#Economie

Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

Le 24/08/2021 à 14:47 par Nicolas Gary

9 Réactions | 1652 Partages

Publié le :

24/08/2021 à 14:47

Nicolas Gary

9

Commentaires

1652

Partages

linkedin mail print
ActuaLitté

Voilà des semaines que les éditeurs en font état : une crise papetière est à l’œuvre, avec pour conséquence immédiate d’engendrer une hausse tarifaire, doublée d’une pénurie significative, et de retards. Les origines complexes et multiples déclenchent pourtant des conséquences simples : « Fin juillet, j’ai pu constater effectivement une grande tension sur l’approvisionnement de papier d’impression et de carton (reliure et PLV) avec des délais allongés », nous indique Laurent Beccaria, directeur des Arènes.

« La reprise est forte partout et le besoin de papier et de carton est fort dans tous les secteurs. L’augmentation de la vente par internet décuple le besoin d’emballage. » En clair, l'édition commence à avoir chaud. Très chaud. Et pour cause : les arrêts de collecte de matière, aux premiers temps du Covid, se répercutent actuellement.

Editeurs, imprimeurs, papetiers : “Papiere, Bitte !

Voilà quelques semaines, alors que les maisons manga bichaient et savouraient l'instauration du Pass Culture, certains ressentaient déjà le manque. Imprimés en Italie, les titres édités par Kazé ont fait face à des problématiques d'approvisionnement en papier et en encre, ralenti par la crise sanitaire, et à des plannings déjà chargés chez les partenaires. « Toutefois, ils sont habitués à réagir vite, ce qui a permis de limiter la durée des réassorts », indiquait alors Jérôme Manceau, directeur marketing de Kazé.

Depuis, la pression augmente. Le président des Éditions du net, Henri Mojon, prestataire d’impression à la demande, abonde : « Notre fournisseur, Procop, était en rupture en juillet et a été réapprovisionné le 3 août. Nous avons immédiatement commandé deux palettes d’avance. » Une situation qui résulte « de la restructuration de la filière et des prix qui explosent ».

Dans les grands groupes, qui achètent directement leur papier, les mesures d’urgence ont été prises : Gallimard, Hachette ou Editis, qui nous indique : « Malgré les délais allongés, le groupe a anticipé la situation et n’est en rien confronté à un risque de pénurie. » De fait, le responsable des achats avait vu venir, et l'entreprise dispose de papier jusqu'à la fin de l'année.

La bande dessinée, comme la littérature, est logée à même enseigne. Laura Fortunato, de l’imprimerie belge Lesaffre-Delabie, spécialisée dans les albums jeunesse et la BD, nous le confirme : « Effectivement, les prix des matières ont grimpés et l’approvisionnement, surtout en carton, est très compliqué en cette période. Nos clients ont été informés bien à temps et largement aidés en nous donnant leurs prévisions de planning. » 

Sauf que, très clairement, il s’avère « en ce moment très difficile d’intercaler des formats hors standard qui n’étaient pas annoncés. Fort heureusement, nous travaillons avec des matières gérées en stock par des réapprovisionnements réguliers… Mais même là, des retards sont annoncés. »

Une situation inédite, en quarante années de métier, assure-t-elle. « Une première hausse des prix est intervenue en avril, une nouvelle au 1er juin. Les prix du papier sont fixés jusqu’au 30 septembre, mais après, c’est l’inconnu. » Tout est question de stock, pour le papier comme le carton, afin de répondre aux demandes des éditeurs partenaires. « Si un nouveau client se présente, nous ne serons pas en mesure de l’accepter, avant le 23 décembre. »

Et d'abonder : « Il y a des problèmes d’approvisionnement sur le papier, mais aussi sur le carton de reliure et même le film d’emballage plastique. » Rien n’est donc épargné.

Matières premières, en tête de liste

Fin juillet, le président d’Imprim Luxe, Pierre Ballet, faisait circuler à l’initiative du groupe de réflexion POPAI, un document concernant « les hausses des matières premières et leurs répercutions sur le prix de vente auprès des donneurs d’ordre ».

Cette action regroupe plusieurs associations représentatives de la filière papier – producteurs, intégrateurs, agences, enseignistes, imprimeurs... – et une étude a déjà été réalisée pour identifier l’évolution des cours de ces matières premières. Un décrochage net était observé à compter de septembre 2020 pour les papiers cartons.

« [C]es entreprises que nous représentons - par un manque de visibilité sur les délais de livraison et les prix à date -, peinent à chiffrer les opérations à venir et à répercuter ces hausses sur leurs propres tarifs, et sont donc soumises à un risque fort de pénalités de retard en cas de révision des calendriers, alors même que des prix fermes et non révisables ont été prévus aux marchés annuels et aux commandes en cours », indiquait le courrier. 

« Cette situation déstabilise par conséquent l’ensemble des professionnels qui œuvrent à vos côtés malgré cette crise et met en péril leur survie. » 

Des professionnels qui n’avaient d’ailleurs pas besoin de cela, mais font face également aux dispositions de la loi Climat et résilience : déjà en proie à des difficultés économiques, la filière, et les imprimeurs en première ligne, se voit plus fragilisée encore. D’autant que pour ces derniers, si les prix d’impression baissent, ils ne remontent pas souvent. Les garde-fous introduits dans la législation laissent une respiration, mais pas assez pour que les dangers soient écartés. 

Voilà que ces dernières semaines, plusieurs maisons d’édition remontent les mêmes constats — des structures dont le papier est fourni par l'imprimeur, assez logiquement. « On parle de guerre mondiale d’approvisionnement du papier causant des retards », pointe l’une d’elles, mi-figue, mi-raisin. La petite musique est persistante, touche différemment les uns et les autres, mais tire ses origines des mêmes problématiques.

Le Covid, meilleur ami... de l'emballage

Nicolas Perrier, fondateur de 4P, société dédiée à l’accompagnement de structures pour l’impression à la demande, pose les faits : « Le papier – imprimé livre et presse, magazine, etc. – représente à peine 10 % de la production mondiale. L’emballage pèse pour l’immense majorité. » Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation. Sa pâte, originaire d’Amérique du Sud ou de Scandinavie, a connu une baisse drastique de production avec… le coronavirus.

« D’abord, les tirages ont diminué depuis 10 ans, pour le livre. Ensuite, malgré un beau chiffre d’affaires en 2020, le coronavirus a provoqué une baisse de la demande. » La bureautique, et ses ramettes de papier pour l’imprimante ont connu la même pente : le télétravail a fait fondre les achats. L’offre, souffrant d’une demande absente, ou moindre, a conduit logiquement à la hausse des prix.

Il est en revanche un autre segment qui, lui, a explosé avec la pandémie : l’emballage. « La vente en ligne, en Occident, et plus encore en Chine, a été sursollicitée du fait des confinements. » Dans le même temps, la Chine, qui importait des déchets — notamment du vieux papier — d’Europe, a cessé ce commerce à partir de novembre 2019. S’il y avait du papier, le marché pouvait assurer une production. « Désormais, les Chinois importent de nouveau, ne disposant pas des ressources pour produire suffisamment de pâte. » Des achats à l’étranger induisant des hausses de tarifs sur la matière.

« Certaines papeteries s’orienteraient sur une activité de cartonnage plutôt que le papier et que les marchés américain et chinois seraient privilégiés par rapport au marché européen, car plus importants », observe Yvan Cardona, dirigeant de IN tempo, imprimeur.

« Le fait est que les délais d’approvisionnements sont extrêmement longs (parfois 10 semaines) et que nous sommes obligés de refuser des affaires pour manque des références les plus utilisées en bouffant et offset concernant le livre », poursuit-il. « Nos autres fournisseurs rotativistes orientés sur de l’impression de magazines ou VPC (papiers couchés ou dit journal amélioré) nous font le même constat. »

La concomitance de facteurs disjoints est telle que certains papetiers – situation encore jamais vue –, ont dû dénoncer leurs accords d’approvisionnement pris pour l’année. Une mesure de protection commerciale destinée à protéger les entreprises, qui finiraient par travailler à perte. Un effet ciseau inextricable, où l’augmentation de la matière première se double avec un prix de cession trop bas : la machine menace de se bloquer. 

Emballer, c'est pesé !

Ce premier phénomène s’accompagne de plusieurs autres tendances, qui convergent toutes. La flambée des prix de la matière première vient aussi de ce que l’industrie du carton s’est portée acquéreuse de gros volumes. 

De même, les deux producteurs de papier, UPM et Stora Enso, parmi les trois plus gros opérateurs au monde, ont opéré une fermeture massive de leur production. Arrivées à un seuil où le prix du papier, toutes catégories confondues était trop bas, les entreprises ont préféré plier boutique. Devant une profitabilité insuffisante, et un marché déficitaire en termes d’offre, les joueurs ont en parallèle révisé leurs stratégies : une mutation progressive de la production industrielle… vers le packaging.

Mais Guillaume Le Jeune, président de l’association Culture Papier, pointe également que le phénomène structurel de baisse de consommation du papier, constaté au début des années 2000, et accéléré en 2008, est à l’œuvre. « Nous sommes habitués à observer des cycles de hausses et de baisses, mais ces cycles se raccourcissent, avec des variations tarifaires de plus en plus importantes. »

Plus les baisses sont fortes, plus les hausses deviennent violentes. Et comme si tout cela ne suffisait pas, les industries du papier se trouvent désormais en concurrence avec… celles du bâtiment. Car la demande en constructions en bois explose et que la matière première est souvent la même, le bois résineux.

En effet, plusieurs pays, dont la France, ont choisi de promouvoir la fabrication avec du bois. Mi-juillet, une pénurie sur la matière première entraînait des arrêts de chantier, doublés d’une envolée des prix. « Même une partie de production du bois, dévolue à la pâte à papier, est reroutée vers le bâtiment, meilleur client, qui achète plus cher. »

Le coûteux bilan carbone

Reste que jamais l’on n’avait assisté à une telle flambée des prix, dont les corrélations avec la pandémie sont multiples, jusque dans le transport. Plusieurs informations le confirment : des conteneurs qui coûtaient 2000 $ sont passés à 8000 $... voilà six mois. Depuis, les tarifs ont continué de grimper. Certains éditeurs, courageux ou désespérés, auraient tenté de faire transiter leur production par train, pour contourner le problème. « Mécaniquement, tout cela a des conséquences sur le coût de fabrication. »

Durant la pandémie, les conteneurs acheminés par les trois transporteurs mondiaux se sont retrouvés vides. L’un de ces trois plus gros est d’ailleurs chinois : durant le premier semestre 2020, des dizaines de milliers de conteneurs se retrouvaient sans marchandise. Pire encore dans le fret maritime, où les marchandises furent coincées dans les ports américains ou chinois, entraînant une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Une raréfaction des produits, allant jusqu’aux palettes en bois, aux encres, et même aux matières plastiques. Et conséquence : des prix exorbitants. Car depuis la reprise économique, le coût des transports n’a pas cessé de grimper dans les aigus. 

N’oublions d’ailleurs pas que le corollaire du transport, c’est l’environnement. Le respect de normes environnementales plus propres se répercutera, tôt ou tard. « Le papier est énergivore à produire, en gaz, pétrole, charbon, transports… Couper des arbres, c’est très régulé. Mais le bilan carbone d’un livre est énorme », souligne Nicolas Perrier. D’ailleurs, il en va de même pour le papier toilette, même si moins raffiné. « Cela dit, les gens réagiraient plus rapidement à une pénurie de papier hygiénique qu’à une pénurie de livres. »

Car, faire des économies carbone a un prix, plus encore lorsque de nombreuses autres industries optent pour le papier en remplacement des plastiques d’emballage. Vertueux, mais coûteux, surtout quand la matière vient à manquer. 

Ainsi, quand les imprimeurs, sous la pression des papetiers, finiront par répercuter leurs frais, que se passera-t-il ? « Les éditeurs ont déjà vu les coûts environnementaux grimper, les conséquences financières liées à la matière première se feront aussi sentir », relève Nicolas Perrier.

Même les groupes, qui achètent directement leur papier, ont vu, ou verront, le prix de leurs livres augmenter : tous les imprimeurs n'en fournissent pas, mais chacun finira par en faire les frais. « À cette heure, ce sont surtout des questions de délais qui se posent principalement : le papier bouffant peut mettre jusqu’à 14 semaines à être livré, contre 3 à 5 semaines en temps normaux. Mais vu les sérieuses difficultés qui se posent, les imprimeurs n’auront pas d’autres solutions que de répercuter les hausses sur les éditeurs. »

La concurrence de l'Europe orientale

Pour l'imprimeuse Laura Fortunato, les éditeurs partenaires — principalement en bande dessinée, donc — semblent pour l’heure opposés à cette idée de hausse. Toutefois, garantir le maintien des actuels prix de vente des ouvrages implique des solutions qui font peur… aux imprimeurs. « Nous avons déjà perdu des parts de marché du fait de la concurrence avec certains prestataires d’Europe de l’est — de Pologne, Slovaquie ou Slovénie, par exemple. Si, pour l’heure, les éditeurs ont pris acte de la hausse des tarifs en amont, qu’en sera-t-il après le 30 septembre ? » Autrement dit, après la fixation des nouveaux tarifs.

Ces territoires, également concernés par ces problématiques, représentent pourtant une double menace : « D’abord, ils ont moins de demandes locales, et sont donc plus susceptibles de répondre à celle d’éditeurs français ou belges. Ensuite, leurs coûts de main-d’œuvre sont moins élevés. » Autrement dit, aller chercher, à l’est, des prix de revient à même de ne pas répercuter sur les lecteurs et en librairies, les hausses de tarifs.

Encore faut-il que les stocks existent et que l’approvisionnement fonctionne pour ces opérateurs. « Si c’est le cas, alors les éditeurs, d’abord attirés par la nécessité, changeront peut-être leurs habitudes de travail. On imagine bien qu’il est plus difficile de revenir vers les anciens partenaires dans ces conditions. » 

Ajoutons à cela les coûts de transports, également plus attractifs, et l’équation devient extrêmement délicate. Que des frais de fabrication augmentent de 5 à 8 %, pour des grands groupes, cela reste absorbable sur le volume. Mais les maisons accepteront-elles de jouer le jeu longtemps encore — surtout quand les coûts auront pris 15 % de majoration ?

Une possibilité marginale, relativisera-t-on : les gros groupes BD impriment déjà partout. Certes, mais néanmoins.

Le livre en danger... de hausse ?

Quid, dans une logique financière, des petites maisons, aux petits volumes d'impression ? Elles se retrouveront sur le carreau. « Les gros deviendront prioritaires, du fait des exemplaires imprimés. Les petits attendront plus longtemps, et paieront plus cher encore : une double peine », redoute Nicolas Perrier.

En Allemagne, les éditeurs affirment être pris dans un goulot d’étranglement : démarrant la production de Noël, ils sont confrontés aux mêmes difficultés que leurs confrères français. Raréfaction du papier, prix explosifs, chaîne d’approvisionnement ténue.

Association des éditeurs et libraires allemands

Un état d’urgence pour les maisons, contraintes d’avancer les délais pour établir le tirage des ouvrages. Notons que le prix de la cellulose, achetée 650 € en décembre 2020, était passé à 1000 € la tonne en août 2021. 

Corollaire : un retard dans l’impression implique des retards dans l’office. « Quand il s’agit d’une ou deux semaines, les commerciaux grognent. Deux mois, ce peut être dramatique pour la vie du livre et de la maison. » Les plannings de la rentrée littéraire, réorganisés en regard de l’année 2020, ont joué leur rôle dans ce marasme.

« Quand un groupe commande 100 tonnes, et qu’un petit éditeur en commande 3, il passe évidemment au second plan », reconnaît un imprimeur. « Et la hausse de prix est en effet visible, autour de 20 %. »

Guillaume Le Jeune ne voit pas d’amélioration au second semestre. « La hausse des prix de papier pourrait continuer, notamment au 1er semestre 2022, en regard de la situation actuelle — et du point de départ de ladite situation. À savoir que les prix du marché étaient tombés à un niveau trop bas pour que les producteurs puissent continuer leur activité de façon pérenne. » Les temps sont troublés, pour l’approvisionnement, mais quand on est éditeur, « il faut attacher sa ceinture, la situation est vraiment chaotique ».

« Personnellement, je ne déplore qu’une augmentation de notre tarif annuel — nous travaillons sur un système de frais fixes et frais variables histoire de gérer “facilement” les coéditions avec les clients », relativise l'éditeur Michel Demeulenaere, fondateur de Mijade (Belgique). « Il y a effectivement — mais nous sommes très peu touchés, car nous imprimons 95 % de notre production en France ou en Europe — une augmentation vertigineuse des frais de transport depuis l’Asie », ajoute Laurent Beccaria. Pour d’autres, les retards imprimeurs s’accumulent, parfois contraignants à des mesures d’urgence, comme l’impression à l’étranger.

La lecture, dans les petits papiers

Certes, l’édition est résiliente, et devrait mieux traverser ces premières perturbations — avec des implications immédiates moins lourdes. Pour autant, la situation est identique en Europe dans les autres États, et récemment, les éditeurs québécois opéraient les mêmes constats. Avec toujours cette crainte : la hausse du prix des livres.

QUEBEC: une hausse inévitable du prix des livres ?

« Heureusement, en France, une lueur d’espoir vient de ce que le président de la République a choisi de faire de la lecture une grande cause nationale. Il est important de rappeler que s’il souhaite la favoriser, une filière en France doit pouvoir éditer et imprimer les livres. De plus les tablettes, à la différence du support papier, favoriseront une moindre maitrise dans l'apprentissage de l'écriture et dans celle de l'orthographe », conclut le président de Culture Papier. ‌

Surtout, pointe un facétieux acteur, que le paradoxe grandit. « Les gros impriment beaucoup, ce qui leur permet d’avoir des remises. Mais alors qu’une pénurie sévit, il faudrait continuer d’imprimer beaucoup, voire plus encore, pour maintenir des prix bas… » Autre démonstration de cet aphorisme de Jérôme Lindon : l'édition est la seule industrie où l'on répond à la crise de la demande par une augmentation de l'offre.

Gilles Mure Ravaud, président du Groupement des métiers de l’impression, insiste : « L’européanisation a eu des conséquences visibles dans plusieurs industries lourdes : les papetiers y compris. Les dernières grandes machines à papier en France datent des années 60-70. Contrairement aux pays scandinaves ou au Portugal, on a assisté à un manque d’investissements, aboutissant à une paupérisation de la branche. »

Et en effet, des pays avec une capacité de progression économique et de consommation plus significatives que la Vieille Europe se voient privilégiés. « Il faut apprendre à se réorganiser : moins commander à des pays lointains, travailler avec les opérateurs de proximité, pour des petites quantités. » Pour autant, s’appuyant sur une étude de COFACE (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), le président du GMI ne verse pas dans le pessimisme.

« Sur les cinq prochaines années, les projections sont plutôt dans le vert : après l’excès de consommation d’écrans du confinement, le besoin de lire sur papier se dévoile. » Et dans cette continuité, parvenir à promouvoir la filiale auprès des étudiants, « les faire venir dans nos usines, leur présenter le métier, pour attirer de nouvelles compétences ».

Pas de panique, tant qu'on a sa serviette

Pascal Lenoir se montre plus pragmatique encore : directeur de la fabrication chez Gallimard, président de la commission environnement du Syndicat national de l’édition et président de la Compagnie des Chefs de Fabrication de l’Imprimerie, voit dans cette période « un phénomène structurel et ponctuel ». De fait, « le marché du papier se restructure, en regard de la baisse de consommation — 50 % perdus en 15 ans. Et dans le même temps, un redémarrage des industries, partout dans le monde, qui provoque des tensions ».

L’édition souffre par ailleurs de mauvaises habitudes prises : le manque d’anticipation. « Chez les éditeurs qui achètent le papier à leur imprimeur, ceux qui n’ont pas anticipé seront pénalisés. » Sans pour autant s’en inquiéter trop : « Nous sortons d’une période d’arrêt quasi complet : le redémarrage est compliqué pour tout le monde, parce que le Covid a entraîné une désorganisation complète. »

L’industrie du livre, passée d’un fonctionnement basé sur les stocks à une approche de flux, a cherché ces dernières années à « réduire les stocks et n’approvisionner que si besoin », note Pascal Lenoir. Mais la surcapacité de production d’avant-Covid ne répond plus : « Les délais courts, c’est du passé : les machines sont pleines, alors si les plannings n’ont pas été bien cadrés, la pénurie sera plus violente. »

Comment ne pas mesurer que tous les professionnels sont à cran ? « Quand un cas Covid se présente dans un port de Chine, on ferme tout, avec les répercussions qu’on imagine. Cela renchérit sur les difficultés, et alimente l’urgence, quand l’activité reprend. Il en va de même quand un bateau reste coincé en travers du canal de Suez », pointe-t-il en référence à l’Ever Given, ce porte-conteneurs géant de 400 m, bloqué en mars dernier.

Ces enjeux autour de la matière « obligent à une plus grande vigilance : suivant les papiers nécessaires aux ouvrages, structurer, parler, échanger, tout ce que l’on a peut-être perdu l’habitude de faire. Quel est le programme, sur combien de mois, quel papier, quel tirage, quand doit démarrer l’impression ? Autant de questions essentielles, pour prendre de la hauteur et traverser cette crise. »

Une approche de bon gestionnaire, en somme ? « Aménager des stocks quand les marchés se tendent, oui, c’est de la bonne gestion. Mais encore faut-il la trésorerie, un imprimeur en mesure de stocker… Or, non seulement cette approche tend le marché plus encore, mais il n’est pas possible de disposer de tous les papiers. Pour ceux qui le peuvent, oui, la solution a été d’acheter un peu plus que de nécessaire, parce que le marché est devenu imprévisible. »

LOI LANG: maintenant, sécuriser toute la chaîne du livre

Quant à l’idée de voir le prix des livres augmenter, la réponse est dans l’énoncé : « Cela dépend du temps que durera cette situation. » De fait, une grande partie des ouvrages dispose déjà d’un prix, inscrit sur la quatrième de couverture. Et le prix unique, qui fête sa 40e année, ne permet pas de grande flexibilité. « Il nous faut par ailleurs annoncer les prix des ouvrages, bien avant leur parution, très en amont. Alors, oui, nous absorberons un éventuel surcoût, d’autant qu’en 2020, le prix du papier n’a jamais été aussi bas. Au moins dans un premier temps. »

Mais pour le Goncourt, que l’on se rassure. Même s’il ne connaît pas le million d’exemplaires de L’anomalie (Hervé Le Tellier), il pourra être imprimé, sans peine : que l'éditeur se rassure.

Crédits photo : paine_z, CC 0 ; offset CC 0 ; 5598375 CC 0 ; 127071 CC 0 ; Christa Dodoo / Unsplash ; Tama66 CC 0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

9 Commentaires

 

Jacques Lucchesi

24/08/2021 à 20:08

La vie de l'esprit est dépendante aussi de la vie de la matière. C'est à ce genre de signaux qu'on peut mesurer combien notre monde est fragile.

Texier

25/08/2021 à 00:34

Enquête fouillée et témoignages pertinents. La question cruciale pour le livre se pose également pour la presse encore plus vulnérable sans marge

LOL

25/08/2021 à 08:54

« Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation. Sa pâte, originaire d’Amérique du Sud ou de Scandinavie, »

Voilà. La mondialisation. Les conséquences. Tout est dit.

Même si l'article effleure le sujet, la pâte à papier vient seulement des arbres qui viennent des forêts, lesquelles sont SOUS-exploitées en France.

Donc, il y aurait bien un moyen de tout réintégrer en local, sans passer par des portes-conteneurs fort polluants, pour le bienfait de tous et de l'emploi en particulier.

Après, on peut toujours se plaindre et on peut aussi agir.

SamSam

25/08/2021 à 09:21

Pas un mot sur la spéculation qui manipule tous les prix, qui redistribue toutes les matières premières entre des mains qui ne pensent qu'à se gaver ss tenir compte des gens, des besoins, des impacts.

Par ailleurs, on apprend qu'un des managers de Gallimard est responsable au Medef de l'édition. On s'en serait douté. La littérature industrielle révèle sa vraie nature.

Ce qui fait rire (jaune) c'est ces petit patrons, égoïsme en bandoulière, qui militeraient (presque) pour des délais, des approvisionnements sûrs, des commandes définitives. Ils sont au coeur de la machine, n'espèrent rien de plus que de devenir des capos du système, et ils n'ont rien compris.
Le capitalisme s'engraisse de tout détruire, de tout déstabiliser en permanence. Le carton, le papier seront raréfiés, tenus par quelques mains ultra-riches, ils hurleront à la mort et accepteront n'importe quel prix. De toute façon, c'est le con qui paye. Nous, qui ne sommes que des con-sommateurs.
D'ailleurs, le COVID, c'est l'affaire du siècle pour les labos.
Les plus cons, les XXL de la connerie, ce sont sans aucun doute, ceux qui hurlent, au nom de la moroline la plus débile, vaccinez-vous, mais vaccinez-vous, nom de Dieu !..

Nicolas Gary - ActuaLitté

25/08/2021 à 09:23

Bonjour
Je laisse passer le commentaire, qui dérive tout de même.
En revanche, juste pour répondre sur les spéculations : manque de sources fiables et d'opérateurs en mesure de nous en parler de manière efficace. Pas du tout évité. Seul élément que l'on a pu avoir : "Les papetiers font un peu ce qu'ils veulent."
Voyez, ça ne menait pas loin.

Sidonie

25/08/2021 à 11:18

Merci pour cet article très détaillé et si bien expliqué!

Mox Fulder

25/08/2021 à 12:05

Juste une coquille à corriger, permettez-moi :

« D’abord, les tirages ont diminué depuis 10 ans, pour le livre. Ensuite, malgré un beau chiffre d’affaires en 2020, le coronavirus a provoqué une BAISE de la demande. »

("Baise de la demande" c'est presque un heureux double sens. mais je pense que vous préfèrerez le corriger quand même. et merci pour l'article).

Sic Gloria Transit

26/08/2021 à 08:07

Étant donné le peu de considération des éditeurs pour les lecteurs, je pense qu'il pourrait abandonné le papier de qualité pour du papier toilette sans trop se compromettre. Entre les fautes non corrigées et les coquilles diverses, ça donnerait à l'ensemble une couleur plus crédible et plus naturelle.

SamSam

26/08/2021 à 10:04

Effectivement, petits ou grands, d'après observations, les éditeurs partagent une même infatuation et un cynisme de plus en plus avéré. Vis-à-vis des auteurs, aussi, bien sûr.
Chez les gros, on s'en doutait, mais ça monte chez les petits aussi, et même dans le domaine poétique, où il n'est pas rare de croiser des éditeurs "participatifs". Entendre, un(e) éditeur(trice) qui, pour un service minimal, quasiment ss moyens de diff, mal distribué, demandera à l'auteur d'acheter une petit cinquantaine d'ouvrages. On notera qu'il publie beaucoup, et même de plus en plus (cf l'Harmattan, pionnier dans ce genre de cavalerie).
Bref, là aussi, la foi du charbonnier, le respect d'un travail singulier qui s'appelle création, l'envie de faire de son mieux pour faire vivre la culture au présent, et pas seulement avec petits-fours et enterrement discursif par qqes men in grey de la Culture, de la Politique ou des Médias, tout ça s'évanouit sous la loi du profit, l'angoisse de la précarité, le sentiment que tout est simulacre, alors pourquoi on ferait son petit bout de gras, en jouant des coudes et de la langue...

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

ActuaLitté

Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52

ActuaLitté

Issues de la collection de Stefan Zweig, deux partitions inédites de Schumann retrouvées

Il est des vieux papiers que l’on exhume, avec une odeur d’antan, mais dont on ne soupçonne pas que leur histoire nous emportera loin, bien loin. Au sein de la Fondation Martin Bodmer (Cologny, canton de Genève), quatre pièces inédites ont été retrouvées. Muriel Brandt, chargée de mission pour la mise en valeur des partitions autographes en aurait dansé au son des lieder de Robert Schumann, ainsi que deux autres pièces, de Georges Bizet et Charles Gounod. 

03/09/2021, 13:17

ActuaLitté

Vente d'épreuves non corrigées : collectionneur illuminé ou attrape-nigaud ?

Le marché du livre d’occasion fait pousser des soupirs désabusés aux organisations d’auteurs depuis bien longtemps. C’est pourtant en toute légalité que l’acheteur de livre papier peut revendre on exemplaire. Il existerait en revanche un autre marché, navigant dans une zone grise nettement plus contestable, installé sur le net français : celui des épreuves non corrigées. Des textes et des ouvrages non-commercialisables, mais qui servent aux éditeurs à faire connaître leurs publications très en amont…

31/08/2021, 13:04

ActuaLitté

France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

ActuaLitté

L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

ActuaLitté

Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

ActuaLitté

Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

ActuaLitté

Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

ActuaLitté

Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

ActuaLitté

Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

ActuaLitté

La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

ActuaLitté

Marseille : Actes Sud cédera la librairie du MuCEM à Arteum, “une perspective adaptée”

En janvier 2013, le groupe Actes Sud remportait l’appel d’offres concernant le MuCEM — Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée de Marseille. En juin de cette même année, la boutique-librairie allait être associée à la librairie Maupetit, propriété du groupe depuis 1998. Mais la concession changerait prochainement de mains, dans le cadre d’un AOT qui bénéficierait à la société Arteum, spécialisée dans les boutiques de musées. 

17/12/2020, 15:45

ActuaLitté

Étude : les Français et la lecture pendant le premier confinement

Trois organismes du secteur du livre, la Sofia, le SNE et la SGDL, ont commandé à l'institut Médiamétrie une étude consacrée aux pratiques des Français en matière de lecture pendant le premier confinement, celui du printemps 2020. Il en ressort un attachement certain pour l'activité, avec une volonté de tester d'autres manières de lire.

14/12/2020, 16:43

ActuaLitté

La lecture, loisir le plus pratiqué par les enfants de 9 ans durant le confinement

Dans quelques années, on se souviendra de cette étrange période avec quelques souvenirs flous : avions-nous réellement été enfermés, durant un confinement mondial ? Pour les enfants, dont 98 % restèrent chez eux, cette période eut des répercussions sur le travail et les loisirs. Le ministère de la Culture a procédé à une enquête, portant sur les jeunes de 9 ans.

07/12/2020, 09:38

ActuaLitté

Les règles du “je” : Rowling, reflet d'un monde patriarcal

L’affaire Rowling prend des proportions inquiétantes : après la fronde des personnels de Hachette UK, voici que des auteurs de l’agence littéraire décident de quitter le navire. Plusieurs auteurs ont claqué la porte de Blair Partnership, suite aux propos de la romancière sur les personnes transgenres. Et maintenant, les politiques se servent de ses propos comme arguments législatifs.

24/06/2020, 12:43

ActuaLitté

Sondage : les Français ont lu 2,5 livres durant le confinement

EXCLUSIF – À partir de ce 11 mai, les librairies ont l'autorisation de réouvrir. Or, la lecture fut, durant le confinement, l’une des vertus refuges. Privés dans un premier temps de librairies, les Français ont pourtant opté pour les livres, pour se divertir, s’évader ou s’enrichir. Un sondage réalisé par Harris pour ActuaLitté/La Journée du manuscrit francophone dévoile quelle place le livre a véritablement occupé lors de ces semaines à domicile.

11/05/2020, 09:00

ActuaLitté

Les Français achètent de plus en plus de livres d'occasion

Le livre d'occasion, une aubaine
En attendant le communiqué annuel de PriceMinister annonçant que le livre a encore été le produit le plus revendu après Noël, voici un bref pronostic de Recommerce. Spécialiste de la vente de smartphones et produits reconditionnés, l’entreprise avance que les Français passeront massivement par les cadeaux d’occasion.

20/12/2018, 12:03

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

Ken Follett : “L’histoire la plus réaliste que j’aie jamais écrite”

Ken Follett est aujourd’hui considéré comme l’écrivain le plus populaire du monde. Les romans de sa saga, Kingsbridge se sont vendus à 47 millions d’exemplaires. Avec son dernier roman, Pour rien au monde (trad. Odile Demange, Jean-Daniel Brèque, Nathalie Gouyé-Guilbert, Dominique Haas et Christel Gaillard-Paris), il explore une nouvelle voie : celle d’un chaos qui menace, et il ne faudrait pour rien au monde que ce qu’il a imaginé prenne forme…

26/10/2021, 06:45

ActuaLitté

Des livres traduits par des robots : "Quid de la sensibilité ?"

L'éditeur scientifique Springer met désormais à disposition de ses auteurs un outil de traduction automatique, DeepL AI, permettant de traduire articles scientifiques et manuscrits depuis différentes langues vers l'anglais. Plus encore, il devrait traduire des livres en intégralité, qui seront ensuite commercialisés par l'éditeur. Pour le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL), une telle confiance dans l'intelligence artificielle dénote « un manque flagrant de professionnalisme ».

25/10/2021, 10:31

ActuaLitté

Ma toute première page, toute, toute première page 

Elles se ressemblent, passé le carton de la couverture, dont le dos gémit dans un mouvement inconnu encore. Ces premières pages passées distraitement, avant de parvenir au sésame : le premier chapitre d’une nouvelle histoire. Ces premières pages, à peine regardées, dégagées du pouce, dans un feuilletage méthodique : une, deux, trois peut-être, quatre rarement, recto-verso méticuleusement évacuées… Ah, ces toutes premières pages.

22/10/2021, 16:31

ActuaLitté

Manuscrits musicaux : le nécessaire rééquilibrage de la relation avec les éditeurs

Le Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine (SMC) vient de réagir suite à la vente aux enchères de manuscrits de compositrices et compositeurs vivants. Le syndicat dénonce notamment les dérives non-déontologiques entraînées par certaines clauses abusives dans les contrats d’édition musicale et appelle à un rééquilibrage des relations entres les éditeurs et les compositrices et compositeurs.

22/10/2021, 12:50

ActuaLitté

Sexisme, harcèlement : “Moi aussi, j'aurais dû être protégée.”

Institution dans le milieu de l’Imaginaire, le festival d’Épinal représente un moment précieux pour les professionnels. Au point de parvenir à faire la pluie et le beau temps sur des carrières, suivant que l’on soit accepté ou blacklisté. Nombre de livres s’y sont décidés lors de rencontres informelles, tandis qu’au cours de ses quatre journées, la manifestation rassemble une véritable communauté – le Fandom. L’édition 2021, elle, aura marqué un tournant.

21/10/2021, 15:06

ActuaLitté

Rencontres avec ces libraires qui s’en foutent de la rentrée littéraire

REPORTAGE – Avec ses chiffres clinquants, ses stars qui pavoisent, ses nouveautés « jubilatoires » et ses jurys qui polémiquent, la rentrée littéraire devrait tous nous passionner. Et quand on dit “tous”, on pense en premier lieu, bien évidemment, aux libraires. Et pourtant… ActuaLitté est allé à la rencontre de plusieurs commerçants du livre, à Strasbourg. Il s'en dégage comme une odeur d'indifférence pugnace.

18/10/2021, 10:35

ActuaLitté

Lettres du monde : Essentiel !, comme une évidence

Festival des littératures du monde, la prochaine et 18e édition de Lettres du monde se tiendra du 19 au 28 novembre, à travers la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine. Partenaires privilégiés de cet événement où auteurs et lecteurs convergent, les librairies de toute la Région. Cécile Bory, Présidente des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine et Directrice de la librairie Georges (Talence), nous en dit quelques mots.

15/10/2021, 13:18

ActuaLitté

Fils de Zeus, Dionysos s'étonne : “Une brigade des mœurs pour festival, vraiment ?”

LA VRAIE-FAUSSE INTERVIEW – En littérature, la prosopopée consiste à faire parler les morts, les entités divines ou autres abstractions. Joueurs, nous avons invoqué les mânes de Dionysos, dieu accessoirement dédicataire de la première scène antique. En effet, son théâtre à Athènes accueillit les chants rituels préfigurant les tragédies classiques. Ce qui en fait aussi le premier organisateur de manifestations littéraires en Europe. Vous avez dit événementiel ?

14/10/2021, 15:32

ActuaLitté

“L'édition indépendante est une fiction”

L’indépendance éditoriale, entendue comme une liberté de publier, ne se laisse pas définir facilement. Elle est affaire de jugement, d’auteur(e)s, d’éditeurs(trices), selon des critères qui leur appartiennent, et des publics aussi — et de la nature du régime politique en cours. Par Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise.

12/10/2021, 12:47

ActuaLitté

Agnès Ledig : “J'aime l'image du livre comme un lien de cœur à cœur “

Elle attend souriante : l’heure matinale n’affecte en rien l’immédiate bienveillance. Partager quelques instants avec Agnès Ledig, c’est une mise en danger quand on ne la connaît pas. Elle saisit les nuances, les allusions : elle écoute et l’on perçoit que ses questions ne sont pas des marques d’intérêts feints. Son dernier livre, Se le dire enfin, est sorti en poche en mars dernier (J’ai lu) : mais elle, que nous dira-t-elle finalement ?

12/10/2021, 11:30

ActuaLitté

Jean-Claude Mourlevat : ”Auteur jeunesse, cela m'agace quand c'est méprisant“

Il a remporté le prix Astrid Lindgren, qui allait pour la première fois de son histoire à un auteur français. Cette récompense littéraire et suédoise est souvent présentée comme le Prix Nobel consacrant la littérature pour la jeunesse. Jean-Claude Mourlevat, lauréat 2021 était avec nous à Gradignan, pour le salon Lire en Poche. Opportunité rare…

10/10/2021, 20:29

ActuaLitté

Villon, Rimbaud ou Verlaine, de “sales types” : Crénom, Teulé !

Jean Teulé, président. Voilà qui claque, et aurait peut-être même de la gueule : avec lui, une palanquée de poètes rentrerait à l’Élysée. Mais en attendant que l’écrivain prenne la tête de l’État, c’est à Gradignan qu’il pose ses valises, pour Lire en Poche, comme parrain de l’édition 2021. Rendez-vous pris avec celui qui revendique, comme Aragon, « ce sale type », de n’avoir jamais appris à écrire. En avant la musique.

09/10/2021, 12:05

ActuaLitté

“Quand t’auras 12 ans, tu seras privé de bibliothèque”

Depuis les extensions du Pass sanitaire dans les lieux culturels à des tranches d’âge plus jeunes, les phénomènes d’exclusion s’amplifient. Si bien des gens n’avaient pas mesuré ce que ces décisions impliqueraient, voici les effets pervers qui se profilent. Alors qu’une nouvelle mobilisation nationale est annoncée pour mercredi 13 octobre dans les bibliothèques municipales, un collectif de professionnels signe dans nos colonnes une tribune allant dans ce sens diffusée ci-dessous dans son intégralité.

09/10/2021, 10:20

ActuaLitté

“Le Salon de Turin n’a pas de public : il rassemble une communauté”

#SALTO21 – Une nouvelle fois, les organisateurs du Salon du livre de Turin ont jonglé entre les difficultés, pour que la manifestation piémontaise ait lieu. Son commissaire général, également romancier, Nicola Lagioia, accorde à ActuaLitté un entretien exclusif. Du 14 au 18 octobre, le Lingotto célébrera le livre, la lecture, les auteurs, avec passion.

07/10/2021, 15:22

ActuaLitté

Retraites : quand l'ADAGP a vite fait de jeter les artistes-auteurs en Ehpad

Il suffit parfois d’un message publicitaire bien tourné pour qu’une population entière s’engouffre dans un produit. Et aussi d’un martèlement régulier — comme le savent les enseignants, pour que ça rentre, faut répéter… Mais en d’autres moments, plus sensibles, la réclame fait bondir à s’en enfourner la tête dans l’écran. Le traducteur littéraire et syndicaliste Lionel Evrard nous en donne ici une illustration…

04/10/2021, 16:31

ActuaLitté

Les “opposants politiques” et le régime de Loukachenko en Biélorussie

Les réactions se multiplient pour dénoncer le régime mis en place par Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie. Réélu en août 2020, il a marqué son retour par plusieurs attaques portées contre la liberté d’expression. Et plus spécifiquement des associations d’auteurs. L’association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse monte à son tour au créneau, dans un texte communiqué à ActuaLitté, ici reproduit en intégralité.

04/10/2021, 12:17

ActuaLitté

Complaintes de la bibliothèque

Ce matin, ton regard était froid et distant. Presque je t’aurais entendu ravaler tes sanglots, quand entrant dans la pièce, tu m’as tourné le dos. Enfin, tu l’aurais certainement souhaité, mais inamovible, tu m’as battu froid. Dans ce silence que je connais, tu m’as laissé déposer ce vélo coutumier, sans broncher. Et après le premier café, timidement, tu as geint : « Tu ne me regardes plus comme avant ! » Mince : ma bibliothèque parle ?

01/10/2021, 13:59

ActuaLitté

Hommage aux traducteurs et aux traductrices, artistes du verbe depuis plus de deux millénaires

La journée mondiale de la traduction (30 septembre) pourrait sans problème être renommée journée mondiale des traducteurs et des traductrices. Ceux-ci sont souvent peu visibles derrière leur art alors qu’ils contribuent au savoir et à la culture depuis plus de deux millénaires. Leur apport est immense, au passé comme au présent. 

30/09/2021, 09:59

ActuaLitté

Chroniques de la Lune Noire : “Au départ, c'était un roman... mais j'ai tout perdu”

L'aventure des Chroniques de la Lune noire, saga entamée en 1989 par Olivier Ledroit, au dessin, et François Froideval, ne se résume pas en quelques mots. On notera simplement qu’au commencement, un souci informatique provoqua la perte du roman que Froideval avait entamé. Qu’importe, elles verront tout de même le jour, en BD. 13 ans après le 14e tome, Les Chroniques de la Lune noire, ce sont, en bande dessinée, plus de 559.000 exemplaires vendus (données Edistat). Et un redémarrage s’amorce avec Jeanne-A Debats quand surgit un roman, chez Leha.

29/09/2021, 10:04

ActuaLitté

Des ministres de la Culture francophones s'engagent à “promouvoir l’accès au livre”

Les 23 et 24 septembre derniers, des ministres de la Culture de plusieurs États francophones ont participé aux États généraux du livre en langue française, échangeant avec les professionnels du secteur pour élaborer une stratégie visant à dynamiser le secteur et la circulation du livre dans l'espace francophone. Parallèlement, les ministres de la Culture de 9 États francophones cosignent une déclaration, reproduite ci-dessous en intégralité.

28/09/2021, 16:34

ActuaLitté

Région Grand Est : “Encourager les auteurs de l’écrit à la création de projets audiovisuels”

Rapprocher les auteurs de l’écrit du monde audiovisuel, voici le projet que porte la Région Grand Est à travers l’opération Du livre à l’écran. Cinq livres, cinq auteurs, cinq maisons d’édition, et en parallèle, un programme d’accompagnement, avec Daniel Picouly comme parrain : objectif, connecter les filières du livre et du cinéma.

28/09/2021, 09:18

ActuaLitté

Traduire Conceição Evaristo, la Toni Morrison brésilienne

PORTRAIT – Première invitée du festival VoVf, traduire le monde, la traductrice Izabella Borges est venue présenter le recueil de nouvelles Ses Yeux d’eau (Ed. des femmes) et évoquer son autrice, immensément populaire au Brésil, Conceição Evaristo.

27/09/2021, 15:07

ActuaLitté

“Il manque de toute évidence au sein du Goncourt une grande figure morale”

Voilà une semaine que l’histoire se ressasse à l’envi : comment les jurés du prix Goncourt, comment l’Académie tout entière, a pu se faire prendre de la sorte ? Un roman retenu, écrit par le compagnon d’une des membres du jury… et personne pour trouver ce lien étrange. Seule colère du président, quand ladite jurée se fend d’une chronique dans Le Monde, pour sabrer un autre livre retenu dans la liste 2021 ?  

27/09/2021, 12:02

ActuaLitté

Comment lire un roman écrit par une voiture ? 
La doxa littéraire face à l’Intelligence artificielle

Dans son roman de 2002, Exemplaire de démonstration, Philippe Vasset vantait ironiquement les vertus du Scriptgenerator, un logiciel rédacteur de best-sellers paramétrable par l’éditeur en fonction d’un public cible. En 2016, avec Ada, Antoine Bello imaginait à son tour une intelligence artificielle spécialisée dans le roman sentimental. Il se trouve que ces fictions de robots-écrivains sont de moins en moins improbables. Par Pascal Mougin, université Paris-Saclay.

27/09/2021, 09:48

ActuaLitté

Crise à l'Academie : du prix Goncourt au prix d’amis ?

Tout cela ne manque pas de piquant, il faut le croire... Récuser un membre du jury, quand c’est une femme ? La chose passerait mal – le Goncourt n’en compte que trois, sur ses dix membres. Se récuser, quand on a possiblement franchi la ligne rouge ? Les statuts de l’Académie, modifiés en 2008, n’en font pas expressément état. Pour autant, les dernières révélations de France Inter sur un possible conflit d'intérêt interrogent le lecteur. La Littérature, certes, mais à tout prix ?

23/09/2021, 07:29

ActuaLitté

“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

ActuaLitté

Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

ActuaLitté

Raphaël Glucksmann : “La politique souffre d’abord d’une absence de littérature”

ÉVÉNEMENT – Au fil des éditions, les Bibliothèques idéales de Strasbourg voient de plus en plus grand. Cette année, malgré les complications épidémiques, « les Livres ont pris le pouvoir », bel et bien : 200 écrivains, intellectuels, acteurs et musiciens ont investi la capitale alsacienne pendant 10 jours pour faire de ces rencontres un rendez-vous incontournable de la vie culturelle d’abord strasbourgeoise, ensuite alsacienne, bientôt française. Retour d’expérience. 

15/09/2021, 17:33

ActuaLitté

Pourquoi le journaliste littéraire redouterait l'internaute critique ? 

Auteur Gallimard, juré Prix Goncourt, auteur d'une étude sur les traducteurs pour le CNL, journaliste, bloggueur et despote éclairé de la République des livres : Pierre Assouline est multi-casquette, solidement implanté dans l'industrie. Dans La revue des médias, il dénigre avec ardeur les réseaux de lecteurs, des « plateformes [qui] sont des sites marchands ». Et finalement, déplore une médiocrité propre à l'époque. Pierre Fremaux, cofondateur de Babelio, apporte les nuances impératives.

15/09/2021, 07:42

ActuaLitté

La Peste d'après Albert Camus inaugure Kazoku, label manga chez Michel Lafon

En 2016, Ki&Hi devint le premier manga des éditions Michel Lafon : 6 tomes et un agenda plus tard, le succès dépasse 1,03 million d’exemplaires (donnée Edistat) sur cinq années. 2021 amorce alors une nouvelle voie : Kazoku, le label manga de la maison. Et pour l’inaugurer, c’est le roman d’Albert Camus, La Peste, adapté par Ryota Kurumado. Une aventure éditoriale peu banale, dont les deux premiers tomes sortiront d’ici 10 jours.

14/09/2021, 11:33

ActuaLitté

Patrick Imbert (Le Sommet des Dieux) : “Chez Taniguchi, je sens toujours une tonalité humaine”

En salles le 22 septembre prochain, Le Sommet des Dieux adapte le récit homonyme de Jirō Taniguchi, en 5 tomes (parus aux éditions Kana dans une traduction de Sylvain Chollet). L'histoire d'une passion vertigineuse pour l'alpinisme, où chaque sommet vaincu n'est qu'un seuil devant le prochain... Entretien avec Patrick Imbert, le réalisateur du long-métrage.

08/09/2021, 16:21

ActuaLitté

Seghers : une rentrée à la recherche du lien entre tradition et modernité

La réorganisation des maisons décidée en octobre 2020 aura conduit Antoine Caro à la tête de Seghers. Une première rentrée littéraire, donc, qui amorce les trois axes de développement — tout en renouant avec l’histoire même de la maison. Poésie, beaux livres, littérature, la transition s’inscrit dans la tradition, celle d’une époque où Pierre Seghers conjuguait les genres et les talents. 

07/09/2021, 11:01

ActuaLitté

Masque sous le nez, Plume dans le postérieur : Saint-Germain des Près a encore frappé

Depuis 1955 que l’émission littéraire hebdomadaire critique les univers culturels — cinéma, théâtre ou livres — on pourrait s’attendre à un minimum de connaissances économiques sur ces secteurs. Pourtant, Le Masque et la plume, que Jérôme Garcin présente depuis plus de 30 ans, démontre que le germanopratisme a de beaux jours devant lui. Comprendre : quand les chroniqueurs s’en prennent sévèrement à Virginie Grimaldi, on touche le fond du fond radiophonique. 

01/09/2021, 12:50

ActuaLitté

Eric Zemmour : “Comment je suis devenu auteur-éditeur”

ENTRETIEN EXCLUSIF – La France n'a pas dit son dernier mot sera le prochain livre d'Éric Zemmour. Une aventure éditoriale qui commence avec une rupture à l’initiative de son ancien éditeur, Albin Michel. Sans maison pour son prochain livre, le polémiste a choisi de monter sa propre société d’édition — Rubempré. Et de confier à Interforum la distribution de ses livres sur le territoire, et dans la francophonie. Il revient avec nous sur cette démarche, plutôt inédite pour un auteur de best-sellers.

25/08/2021, 17:32

ActuaLitté

En Afghanistan, “les créateurs sont pourchassés, risquent la torture et la mort”

La progression et le retour des talibans au pouvoir, à la faveur du retrait des forces internationales de l'Afghanistan, inquiètent le monde entier. Le devenir des libertés individuelles semble plus que jamais menacé dans le pays, et le Pen club français, qui défend la liberté d'expression, appelle le gouvernement français à prendre des mesures d'accueil fortes.

24/08/2021, 09:31

ActuaLitté

Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 7. XXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette septième partie est consacrée aux traducteurs du XXe siècle, qui prônent une traduction non littérale pour les œuvres de fiction et qui créent une nouvelle discipline dénommée traductologie. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

20/08/2021, 10:03