On célèbre aujourd'hui le centenaire de la naissance officielle du mouvement surréaliste, marquée par la publication, le 15 octobre 1924 aux défuntes éditions du Sagittaire, du manifeste bien connu d’André Breton. Moins illustre, et pourtant antérieur, le manifeste de Louis Aragon, Une vague de rêves, réédité par Seghers en janvier dernier. Il révèle une fois de plus en quoi les deux hommes étaient si différents : la rigueur morale face à la séduction, et malgré tout, deux des plus importantes figures du XXe siècle littéraire.
Le 15/10/2024 à 18:40 par Hocine Bouhadjera
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La première mention de « surréalité », en cette année 1924, n’est pas dans le manifeste d’André Breton, « le pape du mouvement », mais dans Une vague de rêves d’Aragon, son « vice-roi ».
Dans un entretien avec la journaliste Dominique Arban de 1968, Louis Aragon raconte : « Le cubisme littéraire, dada ensuite, brouille et on se mit, dans la presse, tout à fait en-dehors de nous, à nous appeler les « surréalistes », mot emprunté à la préface des Mamelles de Tirésias d’Apollinaire, mot fait sur le modèle du mot surnaturaliste, qu’on trouve chez Gérard de Nerval. »
Et de compléter : « Nous voulions, à tout cela, donner une certaine cohésion, et nous avons accepté l’extension du terme surréaliste, mais tout d’abord en nous arrogeant le droit de fixer le sens du mot. C’est à moi qu’il incomba de le faire, car le Manifeste du surréalisme d’André Breton écrit pendant l’été 1924 est postérieur à un texte de moi, lequel s’appelle Une vague de rêves, remis à cette revue en juin et qui parut au début d’octobre 1924 dans Commerce. » Publié dans la revue de Paul Valéry, Léon-Paul Fargue et Valery Larbaud, mais aussi tiré en plaquette, avec la mention « Hors commerce ».
Le Premier Manifeste du Surréalisme, signé André Breton, est lui né d'un projet de préface à son texte, Poisson soluble. Durant l'été 1924, ses pensées se développèrent en une réflexion théorique substantielle qui donna le manifeste. La Pléiade a publié un tirage spécial du texte le 19 septembre dernier, accompagné d'autres textes écrits par André Breton, jusqu'en 1962.
À ceux-ci rien ne fera entendre la vraie nature du réel, qu’il n’est qu’un rapport comme un autre, que l’essence des choses n’est aucunement liée à leur réalité, qu’il y a d’autres rapports que le réel que l’esprit peut saisir, et qui sont aussi premiers, comme le hasard, l’illusion, le fantastique, le rêve. Ces diverses espèces sont réunies et conciliées dans un genre, qui est la surréalité. (...) La lumière surréaliste, comme dans les yeux de toutes les femmes.
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Aujourd’hui, Une vague de rêves résonne comme le bilan d’un mouvement de plusieurs années, qui pour l’auteur du Fou d’Elsa ressemble déjà à un passé fécond. C’est en 1919 que le premier texte dit « surréaliste » est écrit par André Breton et Philippe Soupault, Les champs magnétiques. Le mot était alors synonyme d’écriture automatique, témoigne encore Aragon : « Breton et Soupault s’étaient attachés à reproduire à l’état de veille des phrases ainsi « dictée » en essayant d’abolir la censure consciente, par la vitesse d’écriture. La main qui écrit invente ainsi plus vite que l’esprit ne pense. »
À la fin d'Une vague de rêves, il évoque avec lyrisme ses compagnons d'aventure artistique. De Paul Eluard, « écrasé par les machinistes sur un piano », qui « incarne un sursaut des étoiles, métaphore de sa résilience créative », en passant par Suzanne Muzard, « caméléon capricieux qui se métamorphose avec le vent, rappelant que "l’eau est l’égale de l’homme" », Robert Desnos, lui qui « a plusieurs fois essayé la mort pour un mot », Max Ernst, peintre de cataclysmes, René Crevel, qui « flotte dans un sommeil ambulatoire ».
Mais aussi Pierre Naville, avec ses « grandes colères », Benjamin Péret, un poète héroïque, Joseph Delteil, Man Ray, Mathias Lubeck, Jacques Baron, Denise, Roger Vitrac, Jean Carrive, Pierre Picon, Francis Gérard, Simone, Charles Baron, Georges Malkine, Jacques-André Boisfard, Savino de Rome, Marcel Noll, Renée Gauthier, Georges Bessière, ou encore, bien sûr André Breton. Seghers, encore, a réédité en mai l'anthologie de toute cette poésie, parfois oubliée, réalisée par celui qui fut un membre du groupe surréaliste, Jean-Louis Bédouin.
Louis Aragon dépeint le tableau vivant d'un groupe disparate, uni par le désir de subvertir, de réinventer et d'explorer les limites de l'expression humaine, tous rassemblés dans une « romanesque auberge pour les idées inclassables et les révoltes poursuivies ».
Les coïncidences accompagnent bientôt les récits des dormeurs. On voit bientôt naître l’ère des illusions collectives, et sont-ce après tout des illusions ? (...) Leurs sommeils sont de plus en plus prolongés. Ils ne veulent plus qu’on les réveille. Ils s’endorment à voir dormir un autre, et dialoguent alors comme des gens d’un monde aveugle et lointain, ils se querellent, et parfois il faut leur arracher les couteaux des mains.
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Si les préceptes du surréalisme ont donc été largement éprouvés en 1924, reste que les deux figures principales de ce qui deviendra officiellement un mouvement cette même année, révèlent à travers leurs textes respectifs, à quel point ils étaient différents : « Louis Aragon était un esthète, un écrivain pour qui l'art de bien dire était primordial », partage avec ActuaLitté celui qui a notamment dirigé la publication de l’œuvre poétique d'Aragon dans la Bibliothèque de la Pléiade, Olivier Barbarant.
Celui qui publie un nouveau recueil de poésie en novembre chez Gallimard, Partitas pour violon seul, complète : « Contrairement à André Breton, qui se positionne comme le théoricien du surréalisme, Aragon privilégie la poésie sur la théorie. Si Breton est souvent placé au sommet de la hiérarchie surréaliste, la réalité est que le surréalisme était avant tout un groupe de création, où chacun développait son propre surréalisme, en partant du Victor Hugo romantique de la pièce Cromwell, et sa préface. »
Mais comment Une vague de rêves, rédigé quelques mois avant Le Premier Manifeste du Surréalisme, a-t-il été tant oublié, malgré son intérêt certain ? Il n'a été réédité qu'en 1974 dans l’Œuvre poétique, puis en volume aux Éditions Seghers en 1990. « Il a souffert des relations d'hostilité et d'une certaine sous-estimation au sein même du mouvement. Aragon, jonglant avec de nombreuses idées, n'a pas cherché à définir rigoureusement le surréalisme dans son manifeste, ce qui a pu contribuer à cette mésestimation », analyse Olivier Barbarant.
Ce dernier, qui a découvert Une vague de rêves dans la réédition Seghers de 1990 seulement, destinée aux étudiants, ajoute : « Ce manifeste d'Aragon n'a souvent pas été mis en avant dans les narrations historiques du surréalisme, principalement racontées par les surréalistes eux-mêmes. »
André Breton s'est appuyé sur une langue classique pour rédiger son manifeste. La puissance d'écriture est tout sauf absente, mais chez Louis Aragon, elle flamboie : « Tel qu'Aragon le présente, le surréalisme réside moins dans les idées abstraites que dans la toute-puissance de l'image et l'intensité de l'expression, manifestées par une incendie de l'écriture qui emporte tout sur son passage », met en évidence le spécialiste du poète.
La relation entre André Breton et Louis Aragon illustre des divergences fondamentales dans leur approche du surréalisme, entremêlées à une fraternité amicale, et une rivalité souvent inconsciente. Olivier Barbarant constate : « Breton envisageait le surréalisme principalement comme une révolution mentale, une forme radicale d'émancipation à travers la remise en question de la conscience et du langage. Il portait une méfiance envers l'instrument du langage, craignant que sa manipulation consciente ne le ramène vers une littérature conventionnelle plutôt qu'une libération des contraintes psychiques. Aragon, en revanche, trouvait son émancipation à travers la littérature elle-même. »
À l'inverse de la figure principale du mouvement, où le rêve est quête de vérité, éthique et révolutionnaire, chez l'auteur d'Aurélien, il est élan de l'imaginaire à travers l'écriture, propulsant le lecteur dans une expérience qui se veut inouïe.
Ô grand Rêve, au matin pâle des édifices, ne quitte plus attiré par les premiers sophismes de l’aurore ces corniches de craie où t’accoudant tu mêles tes traits purs et labiles à l’immobilité miraculeuse des Statues ! Écarte ces clartés intolérables, ces saignements du ciel qui éclaboussent depuis trop longtemps mes yeux.
Ta pantoufle est dans mes cheveux, génie au visage fumé, ténèbre éclatante entourée à mon souffle. Empare-toi du reste de ma vie, marée montante à l’écume de fleurs. Des présages par-dessus des tours, des visions au fond de mares d’encre, dans la poussière du café, des migrations d’oiseaux sur la latéralité des devins, des cœurs consultés par des doigts sanglants, des rumeurs, annoncent – les temps se déroulent des draperies – ton règne et ton cyclone, adorable sirène, clown incomparable des cavernes, ô songe adossé au corail, couleur des chutes, odeur du vent !
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Rejetant tant l'idéalisme kantien que le positivisme, ainsi que leurs interprétations par ce qu'il nomme les « réalistes honteux », Louis Aragon embrasse ce qu'il nomme le « nominalisme absolu ». Il part du principe « qu’il n’y a de pensée que dans les mots ». Il est alors, de son point de vue, nécessaire de mener à son terme cette réflexion philosophique en reconnaissant que la « matière mentale », révélée par les expériences d'écriture ou de sommeil; et dont la pensée n'est qu'une manifestation, correspond en fait au « vocabulaire même ».
Cette substance psychique, notable pour son aptitude à la « concrétion », ouvre la voie à une nouvelle réalité peuplée par les « présidents de la République du rêve », pionniers de cet espace onirique, et par les rêveurs qui l'habitent : Saint-Pol Roux, Raymond Roussel, Philippe Daudet, Germaine Berton, Saint-John Perse, Pablo Picasso, Giorgio De Chirico, Pierre Reverdy, Jacques Vaché, Léon-Paul Fargue, Sigmund Freud...
Nous nous plaisions à observer la courbe de nos fatigues, l’égarement qui les suivait. Puis les prodiges apparurent. D’abord chacun de nous se croyait l’objet d’un trouble particulier, luttait contre ce trouble. Bientôt sa nature se révéla. Tout se passait comme si l’esprit parvenu à cette charnière de l’inconscient avait perdu le pouvoir de reconnaître où il versait.
En lui subsistaient des images qui prenaient corps, elles devenaient matière de réalité. Elles s’exprimaient suivant ce rapport, dans une forme sensible. Elles revêtaient ainsi les caractères d’hallucinations visuelles, auditives, tactiles.
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Le style du poète se caractérise par un lyrisme vibrant, avec une tendance à plonger dans l'écriture « sans incipit », comme il l'exprima près de 50 ans après la publication d'Une vague de rêves : « Je me jette à l'eau des phrases comme une espèce de brasse folle. » Mais paradoxalement, c'est Louis Aragon le maîtrisé, le virtuose, quand André Breton semble un analytique à force d'impérieuse sensibilité.
Chez l'auteur de Nadja, la syntaxe et la cohérence du langage étaient maintenues, même dans ses essais d'écriture automatique.
Louis Aragon épousa finalement la forme romanesque, après sa grande œuvre surréaliste, Le Paysan de Paris, de 1926, d'abord à travers un énorme projet expérimental, jeté au feu en 1927, La défense de l'infini, qui s'étalait sur près de mille cinq cents pages...
Son Traité du style de 1928, à la rage polémique, est un plaidoyer pour une littérature engagée, et pour la littérature elle-même, contre l'approche d'André Breton. Il y affirme sa propre croyance en la puissance transformationnelle du langage. L'intransigeant Breton, pour le meilleur et pour le pire, respectera jusqu'au bout son refus du roman à la Anatole France, trop ancré dans la rationalité et les conventions narratives.
Du fait de ces divergences d'approche, et de son engagement de plus en plus net au Parti Communiste, Louis Aragon est exclu du mouvement surréaliste en 1932.
Pour comprendre qui était André Breton, un exemple : En juin 1935, lors du Congrès pour la défense de la culture, il a giflé Ilya Ehrenbourg, délégué de la représentation soviétique, qui avait diffamé les surréalistes.
Dans un entretien de 1952, le même évoquait « la vague de rêve dont a parlé Aragon », pour rappeler à quel point elle n'était plus de mise dès 1925, surtout par l'influence du furieux Antonin Artaud, qui porta, avec d'autres, des textes où le langage a été dépouillé « de tout ce qui pouvait lui prêter un caractère ornemental », « luisant uniquement à la façon d'une arme ». Et Breton de compléter : « J'aime ces textes, en particulier ceux qui sont marqués le plus fortement par l'empreinte d'Artaud. »
Dans ce même entretien, l'auteur du Premier Manifeste réalisait un portrait de son ancien camarade Aragon : « Esprit séduisant et original. Sur le plan des goûts, qui devait l’opposer à Soupault et à moi-même, il avait très vite fait de jeter du leste. Je revois l'extraordinaire compagnon de promenade qu’il était. Une fabulation magico-romanesque. Nul n’aura été plus habile détecteur de l’insolite sous toutes ses formes. Il était étourdissant, y compris pour lui-même. Mobilité d’esprit sans égal, d’où peut-être une assez grande laxité de ses opinions, et aussi une certaine suggestibilité. Extrêmement chaleureux et se livrant sans réserves dans l’amitié. Le seul danger qu’il court est le trop grand désir de plaire, étincelant. En lui, peu de révolte, et le goût de la subversion affiché comme coquetterie. (...) Il a toujours aimé les acrobates, est resté très “littérateur”, avec des textes à effet. »
Ils avaient, André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault, nommé leur revue Littérature, qui a existé entre 1919 et 1924. Le premier a toujours expliqué qu’il s'agissait d'une antiphrase, pas sur que ce fut totalement le cas pour Aragon... Olivier Barbarant commente : « Dans sa jeunesse, Aragon était ébloui par la force du surréalisme, attiré non par les concepts rigides, mais par l'énergie vitale de l'écriture elle-même. »
Dans les années 1950, l'auteur du Con d'Irène entreprend un retour sur son passé, revendiquant les accès et accents qui ont marqué sa jeunesse. Il manifeste une fidélité inébranlable à ses expériences passées, les intégrant de manière récurrente dans ses discussions et écrits.
Les années 20, époque du dandy Aragon, tumultueuse aussi, où il est « déchiqueté » par ses relations. Le poète se débattait alors, entre amours qui lacèrent, avec Denise Lévy, qui finira avec le poète Pierre Laville, ou Nancy Cunard; une amitié puissante et ambiguë avec Pierre Drieu La Rochelle, et la vieille littérature qu'il s'agissait d'abattre.
Un temps où Rimbaud et Baudelaire n'étaient pas encore dans les programmes scolaires, ils étaient alors, avec ses camarades, à l'avant. Jubilation parisienne pour grand transgressif. Des activités qui n'ont fait que révéler, accentuer, les blessures personnelles d’un homme habitué à la dissimulation, jusqu'à en faire une manière, « Le mentir-vrai », où la vérité se tisse à travers les illusions de la narration.
Et, sans doute que cette fois encore, mes amis, nous lâchons la proie pour l’ombre, sans doute que vainement nous interrogerons l’abîme. Mais c’est l’ombre, mais c’est le silence que nous poursuivons de toute éternité, mais c’est ce grand échec qui se perpétue. Par quel hasard ne lit-on pas sur un monument de nos villes : À Phaéton, l’humanité reconnaissante ? Qu’importe. Il a eu le goût du vertige et il est tombé !
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Pour situer : Louis Aragon, fils naturel et adultérin de Louis Andrieux, haut fonctionnaire devenu député, et de Marguerite Toucas-Massillon, a été élevé comme le fils adoptif de sa grand-mère, le frère de sa mère et le filleul de son père, pour préserver l'honneur familial...
Une vague de rêves est enfin imprégné par ses lectures d'alors : les philosophes Schelling et Hegel notamment, le poète Lautréamont, ou bien sûr Arthur Rimbaud, grande référence des jeunes surréalistes. Mais c'est dans sa propre écriture qu'il trouva une liberté d'expression unique, caractérisée par une syntaxe innovante et une puissance lyrique incessante.
Ils aperçoivent soudain une grande unité poétique qui va des prophéties de tous les peuples aux Illuminations et aux Chants de Maldoror. (...) Cette méthode est à la portée de tous virent se lever les prodiges, les grandes hallucinations qui accompagnent l’ivresse des religions et des stupéfiants physiques.
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Olivier Barbarant conclut : « D'emblée, j'ai été ébloui par la flamboyance de son écriture. Même si je ne comprenais pas tout, surtout les aspects conceptuels, l'énergie et la puissance de ses mots m'avaient profondément marqué. À l'époque, encore lycéen, je connaissais déjà le manifeste surréaliste, mais c'est la liberté que réclamait Aragon qui m'avait semblé la plus vive. Ce qui m'attire le plus chez Aragon, c'est peut-être sa capacité à intensifier tout ce qu'il touche, bien que ses idées soient parfois imprécises. Son écriture porte une force qui semble toujours prête à emporter le lecteur. Il ne manque jamais de souligner l'importance des femmes dans ses textes, ce qui le distingue nettement de ses contemporains. »
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Et d'être formel : « Il y a une cohérence remarquable dans son œuvre, du premier au dernier essai. Malgré les changements de styles esthétiques au fil des ans, il conserve une énergie constante dans la langue, forgeant ainsi une liberté au fur et à mesure de son parcours littéraire. Aragon, à mes yeux, se distingue par sa recherche stylistique. Il danse avec les mots. Sa syntaxe, audacieuse, peut changer brusquement, mais chez lui, la puissance de l'expression ne s'épuise jamais. »
Il est temps, croyez-moi, que l’on ne gagne plus. Qui est là ? Ah très bien : faites entrer l’infini.
- Une vague de rêves, de Louis Aragon
Crédits : photo prise par Henri Manuel montrant Louis Aragon en train de dédicacer Les Beaux Quartiers, lors de la cérémonie de remise du prix Renaudot, le 9 décembre 1936. Domaine public
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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