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Un vent chaud souffle en Palestine : entretien avec Karim Kattan

Le siècle des nuages de bombes et des colonnes de fumée, le nôtre, semble tout emporter dans ses méandres sanguinolents : le droit international, les principes démocratiques, l’héritage des Lumières, la notion même d’humanité — censée être commune à tous les êtres humains —, la raison raisonnante, le discours clair et adéquat aux choses observées, étudiées, documentées, vécues.

Le 01/11/2024 à 09:30 par Faris Lounis

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01/11/2024 à 09:30

Faris Lounis

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À l’heure où le langage est réduit à quelques miettes de sens dans nombre de sphères politiques, dans les médias et la presse mainstream, et, dans une moindre mesure, au niveau de certaines formations académiques et universitaires, que nous reste-t-il pour penser la noirceur de la situation coloniale en Palestine, la guerre de destruction totale du peuple palestinien ? Quand est-ce que le « monde libre » décidera l’arrêt des livraisons d’armes et de bombes qui brûlent et déchiquettent, depuis une année, les corps palestiniens à Gaza ? Est-il normal de rester les bras croisés devant la dévastation de la Cisjordanie, l’acharnement punitif contre le Liban ?

Si le mot fétiche du siècle de la mort, « terrorisme », et ses innombrables dérivés anesthésiant la pensée et l’action – « islamisme », « islamo-nazisme », « islamo-stalinisme », « haine de l’Occident », « gauche iranienne », « guerre de civilisation », etc., empêchent et criminalisent toute pensée rationnelle de la situation des colonisés et des motivations lointaines de leur violence, certains écrivains et écrivaines qui, contrairement à un nombre considérable de plumes courtisanes, n’ont pas encore mis leurs plumes à vendre au marché de la soumission volontaire, peuvent encore véhiculer dans leurs romans des connaissances propres à la littérature, celles qui permettent de relier les mots aux choses, sauver la notion de vérité en nommant, dans l’expérience de la chair, les racines du nihilisme politique de notre temps et du chaos qu’il génère.

Dans L’Éden à l’aube, l’écrivain Karim Kattan nous plonge dans une Palestine étouffée par un régime colonial de plus en plus féroce, nous donne à voir les corps colonisés dans leur humanité… tant déniée par les parangons de la « civilisation ». Écrit dans une langue sensuelle, lyrique et sans fioriture, ce roman raconte l’histoire d’un amour intense, entre deux hommes, mais violemment empêché derrière l’ombre menaçante des murs et des checkpoints, des barbelés. Une voix mystérieuse raconte les vies de Gabriel et Isaac sous les jets brûlants d’un mystérieux vent de sable venu d’Égypte, le khamsin.

Ce roman est une histoire aride qui fleurit au fil de la narration, un verger confisqué qui dessine les contours, révèle les racines de la violence des colonisés qui, elle, se révèle multifactorielle : certes, l’instrumentalisation du religieux à des fins politiques antidémocratiques et conservatrices, mais surtout, et avant tout, des décennies de colonisation et une Nakba qui, comme n’a cessé de le dire le regretté Elias Khoury (1948-2024), « éternellement recommencée », un processus historique qui se prolonge dans le temps et l’espace depuis 1948.

Sans la prise en compte des six guerres punitives menées contre Gaza en dix-huit ans, sans lever le blocus inhumain (terrestre et maritime) imposé à cette immense prison à ciel couvert d’obus, sans mettre fin aux politiques d’annexion, maintes fois condamnées par les Nations unies depuis 1967, de la Cisjordanie, sans accorder aux Palestiniens, inconditionnellement, le droit à l’autodétermination, sans réparer l’injustice historique du nettoyage ethnique et de la grande dépossession de 1948, sans penser factuellement l’asymétrie des forces qui se mue, regrettablement, du côté des colonisés, en violence cruelle contre les civils, rien ne sera réglé en Palestine-Israël.

Faris LOUNIS : Pour commencer, serait-il juste de voir dans votre nouveau roman, L’Éden à l’aube, un prolongement, un approfondissement des thématiques, des injustices et des blessures historiques déjà explorées dans Le palais des deux collines (Elyzad, 2021) ?

Karim Kattan : Oui, dans la mesure où chaque livre est la continuation d’un livre précédent ; ou encore que chaque livre finit par être le brouillon de celui à venir. Je n’ai pas entamé ce projet en me disant : je vais écrire sur les blessures historiques, je vais explorer les intimités dans un contexte de colonisation. J’ai commencé à écrire à partir de quelques envies d’images, désirs de couleurs, d’émotions à explorer et d’itinéraires esthétiques à suivre. Inévitablement, parce que c’est ce qui constitue l’étoffe même de mon existence, cela m’a mené à écrire ce livre dans ces conditions.

Là où Le Palais deux collines était un huis clos entre un jeune homme très en colère et des fantômes, un regard vers le passé, je pense que L’Éden à l’aube est ouvert, joyeux, et observe plutôt le présent — mais un présent résolument imaginaire, qui bouge, se métamorphose, change, reste vivant et indéfinissable, multiforme… malgré tout ce qui voudrait le maintenir fixe, à commencer par l’occupation qui fige et emprisonne les choses.

Votre roman s’ouvre sur un mystérieux phénomène climatique. Un vent de sable venu d’Égypte se lève sur une Palestine colonisée, de façon totalement inhabituelle, en février, et semble se dissiper vers le début de l’autonome. Mais sa menace demeure présente comme un mauvais présage. Pourquoi avez-vous commencé votre roman par le déchaînement du khamsin ?

C’est une manière, je pense, de situer le livre dans une saison difficile et comme retirée du monde. C’est signifier, dès le départ, que nous ne sommes pas dans le temps normal, nous sommes au cours d’une saison qui n’existe pas. Cela permet de soutirer le texte au réel et sa tyrannie, brouiller temps et espace. Évidemment, on peut aussi imaginer que le khamsin est une métaphore de plein de choses, que ce soit la situation politique, ou la brutalité et la violence, informe et atmosphérique, qui régit nos vies en Palestine. Mais je ne voudrais pas le réduire à ça.

Il me permettait d’abord de dire : nous ne sommes pas tout à fait là où vous pensez que nous sommes. Mais, avant tout, je crois, le Khamsin signifie l’aridité. Le roman commence par cette aridité, et laisse peu à peu fleurir ses personnages et leurs intériorités.

L’histoire de votre roman est celle de deux hommes qui s’aiment, intensément. Un amour édénique, à peine consommé, mais débordant de désir. Contemplant la grâce de la face de Gabriel, Isaac dit : « Son visage sollicite l’amour ». Que signifie aimer sous un ciel de guerre et de colonisation ? De quelle façon peut-on vivre son homosexualité dans un contexte où, pour des motivations différentes, le conservatisme du colonisé et du colonisateur se rejoint ?

Pour moi, une partie de ce livre est un peu un « Cantique des cantiques » contemporain, peut-être. En tout cas, un roman préoccupé par l’amour, ses fantasmes, ses manifestations, ses histoires, son potentiel spirituel aussi. Comme beaucoup de romans, en somme… Seulement celui-là se déroule dans un territoire occupé. L’amour est donc aussi produit par cela. Car l’occupation n’est pas une réalité externe : elle façonne les individualités, les intimités. Elle rend certaines choses possibles, d’autres impossibles. Elle façonne les rêves, aussi, d’une certaine manière.

Mon roman ne s’occupe presque pas de la question de l’homophobie. Pas par angélisme ni par déconnexion avec le réel : seulement parce que ce n’est pas son propos ici. Je ne veux pas que toutes nos histoires soient déterminées par les paramètres des violences qu’on nous inflige, que ce soit la colonisation ou l’homophobie. L’espace d’un livre, on peut proposer, écrire, imaginer, d’autres choses.

Isaac souffre d’un profond sentiment d’exil dans son pays, la Palestine, morcelée par les checkpoints, les colonies et le régime d’apartheid, de son éloignement arbitraire de Jérusalem. À seize ans, il « obtient sa carte d’identité verte de Cisjordanie et devient illégal dans la capitale par la même occasion ». Son corps est désormais jugé « dangereux et hors-la-loi ». Pouvez-vous nous dire quelle est la différence entre une « carte d’identité verte » et un « permis vert », et qui est Monsieur Wargrave, cet ambassadeur européen proche des populations colonisées, plus ou moins proche d’Isaac, qui vit à Sheikh Jarrah ?

Monsieur Wargrave est le consul britannique à Jérusalem. Par ses interventions, il nous donne à voir le regard d’un Européen puissant sur les Palestiniens. Il est un peu complexe, mais fait preuve d’une forme de bonhomie paternaliste, arrogante, par moments abusive, même si je ne voudrais pas seulement le réduire à cette caricature. Monsieur Wargrave essaye, dans ce pays qu’il fantasme complètement, d’élucider et catégoriser les choses : les gens, leurs religions, leurs appartenances, les comportements sexuels des uns et des autres. Il ne peut imaginer les choses que selon ses grilles de lectures résolument coloniales. Il condense aussi, à bien des égards, les questions de désir, de violence, de pouvoir, comment ces choses communiquent, se nourrissent, s’interdisent.

Je suis assez ambigu sur les questions d’identité sociale et religieuse au sujet d’Isaac et Gabriel et d’ailleurs certains éléments sont véritablement flous. On sait que Gabriel est d’une famille chrétienne, mais la religion d’Isaac reste un mystère. On comprend qu’il vient plutôt de Cisjordanie, alors que Gabriel serait plutôt résident de Jérusalem. Les Palestiniens sont divisés dans une multitude de réalités administratives par Israël qui permettent de restreindre différemment leurs droits, leur mobilité, et ainsi de suite. Il était important pour moi que ces deux-là ne soient pas tout à fait du même endroit, mais partagent quelque chose de précieux, de fondamental, entre eux. Une forme de fraternité, comme le dit à plusieurs reprises dans la dernière partie la voix poétique : mon frère, ami.

L’histoire d’Isaac et Gabriel, c’est aussi l’histoire des corps masculins en Palestine, souvent, regrettablement, réduite au « terrorisme » et à « l’islamisme ». Qu’est-ce qu’un corps masculin dans un régime colonial, marqué par le brutalisme carcéral et militaire ?

Je ne peux pas parler au nom du corps masculin dans l’absolu, mais je peux dire que c’est une manière de vivre piégé dans des représentations qui rendent ces corps tout à la fois suspects, dangereux, interdits, létaux, et donc faciles à abattre ou neutraliser. Il suffit de regarder cette manière que l’on a de séparer dans les décomptes des victimes les hommes d’un côté (considérés comme moins graves, potentiellement dangereux et coupables, méritant donc la mort) et les femmes et les enfants de l’autre (innocents par nature, donc qui mériteraient peut-être davantage le deuil et l’indignation).

Et évidemment — mais cela n’est pas le cas seulement en Palestine —, c’est une manière de séparer les corps de leurs complexités, de leur refuser leur intériorité, leurs contradictions, rêves, désirs, lumières et ténèbres pour en faire des corps fantasmés, simples, connaissables. Je n’ai pas écrit contre ça, mais j’imagine que par la simple écriture de deux intimités masculines palestiniennes, cela vient complexifier ce tableau inhumain.

C’est pour ça que, dès l’épigraphe, le roman est placé sous le signe des métamorphoses et de l’échappée. C’est un roman où l’on observe comment deux corps d’hommes se métamorphosent, sans cesse, comme celui de la terre et du ciel ; sous l’effet de l’amour, de la vie, du temps et comment, ultimement, ils sont soit rattrapés par le reste soit, peut-être, s’en échappent...

Une voix, mystérieuse et omnisciente, mène le cours des actions dans votre roman. Elle peut sembler familière au lecteur, mais elle est souvent déroutante. Qui parle dans L’éden à l’aube ?

C’est le ciel, mystérieux, hautain, parfois taquin, parfois solennel. Il regarde tout ce qui se trame en dessous de lui en ce territoire. C’est un narrateur marrant à explorer, car il est presque omniscient, mais pas tout à fait. Par exemple, il a souvent besoin de se faufiler par les fenêtres et les lucarnes pour observer les personnages, et il décrit la route qu’il doit faire par sa lumière ou ses astres pour parvenir aux protagonistes. Il est magique, voyeur…

Le ciel permet aussi d’être en regard de la terre. Un peu comme pour le khamsin, il soutire le territoire à ses seuls paramètres politiques contemporains et permet de réimaginer cette terre à la lumière du temps long, peut être celui de la planète, peut être celui de l’éternité. Un temps mystique, presque : celui du ciel étoilé.

« Celui qui est mort, je pense qu’il est mort au moment où son crâne a éclaté contre la pierre ». Inspirées du christianisme arabe, les dernières pages de votre roman décrivent une effroyable scène de mort « sur l’herbe autour des piscines de Salomon ». L’agonisant, quand « il a su qu’il mourait quand il était encore à terre », a « vu l’ange apparaître », « l’ange aux yeux doux et pers ». Il était certain que le soldat de la colonisation venait de lui infliger une punition mortelle pour avoir simplement « existé ». Il se laissait mourir avec la conviction qu’il allait redevenir « paysage », « jardin », « fleurs et herbe et terre mouillée après la pluie ». De quoi l’apparition de l’ange dans cette scène finale est-elle le nom ?

L’ange revient régulièrement dans le texte : que ce soit par le nom de Gabriel, par ses rapprochements fréquents à l’ange qui lui insuffle une forme de charme inconnaissable, son visage travaillé par l’ange.

L’ange annonce aussi dès le départ la fin du roman. Il inscrit le texte dans les traditions chrétiennes de Bethléem, d’où je viens, qui sont elles-mêmes inscrites dans l’histoire longue du syncrétisme religieux de ce pays, informées de judaïsme, d’islam, et même je soupçonne d’autres choses moins monothéistes, dont on trouve encore les traces dans les pratiques folkloriques un peu partout en Palestine.

En partie L’Éden à l’aube est un texte dévotionnel pour ainsi dire. Il s’inscrit dans un registre religieux ou même mystique et l’ange incarne l’espoir, la beauté, mais aussi l’indicible, tout ce qui se trame, magie et esprits, en deçà du texte et de nos vies. Pour moi il y a quelque chose de joyeux dans cette fin où l’un des personnages, en fait, se métamorphose comme chez Ovide, est libéré de son destin en devenant, peut-être, un jardin, Éden… à la faveur d’un ange libérateur. C’est une image, ultime, du salut par les anges et les jardins.

Dans Paris en lettres arabes (Actes Sud/Sindbad, 2024), Coline Houssais écrit à votre sujet que vous êtes le « seul romancier palestinien francophone de sa génération », une « “‘bizarrerie numérique”’ », en reprenant vos propres mots. Quel regard portez-vous sur les nouvelles configurations politiques, culturelles et éditoriales de l’espace francophone ?

Je suis très fier de publier mes romans chez Elyzad, une maison tunisienne qui déplace le regard et interroge les notions de centre et de périphérie en ce qui concerne la francophonie. Par son catalogue, par son travail éditorial, par son rayonnement aussi, Elyzad pose que ni Paris, ni la France, ne sont l’unique centre de production littéraire en français. 

Le travail d’Elyzad, pour moi en tout cas, signifie que nous aussi, nous pouvons produire et générer de l’universel. Je sais que ce mot est compliqué, à bien des égards critiquable, et a été utilisé à des fins violentes, mais je pense aussi qu’on peut lui redonner force et vitalité et même un aspect résolument émancipateur et contemporain.

L’espace francophone est articulé autour d’une histoire coloniale qu’on connaît, et de ses survivances aujourd’hui, plus ou moins vivace. La littérature en fait partie, inévitablement. C’est tout un travail d’équilibriste d’écrire dans une langue, que j’affectionne et qui forme mon imaginaire, sans sombrer non plus dans ce qu’on aime attendre et lire, en France, d’un « écrivain arabe » qui écrit en français…

Mais la France n’est pas le centre de la francophonie, seulement l’un de ses espaces, et j’essaye de ne pas seulement écrire comme si je devais répondre ou refuser de répondre aux attentes françaises. J’écris d’abord parce que j’aime ça, et je suis heureux d’être lu aussi bien ici qu’ailleurs.

Crédits photo : Karim Kattan © Héla Chelli

 
 
 

 

Par Faris Lounis
Contact : farislounis27@outlook.fr

2 Commentaires

 

Arjuna Navarin

02/11/2024 à 03:04

"De quelle façon peut-on vivre son homosexualité dans un contexte où, pour des motivations différentes, le conservatisme du colonisé et du colonisateur se rejoint ?"
C'est, pour être gentil, une aimable plaisanterie. Essayez donc d'être homosexuel en terre arabe ! Dans la bande de Gaza, vous risquez la prison. Ahmad Abou Markhia, un Palestinien homosexuel qui s'était réfugié en Israël, parce qu'homosexuel, a été enlevé, ramené en Cisjordanie et tué.
Aucun problème du côté d'Israël. Même la GPA pour des couples homosexuels y est autorisée.

Jacques Lèbre

02/11/2024 à 12:04

Ibrahim Khshan : "La Vie sous les bombardements" (Le Temps qu'il fait)
Ilan Pappé : "Le Nettoyage ethnique de la Palestine" (La Fabrique)
Didier Fassin :"Une étrange défaite, Sur le consentement à l'écrasement de Gaza" (La Découverte)

Le Palais des deux collines

Karim Kattan

Paru le 07/01/2021

272 pages

Elyzad

21,50 €

Malena, c'est ton nom

Anne-Christine Tinel

Paru le 08/09/2022

314 pages

Elyzad

21,50 €

Préliminaires pour un verger futur

Karim Kattan

Paru le 17/10/2017

156 pages

Editions Elyzad/Clairefontaine

14,90 €

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Hassan El Kamoun est partout. Il porte la voix des libraires du Maroc et celle de l’ALIM. On le voit sur le terrain, dans son pays, mais aussi en France, en Belgique ou aux Émirats arabes unis, inlassablement mobiliser, convaincre et attirer l’attention sur les enjeux de la librairie. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/08/2026, 16:07

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Oser Joyce : deux années avec Ulysse

Pendant deux ans à plein temps, Michel et Michela Gribinski ont vécu au rythme de Leopold Bloom, traversé six fois Dublin et remis chaque phrase sur le métier. De cette immersion naît une nouvelle traduction d’Ulysse, guidée par un pari : retrouver, sous le monument à la réputation si intimidante, le roman, ses corps, ses voix, son burlesque et sa mélancolie.

27/07/2026, 18:22

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“Le collectif doit primer sur l’ego” : la SAIF invente un prix contre la logique des prix

Comment récompenser des artistes sans renforcer la compétition qui structure déjà leur secteur ? Avec le Prix La SAIF x Ce qui nous lie, Églantine de Boissieu assume ce paradoxe : distinguer un collectif, non pour couronner une œuvre ou une carrière, mais pour lui offrir trois jours durant lesquels il pourra cesser de produire. Une manière de traiter le temps, le repos et les relations de travail comme des ressources politiques.

24/07/2026, 16:16

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“Quand un artiste affirme que son œuvre n’est pas politique, c’est déjà politique”

Marraine de la première édition du Prix La SAIF x Ce qui nous lie, l’autrice et illustratrice Cy défend une création indissociable des luttes collectives. Remise le 13 septembre, pendant le festival Les Muses, cette nouvelle récompense ne distingue pas une œuvre : elle offre à un collectif engagé trois jours pour se retrouver, réfléchir et reprendre son souffle.

22/07/2026, 15:51

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La première librairie antiraciste de France mise sur le numérique

Ancienne ingénieure à la SNCF, Nawal Kerdougli a créé au printemps ManYaya, la première librairie exclusivement antiraciste en France. Interrogée par ActuaLitté, elle revient sur les origines de ce projet, ses choix éditoriaux et son ambition de rendre ces ouvrages accessibles partout en France, notamment dans les territoires où l’offre spécialisée est limitée.

17/07/2026, 17:27

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Renaud Lefebvre (SNE) : “Les opérateurs d'IA sont en infraction permanente”

L'année 2026 n'est pas de tout repos pour l'industrie de l'édition, confrontée à un repli des ventes et à un recul apparent des pratiques de lecture. Parallèlement, la situation budgétaire de l'État entraine une contraction des soutiens publics, tandis que de puissants acteurs technologiques prennent leurs aises, afin de développer des outils d'intelligence artificielle... Renaud Lefebvre, directeur général du Syndicat national de l'édition (SNE), est revenu pour ActuaLitté sur quelques sujets de préoccupation.

16/07/2026, 11:19

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Yon : la BD de Camille Broutin qui fait dialoguer manga et science-fiction

Noure, libraire au Renard doré, dans le 5e arrondissement de Paris, défend Yon, de Camille Broutin, publié chez Dargaud. Entre manga, science-fiction et récit de survie, elle voit dans ce premier tome une œuvre graphique très maîtrisée, portée par des adolescentes qui existent pour elles-mêmes et par une narration assez ouverte pour accueillir de nombreux lecteurs.

14/07/2026, 15:49

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Makassar “unique fautif” ? Pollen refuse le procès trop simple

La crise Makassar ne se résume pas, estime Benoît Vaillant, à la défaillance d’un seul — fut-il diffuseur-distributeur. À la tête de Pollen, il organise actuellement l’arrivée d’une trentaine de structures (principalement de BD), en collaboration avec Vincent Dodivers. Mais le président de Pollen réaffirme surtout le besoin d’une lecture plus collective, face à un modèle qu’ont fragilisé les coûts de stockage.

10/07/2026, 10:14

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OPlibris-Dilicom : une boussole pour la facture électronique

La facture électronique ne changera pas seulement le format des documents comptables. Pour les maisons d’édition indépendantes, elle pose une question plus concrète : où circuleront, demain, les factures, les données clients, les informations fournisseurs, les statuts de paiement et les écritures qui, jusqu’ici, passaient souvent par un outil de gestion, un PDF, un mail et un cabinet comptable ?

09/07/2026, 10:26

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Avec l'iridologie, Coralie Imhoff entend ”porter un autre regard sur votre regard”

Coralie Imhoff a publié aux éditions Quintessence L’iridologie psycho-émotionnelle - Explorer le lien entre terrain, émotions et inconscient à travers l’iris. Elle y présente une lecture de l’iris qui ne se limite pas au terrain physiologique, mais prend aussi en compte les émotions, l’inconscient et certains éléments transgénérationnels. L’ouvrage s’adresse aux thérapeutes comme au grand public, avec une cartographie et des signes observables sans matériel spécifique.

07/07/2026, 11:54

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On était des anges : la bande d’ados si juste qu’on croit l’avoir connue

À la librairie Vignettes, dans le 19e arrondissement de Paris, Ariane défend On était des anges, album d’Anne-Caroline Pandolfo dessiné par Terkel Risbjerg et publié chez Dargaud. Ce qui la frappe : une bande d’adolescents immédiatement crédibles, un récit qui alterne comédie, mélancolie et silences, et un dessin dont la fluidité apparente cache une précision très fine.

05/07/2026, 10:56

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À Kinshasa, La Maison du Savoir réinvente la librairie francophone

À Kinshasa, La Maison du Savoir s’est imposée en quelques années comme l’un des acteurs majeurs du livre. Fondée par Raïssa Hakim, pharmacienne de formation devenue libraire par conviction, l’enseigne compte aujourd’hui trois points de vente et poursuit son développement avec l’ouverture prochaine d’une quatrième librairie. Loin des réseaux habituels, Raïssa Hakim avance vite et bien dans l’une des plus grandes villes d’Afrique, en portant une image moderne, vivante et ambitieuse de la librairie francophone. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/07/2026, 16:39

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Roxane Blondel, un yoga à hauteur de soi : "Le yoga doit pouvoir s’adapter à chacun"

Avec Le Yoga qui vous ressemble – Des pratiques simples et accessibles pour chaque moment de votre journée, publié aux éditions Grancher, Roxane Blondel défend une pratique souple, concrète et inclusive. Professeure de yoga, créatrice d’outils pédagogiques et ancienne pâtissière, elle propose un ouvrage à consulter selon ses besoins, pour faire du mouvement un véritable soutien au quotidien.

25/06/2026, 16:19

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Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

07/10/2026, 17:00

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“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

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“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

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Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

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Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

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2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

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Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

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Journée de la traduction : 7 livres où tout aurait mieux fini avec un bon traducteur

Le 30 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la traduction. L’occasion de rappeler qu’en littérature, un mot de travers peut envoyer une expédition sur le mauvais continent, transformer Jésus en plante urticante ou rendre une civilisation extraterrestre dépendante à une voix. De Jules Verne à R. F. Kuang, sept livres où comprendre l’autre relève moins du confort que de la survie — avec, parfois, des résultats franchement discutables.

28/09/2026, 12:22

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Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

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Journée de l'accès à l'information : 5 livres qu’on n'aurait jamais dû ouvrir

Le 28 septembre célèbre la Journée internationale de l’accès universel à l’information. Excellente initiative. À un détail près : depuis des siècles, la littérature s’échine à démontrer que certains renseignements se porteraient beaucoup mieux sous clé. Lettres compromettantes, manuscrits impossibles, confessions judiciaires, dossiers de surveillance : cinq lectures où ouvrir le mauvais document revient rarement à améliorer sa journée.

26/09/2026, 09:30

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Démarchage téléphonique : sept livres où un appel a tout fait basculer

Le téléphone avait été inventé pour permettre à deux personnes éloignées de se parler. Puis quelqu’un a compris qu’il pouvait également servir à vendre des fenêtres, proposer une mutuelle, annoncer un décès ou rappeler à quelqu’un que son passé savait toujours composer son numéro.

26/09/2026, 08:00

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Affaire Thélyson Orélien : “Réinventons le pacte entre l’auteur, l’éditeur et le lecteur”

Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).

24/09/2026, 16:32

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Violences sexistes et sexuelles : 50 ans pour passer de l'intime à la loi

Après des décennies de mobilisations, de recherches et de récits, les violences sexistes et sexuelles ne sont plus seulement appréhendées comme une succession de drames privés. Elles constituent un objet politique, juridique et culturel. La proposition de « loi intégrale » actuellement examinée à l’Assemblée nationale en offre une nouvelle traduction — et invite à regarder l’histoire des mots qui ont rendu ces faits visibles.

24/09/2026, 16:10

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Thélyson Orélien a-t-il oublié un prompt ChatGPT sur son site internet ?

ActuaLitté a retrouvé, dans un article publié en 2023 sur un site alors animé par Thélyson Orélien, une phrase qui ressemble à une consigne de rédaction laissée par erreur. Un indice concret, distinct des détecteurs d’IA, qui vient désormais s’ajouter à une série d’éléments exhumés ces derniers jours par plusieurs médias et internautes autour des textes de l’auteur. Au-delà de son cas, l’affaire touche désormais à quelque chose de plus vertigineux : la possible fin d’un monde où l’on croyait encore savoir, sans trop de doute, ce qu’était un auteur.

24/09/2026, 13:34

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“L’IA est arrivée, et le mot “aide” s’est complètement décousu”

Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.

24/09/2026, 11:53

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“L’horreur est le meilleur genre de l’histoire de la fiction”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...

23/09/2026, 17:36

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Jean-Yves Mollier : LFI chez Fayard, “un véritable coup de poignard dans le dos”

La publication annoncée chez Fayard du prochain livre du député LFI Aurélien Taché provoque la colère de Jean-Yves Mollier. Dans cette tribune, l’historien dénonce ce qu’il considère comme une contradiction avec le soutien affiché par La France insoumise aux auteurs mobilisés autour des États Généreux, après les bouleversements intervenus chez Fayard et Grasset.

21/09/2026, 16:19

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Les livres prophétiques ne sont peut-être pas ceux que nous croyons

De George Orwell à André Malraux, en passant par Aldous Huxley, Ray Bradbury, Friedrich Nietzsche et Franz Kafka, Bertrand Jouvenot propose de déplacer notre regard sur les « livres prophétiques ». Dans cette tribune, il distingue les œuvres qui ont anticipé les formes visibles de notre monde de celles qui auraient saisi des mutations plus profondes : crise du sens, autonomie des systèmes, transformation de notre rapport au temps et à nous-mêmes.

21/09/2026, 12:32

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Et si le vrai danger n’était pas la mort du livre, mais celle de la lecture ?

ActuaLitté ouvre ses colonnes à la Fondation Jean-Jaurès, qui revient sur le rapport « La République des lecteurs – Pour en finir avec la mort du livre », signé par Arthur De Grave et Diana Filippova. Face au recul de la place de l’écrit et aux mutations des pratiques culturelles, le texte présente dix propositions pour replacer la lecture et l’écriture au cœur des politiques publiques. 

21/09/2026, 11:42

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“Humanité générique” : La fabrique défend Louisa Yousfi après la polémique

Une phrase de Louisa Yousfi, extraite d’un entretien publié début septembre, a déclenché une vive polémique et plusieurs annonces de saisines judiciaires. Son éditeur, La fabrique, prend aujourd’hui sa défense dans une tribune adressée à ActuaLitté. Avant de la publier intégralement, nous revenons sur l’origine des propos, leur contexte, les critiques qu’ils ont suscitées, les soutiens exprimés et le sens du concept d’« humanité générique » invoqué dans le débat.

19/09/2026, 10:30

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Journée de la paix : 5 romans où 5 minutes d'échange épargnaient 300 pages

Le 21 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la paix. Mauvaise nouvelle pour la littérature : si ses personnages pratiquaient le dialogue, la médiation et le simple fait d’attendre la fin d’une phrase, des rayonnages entiers perdraient quelques centaines de pages. Cinq romans en apportent la preuve : ici, le non-dit, l’accusation mal étayée ou le bébé mal identifié suffisent à mettre le feu aux poudres.

19/09/2026, 10:00

ActuaLitté

France Travail ouvre un service pour personnages secondaires

On connaissait la pièce de Luigi Pirandello : Six personnages en quête d'auteur. Alors, il fallait bien que cela arrive. Après les cadres en reconversion, les salariés victimes d’un plan social et les quinquagénaires priés de devenir « entrepreneurs d’eux-mêmes », France Travail accueille une nouvelle catégorie de demandeurs : les personnages secondaires. Mobilité inter-romanesque exigée.

19/09/2026, 07:30

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De la librairie à l’édition : pourquoi toute l'industrie du livre se fragilise

Il est grand temps de changer la terminologie depuis bien trop longtemps en vigueur dans l’industrie de l’édition : non plus chaîne du livre, car d’un maillon à l’autre, on finit par ignorer ce qui se passe plus loin, mais écosystème. Et quitte à renverser la table (et pas que celle des nouveautés), troquons “indépendant” pour “interdépendant”. Une notion bien plus proche de la réalité économique…

16/09/2026, 17:03

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Intuition : “Le corps sait souvent avant nous”

Pourquoi devient-il parfois si difficile de savoir ce que l’on pense vraiment, ce que l’on ressent ou même ce que l’on veut ? Sollicitations permanentes, rythme soutenu et bruit mental finissent par couvrir cette perception plus discrète que l’on appelle intuition. Fondatrice du centre d’enseignement Infinite Spirit, formatrice et thérapeute, Johanna Hani propose de retrouver un peu de silence, de revenir aux sensations du corps et d’apprendre à distinguer l’intuition de l’anxiété ou de la peur. 

14/09/2026, 14:58