A la découverte des auteurs Publie.net: Daniel Bourrion

par
bourrion

On peut lire sept livres de Daniel Bourrion aux éditions Publie.net, ainsi que des textes dans la revue numérique D’ici là. Parmi ces titres, on peut citer Incipit, que son éditeur François Bon présente ainsi:

« L’atelier de Daniel Bourrion est à ciel ouvert : Terres…. A découvrir Incipit dans son ampleur, c’est bien le paradoxe où nous oeuvrons tous : la littérature est aussi bien dans l’expérience blog que dans l’expérience lente du texte long. Mais elle doit rester indivisible là où nous lui manifestons sa présence, dans cet espace ici de transmission. »

Nous avons posé quelques questions à Daniel Bourrion autour de son expérience de l’édition numérique. 

Comment as-tu été édité chez Publie.net, suite à quel cheminement, toi qui as (je crois savoir) d’abord publié de la poésie sur papier ?

Hasard. Après publications papier, ai eu une esquisse de ‘site’ de simple présentation de ce que je faisais. Le numérique déjà là, donc. A ce moment, pas de textes en ligne, mais sentiment d’une évidence, que la frontière suivante, c’était les réseaux.
Rencontré là François Bon, mais dans un cadre professionnel. Lui ai proposé Incipit, comme cela, pour voir. Incipit accepté et publié, ai créé Face Terres (un peu aussi parce que Tiers Livre m’en a donné l’idée, m’a montré que c’était possible et que ça faisait sens).

Maintenant, avec le recul, pure évidence : écrire, c’est écrire là, dans les réseaux, et pas ailleurs.

Est-ce que le numérique – notamment via ton blog, mais aussi à travers de nouvelles mises en page (association textes-photos) – a changé ton écriture ?

Hum… L’a rendu plus fragmentée, peut-être. Là où il y avait auparavant écriture de fragments sur brouillons papier repris sur traitement de texte, lesquels fragments étaient ensuite pour certains rassemblés dans des ensembles qui faisaient ‘livres’ et étaient eux ‘montrés’, i.e. proposés à la lecture (en revues par exemple), il y a maintenant écriture de fragments mis en ligne directement (soit sur Face Terres, soit via TFG+ {twitter/facebook/google+} puis repris – mais pas tous – sur Face Terres tels que, ou retravaillés un peu) pour la plupart (je garde quand même des réflexes de démarrer/travailler certains textes sur traitement de texte en première intention, dont certains morceaux sont proposés sur Face Terres).
Du coup, de plus en plus de fragmentation mais les morceaux de texte lâchés en ligne sont lisibles directement – peut-être que ça, ça a changé : je n’écris plus des ‘livres’ (toute proportion gardée, toujours pas certain d’écrire, en fait), j’ai un grand livre (Face Terres et par extension, si l’on intègre TFG+, le Net en fait) qui grandit tout seul mais de manière un peu chaotique (le Work in progress, c’est aussi le résultat en fait).

Nouveauté aussi, oui, photos qui sont sur Face Terres, pratique récente lié à l’achat d’un ‘smartphone’ sous Androïd et d’une application qui retravaille à la volée les clichés et les rend… intemporels, ce qui étonnamment en fait un support idéal pour écrire maintenant. Je n’avais juste là jamais travaillé à partir de support, c’est l’outil technique du smartphone qui a généré ça (lequel smartphone participe à l’écriture dans les nuages, cf. ce qui précède, sur TFG+ : où l’on voit, mais rien de nouveau là-dedans, comme l’outil fait la pratique)

[Double mouvement, à y réfléchir : possibilité de 'publier' permanente (donc fragmentation) et dans le même mouvement, tous les fragments étant au même "endroit", le Net, j'abonde un seul "livre" qui ne cesse de se déplier, ce livre de sable dont parle Borges et qui est un livre fractal, me semble-t-il (mais c'est un autre sujet).]

 Quels sont tes projets actuellement ?

Essayer de structurer ces fragments ; trouver une manière de leur apporter une armature, mais peut-être est-ce vain, un réflexe ancien, passé, qui daterait du temps du livre papier.
Essayer d’écrire quelque chose de plus long, ce qui suppose de trouver une autre respiration et surtout, surtout, suppose de trouver le temps de le faire (le fragment chez moi, c’est aussi la marque du manque de temps).
Essayer d’essayer – beau projet.

Propos recueillis par Laurent Margantin

 Crédit photographique pour la photo de Daniel Bourrion: ©Olivier Tacheau

  • Lilinorev

    aperçu intéressant de son travail et surtout une photo de lui en train de rire, ça c’est pas commun :-)

  • http://numeriklivres.com Jean-Francois Gayrard

    Vous, on ne peut pas dire que vous avez le courage de vos opinions en vous cachant derrière votre écran d’ordinateur. Ainsi grace à cette alternative technologie que vous soulignez, vous devez vous sentir super puissant pour émettre un jugement aussi bas et aussi peu argumenté

  • F Bon

    je remercie Daniel Bourrion de sa confiance envers publie.net, on ne peut construire de nouvelles expériences et explorer qu’à condition d’être pleinement dans l’écriture, son exigence, son risque, sa beauté – c

  • http://twitter.com/JiminyPan Jiminy Panoz

    Disons que, face à face, ça serait vachement plus difficile d’utiliser des termes comme ça… Mais bon, ça se généralise avec le net. Plus aucun respect, des phrases-choc balancées comme ça. Ça pourrait être pire, il arrive trop souvent que le débat ne soit même plus possible, chacun campant sur ses positions avec l’impression de détenir la vérité absolue.

  • http://numeriklivres.com Jean-Francois Gayrard

    Je ne savais pas que nous avions gardé les cochons ensemble. Puisque tu veux la faire sur la mode « tu », je vais aussi te la faire sur le mode « tu ». Dis-moi, tu crois que mon passe-temps favori pour quêter de la reconnaissance c’est de laisser des commentaires sur des blogs ou des sites ? Si tu penses ainsi et bien ta pensée est aussi limitée que tes commentaires. Puisque tu aimes rester dans l’ombre, je n’ai aucunement l’intention de t’éclairer. Et si tu n’aimes pas les écrits de Bourrion – et c’est ton droit absolu – va donc lire ceux de Marc Lévy ou du Guillaume Musso…à l’ombre.

    • http://numeriklivres.com Jean-Francois Gayrard

      En tout cas pour rendre des échanges chaleureux et installer un climat amical tu es champion. En utilisant des formules chocs (as-tu un travail de nuit comme titreur à Voici ou Gala ?) « tes pots de la connerie édités en numérique », c’est sûr que ça met tout de suite de la chaleur dans les échanges. Assurément, tu te prédestines à une grande carrière d’écrivain. À moins que ce ne soit dans la psychiatrie car je vois que tu es capable de poser des diagnostics à l’emporte-pièce (comme tes formules) sur les auteurs en les traitant de demeurés. C’est bien, on a besoin de docteur dans l’édition numérique aussi. En tout cas, si ma réputation est faite au sein de ma communauté, la tienne au moins va te précéder dans ta future communauté.

      • Jfferre

        Attention Jeff, tu as oublié le mot « troll ». Ecoute ta communauté.

        • http://numeriklivres.com Jean-Francois Gayrard

          T’as l’air un mec sympa, je suis sûr mais un peu épuisant. Et puis non content de faire des commentaires anonymes, tu épies une communauté qui ne t’a rien fait. C’est quoi ton problème vraiment. Y’a rien de constructif dans cet échange. Je me retire du jeu, ça vaut pas une chandelle tout ça.

          • Mcomment

            Je suis d’accord avec Jfferre. Les réactions de ce Gayrard sont effrayantes de diversion : invoquer l’anonymat comme synonyme de foutage de merde est inconséquent (ex : on peut s’appeler Guillaume Musso et écrire de la merde). Revenons au fond du problème : je prétends que je peux écrire comme Bourrion tout en me gardant de publier : humblement, je sais que j’offrirais de la merde à mes lecteurs. Question de pudeur.

  • http://twitter.com/JiminyPan Jiminy Panoz

    Oui, je suis guidé par le dieu marketing :)

    D’ailleurs, autre phrase choc : le numérique a de formidable qu’il va enfin dégager les imposteurs de leur piédestal élitiste. Tu sais, tous ces mecs qui jouent les érudits avec des phrases compliqués pour cacher leur misère intellectuelle :)

    Si on pouvait les foutre dans un ghetto, eux qui ne servent à rien, je serai le plus heureux des hommes !

    • Jfferre

      Oui, l’horizontalisme avec ta bêtise comme seul horizon indépassable. L’utilitarisme contre « le sert à rien » et la technique contre l’intellectualisme. Tu as résumé avec une pincée de marketing et de cash tout un pan de la pensée totalitaire avec un smiley en vaseline rigolarde pour que ça passe. Je m’occuperai de toi plus tard.

  • http://lesoufflenumerique.wordpress.com/ Sediter

    Curieux olibrius que ce Jfferre ! J’ai toujours aimé lire les critiques vides mais enragées que certains s’amusent à poster sur différents articles (presse, blog,…) sans autre raison que de se défouler, sans doute par frustration de ne pas oser le faire dans la vraie vie.

    Je comprends d’ailleurs mal qu’on puisse qualifier cette phrase de Daniel Bourrion de « marmelade textuelle » : « La terre flétrie par nos pas rapides », phrase qui ma foi est joliment imagée, et que l’on comprend aisément, et quelques temps après cette insulte infondée, lancer des phrases du genre « ta signature contribue à l’agrégation positive des autres, visible dans ce forum. » ou encore « comme tu opposes ombre et reconnaissance, incapable de comprendre la portée de ce dernier terme autrement qu’en lui affublant le synonyme de renommée » phrases qui elles n’ont rien d’imagées, et sont donc l’emploi de mots présumés savants pour dire des choses simples, voire inutiles !

    Pour revenir à notre sujet, c’est un article assez intéressant puisqu’il nous permet de voir le point de vue direct d’un auteur face au numérique, et de voir l’influence des technologies (ici ordinateurs et smartphones) sur le processus créatif. La dernière question laisse pourtant porter une interrogation sur le devenir de Daniel Bourrion, car si comme il le dit « structurer ces fragments » consiste à un vieux réflexe du monde papier, ne se condamne-t-il pas à ne plus jamais publier de livre « entiers » avec leur belle armature ?!

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