François Bégaudeau a "dérapé", comme on aime à dire dans les médias : un message sur le forum de son site en 2020, où il explique, dans l'énergie potache de la conversation, que « tous les auteurs » des éditions de gauche La Fabrique, « étaient passés » sur l’historienne Ludivine Bantigny, et quatre ans plus tard, on se retrouve devant la 17e chambre du tribunal de Paris. L’auteur de L’Amour en a tiré un livre, tout en étant formel : « Je n'avais pas besoin du procès pour l’écrire. C'étaient des thèmes que je voulais traiter, et je me suis servi de ce déclencheur pour enfin m’y mettre. »
Le 07/10/2024 à 16:00 par Hocine Bouhadjera
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07/10/2024 à 16:00
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L’ancien chanteur de Zabriskie Point pointe l'imprécision du titre de notre article, qui annonçait la parution de Comme une mule (Stock), « François Bégaudeau raconte son procès en octobre ». Si l’ouvrage, de 450 pages, part de cette affaire, et se conclut par l’audience d’avril dernier, entre les deux, l’auteur brasse de nombreux sujets - l’humour, le féminisme, la politique, l’art -, avec un même prisme, l’intérêt ou non d’une saisie « morale » de ces domaines.
Ainsi, « ce livre n’est pas une opposition entre François Bégaudeau et Ludivine Bantigny », nous assure l’auteur. La rédaction a débuté en novembre 2022, et il a attendu le procès pour écrire les dernières pages : « Je ne suis pas là pour me défendre, me justifier, ou m'excuser, ce n’est pas ça du tout le sujet. Je suis là pour penser à partir de quelque chose qui m'est arrivé, parce que c'est la meilleure façon de penser pour moi », explique-t-il.
Il développe : « J'avais ce livre en tête depuis quelques années. Souvent, je me le pitchait à moi-même, en me disant, j'ai besoin de tirer au clair certaines des choses, des thématiques où règnent une énorme confusion, je pense. Ce que je propose au lecteur, c'est quelques petits points de clarté, quelques boussoles pour appréhender notamment l'humour. Y a-t-il un humour blessant, humiliant, auquel cas est-ce qu'on doit l'interdire ? Quel procès véritable on peut faire à cette pratique, puisque tout est parti d'une formule humoristique de ma part… »
Accusé de diffamation en raison de l’appartenance à un sexe, la 17e chambre correctionnelle a qualifié ses mots d'« inélégants » et sur « un registre obscène », précisant qu'il cherchait à « rabaisser Ludivine Bantigny, en tant que femme, au regard de sa disponibilité sexuelle exacerbée ». Toutefois, le tribunal a aussi conclu que les propos, ne faisant référence à aucun fait spécifique, ne pouvaient être considérés comme diffamatoires.
Beaucoup rétorqueront qu’il est bien gentil François Bégaudeau, mais reste une phrase malheureuse, insultante. N'essayerait-il pas de noyer le poisson ? « Il me semble quand même que dans le livre, je ne me planque pas. Je reviens sur ces deux lignes de forum. D'abord, je redonne le contexte, parce que beaucoup de gens les jugent sans en connaître le contexte, donc, ça me paraît quand même intéressant de commencer par dire : sachez de quoi vous parlez. Sachez sur la base de quoi vous me jugez, puisqu'il y a beaucoup de jugements, voire même des annulations. Encore récemment, et il y en aura d'autres… »
Il interroge sa phrase, que voici : « Dans le milieu radical parisien, Ludivine est connue pour être jamais la dernière. Tous les auteurs de La Fabrique lui sont passés dessus, même [Geoffroy de] Lagasnerie. » « Qu'est ce qu'elle porte comme imaginaire ? Comment une phrase comme ça j'en arrive à la pondre ? J'essaie vraiment de creuser. Est-ce qu'il y a un fond misogyne en moi que cette blague exprime ? Est-ce que c'est une pure blague? Qu'est-ce que ça veut dire une pure blague? Est-ce qu’une blague gratuite, ça existe ? Je questionne tout ça, et j'essaie de le faire avec le plus d'honnêteté possible. »
Comme toujours chez François Bégaudeau, la pensée est exploration des dimensions possibles de son sujet : « D’abord, je crois que quand on aime l'humour, comme c'est mon cas, il faut le prendre dans son entier. Il y a une zone d'ombre de l’humour, une zone trouble. Il charrie parfois des affects bizarres, mais c'est ça l'humour. Et si on lui retire son soubassement trouble, je crois qu'on en retire beaucoup. »
Ensuite, il descend, ou remonte c’est selon, aux affects, au corps, en bon nietzschéen : « La différence, pour moi, entre quelqu'un de gauche et quelqu'un de droite, ce n'est pas qu'il y en a un qui est plus pur, jamais traversé par aucune pensée trouble. L'homme de gauche, la femme de gauche, ne fait pas prosélytisme de ses affects troubles. Je ne fais pas de prosélytisme des petites saillies de misogynie qui peuvent me traverser, je n’en suis pas fier. Je n'en ai pas honte non plus, je n’en fais pas l’article, et je n'en fais pas une idéologie surtout. C'est ça la différence. Nous ne sommes pas des gens purs, les gens de gauche. Est-ce qu'un homme de gauche féministe, libertaire, égalitaire comme je le suis - mon parcours sur 20 ans le prouve - est complètement vierge d'affects misogynes, inégalitaires, aristocratiques, voire racistes ? Non, je n'en suis pas vierge. »
Et d’en conclure, dans son approche marxiste, donc structurelle : « Une des raisons pour lesquelles je suis traversé de temps en temps par des blagues ou des affects misogynes, c'est parce que je suis dans une société misogyne. Et pas de raison que j'en sois totalement indemne. J'ai été éduqué, pas par mes parents, mais par la société, dans un contexte de domination masculine, et donc, de temps en temps, ça ressort. Et même si on était comme ça essentiellement, l'essence, pour moi, ne fait pas valeur. C'est ça, être de gauche aussi. Si demain, il est avéré que la race asiatique est supérieure à la race blanche, ça ne légitimera pas des mesures d'oppression de la race blanche, ou inversement. »
Comme une mule est plus généralement une grande entreprise de dissection, d’abord de l'auteur lui-même : « Quand je fais des essais, ils sont toujours incarnés, parlent beaucoup de moi, car je trouve qu’on est toujours soi-même un bon laboratoire pour penser. C’est mon côté nietzschéen toujours : tu veux penser les choses, regarde ce qui se passe en toi. Qu’est-ce qui se passe en moi quand je fais cette blague ? Ou quand je regarde un porno ? Que valent ces fantasmes, pas grand-chose, en même temps, je ne peux pas non plus m'en flageller… Qu'est-ce qu'on fait ? On jette, on garde ? C'est comme ça que j’opère. »
Face à ses critiques acharnées des réseaux sociaux, il arrive à se dire que ce n’est pas celui qui est tombé dans la faute de goût qui manque de sérieux : « Ce sont eux qui ne sont pas sérieux, parce qu' ils oublient tout un pan de la vie, le corps. Ils sont un peu idéalistes, au sens où ils ne brassaient des idées, des théories, des machins et moi, je ne crois pas à la pure théorie; mais qu'il y a toujours des affects au travail ».
Identifier, pour exemple, la droite à de purs "méchants", sans analyser les contextes et rapports de force, est un simplisme qui trahit l'acuité analytique de la gauche. Cette moralisation stérile peut la rendre insupportable, éloignant des personnes qu'elle devrait rallier, analyse-t-il. L’honneur de son camp politique, selon lui, réside dans la force de ses analyses, pas dans des leçons de morale.
De ce texte, qui brasse beaucoup de sujets, François Bégaudeau oppose notamment « un féminisme libéral-moral », qui met au cœur l’individualisation des actes, à « un féminisme politique », qui place au centre une critique du système ; et questionne la saisie militante de l’humour ou de l’art. Il parle notamment des « politimanes », « c'est-à-dire des gens qui plaquent des grilles politiques sur tout ». A contrario, il promeut une saisie politique de l’art : « Je ne crois pas du tout à l'art pour l'art ou des approches de ce type. J'ai beaucoup écrit sur le cinéma, sur la littérature, et souvent je politise le propos, mais j'essaie toujours de le faire à l'intérieur même de l'art, c’est-à-dire à l’intérieur des formes artistiques, plutôt que d'importer dans l'art des considérations politiques pour les plaquer. »
L’écrivain soutient que la lecture politique d’une œuvre d’art doit se concentrer sur ses formes plutôt que strictement sur son contenu : « Ce faisant, je défends l'idée que l'art, avec ses moyens uniques, peut contribuer significativement à la réflexion politique. J’interroge particulièrement les approches féministes des œuvres, un sujet qui me passionne depuis longtemps. Je m'efforce de déceler ce que pourrait être une forme féministe au sein même des œuvres, plutôt que de me contenter de célébrer la représentation de figures féminines émancipées. J'ai constaté que bien souvent, ces œuvres, malgré leur thématique d'émancipation, s'avèrent reproduire des schémas éculés, tout en étant médiocres dans leur proposition. »
D'où vient qu'on est sensible à l'art ? L’art est un ramassis de situations non-solubles dans le récit progressiste. L’art ramasse le racisme des Noirs, la connerie des pauvres, la normopathie de la prolétaire Louisa d’En guerre. Ramasse la rutilance de la marchandise, la ouate libérale, la superbe d’une ingénierie pollueuse, le potentiel érotique d’une sulfateuse, la quiétude de la femme au foyer, le confort mental du subordonné.
L’auteur de Histoire de ta bêtise met en exergue un autre point : « Dans le livre, je dis malicieusement que cette phrase aurait été lue par trente personnes, si elle n'avait pas été relayée par un thread Twitter, où la phrase est tronquée, puis largement diffusée. Étrange, si elle pense que cette phrase lui fait du mal, elle a très largement participé à sa publicité. » Et de commenter : « Ludivine Bantigny est universitaire, enseignante, mais aussi militante marxiste, libertaire, féministe. C'est aussi en tant que militante qu'elle agit, et c'est à ce titre qu'elle pense qu'il appartient à son devoir de militante de mettre en avant cette phrase, qu’elle a tronquée au départ d’ailleurs. »
Ludivine Bantigny avait exprimé son ressenti de « souillure » face à la perception qu'elle avait d'être considérée comme « un paillasson sur lequel les hommes s'essuient les pieds ». Elle avait décrit l’incidence de ces commentaires comme un « coup de poing dans l'estomac ». Critiquant cet humour qu'elle qualifie de typiquement masculiniste, elle s’était dite préoccupée par l'impact que de tels propos pourraient avoir sur la manière dont ses étudiants, son partenaire et ses enfants la voient.
L’auteur s’interroge de son côté : « Est-ce qu'il était vraiment nécessaire d'aller au procès, dans le cadre d'un militantisme de gauche radicale ? » Il s’explique : « C'est un problème, puisque nous postulons que la justice est bourgeoise, de classe. Or, nous allons quand même la prendre comme arbitre. C'est étonnant. C'est pour ça que j’évoque longuement la question de la justice dans mon livre, et du féminisme judiciaire. C'est ce qui m'intéresse le plus au début du livre, en réalité, plus que l'affaire en elle-même. »
François Bégaudeau réfléchit au postulat porté par beaucoup de ses détracteurs, mais pas seulement : celui du continuum entre sa phrase, « au sexisme objectif, bien que ce soit une blague », et tout le discours masculiniste plus général, ou misogyne. Dit autrement, c'est parce qu'il y a ce genre de blagues qui se perpétue que, d'une certaine manière, peut vivre l'hégémonie masculine.
« Il y aurait donc un continuum entre ce genre de blague sexiste et les viols de Mazan. Disons-le spectaculairement, c'est ça que ça veut dire continuum. Quelque part, je participe à une société où les femmes sont massivement violées, dominées, humiliées, battues, assassinées. Je dis que cette approche a bon dos, que c'est un peu facile de décréter que tout est dans tout, et que c'est ce genre de petites rivières ou de petits ruisseaux qui créent le grand fleuve masculiniste. »
Le postulat du continuum va, selon François Bégaudeau, complètement à l'inverse de ce qu'est le soubassement éthique et politique de la gauche par rapport à la justice : « La gauche a toujours été, il faut donner à chacun une deuxième chance, et qui vole une pomme n’est pas forcément un assassin en puissance. Deuxièmement, ce n’est pas parce que quelqu'un a commis une faute, un délit - la justice m’a relaxé d’ailleurs -, qu’il faut condamner sa personne définitivement. »
Il constate, reprenant la formule de Geoffroy de Lagasnerie, un « exceptionnalisme sexuel » d’une certaine partie du féminisme - pour compenser une majorité de non-lieux lorsque les victimes potentielles portent plainte, faute de souvent pouvoir prouver ce type d’accusations - : « Les féministes de gauche mettent entre parenthèses tous leurs axiomes de gauche. Là, la chose est impardonnable, ne doit pas être contextualisée. On doit frapper tout de suite, implacablement. On ne doit pas trop écouter l'accusé non plus. » À l’affirmation d’un certain féminisme, « je te crois », il défend un « je t’écoute ».
Reste l'éléphant dans la pièce, qui a participé grandement à la décision, de Ludivine Bantigny, de porter plainte, et est toujours largement reproché à l’auteur : son refus de s’excuser. « Je ne veux pas pour plein de raisons, que j'égrène dans le livre. La première est pragmatique : je sais très bien qu'une excuse, dans ce genre de cas, ne sert à rien. Elle ne fait que remettre une pièce dans la machine. Et de toute façon, elles seront toujours considérées comme de la monnaie de singe par ceux-là mêmes qui l'ont demandé. »
La deuxième raison : « S'excuser, c’est s'excuser d'une faute. Je considère que je n'ai pas commis de faute, donc je ne vais pas m'excuser alors que je n'ai pas commis de faute. Je dis que j'ai commis une faute technique. Je le maintiens. Ma faute technique, c'est d'avoir mené une conversation potache comme si elle était privée, dans un forum semi-public. C'est ma faute, mais on ne s'excuse pas d’une faute technique, on n'essaye de ne pas la refaire. »
Enfin, « si j'ai moi-même des axiomes moraux un peu clairs, le petit cirque de la morale, à savoir les excuses avec absolution potentielle à la clé, ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c’est qu’on pense, ce que j’ai fait sur mes deux lignes fautives. J’en attendrais autant de la partie adverse. »
Une grande part de cet essai porte sur l’art, et plus spécifiquement la littérature : « J'essaie de protéger la littérature, c'est un peu mon truc. Je trouve qu'elle est maltraitée à bien des égards. Soit elle est absente, on la considère même pas, soit on lui fait subir tout un tas de sévices. Notamment en voulant absolument plaquer du discours moral, du contenu, du sens, de la thématique, de la politique. Je pense que la littérature, justement, brille par son irréductibilité. Ce sont des agencements de phrases qui ne peuvent être compris qu'à l'ombre d’elles-mêmes. »
Pour rendre compte de cette spécificité de l’art, François Bégaudeau dispose des citations, « petites particules de littérature, comme des petites pépites, en attendant que mon lecteur les trouve étranges, possédant plus ou moins de puissance ». Lui faire éprouver ce que ça veut dire vraiment un énoncé littéraire, « assez compliqué à appréhender. Qu'est-ce qu'on fait de ça ? Il est là, c'est sur la page, et on est un peu comme des cons. Et moi, j'aime bien ce côté insécable. Comme une espèce de petit territoire autonome qui ne veut pas être arraisonné par des discours qui ne sont pas lui. Je voulais le faire éprouver par le lecteur. Après, je lui donne un peu la clé. »
L’écrivain se fonde sur le Nietsche d’Ecce Homo, comme il aurait pu le faire à partir de John Keats, pour questionner la nature même de la création littéraire : « Hypothèse : j’avais tout ça en moi, ce lexique, cette virtuosité, cette aisance dans les mots, cette radicalité dans la nuance, cette poésie, mais enfoui, et ça ressort en écrivant. Sauf que tout ça n’était pas en moi. Tout ça ne sort pas de moi, mais passe par moi. Écrire de la littérature c’est se mettre en posture d’être pris par tout ce qui passe par là, vent d’ouest, fumet de gibier, mouche, escroc, solo de saxo, prêche d’imam, lasso. »
Je décrète une différence entre « Tu ne sais pas où vont tous ces Boeing » et « Où vont tous ces Boeing ? ». Le premier énoncé est d’art, le second est de moi. Je le ressens. Le ressens-tu aussi ? L’art existe tant qu’existent des gens pour le ressentir. L’art ne tient qu’à toi. Un corps. L'objectivation textuelle.
Des citations de Jane Sautieres, Véronique Ovaldé, Roberto Bolaño… Et plus généralement, des textes, des auteurs, des affaires, des blagues, des films, sur lesquels il s'appuie pour guider ses explorations, soutenir ses hypothèses : « Ce que j'essaye de dire partout, c'est que ma déesse, c'est la vie. Des gens d'extrême-droites pensent comme ça, sentent comme ça, ils sont aussi dans la vie. Dans ce cas-là, ça m'intéresse, puisque c'est dans la vie. Pour moi, l'art, c'est un peu un espace calme.On peut aller voir de plus près des choses qu'on interdirait de voir dans la vie. Il faut absolument maintenir ça à l'art, sinon il perd tout son prix. »
La politique de l’accessibilité mène logiquement le politimane à réfuter l’art élitiste. Mais ce qu’il appelle l’art élitiste, n’est-ce pas l’art lui-même ? L’art politique cherche, l’art militant a déjà trouvé. L'art militant est militaire.
Il profite également de l’occasion de cet ouvrage pour détruire un mythe : que le style serait à droite, comme une certaine insouciance, alors que la littérature de gauche n’offrirait que grandes leçons et de l’austérité : « En fait, en explorant des auteurs comme ceux mentionnés dans l'essai de Vincent Berthelot, Essai sur le style réactionnaire, on se rend compte d’à quel point des figures comme Céline ou Houellebecq expriment profondément leurs penchants idéologiques à chaque page. »
Dans Comme une mule, François Bégaudeau complète : « Cliché du désengagement de droite : rien ne l’engage davantage que la revendication de neutralité. Le parti pris de la légèreté est un parti. La légèreté est agressive, est une violence passive, un soufflet aux perdants du système : je suis privilégié et je t’emmerde. (...) Le style réactionnaire peut être requalifié en style autoritaire : style qui en impose au réel, le domine, le réduit comme une armée réduit la contestation. »
L’art est anarchiste s’il se donne pour unique maître la vie, maîtresse ignorante qui au doigt mouillé le guide vers des buissons où il se perdra le trop fameux « livre sur rien » de Flaubert n’est pas un livre sans rien dedans, mais un livre sans sujet. Sans sujet signifie, non que le livre soit vide, mais qu’il ne discourt pas. Le livre sur rien ne se prive de rien, n’exclut rien. Il ne trie pas, il ne discrimine pas. Il ne veut pas choisir parmi la vie. Il dira la vie, toute la vie, rien que la vie.
Finalement, outre des mots blessants et un refus de s’excuser, ne s’est-il pas finalement joué une opposition de tempérament, entre l’ancien chanteur de punk, littéraire et cinéphile, et l’universitaire, avec toute son approche méthodique, “scientifique”, et militante ? « Je pense qu’au bout du compte, tout est affaire de tempérament, en effet. J'ai un tempérament qui me fait d'abord beaucoup aimer l'humour dans tous ses états, un peu potache, qu’on peut d'ailleurs attribuer à espèce d'ethos masculins : la bande de garçons qui, en général, y va parfois grossièrement, c'est sûr. J'aime la trivialité, c'est vrai, je dois bien dire, ça m’érotise. Je ne crois pas beaucoup à l'objectivité. »
L’auteur ne se refait d’ailleurs pas dans son texte : de l’humour toujours, qui passe par pas mal d’ironie, voire de la provocation…
Cette affaire, et le procès qui s’en est suivi, ont largement dégradé l’image de François Bégaudeau auprès de sa famille politique, la gauche radicale, à base d’annulation d’une pièce de théâtre un jour, d’un livre un autre, ou encore des désinvitations : « Il n’y a rien de pire qu'un livre dont les gens parlent sans l'avoir lu. Il peut être perçu de deux manières ; un, Bégaudeau fait acte de contrition, deux, Bégaudeau plaide sa paroisse. Ce n’est ni l'un ni l'autre, comme je l’ai expliqué. Ce qui justifie ce livre, toujours selon moi, c’est son intérêt : où il est intéressant, où il ne l’est pas, mais pour le savoir, il faut le lire. »
Sortir un ouvrage de 450 pages n’était pas forcément la meilleure manière d'attirer les plus belliqueux… « C'est bien le problème de notre époque : plein de gens vont se permettre d'émettre un avis sur un livre sans le lire. Je compte beaucoup sur la presse pour dire : bon, nous on aime, on aime moyennement, passionnément, un peu, on n’aime pas… Ça, c'est la liberté de chacun, mais qu’ils disent ce qu'il y a dedans. Et après, si ceux qui ne le lisent pas pouvaient cesser d'en parler, ça serait super, mais ça n'arrivera pas… »
À LIRE - François Bégaudeau : l'amour ce sport d'endurance
Dans ce livre tout est possible. Ce livre est un non-lieu où je me meus incolore et délavé. Roi en mon royaume, blaireau en mon terrier, mule à mon piquet, j’y soulève sans nuire des questions qui n’intéressent que moi et auxquelles je fournis des réponses qu’à loisir j’estime brillantes.
Crédits photo : Stock
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 17/08/2023
96 pages
Editions Gallimard
14,50 €
Paru le 02/10/2024
450 pages
Stock
22,90 €
Paru le 22/01/2020
222 pages
Hachette Pluriel Editions
8,00 €
48 Commentaires
Gaucho Marx
07/10/2024 à 16:51
Il y a une misogynie de gauche comme il y a un antisémitisme de gauche. Il est inélégant, répréhensible à l'occasion, mais contrairement à celui de droite, il s'auto-absout facilement.
Au surplus, c'est évidemment la faute à la société, pas celle de son auteur. La société est misogyne. Donc voilà.
450 pages pour (ne pas) s'excuser, en tirer un ouvrage dont on aurait pu espérer que les recettes aillent alimenter un fonds contre les violences sexistes, était-ce bien nécessaire ?
La gauche a des valeurs, on ne peut le nier. Mais elles sont en Suisse !
😏
Gilles
08/10/2024 à 14:20
La misogynie c'est ni droite ni de gauche et ça se combat.
Si vous la combattez, vous êtes plutôt de gauche.
NAUWELAERS
07/10/2024 à 20:23
Article bien trop long et indigeste avec des fautes d'orthographe...
Tout cela ressemble vraiment à une tempête dans un verre d'eau !
Une notion importante tout de même: la notion de «continuum» est une hérésie scandaleuse voire crapuleuse.
Un mensonge du radicalisme féministe délirant !
Faux et archifaux: un type qui, un jour de grande irritation, commet le geste inacceptable de gifler son amie ou fiancée ou épouse, n'est en aucun cas -nécessairement -un harceleur ou violeur en puissance.
Des femmes aussi peuvent gifler un homme, hors toute situation de harcèlement ou d'autodéfense: par simple exaspération.
Si certains hommes qui décochent une gifle sont susceptibles d'une conduite bien pire et punissable et inexcusable, il est dégueulasse de mettre TOUS les hommes dans le même panier.
Cela s'appelle l'«essentialisation», un terme fort usité par Edwy Plenel, un principe de base du racisme.
Non au soi-disant continuum qui est un mensonge idéologique à combattre par tous les moyens !
La complexité de la vie a toujours raison contre le manichéisme binaire imbéciles des idéologies, même à la mode qui veu(len)t s'imposer sans débat de manière totalitaire.
Ce n'est pas du progressisme, désolé, c'est une régression.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Thomas
08/10/2024 à 11:12
"J'ai 200 ans"
NAUWELAERS
09/10/2024 à 20:23
Thomas,
Bon anniversaire !
CHRISTIAN NAUWELAERS
PI314
10/10/2024 à 23:08
L'existence de ce continuum est le centre, la périphérie, le haut et le bas du problème. Ne pas en voir la réalité c'est soit un manque d'informations, soit une volonté de ne pas se remettre en question. Certes couper la parole d'une femme et l'agresser physiquement ce n'est pas la même chose. Simplement c'est la même chose qui permet à des hommes de se le permettre. Cette chose c'est le patriarcat, lisez donc d'autres autrices que Caroline Fourest (qui reprends votre argumentaire au mot près) pour en apprendre plus sur cette question passionnante et primordiale.
NAUWELAERS
12/10/2024 à 13:02
P1314,
Très flatté que Fourest, que j'estime fort, reprenne mon type d'argumentation, avec des développements et des exemples concrets.
Bien plus que dans un simple post, bien sûr.
Attaquée par une pleine page dans «Libé», par Clémentine Autain, elle lui a répondu magistralement dans ce même quotidien avec une pleine page également.
Il est plus facile de discuter avec un mur plutôt qu'avec un ou une idéologue qui nie la complexité de la vie et la diversité des gens pour imposer une doxa monolithique aberrante se voulant progressiste.
Entre deux hommes qui donnent une gifle à une femme -geste inacceptable -il peut y avoir un Himalaya de différence(s).
Ce que l'idéologie bornée, butée et incapable de la moindre remise en question nie ou fait semblant d'ignorer.
Bien à vous et bravo à Fourest, Tristane Banon, Elisabeth Badinter et autres féministes hyper intelligentes, non radicales et non extrémistes.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Anna
07/10/2024 à 21:10
Pauvres types
Achim Vauklair
07/10/2024 à 22:34
delbor
les beaufs droitardés
rêvent de Pouvoir
ils ignorent que la nuit
viendra les dévorer
sans remise de prix
j'te cancel mec !
Thomas
08/10/2024 à 06:18
Ça fait beaucoup de mots pour dire "je suis un boomer réac et mascu qui se cache derrière son combat militant pour se dédouaner de sa misogynie" mais ok
Marie
08/10/2024 à 09:18
Pas beaucoup de sympathie pour ceux qui ont besoin de "se" justifier. Reste l'écrivain, parfois, le scénariste, bref...
Sybaritik
08/10/2024 à 09:43
Ecrire un bouquin pour se justifier, ou plutôt pour assumer d'avoir rabaissé quelqu'un, à priori c'est pas très reluisant, voire même légèrement dégueulasse. Ça fait un peu bullying... mais je ne connais pas l'histoire et cela s'inscrit peut-être dans une guéguerre entre ces deux personnages.
Ali Stirell
08/10/2024 à 09:56
CHRISTIAN NAUWELAERS : vous vendez des permis de bonne conduite ? cool job man...
Gilles
08/10/2024 à 14:21
C'est l'une des principales activités de l'extrême-droite dans les débats.
NAUWELAERS
09/10/2024 à 20:26
Gilles,
Et l'extrême stupidité dans les débats, elle ne dort jamais !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Marioniet
14/10/2024 à 08:35
Ah bon, vous êtes gaucher? Il fallait s'en douter, vu l'inanité de vos brefs propos !
NAUWELAERS
09/10/2024 à 20:25
Ali,
Je ne vends rien et j'écris ce que je pense, contre une certaine bêtise intolérante.
Désolé si cela vous dérange.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Edco
08/10/2024 à 10:06
Ouais , bof ! Begaudeau est au féminisme , ce que Kassovitz est au climat! ...2 sceptiques , un brin cyniques , why not ? ....
Oui ya des fautes d ortho...
Aurelien Terrassier
08/10/2024 à 12:26
https://youtu.be/kSfaxdvyiT4?si=EKtDc-inVVX7Z5vd Voilà François Begaudeau qui débat assez poliment avec le militant d'extrême droite patron du JDD et chroniqueur sue Cnews Geoffroy Lejeune.
Niclen
08/10/2024 à 12:55
Au moins Geoffroy Lejeune ne viendra pas, en privé, faire une mauvaise vanne sur De Villiers !
De l'importance d'être constant et honnête !
Aurelien Terrassier
08/10/2024 à 13:25
La justice a parlé François Begaudeau a été relaxé dont acte. Après d'un point de vue éthique et moral, je pense qu'un militant de gauche ne devrait pas débattre avec quelqu'un d'extrême droite, choisir un adversaire non un ennemi. C'est en tout cas ce que je pense même si cela s'applique le plus souvent pour le combat politique lors des élections et en particulier celles du second tour avec le fameux front républicain, je pense que confondre l'ennemi et l'adversaire est une faute.
Edco
09/10/2024 à 12:51
Oh là là , il débat avec qui il veut , c son pb.... Justement pour faire le buzz , il a intérêt à débattre avec tout le monde .....Par contre :
Un ennemi est -il un adversaire ?
Un adversaire est-il un ennemi ?
Peut-on être un adversaire sans être ennemi?
Peut-on être ennemi sans être adversaire ?
Peut-on être ami et adversaire ?
Vs avez 2 H ....🤭😉
Niclen
10/10/2024 à 00:22
La faute, c'est de prendre un adversaire politique pour un ennemi.
Ca conduit aux pires excès, à la violence verbale comme à la violence physique, car un ennemi, on ne cherche ni à le convaincre ni à le contrer, on cherche à l'éliminer. C'est le germe du fascisme.
Un fasciste, c'est celui qui prend son adversaire pour un ennemi.
Aurelien Terrassier
10/10/2024 à 16:50
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Gilles
08/10/2024 à 14:22
Pourquoi Lejeune vannerait-il quelqu'un dont il approuve les idées d'extrême-droite ?
NAUWELAERS
09/10/2024 à 20:28
Gilles,
Avec des ennemis comme vous, l'extrême droite a de beaux jours devant elle !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Niclen
08/10/2024 à 12:51
Symptomatique d'une certaine gauche sans aucun repère moral où la respectabilité n'est que de façade.
Ça me rappelle FH qui, dans l'intime, moquait les "sans-dents".
Rarement hiatus entre l'être et le paraître aura été aussi fort.
Gilles
08/10/2024 à 14:23
Plus grand monde de sérieux prétend que FH est de gauche.
Pour Bégaudeau, c'est peut-être pareil ?
NAUWELAERS
08/10/2024 à 15:24
BRAVO !
CHRISTIAN NAUWELAERS
NAUWELAERS
09/10/2024 à 19:40
Bravo Niclen (post du 8 octobre, 12h51).
Je précise sinon incompréhensible.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Jasper the disaster
08/10/2024 à 18:05
Le Beg est un narcissique compulsif qui ecrit des livres sans intérêt avec la seule obsession d'exister tous les ans en pondant sa petite crotte. Tout le contraire d'un écrivain dont la grandeur réside dans la parole rare et le retrait. Comme Yann Moix, prêt à tout pour exister trois minutes. Insupportable !
kristine
08/10/2024 à 16:21
Bizarre la lecture de cet article. On se dit et... ? et quoi ? ça vient ? ah bah non !
Alors comme ça il y aurait l'humour misogyne de gauche (sic) qui lutterait contre le moralisme de la société, et l'humour misogyne de droite qui lui est totalement condamnable ???
Auteur plein d'arrogance, produit d'une société masculiniste et misogyne qui, comme les lapins pris dans les phares ne peut pas prendre de distance et préfère l'humour potache entre garçon.
Juste une phrase qui pourrait l'amener à réfléchir un poil : "l'impact que de tels propos pourraient avoir sur la manière dont ses étudiants, son partenaire et ses enfants la voient. " Quelle image de soi peut-on avoir après de tels propos ?
Ramon Francoeur
09/10/2024 à 09:31
Bégaudeau
cet incel qui
se cherche
emmêlé dans
sa psyché dark
de petit bourgeois
flippé de gauche
faut-il un buché pour tous
les myso de PMU ?
Bénard
09/10/2024 à 15:07
Lire Bégaudeau ? Pas question. Pourtant récemment ma femme m’a mis l’amour entre les mains : « Tu devrais le lire. » « Cet anti féministe ? Je ne pense pas ». Je suis un très gros lecteur (entre 70 et 100 volumes par an) et j’ai mes listes de lectures en tête. Comme le Bégaudeau en question est resté deux jours sur la table basse du salon, j’ai fini par délaisser Les Enchanteurs de James Ellroy pour jeter un œil (par curiosité). Je l’ai lu en une journée. Et j’ai remercié ma femme. Anti féministe ou pas c’est une sacrée plume et j’ai apprécié son humour et son œil avisé sur les humains. Comme quoi… Bon, je retourne à Ellroy, bien moins drôle.
Edco
09/10/2024 à 16:47
Oui je confirme , ,L' amour , très bon livre , de même Entre les murs....Céline était bien un vil personnage et pourtant certains de ses livres , remarquables ...!
Ainsi est l être humain ....complexe ...
Pierre la police
10/10/2024 à 10:07
L'amour est une daube chichiteuse dont les 100 pages sont écrites avec une préciosité anti psychologique qui débouche sur le néant. Beg et ludi, c'est Miso et Maso sont dans un bateau. Qu'est ce qui reste : Miso publié par Carcassonne pour faire des thunes sur le le dos de Maso. Absolument répugnant.
NAUWELAERS
09/10/2024 à 20:30
Bravo Bénard,
Vous êtes un bon antidote contre une certaine bêtise omniprésente.
Vous savez ce qu'est l'ouverture d'esprit !
C'est comme un parachute, l'esprit: pour qu'il serve, il doit s'ouvrir...
Ce qui est hors de portée de trop de gens.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Wu Tang Slow
10/10/2024 à 09:30
Attention citoyen NAUWELAERS, vous allez finir par gagner un abo à vie au JDD le journal des clairvoyants en panne d'idées.
CHRISTIAN NAUWELAERS
10/10/2024 à 19:20
Wu Tang,
Post grotesque.
Christian Nauwelaers
Una
12/10/2024 à 06:17
Ça faisait très longtemps qu'on savait à quoi s'en tenir sur la misogynie de Begaudeau qui expliquait ainsi que dans les années 70 (genre il avait 3 ans), le féminisme était "plus joyeux".
En revanche, on ignorait que ce bonhomme faisait de "l'humour". Ça, c'est un scoop.
Un bouquin que je piraterai éventuellement et qui, comme les précédents, me tombera des mains au bout de 50 pages. Parce que si ce type s'imagine qu'on a rien de mieux à faire que se taper 450 pages de lui, il se trompe : on a des tas d'artistes à mettre dans nos lits.
NAUWELAERS
12/10/2024 à 21:27
Una,
S'il est si nul, pourquoi diable lire cinquante pages de lui ?
N'avez-vous personne de plus urgent à lire, et intégralement sans que cela vous tombe des mains ?
CHRISTIAN NAUWELAERS
Jasper the disaster
13/10/2024 à 15:26
Il suffit juste d'écouter cinq minutes de son podcast ciné "La gêne occasionnée" pour mesurer à quel point le ton de voix du personnage, la suffisance face à son sparring-partner et le contentement de soi infini qui transpire de cette outre bouffie d'elle-même, devait logiquement l'amener vers ses propos de beauf envers Ludi. Maintenant, dans le même créneau, on peut écouter Jean baptiste Thoret et voir la distance qu'il y a entre les deux. N'importe qui se serait excusé. Le Beg, lui, pond 450 pages sur le sujet. Voilà pour le personnage désormais démystifié (on appréciera à posteriori la saillie contre l'élève qu'il traite de "pétasse" dans "Entre les murs", 🥴🥴)
Wu Tang slow
14/10/2024 à 09:30
Christian Nauwelaers, seriez-vous Bégaudiste ? Bégaudien, tintinophile ? bête ? sournois ? anarchiste du dimanche ? voix de répondeur ? vendeur de tricycles à vapeur ? tartineur de biscottes ? flic en retraite ? voyageur représentant placier ? mème d'internet #issou ?
Pierre la police
14/10/2024 à 12:32
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NAUWELAERS
14/10/2024 à 19:52
Rien de tout cela, Wu Tang slow !
PLOUF, perdu !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Un lecteur
20/10/2024 à 09:58
Message de service : il me paraît impératif de ne plus donner à François Begaudeau l'occasion d'écrire d'autres merdes... ou d'en filmer comme disait le regretté Desproges.
Marioniet
20/10/2024 à 12:11
1)..."donner l'occasion"? Comme si celui qui écrit attend des "autres" l'occasion de se remettre à l'ouvrage...
2) 46 commentaires, c'est plus qu'il n'en faut pour quelqu'un qui vit de sa plume!!
NAUWELAERS
20/10/2024 à 18:27
Message de service à un lecteur: vive la censure !
Et qui en décide ?
Vous, le lecteur volontairement anonyme, de droit divin.
Tout le monde marche au pas et ensuite s'agenouille devant le lecteur anonyme qui est le maître absolu, défense de discuter !
Amen.
CHRISTIAN NAUWELAERS