermale dans le sud de la Bavière, la princesse réside dans un hôtel, toujours sous bonne garde, mais laissant s’ouvrir un peu plus le champ des possibles.

L’incroyable se produit. Un soir, lors du dîner qu’elle prend avec ses gardiens, le serveur lui indique le coin de la table proche d’elle : une lettre est cachée sous la nappe ! Un canal de communication s’établit avec le Comte. Après sept ans de captivité, l’évasion a lieu, durant une nuit, avec la complicité du personnel de l’hôtel. La presse se déchaîne à nouveau et l’histoire reprend une ampleur internationale. La destination est la France, où une contre-expertise annule le diagnostic de folie. «Mes droits civils me furent rendus. En même temps que ma liberté, j’avais miraculeusement recouvré la raison».

Le divorce avec son mari le Prince est enfin acté et une pension lui est versée. Cela ne marquera pourtant pas l’arrêt des ennuis. À la mort du roi, son père, en 1909, s’ouvre une affaire judiciaire inédite durant cinq ans dans laquelle Louise puis ses sœurs tentent de récupérer une partie de l’héritage qui leur échappe. Un long chapitre du livre, contenant des documents juridiques et des extraits d’actes, est consacré à cette séquence qui se termine sur un règlement à l’amiable avec l’État, à la veille de la Première Guerre mondiale.

Le conflit touche durement la princesse, amaigrit ses ressources et la contraint de nouveau à l’exil, perdant ses diverses protections. Ces mémoires, publiés trois ans avant son décès, se lisent tout du long sur un ton haletant, dans un phrasé impeccable pétri d’esprit romanesque, romantique et tragique. Ils sont parcourus d’appréciables accents de « miroir du prince » (l’on dira, ici, de princesse !), distillant des conseils, tirés d’exemples vécus, pour les hommes et les femmes du pouvoir moderne.

Au final, c’est par la richesse de plusieurs niveaux de lecture que peut se lire ce témoignage sentimental, parvenant à transporter jusqu’à nous l’intense volonté de justice et de réparation qui a présidé à son écriture. Le tout s’achève sur une longue méditation « dans l’espoir du repos », dont nous ne pouvons que partager, en guise de conclusion de cet article, quelques extraits marquants.

« Vivrai-je des siècles, je revivrais toujours, par la pensée, les émotions que j’ai traversées dans la tourmente qui renversait les trônes et jetait au vent les couronnes. Les âges disparus n’ont rien vu d’aussi formidable. Je me demandais si je vivais encore, vraiment, dans le monde que j’avais connu, et si je n’étais pas le jouet d’un interminable cauchemar. […] Notre vie semble dépendre plus des autres que de nous-mêmes, et d’une fatalité de condition plus que de notre choix, dans l’ordre de nos jours et de nos actes. Ma vie est une série de fatalités dont je n’ai pas su ou pu éviter l’accablement. J’ai dit et je répète que je ne me tiens pas pour innocente de torts, de fautes, d’erreurs. […] Suis-je coupable, selon la vraie morale et la vraie liberté ? Mon vrai crime est d’avoir échoué dans mon effort de possession de moi-même, dans l’attente d’une fortune que je n’ai pas eue. Le monde n’admire que les victorieux, quels que soient leurs moyens de vaincre. Victime dès mes premiers pas de jeune fille, livrée hélas ! à la perversité, j’étais condamnée aux défaites. »

Fille aînée du roi des Belges Léopold II, la princesse Louise de Belgique (1858-1924) a grandi dans les palais de Bruxelles. Plongée précocement par son mariage dans les intrigues des cours d’Europe centrale, sa vie est marquée par un enchaînement d’épreuves douloureuses ainsi que par une déchéance continue, qu’elle ne manque pas d’associer à l’atmosphère déclinante de son temps. Ses mémoires, son unique livre, constituent une chronique rare et sensible faisant revivre toute une époque charnière de l’histoire européenne.

 
 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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Ravachol

05/01/2025 à 11:05

Pauvre petite fille riche.

Autour des trônes que j'ai vu tomber

Louise

Paru le 01/09/2018

336 pages

Hachette/BnF

24,00 €

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Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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“La première guerre totale” ? Ce que la guerre du Péloponnèse dit de nous

« La première guerre totale » ? La formule sent le XXe siècle, ses usines, ses tranchées, ses économies entièrement réorganisées pour tuer plus efficacement. Or les Grecs n’ont ni acier industriel ni conscription de masse au sens moderne.

13/02/2026, 18:22

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Le livre qui sauvera notre civilisation du ras de marée algorithmique

À force d’entraîner les IA sur une langue anglaise standardisée, fonctionnelle et massivement issue du web, nous risquons de leur transmettre une civilisation déjà appauvrie. Or une langue ne se réduit pas à ce qu’elle permet de dire efficacement : elle contient aussi ce qu’une société rêve, refoule et oublie. Finnegans Wake, œuvre radicale et longtemps jugée illisible de James Joyce, pourrait apparaître moins comme un caprice moderniste que comme une réserve stratégique : la mémoire linguistique la plus dense d’un monde menacé par la simplification algorithmique. Par Bertrand Jouvenot.

13/02/2026, 13:40

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Regarde-moi tomber, mon amour

13/02/2026, 13:27

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Naître le jour où tout s’éteint

Que ferons-nous quand notre monde basculera dans le noir ? Quand sera venu le temps du black-out ? C’est le scénario que nous propose ce gros album en forme de série télé. Une construction originale qui met les personnages au centre d’une intrigue digne d’un véritable page-turner.

 

13/02/2026, 13:17

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Peindre et aimer, envers et contre tout

Il est des éditeurs qui publient bien peu mais qui publient fort bien. C’est le cas, entre autres, des Éditions des instants. Je commence toujours par le ciel. Une vie d’Alfred Sisley de Christophe Langlois est simplement beau et touchant. Il permet de rendre possible ce rêve enfantin, celui de sauter à pieds joints dans des tableaux, à la façon de Mary Poppins.

13/02/2026, 13:13

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McFadden écrase, Lemaitre décroche, la peste noire revient : le top livre de la semaine

C’est la dégringolade pour Pierre Lemaitre. La semaine dernière, il conservait sa quatrième place ; cette semaine (02/02 au 08/02), il en perd encore deux et écoule 11.522 exemplaires des Belles Promesses (Calmann-Lévy). L’auteur français a tenu tête à Freida McFadden pendant plusieurs semaines, mais cela n’a pas suffi face au succès massif et durable de La Femme de ménage.

13/02/2026, 12:54

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Le “sexe” de la littérature : une histoire qui repose sur l’amnésie organisée

Dans l’histoire littéraire française, la neutralité ressemble souvent à un costume taillé sur mesure… pour un seul corps. Martine Reid pose d’emblée le décor : la littérature « s’est inscrite dans une vision sexuée du savoir et des pratiques artistiques ». Elle a fait sienne la « valence différentielle des sexes ». Et elle en a assuré l’application « dans sa gestation, sa pratique, sa diffusion et sa réception ».

13/02/2026, 11:51

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“Je suis le sol, je suis en grève” : quand la terre se rebelle

À l’heure où l’écologie se réduit souvent à des slogans, ce récit choisit une autre arme : la fable politique, nerveuse, presque cinématographique. Ici, le sol ne sert plus de décor muet. Il devient personnage, puissance, syndicat — et même dramaturge. Tout démarre à Paris, « un 22 septembre », avec un phénomène improbable : « un bruit étrange » venu du macadam, « par séquences de trois coups [...] comme au théâtre ». Et la punchline tombe, en Morse, comme un ultimatum : « Je suis le SOL. Je suis en grève. »

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Roméo et Juliette version 2026 : l'influenceuse et le fermier

Evelyn St. James nʼest pas le genre de femme quʼon oublie. Beckett Porter en sait quelque chose. Un seul week-end torride dans le Maine a suffi à ruiner sa tranquillité dʼesprit : Evie lʼa complètement ensorcelé.

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Grandir dans la violence et trouver refuge dans les jeux vidéo

Près de Philadelphie, Joseph Earl Thomas grandit dans un monde fissuré de toutes parts : une maison où les cafards tombent du plafond dans les bols de céréales, une mère défoncée au crack, des coups reçus chez lui, du harcèlement à l’école, la faim qui le tenaille et une solitude extrême. 

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Après Seul le silence, Fabrice Colin adapte R.J Ellory dans une BD crépusculaire

Une adaptation du gros roman de Roger J. Ellory où défilent 50 ans de l’histoire de la mafia US, de Miami à New York en passant par Chicago et Las Vegas. Avec un final digne de celui de Usual Suspects, avis aux fans de Keyser Söze !

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Disparaître pour survivre : cette Employée modèle qui glace le quotidien

Ce qu'il y a de plaisant dans les romans de Tixier, tient à ce que dès les premières lignes, il installe un climat palpable. Une employée modèle s'ouvre sur une tension au scalpel. Une femme agit, cliniquement méthodique. Aucun tremblement, aucune hésitation : seule importe l’exécution d’un plan. « Sans trembler, elle efface ses traces. Tous ses gestes sont précis… Comme dans un ballet parfaitement réglé. »

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Le travail a-t-il volé nos vies ?

On vit dans des sociétés où la question du travail ressemble à un réflexe nerveux collectif. On se lève, on produit, on optimise, on mesure. Et puis, parfois — rarement — on se demande : pourquoi ? C’est précisément ce vertige que ce texte dissèque. D’entrée, une interrogation fissure l’évidence sociale : « Pourquoi travaillons-nous tant collectivement ? » Et derrière, une intuition plus dérangeante encore : le travail aurait cessé d’être un moyen pour devenir une finalité.

12/02/2026, 11:08

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Solo tu : la nuit romaine comme vous ne l’avez jamais lue

Au tournant des années 1980, Rome pulse encore au rythme des boîtes, des cigarettes fines et des lendemains pâteux. Solo tu s’installe dans ce décor avec une précision de reporter et une mélancolie de cinéaste : « Le PiPer Club, via Tagliamento 9, demeure inchangé depuis ses débuts en 1965… le Piper reste le Piper. Un roi en son domaine. »

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Les fondatrices oubliées de la psychanalyse

Épouses ou amantes des hommes qui, autour de Freud, composèrent le premier cercle des pionniers de la psychanalyse, les femmes durent batailler ferme pour se faire une place dans un univers qui n’avait pas été conçu pour elles, et pour s’y imposer progressivement, par la suite, comme cheffes d’écoles et créatrices de nouvelles approches de l’inconscient.

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Le massacre du Circeo : retour sur le fait divers devenu séisme national

Des garçons comme il faut, de Serena Gentilhomme, paraît aux éditions La Manufacture de Livres le 12 mars. Dans ce récit consacré au « massacre du Circeo », l’autrice revient sur un crime qui, au-delà de l’horreur des faits, a marqué un tournant dans l’histoire italienne et mis en lumière la violence sociale et misogyne d’une certaine élite.

12/02/2026, 07:15

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Princesse de Kinga Wyrzykowska : la croix et la lapinière

L’écueil d’un roman choral serait que chaque soliste ne puisse pas s’accorder avec les autres. Dans Princesse de Kinga Wyrzykowska, le lecteur passe de voix en voix pour terminer sur une cacophonie organisée. Barbara Lis est une « executive-woman », promise à un bel avenir dans une société agroalimentaire spécialisée dans la charcuterie. 

11/02/2026, 09:00

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Faits divers, science et justice : une histoire criminelle de Lyon

Lyon, capitale du crime. 1890-1935 – Enquêtes, aveux et condamnations est un ouvrage d’Amos Frappa, publié le 19 mars aux éditions La Manufacture de livres, sous la direction de Nicolas Delestre, qui retrace comment la ville de Lyon s’est imposée comme un laboratoire majeur de l’histoire criminelle et de la naissance de la police scientifique, en explorant les affaires, les méthodes et les figures qui ont façonné cette révolution judiciaire.

11/02/2026, 08:15

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Plongée dans une histoire familiale indissociable de la France occupée

Avec Honneur aux heureux, France Cavalié signe un roman familial ambitieux et sensible, à paraître le 5 mars aux éditions Les Escaldes, où l’histoire collective se mêle à l’intime pour interroger la mémoire, les silences et les fictions nécessaires face à l’inadmissible. À travers une enquête personnelle aux racines troubles, le livre explore les zones d’ombre d’un clan soudé par l’orgueil et les non-dits, dans une France marquée par la Seconde Guerre mondiale.

11/02/2026, 07:00

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Le “mea culpa trompeur” : pourquoi tu ne t’excuseras plus quand tu n’as rien fait

Mon petit trésor, voilà un moment que j’ai fermé ce livre et qu’il me trotte dans la tête. J’aurais bien envoyé un message à Marta Martinez Novoa, mais mon espagnol, vois-tu, ne me le permet pas vraiment. Je me contenterai de remercier la traductrice, Lara El Keilany, par qui j’ai pu achever cette lecture. J’en ai retenu bien des choses. D’ailleurs, je garderai ce livre pour quand tu seras plus grande. En attendant…

10/02/2026, 13:32

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Outsphere ou l’impossible seconde genèse

Sous les atours spectaculaires d’un planet opera haletant, Outsphere de Guy-Roger Duvert met en scène la fuite d’une humanité condamnée, contrainte d’abandonner la Terre pour fonder une colonie sur Eden, planète lointaine et en apparence hospitalière. Autour d’une expédition militaire et scientifique chargée d’assurer la survie de l’espèce, le roman déploie une fresque foisonnante où s’entrecroisent luttes de pouvoir, conflits idéologiques et rencontres avec des formes de vie autochtones.

10/02/2026, 11:33

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Crime et châtiment, de Fédor Dostoïevski : le chant du phénix

Par l’ensemble de son œuvre, Dostoïevski nous montre, mieux qu’aucun romancier, que l’inspiration touche à ce qui brûle – soufre ou souffrance. Que de là vient la lumière la plus forte, la plus pure : celle de l’esprit, qui sauve les corps.

10/02/2026, 11:18

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Métamorphosis de Mary Orchard : le choc que vous n'aviez pas vu venir

Dans certains romans, le fantastique surgit comme une échappée ; ici, il s’infiltre comme un diagnostic. Melchior vit avec un ami que personne ne voit. Sa mère, elle, ne voit qu’un vide : « — Chéri… Quel petit garçon ? » Dès le prologue, la question travaille le récit : hallucination, secret de famille, ou faille dans le réel ? À paraître le 11 mars.

10/02/2026, 11:13

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Guerre, migration, maternité : Toute la misère du monde capture notre époque

Tout commence dans une suspension étrange : une grossesse, une pandémie, puis la guerre qui revient en Europe — comme un bruit sourd que personne n’attendait vraiment. La narratrice, Sayonara, avance dans cette époque saturée d’événements globaux en tentant de maintenir un centre de gravité intime. Toute la misère du monde d'Isabelle Mayault sort le 19 février.

10/02/2026, 11:01

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Enfance sous emprise : démonter la mécanique du fanatisme et de l'extrême droite

Fanatisé - Une enfance dans une secte d'extrême droite nous plonge la fabrique du fanatisme profitant d'un terreau propice à l'idéologie. Ici, la lecture agit comme une immersion dans la matrice du fanatisme : pas seulement la violence visible, mais sa construction lente, intime, presque domestique. Dès les premières pages, le récit installe une scène fondatrice — la domination physique, la peur, l’autorité totale — qui structure tout l’édifice théorique du livre. À paraître le 8 avril.

10/02/2026, 10:34

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Chasse gardée de François Pieretti : Flora et les chics types

Un jeune homme issu d’une famille aristocratique désargentée, élevé par le gardien de la propriété, part à la recherche de la petite fille de celui-ci, qui souhaite la rencontrer avant de mourir. Ce jeune homme de bonne famille ne sait pas qu’il part pour un périple de trois ans et va transformer sa vie de prof particulier d’une jeune fille sauvage en bandit de grand chemin moderne.

10/02/2026, 10:16

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Personne ne quitte l’Hotel Ambrosia

Robyn, 17 ans, a une obsession : l'hôtel Ambrosia, situé en face de chez elle. Fascinée par sa sinistre réputation, et grande fan de true crime, elle passe son temps à l'observer à travers ses jumelles : routines du personnel, étranges clients, aucun secret ne lui échappe !

10/02/2026, 07:00

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Survivre aux émotions : Désertion, de François Bégaudeau

Deux frères, Steve et Mickaël, grandissant dans une ville côtière du pays France, parcourent les étapes normales d’une vie normale : aller au collège, chercher des thunes, envisager l’amour, ne pas savoir qui l’on est, se faire lourder par autrui, vendre un scooter, chercher le sens de la vie. Par Jeanne Rivoire.

09/02/2026, 15:00

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Des lectures à privilégier pour choisir une voiture électrique adaptée à vos besoins

La mobilité électrique s’installe progressivement dans le paysage automobile, et avec elle se pose la question essentielle : comment choisir une voiture électrique adaptée à vos besoins ? Entre autonomie, infrastructure de recharge, budget et usage quotidien, les futurs conducteurs font face à de nombreux paramètres. Ce dossier propose un tour d’horizon, en s’appuyant également sur des ouvrages de référence pour enrichir la réflexion. Il s’agit d’associer information technique et culture de la lecture dans une approche éclairée.

 

09/02/2026, 11:31

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Violences dans un couple de femmes : le roman qui casse les clichés

Un chalet en montagne, une nuit de Noël, une morte, deux accusés : la mécanique paraît connue. Pourtant Brute déjoue vite l’attendu. Le roman s’ouvre sur une voix qui refuse l’étiquette de monstre tout en la frôlant : « Je n’ai tué personne. J’ai été lâche, tu comprends. » Et voici le lecteur entré dans une zone grise, celle où l’amour devient preuve à charge, et où la violence circule sans mode d’emploi. À paraître le 5 mars.

09/02/2026, 11:07

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Les fantômes de Shearwater, une île au bord de la fin du monde

Venu d'une île perdue entre l’Australie et l'Antarctique, ce récit hybride emporte le lecteur très loin. On peut le lire comme une anticipation, un thriller à énigmes, un message écolo, ou une forte histoire à propos de la résilience des liens familiaux.

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Vers la violence

09/02/2026, 11:02

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Ilaria, ou la conquête de la désobéissance

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Poutine “aigle et insecte” : anatomie d’une tyrannie intrusive

Du philosophe J. L. Austin, redoutable maître d’Oxford et homme de l’ombre d’Overlord, au portrait de Vladimir Poutine en « aigle et insecte », cette livraison relie idées, pouvoir et récit. Elle traverse aussi les archives de l’Inquisition autour de Crispina Peres à Cacheu, la tragédie des disparus au Mexique racontée par Alma Delia Murillo, puis le face-à-face sino-américain décrit par Dan Wang. Cinq textes, cinq terrains, une même question : que fait le langage quand l’Histoire accélère ? Ici  

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Le Cauchemar américain ou L’affrontement de somnambules : l’Amérique au miroir de ses fractures

De l’hiver 2014 au 6 janvier 2021, Nathan Juste scrute la démocratie américaine non pas depuis l’abstraction des institutions, mais à hauteur d’hommes et de femmes happés par ses fractures. Son roman, à la fois intime et politique, expose les tensions d’une époque où l’Histoire n’épargne ni l’intime ni le familier.

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Freida McFadden transforme le top des ventes en résidence secondaire permanente

On ne sait plus trop comment l’aborder, désormais : Freida Mcfadden reste en première place, avec 21.908 exemplaires écoulés sur cette semaine 5 (26 janvier - 1er février). Et le reste… devient presque lassant, parce qu’après La femme de ménage (trad. Karine Forestier), viennent évidemment les suites de ses aventures.

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