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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

Le 29/09/2024 à 09:00 par Les ensablés

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29/09/2024 à 09:00

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Peut-être, finalement, n’entre-t-on avec délices dans ces romans que si l’on a eu la chance d’avoir de la famille en province, une maison ancienne au fond d’un jardin, des souvenirs d’escaliers qui grincent et de conversations au bon ton spirituel et toujours très discret. 

On y retrouve le parfum de nos madeleines, ou plutôt de celles de nos grands-parents, quelque chose de déjà désuet lorsque Octave Feuillet l’évoquait, et qui n’en est que plus délicieux aujourd’hui.
Les héroïnes sont des femmes, mais pas exclusivement, les rôles de personnages revenus de tout ou de bien de crapules « Monsieur de Camors » (1867), échéant libéralement aux hommes. Pour autant, et pas moins que les quelques héros masculins plus recommandables (p. ex. « Un Jeune Homme Pauvre » - 1858), ces hommes évoluent dans un monde où l’honneur transcende tout.

Quant aux femmes, elles sont représentées comme de purs êtres moraux et religieux, confrontées à de grandes difficultés, mais ne cessant jamais de se montrer distinguées et moralement supérieures, hormis quelques contre-exemples faisant office de faciles repoussoirs.

On a souvent réduit Feuillet à des romans apaisants, la peinture maintes fois répétée de microcosmes sclérosés pleurant une splendeur évanouie ; pour ma part jˊy vois une posture trop facile et ne rendant pas justice aux raisons de son succès.

Une fois la porte franchie, la lecture entamée, que trouve-t-on en effet à l’intérieur de ces bâtisses de province que sont les romans de Feuillet ?

Pour le savoir, le lecteur curieux pourra aisément se faire une idée en se plongeant dans « La petite Comtesse », texte relativement bref et nerveux.

On s’y engage en effet sans y penser, pour autant que l’on sˊabandonne à l’enjouement élégant du style, la cascade rafraîchissante des petites pointes sans méchanceté, un ensemble tout à la fois allègre et dans le parfait bon goût de l’époque : les traits d’esprit semblent sortis de l’extraordinaire film « Ridicule » : avec Octave Feuillet la France provinciale témoigne à chaque page qu’elle n’a jamais abdiqué sa fascination pour Versailles.

Quelques haltes esthétisantes rafraîchissent le lecteur et en appellent à sa sagesse : « La vallée est ainsi close de toutes parts… Si l’on pouvait jamais trouver la paix hors de soi-même, ce doux asile la donnerait : il en donne du moins pour un instant lˊillusion. »

La nostalgie nˊest que très relative ; absolument aucun mouvement de recul devant les bouleversements haussmanniens du Paris de l’époque que détestent pourtant les conservateurs, bien représentés par Veuillot, rédacteur en chef du très catholique LˊUnivers. « Ce quartier était joli autrefois, très vivant, très pittoresque, le soir surtout quand une population grouillante et mille feux l’animaient. Hier… c’était un désert des plus lugubres. On y nageait dans le macadam… ces grandes maisons neuves sont… comme sans histoire… point de boutiques sauf quelques cafés étincelants et vides ».

Et quittons un instant « La Petite Comtesse » pour apprécier à la fois le style et le modernisme de Feuillet dans « Monsieur de Camors » (1867) « Souverainement étranger à ces impressions agréables, Louis de Camors, un peu pâle, l’œil à demi-clos, un cigare entre les dents, s’avançait dans la rue de Bourgogne au petit pas de son cheval. Il prit le galop de chasse dans les Champs-Élysées, gagna le bois de Boulogne et le parcourut à l’aventure ; le hasard l’en fit sortir par l’avenue Maillot, qui n’était pas encore aussi peuplée qu’on la voit aujourd’hui. Déjà cependant quelques jolies habitations, précédées de pelouses verdoyantes, s’y élevaient dans des buissons de lilas et de clématite. »

Dans la « Petite Comtesse », nous trouvons ce qui fait le fond de cette indifférence un peu paradoxale de la part d’un mélancolique, cette parfaite résignation face aux bouleversements du Second Empire. Lˊépoque en effet nˊ« est pas sans quelques rapports essentiels avec les premiers temps du Moyen Âge… désordre moral, convoitise matérielle, violence barbare… ». Le Second Empire ne serait alors qu’une des banales itérations dˊun monde immuable, on se surprendrait presque à penser au « Guépard » (publié à titre posthume en 1958 et dont l’action commence justement en 1860) : « Il faut que tout change pour que rien de change », ambiguïté permanente de l’aristocrate, réactionnaire ou opportuniste ?

La vie mondaine quant à elle, sans doute vue de très loin par les lecteurs de Feuillet, ne fait que déployer toutes les fureurs de son immonde dissipation.

Cet éloignement de la « fête impériale » et de ses annexes provinciales, isole sous une cloche vertueuse les femmes qu’une « grande pureté d’âme… a protégées contre le désespoir, à lˊheure fatale de la quarantième année… un soin exquis de (la) personne… une sorte de pudeur dˊêtre vieille », contrastant plaisamment avec le type de la comtesse mondaine de lˊ« Histoire de Sybille » (1862) qui refuse la garde de sa petite-fille orpheline « femme très mondaine, encore jeune et qui croyait l’être un peu plus qu’elle ne l’était, accepta avec empressement une combinaison qui ajournait son rôle de grand-mère et en éloignait les apparences sensibles ».

L’avancée en âge de ces personnages vertueux et précocement sages est dˊailleurs très rapide : à 55 ans il « est un vieillard fort vif… mais la seule différence dˊannées ouvre des abîmes entre nous ». Le héros narrateur avoue quant à lui : « Jˊai 35 ans et il ne me suffit plus… du coup d’œil… bienveillant dˊune femme pour troubler la sérénité de mon âme. »

Normand tout autant que Maupassant, Feuillet réduit ses paysans, meuniers et domestiques à de superficiels éléments de décor, très loin de « La Ficelle » de Maupassant.

La noblesse devient un modèle qui dans lˊidéal serait « l’état-major intellectuel et moral dˊun pays », mais dont le bourgeois de l’époque se méfie « Une belle ruine historique, que j’aime, que je respecte, quand elle daigne ne pas m’écraser. »

Après le plaisir de cette immersion dans ce monde si proche et si différent, lˊhistoire devient presque indifférente, voire gênante, tant elle est un mélange de situations improbables et — sous des apparences contenues et dignes — véritablement larmoyantes, offrant un Eugène Sue en version distinguée.

On lit donc Feuillet pour l’atmosphère, les bons mots, certaines situations piquantes et rendues de façon agréablement nerveuse, et aussi pour l’absence radicale de ce qu’on appellerait aujourd’hui de « prise de tête ». Aucune madame Bovary ne viendra ici agiter nos consciences pures.

Aussi, sˊil ne nous imposait pas des dénouements toujours lourds, édifiants et invraisemblables, notre reconnaissance pour la fraîcheur que sa lecture nous procure serait quasiment sans mélange.

Finalement Octave Feuillet, dont la célébrité remonte à presque deux siècles, serait un Oublié plutôt qu’un Ensablé, un passager vaguement clandestin de cette rubrique. Oublié à juste titre, comme le seront peut-être dans quelques dizaines dˊannées nos auteurs à très grands tirages, dont les héroïnes ont échangé lˊhôtel parisien ou le château de province contre un toujours luxueux loft new-yorkais. Ils chatouillent intelligemment et aux bons endroits leurs lectrices et lecteurs, à qui leur gazouillis convenu offre plus dˊattraits que les trop vraisemblables Mesdames Bovary contemporaines.

Peut-être devrions-nous sortir Octave Feuillet de son statut d’Oublié/Ensablé, ne serait-ce qu’un instant de raison, le temps de le comparer à ses équivalents contemporains, et sans doute de le rejeter pour ceux qui n’auront que le souci de la correcte chose littéraire. Pour les autres, les indécis, les nostalgiques, il sera peut être le point de départ de longues rêveries, de réminiscences confuses, et pourquoi pas, d’un plaisir naïf devant lˊenchaînement rocambolesque et moral de situations compliquées.

Biographie : né en Normandie en 1821, Octave Feuillet fut un écrivain célébré sous le Second Empire avec, notamment, La petite comtesse, Le roman d’un jeune pauvre, et Monsieur de Camors. Élu à l’Académie française en 1862, il resta toute sa vie bonapartiste, sombrant peu à peu dans la dépression et la surdité. Il meurt à Paris en 1890, relativement oublié du public, lui, dont le succès avait été si éclatant.

 
 
 
 

Par Les ensablés
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31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00

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Quand être "ami des Juifs" devient un phénomène à interroger

Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».

02/10/2026, 06:00

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Une photo, deux visages, 70 ans de mystère

Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.

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De la gare du Nord aux hauteurs de Belleville, six voix pour un Paris vivant

Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.

 

01/10/2026, 14:00

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Cher Voltaire : quand Madame du Deffand ferraillait avec le philosophe

Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. » 

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Alien Clay : sur une planète-prison, la science devient une arme de liberté

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Retrouvés après 45 ans, les cahiers d’une adolescente des années 70 ressurgissent

Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.

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Longtemps reléguée derrière l’amour et la famille, l’amitié est aujourd’hui célébrée comme un lien choisi, plus libre et plus durable. Mais est-elle vraiment plus simple ? 

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Monaco n’a pas toujours ressemblé à une carte postale

Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.

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Boire, aimer, écrire : transformer l’ivresse en poésie

Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?

30/09/2026, 17:55

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Furia

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La Pleureuse : Camilla Läckberg rouvre un secret vieux de trente ans à Fjällbacka

La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans. 

30/09/2026, 14:00

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Maboule : délicieux périple de transmission

Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux  mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette. 

30/09/2026, 13:04

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Abdeljalil Lahjomri : les livres, ces compagnons qui refusent d’obéir

Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.

30/09/2026, 13:00

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Chat Larme : Hélène Cixous ouvre la porte des absents

« Ceci est mon dernier livre » : chez Hélène Cixous, l’annonce d’une fin n’achève rien. Elle ouvre au contraire une chambre supplémentaire dans la mémoire. Chat Larme naît de cette contradiction : vouloir retenir ce qui s’éloigne tout en sachant que l’écriture ne ressuscite pas. Alors elle cherche autrement, dans les carnets, les photographies, les rêves, les voix, les animaux aimés. Sortie le 8 octobre

30/09/2026, 08:30

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Keith Jarrett au Japon : quand une musique disparaît après avoir été jouée

En 1976, Keith Jarrett donne au Japon huit récitals solo en seulement treize jours. De cette tournée naîtront les Sun Bear Concerts, dix vinyles et plusieurs heures d’improvisation. Dans Keith Jarrett, Japon 1976, Philippe Séclier part sur les traces de cette aventure musicale devenue mythique.

30/09/2026, 08:00

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Elles quittent Tokyo pour une plantation de thé au pied du Fuji

Avec Le parfum des feuilles de thé, Camille Monceaux prolonge l’univers du Secret des bonbons pamplemousse dans un nouveau récit au cœur du Japon. Akane et Mayumi quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale, et se lancent dans une nouvelle vie rythmée par le thé et les saisons.

Illustrations par Virginie Blancher.

30/09/2026, 07:00

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Une pie, une clé et un drôle de trésor tout bleu

Avec Trésor d’hiver, Gilles Baum et Csil proposent un imagier où les animaux et les objets se répondent page après page. Pensé pour les tout-petits, cet album joue sur les formes, les matières et les associations pour laisser l’imaginaire prendre le relais. Dès 2 ans.

30/09/2026, 06:00

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Un fils adopté, une famille blanche : le vertige de L’Enfant de cœur

Tout commence par une disparition, mais le vrai vertige de L’Enfant de cœur est ailleurs : dans ce que chacun croit savoir de l’autre. Marie est enlevée avec une efficacité glaciale. Puis le récit recule, change de voix, ouvre les dossiers, les souvenirs, les versions. Laure de Rivières construit son roman comme une maison où chaque pièce possède une porte dérobée. On entre par la peur immédiate ; on découvre ensuite l’adoption de Noé, la séparation de ses parents, les familles recomposées, les signes que chacun interprète à sa manière.

29/09/2026, 17:00

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Agrégat

29/09/2026, 13:30

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En Chine, une disparition entraîne deux journalistes vers l’interdit

Un journaliste sur le départ, une fixeuse qui appelle à propos d’un disparu, quelques messages trop sensibles, puis un train vers l’ouest. Checkpoint China n’attend pas longtemps avant d’installer sa mécanique. Diego, correspondant franco-espagnol à Pékin, a passé des années à chercher l’enquête qui donnerait enfin du poids à son séjour chinois. Sortie le 5 novembre.

29/09/2026, 12:35

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Molière sur scène : ce que les metteurs en scène ont changé

Que révèle la mise en scène des pièces de Molière ? Dans Molière par la scène, un collectif de chercheurs examine le théâtre du dramaturge à travers les lectures proposées depuis la fin du XIXe siècle par les grands metteurs en scène, de Copeau à Sivadier.

29/09/2026, 08:30

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Les Bateaux d'argile

29/09/2026, 08:30

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Une soirée interdite, deux sœurs et beaucoup de miettes

Avec La Fiesta des miettes, Fanny Sidney signe son premier album jeunesse, accompagné par les illustrations de Dorothée de Monfreid. Deux petites sœurs profitent d’une soirée sans leurs parents pour organiser une fête clandestine qui risque de ne pas rester très tranquille.

29/09/2026, 08:00

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"La Diabolique" n’est peut-être pas celle que l’on croit

Dans Esquisse d’une serial killer, Hu Mu-ching revient sur une affaire criminelle qui a profondément marqué Taïwan. Condamnée à mort pour le meurtre de son mari, de sa mère et de sa belle-mère, Lin Yu-ju est devenue une figure médiatique haïe. Mais la rencontre avec une journaliste dans le couloir de la mort fait émerger une histoire plus complexe. Roman traduit du chinois par Lim Pierre-Mong.

29/09/2026, 07:00

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Elles ont fui la guerre... elles chantent l’exil

Dans Le Chœur ukrainien, Coralie Grimand donne la parole aux membres d’une chorale ukrainienne confrontés à l’exil et à la guerre. Au fil des récits de Svitlana, Valentyn, Tetyana et des autres, le chant polyphonique devient un espace où se croisent les trajectoires, les souvenirs et les blessures.

29/09/2026, 06:00

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Malaise chez les plongeuses : reconstruire l’humanité, en apnée

Kuschko, Maâyana, Sawannah, Nashree, Karadjian, Djessica, Solongo. Ils et elles sont sept, avec une mission précise – différente dans les détails, quoique l’objectif premier reste le même : faire renaître l'humanité. Après des mois, des années d’entraînement, ces soldat·e·s  se glissent dans des rêves, voyagent vers d’autres mondes… or, rien ne se passe jamais comme prévu.

28/09/2026, 18:37

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L’art de la sieste : éloge du temps flottant

Reparu en août, pendant que les éditeurs fourbissent leurs armes pour la rentrée, les lecteurs, eux, se gardent encore quelques jours de répit avant le marathon de septembre. Quand l’ouvrage traite de la sieste, le calendrier tient du sur-mesure : l’occasion idéale de parcourir, avec Thierry Paquot, l’histoire et la phénoménologie du roupillon de la sixième heure.

 

28/09/2026, 17:30

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L'odyssée tragique du MC Ruby : Un groupe de migrants jetés par-dessus bord

Cet album reprend le reportage du journaliste Philippe Broussard, couronnée du Prix Albert Londres en 1993. L'enquête sur un groupe de migrants africains jetés par-dessus bord au large du Portugal par l'équipage d'un porte-conteneurs. 

 

28/09/2026, 14:00