Une autre
rentrée
littéraire
2011
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A la découverte des auteurs Publie.net: Daniel Bourrion
On peut lire sept livres de Daniel Bourrion aux éditions Publie.net, ainsi que des textes dans la revue numérique D’ici là. Parmi ces titres, on peut citer Incipit, que son éditeur François Bon présente ainsi:
« L’atelier de Daniel Bourrion est à ciel ouvert : Terres…. A découvrir Incipit dans son ampleur, c’est bien le paradoxe où nous oeuvrons tous : la littérature est aussi bien dans l’expérience blog que dans l’expérience lente du texte long. Mais elle doit rester indivisible là où nous lui manifestons sa présence, dans cet espace ici de transmission. »
Nous avons posé quelques questions à Daniel Bourrion autour de son expérience de l’édition numérique.
Comment as-tu été édité chez Publie.net, suite à quel cheminement, toi qui as (je crois savoir) d’abord publié de la poésie sur papier ?
Hasard. Après publications papier, ai eu une esquisse de ‘site’ de simple présentation de ce que je faisais. Le numérique déjà là, donc. A ce moment, pas de textes en ligne, mais sentiment d’une évidence, que la frontière suivante, c’était les réseaux.
Rencontré là François Bon, mais dans un cadre professionnel. Lui ai proposé Incipit, comme cela, pour voir. Incipit accepté et publié, ai créé Face Terres (un peu aussi parce que Tiers Livre m’en a donné l’idée, m’a montré que c’était possible et que ça faisait sens).
Maintenant, avec le recul, pure évidence : écrire, c’est écrire là, dans les réseaux, et pas ailleurs.
Est-ce que le numérique – notamment via ton blog, mais aussi à travers de nouvelles mises en page (association textes-photos) – a changé ton écriture ?
Hum… L’a rendu plus fragmentée, peut-être. Là où il y avait auparavant écriture de fragments sur brouillons papier repris sur traitement de texte, lesquels fragments étaient ensuite pour certains rassemblés dans des ensembles qui faisaient ‘livres’ et étaient eux ‘montrés’, i.e. proposés à la lecture (en revues par exemple), il y a maintenant écriture de fragments mis en ligne directement (soit sur Face Terres, soit via TFG+ {twitter/facebook/google+} puis repris – mais pas tous – sur Face Terres tels que, ou retravaillés un peu) pour la plupart (je garde quand même des réflexes de démarrer/travailler certains textes sur traitement de texte en première intention, dont certains morceaux sont proposés sur Face Terres).
Du coup, de plus en plus de fragmentation mais les morceaux de texte lâchés en ligne sont lisibles directement – peut-être que ça, ça a changé : je n’écris plus des ‘livres’ (toute proportion gardée, toujours pas certain d’écrire, en fait), j’ai un grand livre (Face Terres et par extension, si l’on intègre TFG+, le Net en fait) qui grandit tout seul mais de manière un peu chaotique (le Work in progress, c’est aussi le résultat en fait).
Nouveauté aussi, oui, photos qui sont sur Face Terres, pratique récente lié à l’achat d’un ‘smartphone’ sous Androïd et d’une application qui retravaille à la volée les clichés et les rend… intemporels, ce qui étonnamment en fait un support idéal pour écrire maintenant. Je n’avais juste là jamais travaillé à partir de support, c’est l’outil technique du smartphone qui a généré ça (lequel smartphone participe à l’écriture dans les nuages, cf. ce qui précède, sur TFG+ : où l’on voit, mais rien de nouveau là-dedans, comme l’outil fait la pratique)
[Double mouvement, à y réfléchir : possibilité de 'publier' permanente (donc fragmentation) et dans le même mouvement, tous les fragments étant au même "endroit", le Net, j'abonde un seul "livre" qui ne cesse de se déplier, ce livre de sable dont parle Borges et qui est un livre fractal, me semble-t-il (mais c'est un autre sujet).]
Quels sont tes projets actuellement ?
Essayer de structurer ces fragments ; trouver une manière de leur apporter une armature, mais peut-être est-ce vain, un réflexe ancien, passé, qui daterait du temps du livre papier.
Essayer d’écrire quelque chose de plus long, ce qui suppose de trouver une autre respiration et surtout, surtout, suppose de trouver le temps de le faire (le fragment chez moi, c’est aussi la marque du manque de temps).
Essayer d’essayer – beau projet.
Propos recueillis par Laurent Margantin
Crédit photographique pour la photo de Daniel Bourrion: ©Olivier Tacheau


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