En avril dernier, une enquête de Mediapart faisait état de nombreux témoignages de femmes, qui dénonçaient un comportement « déplacé » de Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne. Depuis, cette dernière société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi les révélations. Huit autrices de livres publiés par les éditions Bragelonne demandent des mesures immédiates, sous peine d'entamer une procédure pour récupérer leurs droits.
Le 28/05/2021 à 11:01 par Antoine Oury
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La publication d'une enquête de Mediapart, en avril dernier, a déclenché un nouvel épisode #MeToo dans l'édition, cette fois directement tourné vers un éditeur. Le directeur du groupe Bragelonne, Stéphane Marsan, a ainsi été cité par de nombreuses femmes, autrices, collaboratrices ou anciennes employées, qui ont dénoncé un comportement « déplacé ».
Depuis ces témoignages, Stéphane Marsan a réagi par l'intermédiaire d'un droit de réponse, mais la société Bragelonne, de son côté, n'a pas communiqué publiquement sur le sujet. Ce mutisme a poussé plusieurs autrices à réagir publiquement, « pour mettre un peu de pression sur Bragelonne », nous explique l'une d'entre elles, Betty Piccioli.
Autrices d'un livre ou plus, publiés par les éditions Bragelonne ou une autre maison du groupe, elles demandent, dans une lettre ouverte aux administrateurs de la société, l'ouverture d'une enquête interne sur les comportements attribués à Stéphane Marsan.
« La lettre envoyée à Bragelonne souligne sans équivoque le fait que, à l’heure actuelle, une enquête sur les faits allégués devrait déjà avoir été entamée, en sollicitant à tout le moins les instances représentatives compétentes, à savoir l’inspection du travail et la médecine du travail. L'absence complète de réaction de la société Bragelonne laisse à penser que cette dernière cautionne les agissements de son président dans un cadre professionnel », indiquent les autrices, commentant un courrier accessible à cette adresse.
« Nous trouvons cela fou et symptomatique qu'aucune communication ne soit mise en œuvre de la part de Bragelonne, si ce n'est un mutisme révélateur », souligne Betty Piccioli. « À notre connaissance, Stéphane Marsan travaille toujours, il gère encore des projets d'édition. »
« En tant qu'autrices, notre pouvoir réside dans une possible récupération de nos droits », nous explique Betty Piccioli. Rappelons que, dans le cadre d'un contrat d'édition, l'auteur cède les droits d'exploitation de son œuvre à l'éditeur jusqu'à 70 ans après sa mort : récupérer ses droits est une opération délicate, qui n'est normalement possible qu'en cas d'indisponibilité et de défaut d'exploitation d'un livre par son éditeur.
« Chacune des autrices a des contrats différents, selon les ouvrages, avec des clauses différentes selon les dates de signature. Nous nous sommes donc orientées vers le droit moral et l'obligation de sécurité qui incombe à l'éditeur » détaille Betty Piccioli. Arguant que cette obligation de sécurité concerne autant les autrices que les employées de la maison d'édition, la procédure entend pousser l'éditeur à une enquête interne.
#METOO: quelles obligations pour le groupe Bragelonne ?
Plusieurs juristes ont conseillé les autrices au préalable, mais les démarches de récupération des droits, si l'enquête n'est pas ouverte, s'annoncent délicates. « Toutefois, nous pourrons compter sur le soutien d'organisations et de syndicats d'auteurs prêts à nous aider, à nous accompagner juridiquement et peut-être financièrement. »
Betty Piccioli, comme Samantha Bailly, avait témoigné à visage découvert dans l'article de Mediapart : « Je suis personnellement proche de Samantha Bailly et Cécile Duquenne, je connaissais de nom d'autres autrices concernées, et nous nous sommes concertées longuement avant d'aboutir à cette démarche. » Mel Andoryss, Sabrina Calvo, Mélanie Fazi, Véronique Roméo et Marie Valente se sont aussi associées à cette dernière.
« Certaines de ces autrices n’ont jamais eu de problème avec Marsan, mais elles ont été gênées, elles n’ont plus voulu avoir quelque chose à voir avec lui ou avec Bragelonne », indique Betty Piccioli. « Nous avons aussi pris la parole pour celles qui ne le peuvent pas, ou ne peuvent pas se le permettre », précise l'autrice, qui compte plusieurs livres publiés par d'autres éditeurs dans sa bibliographie, et dispose déjà d'une renommée suffisante pour ne pas craindre de représailles professionnelles.
À ce titre, les autrices se félicitent d'un soutien affiché de certains éditeurs du milieu de la science-fiction/fantasy, « comme Actusf, qui a tout de suite pris notre parti », souligne Betty Piccioli.
La question en suspens reste bien sûr celle de la plainte devant la justice, « mais, dans les faits, peu de choses sont pénalement répréhensibles », estime Betty Piccioli. « Pour celles qui le sont, les personnes ne souhaitent pas forcément se lancer dans des démarches, et certains faits sont aussi prescrits. Pour ma part, je sais qu'une action en justice n'aboutirait pas, si je portais plainte pour une réflexion sur mon décolleté. »
Photographie : Journée Internationale des Droits des Femmes, Lausanne, 8 mars 2020 (Gustave Deghilage, CC BY-NC-ND 2.0)
Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com
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Le 2 juin prochain, la Bibliothèque publique d'information, relocalisée sur le site Lumière, à Paris, accueillera une journée d'étude, sous l'intitulé « Bibliothèques : lieux des possibles, lieux en tension ? ». Coorganisée par l'institution et l'Enssib, elle proposera notamment un état des lieux des recherches en cours dans le domaine des bibliothèques.
16/04/2026, 10:33
La « méthode Bolloré » s'est à nouveau appliquée au pan éditorial de ses activités, après le licenciement d'Olivier Nora, PDG de la maison d'édition Grasset, le mardi 14 avril. En écartant cet éditeur historique, véritable pilier de la structure, le milliardaire s'est toutefois mis un peu plus à dos certaines figures du catalogue. 115 auteurs et autrices, dont Virginie Despentes, Sorj Chalandon ou Anne Berest, ont ainsi annoncé qu'ils ne signeraient pas leur « prochain livre chez Grasset ».
16/04/2026, 10:24
L’absence du SNE, du CNL et de représentants de l’État à la présentation des résultats 2025 des États généraux de la bande dessinée a provoqué une riposte immédiate des organisations d’auteurs. Leur communiqué s’appuie sur une enquête documentée : revenus faibles, pauvreté élevée, inégalités persistantes et inquiétude massive quant à l’avenir composent un diagnostic que les signataires jugent désormais impossible à ignorer.
15/04/2026, 16:35
Au Royaume-Uni, plusieurs maisons d’édition remettent en cause la chronologie traditionnelle qui faisait du grand format l’étape obligée avant le poche. Ce virage, nourri par les usages de lecture, la contrainte de mobilité et la pression économique, redéfinit la manière de lancer un titre, de l’exposer en librairie. Et de le distinguer dans un paysage où l’audio continue de progresser.
15/04/2026, 16:18
Dalila Zein a été nommée directrice générale d’Editis. Jusqu’ici directrice générale déléguée, elle prend en charge les opérations du groupe d’édition aux côtés de Denis Olivennes, dans une organisation resserrée destinée à conduire les évolutions engagées.
15/04/2026, 15:53
Mondial Relay en aurait installé 9000 à ce jour, Amazon quelque 4500. Ils ont poussé dans les villes et les campagnes en quelques années, jusqu'à changer les habitudes de consommation. Les casiers automatisés de retrait de colis, ou lockers, ont connu un « développement exponentiel », pointe la députée socialiste du Finistère Mélanie Thomin. Elle avance une proposition de loi pour encadrer et surtout limiter leur installation.
15/04/2026, 15:13
Whoopi Goldberg renforce sa présence dans le livre avec WhoopInk, une collection ouverte chez Blackstone Publishing. L’initiative dépasse l’effet de notoriété : elle confie à une personnalité médiatique un rôle direct dans le repérage des textes, leur fabrication et leur promotion. Un signe supplémentaire de la transformation des circuits de prescription dans l’édition américaine.
15/04/2026, 14:37
En débarquant Olivier Nora de la tête de Grasset, Vincent Bolloré a franchi le Rubicon : en quelques heures, l’éviction de l’éditeur historique — remplacé par un dirigeant issu de l’entourage direct du milliardaire, et des plus éloignés de la passion littéraire de son prédécesseur — a déclenché une vague de réactions d’une rare intensité. Auteurs qui claquent la porte, prises de position alarmées, appels à la mobilisation : pour beaucoup, bien plus qu’un changement de direction, il s'agit là de la nouvelle étape d'une lutte culturelle.
15/04/2026, 13:11
Un drame survenu dans un centre de tri de l’Oregon met en lumière la brutalité des méthodes managériales du leader mondial du e-commerce. Alors qu’un collaborateur succombait à un arrêt cardiaque, l’activité s'est poursuivie sans interruption, illustrant une déshumanisation dénoncée tant aux États-Unis qu'en France.
15/04/2026, 12:41
Plus de 1000 professionnels du cinéma et de la télévision ont publié, le 13 avril, une lettre ouverte contre le projet de fusion entre Paramount et Warner Bros. Discovery. Ils demandent aux procureurs généraux des États américains, notamment en Californie, d’examiner l’opération et de la bloquer. Les signataires estiment que ce rapprochement aggraverait la concentration du secteur, avec des effets sur l’emploi, les structures indépendantes et la diversité des œuvres.
15/04/2026, 12:33
Une nouvelle structure éditoriale fait son apparition dans le paysage français. Fondée par Paloma Grossi au sein du groupe Les Nouveaux Éditeurs, Les Intranquilles entendent publier aussi bien des auteurs confirmés que de nouvelles voix, en fiction comme en non-fiction.
15/04/2026, 12:33
Après le financement à 108% d’Opales des Abysses, de Masseni sur Ulule l’été dernier, les éditions Mayeges reviennent sur la plateforme pour une deuxième campagne de précommandes, afin de défendre une fantasy celto-nordique en seul tome : La Geste de Crocs et de Ronces écrit par Margaux Salliot. Toulousaine de naissance, elle a toujours adoré les littératures de l’imaginaire et les dessins animés. Elle travaille aujourd’hui dans le cinéma d’animation en parallèle de ses activités d’autrice.
15/04/2026, 11:43
Le 23 avril 2026, la Belgique célébrera la Journée mondiale du livre avec une ampleur inédite. À travers l’opération « Destination : lecture, pour tous ! », auteurs et institutions se mobilisent pour transformer les trajets en train en expériences littéraires. Entre dispositifs pédagogiques pour les écoles et actions solidaires, ce programme national ambitieux vise à ancrer durablement le plaisir des mots dans le quotidien de chaque citoyen.
15/04/2026, 11:33
Au lendemain de la publication d'une étude qui confirme le déclin des pratiques de lecture chez les jeunes Français, le président de la République se rendra à la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts pour lancer une « journée hors ligne », un « rendez-vous de déconnexion ». L'idée étant aussi de promouvoir la lecture comme alternative.
15/04/2026, 11:15
Bibliothèques Sans Frontières lance, du 18 avril au 10 mai 2026, une nouvelle édition de « La très grande Collecte de livres » avec la Fnac et plusieurs partenaires. L’opération se déroule dans plus de 500 points de collecte répartis dans six pays, dont la France, la Suisse, la Belgique, l’Espagne, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
14/04/2026, 17:15
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13 Commentaires
Dura Lex Sed Lex.e
28/05/2021 à 13:21
Sur l'article de Mediapart, Betty Piccioli citée ici, disait que Stéphane Marsan lui avait dit « Comment aurais-je pu publier vos yeux ? » et qu'ensuite, elle avait mis ses lunettes de soleil, elle continue : « À ce moment-là, il fixe mon décolleté » et ne mentionne absolument aucune phrase déplacée.
Aujourd'hui, sur votre article, la même personne dit « je sais qu'une action en justice n'aboutirait pas, si je portais plainte pour une réflexion sur mon décolleté. »
Du coup, regard déplacé ? Réflexion ?
Pourquoi ce changement de version ?
De même, si peu de choses sont pénalement répréhensibles, où sommes-nous là et de quoi parle-t-on ? De faits moraux ? Du fait que, peut-être que Stéphane Marsan s'est comporté en connard ? Du coup, doit-on jeter en prison ou mettre à mort socialement tous les connards qui ne respectent pas la morale ? Morale qui, par essence, semble changeante selon la personne à qui l'on parle. C'est pour cela qu'on a inventé la loi d'ailleurs.
Et qui va définir cette morale ? La place publique comment Médiapart le fait régulièrement ?
La justice devient populaire ? On confie le soin de déterminer la véracité des faits à un tribunal populaire dicté par l'émotion sur des témoignages qui ne pointent, de l'aveu des propres plaignantes, sur « peu de choses pénalement répréhensibles » ?
On s'agite pour parler ensuite d'éduquer, de rééduquer, de dresser des codes de conduites moraux, de jeter l'opprobre sur ceux qui ne veulent pas parler pour se substituer à la justice en les listant comme des complices tacites ?
À quel moment prenons-nous conscience de la gravité de telles dérives au nom d'une morale et d'une vertu dites « populaire » ?
Quels sont, dans l'histoire, les régimes et partis qui ont appelé à « rééduquer » une partie de leur population ?
Et demain comment se propose-t-on de déterminer/définir l'agression ? Regarder un décolleté ? Dire à la personne qu'elle a de beaux yeux ? Et que sur quoi va-t-on s'appuyer ? Sur un témoignage invérifié ? Et que fera-t-on pour ça ?
Une enquête est nécessaire, une action en justice s'il y a matière à justice, sinon cela relève de la morale de chacun, imposer une morale collective revient à imposer un système d'autorité, une dystopie. Le reste, c'est du déballage en place publique, de la mise au bûcher sur jugement du peuple.
CP
28/05/2021 à 17:40
C’est ce que demandent les autrices : l’ouverture d’une enquête à Bragelonne, comme elle aurait dû avoir lieu dans n’importe quelle boîte à la suite d’un article comme celui de Médiapart. Donc, en fait, elles demandent simplement à ce que la loi soit respectée.
Alice
28/05/2021 à 19:56
La morale et les codes sociaux sont par essence collectif, culturel, et ancré dans une époque.
Vous ne pouvez pas acheter d'être humais, vous auriez pu le faire dans la Rome antique. Vous pouvez pas vous mettre à poil dans un parc parisien, mais dans un berlinois, oui, vous pouviez dans les années 198p contraindre votre epouse à un acte sexuel, et aujourd'hui non.
Vous ne voyez pas le problème à faire une remarque sur les yeux ou le décoletté d'une femme dans un cadre professionnel ? Ça en dit beaucoup sur vous, mais ça ne fait de celles qui osent aujourd'hui dire haut et fort qu'elles trouvent ça insupportable, humiliant et inquiétant, de nouvelles inquisitrices.
La question ici n'est pas juridique. Quasi aucun des faits reprochés ne tombent sous le coup de la loi. La question est que les femmes en ony plein les bottes de naviguer dans des eaux professionnelles où on les renvoie à leur attraction sexuelle.
Oui, on veut changer les moeurs et les habitudes, pour pouvoir évoluer dans un monde qui ne nous serait plus inconfortable et flippant.
Et vu la rareté des réactions rances comme la vôtre... on est en train, pas à pas, d'y arriver.
Thierry Reboud
28/05/2021 à 23:41
Vous écrivez que "la question ici n'est pas juridique", mais les auteures citées dans l'article considèrent qu'une "enquête sur les faits allégués devrait déjà avoir été entamée, en sollicitant à tout le moins les instances représentatives compétentes, à savoir l’inspection du travail et la médecine du travail" : autrement dit, il y a bel et bien une demande d'ordre juridique.
Il me semble que la question qui va se poser sera la suivante : quels sont les faits allégués ? Des regards ? Piccioli elle-même comprend que c'est à peu près voué à l'échec. Des attitudes qui mettent certaines mal à l'aise ? Mais quand ces mêmes attitudes ne gênent pas d'autres, qu'est-ce qu'il faut en déduire, que ce sont les attitudes qui sont problématiques ou la perception qu'en ont certaines et pas d'autres ? Franchement, vous voulez enquêter sur quoi ? L'article de Mediapart était creux, il n'y avait rien de consistant dans les "accusations" à l'encontre de Marsan.
Le seul truc qu'on puisse véritablement lui reprocher, c'est de s'être planté en envoyant un SMS : vous voulez vraiment déranger l'inspection du travail et la médecine du travail pour ça ? Sans rire ? Sans compter le fait que, dans cet épisode, c'est quand même lui qui a eu l'air le plus con, ça va être un peu compliqué de le guillotiner en place publique pour ça.
Après, je regarde la liste des auteures et j'ai un peu tendance à croire que Bragelonne devrait survivre à leur migration de masse (à supposer qu'elle soit possible) : la seule qui tienne la route (et pas qu'un peu), c'est Fazi... mais ça fait quand même un bail qu'elle n'y a rien publié. Calvo, je ne sais pas trop ce qu'on lui trouve mais bon, il en faut pour tout le monde et ça se vendouille, admettons. Il a publié un roman chez Bragelonne il y a 20 ans, elle veut le récupérer aujourd'hui : ça ne fait pas franchement de quoi en faire un fromage non plus.
Bref, la lettre des auteures qu'on nous présente comme une sorte de bombe atomique balancée sur Bragelonne m'a plutôt l'air d'un pétard mouillé.
L R
29/05/2021 à 12:37
Il y a au moins 1 témoignage relatant un attouchement non consenti sur les fesses, soit une agression sexuelle, selon la loi.
Par ailleurs, je lisais sur Le Monde.fr que selon la jurisprudence, la multiplication de remarques sexuelles dans le cadre du travail était qualifiable en harcèlement sexuel, pour peu que les plaignant(e)s prouvent que ces remarques créaient un environnement dégradant.
Cette jurisprudence pourrait tout à fait s'appliquer au cas qui nous occupe, me semble-t-il.
Cela peut vous déplaire, mais c'est la loi.
Bref, une demande d'enquête interne ne semble pas démesurée.
Enfin, pour que vous ne relativisiez pas outre mesure : sachez que le droit de repentir ici brandi par les autrices n'est, en pratique, jamais utilisé. Ses conséquences sont lourdes pour l'auteur et pour le livre (condamné, dans la pratique, à ne plus rencontrer de lecteurs).
Ces personnes sont prêtes à recourir à une mesure exceptionnelle, à leurs risques et périls, pour faire cesser une situation qu'elles jugent dangereuse. Si Bragelonne peut encaisser la perte économique, peut-elle supporter la perte en termes d'image ? Veut-elle vraiment devenir la maison dont les auteurs préfèrent tuer leurs livres plutôt que de subir le patron ?
Je livre ces éléments à votre réflexion et vous souhaite une bonne journée...
Marco
29/05/2021 à 14:42
Excellent commentaire, juste, mesuré et clair.
Thierry Reboud
30/05/2021 à 22:33
Merci pour votre réponse qui m'apporte effectivement d'autres éléments de réflexion. Quant à cette histoire, il n'y a rien dedans qui me plaise ou me déplaise, je trouve que (pour le moment) elle est surtout remarquablement vide, à vos nuances près.
Votre remarque finale sur le coût en terme d'image pour Bragelonne est également très juste. Reste à déterminer jusqu'à quel point ce qui est une coup de vent dans un verre d'eau (c'est l'édition qui est le verre d'eau en l'occurrence) peut porter jusqu'au lectorat, sachant que Bragelonne a toujours privilégié l'accès au marché de masse : jusqu'à quel point le lectorat de masse (ou quelle fraction) est tout simplement au courant, rien qu'au courant, de cette histoire ?
En fait, je m'étais fait la réflexion (après coup, c'est-à-dire après avoir posté mon commentaire) que c'était peut-être sur le marché des achats de droits étasuniens que cette histoire pouvait peut-être le plus porter préjudice à la maison, et votre réponse donne une certaine consistance à cette hypothèse. Il est possible qu'en effet ce genre de manifestation des auteures ait des conséquences de ce type.
Marco
28/05/2021 à 18:29
Bravo, bravo, bravo pour cette très courageuse démarche et cette réaction pleine de bon sens. En effet, une enquête interne devrait déjà être en cours pour faire preuve d'intérêt, de réactivité et de respect devant ce genre de situation. Bravo, bravo, bravo.
Joe
28/05/2021 à 20:03
Porter plainte pour une réflexion sur son décolleté!
Non mais t'es sérieuse, là?!?
Marco
05/06/2021 à 22:48
Ce commentaire illustre assez bien la nécessité de ces articles... CQFD.
Joe
07/06/2021 à 18:51
Vous avez raison: tant qu'il y aura encore un seul commentaire de bon sens, il faudra augmenter le nombre des articles allant à l'encontre du bon sens!
Orwell et le meilleur des mondes !
Marco
07/06/2021 à 21:47
Ces réactions et colères gauloises sont tout de même un peu étranges. Rien de plus n'est demandé que des attitudes professionnelles dans un contexte professionnel, sans considération de genre. C'est heureusement ainsi que nos échanges professionnels se déroulent la plupart du temps, comme une norme logique et admise par le plus grand nombre. Alors, pointer les dérapages, réfléchir et agir pour faire changer les comportements, améliorer finalement notre profession, c'est du bénéfice pour nous tous... sauf pour ceux peut-être qui y voient une critique de leurs propres pratiques ?
Joe
08/06/2021 à 20:42
Et allez, le procès d'intention, maintenant. Encore une pratique totalitaire, ça.
Je défends le bon sens uniquement. Et ce sont d'autant moins mes pratiques que je n'ai jamais été ce qu'on appelle un dragueur. D'ailleurs j'apprends à mes filles (j'en ai deux) à se défendre non seulement des agressions physiques (il y a des coups très simples et très efficaces à porter), mais aussi contre toutes les petites attitudes désagréables qui suscitent cette tempête dans un verre d'eau.
Un geste, des mots déplacés? Une gifle, immédiatement. Ou un coup de genou dans les génitoires. Je vous assure que ça calme n'importe quel lourdingue. Au travail ou dans la rue, ce n'est pas la question, car ce n'est pas l'environnement qui fait le désagrément.
Encore faut-il que la demoiselle soit bien claire dans sa tête, et qu'elle réagisse tout de suite (cela n'est pas inné, les pères sont là pour l'apprendre à leurs filles).
Et j'apprends à mes garçons (j'en ai deux aussi) le respect qu'ils doivent par nature aux dames.
Mais dans le cas qui nous occupe, nous avons affaire à des petites fanatiques mysandres qui n'ont pas réagi sur le coup parce qu'elles estimaient pouvoir tirer quelques avantages de la situation, et qui maintenant se vengent. Ce n'est même plus du néoféminisme, c'est du femellisme. Détestable.