Les éditeurs et le prix du numérique

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La rentrée littéraire française 2011 aura eu ceci d’exceptionnel, j’en parlais déjà en évoquant l’autre rentrée littéraire, d’accorder une certaine place au numérique. Certes, l’intervention des éditeurs 100 % numérique aura grandement aidé cette impression, mais pas que ! Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je vais principalement évoquer les éditeurs papiers, nos bons vieux éditeurs que j’apprécie tant ! Car, il est important de le noter, nombre des 654 sorties papier de cette rentrée littéraire le sont aussi en numérique. En soi, ce pourrait être une bonne nouvelle pour les lecteurs numériques, mais je doute que leurs portefeuilles acquiescent. Car force est de constater que l’offre numérique des éditeurs papiers reste encore nettement trop chère. Mais cessons là les accusations creuses, et laissons place aux chiffres !

Car, une fois n’est toujours pas coutume, j’ai aujourd’hui décidé de vous saouler avec quelques chiffres plutôt qu’avec mes habituelles et interminables accumulations de mots. Pour cela, j’ai décidé de choisir au hasard dix publications de cette rentrée littéraire -de différents éditeurs- et de comparer leur prix papier et leur prix numérique. Pourquoi dix ? D’une, parce que ça fait un compte juste, de deux parce que je n’allais pas passer le week-end à faire la liste exhaustive, et de trois car je pense qu’il est inutile d’aller plus loin : cet échantillon suffit largement à comprendre la tendance générale qui se dégage de l’édition française actuellement. Mais cessons le bla-bla, et en avant les prix !

Bon, si les chiffres parlent d’eux-mêmes, je vais tout de même me permettre une très rapide analyse, que mes longues années d’étude en sciences (de la sixième à la terminale pour être précis) m’ont permis de mener à bien. Pour commencer, point positif, les formats numériques sont tous à un prix inférieur au format papier (oui, je vous l’avais dit : je suis super calé en mathématiques). Les prix numériques sont plus bas de deux à quatre euros par rapport aux formats papiers (en moyenne sur ces dix livres, le prix est inférieur de 3,7 €. En moyenne toujours, le prix numérique est inférieur d’environ 20 % par rapport au papier.

La bonne nouvelle, c’est que les éditeurs n’appliquent pas cette stupide règle dont certains ont parlé à une époque, et qui disait que le numérique devait être inférieur de 10% par rapport au papier, ce qui est ridicule ! La mauvaise nouvelle, c’est que les prix numériques sont encore horriblement hauts ! Dire qu’à l’étranger, les sorties numériques concurrencent les livres de poches : c’est au moins quelque chose qui n’arrivera jamais à l’édition française ! En effet, leurs epub s’alignent davantage sur les prix des grands formats ! Un prix bien trop élevé, d’autant plus que tous ces livres sont agrémentés de jolis DRM, liberticides pour le lecteur.

Alors, très franchement lecteurs, je vous le dis : n’achetez aucun de ces livres en format numérique ! A quelques euros près, le format papier sera nettement plus profitable, pour la simple raison qu’il ne sera pas truffé d’entraves (à quand les cadenas à empreinte digitale sur les livres papiers ?!). Suis-je en train d’annoncer la mort du numérique ? Pas du tout, juste la mort des éditeurs traditionnels sur le marché numérique, pour le moment en tout cas ! Si vous lisez numérique, je vous invite à acheter vos livres chez les 100 % numérique, dont vous trouverez la liste sur le site de l’autre rentrée littéraire numérique . Les autres sont-ils tous des pourris ? Non, et heureusement ! J’ai également repéré quelques éditeurs papiers qui semblent avoir compris la logique du numérique. Je vous invite notamment à parcourir les étagères digitales des éditeurs Au diable Vauvert, Bragelonne ou encore Le Bélial’ (il y en a sûrement d’autres, n’hésitez d’ailleurs pas à enrichir cette liste ! ;-) )

N.B : Pour trouver les différents prix présents dans cet article, je me suis servi du site de la place des libraires qui me permettait de comparer rapidement prix papier et numérique.

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