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À Illiers-Combray, la naissance de l'écrivain Marcel Proust

La journée a été rythmée par les sons du clocher de l’église Saint-Jacques à Illiers-Combray. L’église Saint-Hilaire à Combray de La Recherche du temps perdu. Dans le claironnement des cloches par moments le coq coquelinait. 

Le 23/09/2024 à 11:04 par Maria Danthine-Dopjerova

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Publié le :

23/09/2024 à 11:04

Maria Danthine-Dopjerova

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Jusqu’en 1971, le village s’appelait Illiers. Depuis le centenaire de Proust, le village s’appelle Illiers-Combray. Combray est le village, où, jusqu’à l’âge de ses quinze ans, le garçon Marcel Proust avec sa famille venait passer ses vacances de Pâques, et probablement ses vacances d’été également.

La dernière fois qu’il est venu à Combray, c’était en 1886, pour les funérailles de sa tante Léonie, dans sa vie réelle la tante Élisabeth Amiot. C’est justement de Combray que, dans son écriture, émergent beaucoup de souvenirs de sa mémoire involontaire. À cause de ses crises d’asthme, il ne pouvait plus y revenir, mais ne le désirait pas non plus, car comme écrit Roland Barthes dans le livre Marcel Proust, Mélanges : « Ce qui fait qu’en réalité pour écrire avec puissance il vaut mieux se souvenir que venir voir… Il vaut mieux avoir vu que voir ». 

Le regard d'adulte, sur un monde d'enfant

Avec l’écoulement du temps, par le filtre de nos souvenirs de l’enfance, tout prend des proportions plus importantes. Ce qui a été une forêt magique dans notre enfance, se transforme, dans le dégrisement de la vie adulte, en une petite allée, une jungle non-explorée devient un jardin banal, les greniers des maisons de nos grands-parents représentaient jadis des mondes à part, les vieux coffres remplis de pacotilles étaient des trésors d’une valeur non inestimée. Une flaque d’eau devant la maison à Charleville d’Arthur Rimbaud a fait la mer qui a nourri la création du Bateau Ivre.

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Marcel Proust a fait du jardin de Monsieur Swan un parc et il a fait d’une petite maison du village de sa tante Léonie la résidence noble avec toutes les habitudes de la vie mondaine, qu’il admirait et qu’il a su si brillamment toucher avec ses phrases interminables, avec chaque nouveau mot ouvrant de nouveaux horizons.

Les souvenirs pêchés dans la maison de la tante Léonie, où les samedis étaient marqués par le rituel des déjeuners avancés dans la petite salle à manger, car Françoise devait aller au marché de Roussainville-le-Pin, avec l’escalier menant dans la chambre de Marcel qu’il devait monter pour aller dormir et attendre le baiser de sa maman, ce petit escalier étroit était jadis un escalier haï et interminable, dans la petite cuisine où Françoise sadiquement laissait la jeune fille peler les asperges dont elle détestait l’odeur.

Si mes parents m’avaient permis, quand je lisais un livre, d’aller visiter la région qu’il décrivait, j’aurais cru faire un pas inestimable dans la conquête de la vérité. 

 

– Marcel Proust, À la recherche du temps perdu (Gallimard, 2019)

Nous avons cette possibilité. Déjà du train arrivant de Chartres à Illiers-Combray, on aperçoit l’église avec son clocher. Le clocher de l’église est visible partout, quand vous marchez dans l’avenue Georges Clemenceau, quand vous longez le collège Marcel Proust, elle pointe au-dessus des vieux murs en briques rouges, couverts de mousse, elle domine les petites maisons en couleurs, vous naviguant vers la place principale du village.

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Sur la place, devant l’église quelques vieilles maisons se serrent les unes contre les autres, avec leurs toits pointus dansants, avec les tuiles brunes, mais, après une pluie de fin d’été, aux nuances dorées, rouge et orange. Dans une de ces vieilles maisons, il y a aujourd’hui le restaurant La Madeleine de Combray, où, dans la cuisine, lors de la préparation des plats, une clochette tinte joyeusement.

Face à l'église /
Face à l'église / Maria Danthine

Marcel, devant l'église

Dans un café avec une petite terrasse, d’où on regarde l’entrée de l’église, et le banc sur lequel est assis le petit garçon Marcel en bronze, aux mains fines, avec un grand ruban noué autour du cou, dans un veston, avec fragilité et force, il fait penser au Petit Prince de Saint-d’Exupéry. Le soir, quand il fallait commencer à penser à l’heure du départ du train vers Chartres, je suis entrée une dernière fois dans l’église, je suis restée une dernière fois sur les marches devant son portail.

À LIRE – 83 heures pour lire tout Proust : qui dit mieux ?

Sur le banc, à côté de Marcel aux yeux profonds, un petit garçon aux cheveux décoiffés était assis, souriant, plongé dans la lecture de son livre. Du côté gauche du clocher de l’église, comme les papillotes argentées, est sortie une volée d’oiseaux.

Statut de Marcel Proust, devant l'église /
Statut de Marcel Proust, devant l'église / Maria Danthine

On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l’horizon où Combray n’apparaissait pas encore ; quand du train qui, la semaine de Pâques, nous amenait de Paris, mon père l’apercevait qui filait tour à tour sur tous les sillons du ciel, faisant courir en tous sens son petit coq de fer, il nous disait : « Allons, prenez les couvertures, on est arrivés. »

 

– Marcel Proust, À la Recherche du Temps perdu

Dans l’ombre de l’église Saint-Jacques, on entre sur une mosaïque de dalles grise-noire sur le sol, par une vieille porte grinçante en bois, on pénètre dans la pénombre de l’église et on tombe sur le manteau en pierre bleu d’une grande statue, et c’est comme si par cette couleur bleue, toute l’église s’égaillait. On ne voit que le bleu de ce manteau de pierre et après, dans l’émotion vous permettez à votre regard de continuer, en direction des voûtes, de glisser sur les bancs en bois, où pendant les messes de Pâques était jadis assis le petit Proust, sa maman, Françoise, Monsieur Swan, Eulalie.

Votre regard curieux court sur les peintures colorées au plafond, sur les touches d’un bleu qui surprend de nouveau sur chaque détail. La lumière passe par un nombre infini des couleurs dans cette église sombre, elle les illumine comme des bougies, elle en fait un caléidoscope riche, en mouvement permanent.

Plafond de l'église /
Plafond de l'église / Maria Danthine

Peinture, lumière, et architecture...

Je ferme les yeux, le caléidoscope a bougé, je les rouvre et tout est de nouveau différent. La lumière des vitraux descend d’une manière inapercevable, discrètement elle passe par les vitraux sur les murs foncés, et après jaillit aux tons rouge, jaune et vert sur le bois des bancs, rangés en rectangles soignés, sur lesquels on ouvrait les petites portières pour y entrer avec les chansonniers et les livres des prières, où on posait ses genoux endoloris, comme « un instant Mme Sazerat, posant sur le prie-Dieu voisin un paquet tout ficelé de petits fours qu’elle venait de prendre chez le pâtissier d’en face et qu’elle allait rapporter pour le déjeuner » (Marcel Proust, À la Recherche du Temps perdu).

Ses vitraux ne chatoyaient jamais tant que les jours où le soleil se montrait peu, de sorte que, fit-il gris dehors, on était sûr qu’il ferait beau dans l’église — à l’un de ces rares moments où l’église aérée, vacante, plus humaine, luxueuse, avec du soleil sur son riche mobilier, avait l’air presque habitable comme le hall de pierre sculptée et de verre peint, d’un hôtel de style moyen âge… 

 

– Marcel Proust

Le plafond peint est comme une broderie patiemment brodée pendant de longues années. On dirait que le bleu du manteau de la statue a bougé dans le courant d’air de la porte d’église ouverte. Dans cette modeste lumière, dans la pénombre de l’église luit le tissu rouge épais de la chaire. Sur les dalles cassées de l’allée principale, je pense à toutes les mariées et les maris, aux processions des fêtes et comme ils doivent faire attention pour ne pas tomber et ne pas subir la honte qui nourrirait pendant longtemps les langues commères du petit village.

Je m’avançais dans l’église, quand nous gagnions nos chaises, comme dans une vallée visitée par des fées, où le paysan s’émerveille de voir dans un rocher, dans un arbre, dans une mare, la trace palpable de leur passage surnaturel…

 

– Marcel Proust À la recherche du temps perdu

Tout à l’église est arrondi par le temps, les bords des vieux bancs en bois, les formes des pierres. Le bénitier de l’église avec l’eau bénie, dans laquelle juste les bouts des doigts se plongent, étaient, déjà dans le temps des passages de Marcel Proust, « comme si le doux effleurement des mantes des paysannes entrant à l’église et de leurs doigts timides prenant de l’eau bénite, pouvait, répété pendant des siècles, acquérir une force destructive, infléchir la pierre et l’entailler de sillons comme en trace la roue des carrioles dans la borne contre laquelle elle bute tous les jours. » (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu)

Dans le village, le souvenir de Marcel Proust

Le prêtre allume les bougies et ce même prêtre, quelques minutes plus tard, est assis dans la voiture et me laisse passer quand il sort de la cour de la paroisse. Je marche dans le village aux petites maisons basses, avec les entrées et les escaliers délabrés, sur les enseignes des maisons je lis « chirurgien-dentiste » ou « coiffeur ».

#[pub-3]

Le vieux et le très vieux se mélangent avec le plus récent et le très récent et à chaque nouveau pas, une odeur ou un bruit inattendu font ressusciter des moments du passé, de l’enfance, celui de Marcel, mais aussi des enfances de nous tous. Dans les entrées étroites des maisons on répare des escaliers qui risquent de s’écrouler, devant les maisons sont posés des outils, ciment et des échelles, pour que le monde du jadis de Marcel Proust ne disparaisse pas.

À l’habiter, Combray était un peu triste, comme ses rues dont les maisons construites en pierres noirâtres du pays, précédées de degrés extérieurs, coiffés de pignons qui rabattaient l’ombre devant elles, étaient assez obscures pour qu’il fallût dès que le jour commençait à tomber relever les rideaux dans les ‘salles’ ; des rues aux graves noms de saints…

 

– Marcel Proust

Sur la rose, qui voulait, mais n’avait plus le temps, s’épanouir, se balancent des gouttes de pluie. Le pétale, qui probablement tombera d’ici quelques heures, est fin et léger comme le parfum d’été, transparent, la lumière le traverse et derrière ce pétale fragile, derrière la prairie aux herbes sauvages, pointe, de nouveau le clocher de l’église Saint-Jacques. Ou est-ce l’église Saint-Hilaire ?

Centre du village /
Centre du village / Maria Danthine

Le clocher de l’église est derrière la maison de tante Léonie. Dans la mousse, sur le muret s’est assis le soleil du matin et derrière le muret jette un regard, à Combray toujours omniprésent, le clocher de l’église.

Clocher de Saint-Hilaire, mais si mince, si rose, qu’elle semblait seulement rayée sur le ciel par un ongle qui aurait voulu donner à ce paysage, à ce tableau rien que de nature, cette petite marque d’art, cette unique indication humaine. Quand on se rapprochait et qu’on pouvait apercevoir la tête de la tour carrée et sombre des pierres ; et, par un matin brumeux d’automne, on aurait dit, s’élevant au-dessus du violet orageux des vignobles, une ruine de pourpre presque de la couleur de la vigne vierge. 

 

– Marcel Proust, À la recherche du temps perdu

« Souvent sur la place, quand nous rentrions, ma grand-mère me faisait arrêter pour le regarder » (Marcel Proust). Peut-être le disait-elle à l’endroit où maintenant est assis Marcel Proust en statue. À côté de cette même église, au sommet de laquelle tournait le coq en métal, qui a scandé chaque activité du village de Combray, qui était au courant de tout mouvement, de chaque heure écoulée du village. Dans la maison de tante Léonie, les habitants avaient l’impression que les cloches sonnent sous le toit de leur propre maison.

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Ces sons de cloches qui entrecoupaient les activités de la maison, quand le petit Marcel prenait le sachet de la pharmacie et mettait la dose des feuilles du tilleul sur une assiette pour préparer le thé de sa tante, ou quand tante Léonie demandait à Françoise de lui servir des œufs à la crème sur une assiette plate, car elle aimait lire les écritures sur les assiettes, peut être pendant que les sons des cloches, elle mettait ses lunettes et après avoir lu « Ali-Baba et les quarante voleurs, Aladin ou la Lampe merveilleuse », elle prononçait son fameux : « Très bien, très bien. » L’église, dont la présence dans le paysage de Combray est ressentie même aux endroits d’où on ne peut pas la voir. 

Image :
Maria Danthine

C’était lui qui parlait pour elle. Je crois surtout que, confusément, ma grand-mère trouvait au clocher de Combray ce qui pour elle avait le plus de prix au monde, l’air naturel et l’air distingué. Ignorante en architecture, elle disait : « Mes enfants, moquez-vous de moi si vous voulez, il n’est peut-être pas beau dans les règles, mais sa vieille figure bizarre me plaît. Je suis sûre que s’il jouait du piano, il ne jouerait pas sec. »

 

Et en le regardant, en suivant des yeux la douce tension, l’inclinaison fervente de ses pentes de pierre qui se rapprochaient en s’élevant comme des mains jointes qui prient, elle s’unissait si bien à l’effusion de la flèche, que son regard semblait s’élancer avec elle ; et en même temps elle souriait amicalement aux vieilles pierres usées, dont le couchant n’éclairait plus que la faîte et qui, à partir du moment où elles entraient dans cette zone ensoleillée, adoucies par la lumière, paraissaient tout d’un coup montées bien plus haut, lointaines, comme un chant repris ‘en voix de tête’ une octave au-dessus.

 

- Marcel Proust, À la recherche du temps perdu

À la fin de la journée, inconsciemment j’ai déjà pris l’habitude de chercher en permanence le clocher de l’église. À chaque pas, j’avais l'impression que je devais apercevoir au moins sa cime et dès que je le voyais, rassurée, mon cœur sursautait de joie. 

Crédits image : Maria Danthine / CC-BY-SA

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Par Maria Danthine-Dopjerova
Contact : maria@danthine.com

15 Commentaires

 

Brichot

23/09/2024 à 17:30

C'est dommage mais tout est faux dans cet article.
En effet si l'on considère que Combray est Illiers, on se trompe sur toute la Recherche. Si effectivement il y a un constant décalage entre le roman et la réalité des lieux, c'est qu'en " réalité " la plupart des évènements décrits se sont déroulés à Auteuil.
Avec Contre Sainte-Beuve et Jean Santeuil, nous sommes plus près de la biographie. A l'époque la Madeleine du roman n'était encore que du pain grillé.

Maria

24/09/2024 à 09:47

Je vous remercie pour votre commentaire. Effectivement, j'en suis bien consciente que dans l'œuvre de Proust il y a un décalage entre le texte et la réalité, qu'il s'agit d'une mosaïque des endroits et des moments qui ne correspondent pas toujours à la réalité des lieux. Le but de mon article était de mettre en lien mes impressions de Combray, notamment de l'église de Combray avec les textes de la La recherche du temps perdu où Combray est souvent évoqué...Je ne pensais pas de me tromper en disant que la tante Léonie de la Recherche était inspirée par la tante paternelle de Proust, la sœur de son père, Elisabeth Amiot. Le père de Proust est bien né à Combray. L'église Saint-Hilaire de la Recherche était inspirée de l'église de Combray (église Saint-Jacques). Et dans cet article il s'agit de mes impressions du village de Combray et de son église.

Brichot

24/09/2024 à 12:29

Bonjour, ce que je trouve surtout abusif, c'est la façon dont Illiers s'adjuge Marcel Proust afin d'en faire un objet de commerce et ceci sans aucune nuance. Certainement il faut en donner aux touristes (qui ne lisent pas Proust) pour leur argent. J'ai visionné un film de la visite de la maison, le commentaire est consternant. Je pense que votre site devrait être plus réservé au sujet de ce Proustoland.

Bernard BAUDOUIN

03/10/2024 à 17:00

Bonjour
Je ne vous félicite pas pour votre commentaire. Je crains que vous n'ayez pas compris grand chose à M. Proust.
B. B.

Brichot

03/10/2024 à 19:17

Bonsoir, j'ai lu votre commentaire et pris connaissance de votre certificat de naissance, effectivement vous avez bien compris que la " recherche " c'était beaucoup d'introspection.

Neveu

24/09/2024 à 04:55

Ololoooo
Informez-vous d’abord, sur toute la génétique qui a été faite des manuscrits de Proust, pour découvrir ses sources dans la réalité. C’est tout à l’ITEM, avec Nathalie Mauriac. Et dans les archives du Collège de France, avec Antoine Compagnon

nevue

24/09/2024 à 14:38

PS Je suis désolée, il était trop tôt ce matin, mon commentaire est nul et impossible de l'enlever. Désolée -(

Vous avez raison, il EDF njl.

03/10/2024 à 10:31

Effectivement il est nul.

Clovis Nasiala

24/09/2024 à 07:35

Je suis joyeux de voir Marcel, et de lire l'histoire de l'église. Merci beaucoup

Lamine Amar

24/09/2024 à 11:06

Purée les puristes proustiens qui ne jurent que par le sophiste Compagnon et dès qu'on touche à leur petit Marcel se roulent en boule outrée du sacrilège qu'on inflige au GRAND ÉCRIVAIN DE NOTRE PATRIMOINE oulala les pauvres Combray paris la ZAC de bourg en Bresse ça change quoi au final ? Charlus sera toujours Charlus on s'en fout qui il était les bourges restent des bourges

Nathalie

24/09/2024 à 12:20

Très bel article - merci à la journaliste - émaillé de citations très bien choisies.
Je suis retournée à Illiers-Combray cet été : cet article retranscrit ce que l'on y ressent de familier et de réconfortant quand on est amoureux de l'œuvre de Proust.

Maria

24/09/2024 à 13:50

Merci

Bozena

26/09/2024 à 10:17

Merci Maria,

un article agréable à lire qui nous plonge dans l'ambiance "proustienne" et qui nous redonne l'envie de relire les livres de Marcel Proust.

Bernard BAUDOUIN

03/10/2024 à 16:47

Remarquable évocation de mon village natal. La photo du Kebab, à la place du grainetier de mon enfance, fait un peu tache.... Rien n'est parfait.

Je suis né en 1945, à cinquante mètres de la maison de la Tante Léonie, rue St Hilaire, à Illiers -pas encore Combray à cette époque-, dans la maison de mon grand père, sabotier au numéro trois de cette rue.
J'allais, plus tard - j'avais alors huit et dix ans -, passer mes vacances de Pâques chez ma tante, toujours rue St Hilaire, et surtout passer des moments extraordinaires dans le jardin du grand père.
Je lisais beaucoup, aussi : les livres de prix des grands parents trouvés au grenier, les livres de la bibliothèque paroissiale (ma tante fréquentait beaucoup l'église), et tout ce qui me tombait sous la main.

Mon grand père avait anciennement acquis, d'un pharmacien je crois, un pré et un jardin, longés par le Loir, symétrique par rapport à celui-ci du jardin d'agrément de l'oncle de Marcel Proust. Ma tante avait reçu ce lot en héritage au décès du grand père. Le pré servait, pour un boucher qui l'avait loué pour cet usage, d’accueil aux bêtes en attente de boucherie, et le boucher y prélevait à mesure de ses besoins. Le jardin y avait été creusé d'un bassin, que l'on appelait le vivier, et dont le niveau de l'eau suivait celui du Loir. Ce bassin était envahi de nénuphars, feuilles contre feuilles, et recelait des poissons - petits gardons, petites perches, petites tanches, petites carpes .
Si vous passez sur le chemin le long du Loir, vous apercevrez peut être, entre pré et jardin, un grand épicéa majestueux. Je l'ai connu tout petit, lors des Noëls de mon enfance, alors transplanté momentanément dans la salle à manger du grand père.
Ce jardin, c'était l'endroit où je passais du temps pendant mes vacances là-bas, pêchant les poissons du vivier en admirant les reflets du ciel et des nuages entre les feuilles des nénuphars; lisant, dans le bruissement des feuilles de peuplier de la plantation de Mr Dachée (le marchand de bois), agitées par la brise. Ils étaient dans un terrain marécageux le long du Loir, jouxtant le pré du grand père, et qui allait de celui-ci jusqu'à la « Grand Planche », le pont sommaire qui traverse la rivière en venant du village.
J'y appréciais beaucoup le calme ambiant, rythmé de quart d'heure en quart d'heure par l'horloge du clocher : un coup pour le premier, deux pour le deuxième, puis trois, puis des quatre précédant les coups sonnant l'heure, d'une sonorité spéciale dans cette ambiance.
J'ai d'ailleurs vécu le baptême d'une nouvelle de ces cloches, « Marguerite », en 1950, et j'ai couru - bien petit pour en récupérer beaucoup - après les dragées lancées dans l'assistance à cette occasion.

Je gardais de mon enfance ces souvenirs particuliers, inexprimables, cette ambiance, ce bruissement de feuilles, ce ciel reflété entrevu, le son des cloches qui annonçaient le « pain beurre chocolat », enveloppé de papier aluminium, de mon « quatre heures ».


J'ai dit inexprimables. Je le pensais jusqu'au jour où, ayant entrepris la lecture de « A la recherche du temps perdu », je les retrouvais, ces souvenirs, sous la plume de Marcel Proust, magnifiques et sublimés par son écriture : émotions.... A se demander si le petit Marcel n'avait pas été invité là par le propriétaire d'alors, peut être ami du docteur Proust ?

Alors je pense que l'une des raisons du succès de « La recherche », c'est que Marcel Proust a eu le génie de s'approprier, de retrouver les sensations de chacun, dans chaque épisode de sa vie propre, enfance , amours déçus, voyages, vie sociale... et de les utiliser, à l'instar de la madeleine de la tante Léonie, pour ouvrir la boite de Pandore des souvenirs secrets. Chaque lecteur trouve ainsi dans « La Recherche », à un moment ou à un autre, l’écho émouvant de son passé.


Depuis ce temps, Illiers a bien changé : le clocher ne sonne plus les quarts d'heure (ça dérangeait les parisiens), les peupliers de « chez Dachée » sont remplacés par un jardin public, les commerces de la place de l'église ont fait place à un Kebab et autres exotismes....Et exit le café de Jeanine Calot, en face de l'église : trois marches pour y descendre, et une toute petite salle ou les jeunes d'Illiers se retrouvaient pour rire et jaser plutôt que pour boire...

Et je peux attester que les souvenirs des vacances de Proust chez sa tante reflètent bien l'ambiance d'Illiers que j'ai connu, n'en déplaise aux grincheux (voir les divers commentaires...)
Il est exact qu' Illiers n'est pas Combray, qui est le nom d'un petit endroit non loin de Cabourg. De nombreux noms de lieux de " la recherche" proviennent de cette région, abondamment visitée par par M. Proust en voiture avec son chauffeur - entre autres "Germantes". On retrouve cela sur les cartes "Michelin", au moins sur les anciennes.

Cultivons nos souvenirs, du producteur au consommateur.....




Maria

03/10/2024 à 18:54

Merci pour cette belle lecture de vos précieux souvenirs.

Du côté de chez Swann

Marcel Proust

Paru le 07/11/2019

527 pages

Editions Gallimard

9,20 €

A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Marcel Proust

Paru le 22/08/2019

816 pages

Editions Gallimard

8,10 €

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Orange mécanique, de Stanley Kubrick, sorti en 1971, a plus ou moins éclipsé le roman original d'Anthony Burgess, L'Orange mécanique, paru une décennie plus tôt (trad. Georges Belmont et Hortense Chabrier, Robert Laffont). L'imagerie cinématographique est en tout cas devenue indissociable du texte, notamment via les décors brutalistes dans lesquels évoluent Alex DeLarge et ses compères malintentionnés. Dans le sud-est de Londres, certains souhaitent protéger et préserver cet héritage architectural.

23/01/2026, 15:20

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Jair Bolsonaro en prison : la lecture de livres réduirait-elle vraiment sa peine ?

Dans une scène qui aurait ravi le plus grinçant des dramaturges, le prisonnier Jair Bolsonaro — ancien président du Brésil et figure emblématique de l’extrême droite — se tourne vers la lecture… Non pour se divertir, mais comme stratagème pour alléger sa peine de prison. 

19/01/2026, 10:20

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ActuaLitté partage ses plus belles lectures 2025

Il ne s’agit pas d’un de ces bilans qui accompagnent les fins d’années ni d’une projection sur ce que sera celle à venir. Juste d’un partage de nos petites lectures, hors du boulot et des heures de bureau. Celles qu’on se garde pour soi… jusqu’à ce qu’on les partage finalement avec plaisir.

15/01/2026, 16:32

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En Italie, l'histoire du coiffeur qui sauvait les livres promis à la poubelle

On connaissait le vieux qui lisait des histoires d’amour. Mais personne n’avait encore envisagé d’écrire l’histoire poignante du coiffeur qui restaure les livres abîmés. Silverio Perrone réside à Miasino, dans le nord du Piémont, non loin de la frontière suisse. Sa carrière de coiffeur a pris une autre tournure le jour où il reçut un carton d’ouvrage dont son frère se débarrassait… 

14/01/2026, 17:16

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Le retour de Michel Houellebecq se fait... en musique

Michel Houellebecq s’apprête à renouer avec la scène musicale. L’écrivain français, prix Goncourt et l’un des auteurs les plus traduits à l’étranger, prévoit la sortie en mars d’un nouvel album, suivi d’une tournée, selon des informations communiquées par son entourage à l'AFP. 

14/01/2026, 16:16

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Quand TikTok transforme une bibliothèque de Prague en attraction touristique

Dans le centre historique de Prague, une scène étonne : une file d’attente devant une bibliothèque publique, comme si Franz Kafka avait été programmé pour une rencontre avec ses lecteurs. Sauf qu’ici, ce ne sont pas les livres qu’on attend – c’est une œuvre d’art devenue star des réseaux sociaux.

13/01/2026, 18:21

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Quand casser des toilettes met une bibliothèque hors service

Le scénario aurait de quoi faire sourire, s’il n’avait pas transformé une bibliothèque en chantier imprévu... Sur l’île suédoise d’Öland, la bibliothèque municipale de Färjestadens a récemment subi un important dégât des eaux, conséquence indirecte d’un acte de vandalisme ciblant les sanitaires accessibles aux personnes à mobilité réduite...

08/01/2026, 16:54

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À Édimbourg, “le café de Harry Potter” rouvre après l’incendie de 2021

Situé sur George IV Bridge, dans la vieille ville d’Édimbourg, le café The Elephant House, associé aux séances d’écriture de J. K. Rowling sur les premiers Harry Potter, a rouvert ses portes après plus de quatre ans de fermeture, consécutive à l’incendie d’août 2021.

05/01/2026, 13:05

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Faulkner, Christie, Hammett : ces romans qui basculent dans le domaine public en 2026

Après les auteurs qui entrent dans le domaine public en France en 2026, un autre calendrier mérite l’attention, cette fois du côté des États-Unis. Chaque 1er janvier, le Center for the Study of the Public Domain, de la Duke University School of Law, publie son Public Domain Day, qui recense les œuvres devenues librement réutilisables outre-Atlantique. En 2026, la grande vague concerne surtout les créations de 1930.

02/01/2026, 17:51

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Ces écrivains et artistes entrent dans le domaine public en 2026

À l’aube de 2026, certaines œuvres cessent d’appartenir au temps des héritiers pour rejoindre celui des lecteurs. Des voix majeures du XXe siècle, des penseurs, des écrivains et des artistes passent du côté du bien commun. Une date, une bascule juridique, et tout un paysage littéraire et artistique prêt à être relu, repris et réinventé.

02/01/2026, 15:45

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Pourquoi J. R. R. Tolkien détestait Dune de Frank Herbert

On peut très bien ne pas aimer Dune version David Lynch : ce dernier l'a d'ailleurs renié. Quant à la version Denis Villeneuve, on comprendra même aisément qu’on reste à distance de son lissage général. Mais s'en prendre à l’œuvre originale de Frank Herbert, cette impressionnante machine philosophique et politique, est plus audacieux. Un autre géant du XXe siècle s'y est risqué, en la personne de J. R. R. Tolkien...

31/12/2025, 13:33

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Book breaks : quand la lecture se transforme en produit touristique

Lire un livre au calme, sans notifications ni interruptions, est désormais une raison officielle de partir en vacances. Les reading retreats, ou book breaks, se multiplient dans plusieurs pays, portés par des clubs de lectrices, des entrepreneuses du tourisme et des hôtels qui ont compris que le silence se vend bien. Organisés dans des lieux calmes, ils promettent de longues plages de lecture et une déconnexion numérique, attirant surtout des femmes de 30 à 50 ans en quête de temps pour lire.

30/12/2025, 16:32

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Balthazar, le Mage qui revient : un conte philosophique et poétique

Alors que les galettes des Rois réinvestissent les vitrines des boulangeries à l’approche de l’Épiphanie, André Claverie (P.S. Hoggar,) propose à ActuaLitté un extrait de Jusqu’à mon dernier mot, une méditation littéraire autour des Rois mages et de la figure singulière de Balthazar. L'ancien doyen de la faculté des lettres de l’ex-Université des Antilles et de la Guyane s’inscrit ici dans une tradition de réécriture et de méditation, après Michel Serres et Michel Tournier, pour interroger ce que ces personnages mythiques peuvent encore dire à notre présent.

30/12/2025, 15:15

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23 livres rares volés en 2008, retrouvés en 2025 : un final digne d’un film

Il y a des histoires qui semblent tout droit sorties d’un roman d’espionnage ou d’un scénario méticuleusement ficelé. Mais cette fois-ci, la réalité dépasse la fiction. Après dix-sept années d’errance silencieuse, vingt-trois livres rares — dérobés en 2008 dans la prestigieuse Durning-Lawrence Library de la Senate House Library à l’Université de Londres — ont été retrouvés dans une librairie de Barcelone en 2025. 

25/12/2025, 17:55

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Il voulait offrir un cadeau à sa sœur : une histoire de Noël en Italie

Une histoire qui pourrait inspirer un film de Noël, ou en être tirée : à Mugnano di Napoli, commune de la banlieue napolitaine, un enfant de 11 ans, ayant perdu sa mère, a quitté son domicile pour vendre ses dessins et quelques livres devant un magasin de jouets. Son objectif : réunir assez d’argent pour acheter un cadeau de Noël à sa sœur de trois ans. Repéré dans la rue, il avait été pris en charge par les carabinieri, tandis que son père signalait sa disparition...

24/12/2025, 12:49

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Tintin parle gascon, bourguignon et patois : un album au cœur des langues régionales

En France, Les Bijoux de la Castafiore connaît un regain d’actualité à travers trois traductions récentes en langues et patois régionaux : le gascon, le patois montcellien et le bourguignon de l’Auxois. Portées par des tintinophiles et des associations locales, ces versions ont été publiées avec l’accord des ayants droit de l’œuvre d’Hergé. Si ces parutions attirent l’attention, elles s’inscrivent dans une démarche plus ancienne de traduction de l’album dans de nombreuses langues régionales et minoritaires, en France et au-delà.

23/12/2025, 17:43

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Donald Trump et la culture : la bataille du Kennedy Center

L’inscription du nom de Donald Trump sur la façade du Kennedy Center constitue une nouvelle étape dans sa stratégie de réappropriation symbolique des grandes institutions culturelles américaines. Depuis le 19 décembre 2025, le bâtiment emblématique de Washington affiche officiellement l’intitulé The Donald J. Trump and the John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts, une décision qui a suscité une indignation immédiate, bien au-delà des cercles artistiques.

23/12/2025, 14:23

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Quand la bibliothèque de Hambourg ferma : les étudiants cachaient les livres

Une bibliothèque universitaire a récemment fermé ses portes à Hambourg… non pour travaux de rénovation ou grève du personnel, mais pour… remettre de l’ordre dans ses collections. Le phénomène pourrait prêter à sourire — s’il n’illustrait pas avec tant de relief la logistique invisible des infrastructures documentaires.

23/12/2025, 10:24

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Les 11 livres recommandés par Barack Obama pour la fin d’année 2025

Comme chaque fin d’année, Barack Obama a publié sa liste de livres préférés. En 2025, l’ancien président des États-Unis partage onze titres qui ont marqué ses lectures récentes et rappelle, séparément, ceux recommandés durant l’été. Une sélection dominée par les romans contemporains, les essais politiques et les enquêtes journalistiques. Une sélection pour les anglophones, en attendant les traductions.

22/12/2025, 17:06

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À Paris, une péniche dédiée à la littérature ouvrira au pied de Notre-Dame

Le groupe Artflux annonce l’ouverture, au printemps 2026, d’un nouveau lieu culturel baptisé NANNA : une péniche entièrement dédiée à la littérature, installée sur la Seine, au pied de Notre-Dame de Paris. Pensée comme une bibliothèque vivante et un espace de rencontres, elle proposera près de 5000 ouvrages de seconde main en libre accès, ainsi qu’une programmation littéraire mêlant événements publics et formats participatifs. 

22/12/2025, 13:37

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Après la mobilisation, les appartements de Jacques Prévert et Boris Vian sont sauvés

L’appartement parisien de Jacques Prévert, situé cité Véron, derrière les ailes du Moulin Rouge, ne disparaîtra pas. Après plusieurs semaines de polémique et une mobilisation d’ampleur nationale, un accord a été trouvé le 19 décembre entre la direction du célèbre cabaret et les héritiers du poète, mettant fin à un projet d’agrandissement qui menaçait directement ce lieu emblématique de la vie littéraire française.

22/12/2025, 13:04

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Une voleuse arrêtée pour 11 mangas dérobés lors d'un grand incendie

Une matinée ordinaire s’est transformée en scène pour le moins surréaliste dans le centre-ville de Hakodate, mardi 2 décembre 2025. Alors que les flammes et la fumée se répandaient dans les rues — un important incendie ayant mobilisé les services de secours et perturbé la circulation — une librairie située au sein du grand magasin Marui Imai a été le théâtre d’un fait divers insolite : le vol de mangas en période de crise.

20/12/2025, 10:32

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“Le loup mal aimé“ d'Intermarché : l’histoire était-elle déjà écrite ?

Le studio Illogic, créateur du « Loup mal-aimé », star de la publicité d'Intermarché aux centaines de millions de vues, a été accusé de plagiat par Thierry Dedieu, auteur jeunesse. Il a reconnu, dans le film d'animation, le personnage et le récit de son album Un Noël pour le loup publié en octobre 2017 par Seuil Jeunesse. 

19/12/2025, 11:53

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Journal d'un pigeonnier : “Si tu reviens, je publie tout”

PARODIE – Auteur et traducteur, Mathias de Breyne propose à ActuaLitté une chronique littéraire (peut-être sarcastique... peut-être) du livre d'une personnalité récemment incarcérée et ressortie assez vite. Probablement pour que l'ouvrage bénéficie d'un peu de presse. Ou pas. 

18/12/2025, 18:12