L'attention des éditeurs et des auteurs envers les représentations et la puissances des mots n'est pas nouvelle, et même au cœur de leurs métiers. Mais de plus en plus d'œuvres, en particulier patrimoniales, sont relues à la lumière d'une prise en compte des stéréotypes et autres figures de la stigmatisation.
Le 20/02/2023 à 15:06 par Antoine Oury
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20/02/2023 à 15:06
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Pour cela, la voie de l'explication est parfois choisie. Mais celle de la réécriture, plus problématique, a été privilégiée par l'éditeur britannique des textes de Roald Dahl, en accord avec les ayants droit de ce dernier.
Une intense polémique est en marche, outre-Manche, depuis les relevés attentifs du Telegraph. L'éditeur des livres de Roald Dahl, Puffin, a en effet procédé à une réécriture drastique d'un certain nombre de ses classiques de la littérature jeunesse. D'après le quotidien, les termes « liés au poids, à la santé mentale, à la violence, au genre et à l'ethnie ont été supprimés et reformulés ».
Publié le 17 février, l'article, dont l'accès est payant, réalise un comparatif entre deux versions de certains titres de Roald Dahl, l'une de 2001 et l'autre de 2022. Vingt années et de nombreuses réécritures, voire coupes dans le texte, les séparent.
Dans Sacrées sorcières (traduction de Marie-Raymond Farré, Folio Junior), « Fat little brown mouse » (« Grosse petite souris brune ») devient « petite souris brune », quand la remarque « Il a besoin de faire un régime » disparait tout simplement. Dans l'ensemble du texte, le Telegraph signale 59 changements par rapport à l'édition de 2001.
Matilda (traduit par Henri Robillot, Folio Junior) n'échappe pas non plus aux corrections : la redoutable Agatha Legourdin perd son « visage chevalin », qui n'est plus du tout qualifié.
Les textes deviennent indéniablement plus pauvres, ou en tout cas moins précis, notamment en matière de descriptions. Bunce, un des fermiers de Fantastique Maître Renard (traduction de Raymond Farré, Folio Junior), n'est ainsi plus présenté comme « un petit nain dodu ».
Les modifications apportées aux textes de Roald Dahl ne sont pas le seul fait de la maison Puffin. La Roald Dahl Story Company, société familiale qui gère les droits sur les œuvres de l'écrivain, a travaillé avec l'éditeur autour de ces réécritures.
Nous voulons nous assurer que les histoires fantastiques de Roald Dahl restent appréciées aujourd'hui par tous les enfants. Lorsqu'un nouveau tirage de livres effectués il y a plusieurs années est effectué, il n'est pas rare de procéder à une réévaluation du vocabulaire et des termes, comme cela peut être fait pour la mise en page et la couverture.
– Porte-parole de la Roald Dahl Story Company au Telegraph
« Notre ligne a toujours été de conserver la trame des histoires, les personnages, ainsi que l'irrévérence et l'esprit du texte original », garantissent les ayants droit de Roald Dahl.
L'entreprise de réécriture des livres de Roald Dahl remonte à 2020, pour les nouvelles éditions de 2022. La société gestionnaire des droits et l'éditeur Puffin ont fait appel à l'agence spécialisée Inclusive Minds, qui propose aux professionnels de l'édition un regard attentif pour déceler des représentations problématiques ou erronées.
D'après Alexandra Strick, cofondatrice de l'agence, la mission principale « vise à garantir une représentation authentique, en travaillant de manière conjointe avec le secteur du livre et ceux qui ont fait l'expérience de tous les aspects de la diversité ». Autrement dit, ces « sensitivity readers », ou « démineurs éditoriaux » en français, s'assurent que le texte ne comporte pas d'énormités, ou ne relaient pas des stéréotypes.
Leurs interventions, en particulier sur des textes patrimoniaux, font immanquablement débat, voire polémique.
Éviter de heurter ou conserver l'intégrité des textes ? Dans le monde anglophone, et surtout aux États-Unis et au Royaume-Uni, les éditeurs, les ayants droit et parfois même les auteurs semblent avoir fait leur choix.
Outre les interventions des démineurs éditoriaux, les auteurs n'hésitent pas à apporter des modifications à leurs textes au fil du temps. L'un des exemples les plus célèbres n'est autre que le cas des Dix petits nègres d'Agatha Christie. Publié sous le titre Ten Little Niggers en 1939, le livre avait vu son titre modifié en And Then There Were None pour sa parution, un an plus tard, aux États-Unis, en raison du contexte ségrégationniste.
Roald Dahl lui-même avait accepté de modifier son texte : la première édition de Charlie et la chocolaterie, en 1964, faisait référence à des Oompa Loompas réduits en esclavage, originaires « des plus profondes jungles africaines ». Ces « pygmées noirs » furent réécrits, avec de nouvelles descriptions, par l'auteur lui-même, à la fin des années 1960. En 1973, dans une édition suivante, les Oompa Loompas apparaissaient comme de « petites créatures fantastiques ».
Bien entendu, la différence entre ce cas et les réécritures de 2022 tient à la mort de Roald Dahl, en 1990. Impossible de savoir ce que l'auteur aurait pensé de ces nouvelles modifications à son texte. La liberté que peuvent prendre les éditeurs, dans le monde anglophone, tient à un droit d'auteur moins protecteur du créateur qu'en France.
Le code de la propriété intellectuelle protège en effet le droit moral de l'auteur, qui garantit le respect de l’intégrité de l’œuvre, mais comprend aussi un droit de retrait et de repentir. Ce droit moral est inaliénable et imprescriptible, mais également perpétuel, y compris après l'entrée dans le domaine public. Les ayants droit peuvent donc l'exercer.
Dans le cas de Dahl, ses ayants droit sont de toute façon à l'origine de ces décisions. L'attitude de la Roald Dahl Story Company rappelle celle de Dr. Seuss Enterprises, société qui gère la postérité de Theodor Seuss Geisel, alias Dr. Seuss. Plusieurs livres de cet auteur jeunesse incontournable aux États-Unis ont été retirés de la vente, sur décision des ayants droit, pour cause de représentations problématiques.
L'adaptation des textes relève donc autant de la stratégie commerciale, pour Dahl et Seuss, que de l'inquiétude vis-à-vis des sensibilités heurtées. Par ailleurs, signalons que la Roald Dahl Story Company est déjà intervenue pour soigner l'image publique de l'écrivain britannique, en présentant en 2020 des excuses pour des propos antisémites tenus publiquement par Dahl en 1983 et 1990.
Plusieurs organisations ou figures publiques ont condamné les réécritures des textes de Roald Dahl. PEN America, qui défend la liberté d'expression des auteurs dans le monde entier, a condamné les modifications par la voix de directrice générale, Suzanne Nossel, qui se dit « alarmée » et craint une « distorsion des œuvres ».
Autre voix littéraire, celle de Salman Rushdie qui, sur Twitter, évoque une « censure idiote ». À ses yeux, « Puffin et les ayants droit de Dahl devraient avoir honte ».
Nous avons contacté les éditions Folio Junior, qui publient les textes de Dahl en France, pour obtenir des précisions sur le statut de ses livres.
Photographie : illustration de Quentin Blake (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com
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46 Commentaires
Gaillard Christophe
20/02/2023 à 21:41
Je trouve incroyable
Al
20/02/2023 à 21:48
Tout ça suppose que les enfants lisent ce qui est déjà loin d'être le cas.
Surimi
21/02/2023 à 12:08
Le rapport ?
S. M.
22/02/2023 à 11:40
C'est faux, nous n'avons jamais autant lu à notre époque.
C'est d'autant plus faussé, d'ailleurs, que les établissements de lecture publique promulguent régulièrement des animations auprès des classes et que c'est l'un des publics les plus importants en bibliothèque.
Al
23/02/2023 à 13:21
Non il y a une baisse tendancielle de la lecture depuis environ 30 ans chez les jeunes, particulièrement marquée depuis les années 2010. La réécriture de quelques mots de R. DAHL n'y changera probablement rien.
Pierre-Michel Robert
20/02/2023 à 22:18
Il est à noter que dans la page d'accueil de son site ("About"), qu'il faut absolument visiter, Inclusive Minds récuse pour son réseau l'appellation de "sensitivity reader" au profit de celle "d'ambassadeurs de l'inclusion" ("Inclusion Ambassadors"). Pour échapper à l'accusation de censure ?
Cet organisme se propose non seulement d'aider à la réécriture des livres publiés, mais aussi d'orienter - sinon de tenir - la plume des créateurs. On peut imaginer dans un avenir pas totalement dystopique qu'aucun livre pour la jeunesse ne puisse être publié sans l'estampille ou le "label rouge" de ce genre d'officine.
Il est par ailleurs étrange qu'un contrôle aussi sourcilleux s'exerce sur la littérature jeunesse et que des pans entiers de la création dans laquelle la même jeunesse se jette - les mangas, les jeux vidéos, entre autres - ne fassent l'objet d'aucune critique moralo-sémantique. Le risque est grand qu'entre des livres devenus insipides à force d'être épurés et rabotés et des domaines où la création s'exerce de la façon la plus débridée, les jeunes n'aient d'ores et déjà fait leur choix. "Les jeunes ne lisent plus !"
Par ailleurs et puisque cet article est illustré par un dessin de Sir Quentin Blake, on notera que cet illustrateur est cité dans les "Testimonials" d'Inclusive Minds comme soutien de l'organisation, soutien que l'intéressé exprime en ces termes : "Books offer children a way of exploring and understanding the world. We owe it to them to ensure that those books include everyone. Which is why I support Inclusive Minds in helping ensure that all children can see themselves reflected in stories and pictures." Sir Quentin Blake - Children's Laureate 1999-2001.
S'agissant de la diversité, les Anglais feraient bien de retraverser le Channel pour lire ce qui se publie chez nous et que leur frilosité ou leur protectionnisme répugnent à traduire et à importer chez eux. "We need more mirrors and windows", certes, encore faudrait-il que les miroirs ne se contentent pas de servir le narcissisme d'une nation et d'une langue et que les fenêtres restent ouvertes. La LJ française, par exemple, n'est-elle pas autrement audacieuse ?
Marco
21/02/2023 à 07:21
C''est une démarche commerciale pour prolonger l'exploitation de ces textes. Mais elle n'est pas si scandaleuse que ça. Peut-on encore écrire que les gens gros devraient faire un régime (maintenant que l'on sait que ce n'est pas la meilleure façon de maigrir) ? Peut-on encore trouver amusante une description physique seulement parce qu'elle est associé au mot "nain" ? R.Dalh, malgré tout son talent, a parfois cédé à la facilité et ce n'est pas étonnant que ces héritiers souhaitent valoriser son image (et s'assurer plus de revenus futurs). Ils l'ont déjà fait en s'excusant des propos très embarrassants de R.Dalh sur les juifs qu'il ne trouvait pas sympathiques, Hitler qui n'était selon lui qu'une peau de vache... Le père Dalh ne faisait pas toujours dans la dentelle ! Un ancien militaire, pilote de chasse qui ne volait pas toujours bien haut.
NAUWELAERS
22/02/2023 à 01:28
Possible, mais cela ne justifie pas ces manipulations !
Vos remarques sont totalement hors sujet.
On ne doit pas faire l'apologie des régimes donc on supprime cela dans un texte ancien ?
C'est grotesque.
CHRISTIAN NAUWELAERS
JLF
22/02/2023 à 15:08
La seule réponse qui vaille est celle d'Antoine Gallimard : "Les textes ne seront jamais altérés dans les éditions françaises de Roald Dahl". Fuck you, sensitivity readers et autres Torquemada de la bonne pensée. Vous ne vous rendez pas compte des portes qu'ouvrent vos arguments pleurnichards. Je me réjouis de voir bientôt les petits zélotes de votre espèce tomber sous les coups de pires ayatollahs. Continuez à tituber vers le gouffre. Vous serez les premiers à y être engloutis. La littérature et les écrivains sont plus grands que vous.
Pia-Vera Fraus
09/03/2023 à 18:23
Il me semble que si le texte ne nous plait pas, on ferme le livre. Comme pour la télé. Si le mot nain (tant qu'il est compris il existe, et son histoire est très interessante) dérange, ça peut être très enrichissant : prise de conscience suivie d'une conversation avec un copain ou la famille à table, et on en parle...Si le mot nain vous fait rire, c'est quand même un peu triste... je ne crois pas que Dahl ait été au premier degré.
Ne gommons pas ce que nous ne comprenons pas...encore.
NAUWELAERS
09/03/2023 à 19:15
Tout à fait d'accord avec vous, Pia-Vera.
CHRISTIAN NAUWELAERS
ATENOR
21/02/2023 à 08:52
Au temps béni de l’inquisition, les protecteurs de la vertu imposaient de coller des feuilles de vigne sur les sexes, même les minuscules zizis des anges. Et comme chacun a pu le constater cela a rendu les hommes vertueux, cela a éradiqué les perversions de l’âme avec la même merveilleuse efficacité que la prohibition aux USA, pour l’alcoolisme, dans les années 1930. Alléluia ! Les ligues de vertu wokistes sont en train de rendre notre monde meilleur en collant des Postits estampillés ” Pas bien ! ” un peu partout dans les œuvres littéraires.
Marco
21/02/2023 à 13:42
En quoi ne pas vouloir se moquer des gros, des nains ou des gens qui ont de grandes dents aurait u rapport avec l'inquisition ??? Vous nous servez toujours la même rengaine. Les mentalités évoluent, et les textes avec. Dahl lui-même a modifié ses romans, voyant par exemple la limite des Oompa Loompas inspirés de la compagnie de tirailleurs indigènes qu'il dirigeait durant la seconde guerre mondiale. Ses ayants droits suivent légitimement son exemple. Inutile de sortir encore une fois la carte de la victimisation, du complot visant à faire taire une vérité... on est loin de l'inquisition ! Tout le monde n'est pas ultra conservateur.
Phoeis
28/02/2023 à 14:50
C'est fort bien dit et résume tout !
Aradigme
21/02/2023 à 09:30
Cela rappelle l'union soviétique où l'on effaçait des photos officielles les visages des collaborateurs qui avaient cessé de plaire, ou encore le roman 1984 qui décrivait le même procédé. Une œuvre a été conçue par un auteur dans un contexte culturel donné. Elle nous donne un aperçu des pensées d'une autre personne d'un autre temps et d'une autre culture. C'est intéressant en soi. Cela ne signifie pas que nous devons penser comme l'auteur, mais cela nous éclaire sur l'histoire humaine. Mutiler une œuvre littéraire pour la mettre "au goût du jour" constitue un acte d'intolérance destiné à éradiquer une part du passé. Cela prouve la volonté d'anéantir une pensée différente, simplement parce qu'elle reflète un mode de vie différent. Cela rappelle aussi les djihadistes qui détruisaient des statues pré-islamiques car elles prouvaient que d'autres modes de pensée avaient prévalu autrefois, ou les manifestants woke qui détruisent des statues aux USA. A chaque fois, on retrouve la volonté de détruire ce qui rappelle un passé différent. Et, comme c'est bien connu, ceux qui ignorent l'histoire, ceux qui détruisent ses témoignages car ils croient qu'on peut repartir d'une page blanche, ceux-là sont condamnés à la revivre.
Marco
21/02/2023 à 13:55
Selon moi, il n'y a ni "mutilation" ni "intolérance", il y a une évolution, une recherche d'adapter les récits aux changements d'une société, à une nouvelle vision du monde et des rapports humains. Il faudrait peut-être noter en début d'ouvrage "version révisée". Mais sinon, les ayants droits vont dans le sens de l'auteur qui avait déjà procédé à des ajustements, en défendant bien sûr leur intérêt qui est de continuer à vendre des livres.
Mais si les livres de Dahl peuvent ainsi continuer à accompagner les changements de nos sociétés, à rendre les lecteurs plus tolérants (accepter les différences au lieu de s'en moquer), quel est le problème ? Ca ne vous retire rien : si vous souhaitez rester dans ce monde passé, choyer les idées qui s'y rattachent, relisez vos anciennes éditions et n'achetez pas les nouvelles !
NAUWELAERS
25/02/2023 à 23:37
Hedwige Pasquet, éditrice pour la France de Dahl, répond parfaitement à vos arguments spécieux.
En voulant contextualiser et surtout pas modifier, adapter etc. cette oeuvre.
Il n'y a pas à «adapter» ni à «faire évoluer» une oeuvre qui fut terminée, imprimée et vendue sous une certaine forme à un moment donné.
Pas d'accord.
Pour des textes très anciens, on ne modifie que la forme -du français ancien au français actuel -mais sans toucher le moins du monde à la forme.
Ce droit de rectifications que s'octroient les wokes de façon honteuse.
La contextualisation est la seule réponse intelligente.
Si on suit votre raisonnement absurde, pourquoi ne pas modifier...des peintures «problématiques», tant qu'on y est (animées de relents colonialistes, sexistes, racistes etc.) ?
Par pitié, arrêtez de nous saouler avec votre prurit moralisant et sans respect pour les oeuvres et les auteurs !
Ce qui correspond à une intolérance crasse alors que vous la dénoncez, l'intolérance.
Expliquer et contextualiser et miser sur l'intelligence et l'appétit de culture des jeunes, qui découvriront, loin de votre férule heureusement rejetée en France (votre vision de ce sujet), des mentalités passées au lieu de vouloir effacer ce qui ne nous correspond plus.
Poussés à l'extrême, ces procédés d'effacement ont toujours eu cours dans les dictatures y compris communistes...
Bravo à la France qui en majorité résiste contre ces assauts de pudibonderie infantilisante anglo-saxons.
Formatée pour des plateformes commerciales type Netflix: cherchez les intérêts derrière les rééducateurs du petit peuple...
CHRISTIAN NAUWELAERS
JLF
26/02/2023 à 01:48
L'auteur a le droit de procéder à tous les ajustements et changements qu'il veut sur ses propres textes. Ses ayants-droits et ses éditeurs, non, du moins pas son consentement. Alors si l'auteur est mort… Même Salman Rushdie vous le dit, vous savez, le gars qui s'est pris une fatwa. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans la notion de "droit moral" ? Pourtant la morale, c'est votre rayon, pas vrai petit mouton ?
Mae
03/03/2023 à 15:20
Arrête de spammer les commentaires de tout le monde s'il te plaît Marco. On est pas loin du harcèlement là...
CHRISTIAN NAUWELAERS
25/02/2023 à 23:58
Bravo Aradigme.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Serge Bénard
21/02/2023 à 10:04
Obligé d'écouter Dahl avec mon petit fils, j'ai détesté la "chocolaterie" y décelant, notamment, du racisme, de la grossophobie et beaucoup de bêtises. Pour autant je m'insurge contre cette tendance à la réécriture. À cette aune, on devrait commencer par réécrire la Bible. Nous ne sommes pas en Russie que diable !
Marco
21/02/2023 à 13:14
Ça semble donc logique que ses ayants droits souhaitent modérer ces idées avant de les diffuser auprès des jeunes lecteurs. Les sociétés évoluent, changent, se questionnent sur la place qu'elles donnent à chaque individu. Savoir si "c'était mieux avant" ou pas, n'est pas primordial - et c'est subjectif -. C'est différent et c'est important de laisser s'exprimer cette liberté de changer !
Jojo
21/02/2023 à 15:53
Ce n'était pas mieux avant mais différent. Et c'est cette différence à laquelle il ne faut pas toucher. Sinon, on perd la mémoire !
Gommer, cacher, enfouir, réécrire…
Créez du tabou et le boomerang vous reviendra dans la face !
Je ne suis ni britannique, ni américain. Je suis français et en France, depuis Victor Hugo, nous avons le droit moral : l''œuvre émane de son auteur, c'est sa pensée inaliénable. Un ayant droit n'est pas un auteur. Un éditeur non plus. Ce puritanisme digne des angles, des saxons et de leurs produits dérivés, je n'en veux pas !
Roald Dahl dérange ?
Tant mieux !
Et plus le temps passera, et plus il dérangera et plus son œuvre témoignera de son époque.
Aux parents d'expliquer à leurs enfants pourquoi un auteur né au Pays de Galles en 1916, qui a été aviateur dans la RAF pendant la Seconde guerre mondiale et qui est mort à Oxford en 1990 restera un homme de son temps. Il est mort il y a 33 ans ! Depuis, le monde a changé. Mais ce n'est pas parce que ce monde a changé qu'il faut changer ce qui a été écrit dans le passé.
Réécrire ses livres, c'est réécrire l'Histoire.
Si on commence à tout réécrire, on va devoir remonter jusqu'à Jules César - qui a donné sa vision de la Gaule - puis réécrire Homère, la Bible et l'épopée de Gilgamesh. Et repeindre les parois de nos grottes parce qu'on y voit des hommes qui chassent des animaux et que c'est mal de manger de la viande.
N'importe quoi !
Ces sensitivity readers sont des malades mentaux ! Pour vouloir tout lisser avec obsession, ils ont forcément quelque chose de personnel à cacher ! Probablement des disciples d'Edgar Hoover !
Le néo-puritanisme n'est rien d'autre que du révisionnisme. Une hérésie !
Changez rien et acceptez que les livres vieillissent et correspondent à la pensée de gens d'une époque passée !
C'est justement ce qui nous dérange qui nous enseigne. Le but d'un récit imaginaire n'est pas d'être un catéchisme à prendre au pied de la lettre.
Marco
21/02/2023 à 17:22
Mais rien n'est effacé ! Les éditions précédentes ne seront pas brûlées ! Ne généralisez pas pour le plaisir de crier au scandale. La vie d'une œuvre peut rester immobile ou être un peu en mouvement. C'est également intéressant et c'est aussi une trace pour l'histoire qui pourra être étudiée plus tard.
Jojo
22/02/2023 à 09:14
"La vie d'une œuvre peut rester immobile ou être un peu en mouvement."
La vie d'une œuvre ne veut pas dire l'œuvre. Une œuvre littéraire n'est pas un objet comme les autres. C'est une pensée qui peut être lue et réinterprétée mais il ne faut pas en changer la nature. Elle est l'incarnation de la pensée d'un individu a un instant donné. Nous avons un devoir de mémoire envers nos disparus pas de falsification de l'Histoire.
Changer un mot, une virgule, c'est modifier la pensée d'un auteur. C'est une atteinte à sa liberté d'expression. Le faire après ça mort, c'est comme piller une tombe antique.
Si vous vous autorisez à changer un mot d'un texte, qu'est-ce qui vous empêchera d'en changer un autre demain, puis un autre et encore un autre et après vous, d'autres pourront à leur tour s'autoriser à continuer ce sabotage jusqu'à ce que ce texte ne soit plus du tout celui d'origine. C'est la question philosophique du bateau de Thésée. Si je change tous les éléments d'un bateau, est-ce encore le même bateau, est-ce encore la même idée ? Faut-il écrire "Roald Dahl" sur la couverture ou "d'après Roald Dahl et modifié par untel et untel" ?
Notre droit Moral devrait être universel parce qu'il est humaniste. Les puritains américains sont des obscurantistes.
Ce n'est pas parce que l'époque est aux économies d'énergie qu'il faut éteindre les Lumières !
J'aime Roald Dahl pour ses qualités et ses défauts. Ses défauts nous en apprennent aussi beaucoup sur son époque et les enfants sont assez malins pour relativiser ce qui doit l'être. Ils n'ont pas besoin d'être maternés à outrance. C'est leur jugement critique qu'il faut développer pas réduire à néant !
CcCTGL
22/02/2023 à 12:20
Merci Jojo ! Le contexte est, et sera toujours un prisme majeur par lequel regarder ou analyser une production, qu'elle soit littéraire, scientifique, artistique... notre analyse même, dans quelques années, sera elle aussi contextualisée...etc.
Beaucoup d'auteurs/ autrices jeunesse écrivent AUJOURD'HUI, avec une autre pensée, contemporaine. Roald Dahl peut bien basculer dans les auteurs dits "classique", car c'est incontestable qu'il a accompagné un nombre incalculable d'enfants sur les chemins de la lecture mais il n'y a pas que lui et heureusement !
Bon courage à cette génération qui va devoir évoluer avec la cancel culture dont on sait qu'effacer n'annule pas, mais rend tabou.
CcCTGL
22/02/2023 à 12:20
Merci Jojo ! Le contexte est, et sera toujours un prisme majeur par lequel regarder ou analyser une production, qu'elle soit littéraire, scientifique, artistique... notre analyse même, dans quelques années, sera elle aussi contextualisée...etc.
Beaucoup d'auteurs/ autrices jeunesse écrivent AUJOURD'HUI, avec une autre pensée, contemporaine. Roald Dahl peut bien basculer dans les auteurs dits "classique", car c'est incontestable qu'il a accompagné un nombre incalculable d'enfants sur les chemins de la lecture mais il n'y a pas que lui et heureusement !
Bon courage à cette génération qui va devoir évoluer avec la cancel culture dont on sait qu'effacer n'annule pas, mais rend tabou.
CcCTGL
22/02/2023 à 12:20
Merci Jojo ! Le contexte est, et sera toujours un prisme majeur par lequel regarder ou analyser une production, qu'elle soit littéraire, scientifique, artistique... notre analyse même, dans quelques années, sera elle aussi contextualisée...etc.
Beaucoup d'auteurs/ autrices jeunesse écrivent AUJOURD'HUI, avec une autre pensée, contemporaine. Roald Dahl peut bien basculer dans les auteurs dits "classique", car c'est incontestable qu'il a accompagné un nombre incalculable d'enfants sur les chemins de la lecture mais il n'y a pas que lui et heureusement !
Bon courage à cette génération qui va devoir évoluer avec la cancel culture dont on sait qu'effacer n'annule pas, mais rend tabou.
NAUWELAERS
22/02/2023 à 01:33
BRAVO Jojo !
sylvielou
23/02/2023 à 08:09
Je suis entièrement d'accord avec Jojo.
NAUWELAERS
22/02/2023 à 01:31
Et c'est important de respecter les oeuvres des auteurs, Marco !
Quitte à les soumettre à un regard critique et à les contextualiser.
Ce qui est plus valable que l'attitude lâche de censure larvée mais réelle que vous prônez !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Marco
21/02/2023 à 13:25
Sinon, pour la bible, elle a été traduite et modifiée un bon nombre de fois :-)
JLF
26/02/2023 à 01:42
Merci de ce dernier commentaire qui signe le coup de grâce. Vous me citerez l'auteur de la Bible. Comparer une compilation ou accumulation de textes apocryphes traduisant les attentes, les aspirations, la mémoire, les interrogations et les terreurs d'hommes de différentes époques et civilisations, emballées dans le papier de soie de la parole révélée, cent fois écrite et réécrite pour accommoder les nécessités politiques des temps successifs, au texte unique d'un homme unique, nommé, identifié, aux dates de naissance et de mort connues, montre à quel point vous n'avez pas la moindre idée de ce dont vous parlez. Mais mon bonhomme, si on cède aux injonctions "humanistes" des petits apôtres du Bien de votre paroisse, n'importe quel dictateur qui leur succèdera (immanquablement, en vertu du principe action-réaction) sera légitimé à en faire de même. Vous devriez lâcher l'affaire, le sujet est décidément trop vaste pour vous.
pascal
21/02/2023 à 11:18
Ce n'est rien d'autre qu'une forme d'"Imprimatur", mais bien plus arbitraire que celle qu'imposait l'Eglise au rtemps de sa domination, car elle a
pascal
21/02/2023 à 11:22
Ce n'est rien d'autre qu'une forme de censure et d'"Imprimatur", identique à celle que l'Eglise imposait du temps de sa puissance, et peut-être plus arbitraire encore car soumise à des tendances qui varient.
Marco
21/02/2023 à 13:23
Mais nous sommes constamment soumis à des tendances qui varient ! La mode, les influenceurs, les canaux d'infos rachetés par nos milliardaires, les lignes éditoriales, les meilleures ventes... Pourquoi les ayants droits de Dalh ne le seraient pas ? Ils font vivre une oeuvre en la faisant évoluer selon leurs intérêts et les tendances... Ce que font déjà l'immense majorité des écrivains !
Grâce à eux, les bouquinistes vendront à prix d'or les anciennes éditions, et ils n'empêchent personne d'inventer d'autres histoires et de les publier !
NAUWELAERS
25/02/2023 à 23:56
Mais quel post absurde, Marco !
Les oeuvres de Simenon, Sagan, Jules Verne, voire Victor Hugo, les grands poètes etc. n'évoluent pas le moins du monde avec le temps !
Et tant mieux !
Elles existent telles quelles et c'est tout.
Elles peuvent certes être adaptées et le furent et le seront sans doute encore.
Mais une oeuvre originelle et originale ne peut pas, ne doit pas être modifiée pour suivre les tendances du moment.
C'est n'importe quoi.
De la basse démagogie commerciale et hypocrite.
Je prône un boycott de tous livres soumis à la maltraitance de ces ridicules «sensitivity readers».
Un métier aussi intéressant que celui des tamponneurs d'autrefois sur certaines parties intimes jugées trop obscènes même dans des revues érotiques...
Bref une régression caractérisée et un déni de l'intelligence du lecteur jugé incapable de recul et de comprendre une contextualisation d'une oeuvre, si elle est jugée nécessaire.
Arrêtons de vouloir poser un manteau de Noé sur tout ce qui ne convient pas à telle ou telle partie de la population: on patauge dans une semoule pas ragoutante du tout !
CHRISTIAN NAUWELAERS
Aradigme
21/02/2023 à 14:12
L'Eglise disposait de deux outils en ce qui concernait les œuvres littéraires.
L'imprimatur, mis en place en 1515, donnait sa caution à un livre. L'Eglise considérait qu'il ne contenait rien de contraire à la foi ou la morale catholique et qu'il constituait donc une lecture acceptable pour des chrétiens catholiques.
L' Index librorum prohibitorum (la liste des livres interdits), instauré vers 1550, reprenait les titres que les autorités ecclésiastiques recommandaient aux chrétiens de ne pas lire.
Tous deux constituaient une réaction bureaucratique au développement de l'imprimerie.
Il va de soi que ces autorisations ou interdits ne concernaient que les catholiques qui suivaient les recommandations de leur hiérarchie. L'œuvre entière d'Emile Zola fut mise à l'index et se vendit néanmoins très bien...
Par ailleurs, une bonne part des textes antiques nous est parvenue grâce aux copies qu'en rédigeaient des moines au Moyen Age (avant 1453 donc), alors que nombre de ces textes allaient à l'encontre de leurs croyances.
Gizmo
22/02/2023 à 13:48
Une œuvre réécrite sans son auteur, vivant ou mort, est elle encore son oeuvre?
Pour ma part, je ne crois pas.
Et j'imagine (malheureusement) que quand traduction d'un texte il y aura ce sera le moment "d'omettre" certains mots ou groupes de mots pour ne pas choquer la bien-pensance actuelle.
Maki
23/02/2023 à 10:32
Netflix a racheté la compagnie des ayant-droits de Roald Dahl en 2021
scrabbleur
23/02/2023 à 13:44
Je constate à la lecture des divers article sur le sujet un traitement médiatique bien plus offusqué globalement face à cette décision que celui qui parlait de la suppression de mots valables au scrabble, dont l'impact était minimisé, gentiment moqué par les rédactions et chroniqueurs.
Et pourtant, c'est exactement la même ombre qui menace, le même puritanisme, cancel culture.
Bientôt on barbouillera "L'origine du monde" au tipex au même principe de l'inclusivité.
Contextualiser oui, réécrire/modifier l'œuvre originale, c'est du révisionnisme, ni plus ni moins.
Laure Rose
24/02/2023 à 12:13
Mais non ! Rendre Roald Dahl politiquement correct, c'est aller à l'encontre de tout ce qu'il représente. Pourquoi pas réécrire tout Coluche et tout Desproges, pendant qu'on y est...
Attila HORVÁTH-MILITICSI
25/02/2023 à 20:43
Roald DAHL est un joyau de la littérature mondiale et ceux qui le déforment "pour le bien" sont des idiots au sens plein du terme (en dessous de 15 degrés de Quotient Intellectuel). Tout autant chercher du racisme dans les films de Disney - autre époque, autres moyens de visualisation.
Attila HORVÁTH-MILITICSI, prof agrégé C2Sciences
Interprète officiellement agréé á vie de l'Ambassade de France en Serbie - pour toutes langues
Lyo
28/02/2023 à 23:02
Ça devient ridicule, les gens devraient juste se contenter de TW au début du livre et puis c'est tout.
Je méprise le Marquis de Sade, mais il ne me viendrait jamais à l'idée de demander la modification de son oeuvre. Qui reflète très bien sa personnalité, un pédophile sadomasochiste avec des fantasmes incestueux.
Mais je me contente juste de ne pas le lire car il y a bien d'autres livres à lire dans ce monde. Peut-être simplifier des livres compliqués comme c'est le cas de L'illiade et l'Odyssée pourquoi pas, mais réécrire en remplaçant des mots, c'est autre chose.
Pia-Vera Fraus
09/03/2023 à 18:15
Il n'est certainement pas "outré"de réagir contre ce qui est une censure. L'outrance n'est pas du côté de ceux qui respectent la littérature et la pensée. Les censeurs (et les censeuses) d'aujourd'hui sont les mêmes que les moralisateurs imbus d'eux même du XIXe siècle; quand les interdits petits-bourgeois raturaient nos plus grands auteurs... .
Qui ne respecte pas les textes ne peut pas respecter le lecteur.
Effacer un mot, puis deux, changer une tournure, atténuer une nuance, éviter ce qui peut choquer ? mais c'est une atteinte aux libertés. Et à l'intelligence de nos enfants qui, je l'espère, se rebelleront bientôt.
Toucher à Jane Austen , à R Dahl, et pourquoi pas à Victor Hugo, Virgile, Homère, la Bible, ...Oh! et puis tenez, on interdit la lecture , c'est plus simple...
NAUWELAERS
09/03/2023 à 19:18
Vous êtes une vraie progressiste dans le vrai sens enfin retrouvé de ce beau mot, Pia-Vera !
CHRISTIAN NAUWELAERS