L'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'édition est, plus que jamais, sujette à polémique. Alors quand CNRS Éditions, prolongement éditorial du temple de la recherche scientifique à la française, s'appuie sur l'IA pour une de leurs couvertures, quelques dents grincent...
Le 17/12/2024 à 17:32 par Hocine Bouhadjera
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17/12/2024 à 17:32
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Comme celles d'André Loez, historien spécialiste de l'histoire de la Première Guerre mondiale et du XIXᵉ siècle, qui a initialement partagé sur son compte X, le 14 décembre dernier, avec candeur : « Help needed : je n'ai pas le livre sous la main mais j'aurais besoin de la ref ou légende de la splendide image de couverture. »
Une heure plus tard, le même partage un nouveau post : « Je pensais que c’était une variation sans-culotte de 93 sur l’héroïne locale, et je découvre avec consternation que ce serait une image IA, si c’est le cas c’est gravissime pour un livre d’histoire chez un éditeur sérieux comme CNRS Éditions. »
Et de justifier ses dires par une capture d'écran d'une des pages du livre, où il est bien fait mention : « L'illustration de couverture a été réalisée avec le concours d'une intelligence artificielle, qui a utilisé des œuvres picturales anciennes du domaine public. »
Elle illustre l'ouvrage du professeur à l’université Paris I – Panthéon Sorbonne, et ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, Pierre Serna, La Révolution Oubliée - Orléans, 1789-1820, paru en septembre dernier.
Jeanne d'Arc, représentée en style Renaissance, y est coiffée d'un bonnet phrygien rouge, orné d'une cocarde tricolore, symbole de la Révolution française. Elle tient une lance et arbore une armure, signe de son appartenance au XVe siècle.
Auprès d'ActuaLitté, le contributeur au Monde des Livres partage : « En découvrant sur cette couverture, je me suis dit une image de Jeanne d'Arc portant un bonnet phrygien, mais d'où cela peut-il bien venir ? Est-ce un document rarissime, délirant au regard de l'histoire de la récupération de cette figure ? Je me suis fait avoir. »
L'ouvrage de Pierre Serna traite d'Orléans au temps de la Révolution, entre les débats animés, les tensions sociales, les luttes qui ont façonné la ville, pourtant centre prospère du royaume en ce temps. D'où le choix d'avoir fusionné la « Pucelle d'Orléans » et le symbole de la Révolution française, faisant fi de la rigueur universitaire...
« Face à un travail savant sérieux, il faut se passer de cette approche », selon André Loez, qui continue : « En achetant un journal comme Le Monde, je pars du principe que tout ce qui est publié est vrai. Le journalisme et la science doivent être des sphères restées à l'abri de la confusion, de l'incertitude et de l'ambiguïté. On signe un pacte de vérité avec les lecteurs. »
L'historien développe : « Si Folio choisit de publier une œuvre de Nabokov avec une couverture conçue par intelligence artificielle, les préoccupations ne concerneront pas les aspects précédemment évoqués. La question se centrera davantage sur l'esthétique de la couverture, à la limite, et sur l'utilisation potentielle de contenus protégés. En revanche, recourir à du contenu fictif pour un travail prétendant à une rigueur scientifique constitue une transgression des pactes d'authenticité et académique, ce qui est une tout autre affaire. » Sous son post, plusieurs historiens se sont pareillement émus de cette couverture.
On notera que l'éditeur a bien fait attention à ce que seulement « des œuvres picturales anciennes du domaine public » aient été utilisées, échappant au grand débat actuel sur l'IA et le droit d'auteurs, avec, entre autres, des procès en cours à ce sujet aux États-Unis.
CNRS Éditions a répondu à l'historien sur X : « Un graphiste, qui se définit lui-même comme créateur d'images, a été rémunéré pour réaliser cette illustration de couverture. Nous avons par ailleurs pris le soin, par l'intermédiaire de notre diffuseur, d'informer les librairies de ce choix, qui a été fait après une recherche iconographique plus classique mais non concluante. (...) Toutes nos couvertures sont validées par nos auteurs en amont. »
Ce à quoi André Loez a réagi : « Merci pour les explications sur le processus. Mais vous ne voyez vraiment pas ce qui pose problème et même choque dans ce choix ? Au regard des enjeux de falsification toujours plus lourds dans la sphère publique ? »
Dans nos colonnes, ce dernier conclut : « Je trouve que ce choix, bien que porté par une maison qui fait communément de l'excellent travail, établit un précédent regrettable, notamment en ce qui concerne l'utilisation d'illustrations prétendument historiques, créées par IA, ce qui est profondément problématique quand on y réfléchit profondément. »
Contactée par ActuaLitté, CNRS Éditions n'a pas encore répondu à nos sollicitations.
À LIRE - Avenir de l'édition : un outil IA qui évalue la qualité des livres
En 2023, Le Livre de Poche, filiale d'Albin Michel et de Hachette Livre, avait décidé d'interdire l'utilisation de ces images après l'incident avec la couverture de La fabrique des lendemains. L'illustration, achetée sur iStock et non signalée comme créée par IA, a suscité la controverse et une réaction de l'éditeur, qui annonçait renforcer la surveillance pour éviter de telles méprises.
Plus généralement, le débat sur l'IA et les droits d'auteur dans l'édition s'intensifie, avec des positions divergentes parmi les éditeurs. John Wiley & Sons, éditeur scientifique américain, a lancé Wiley AI Partnerships pour développer des applications d'IA qui utilisent ses contenus scientifiques, en collaboration avec Potato, un assistant de recherche en IA. Cette initiative vise, selon ceux qui la portent, à rester à la pointe de la technologie tout en minimisant les risques d'erreurs factuelles.
La politique de Wiley soulève des inquiétudes, notamment parce que des contrats lucratifs ont été signés sans le consentement des auteurs
HarperCollins offre de son côté 2500 dollars aux auteurs pour l'usage de leurs œuvres par l'IA, une somme jugée insuffisante par beaucoup.
Penguin Random House, face aux controverses, a interdit l'utilisation de ses publications pour l'entraînement des IA, soulignant un souci, d'après la maison, de protéger les droits intellectuels des auteurs.
Crédits photo : JuliusH CC 0
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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Au Danemark, partager un seul manuel universitaire piraté peut désormais mener à des poursuites civiles et des amendes. Une stratégie juridique qui vise directement les étudiants et relance le débat sur l’accès aux savoirs.
15/03/2026, 10:03
L’intelligence artificielle avance vite, quand le droit, lui, se montre plus vigilant. Depuis des mois, les industries culturelles européennes regardent des machines avaler textes, images et catalogues entiers, puis recracher des contenus concurrents dans un brouillard juridique soigneusement entretenu. À Strasbourg, le débat quitte enfin le registre du constat outré pour entrer dans celui, bien plus dangereux pour les plateformes, de l’outillage politique.
10/03/2026, 16:05
Quelque part entre l’utopie libertaire d’une bibliothèque totale et l’économie souterraine du téléchargement massif, Anna’s Archive s’est imposée comme un nœud obscur du web du savoir. Depuis quelques années, des millions de livres y circulent hors des circuits éditoriaux traditionnels. Mais à mesure que l’intelligence artificielle avale des bibliothèques entières pour se nourrir de textes, ce territoire pirate change soudain d’échelle.
07/03/2026, 09:35
Deux acteurs du secteur numérique du livre annoncent un rapprochement destiné à faciliter à la fois la vente directe aux lecteurs et la distribution internationale. L’entreprise québécoise De Marque et la société britannique Supadu mettent en place une solution commune qui combine leurs technologies respectives, avec l’objectif de centraliser plusieurs fonctions aujourd’hui dispersées dans la chaîne du livre numérique.
04/03/2026, 13:09
À mesure que l’intelligence artificielle s’impose comme levier stratégique, la compétition ne se joue plus seulement sur les algorithmes. Elle se déplace vers l’accès à l’énergie, aux infrastructures et aux gisements de données. L’Europe peut-elle bâtir une souveraineté numérique sans sécuriser ces ressources critiques, alors que quelques géants contrôlent déjà les capacités de calcul et le cloud ?
03/03/2026, 17:53
Anna’s Archive relance la machine, et cette fois la cible s’appelle Spotify. Le 8 février 2026, des liens de téléchargement apparaissent sans annonce officielle dans le fichier torrents.json du site, sous forme de dizaines de nouveaux torrents. TorrentFreak en recense 47, auxquels s’ajoute un torrent de métadonnées : environ 2,8 millions de fichiers audio pour près de 6 téraoctets.
27/02/2026, 15:47
Spotify met aussi en avant une dynamique déjà observée sur ses marchés anglophones : +36 % d’auditeurs de livres audio sur un an, +37 % d’heures d’écoute, et un public majoritairement âgé de 18 à 34 ans (52 % de l’audience livres audio revendiquée). L’entreprise indique que des éditeurs comme Bloomsbury, HarperCollins et Lagardère attribuent à la plateforme une croissance à deux chiffres de leurs ventes audio.
18/02/2026, 16:37
En 2025, les bibliothèques connectées à Libby et Sora ont franchi un seuil qui ressemble à une bascule : plus de 820,5 millions de prêts numériques dans le monde, selon OverDrive. La hausse atteint 10,9 % sur un an, portée par un usage devenu réflexe — ebook, audio, magazines, comics — au même geste : emprunter, immédiatement, depuis un téléphone.
14/02/2026, 11:04
Dans l’univers du livre, la communication visuelle n’est plus un simple habillage. Elle participe pleinement au récit éditorial. L’art du montage, longtemps associé au cinéma, s’impose désormais comme un outil stratégique pour libraires, éditeurs et auteurs soucieux de structurer leur présence publique.
13/02/2026, 06:45
Au Danemark, la lutte contre le piratage de manuels universitaires change d’échelle — et de cibles. L’alliance antipiratage RettighedsAlliancen (The Rights Alliance) annonce, à partir du 1er février 2026, des actions civiles visant des étudiants soupçonnés de partager illégalement des manuels numériques. Le cap affiché tient en une formule : prouver qu’un seul manuel partagé suffit à déclencher un dossier, même quand l’échange circule dans des groupes fermés et entre camarades.
08/02/2026, 09:35
L’éditeur français Nouveau Monde Editions accuse Mistral AI d’avoir utilisé sans autorisation plus de 200 ouvrages pour entraîner son intelligence artificielle Le Chat. Il réclame une indemnisation pour les auteurs concernés. L’affaire s’inscrit dans un contexte de soupçons plus larges sur l’usage de bases de données pirates par des acteurs de l’IA et expose Mistral AI à des risques juridiques et réglementaires – d'autant qu'elle conteste ces accusations.
02/02/2026, 20:48
Le site Bato.to, présenté par l’association japonaise CODA comme « le plus grand site de piratage de mangas au monde », a été fermé avec environ 60 sites miroirs (dont xbato.com et mangapark.io). Selon cette organisation, l’arrêt intervient après une opération coordonnée entre des éditeurs japonais, des partenaires chinois et la police de Shanghai, à la suite d’une perquisition menée le 19 novembre 2025 dans la région autonome zhuang du Guangxi.
02/02/2026, 14:34
Dans la salle d’audience de la capitale de la Bavière, une question qui obsède l’édition européenne prenait un aspect très concret : une intelligence artificielle peut-elle s’entraîner sur des textes protégés sans licence ? Le Landgericht München aura donné raison à la société de gestion collective GEMA contre deux entités du groupe OpenAI. La décision porte explicitement sur « les paroles de chansons de neuf autrices et auteurs allemands bien connus ».
31/01/2026, 13:26
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19 Commentaires
Jean Biret
17/12/2024 à 23:31
Où est le problème ?
Un graphiste rassemble deux images, un portait de Jeanne d’Arc et un bonnet phrygien pour en faire un collage composite. Il retouche avec Photoshop ou Illustrator.
Personne ne trouve à y redire.
Le fait qu’un graphiste, un professionnel de l’image donc, compose de nouvelles images avec des oeuvres du passé serait donc contraire aux bonnes mœurs éditoriales ?
Un illustrateur peut-il inventer une image dans le style de Van Eyck ou de Magritte, est-ce une tentative de manipuler l’histoire ?
Tempête dans un verre d’eau.
En 4e de couverture, il suffit de rajouter le nom de l’auteur de l’image, ça suffit à déterminer sa provenance et sa date de création, tout le reste est vaine polémique.
Galega
18/12/2024 à 15:06
Le problème est exposé par André Loez : nous avons des éditions scientifiques, qui publient un livre d'histoire, une science qui s'appuie scrupuleusement sur la vérité à travers les sources ; l'histoire est par excellence la science où le faux est combattu, notamment les interprétations fallacieuses (clichés, romans nationaux, etc.). Le fait d'avoir utilisé une IA pour générer la couverture d'un tel ouvrage pose la question du raccord avec la science en question : une discipline qui se veut fer de lance de la vérité (historique) et qui expose une œuvre d'art qui n'existe pas.
Certes, comme vous le dites, ce n'est qu'un collage (avec des retouches), et il y a respect du copyright ; mais ce qui est inquiétant, c'est que ce n'est qu'un début, une porte bien évidemment entr'ouverte. Et l'on ne peut pas, quand on s'intéresse sérieusement au sujet de l'IA et son emprise de plus en plus importante sur les domaines artistiques, ne pas s'en inquiéter ; comme le dit un utilisatrice plus bas, ce travail graphique (en outre discutable à partir du moment où un tel outil est utilisé, qui fait le travail à votre place, ou qui rend tenue la frontière entre ce qu'a fait l'homme et ce qu'a fait la machine) aurait pu être confié à un illustrateur talentueux, un métier dont on sait déjà qu'il est déjà suffisamment précaire. Au moins, cette objection est légitime : utiliser une IA, dans certains cas, se rapporte davantage à une production mécanisée qu'à une création artistique.
C'est avec un état d'esprit laxiste et relativiste, comme on le constate régulièrement au sujet des intelligences artificielles, qu'une tempête dans un verre se transforme plus tard en ouragan dévastateur. Il est sain de questionner ces nouvelles approches de l'édition et du graphisme. Notamment, par ailleurs, car le fonctionnement même des IA va conduire tôt ou tard des images déjà artificielles (comme celle-ci) à être ingurgitées par de nouvelles générations d'IA, et dès lors les sources véritables sur lesquelles se basaient les premières générations se confondront avec des images déjà artificielles. Ce qui va poser problème sur le long terme.
Illustratrice en rogne
18/12/2024 à 05:36
Génial, bravo au soi-disant "illustrateur" qui a fait ça. Bravo à l'auteur, aux libraires, et à tous les autres chiens qui ont accepté ce choix.
A vomir.
Puisque ce type ne s'emmerde pas avec une vraie couverture, est-ce qu'on peut croire qu'il a réellement écrit son livre ? Ou bien le texte est-il généré par IA également.
Jean Biret
18/12/2024 à 08:54
C'est la première fois que je lis quelque chose quelque chose d'aussi insultant pour les professionnels du livre que vous traitez de "chiens". Généralement ce terme est employé par certain(e)s pour parlez des mécréants qui n'obéissent pas à leurs injonctions.
Passons.
Il s'agit d'un travail de graphiste, son auteur ne vole le pain de personne.
Il s'agit d'un collage entre deux représentations, un tableau de Jeanne d'Arc, un bonnet phrygien.
Dans la réalité, c'est impossible, il y a anachronisme.
Le graphiste est donc obligé de procéder à un montage.
C'est donc bel et bien une œuvre de l'esprit, un travail d'illustration.
C'est possible avec Photoshop, Illustrator et un peu de patience.
Là, c'est fait par IA. Le rendu est meilleur.
Supposons maintenant que le graphiste ait dû peindre une composition imitant un tableau représentant Jeanne d'Arc avec un bonnet phrygien sur la tête, à l'huile, à l'acrylique ou autre procédé. Plus long mais faisable.
Il aurait pu tout aussi bien trouver une représentation de Jeanne d'Arc dans le domaine public (on en trouve à la pelle), et un bonnet phrygien dans une quelconque banque d'images. Pareil : un peu de Photoshop, et l'image est créée.
Dans tous les cas, il s'agit bien d'une idée conçue par l'intelligence non artificielle du graphiste qui a réfléchi à ce montage. Quel que soit l'outil utilisé, c'est son image.
Mais pour celui qui a dénoncé cette couverture, il ne s'agit pas de technique.
Revenons en aux faits.
Il en veut à ceux qui, selon lui, se sont servi d'une image tellement réaliste qu'il a cru qu'elle était vraie. Quand Magritte peint un personnage à chapeau melon, et qu'il place une pomme verte en suspension devant le visage de celui-ci, le tableau devient surréaliste, et ce d'autant plus que tous les éléments peints sont réalistes.
Là, on place un bonnet phrygien sur la tête de Jeanne d'Arc. Ce n'est pas réaliste, c'est surréaliste.
Normalement, sur la couverture ou dans les premières pages du livre, on trouve les références de l'image en question, avec le © du copyright. Si c'était une œuvre ancienne, celui qui a dénoncé la couverture en question aurait été satisfait. Là, il est mécontent parce qu'il a pris ça pour une image d'époque. Il a tort..
Imaginons qu'un directeur artistique demande par exemple à un graphiste ou un illustrateur une image pour " le Louvre en vacances ". Imaginons que l'illustration finale représente la Joconde affublée de lunettes de soleil, une casquette de plage sur les cheveux, un soda à la main. Le tout à la manière de Léonard de Vinci. Imaginons que ce soit très réaliste. C'est mal ? C'est un plagiat ou une parodie ? Allez vous traiter de chiens ceux qui autoriseront cette image ?
Tiens, ça y est, je me souviens. D'habitude, ce sont ceux qui dessinent des caricatures qui se font traiter de "chiens".
Illustratrice en rogne
18/12/2024 à 10:37
L'IA génératrice vole leur travail à de vrais artistes qui auraient pu faire bien mieux.
Est-ce qu'il y a quelqu'un derrière le prompt ridicule tapé pour crééer cette image ? Oui. Est-ce que cette personne un quelconque gain pour son "œuvre" ? Je ne crois pas, non.
Quant au deuxième livre présenté, il en va de même.
Une honte de considérer un ouvrage réalisé pas IA de la même façon qu'un ouvrage réalisé par quelqu'un qui a fait des efforts.
perkeo
18/12/2024 à 19:10
Je suis d'accord avec vous. Les gens qui pensent "ouais mais c'est pareil" sont des ignorants qui ne se rendent pas compte de ce qu'est le travail d'un illustrateur, ni d'un peintre ou de n'importe quel artiste. .Pour les imbéciles tout ce que font les autres est fastoche.
Déjà l'IA peut fabriquer des essais universitaires corrects, paraît-il. Serna trouve amusant de remplacer un illustrateur par une IA: les prochains qu'on pourra remplacer, ce sont les historiens,
Une lectrice
27/12/2024 à 22:34
Et la saillie islamophobe du père Binet alors qu'on parle ... D'intelligence artificielle !!!
L'obsession de certains pour l'islam est fascinante.
Et, au fait, vous connaissez certainement ce mot : "un anticommuniste est un chien" ...
C'est une saillie (fatwa?) de l'imam Jean-Paul Sartre !
Bientôt vous pourrez le générer vous-même avec une A.I. dopée aux théories du grand remplacement - what a wonderful world !
Jean Biret
30/12/2024 à 15:24
Bonjour « une lectrice »,
Votre courageux anonymat vous aveugle au point de m’appeler « père Binet », ce qui est déjà regrettable en soi ; je m’appelle Biret, et votre appellation inamicale n’y changera rien.
Ma remarque portait sur ceux qui traitent les autres de « chiens », terme fréquemment employé de nos jours par les censeurs islamistes.
Je l’ai lu récemment ici même, dans le courrier des lecteurs d’Actualitté, employé à l’encontre de Boualem Sansal ou Kamel Daoud.
Cela ne fait pas de moi un islamophobe, à l’inverse des djihadistes, qui traitent les autres humains de chiens, y compris les musulmans qui en sont les premières victimes. Votre propos est dénué de fondement, il est insultant.
Quant à Jean-Paul Sartre, qu’il ait pu traiter de chien les contradicteurs de sa pensée politique erratique, ça ne le grandit pas, hélas.
La prochaine fois, prenez votre courage à deux mains : entrez dans la discussion poliment, argumentez, et signez…
adnstep
18/12/2024 à 12:56
Tant que ce n'est pas une IA gauchiste, ça me va.
Fabrice
18/12/2024 à 07:21
Dans cette affaire, l’IA a bon dos ! Ce n’est pas l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle qui est véritablement contesté par cet historien, mais le choix de l’éditeur (avalisé par l’auteur semble-t-il) de recourir pour la couverture d’un ouvrage à une composition graphique, plutôt qu’à un document historique pour évoquer son contenu spécifique. Et pourquoi pas, dès lors qu’il est clairement mentionné dans l’ouvrage qu’il s’agit d’une telle composition ? Ce n’est ni la première fois, ni la dernière qu’un éditeur recourt à un tel travail graphique pour réaliser une couverture de livre, fut-il scientifique.
Que le graphiste ait utilisé pour cela, de manière assumée, des outils d’IA devient alors secondaire même si ce choix peut ensuite être interrogé d’un point de vue esthétique. En y passant beaucoup plus de temps, le graphiste aurait très bien pu parvenir au même résultat sans IA. C’est ce que la plupart des graphistes faisaient avant l’irruption de ces nouveaux outils.
Le développement des IA pose de multiples questions éthiques, philosophiques et sociétales. On pourra en débattre d’autant mieux qu’on ne leur fera pas porter des responsabilités qui ne sont pas les leurs.
Anne
18/12/2024 à 09:46
N’importe quel graphiste aurait pu produire ce montage, je ne vois pas en quoi il est choquant que l’IA y ait participé. Et derrière cette IA, n’y avait-il pas quelqu'un ?
jean Biret
18/12/2024 à 11:20
C'est exactement ça.
Il n'IA pas de quoi fouetter un chat(Gpt).
adnstep
18/12/2024 à 12:55
"En achetant un journal comme Le Monde, je pars du principe que tout ce qui est publié est vrai"
🤣🤣🤣🤣🤣.
Aradigme
18/12/2024 à 16:26
Quand je lis "En achetant un journal comme Le Monde, je pars du principe que tout ce qui est publié est vrai.", je me dis que ce monsieur risque quelques déconvenues à l'avenir.
Béat
19/12/2024 à 11:58
Je suis un vieil illustrateur. J'exerçais dans les années 80-90 et ce genre d'exercice était très courant à l'époque. On appelait cela des métaphores visuelles et c'était à cela qu'on reconnaissait une bonne illustration: il s'agissait de ne pas illustrer platement au 1er degré, mais de donner du grain à moudre, donner à réfléchir ou à sourire. Et les gens aimaient çà! Donc, ce monsieur manque un peu de culture, ou alors il a été vexé de se faire prendre en défaut. ;-)
Gaucho Marx
22/12/2024 à 15:25
"En achetant un journal comme Le Monde, je pars du principe que tout ce qui est publié est vrai."
Où l'on comprend mieux comment il a pu si facilement être berné par l'IA.
Pierre-Henry Huysmans
24/12/2024 à 01:10
Je vois que les commentaires regorgent de complotistes et d'incultes en matière d'images. Créer un faux pour un ouvrage scientifique est une aberration et une faute morale grave.
Béat
24/12/2024 à 11:20
Les «incultes en matière d'images» sont ceux qui confondent une image de couverture avec une image documentaire dûment légendée. Je ne vois pas pourquoi un ouvrage scientifique pourrait se soustraire à ces règles élémentaires d'édition (et de bon sens).
Jean Biret
25/12/2024 à 23:26
Créer un faux pour une image serait donc hérétique ? Voyons le sujet de l’image en question.
Connaissez-vous un seul portrait de Jeanne d’Arc fait de son vivant ? Non bien sûr. Dès lors, TOUTES les représentations ultérieures de la Pucelle d’Orléans sont, selon vos critères, des faux. Par faux vous entendez destinés à tromper, bien sûr. Rajoutons-y un bonnet phrygien.
Horreur, un anachronisme volontaire ! La volonté de faire un faux est donc manifeste. Une faute gravissime en effet, pour les tartuffes.
Que les illustrateurs puissent s’inquiéter pour leur métier, c’est légitime, même si je ne partage pas leur crainte. Mais reprocher à une image qu’elle puisse filer la métaphore plutôt que de refléter la réalité scientifique, c’est absurde.