Sur la rentrée littéraire : Le numérique, enfin ?

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motif

Au fond, l’évènement de cette rentrée sera moins littéraire que technologique. Il semble, en effet, que les éditeurs aient fait le choix de proposer pour la première fois des fichiers numériques aux lecteurs. L’évolution est notable : souvenons-nous que, l’année dernière encore, le prix Goncourt ne disposait pas, mi-novembre, d’une version téléchargeable.

Alors que cette année les médias titrent sur une baisse de la production (une plaisanterie, sans doute, car 654 titres proposés me paraît demeurer un peu excessif), alors qu’on peut légitimement se demander si la rentrée suffira à enrayer les mauvais chiffres actuels de la librairie, voire si cet excès de production en septembre a encore un sens économique, l’avènement du numérique à l’échelle industrielle dans notre pays me paraît être de nature à changer la donne.

Un nouveau marché s’ouvre, dont j’ai la conviction qu’il est créateur de richesses supplémentaires, et non pas assassin du livre papier ou fossoyeur de la librairie. Et, au risque assumé de faire pousser aux thuriféraires du « tout tout de suite » des cris d’orfraie, je crois qu’il faut saluer l’effort tarifaire des éditeurs sur des fichiers numériques proposés environ 20% moins cher que la version papier.

Peut-être faudra-t-il encore baisser les prix des fichiers pour rencontrer le lecteur, mais lorsqu’on voit le prix d’un Ipad, on aimerait que ceux qui critiquent vertement les éditeurs français s’en prennent aussi parfois aux fournisseurs de liseuses et de tablettes qui, de Kindle en Apple, pratiquent des conditions tarifaires bien éloignées de la démocratisation de l’accès à la lecture.

Ainsi, cette rentrée 2011 restera sans doute comme celle de l’avènement réel du numérique en France, du moins par la qualité de l’offre enfin proposée. Une bonne rentrée, donc.

Billet repris du blog de Vincent Monadé, président du MOTif

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