Combien de temps peut-on tenir sans aller aux toilettes dans un roman ?
La littérature demande beaucoup au corps humain. Courir derrière un train, traverser un désert, accoucher, saigner abondamment, tomber amoureux sous une pluie battante ou mourir après quatre cents pages ne semble poser aucune difficulté particulière. Aller aux toilettes, en revanche, embarrasse manifestement la narration.
10/10/2026, 07:00
“Alouette, gentille alouette” : vous ne chanterez plus cette comptine comme avant
À 19 mois, ma fille ne connaît ni la directive Oiseaux, ni le Conseil d’État, ni cette aptitude très adulte à transformer une vilaine pratique en tradition. En revanche, elle aime les oiseaux – et pas dans des cages, merci Monsieur Perret – qu'elle désigne, observant leur envol. Puis vint “Alouette, gentille alouette, alouette, je te plumerai.” Son temps est précieux, mais, interloquée, elle s'est figée : la tête, le bec, les yeux, le cou, les ailes, les pattes, la queue, le dos. Et la voici qui pleure. Quel père n’interviendrait pas ?
10/10/2026, 08:00
Maylis de Kerangal: “Ce qui n’est pas juste ne peut pas être beau”
Au salon Lire en Poche de Gradignan, Maylis de Kerangal revient sur Jour de ressac, désormais disponible chez Folio. Le Havre, ville de son enfance, lui permet d’écrire une part d’elle-même sans transformer la narratrice en double. Entre mémoire des lieux, gestes du quotidien et réflexion sur l’intelligence artificielle, la romancière défend une littérature attentive à la justesse du regard, à la beauté et à la liberté de la fiction.
10/10/2026, 17:33