L’ora(n)ge – Emilio Sciarrino

par

« Je suis né en France mais j’ai des souvenirs d’ailleurs… »
Les nouvelles de L’Ora(n)ge se déroulent dans des appartements en colocation, des banlieues, des terrains vagues, des quartiers urbains ou des lotissements de campagne. Dans ces lieux faussement anodins se révèle l’opacité du quotidien, le moment où le réel se dissout dans l’imaginaire. Des présences parfois indéfinissables hantent des paysages bien connus, ce qu’illustre la couverture réalisée par l’architecte et designer Sasufi.

Les personnages sont des jeunes filles fragiles, des étrangers en proie au harcèlement nationaliste de leurs collègues, des familles au bord de la crise de nerfs, ou même des cactus nostalgiques. Tous sont victimes d’une oppression cruelle ― et parfois grotesque ― qui les suffoque. Ils trouvent refuge dans la surdité, le silence ou la distance. Ils opposent à la banalité de la cruauté une résistance douce mais inflexible.

Vacillant entre complicité ironique et lenteur mélancolique, chaque récit explore des points obscurs de notre présent. La langue et son mystère y est aussi objet d’investigation. Un fait minime ou anodin peut tout changer, une seule lettre peut bouleverser un univers de significations, comme dans la nouvelle éponyme.

Publié par Emue en juin 2011. Disponible en numérique & papier.

Emilio Sciarrino, franco-italien. Prix du jeune écrivain 2006, prix du livre numérique 2011. Il participe à des projets de traduction collective et a collaboré avec différentes revues françaises et italiennes. Il est critique pour Fabula et Nonfiction. Après avoir publié  un roman pour un éditeur papier traditionnel, il participe à activement l’aventure Emue. Il tient un blog régulièrement mis à jour.