Le Pépiement des femmes-frégates de Paul Laurendeau

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ÉLP éditeur, une maison d’édition d’origine québécoise à vocation transatlantique 100%  numérique, publie son 13e titre ­– Le pépiement des femmes-frégates de Paul Laurendeau – et, par le fait même, inaugure sa 2esaison littéraire.

Dans la lentille de l’imaginaire, le Kébek est un pays ancien, serein et fier, à la fois forestier, riverain, montagnard et urbain. C’est une culture où les bûcherons courent la chasse-gallerie, les clercs de notaire font de l’ethnographie, les policiers provinciaux portent l’habit rouge, les bedoches d’églises sont des conservatrices de musée, bourrées de sagesse et de générosité. La métropole s’appelle Ville-Réale. Les villages riverains s’appellent Trois-Cabanes, Martine-sur-la-Rive, Pointe-Carquois, ou le Bourg des Patriotes. Les montagnes, hautes, bien trop hautes, sont le Mont Coupet et le Faîte du Calvaire. Et coulent dans leurs vallées respectives, le fleuve Montespan et la rivière des Mille-Berges. Mais surtout, dans ce monde, vivent des hommes et des femmes oiseaux, mystérieux et sauvages, qui nichent dans de hautes cavernes de granit. Ce sont les hommes-frégates et les femmes-frégates. La femme-frégate, sa peau, ses lèvres, sa cornée et ses dents sont d’un noir dur. Son long et puissant plumage dorsal est rouge vif, rouge sang. Inversement, le plumage de l’homme-frégate est noir charbon et sa peau, ses lèvres, sa cornée et ses dents sont rouge vif. Les hommes-frégates sont beaucoup plus rares que leurs compagnes, dans un ratio d’un homme pour douze femmes environ. Conséquemment, les femmes-frégates doivent périodiquement déployer leurs ailes, immenses et puissantes, et se tourner vers les hommes-sans-ailes, pour voir aux affaires des passions ataviques et de l’amour consenti. Il faut alors se contacter, se toucher, se parler, se séduire, avec ou sans truchements. Dans l’ardeur insolite mais inoubliable de la rencontre fatale de deux mondes effarouchés, étrangers mais amis, retentit alors un appel urgent, virulent, un cri strident, aux harmoniques riches et denses, le langage d’un jeu complexe de communications subtiles, articulées, intimes et sans égales : le pépiement des femmes-frégates.

Professeur à l’Université York de Toronto pendant vingt et un ans, Paul Laurendeau, né en 1958, vit aujourd’hui dans la région de Montréal où il se consacre à l’écriture. Il a publié plusieurs nouvelles et romans qu’on pourrait identifier au genre réalisme insolite. Avec la sortie du Pépiement des femmes-frégates, il consacre, en quelque sorte, son grand retour au Québec.

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