EXCLUSIF – La rentrée littéraire s’ouvrira donc sous des auspices judiciaires : selon les informations de ActuaLitté, le roman de Pascal Herlem, Fatum (Ed. Bouquins), vient d’être interdit à la vente. Une ordonnance du tribunal, du 9 août, contraint la maison à suspendre la mise en vente, et bien plus encore. Coup dur pour un ouvrage de fiction, qui aurait été le sixième de l’auteur.
Le 13/08/2021 à 13:14 par Nicolas Gary
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13/08/2021 à 13:14
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Psychanalyste, Pascal Herlem devait faire paraître ce livre, évoquant des relations incestueuses, mettant « des mots sur le poids et la fatalité d’un récit familial, dont l’écriture semble l’unique issue ». Mais selon le jugement de l’ordonnance de référé de la 17e Chambre du tribunal de Paris, tombé ce 9 août dans les mains de l’auteur et de son éditeur, il est « fait interdiction aux Éditions Bouquins ainsi qu’à tout ayant droit de diffuser, de commercialiser et de promouvoir le roman Fatum de Pascal Herlem ».
Et ce « sous astreinte d’une pénalité par manquement constaté à compter de la signification de la présente ordonnance, l’astreinte courant sur un délai de trois mois ». Autrement dit, même les médias se trouvent interdits de publier la moindre chronique, sous peine d'infliger à l'éditeur 500 € pour l'infraction.
Fatum devait poursuivre une œuvre entamée en 2015 chez Gallimard, avec le roman Françoise, un titre qui évoquait la sœur de l’auteur/narrateur « qu’en croyant bien faire on a lobotomisée », indiquait L’Arbalète. Focalisé sur la vie de cette enfant, le livre était suivi, toujours chez Gallimard/L’Arbalète en octobre 2017 par Limoges, cette fois avec le regard du narrateur sur sa propre enfance.
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Des ouvrages qui n’ont pas vraiment rencontré leur public, puisque, selon les données Edistat, ils se sont vendus à respectivement 939 et 1490 exemplaires. Avec ce nouveau roman, c’était la vie du frère du narrateur qui était prise en compte : « Didier est fasciné par sa sœur aînée, Françoise, dont l’extravagance sature le cocon familial. Ses crises de folie, ses jeux malsains et ses accès de démence se multiplient, et Didier devient la victime de ses délires glaçants. »
Comme on peut le lire : « Leur relation fraternelle était devenue étroite, une sorte de petite folie à deux, assez discrète pour ne pas attirer l’attention d’un parent, pour durer, donc. »
Ou encore : « Le bain avait lieu une fois par semaine au moins, pendant des années, le temps pour Didier d’entrer en connivence particulière, en intelligence profonde et durable avec sa sœur de sept ans son aînée à l’influence confirmée, de s’imprégner de l’amour passionnel sous l’emprise duquel il se trouvait. » Pour la cour, il en va autrement.
« Sont relatés les faits d’attouchements sexuels dont Didier Herlem a été la victime de la part de sa grande soeur, Françoise Herlem, lors de son enfance, le résultat traumatique de ces attouchements sur sa vie d’enfant, les autres atteintes sexuelles, agressions et/ou viols dont il aurait été victime par la suite entre son enfance et son adolescence », note le jugement.
Trois romans, ou plutôt deux, évoquant une histoire connue de la famille, qui puisaient ainsi dans un passé pour nourrir la fiction. Entre-temps, la sœur est décédée, les parents également, le frère Didier est toujours vivant. Or, l’assignation en référé obtenue le 29 juillet découle de l’ex-femme du frère, ainsi que de deux des enfants. Le tout dénonçant une atteinte à la vie privée, dans des circonstances judiciaires étonnantes de vélocité, autant que dans les conclusions.
D’abord, parce qu’aucune procédure n’avait été entamée après la parution des deux premiers livres. Ensuite, parce que la démarche pointe une atteinte à la vie privée pour une personne n’étant pas dans la procédure. La juge considérera pourtant que l’atteinte est réelle, « en ce qu’elle se rapporte à l’intimité de la vie familiale qu’ils ont partagée ou partagent encore », indique l’ordonnance, consultée par ActuaLitté.
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Ensuite, c’est en l’absence de la partie adverse que les avocats des plaignants ont été entendus par la cour. En effet, l’accusé n’aura pris connaissance que trop tard de l’assignation : le principe du contradictoire, par lequel chaque partie est garantie de pouvoir être entendue, semble ici avoir été mis de côté. Lors de la convocation de ce 6 août, ni l’auteur ni l’éditeur n’étaient présents — par défaut d’information.
« Il est également établi une atteinte vraisemblable à la vie privée des demandeurs à titre personnel, en ce que chacun d’eux est dépeint dans son histoire et ses interactions plus ou moins conflictuelles ou douloureuses avec les autres membres de la famille », peut-on lire.
La dimension de roman psychanalytique n’a d’ailleurs pas été retenue, et la cour d’invoquer alors l’article 835 du Code de procédure civile, pour aboutir à une triple interdiction : diffusion, commercialisation et promotion. Il est en effet « vraisemblable qu’il existe des liens étroits entre les personnages de l’ouvrage Fatum avec la réalité de la vie des demandeurs ».
Et la cour de noter : « Le dommage imminent qu’entraînerait la diffusion et la commercialisation de l’ouvrage […] est donc caractérisé […]. S’agissant de la divulgation des détails les plus intimes de la vie des demandeurs, un tel dommage serait irréparable et justifie qu’il soit fait droit à la demande d’interdiction sous astreinte qu’ils ont formée. »
Notons à ce titre que la maison d’édition pas plus que son conseil n’ont souhaité apporter de commentaire, considérant que toute intervention tomberait de fait sous le coup de l’ordonnance. L’auteur et l’éditeur, la SAS Éditions Robert Laffont, sont condamnés chacun à 1000 € au titre de frais irrépétibles, ainsi que d’une astreinte de 500 € « par manquement constaté ».
Reste désormais à l’éditeur et son distributeur, Interforum, à rappeler les quelque 2000 ouvrages mis en vente pour le 19 août…
Depuis l’annonce de la maison d’édition Bouquins, le déréférencement de l’ouvrage intervient massivement sur les plateformes de vente. La mention du livre a déjà été supprimée sur le site Lisez.com, qui sert au groupe Editis à référencer l’ensemble des parutions de ses maisons, avec une jolie page 404 indiquant la suppression des éléments, bien que l’on en trouve encore trave à quelques endroits du site.
En revanche, les librairies en ligne voient les flux de données s’actualiser progressivement : les principaux vendeurs, comme Amazon, Rakuten ou le service de vente de livres d’occasion Momox ont supprimé les données liées au roman. « D’ici à 24, voire 48 heures, l’ouvrage aura totalement disparu de la toile, pour ce qui est des précommandes », assure un libraire.
crédit photo : Tingey Injury Law Firm/ Unsplash
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Paru le 19/08/2021
192 pages
Bouquins (Editions)
17,00 €
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En Suisse, l’Open Access quitte les colloques feutrés et s’impose comme une question de pouvoir : qui organise l’accès au savoir, et qui paie l’addition. swissuniversities et le Fonds national suisse (FNS) portent une stratégie nationale révisée en 2024. Elle reprend l’ambition formulée dès 2017 — un accès ouvert généralisé — mais acte un nouvel horizon : une mise en œuvre « au plus tard » en 2032.
05/02/2026, 16:32
Au Portugal, la tempête Kristin n’a pas seulement arraché des tuiles et transformé des rues en canaux improvisés. Elle a frappé là où l’on pense que rien ne bouge : les bibliothèques. En quelques jours, ces bastions silencieux ont basculé dans le réel brut. Certaines ont baissé le rideau. D’autres ont changé de mission. Postes de secours improvisés, prises électriques prises d’assaut, points d’info, bulles humaines dans des villes privées de courant, de réseau, parfois de repères. Dans les territoires les plus touchés, la situation a été jugée suffisamment grave pour que l’état de calamité soit prolongé jusqu’au 8 février.
05/02/2026, 14:56
Dans les bibliothèques publiques américaines, des titres quittent les rayonnages. Parfois après une contestation formelle, parfois après une décision administrative. Au moins 45 États sont concernés, selon Noticiero Univision, qui s’appuie sur des données de PEN America. Les retraits visent des ouvrages jugés « inappropriés », notamment pour des passages à caractère sexuel, ou écartés au nom d’orientations hostiles aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI).
05/02/2026, 13:08
L'Agence régionale du livre Provence-Alpes-Côte d'Azur fait le bilan de la période 2023-2025, à travers plusieurs données et secteurs, des auteurices aux libraires, en passant par les maisons d'édition et les manifestations littéraires. Parmi les nouvelles réjouissantes, le département du Var a gagné 9 librairies, alors qu'il était le territoire le moins bien doté de la région.
05/02/2026, 12:34
Les librairies indépendantes de Belgique francophone referment 2025 avec un paradoxe familier : le chiffre d’affaires progresse, la fragilité demeure. L’Observatoire de la librairie, suivi par le Syndicat des libraires francophones de Belgique (SLFB), relève une hausse de 1,4 % sur l’année, plus douce qu’en 2024 (+2,76 %). Dans le même mouvement, la rentabilité moyenne frôle 1 %.
05/02/2026, 11:56
Le choc n'aura heureusement duré que quelques secondes, mais il a suffi pour transformer une bibliothèque en scène de débâcle silencieuse. Dans la nuit du 8 décembre 2025, un séisme au large de l’est d’Aomori (magnitude 7,6, valeur provisoire) secoue le nord du pays. Au matin, à Mutsu, les rayonnages ont vomi leur contenu : piles partout, tranches écornées, cotes à retrouver une à une
05/02/2026, 11:20
Organisée tous les quatre ans à Prague — comme son nom l'indique —, la Quadriennale de Prague est un rendez-vous important pour la scénographie et l'architecture théâtrale. La France y sera représentée, du 8 au 17 juin 2027, avec, sur le Pavillon « Écoles », un trio de commissaires formé par Marc Lainé, Alice Zeniter et Stéphan Zimmerli.
05/02/2026, 11:04
Seize mois après son placement en redressement judiciaire, SoBook annonce une sortie par le haut : le tribunal de commerce « a validé notre plan de continuation », assure Thierry Ghesquieres, dirigeant et fondateur. Dans un message adressé à ses clients et partenaires, l’imprimeur spécialisé dans le court tirage revendique désormais un retour à l’autonomie.
05/02/2026, 10:26
Les éditions Steinkis annoncent la nomination d’Anne-Charlotte Velge au poste de Directrice éditoriale, après une année 2025 marquée par une forte croissance. Arrivée dans la maison en août 2023, elle pilotera le programme éditorial de 2026, axé sur le développement du roman graphique de non-fiction et sur plusieurs projets de coédition structurants.
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04/02/2026, 13:10
Lancée dans la course pour la mairie de Paris, la ministre de la Culture Rachida Dati devrait — a priori — abandonner la rue de Valois prochainement, selon ses propres dires. Conséquence ou coïncidence, l'équipe qui l'entoure connait quelques mouvements. Le chef de son cabinet, David Foltz, quitte ainsi ses fonctions le 9 février prochain.
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Après plus d’un an de silence, Neil Gaiman, figure majeure de la littérature fantastique, a publié le 2 février 2026 une déclaration radicale niant les accusations d'agressions sexuelles portées contre lui. L’auteur de Sandman et American Gods qualifie ces allégations de « campagne de diffamation » et affirme détenir des preuves contredisant les faits rapportés.
03/02/2026, 12:46
À l'Assemblée nationale, le député du Rassemblement national Julien Guibert (Nièvre) a déposé une proposition de loi pour instaurer une classification indicative des ouvrages destinés aux jeunes enfants et aux adolescents. Quand l'extrême droite s'essaie à l'encadrement de la création et de l'édition, les professionnels du livre s'inquiètent d'ores et déjà des possibles conséquences, en cas d'adoption.
03/02/2026, 12:20
Quelques semaines après les États généraux de la lecture pour la jeunesse, moment de réflexion mené conjointement avec le ministère de la Culture, l'Éducation nationale publie un livret revenant sur trois piliers considérés comme indispensables à la pratique de la lecture. Une initiative toujours utile, mais qui survient alors que le budget de l'État, imposé par un article 49.3, a tranché dans les crédits consacrés au secteur du livre et à l'éducation populaire.
03/02/2026, 11:23
Le site Bato.to, présenté par l’association japonaise CODA comme « le plus grand site de piratage de mangas au monde », a été fermé avec environ 60 sites miroirs (dont xbato.com et mangapark.io). Selon cette organisation, l’arrêt intervient après une opération coordonnée entre des éditeurs japonais, des partenaires chinois et la police de Shanghai, à la suite d’une perquisition menée le 19 novembre 2025 dans la région autonome zhuang du Guangxi.
02/02/2026, 14:34
En Chine, le livre ne meurt pas : il mute, et la mue claque comme un coup de tonnerre discret. Pendant que les ventes reculent à peine, le vrai séisme se joue ailleurs : l’étagère perd son pouvoir, la vidéo dicte le désir. Dans ce basculement brutal, libraires, éditeurs et agents observent un futur possible — un monde où un livre n’existe vraiment que s’il survit à l’algorithme et à la vitesse du scroll.
02/02/2026, 14:29
Sous la verrière de l'établissement, ce n’est pas qu’un plan RH qui vacille : c’est l’idée même d’une bibliothèque comme sanctuaire du savoir qui se cabre. Entre algorithmes séduisants et rayonnages vivants, la Bibliothèque d'État du Victoria a frôlé la bascule. Mais auteurs, chercheurs et lecteurs ont sorti les griffes. Derrière les tableaux Excel, une bataille bien plus viscérale s’est jouée : celle de la mémoire contre la mise en spectacle du savoir.
02/02/2026, 13:01
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68 Commentaires
Soize
13/08/2021 à 15:06
Quel dommage, pour une fois qu'un écrivain évoque ce sujet tabou, tellement dénié par notre société.
Curieusement, lorsque la justice doit examiner ce qu'ont subi les victimes, il n'est pas question d'atteinte à leur vie privée, alors que l'inceste est un très bon moyen de démolir un enfant, et l’adulte qu'il va devenir... Les procédures sont d'une longueur et d'une complexité inimaginable... Et rares sont les plaintes qui aboutissent à une reconnaissance, d'abord, à des dédommagements ensuite...
Eliane Schierer
13/08/2021 à 17:23
Bien commenté merci à vous
Reuillon
13/08/2021 à 18:25
C'est tout sauf un "sujet tabou", on en parle depuis plus de 20 ans à longueur de romans, d'articles, de procès d'assises, d'émissions de télé où les gens racontent sans aucune pudeur leur vie intime. Et le genre "roman" permet trop souvent de faire du fric en déformant l'histoire à son avantage, comme l'a fait Yann Moix.
Oskar K. Cyrus
15/08/2021 à 10:31
"Faire du fric" : Vous avez bien lu l'article ? Cet auteur ne vend pas beaucoup (1490 ex. max) et par conséquent n'aurait pas eu un gros chèque pour son bouquin. Par contre, on peut lire qu'il est psychanalyste, à mon avis il gagne plutôt bien sa vie sans ses bouquins.
Il s'agirait de réfléchir avant de commenter.
Eliane Schierer
13/08/2021 à 15:18
Que dire à ce sujet? C'est assez difficile de se prononcer.
Quand on n'est pas dans ce cas, et même, on n'a pas le droit de juger l'écrivain. C'est la dernière chose à faire.
L'auteur a voulu certainement "se libérer" d'une façon ou d'une autre de ce poids qu'il porte sur ses épaules dû à son adolescence et celle de son frère et de sa soeur. J'essaie de me mettre juste un peu à sa place. Il a du souffrir et son frère également. Après de tels faits, on ne peut plus jamais oublier.
Une auteure amateure n'est pas un écrivain professionnel non plus et n'a pas les qualités requises pour en dire ni du bien, ni du mal, elle essaie de comprendre, c'est tout.
Pour ma biographie, j'ai du faire attention, modifier des passages, car si jamais une personne se reconnaît, et porte plainte, c'est assez délicat.
Quant à la décision du tribunal, je ne comprends pas pourquoi ne pas avoir ni informé l'auteur, ni l'éditeur en temps voulu?
Quand je vois des chiffres de vente de plus de 1000 exemplaires, je ne peux qu'en rêver, mais je reste bien à ma place. Mes collègues doivent vivre de leurs écrits, moi non. Mais j'aimerai bien que mes finances se rétablissent un peu. Restons positifs.
Je souhaite que le meilleur à vous toutes et tous, pleine réussite et bonne santé.
Un petit mot pour terminer à l'auteur: Pascal, ma vie n'était pas de tout repos, mais je n'ai pas vécu la vôtre. Je vous souhaite bonne continuation et ne vous laissez pas abattre. Les erreurs que j'ai commises m'ont rendu plus forte. Bien à vous!
Reuillon
13/08/2021 à 15:31
Tant mieux. Marre de ces écrivains nombrilistes qui étalent leurs problèmes familiaux, de manière souvent trafiquée – cf. l'ignoble Yann Moix.
Marie
13/08/2021 à 18:15
Vous englobez bien sans-doute Camille Kouchner, dans ces "écrivains(?) nombrilistes" qui, à mon sens auraient mieux fait de consulter un bon psychanalyste...
Reuillon
13/08/2021 à 18:28
En effet, Camille Kouchner fait partie de ces auteurs. Mais, ayant lu son livre, je ne la soupçonne pas d'avoir déformé les faits. Et elle a eu le mérite de dévoiler les dessous pas très propres d'un milieu très m'as-tu-vu, très donneur de leçons de morale… et très influent dans la politique et l'éducation.
Marie Bonheur
13/08/2021 à 15:38
Je trouve que c'est normal.
Ce roman porte atteinte à la vie privée des descendants des acteurs de cette fiction/ réalité.
Par ailleurs, il ne peut intéresser que les voleurs et les pervers
Marie
13/08/2021 à 18:18
Je ne trouve pas que ce soit normal, cette atteinte à la liberté d'écrire, cette morale qui se veut collective alors que (tout comme la solidarité) elle est à mon sens éminemment personnelle. De plus personne n'est obligé de lire !!
Annie-France Belaval
13/08/2021 à 16:27
Je n'aurais sans doute pas lu ce livre; je n'ai pas lus les précédents (ils m'ont échappés) mais ce genre de censure me choque!
Schierer Eliane
13/08/2021 à 17:25
Bonsoir Annie
Moi aussi j’étais étonnée de cette censure
Dommage pour l’auteur
Delia
13/08/2021 à 16:28
Ce n'est pas le thème qui pose problème, mais seulement la vie privée. Pourtant il est bien marqué "fiction" sur l'ouvrage. Et juger sans écouter les voix de la défense me semble un procédé inacceptable.
Ahmed Miloud
13/08/2021 à 17:15
L'inceste en lui-même est condamnable, mais avec la liberté sexuelle promue en Europe et ailleurs, il est toléré. Autrement dit, il ne constitue plus un objet de plainte sauf sans les cas de viol ou ou quand l'acte incestueux est commis sur des enfants mineurs de moins de quinze ans, consentants ou pas.
En conséquence, il est illogique de condamner la parution de ce roman même s'il fait référence à des faits réels.
https://www.senat.fr/lc/lc102/lc1020.html
Reuillon
13/08/2021 à 18:30
L'inceste n'est pas plus toléré dans les pays où la liberté sexuelle existe que dans les pays très religieux où la liberté sexuelle est réprimée. Ceux-ci sont seulement plus hypocrites
Otto Naumme
13/08/2021 à 23:01
Merci Reuillon de remettre les choses en place (j'allais écrire "de remettre l'église au centre du village", mais je crains que cette image n'ait pas été bien interprétée, allez LouÏa !)
Ninipod'
13/08/2021 à 17:17
Incompréhensible, en effet, sur le plan juridique(?):
- la personne plaignante n'étant pas de la famille au moment des faits relatés, et de plus, divorcée depuis...et les autres" parties"(?) étant décédées.
-Les enfants? de qui?... et le cas échéant, il y a sans doute lieu de sans les "mêler"....- qu'ils n'ignorent pas ce qui a pu se passer...l'omerta confortée par cette ordonnance ouvrant encore plus de soupçons pour leur éventuelle histoire et la vérité des faits (avérée ou infirmée).
- Le fait de n'avoir pu se constituer partie civile ou défenseur en l'absence de l'information: or une procédure de référé exige une lettre recommandée à remettre en mains... propres(!).
Tout ces éléments laissent perplexe.
...........................Sur un autre plan, celui du livre, de ce qu'est la littérature et de l'édition... (les publications nous le montrent), il est bien des questions qui laissent un espace ouvert... et d'autant plus flou et difficile à appréhender:
-s'il s'agit d'un Essai psychanalytique, il n'est nul besoin de censurer, cela va de soi: mais le livre peut-il tenir ce statut? Ce domaine, il est vrai, contenant ici des éléments de biographie est certes un terrain risqué...
- S'il s'agit d'un récit... le livre doit-il porter la mention "récit" en couverture....? (Que dit la jurisprudence éditoriale en la matière?
- S'il s'agit d'un roman, il semble bien que les débats autour de la question sont en plein au cente de la question de l'auto-fiction etc... ou du livre -choc etc.. tels qu'on en connaît plusieurs récents...
visant des personnalités réelles............. vivantes............... visibles........... etc.
Ce qui est singulier en la matière, c'est que le psychanalyste en question n'ait, semble-t-il, pas eu les armes littéraires et le dispositif pour, précisément, établir le lieu littéraire de cette recherche, de ces frontières, dans la langue qui lui eût été et dans la forme favorable à ce débat... entre REEL, et..........fantasme.... Fiction..... mensonge... etc...
ALORS MÊME que ceci fait partie de son exercice professionnel et même de son obligation éthique...............
Mais à ce niveau, nous ne le savons pas, car la Justice -ici, aveugle, on le... voit!- ne permet pas au public de se faire une opinion....
Ce qui reste: la protection d'une IDEE de la FAMILLE dont l'écrasante majorité des crimes et délits restent de son FAIT, en valeur absolue entre tous les crimes...Protection venant des membres de la Justice elle-même.
AIMONS les LIVRES d'autant plus, bons comme mauvais..............
Marco
13/08/2021 à 17:28
La justice fait son travail et prends des responsabilités. Rien de scandaleux.
sed
13/08/2021 à 17:29
Je trouve bien que la justice ne permette pas la diffusion de n'importe quoi. Je ne parle pas de censure, mais de droit au publique à être protégé de certaines dérives qu'il ne mesure pas toujours. Tout adulte n'est pas toujours bien réfléchi et bien raisonné, la justice a un devoir de réserve pour protéger la société de toute déviation morale. Lorsqu'on entend une histoire pédophile on s'offusque de cette perversion malsaine, mais pour qu'un homme/femme en arrive à cela, la plus part du temps, c'est qu'il/elle l'a subit ou en a entendu un récit. Donc oui, la justice à bien joué son rôle.
Otto Naumme
13/08/2021 à 18:41
Non, la justice n'a pas à juger la "morale". Ne serait-ce que parce que cette "morale" n'est pas la même pour tous, selon ses croyances, notamment. La justice est là pour juger la loi, qui s'applique à tous, quelles que soient leurs croyances et leur "morale".
En outre, en quoi interdire un livre permettrait-il de "protéger la société" ?
Et d'où sortez-vous que les auteurs de crimes pédophiles ou incestueux aient préalablement été victimes de ces actes ? Ou qu'il en a entendu un récit ?
On voit tous les jours des meurtres à la télé ou dans de multiples romans. Cela pousse-t-il tous les téléspectateurs ou lecteurs à devenir des criminels ? Faut-il interdire ces fictions télévisuelles, cinématographiques ou littéraires sous prétexte qu'il faut "protéger la société" ?
Vous niez la responsabilité individuelle de chacun. L'inceste (sur un mineur), la pédophilie sont réprimés par la loi. C'est à chacun de la respecter, rien d'autre.
Et prenez garde à conserver vos notions de "déviation morale" pour vous-même, tout le monde n'a pas les mêmes. Et les vôtres ne valent pas plus que celles d'autres personnes.
Lily
13/08/2021 à 19:32
Lobotomie de l'écriture par une triste justice !
Eliane Schierer
13/08/2021 à 22:28
Cher Otto,
Permettez-moi de vous remercier pour votre commentaire.
Je suis auteure de romans policiers, style classique, du genre Agatha Christie, bien que je ne lui arriverai jamais oh jamais à la cheville. Je n'arriverai pas non plus â la cheville de la plupart d'entre vous.
Des amies m'avaient suggéré d'écrire et c'est que j'ai fait après ma retraite en 2015. Les "meurtres" c'est dans quoi j'excelle. On m'avait dit d'écrire des romans d'amour, des romans pour enfants, mais ce n'est pas pour moi. Je préfère écrire dans quoi j'excelle.
Il ne me viendrait jamais à l'idée de tuer ou d'imiter un de mes personnages, c'est de la fiction.
Je suis de nature pacifique, je me défends si on m'agresse, mais j'aime l'harmonie.
C'est très dommage que ce roman ait été censuré. L'auteur voulait s'exprimer et se décharger d'un fardeau, je le comprends. On ne peux pas jouer à l'autruche et dire que cela n'existe pas, ou que cela heurte. Je suppose que cela a bien existé et c'est triste pour l'auteur et son frère. Ils sont à plaindre.
On n'a jamais censuré des caricatures blessantes, vulgaires, et blasphématoires, prétextant le droit à la liberté d'expression. La liberté d'expression a pour moi un autre visage, moins laid, moins provocateur. Beaucoup d'entre vous, en tant que professionnels vont m'en vouloir et m'écriront, peut-être m'insulteront t'ils, mais c'est dit. Même les non-croyants pourraient faire un effort en respectant les croyances des autres.
Je précise que je suis spirituelle mais que je ne vais plus à l'église. Je suis croyante, mais ne croie plus aux serviteurs de Dieu, et pour cause. Il y en aurait des choses à écrire, mais tel n'est pas le sujet.
Chacun de nous a sa façon de penser et de s'exprimer. La liberté d'expression a ses limites. Le blasphème est interdit en Italie. Je condamne le terrorisme bien évidemment, on ne tue pas pour un dessin, d'un autre côté "qui sème le vent, récolte la tempête". Je ne souhaite de mal â personne, attention, j'explique, c'est tout.
Les Anglais ont bien réagi à ce sujet, bravo. Je pense être une des seules en France â penser ainsi, mais j'assume.
Donc tout ceci passe, et pour un simple roman la loi le censure, c'est à ne plus rien comprendre?
Je ne répondrai pas à des commentaires agressifs. Merci d'en prendre note.
Otto Naumme
13/08/2021 à 23:32
Bonjour Eliane et merci de votre réponse,
Je ne suis pas écrivain, je suis "juste" journaliste, je ne sais pas faire de fiction, l'idée même de faire de l'auto-fiction me fait frémir tellement elle est en dehors de mon champ de pensée.
Tout comme est inimaginable pour moi d'appliquer mon champ de pensée à celui des autres - sur ce qui tient à la "morale" bien sûr - pour ce qui est de la loi, elle est là et doit l'être, je suis évidemment contre le meurtre, le viol, la prévarication, et ainsi de suite.
Pour ce roman (si tant est qu'on puisse parler de roman lorsqu'il s'agit d'auto-fiction - mon "humour" (qu'on me reproche souvent) m'aurait amené à parler "d'otto-fiction"... -), je n'ai pas d'avis sur le fait qu'il soit "censuré" ou non : avec ce que dit Actualitté (et ce n'est pas de sa faute, le journaliste ne fait qu'énoncer ce qu'il a comme informations), il est impossible de juger de ce qui est "bien" ou "mal" dans ce cadre précis.
Ensuite, et ça m'est personnel, je déteste l'auto-fiction, le côté "je me lave de mes traumas en écrivant", parce que d'une part ça me fatigue et d'autre part ça n'a jamais donné le moindre début de commencement de talent à qui que ce soit.
Pour le reste, oui, des saloperies telles que l'inceste existent. Et les victimes sont toujours à plaindre. Mais c'est à elles d'aller en justice et d'y traîner les salopards qui méritent d'être balancés dans une prison.
Quant à la liberté d'expression, elle n'a pas de visage. Ou en tout cas pas un "beau visage". Le photographe qui parcourait les tranchées en 1915 et ramenait des clichés tellement atroces qu'aucun média ne voulait les publier, ça, ça me fait chier. Parce que c'était la réalité, mais que d'aucuns voulaient la gommer. Donc, de manière plus générale, la liberté d'expression n'est pas ce que "je voudrais lire", elle englobe aussi les saloperies qui me font gerber, du moment qu'elles respectent la loi.
Quant au blasphème, il m'importe peu. Vous parlez de "respect des croyances des autres". Certes.
Mais qu'en est-il des "non-croyances" de ceux qui, comme moi, n'ont aucune croyance, qui sont de "simples" athées ? Je ne me sens pas "victime", je remarque juste qu'on oublie souvent de parler de la sensibilité de ceux qui pensent différemment... Je veux bien respecter les croyances de certains, je souhaiterais juste que l'inverse soit vrai, on en est loin...
Quant à la liberté d'expression, elle a certes ses limites, légales, très bien exprimées en France. Je me fiche de savoir ce qu'il se passe à ce sujet en Italie ou en Iran (deux très beaux pays avec des gens formidables mais aussi de profonds salopards, qui plus est au pouvoir en Perse...). Et non, "qui sème le vent..." n'est pas viable : cela signifie que je pourrais venir demain vous tuer parce que vous ne pensez pas comme moi : êtes-vous prête à dire que c'est "normal parce que qui sème le vent blablabla" ? Réfléchissez, ne dites pas de sornettes de cette sorte, vous perdez toute crédibilité, toute possibilité d'être estimée. Aucune pensée, je dis bien aucune, ne peut justifier d'être tué. Même celles qui me déplaisent au plus profond de mon être. On peut légiférer pour interdire les pires saloperies (le nazisme par exemple), faire en sorte que personne n'en fasse l'apologie. Mais tuer quelqu'un pour ça ? Jamais ! (ça n'empêchera pas que le premier qui vient me faire l'apologie du nazisme sous mon nez prendra mon poing dans la gueule, mais ce n'est pas exactement la même chose...)
Pour le reste, je ne sais pas comment ont réagi les Anglais, mais si c'est du type "qui sème le vent...", cela ne fera que confirmer que je vis du bon côté de la Manche.
Quant à votre phrase sur le roman et "ceci passe", je ne comprends pas ce que vous voulez dire...
Et mon commentaire n'est pas agressif, sauf sur certains points. :)
Eliane Schierer
14/08/2021 à 13:02
Bonjour Otto,
Merci pour votre réponse. Dommage que vous ayez écrit sous un pseudo, chose que je n'ai pas faite.
Si je me suis trompée alors excusez-moi, je n'ai pas trouvé votre nom en tant que journaliste sur le net.
Vos idées ne rejoignent pas les miennes, car c'est votre projection et c'est normal.
Ma projection est autre.
Etre crédible, perdre l'estime des autres, vous savez en tant qu'auteur j'en ai entendu des vertes et des pas mûres. Je m'en fiche royalement. On ne peut être d'accord sur tout, c'est impossible.
Si j'écoutais tous mes lecteurs je serai ma propre "ghost writer".
"De même que le rocher n’est pas agité par le vent. Les sages restent inébranlés par le blâme ou le compliment. (Dhammapada)"
Nous ne pensons pas tous de la même manière, heureusement, sinon la vie serait une soupe sans sel.
"Ceci passe" = les caricatures blessantes ne sont pas censurées, mais ce roman oui, dommage.
Le liberté d'expression n'a jamais eu un beau visage, je vous le concède. Pendant la première guerre mondiale aussi. J'ai visité Verdun, mon grand-père y ayant combattu du côté des allemands.
Il n'a jamais tué quelqu'un et faisait signe et avertissait les français en cas d'attaque.
Je vous respecte et votre opinion et que vous ne soyez non croyant. On peut faire de bonnes choses sur terre, ceci n'a rien avoir avec la religion. On peut s'entraider, c'est ce qui compte.
Mais cela n'autorise tout de même pas de faire du n'importe quoi avec des carricatures qui ont mené indirectement à la mort de beaucoup de personnes.
Je n'en démordrai pas, quitte à me faire virer du site. Cela ne serait pas la première censure, j'en ai l'habitude.
Je respecte le journaliste qui a fait son travail et qui nous a mis l'article à notre disposition, je n'ai jamais dit que c'était de sa faute. Et pourquoi donc?
Je ne soutiens pas le terrorisme et les meurtres je l'ai écrit. On ne tue pas pour un dessin.
Les "lésés" auraient pu porter plainte, mais auraient été déboutés par la justice certainement.
Et tout le monde peut mettre sur papier une biographie. Pourquoi détester (c'est votre droit) ce que les autres aiment. Les goûts et les couleurs.....
Grasset en a fait l'expérience ces derniers temps, et je suis certaine que c'est un filon d'or pour eux.
Dans une école anglaise, les parents musulmans sont venus se plaindre de ces carricatures et l'école a sévi, et elle a bien fait. Bravo!
Beaucoup de journalistes aiment cela, non, quand le brasier se rallume et quand il y a de la tempête. Il y a de quoi écrire, même si cela a un visage affreux. Je ne l'écris pas pour vous, mais en général. C'est le travail d'un journaliste, et il doit mettre souvent ses sentiments personnels de côté.
J'espère que vous ne viendrez pas chez moi et m'insulter, je prendrai le balai, et mon loulou ne vous laisserait pas faire. Lui aboie et moi je mords:-) Mamie sait encore se défendre:-)
Qui sème le vent récolte la tempête, oui cela va dans les deux sens, je vous le concède.
Celui qui va avec le tisonnier dans les braises, s'y brûlera quand le feu se rallumera, cela va aussi dans les deux sens.
Un proverbe allemand dit: So wie man in den Wald hineinruft, so schallt es heraus......
La Perse et l'Italie sont de très beaux pays, vous avez raison. Les deux pays ont leurs problèmes.
Et moi je ne m'en fiche pas de l'Italie. Je lis beaucoup de choses dans les journaux, quitte à me faire mon opinion. Cette opinion n'est peut-être pas toujours exacte, mais au moins j'en ai une.
Je vous souhaite une bonne santé et un bel été, ce que je souhaite aussi aux lecteurs!
Aradigme
14/08/2021 à 13:33
Bonjour Otto Naumme,
Je me permets de vous faire remarquer que l'athéisme est une croyance. L'existence ou la non-existence de Dieu ne peuvent être prouvés. Les athées sont donc des croyants, tout comme les déistes de différents types. Seuls les agnostiques se situent en dehors du processus de la foi.
Salutations
Aradigme
Reuillon
14/08/2021 à 00:15
"Et d'où sortez-vous que les auteurs de crimes pédophiles ou incestueux aient préalablement été victimes de ces actes ?"
- C'est une réalité, constatée par de très nombreux psychologues, enquêteurs et magistrats qui ont traité d'affaires graves de pédophilie ou d'inceste. La plupart des pédocriminels en ont été eux-mêmes victimes pendant leur enfance et reproduisent cette violence.
Quant à la littérature ou au cinéma, ils peuvent justifier, rendre mentalement ou socialement acceptables ces comportement criminels (on l'a bien vu dans l'affaire Matzneff, où tout un petit milieu "libéré" acceptait tout et n'importe quoi depuis les "années 68". Il y a bien une responsabilité sociale de l'écrivain.
Forbane
13/08/2021 à 17:49
Il suffisait de changer les prénoms et de... créer, et le tour aurait été joué !
Un écrivain a tout à fait le droit de puiser dans sa vie, son intimité et ses traumatismes pour créer - à condition que le résultat soit bel et bien une oeuvre d'art et de fiction.
Sinon, ce n'est pas de l'art, seulement du voyeurisme pour le lecteur et du nombrilisme pour l'auteur (à la Moix effectivement).
maryc
13/08/2021 à 18:01
je suis choquée par le fait qu'il n'y ait pas eu de débat contradictoire! délivrer une assignation en pleine période de vacances estivales et avec de si courts délais entre l'assignation et l'audience, c'est un peu fort; d'habitude les juges sont vigilants quant au respect du contradictoire; que s'est il passé? je présume que l'assignation a été délivrée au cierge social de l'éditeur pendant l'absence du personnel; pour le reste, ne sachant pas de quoi il retourne....
Marco
13/08/2021 à 18:40
La justice ne juge pas l'auteur mais la portée des propos édités dans un livre. Comme dans la vraie vie, on ne peut pas dire ou faire n'importe quoi. Il y a des règles, des limites... La justice se prononce, sans entamer un débat contradictoire. Ensuite, l'éditeur et l'auteur peuvent faire appel. Ce cadre est rassurant ! Il défend notre crédibilité d'écrivains.
Otto Naumme
13/08/2021 à 18:43
Il m'étonnerait fort que les éditions Robert Laffont n'aient pas de personnel présent même en période de vacances.
Et j'adore votre "cierge social de l'éditeur" ! :)
Reuillon
14/08/2021 à 10:43
les éditions Robert Laffont sont totalement désorganisées par un nouveau management qui ne connaît strictement rien aux métiers de l'édition et impose des règles technocratiques absurdes.
Alina Reyes
13/08/2021 à 18:14
Impossible de commenter cette décision de justice sans avoir lu le livre. Les œuvres de fiction s'inspirent toujours de faits et de personnes réelles, reste à savoir si le ou les livres incriminés comme portant atteinte à la vie intime ont assez le caractère d’œuvres de fiction, ou non. L'un de mes manuscrits jadis a dû passer entre les mains d'un avocat avant publication et j'ai dû retirer un ou deux détails qui auraient pu faire penser à tel personnage public (le plus drôle est que je les avais inventés, ignorant que telle manie de mon personnage était aussi celle du personnage public en question - il s'agissait de mon roman "Poupée, anale nationale"). J'ai retiré les détails en question sans en faire une histoire, si je puis dire. L'essentiel est ailleurs. Peut-être l'auteur pourrait-il réécrire son livre de façon tout aussi forte sans que l'identification avec des personnes existantes prime.
Eliane Schierer
13/08/2021 à 22:06
Chère Alina,
Je vous comprends très bien.. En rédigeant ma biographie, j'avais demandé à des avocates de la SGDL ce qui était permis et non. La loi est très stricte à ce sujet. J'ai donc écrit ce roman sous un pseudo. J'ai changé certaines situations c.à.d, j'ai changé mon premier emploi, mon lieu de résidence, mon frère a eu des jumeaux (il n'a pas d'enfants), j'ai changé les noms, mais le RESTE de ma vie était correcte. Si jamais quelqu'un viendrait à porter plainte contre moi, je devrais faire retirer ce roman. Je travaille en autoédition. Il pourrait porter plainte, mais les faits qui se sont déroulés, sont corrects, pas de mensonge, même en "maquillant" un peu le roman.
La plupart d'entre vous êtes des écrivains chevronnés et jamais je ne vous arriverai à la cheville.
En plus, j'écris dans ma deuxième langue, le français n'est pas ma langue maternelle, mais le Luxembourgeois. Bien â vous et bonne chance pour la suite
FH
13/08/2021 à 20:52
Si l'auteur avait bien précisé en tête de son ouvrage qu'il s'agissait d'une oeuvre de fiction, quoique inspirée de faits réels, ce jugement est problématique (il porte atteinte à la liberté d'expression).
(NB : je ne suis pas fan d'autofiction, mais je considère que toute fiction devrait pouvoir être publiée, contrairement en effet à un témoignage.)
Camille
13/08/2021 à 21:53
Voilà une thématique bien intéressante. Je ne connais pas cet auteur, mais d'autres ont écrit des mises à nu et ont été publiés sans problème. Alors faut-il être connu pour ne pas être censuré, avoir un fauteuil chez Gallimard ou autres pour avoir sa petite place chez le libraire ! L'édition est loin d'être transparente, comme la politique, comme bien d'autres sujets, ce sont des business. La fiction n'est que le reflet de faits réels, n'est-ce- pas, certains dérangent et d'autres laissent indifférents parce que trop sages. Certains font la une de toutes les émissions culturelles et d'autres connaissent la poubelle . Je partage beaucoup d'avis, votre article fait réagir et c'est bien. Parfois il faut avoir la sagesse de poser un petit mouchoir sur ses propres pensées.
Camille
Eliane Schierer
13/08/2021 à 22:46
Hello Camille,
Merci pour votre commentaire.
Quand je me suis lancée dans mes écrits et en postulant chez différents éditeurs (120 demandes pour mon premier roman policier de 2017 â 2018) j'étais loin de me douter que jamais les grandes maisons ne liront même pas une ligne. Toujours les mêmes réponses.
Ensuite j'ai travaillé avec une petite maison d'édition où j'ai dû faire moi - même, en tant qu'amateure, une grosse partie du marketing, la publicité, j'ai aidé pour les ventes de bouche à oreille. Je me déplace régulièrement aux salons de la région. L'éditeur avait encore un autre emploi et préférait les SF de ses amis. Les romans policiers classiques étaient en quelque sorte un "filler" dans ces rayons. Jamais ou très rarement un mot gentil.
Après cela j'en avais plus que marre. Je travaille maintenant sur la plate-forme de books on demand, (BoD) et si vous savez tout faire par vous même, c.à.d. les corrections (j'ai une amie qui corrige), la mise en page, la couverture, le roman ne vous coûte que 19 Euros et reste plus qu'une année sur leur site. Les marges brutes sont plus élevées que chez un éditeur à compte d'éditeur.
Il ne faut bien sûr pas prendre les options payantes, il va de soi.
L'ebook est aussi diffusé sur différentes plateformes et en librairie, à l'instar d'Amazon où vous ne trouverez que votre roman sur leur site. Les autres sites d'autoédition ne font pas correctement la diffusion, sont plus chers, j'ai donc laissé tomber la concurrence.
Je fait ma publicité sur Linkedin et Twitter, je déteste FACEBOOK, j'écris aux médiathèques, librairies, je vends aussi à l'aide d'une boulangerie de mon village qui expose mes romans. Je fait tout mon possible, même en présentant mon communiqué de presse aux journaux. Ne croyez-pas que c'est de tout repos, mais j'aime ce que je fait, je préfère ce que je fait maintenant à mon travail que je faisait avant.
Je travaillais dans un back-office d'une banque allemande. La banque fermera au 31.12.2024.
Je suis une micro-entreprise, mais mon chiffre d'affaires est très bas, et pour l'instant je ne paie même pas de cotisations à l'URSSAF. Je suis syndiquée au SELF, et c'est avec joie que je soutiens aussi mes collègues professionnels qui ne peuvent payer leur cotisation. Je suggère à chaque auteur d'être syndiquée, car en cas de pépin ils ont des personnes compétentes qui peuvent aider.
Bien à vous
Otto Naumme
13/08/2021 à 23:37
Camille, l'impétrant est publié par Robert Laffont.
On est un peu loin de la micro-édition et encore plus de l'auto-édition...
Ce n'est pas un jugement de valeur par rapport à cet ouvrage, juste une remise en perspective des choses : ce n'est pas parce qu'il est chez un "petit" qu'il est attaqué - Laffont n'est pas vraiment un "petit".
Le reste, je n'en sais rien...
جمال كتيل
13/08/2021 à 22:09
Que dois je dire , dieu a ordonné la discrétion, le pardon des morts est une obligation.
Otto Naumme
13/08/2021 à 23:39
Vous savez, "dieu", on s'en fiche un peu. là.
On parle ici de loi, dans un pays laïque, donc ce que le dieu des uns ou des autres a pu "dire"...
lyrer
14/08/2021 à 17:29
Voilà un exemple typique pour l'irrespect, l'intolérance et la grossièreté face à un discours tout à fait neutre, et très justifié en plus !
Déjà les Romains disaient: de mortuis nil nisi bene: Le Pardon étant la base de la paix au monde -- et la rancune la base de toute guerre .....
Bertrand Fessard de Foucault
13/08/2021 à 22:35
Réédition du sort fait à Gabriel Matzneff qui n'a jamais rien écrit sur le viol, l'inceste, l'amour forcé. Jamais depuis l'Occupation, la censure en littérature. Et justement quand on s'extasie sur l'exhumation de milliers de pages manuscrites de Céline, volée à l'auteur à la Libération, mais quand il s'enfuyait en Allemagne... Quelle époque lamentable si nous ne réagissons, crions, réfléchissons...
Michel BLAISE
14/08/2021 à 06:42
Quand la société dévient, à ce point, corsetée et ignorante de tout, je n'ai plus la force de me définir "humaniste". Maïs de contacter l'essence stupide de l'Homme.
Doina
14/08/2021 à 07:56
Je pense que la justice se trouve en faute, car elle n'a pas prévenu ni l'auteur, ni la maison d'édition, qui auraient pu se defendre contre les accusations. C'est quand même difficile de savoir si le livre porte vraiment atteinte à la vie privée, car le procès semble être dans les brumes. Et puis, il y a tant de livres qui exhibent la vie personnelle, et qui, pour autant, ne sont pas interdits. Et tant d'emissions partout dans le monde où l'on voit les gens se dévoiler sans aucune honte. Ces emissions ne sont interdites non plus...
Lealuna
14/08/2021 à 08:58
On se sent tout à fait en 2021 ou les interdictions pleuvent dans tous les domaines, sans plus jamais de controverse.
Il semble qu'il devrait y avoir un recours au sujet l'impossibilité de l'auteur et de l'éditeur à venir apporter la contradiction pour ne pas avoir été informés de la convocation du 6 août ! Ce qui est précieux dans la justice c'est cela : la possibilité donnée à chaque partie d'apporter ses arguments. Précieux ! Le fondement de la justice .
D'autre part , tellement de publications sur le sujet de l'inceste ont paru , donnant les noms , expliquant les faits, les appels à l'aide infructueux, les souffrances des victimes ... Je ne les lis pas , mais on en parle assez dans les médias pour que nous soyons TOUS bien au courant des faits et des personnes concernées, vivantes ou non. Les interviews , les explications claires de ces violences rien ne nous échappe.
La société est ainsi habitée : violences, crimes sur tous les écrans du plus petit au plus immense à chaque minute du jour et de la nuit. Il semble que l'on a plus (+) de distance à la lecture d'un livre qu' immergé au quotidien dans toutes ces images très violentes ( j'inclue ici des images et des son si violents dans les films "pour enfants")
Attention à la morale , elle est subjective+++et engendre bien des catastrophes pour les humains.
Ioanna
14/08/2021 à 10:38
Je me demande si nous vivons un nouveau Moyen Age, vraiment, c est choquant
Reuillon
14/08/2021 à 10:42
SVP quel rapport avec ce que vous appelez le "Moyen Age"?