Une autre
rentrée
littéraire
2011
Abonnez-vous à notre : Flux RSS
Suivez-nous sur Twitter : @RentreeLittNum
Le doigt de l’historienne ― Ray Parnac
Dans l’Angleterre contemporaine de Ray Parnac, évoluent des personnages inadaptés et vulnérables. Professeurs, médecins, bibliothécaires… ils mènent des vies rangées, mais les apparences sont parfois trompeuses. Sous des dehors raisonnables, ils rêvent d’extraordinaire. Riches de leur bizarrerie, ils s’inventent des vies, se voilent la face, font tout valser, sans crainte du ridicule. Le Doigt de l’historienne, moqueur mais pas cruel, se pose là où ça fait mal et fait tomber les masques provoquant chez le lecteur de grands moments d’hilarité.
Ray Parnac a un vrai talent de conteuse, ses récits sont inventifs, surprenants, captivants.
Canel, blog de Canel
D’une écriture vive, sans concession et directe.
Clara, Moi Clara et les mots
Attention où vous mettrez les pieds… et les doigts !
Christophe Grossi, blog d’ePagine.
Londres est le grand théâtre du « doigt de l’historienne ». La capitale est le lieu de tous les possibles, de tous les abus, de toutes les aberrations d’une société en danger : des boss tyranniques au travail à la chaîne, des instituts privés aux clochards des beaux quartiers. Chaque histoire prend ainsi son point de départ dans une situation quotidienne qui bascule dans l’horreur.
La cruauté ordinaire de ces nouvelles a été fort bien décrite par Christophe Grossi, sur le blog de la librairie ePagine. Il résume parfaitement les situations-limites qui sont le ressort du génie narratif de Ray Parnac :
Des esclaves sexuels côtoieront des hommes brutaux ; celui-là, homme odieux qui aime avoir tout sous la main et en double, femme et maîtresse, basculera dans la schizophrénie (le dédoublement a aussi son revers de la médaille) ; des arrogants prendront plaisir à humilier, à exploiter, joueront avec la culpabilité et le deuil de l’autre ; plus loin on abusera de son pouvoir ; plus loin encore on s’épiera, on fantasmera, on rêvera de faire irruption dans une autre vie, on ne vivra pas la sienne, on mentira, on se mentira ; celui-ci est orgueilleux, sûr de son talent et de son potentiel érotique (hommes et femmes ne sont que des jouets sexuels pour lui), il pense tuer le père en devenant chirurgien orthopédique et non simple médecin comme son géniteur : mais sa citadelle est-elle si imprenable que ça et est-il si libre qu’il en a l’air ? Cette autre qui accumule les missions en intérim sera harcelée physiquement et psychologiquement par une historienne, un chirurgien ou encore la directrice d’un collège de jeunes filles de banlieue, une dictatrice qui persécute et humilie tout le personnel ; cette autre encore, après un terrible accident et plusieurs chirurgies esthétiques, deviendra également l’objet sexuel de son nouveau compagnon. C’est dans ce monde-là que l’auteure vous fera entrer, celui des petites perversions ordinaires.
Sans cynisme ni complaisance — ce qui rend d’autant sa lucidité d’autant plus décapante — Ray Parnac dévoile le grotesque qui sommeille dans l’ordinaire. Elle décortique les rapports de pouvoir, d’influence, de désir qui structurent la vie sociale. Ses « contes modernes » héritent d’une tradition anglo-saxonne de l’intrigue et du suspense. Sa vision d’une société intérieurement déchirée, sourdement traversée par une violence intestine — et qui a récemment éclaté en plein jour — est terriblement actuelle.
Publié par Emue en 2011. Disponible en numérique & papier.
Ray Parnac, berrichonne établie à Londres depuis plus de quinze ans, a une double vie. Comparable à la douce Fantômette qui tricote en couverture du livre, illustrée par Irena Sophia : documentaliste le jour, écrivain en chasse d’injustices la nuit. Elle tient un blog régulièrement mis à jour.
Son recueil a eu une très bonne réception auprès de la blogosphère ; ses lecteurs, déroutés par son nom ambigu, et par son écriture loin des clichés féminins, ont même parfois pensé à un écrivain homme — mais comment ne pas évoquer la grandeur d’une Joyce Carol Oates ? Avec l’humour piquant « so british » en plus !